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LE CHRISTIANISME

la pourpre et prend les litres de consul ou d'Auguste. Lanarchic barbare est dominée par la majesté de ces souvenirs ; les grands travaux laisses sur notre sol par les conquérants encadrent encore l'existence humaine. Dans les régions marquées plus fortement par la civilisation antique, il est des villes où les maisons sont blotties dans les thermes ou les cirques abandonnes ; des quartiers, a Nimes, a Bordeaux, se sont enfermés dans lenceinte des arènes. On détruit les temples, mais on utilise leurs entablements pour édifier des basiliques. Les centres galloromains deviendront des fojers d'art roman ; Toulouse, l'/Xuvergne, le Poitou, la Bourgogne et surtout la Provence et la vallée du Rhin. En Provence, de la vie antique a celle du Moyen Age chrétien, la transition a ete si peu sensible que les chrétiens ont pu quelquefois continuer a fréquenter les mêmes temples en changeant de religion. L art roman de ces régions ne sera pas toujours facile a distinguer de 1 art romain de basse époque ; sur les rives du Rhin, il y aura aussi une tardive mais vivace poussée des semences laissées par les légions. Cette bordure de l'Empire fut plus romanisée que l'intérieur ; la civilisation latine s'était faite la plus dense pour barrer la route au germanisme ; les fondations de la digue n'ont pas été arrachées par l'inondation barbare.

Cependant le christianisme pénètre a fond les |)opulations de Gaule.

C'est pour lui seul que, pendant des siècles, travailleront les architectes et les peintres. Et d abord, c'est lui qui prépare la géographie artistique de

la France. Ses iiremiers

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monuments ne sont plus ; iriichc ii.uhctie i

FRA.XCE ]

tout a dis[iaru des Ijasiliques mérovingiennes, que lortunat et Grégoire de Tours décrivaient avec tant d'amour ; mais, dès lors, se sont formées des traditions, plus durables que les monuments. Dejîuis le second siècle avait commence la conversion de la Gaule.

Quelques martyrs fameux associèrent à l'idée d'evangelisation l'idée de martyre ; l'imagination j^opulairc vit à l'oriiîine du christia- i

l'"lG. lO. — Ex-VOlO, PIKHKh:.

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nisme des tortures et du sang. Ce sont les restes de ces martyrs qui ont fixé sur notre sol une religion au dogme transcendant, aux rites étrangers, et associé étroitement l'art du Moyen Age au culte des reliques. C'est a cette époque que des lieux sacres se désignent a la vénération des foules et commencent a guider les pèlerinages. Au temps de Grégoire de Tours, la tradition était déjà formée." Sous le règne de Dece, écnt-il, sept hommes, après avoir ctc ordonnes evéques a Rome, furent envoyés pour prêcher la foi en Gaule : a Tours, Gatien ; à Arles, Trophime ; à Narbonne,

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