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ORNEMENTATION MODERNE

de Lamour, n*a point dégénéré. Depuis que l'ere des fantaisies excessives est close, il est aiso de reconnaitre un type original et bien défini dans certains meubles modernes. Les novateurs ont rejeté la décoration plaquée des anciens styles, les applications de métal ou de marqueterie ; la beauté du meuble tient avant tout

a l'essence du bois et a la manière dont il est sculpte. Eugène Gaillard dessine d'élégantes courbes qui s'épanouissent aux angles en motifs sculptes ; Dufrene est d'une pureté raisonnable, classique, ainsi que Selmersheim et Plumet. Dans ces beaux meubles, logiques, solides et pratiques, les membres se relient par des raccords fondus, qui donnent à l'ensemble une parfaite homogénéité ; la continuité des courbes rappelle les formes de croissance du végétal.

Bien qu'ils soient originaux, ces meubles ont cependant conservé les proportions générales du mobilier Louis XV-Louis XVI. Ils ne montrent pas la charpenterie carrée des Anglais, les formes cubiques à la Viennoise, les courbes brusques et asymétriques des Belges ; ils sont modernes par leur simplicité un peu nue, mais on les sent aussi les descendants d'une race affinée par des siècles de culture mondaine.

En revanche, il est d'autres objets pour lesquels la forme n'est pas aussi nettement imposée par les services que l'on attend d'eux. Les bijoux, la céramique limitent moins étroitement que le mobilier la liberté d'invention.

Pour ces menus objets.

l'Ki. 8ii. — La Seine a travers

Paris, a vol d'oiseac.

iPhdto extfiiile de l'album '■ l'aris l'ii

en tijllnn ", par A. SchœUher

et O. hecii^'ia )

FiG. 8i2. — Le viaduc de Garabit.

Fin. 8i3. — Maison de rapport

A NeI'ILLY 14. BOILEVARD d'InKERMANN.

Façade si'r le boulevard.

H Navarre et R. Rolsselot, arch.

(Clichc •• l'Architecle".)

plus décoratifs qu'utiles, les artistes ont su inventer des formes et employer de nouvelles

matières. Une des indigences de

l'art, au XIX' siècle, avait été

d'appliquer les mêmes formes

ornementales aux panneaux de

bois, aux grilles de fer, aux vases

de porcelaine. Une des originalités du style moderne est qu il

observe mieux les convenances

de la matière et qu'il en tire un

meilleur parti. Carnes, Chaplet,

Delaherche et, à leur suite,

beaucoup d'autres, ont, avec du

grès émaillé, créé des vases

robustes et les ont enveloppés de

couleurs savoureuses. Lalique

a ciselé des bijoux qui, par

leur pureté élégante et leur

éclat, égalent les fleurs, les insectes et les coléoptères. Robert et Brandt ont ressuscite la ferronnerie, l'un en martelant de solides grilles, l'autre en forgeant de délicates pièces de bijouterie.

Malgré tout le talent dépensé, ce style nouveau est bien loin de s'être fait agréer sans restriction et d'avoir remplacé les anciens styles. C'est que la société a laquelle s'adressent les artistes est beaucoup plus difficile a conquérir qu'au temps ou elle se limitait au cercle étroit de la cour et de la ville. Comment y aurait-il dans le goût ornemental cette unité qui ne se trouve nulle part, ni en littérature, ni en politique, ni en morale ? De plus, la curiosité des choses anciennes, loin de s'user, se généralise ; la mode se renouvelle sans sortir des styles rétrospectifs.

Les théoriciens d'un art moderne abu-

l"ii.. 814. — Grille .moderne,

Dl'PONT. ARCHITECTE.

.Maison rl'e Saint-Ferdinand.

(Clichc Hachette I

!lll|.jé

FlO. 8l3 — VlLI-A A CO.MPIÈGNE.

A. Sauvage et C. Sarazi.n, arcii.

(Cliché" l'.Krcliilecte ")

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