LA BASILIQUE DE SAINT-DENIS
Fi(
^— 1 . ! 1)E LA CATHE-
DRALK D A.MIENS.
(Cliché Hachette)
construction mémorable vint en proclamer les avantages. A Samt- Denis, dans l'illustre abbaye, dormaient les reliques des trois martyrs décapites a Montmartre :
Denis, Eleuthère et Rustique ; Dagobert, après y avoir accumulé des richesses, avait voulu y reposer. Sa basilique mérovingienne fut successivement romane, puis gothique, avant que les sépultures royales vinssent y raconter la sculpture française. Au XII siècle, l'affluence des pèlerins était telle qu ils ne pouvaient tous avoir accès auprès des reliques.
Suger, étant moine, vit des fidèles écrasés par la foule de ceux qui poussaient pour entrer ; a une population plus dense, à une foi plus fervente, il fallait un sanctuaire plus vaste. Devenu abbe, il agrandit la crypte ; elle est entourée d'un déambulatoire à chapelles rayonnantes et couverte encore par des voûtes d'arêtes qui pèsent sur d'énormes piliers (fig. 84). Au-dessus de cette puissante crypte romane, il éleva un chœur gothique ; des colonnes légères portent les arcs d'une croisée d'ogives. Ici, l'architecte ne tâtonne plus ; il sait qu'il peut oser ; les masses inertes de la maçonnerie se font plus nerveuses et plus fines ; un support plus mince soutient une voûte plus haute et plus 1 large(fig.87).Ce chœurfut consacré solennellement le I 1 juin 1 1 44 en présence du roi. de la reine, de seigneurs. d'ecclésiastiques, d'étrangers et de gens du commun accourus des environs. Sans doute, ce In est pas a Saint-Denis qu'a été nventé le style nouveau. Mais
Fig. uy.
— N'lK Dt LA CATHÉDRALE
d"Amiens.
(Cliché Hachette.)
FiG. 100. — La maison diii;
DES MUSICIENS, A ReIMS.
(Cliché V. Couikiix.)
cette abbaye si fréquentée a certainement accélère la transformation de l'architecture. En quelques années dans la plujiart des grandes villes, au nord de la Loire, on se mit avec ardeur au travail ; les maçonneries romanes furent démantelées, et leurs pierres allèrent se perdre dans les piliers et contreforts gothiques ; a peine quelques portails ou quelques tours particulièrement chers aux fidèles furent-ils conservés, incorporés dans la cathédrale nouvelle.
I BHP*^ "^ Notre-Dame de Pans, commencée
i ^ en I 163, achevée presque entièrement
pendant le régne de Philippe Auguste, n'a reçu les portails de son transept qu'en 1 260, un siècle après avoir été
entreprise. Une extrême clarté caractérise cette église dans toutes
ses dispositions. Deux collatéraux élargissent l'édifice et entourent
le chœur d'un double déambulatoire ; le vaisseau s'est encore
amplifié après 1 290 de chapelles qui ont exactement la profondeur
des contreforts et en occupent les
intervalles. Les piliers inférieurs
sont robustes comme des tours ;
la galerie des tribunes conserve
toute son ampleur entre les arcs
de support et les fenêtres supérieures ; chaque croisée d'ogives est
sexpartite et couvre deux travées ;
les arceaux prennent assez bas
leur point d'appui. Ce style du
gothique primitif garde encore
l'aspect robuste de l'architecture
romane ; les lignes ascendantes
sont coupées d assises horizontales,
où elles s'appuient ; il faut trois
étages superposés, trois arrêts, trois
départs pour que les piles atteignent
le sommet (fig. 86). 11 n'est guèrede
Fig. loi. — Abside
DE LA cathédrale d'A.MIE.NS.
(Ctichi Hachctle )