L'ART MONASTIQUE OU ROMAN
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DE LA SClI-rriRi:: iXlM.l'EXC ES AXTiyUES ET BVZAXTIXES • RICHESSE DÉCORATlVi; ; C(X\ll'()SrnoXS DRAMATIQl'ES. — LE STYLE ROMAX EST LA PREMIÈRi; FORME DI-FIXIE DIC L'ART FRAX<,A1S.
CETTE activité raffinée d'où naissent les arts n'est possible que dans une société bien faite ; la meilleure société était, au XI siècle, celle des moines. Jusqu'à la formation des populeuses communes du Nord de la France, la civilisation s'était réfugiée dans les grands monastères. Les cités méridionales qui avaient conservé ou développé dans leurs murs quelques-unes des délicatesses du monde antique n en laissèrent de trace que dans leurs poésies courtoises ; les arts plastiques, depuis la fin du paganisme, n'existaient que pour la religion nouvelle.
C'est dans les limites étroites de monastères surpeuplés et bien clos que s'est concentrée cette activité manuelle et intellectuelle nécessaire a l'existence de l'art. L'architecture, la sculpture, la miniature, les vitraux, a l'époque romane, sont autant de fleurs monastiques. Le cloitre conserve les germes de la culture antique ; il recueille et entretient quelques étincelles venues du foyer
FiG. 20. — Abside
nE Notre-Dame-dl'-Port
A Clkkmont-Fkuram).
byzantin ; partout ailleurs, elles s'éteignent dans la tourmente d un monde anarchique. Le monastère rappelle la villa d'autrefois ; sa cour à portique est l'antique péristyle agrandi ; la robe du moine, sa face glabre et ses cheveux courts conservent, parmi les modes barbares, les habitudes galloromaines. Aujourd'hui encore, ces vieux monastères de Moissac, de Toulouse, d'Arles, rappellent combien ils furent des lieux de félicité tranquille, des oasis de douceur et de paix dans la vie rude du siècle. Ceux qui circulèrent sous ces jolies arcades, autour de ces petites cours de verdure, étaient retenus là par toutes les aspirations un peu hautes de leur âme ; ils oubliaient le monde, ses tumultes et ses aventures, et, parmi les manières qu'ils aimèrent de chanter la Gloire de Dieu, il faut compter celle des enlumineurs, qui recopiaient soigneusement les miniatures byzantines ; celle des sculpteurs et des verriers, qui patiemment transposaient ces petites scènes sur la pierre des chapiteaux et les fenêtres des églises Le monastère forme une cite qui a ses moyens d'existence et son industrie. Des industries difficiles, comme l'orfèvrerie, ont là leurs ateliers. L'art roman se ressent un peu d'être éclos en des cellules monacales ; il manque de fraîcheur et de jeunesse ; les sentiments les plus sincères y revêtent souvent des formes apprises comme les phrases de la prière ; I énergie la plus violente ne réussit point toujours à briser la discipline de la règle.
Les moines furent aussi architectes et surent, les premiers, édifier des sanctuaires vastes, élégants et solides ; les plus importantes des églises romanes, les plus richement ,, ^ c xt
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