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L.i CONSTRUCTION ROMANE

l'effort ; les nefs latérales, qui, dans les anciennes basiliques, devaient seulement rendre plus vaste le vaisseau central, servent maintenant a i'etayer avec leur demi-berceau ; I épaisseur des piliers et des murs fait paraître plus étrangle l'espace reste libre. A l'extérieur, la silhouette tend vers la pyramide ; la base de l'edihce s'écrase largement ; la grande nef repose sur les nefs latérales, et 1 abside s'étale sur les absidioles qu'elle pousse autour d elle.

L'architecte connaît les organes a renforcer, mais il n'ose pas encore, —

ce que feront les architectes du r,^ s- i? en

^. IiG.iD. — Façade DE Saint-Pierre,

Xlir Siècle, — détacher de la masse .^ Angoclême.

les contreforts ; il les dissimule, au iCHciu- iLichcttci

contraire, autant qu'il peut, les transforme en ornements, les réunit par des arcatures, ou les arrondit de manière a en faire des colonnes engagées ; le roman aime les lignes rondes, les formes pleines et bombées. Ce merveilleux maçon, inventeur d une construction nouvelle, s applique soigneusement à dissimuler ses innovations sous des formes traditionnelles. Au-dessus pointent cependant quelques tours, placées sur la façade ou sur la croisée du transept. Elles s'allègent a mesure qu'elles montent ; les étages supérieurs sont percés de fenêtres et lancent une flèche hardie. Ce clocher roman monte ainsi fièrement parce que, dans cet édifice compact, il est

mdependant et dégagé

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FiG. 36. — Nkf de Saint-Front, a Périguelx. (Cliché Seiirdcin.)

du système d'équilibre. 11 suffit parfois a changer l'allure de l'eglise et révèle un élan vers le ciel dans cet être pesant.

L'architecture romane, propagée sur toute la surface de l'ancienne Gaule.

s est accommodée des ressources matérielles de chaque région et des ha-

I'k;. 37. — Saint-Martin nii BosciiERViLLi;.

bitudes locales des conslrucleurs.

L'art révèle des personnalitcs r»> gionales, au moment même où les grandes divisions féodales prennent figure dans l'histoire.

Cest en Auvergne, sur ce plateau réfraclaire d abord a la civilisation latine, mais qui sut mieux la conserver ensuite, que 1 ai clutecture romane produisit ses constructions les plus savantes. Notre- Dame du Port,a Clermont-Ferrand, ou l'église de Saint- Nectaire sont des édifices robustes, bien pris dans leurs proportions, tailles dans un beau granit qui fait des murs admirables et de grossières sculptures. L'église auvergnate est l'organisme roman le plus complet ; ses collatéraux à voûtes d'arêtes portent des tribunes en demi-berceau, et, du déambulatoire qui entoure le chœur, rayonnent gracieusement des absidioles. A la croisée du transept se dresse une tour octogone, qui soule\e et allège ce corps massif. Ces vigoureuses constructions se sont propagées sur

les pentes du Plateau Central. On ' 1

les retrouve dans la vallée que suivait la grande route de Clermont et de Hrioude, dans le Limousin, dans le Quercy, dans le Languedoc. Toulouse, inaugurant dès lors son rôle architectonique, transpose en brique ces maronnenes de |)ierre. Les briques empilées donnent un aspect original aux clochers languedociens.

L'influence se fit sentir très loin.

Sainl-Sernin de Toulouse a inspire le plan de la prii.iitive église de Sainl-jacques aComposlelle. Perdu, dépayse en de lointaines régions, le pèlerin saluait, aux étapes de la j.-,,; j„ ,.„. ,„^ ^^ ^^ Thinitl route, le sanctuaire roman de son (.Vdisau; .m x Damksi. a Cae.n.

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