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ade occidkm aie

1>i-: la cathéurall.

('.7/i/ic- llachcilc.)

FiG. 141. — Rencontre

d'Aisraiia.m et de Mei.chisédecii.

I'aroi intérieure de la façade

DE i.A cathédrale de Reims.

(ClUhc lU^chelte.)

aspects de la vie, traverse encore une fois une période de formes aiguës et tranchantes ; semblables aux subtiles Kôrai du premier Parthenon, les longues figures chartraines ont été taillées par un ciseau appliqué qui compense I imprécision des plans en gravant plus nettement les fioritures du costume et les détails du visage. Ces robes précieusement travaillées n'enveloppent pas une grande robustesse physique ; les épaules sont absentes, les bras appliques au tronc ; sur les corps lancés en hauteur sont juchées de fines têtes d'hommes barbus ou de femmes aux longues nattes. Les visages, :

avec 1 eurs yeux saillants et leurs lèvres pincées par un sourire aigu, n'appartiennent point à notre monde ; ces bienheureux ont la pensée tournée intérieurement vers des visions radieuses ; un art trop jeune encore ne les a doués que d'une vie incomplète, mais le travail est raffiné et incisif ; ces œuvres montrent je ne sais quoi de nerveux et de tendu qui leur donne un charme subtil.

Si l'on va maintenant circuler sous les porches latéraux de Chartres, parmi ces innombrables figures de jirophctes, d a|)otres et de martyrs, même sans tenter un impossible classement chronologique, on croit assister au lent travail qui éveilla ce inonde de pierre et assouplit la matière inerte aux attitudes de la vie. Aux portails centraux du sud, les Apôtres ; à ceux du nord, les Prophrles vigoureux et tourmentes encore. Cet art minutieux, qui sait aussi être

142. — 1,A ' \ Il KiiE DORÉE rORIAIL MÉRIDIONAL ni; l.A CAIllÉDHALE d'.VmIKNS.

fC/u/K' llochcttc)

LES l'ORCUES LATERAUX DE Cil AUTRES

bru'.al, est admirable pour évoquer ce monde étrange et suranné. Sur les portails voisms, le miracle s'achève, et l'on voit la pierre se ployer, s'amollir, se creuser pour imiter un corps qui bouge et une draperie qui flotte. Les visages sont modèles par méplats plus larges, et les plans délimitent des formes définies plus franchement ; la barbe n'adhère plus a la poitrine, le cou s'allonge, sur lequel la tele peut désormais pivoter, les épaules s'élargissent, les bras se mettent à remuer. Le corps n est plus raide, fixé a un

pilier, les pieds ballants «1»^'^^ Iflk:' ^IHE^ ^"'" "" p'^" incliné ; il est

détaché et indépendant et, pour porter son propre poids, appuie le pied fortement sur le sol. Puis une jambe se raidit et laisse 1 autre se replier nonchalamment ; l'axe du corps s infléchit, une hanche se redresse ; la ligne des épaules, celle du cou deviennent mouvantes ; la figure entière, avec ses membres souples, compose un équilibre harmonieux. Et voici maintenant que ces figures s'associent pour jouer à deux quelque paisible drame, l'Annonciation ou la \ isitation ; la Vierge, Sainte Anne, l'Ange Gabriel composent des groupes tranquilles qu'animent des sentiments communs. Un siècle après les statues-piliers, les Hermès engamés du portail occidental, les sculpteurs mettent sur pied des figures élégantes, vigou- I reuses, des organismes viables, qui, même au Fig. i+j- - Saint Ré.mi conduit

1 • , 1 • j PAR LES Anges; façade occidentale

lepos. laissent deviner des ,.

I ' . . , DE LA CATHEDRALE DE ReI.MS.

énergies latentes. Us pour- iciidic sciu\Uin)

FiG. 143. — Ornementation végétale

A LA CATHÉDRALE DE ReIMS.

(Cliché llacltelle.)

FiacRE Di: LA poRTt:

CENTRALE DE LA FAÇADE JCIDEXTAl.E DE ReI.V

(Clichc Mieusetueiil I

ront maintenant pousser plus avant l'imilation des ty[)es humains, faire des |)orlrails, copier les costumes, et même s'appliquer aux jeux physionomiques ; l'art du statuaire a retrouve tous ses moyens.

L'iconographie chrétienne, en revêtant cette forme d'art, en fut complètement renouvelée. C'est alors que toutes ces figures lointaines de i Evangile et de la Bible se présentèrent aux yeux des fidèles, non plus avec cette étrangelé d'aspect qui maintient les figures romanes dans un monde surnaturel, fantastique, mais avec un visage et un corps qui les i,-,g. 1^5 faisaient semblables aux vivants. De

la Bible, il fallait retenir la série des occidentale de Reims

jirophetes ; on les voit au portail Nord de Chartres, encore hors nature ; un art embarrasse de raideur archaïque a fixé leurs personnalités violentes ; ce sont

là ces visionnaires tumultueux et furibonds de la Bible qui, bien avant la sérénité radieuse de l'Evangile, en des tempêtes d'invectives, lançaient parfois des éclairs de vente, ils conservent durant le Moyen Age leur physionomie redoutable ; nous retrouverons ces fauves plus tard, à la fin du XIV' siècle, autour du puits de Moïse à Dijon, écrases par l'épouvante de leurs terribles prophéties.

Les figures principales de l'Evangile changent d'aspect. Le Christ se détache du tympan sur lequel les artistes romans l'avaient sculpté en Fio. 14Ô. - La KKiNK de Saii.\; relief, assis au milieu des vieillards

PORTAIL OCCIDENTAL 1 1' A 1 1 C l 1 J

n de I Apocalypse ou les ovmboles des

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(Ciuiw Miciiscwci) quatre Lvangelistes Uig. \IA). Il ne

FiG. 147. — Saint Joseph,

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