I.K PEINTRE THAI'LOW ET SA FaMII.I-E
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INI LUENCli l-LORENTINE
Fio. 910. — Henri Martin. — Les Faucheurs. (Capitale de Toulouse.) (Cliché Crevaux.)
œuvres nerveuses et sèches qu'il y avait bien de la mollesse dans la facilité greco-romaine. Le réalisme si artiste des Ghiberti, Donatello et Verrocchio a inspiré d'une manière fort heureuse toute une génération de nos sculpteurs. On voit apparaître les figures de bronze, aux silhouettes minces, aux extrémités aiguës ; après les rondeurs molles des Vénus, voici la finesse tranchante et la gracilité des David et des Saint Jean florentins ; après la musculature héroïque, la maigreur menue de l'adolescent ; après le modèle égal de la nudité, la ciselure précieuse des détails. Falguière, Frémiet, Paul Dubois, Ernest Barrias, Gérôme, Antonin Mercié, ont, chacun à leur manière, ressuscité ce style. Cette influence florentine a mieux servi nos sculpteurs que nos peintres ; les ciseleurs du xv^ siècle ont réellement prêté des expressions nouvelles
FiG.Qii. — Henri Martin. — Le Vieix Berger. (Sorboune.) (Cliché (Prévaux.)
FiG 912.
- CoTTET. — Messe basse Ks Bretagne.
(nctitl'alais.) (Cliché Hachcltel
IR.iXCE
.-< la statuaire, tandis que l'imitation des " préraphaélites " n'a pu donner naissance a une école de peinture viable. Les formes athlétiques et les attitudes hardies de Michel-Ange ont aussi inspiré des oeuvres mouvementées et puissamment expressives. Quelquefois Carpeaux fait songer à Michel-Ange. Paul Dubois, aux angles du tombeau du gênerai Lamoricière, dans la cathédrale de Nantes, a placé quatre figures de bronze, graves, méditatives, comme celles de la chapelle des Médicis (tig. 916) : plus d'une fois, René de Saint- Marceaux a traduit dans le marbre la beauté hautaine, l'élégance et l'emportement des nudités de la Sixtine.
N'est-ce pas Florence encore que rappellent ces admirables artistes, Chaplain et Roty, qui ont conné tant d'éclat à l'art de la méd -ille ? La ciselure florentine leur apprit a fixer le nerf de la vie dans les lignes du métal. Chaplain a frappé d'énergiques effifjies où le relief solide de la grande sculpture s'enferme en des contours aussi purs qu un dessin d'Ingres : résumés définitifs conformes aux exigences de cet art bref (fig. 918).
Sur les médailles de Roty, la finesse délicate des formes donne aux allégories un charme de jeunesse, une fraîcheur que l'on n'aurait pas attendu de ces petits tableaux de métal. Ce style florentin, qui unissait si savamment le sens de la vie et le raffinement de l'art, aide ,,,^ ^,3 ,, ^^^^^^^ ^^ ^m .
ainsi notre sculpture à se iMuséc du Luxembourg!.! (Cliché HachcHc.)
LE NATURALISMF. : CARPEAIIX
Fio. 914. — Simon. — La Procession.
(StuACe du Luxemhuiiif; I ((.liclic Hachette)
défaire de la banalité majestueuse et de la noblesse inerte (fig. 920).
Les images de la v>e présente ont, comme les exemples du passé, donné aux sculpteurs la hardiesse d mnover. La même génération vit apparaitre le naturalisme chez les sculpteurs et chez les peintres. Tandis que l'art agressif de Courbet faisait scandale, Carpeaux (1827-1873) jetait en des formes vivantes la fougue de son tempérament. Mais le monde dans lequel il vécut affina sa verve sans briser sa vigueur. La société fringante et sensuelle du Second Empire, élégance altiere des princesses ou gentillesse des danseuses, fut portraiturée par ce robuste pétrisseur de glaise. Même aux figures mythologiques, il donnait la vie charnelle et non le modelé généralisé et un peu abstrait de la statuaire classique. Son groupe d'Ugolin fait songer aux géants tourmentés de Michel- Ange et ses nymphes rieuses aux faunesses dodues de Clodion. Ses impressions se sont fixées toutes chaudes dans le bronze ou 'a pierre, parce qu'il se bornait a traduire des sensations physiques, le frémissement du plaisir, la flamme du regard, le rire de la gaieté, l'excitation musculaire de la danse. Ses ' quatre parties du monde ' sont aussi d'alertes danseuses. Sa vraie muse fut Terpsichore, ou plutôt les jolies femmes qu'il regardait valser dans les salons des Tuileries (fig. 921 à 924).
Carpeaux avait retrouve le mouvement et la chaleur de la vie ; son
oeuvre contient un p,^ ^,5 d.,i.chez. - Les pins de Lescoml.
enseignement qui fCHché crevaux.)
fut immédiatement compris. Une sève flamande court dans l'œuvre de ce sculpteur de Valenciennes. C'est la vivacité toulousaine qui parait éveiller celle de ses contuiuateurs.
P alguiere avait d'abord parlé la langue acérée et nerveuse de Florence. De
plus en plus, il laissa voir FiG. Qi6. — P. Dubois. ji .• ^ i
.p • , . sa prédilection pour les
Tombeau de Lamoricikre. ^ ' ... }^ . .
(Caihcdraie de Aauies) iciichv ihnbeiic) lortes nudites féminines
auxquelles son ciseau donnait jusqu'à la vie de l'épiderme. Ses modèles, au nez court, au front bas, aux seins fermes, aux membres actifs, prêtent leur vitalité robuste et leur allégresse physique aux altieres figures de Junon ou de Diane chasseresse (fig. 933). Le talent d'Antomn Mercie est toujours d'une remarquable souplesse, soit qu'il faille montrer de l'esprit, de la mélancolie ou de la tendresse (fig. 925-932). Injalbert est emporté par une verve à la Rubens ; plus d'un sculpteur méridional a su ainsi transposer dans la pierre la touche spirituelle et comme un peu de la couleur du peintre. Chez aucun, la pureté classique de la forme n'est sacrifiée ; chez tous, la matière respire et s'agite. ^
Si notre statuaire s'oriente vers des destinées nouvelles, c'est en grande partie a l'effort de Dalou (1838-1902) qu'on le devra ; son œuvre résume une large évolution de la sculpture française. 11 fut d'abord un habile praticien, élégant décorateur selon le style Renaissance cher au Second Empire. Mais une vitalité puissante bouillonne en lui ; il ne s'embarrasse pas des préciosités raffinées du style, et même sa verve fougueuse entraine plus d'une vulgarité. On sent passer le souffle
Fir.. 917. — til K./.,., Ku.N.VPARTE.
(Musée du l.iixemboufff.) (i'Mchi Hachette.)
FiG. Ol8. — (>IIAPI.AIN.
Mkdaii.i.f DI-: y. Ili(ii) (Cliché (iiijiuiiiii I