J..F. MILLET
une fin ; le corps tout entier est occupé par un effort.
Aussi ce peintre de contours frustes, qui voyait dans le cultivateur la machine d un labeur nécessaire, admirait-il Michel- Ange, le souple créateur de gestes athlétiques.
Sur la terre, l'homme pèse lourdement de ses gros sabots attaches fortement au sol ; son corps brise pour avoir trop longtemps fouillé le sillon, il le redresse a grand'peine.
comme si cette attitude avait cessé de lui être naturelle ; et la silhouette, isolée sur le ciel nu, prend une majesté auguste. Ce drame entre la glèbe et l'homme, que Millet suit avec une maie émotion, il n'est agrémente d'aucun effet pittoresque ; a la nature inanimée. Millet emprunte seulement ce qu'il faut pour nous rappeler le cycle des saisons, le soleil d'août qui brûle le moissonneur, les gelées qui durcissent la terre, la sérénité de la nuit tombante, 1 heure ou s'interrompt le travail, lorsque dans l'or du crépuscule passe le tmtement de l'Angélus.
Il ne peignait pas d'après nature, et pourtant il a retenu les ettets de la lumière ; celle qu'il affectionne se déploie derrière ses figures ; les silhouettes se détachent à contre-jour sur un ciel de couchant, et leurs contours sont comme ronges par la clarté diffuse.
Les hachures de son pastel rendaient bien les mille flèches des rayons sur les objets. Il peignait ces I petites figures avec un \ pinceau charge de cou- I leurs grasses; les formes I sont grossières à la fois et douces; la teinte enve- 1 loppe, assourdit, éteint le p,^ 826. — Courbet. — La Vague.
I miroitement et les reflets. (mséeda Louvre., (CUCU Hachette >
FiG. 827. — RÉGAMF.v. — Cuirassiers