F1.ANDRIN. — La Nativité
(Ef;lis,e Saint-Ciermaindes-l'rcs.t (Clichi Hachette.)
membres qu'il dessme ne font pas d'effort ; l'attitude qu'il a aimee entre toutes, c'est celle d'un bras qui se repose, ou d un corps souple mollement allonge ; son crayon, sur les pages d'cJbum, suit des formes rondes, ployées, d'odalisques alanguies. Ses croquis préparatoires reviennent continuellement sur une flexion de nuque, la courbe d'une épaule la pose d'une mam sur une draperie. Ses merveilleux portraits de femmes doivent une grande partie de leur élégance a cette courbe qui ondule depuis la ligne du cou, le long du bras, jusqu'aux extrémités des doigts. Le buste s'incline un peu en avant, comme pour mieux laisser tomber ces lignes détendues. Le visage l'intéresse moins, car ici le modelé ne lui permet pas autant de chercher d'élégantes sinuosités. Il fit d'admirables portraits, mais maigre lui, pour gagner sa vie ou pour complaire a ses protecteurs. 11 préfère imaginer des inflexions de hanche, des reploiements d'épaule, des gorges gonflées par 1 inclinaison de la tête. Les tableaux où il a mis le plus de lui-même sont de simples nudités, c'est \ Odalisque ou la Source ; des compositions plus ambitieuses ne sont que des emmêlements de corps féminins, comme le Bain turc ou rjige d'or. Ingres a fixé des attitudes féminines d'une grâce inoubliable : la Vierge du l^œu de Louis XIII, vraiment divine a force de beauté, et au
Fk;. 722. — Flandrin.
Portrait de jeune fille.
(Musée du Louvre.) (Cliché Hachette )