I-'iij. 862. — Lefebvri
La vérité.
iMiiscc dit Luxembourg.)
(i'.lUhé JlacheUe.)
PUVIS DE CIIAVANNES -
FiG. 864. — Baudry.
La Toilette de Vénus.
(Musée de linrdeaiix.)
(Cliché Hachette. I
OU de printemps, des femmes et des fleurs ; mais, si l'impression est douce, c'est la pensée qui parait insuffisante ; suivant qu'il est sérieux ou superficiel, le décorateur trop n:iluraliste tombe dans la lourdeur ou dans l'insignifiance
(fig.895).
C'est pourtant le naturalisme de la peinture qui par contraste a permis à un art purement décoratif de se dégager franchement. Ingres, Delaroche, Delacroix, Chasseriau, n'avaient qu un style pour peindre un tableau ou une muraille. Leur manière, qui n était ni tout a fait réaliste, ni tout a fait idéalisée, restait la même dans un petit cadre, comme sur un vaste plafond. Quand le vocabulaire des peintres se fut charge de sensations matérielles, on sentit la nécessité d un style décoratif, et la rupture fut complète entre l'art qui vit de ressemblance et l'art qui cherche l'agrément. Courbet et Puvis de Chavannes se sont écartés en même temps, et en sens inverse, du style moyen de la peinture. L'un paraissait atteint de folie furieuse, l'autre de folie douce ; pour l'un, la peinture est un langage de pures sensations : pour l'autre, elle fixe des visions poétiques et éveille des méditations sereines.
Puvis de Chavannes ( 1 824- 1 898) a crée un style décoratif ; mieux que Flandrin et Chenavard. deux Lyonnais comme lui. qui avaient tenté la même entreprise, il a su mettre de nobles pensées dans le
langage des formes et se dégager du prosaïsme exact des naturalistes. Sa peinture est tranquille comme l'architecture qu'elle revêt ; ses figures restent fixées en des attitudes majestueuses et vraies, sinon celles du repos, du moins ,- ^., ,. " I M \- celles d'un corps en par-
PlG.8o5. — CaBA.NEL. — LaNaISSA.NCE DE \ E.NTS. . "^ . "
(Musée du Luxembourg.} (Cliché Hachette / fait équilibre ; mscntes
Vie 8t)6. — t>iiASSKruAC. - l.i: I i i'ii>Aiur.M. (Musée du Louvre.) (Cliehè Hachette )
dans une silhouette simplifiée et non sans raideur aux jointures, elles retrouvent la solidité pleine, la franchise d allure que possédaient les ligures de Giotto et qui manquent aux élégances calligraphiées d'Ingres et de Flandrin. Les couleurs qui lui sont chères imitent les pâleurs mates et le charme délicat d'une fresque florentine, comme si aux rouges et aux bleus se mêlait la craie de la muraille. Aussi n ont-elles pas besoin, pour prendre leur valeur, d être isolées dans I or ; entourées de la pierre froide et nue, elles conservent leur clarté légère. Puvis de Chavannes n est pas arrive tout d'abord a cette coloration de fresque ; il avait commence en eleve d'Ingres, comme Chenavard ou Chassériau, assouplissant les nuances de la couleur aux délicatesses du modèle ; c'est peu à peu que l'on voit les hommes et les choses se voiler d une blancheur transparente ; ils perdent ainsi leur matérialité pour n'être plus que d harmonieuses taches murales, très douces au regard, maigre la construction solide des figures.
Mais c est peu de créer un vocabulaire ; Puvis abandonne les motifs traditionnels, chrétiens ou païens, et imagine un univers nouveau, un monde a la fois idéal et réel qui n'est point celui de
l'Olympe ni de l'Lvangile, de Ihistoire ni de la realite. L'idée est toujours si simple qu elle parait d une grande banalité quand on l'explique avec des mots.
C'est la Paix, la Guerre, le Travail, le Jeu. l'Art...
Mais ce large symbolisme, si fécond en nobles attitudes, Puvis l'adaiitail aux Fio. 8<')7. — 0. Bon ANOEK. i- . J ..
, .. '. ,> ., milieux, car son décor,