‹ FranceChapitre 34 sur 244 · SCULPTURE · texte numérisé non relu

SCULPTURE

Fio. 63. — Le jccement ukkmek. Tympan

DU PORTAIL DE LA CATHÉDRALE d'AUTLN.

(C.liche Seurdein.)

Statues en gypse, en bois ou en airain, sauf pour l'image du Crucifix. Mais, si le culte des reliques a quelquefois ranime cette statuaire que la haine des idoles avait anéantie, ce ne fut sans doute que pour donner une forme vivante a quelques précieux reliquaires, en argent ou en or. Cette orfèvrerie n'était qu'un luxe de riche monastère, et un art a besoin, pour vivre, de racines plus profondes et d'un épanouissement plus étendu (fîg. 45, 75).

Les débuts de la sculpture au commencement du XII siècle la montrent incertaine et tourmentée dans un milieu peu favorable. Klle ne s'est pas créée normalement, comme la sculpture grecque, qui d'un tronc d'arbre, d'un bloc de pierre, a dégage un corps humain pour y attacher ensuite les membres et donner peu a peu a cet ensemble la souplesse de la vie. Les motifs de 1 art roman étaient, depuis longtemps, fixés par les peintres lorsque les sculpteurs commencèrent a les traiter ; les premières sculptures romanes ne sont que des transpositions, en relief atténué, des images de la miniature byzantine ; et les couleurs vives qui recouvraient autrefois les tympans de Vézelay ou de Moissac devaient manifester mieux encore la hdelité de ces transpositions. Aussi ces débutants ont-ils des hardiesses étranges ; avec des moyens rudimentaires, ils se sont essayés aux compositions les plus complexes de la I-einlure byzantine ; et '■'*'■ ^-^ " ^'^^ "^''^ portails de léglise

1 I • r • Saint-Lazare, a .\vali.on.

leur gaucherie enfantine ^(;,,v,,^ seurjeiii) 3,

FiG. 05. — La Vierge ET l'Enfant. Façade DE l'église Sainte- Croix. A La Charité.

(Clichii Mictiscmciil )

donne une sorte de jeunesse aux figures d'un art sénlle.

Les architectes de Gaule ne disposent pas de matériaux aussi riches que ceux d'Orient ou dltahe; ils ne plaqueront jamais sur leurs édifices des revêtements de marbre ; la décoration n'est pas rapportée, mais prise dans la masse, taillée dans la maçonnerie. Ce sont les sculpteurs qui parachevaient le robuste édifice , il offre a leur ciseau de vastes surfaces. Ils ciselèrent les voussures et les tympans des portails et les chapiteaux des piliers. Ils allaient transcrire en bas-reliefs les quelques formes qui surnageaient du naufrage antique, peut-être quelques animaux héraldiques de la bijouterie barbare, mais surtout les images du christianisme byzantin qui, sous mille formes, pénétraient alors le monde occidental. Dans les provinces plus riches en débris gallo-romains, on ne manque pas de les adapter a la décoration nouvelle ; les églises de Provence, Saint-Gillcs, Saint-Trophime d Arles, sont chargées de dépouilles antiques : l'architecture s'alourdit même d'accessoires superflus pour utiliser le plus possible de ces richesses ; ici la parenté romaine est si étroite que l'art roman ne veut rien perdre de l'héritage ; Augustodunum avait aussi laisse bien des monuments antiques ; dans toute cette région, des rosaces, des rinceaux apportent aux portails d église lopulence de certains arcs de triomphe ; un vieux portail roman montre que Bourges reprend les oripeaux

d'Avaricum. .\ Moissac,

/-■i , Il l-'iG. (36. — - Portail de l'église Saint-

a V^-nartrcs, ailleurs, un ,,,

.. I BOPiiiME D Arles.

unteau sur une porte copie (Ciu-hi Xeurdcin.)

Page 1