PEINTURE D HISTOIRE
l'io. 833. — Mii.LET. — L'Angélus.
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données archéologiques étaient bien peu : ici, une pyramide ; la, un temple ; une généralité un peu abstraite dans les paysages et le costume dispensait du souci d'exactitude.
L'Académie des Inscriptions instruit maintenant l'Académie des Beaux- Arts ; le tableau finit par n'être parfois qu'une marqueterie de documents : ils s'ajustent, se complètent, s insèrent sans lacune. Entre la conception de l'histoire chez nos peintres et celle des Davidiens, il n'y a pas moins de différence qu'entre la Salammbô de Flaubert et les Martyrs de Chateaubriand.
Durant le Second Empire, après que Ingres eut peint sa petite Stratonice et Couture son immense Orgie romaine, il y eut en peinture une renaissance de l'antique : œuvres précieuses, ingénieuses reconstitutions auxquelles s'intéressait fort le public. G. Boulanger et Gérôme posèrent de délicates figures en des décors pompéiens. Gérôme fut un artiste admirable de probité et amusant par son esprit ; dessinateur impeccable, comme Ingres, illustrateur ingénieux comme Delaroche, il a peint spirituellement même des histoires tragiques. Cabanel fut un excellent disciple d'Ingres, dont il a parfois retrouvé la ligne caressante et alanguie. Bouguereau a porté l'élégance affinée de cette manière à ce point de sûreté où les plus savantes mélodies prennent un aspect de ritournelle.
Jules Lefebvre, L.-O.
Merson doivent aussi être comptes parmi ces très purs artistes dont les
FiG. 835. — Mil. I. Kl. — L'IIo.M.ME A LA IIOUE. (Cliclic Kulin.} fc ( "X
œuvres manquent de passion, mais dont la probité offre un enseignement de plus en plus nécessaire a mesure que se font plus nombreux les réfractaires de la syntaxe et de l'orthographe (ftg.862, 864, 865).
L'exactitude historique devient méticuleuse a 1 excès chez Tissot et Meissonier.
Le document à outrance se retrouve dans les illustrations laborieuses de James Tissot, qui, avec la Palestine actuelle, a tâché de reconstituer les paysages et les costumes de l'Evangile. Son effort réaliste a renouvelé l'imagerie religieuse, que ne pouvait plus satisfaire la peinture abstraite de Flandrin (fîg. 845). Meissonier (1814-1891) est un des peintres qui ont le plus marqué parmi ces artistes qui voulaient rester exacts dans l'invention. Il présente ce paradoxe de montrer une prodigieuse minutie reciliste et de n'avoir jamais représente que des motifs imaginés. Son objectif photographique est braqué sur le passé ; on parle souvent, à
son sujet, de manière hollandaise, et sans doute les petits maîtres de La Haye et Amsterdam l'ont encouragé ; mais, entre eux, il y a cette différence qu'ils portraituraient leur temps, tandis que Meissonier a vécu hors du sien. Il a moins de goût pour la réalité que pour la curiosité ; il est fureteur et collectionneur :
sa peinture est précieuse et morte comme une exposition de bibelots. Il a aimé passionnément le .Wlll*^ siècle et Napoléon pour le pittoresque, l'élégance des costumes et les gentillesses de l'équipement. Il a montré l'Empereur et son ar-
l"i<;. 836. — Millet. — Mère donnant