PRUDHON
Fio. 674. — Prud'hon. — Psyché.
(Musée Condé, à (Chantilly.)
(Cliché Hachette.)
FiG. 675. — Prud'hon. —
L'EnI.KVEMEM IIK PSYCIIK.
(Musée du Louvre J (Cliché Hachette. )
tant le marbre, cherche la morbidesse de la chair et l'humidité du regard. Dans ses brumes argentées par la lune, Prud'hon sut fixer cette mollesse voluptueuse que Girodet cherchait vainement par des etrangetes d'éclairage. Le mystère du parc ou repose Joséphine est plein de rêverie mélancolique, et la lumière caresse amoureusement les lignes nonchcilcintes de son corps lassé. Prud hon n a pas
voulu seulement délimiter
' wi^^^mmaÊ^^m^^Ê^^^^^mt n^ des formes ; dans sa couleur, il y a de la lumière et la tiédeur pâle de la chair. Au milieu d'artistes glaces, il émane de son œuvre encore la gracieuse sensualité de Dorât ou Gentil Bernard, et deja, parfois, la douceur triste et prenante d'une méditation lamartmienne (fig. 672 a 676 et 679).
Fig. 676. — Prudhon. — H y ^vait aussi chez
La justice et la vengeance divine /-^ /'1771 1Q•2;^
Gros {\ / / \-\ojD) un poursuivant le crime. .
(Musée du Louvre) (Cliché Seurdein I tempérament trop impé-
rieux pour qu'il le soumit entièrement à la
melhode impersonnelle de David. Parmi
tant de corrects dessinateurs, appliques à
modekM' d impeccables anatomies, il travaillait de verve et conservait dans un
tableau immense la fougue de limprovi-
sation. Il fut, au sortir de l'atelier, mêlé
à l'existence des soldats de Bonaparte
pendant la campagne d'Italie de 1796 ; il
a manié les armes, l'équipement, il a pratiqué le cheval et il a vu la guerre ; les
autres davidiens, peintres militaires par
accident, ne connurent les soldats de
Napoléon qu'en regardant les revues du
Carrousel. Gros admirait Rubens, le peintre qui, avant lui, fut le plus capable de
rendre l'acbarnement enragé d une bataille
et 1 éclat des uniformes. Dans ses bons
jours, sa brosse rapide dessine le mouvement et la violence des gestes ; la couleur
mince, brillante, rend la lumière, la chair,
le pelage satine des chevaux, et quantité de
sensations visuelles que l'idéalisme classique
tendait à éliminer ; peinture savoureuse que
celle où l'on voit le pinceau facile et bril
lant d'un fils de Rubens déborder à tout instant la rigidité ideile
du dessin davidien. Sans Gros, l'epopee mili taire de l'Empire n'aurait pas eu un peintre digne d elle.
11 fut mieux encore qu'un peintre de bataille ordinaire ; comme David, il a mis de la ' pensée ' dans ses vastes panoramas.
Les batailles classiques montrent des guerriers et non des soldats ; un autre genre s'était développé, celui de Salvator Rosa,
FiCi. Cl". — Rdilly.
L'aiuiivée de la diligenc