‹ FranceChapitre 22 sur 244 · CLOISONNÉE · texte numérisé non relu

CLOISONNÉE

iMiiscc de Cliiiiy ) (Cliclu' llachetle.)

f/ic' .Nci<r

ieiii.)

\ Al ll>.

Paul ; à Toulouse, Saturnin ; à Pans, Denis ; chez les Arvernes, Austremoine ; a Limoges, Martial. " 11 manque seulement quelques noms.

Saint Lutroiic de Saintes, Saint Julien de Brioudc, Saint Bénigne de Dijon, Saint Gcrmam de l^aris, et surtout Saint Martin

FiG. i3. — Hygie ou Démeter.

I Musée de Saint-Germain.)

ll'ouilU's du ',' ICspéraudiett

au mont .iuxois.)

— LES INFl.UENCI.'^ ORIENTALES

de Tours, pour que cette liste d'évangelistes semble être celle des principaux sanctuaires de la Gaule et. par suite, celle des principaux monuments de lart roman.

C est toujours une question fort obscure que celle des influences orientales sur les arts en Occident.

L art antique, sous la forme byzantine, s'était desséche, mais au moins s'était-il conservé ainsi que l'organisition politique. tandis qu en Occident il sombrait avec les restes de lEmpire. Quand, chez les Gallo- Francs, on le vit renaître, d'abord artificiellement, par la volonté de Charlemagne, puis d'une manière durable, à lepoque romane, il manifeste à c ette date une Indéniable ressemblance avec les œuvres byzantines. La Gaule avait connu la civilisation grecque avant la civilisation latine. Les navigateurs hellènes s étaient depuis longtemps installes en Provence, alors que les légions romaines n elaient pas encore sorties d'Italie. Apres comme avant la conquête, c'est par sa face méditerranéenne que la Gaule est tournée vers la civilisation commune et qu'elle reçoit quelques rayons de la lumière orientale. Marseille est colonie grecque ; Nimes conserve dans ses armes un palmier et un crocodile qui rappellent son origine greco-egyp- [ tienne. Le christianisme fît partie des envois que la Syrie et la Grèce déposaient sur le rivage gaulois. Parmi les plus anciens textes de nos fastes chrétiens, se trouve une adresse des communautés

de Lyon et de Vienne à

"1 f . r A ■ FiG. IJ. — Le baptistère bMNT-JEA.N,

eurs treres d Asie et t> ,^„.

. „ , ^^ Poitiers.

de 1 hrygie . Les pre- icuché Hachette >

FiG. i5. — Stati'ette

DE ClIARLEMAGSE PROVENANT DE LA CATHÉIIRALK 1>E MkIZ.

(Musée l'.arnai'jkl.) (<:iichc Ihuhcllc I

miers martyrs, l'évêque Pothln, Attale de Pergame, le médecin Alexandre de Phrygie. étaient venus d'Asie ; longtemps plus tard, a 1 époque de Grégoire de Tours.

les Syriens sont nombreux dans plusieurs villes du cœur de la Gaule.

Mais surtout les pèlerins commencent a cheminer vers les régions saintes d'où a surgi le Dieu nouveau.

A mesure qu'il convertit le monde, le christianisme oriente les âmes vers la Grèce et 1 Asie. Les arts plastiques n étaient alors qu une des conséquences de rétablissement du culte ; la conquête religieuse amenait avec elle les images byzantines.

La pari des populations barbares est plus difficile a définir, et ceux qui ont des idées préconçues

jjcuvcnt. a leur gré, la faire 1res grande ou très petite, car ici les œuvres manquent. Dans les monuments qui vont s élever, ce sont des traditions romaines ou byzantines qui se montrent tout d abord ; pourtant une décoration étrange, fantasque, y apparaît parfois, analogue a celle des bijoux barbares, a quelques sculptures septentrionales sur bois, aux miniatures de quelques manuscrits saxons. Comme des betes f)rises au filet, les monstres, emmêles a des entrelacs, se tordent, s enroulent, se mordent, et l'on retrouvera dans la sculpture romane ces formes violentes, assez distinctes des fantaisies byzantines stylisées avec plus de science et de rigueur.

Les barbares furent d'habiles forgerons cl d excellents orfèvres ; ils ont i)ratique les arts du métal et du feu. Ils savaient enchâsser dans l'or des pierres fines non taillées ; ils n'ont pas forge seulement des épees et des lances ; ils ont, semblo-l-il, a|iportr l'art d'orner les croix, les calices, les

Page 1