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ARCHITECTURE DE RESTAURATION ET DE PASTICHE

Lenoir à Cluny, Baltard à Sainl- Germain-des-Pres, Lassus à Saint-Germain-l'Auxerrois, a la Sainte-Chapelle, a Notre-Damede-Pans, a Chartres ; puis Rupnch-Robert au mont Sainl- Michcl, Abadie a Pengueux, Boeswilwald a Laon, Vioilet-le- Duc à Notre- Dame-de- Paris, à Carcassonne, a Pierrefonds.

Les architectes ne se contentèrent |)as de restaurer. Quand ils connurent bien 1 organisme gothique, ils crurent pouvoir le ressusciter. On cessa donc de construire des basiliques. Quelquefois on se contentait de mettre une façade gothique a une vieille église, comme à Saint-Ouen de Rouen. Ailleurs, à Sainte-Clotilde de Paris, à Saint-Epvre de Nancy, etc., les architectes ont construit de toute pièce un édifice en style du Xlll' ou du XlV siècle. Mais il ne suffit pas, sans doute, d'aimer une architecture, m même de la bien comprendre pour la ressusciter. Les pastiches gothiques les mieux réussis sont d'une extrême froideur : le constructeur moderne y apporte ses habitudes classiques, la régularité du plan, la symétrie, la netteté du dessin, cette

rigoureuse régularité qui détermine la forme de Tédifice dans tous ses détails et cette division du travail qui fait de l'architecte un pur dessinateur sur le papier et de l'ouvrier un simple tailleur de pierre. Dans les vieilles cathédrales, la pierre est partout vivante ; l'oeuvre est variée, riche et imprévue ; ces copies modernes sont étriquées ; la géométrie sèche de nos

F1G.783. — V1SCONT1. — Tombeau de Napoléon I«r AUX Invalides.

(Cliché Seitrdeiii.)

FiG 784. — Barye.

(Mufi'c du [.ouvre.)

— I.E Centaure.

(Cliché Ilachclle )

architectes n'a pu retenir l'âme des cathédrales gothiques.

De la tentative romantique, tout n'a point subsiste. Une trop longue éducation a façonne la pensée française ; l'artiste ne nous parait jamais tout à fait maitre de disposer de son art au gré de son tempérament. Sur ce point, Delacroix n'a pas triomphe d Ingres ; nous sommes bien loin de nous entendre sur un dogme esthétique, et pourtant une œuvre se présente-t-elle avec une originalité audacieuse, tous, amis ou ennemis, rappellent les grandes traditions pour la justifier ou la combattre. Delacroix avait déjà donne l'exemple et invoquait en sa faveur l'exemple de Poussin. Même les révolutionnaires invoquent chez nous la tradition ; ils n'ont jamais renié a fond notre esprit classique.

Le Romantisme n'en a pas moins transformé les conditions de l'art français ; depuis cette explosion d'individualisme,

la conception a subsisté que l'homme de génie impose son originalité et oblige ses contemporains à penser et a sentir comme lui ; lart ne résulte plus de la société ; mais plutôt il la transforme, et en effet les peintres vont modifier nos manières de voir et de sentir ; les naturalistes et les impressionnistes vont découvrir pour le public

FiG. 785. — Barye. — Tigre et Crocodile. (Musée du Louvre.) (Cliché llaclulte. 1

FiG. 786. — Barye. — Eléphant.

(Musée du Louvre.) (Cliché Ilachclle.)

CONSÉQUENCES DE LESTHÉ

des aspects ignorés. Ils ont ose, parce que les romantiques avaient enseigné que l'œuvre de génie est un coup d'audace, une témérité qui réussit. Nos plus grands artistes sont entres en lutte contre le goiit de leur temps. Le desaccord est normal entre eux, pour qui inventer est une obligation, et le public qu il faut eduquer. La dissonance a commence au temps de Louis- Philippe ; cette époque a vu se dresser I un contre l'autre I artiste " et ' le bourgeois ". Une sorte de bataille est engagée. Chez Ingres, Delacroix, et tous ceux qui vont venir, on retrouve constamment les sentiments que développent la com-

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