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LE JUGEMENT DERNIER

a manifesté les caractères successifs de la statuaire française, la violence informe et disloquée d*Autun, puis la majesté sereine de Paris, et enfin I art dramatique et pathétique de Bourges. A Autun, la scène est déjà au complet ; le Cfirist, les morts qui s'éveillent, les Anges et les démons qui se disputent élus et réprouvés ; mais les éléments sont encore mal agencés ; le Christ prend trop de place ; autour de lui, des figures dégingandées font un tel desordre qu'on ne s'explique pas clairement le grand mystère qui se joue. Au porche méridional de Chartres, la composition est calme, bien équilibrée ; au-dessous du Christ, les petits corps des élus et des damnés sont rangés avec ordre, mais la scène, un peu réduite, manque de grandeur.

A Pans, le Jugement dernier est représente en trois registres avec une clarté merveilleuse ; en haut, Jésus préside au dernier jour du monde ; au registre inférieur, les morts sortent de leur tombeau ; a l'étage intermédiaire, l'archange et le diable partagent les âmes.

Mais, si elle est nette, la composition manque peut-être de mouvement ; le réveil des morts ne va pas sans quelque monotonie (l'exécution, il est vrai, en est moderne) ; les groupes des damnés et des élus s'organisent en théories compactes et bien sagement dirigées ; dans les voussures seulement passe la chevauchée Fig. i5o. — Grille en fer

sinistre de l'Apocalypse. A Amiens, on ^'^^^^ dOurscamp,

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retiouve la même composition grandiose,

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