NOTRE DAME DE PARIS
FiG. 102. — Abside
I)i: I.A CATllKDRALE DE BeAUVAIS
(Cliclii- Hacbetlf.)
callicdrale au monde qui soit mieux prise dans ses proporlions et qui, sous tous se5 aspects, présente de plus belles attitudes. Reposant sur des arcs-boutants très obliques, jetés hardiment sur des points d'appui fort écartes, son abside a souvent été comparée a une nef que poussent de longues rames ; la silhouette latérale développe régulièrement un bel édifice a l'échine étendue, qui redresse d'un geste altier les puissantes tours de sa façade (fig. 90).
Cette façade surtout donne à Notre-Dame sa physionomie caractéristique. Elle reprend et perfectionne la silhouette en H de la romane Trinité " de Caen ; ses deux larges tours, bien rattachées au corps central, couvrent exactement les collatéraux et les arcs-boutants ; les deux masses s'élevant d'un clan égal s'arrêtent franchement sans faire regretter les flèches qui ne sont pas venues ; la galerie des rois et la galerie a jour s entre-croisent avec les robustes contreforts, partageant cette façade carrée en quadrilatères réguliers ; ils encadrent les portails, les fenêtres et la rose, profondément taillés dans le mur épais (fig. 88).
Cette façade a été conçue d'ensemble par un constructeur habile jà dessiner avec des masses pleines t des arêtes franches, et les fioriures du style postérieur ne sont as venues enjoliver sa nudité obuste. Auprès de cette architecure aux membres forts et bien roportionnes, les portails nord t sud de Jean-de-Chelles paissent une décoration charmante,
Fig. io3. — Chcelr
de la cathédrale de Beauvais.
(Cliché Hachcitc.)
FiG. 104.
-Abside de la CATiiKr>i<.\i k
DE BOl'R(iKS.
(Cliché Xeurdcin.)
f- RANGE
mais plate et un peu grêle. Dans notre art, Notre- Dame a benéticie du rôle historique de Paris. Elle se présente comme le type achevé du genre gothique dont les espèces furent si variées. En dehors de l'Ile-de-France, d'autres cathédrales peuvent montrer une façade plus riche, une nef plus légère, des tours plus hardies, des sculptures plus abondantes ; il n'en est pas qui soit de constitution plus cohérente. Notre-Dame de Pans est devenue comme une œuvre classique. Dans l'épanouissement de la fantaisie gothique, le modèle sage et, pour ainsi dire, régulateur, est le monument que Maurice de Sully éleva dans la Cité, au cœur de Paris et du royaume de France.
La cathédrale de Laon est sœur de Notre-Dame de Paris et presque du même âge. Les deux façades ont un air de famille ; Laon est seulement d'aspect plus grave encore. Ses fenêtres et sa rose, creusées sous des voussures profondes et placées avec une sorte d'irrégularité dans la symétrie, composent une physionomie violente et tourmentée ; au haut des tours, tendus pour le guet, se montrent des mufles de ruminants(fig. 91). Surle tertre abrupt de Laon, cette église affecte la robustesse orgueilleuse d'un château fort, tandis que la cathédrale parisienne est paisiblement étendue dans son ile. Les nefs aussi sont de même style ; mais celle de Laon, au lieu de s'achever par le demi-cercle d'une abside, est limitée
l''lG. Io5. — I.KS r.lNQ PORCHES .„ ' . .
maintenant par un mur
UE I.A CATIlKllH.M.E DE lîOl'KGES. , . ,, ,
(<:iich<i sciirdcin) droit. Ce plan carré,