GROS
de Bourguignon, qui peignirenl des batailles anonymes, chocs de cavaliers imagines avec verve, où l'on voit des croupes qui détalent dans la fumée des pistolets. Pour le roi de France, Van der Meulen ordonna des combats historiques où l'on peut admirer Louis XIV, sur une hauteur, donnant des ordres. La réalité même de la bataille n'était pas entrée dans l'art. Gros l'y a introduite. Sans doute, parfois, le peintre se laisse emporter par le seul plaisir de montrer du mouvement et de la couleur, et la fantasia du pinceau exprime d ailleurs bien la furia des escadrons de Murât sabrant des burnous affoles ; mais, dans les Pestiférés c/e/a^a, et surtout dans le champ de bataille d'EylauAe peintre a mis beaucoup mieux que les mimiques violentes du combat, la pitié et la mélancolie du vainqueur, le desespoir ou la rage du vaincu, un ciel sinistre, des fumées d'incendie, de la neige et du sang. La guerre n'est plus seulement un thème pittoresque ; elle
suscite des émotions que l'art, jusqu'alors, ne soupçonnait pas. Gros est plein de sa fièvre. Quand fut passée l'ère des batailles, l'àme de son œuvre s'eteignit avec l'enthousiasme militaire. 11 n'avait pas le courage de son génie ; il se crut oblige de revenir aux thèmes classiques.
David, son maitre, partant en exil, lui laissait l'école à diriger, il avait toujours été intimide devant les héros casques de l'Académie et avait un peu honte de ses grognards en shako. Il cessa donc d'en peindre, et sa verve fut tarie (flg. 667 a 670).
Ce ne sont pas seulement les grandes journées revolutionnéiires 3^5
FiG <>So, — GrtANFi.
(Musée d'.Mx.)
Intériel-r d'u.ve F (Cliché Hachette.)
l'iG. Ô8i. MoRiCAU. — Paysagi;.
(Musi-c du Louvre.) (Cliché lUichelle.)
OU les victoires de l'Empire qui ont arraché les peintres à l'Antiquité.
L'exemple des petits-maitres flamands et hollandais encourageait les talents modestes, comme Demarne, a conter les anecdotes de la vie quotidienne. De l'atelier de David sortit Granet, qui aimait les petits intérieurs obscurs et travailla sous les sombres corridors du monastère désaffecte des Capucins ; il a presque créé un motif qui n'est point encore abandonné et semble annoncer les intérieurs de couvent de Bonvin, ces petits tableaux pleins d'ombre et de silence ou circulent des nonnes ou des moines (fig. 680). Drolling et Boilly ont raconte le Pans bourgeois et populaire avec une exactitude spirituelle. La manière de Drolling est aussi d'un élève des Hollandais. Elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours ; il ne manquera plus jamais de petits-mairres pour s'amuser à suivre un rayon qui vient s'étaler sur le dallage d'une cuisine et allumer des reflets sur le cuivre et le verre (fig. 682). La précision aiguë, trop appuyée, de Boilly fait croire a un grand dessin rapetisse, et Six couleur uniformément lisse montre la netteté brillante de l'acajou cher au mobilier d'Empire (fig. 677-678). Enfin des observateurs spirituels s'amusèrent aux spectacles pittoresques du Parisien sous le Directoire ou la Restauration. Entre Robespierre et Napoléon, entre le civisme révolutionnaire et l'exaltation belliqueuse, il y eut, au temps du Directoire, une détente de libertinage et, dans les costumes et les moeurs, du desordre, du Kiu. (382. - Drolling. - l.NrkKiEim nu ccisink Pittoresque, tout ce qu'il (Musôc du Louvre. > (Cliché iiiichciic.) faut pouT mettre des ca- ■ — 320 ^