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L'ART FÉODAL ET L'ART BOURGEOIS A LA FIN DU MOYEN AGE

I.l'.S CI:NTK1;S ARTISTIOUES; \.V. roi, les grands SLIC.NI.rRS. LL PAIT. A AVIC.NON. — I.A BOURGi:OISIl-: Al' XV'- SIÈCLE. - I.'ARCHITIU TrRl-: l'IÎO- DAI.H. — L'ARCHITIXTURl- COMMUNALl-, REMPARTS, ^LA1S()^•S, HO'IELS li(U!RGi;()lS OU l'KLNClERS, HOTICLS DE VILLE. — LES C.\THF^:DRALI:S Al' ,\l\> SIÈCLE ; I.E TVPl'; RAYONNANT. - LE STYLE FLAMBOYANT A LA l'IN DU .W'' SIÈCLE. -- LA SCUEFfURE, LES TOMBEAUX. - LA PEINTURE, LES VITRAUX, LENLUMINURl'.. — L'ÉVOLUTION RÉALISTE DE LA MINI.V TURE. — LES PRICMIERS TABLEAUX A LA DÉTREMl'E. — LA PEINTURE i;N BOURGOGNE, A AVICrNON ET AIX, EN TOURAINE ET DANS LE BOUR BONNAIS. — L'INSPIR.ATION POPULAIRE DANS LES ARTS FIGURÉS.

AU .\1II Siècle, une intense activité artistique s'empara de toutes les grandes communes qui voulurent élever une cathédrale, puis la peupler de statues et l'orner de vitraux. L'art était deja l'œuvre de la société laïque, mais il n'existait encore que pour la religion, et, comme la religion, il était diffus dans le monde. A mesure que s'avance le siècle, les artistes travaillent moins exclusivement pour les besoms du culte ; il y a dans les arts plastiques un charme que les rois et les grands seigneurs vont détourner à leur profit et compter parmi les accessoires de leur luxe. Or l'art de luxe ne peut être aussi répandu que l'art religieux. 11 lui faut la richesse, une certaine culture intellectuelle ; il faut une ville prospère pour former des ouvriers habiles, et, pour les payer, une bourgeoisie opulente ou la cour d'un prince. Les énergies artistiques du pays se ramassent alors dans quelques centres. C'est au

FiG. 167. — Château-Gaillard.

(Clichi UachcHc.)

XIV' siècle que les destinées de l'art français commencent a se confondre avec celles des grands personnages du royaume.

les rois et ceux qui fonl figure de rois.

Passer en revue les plus illustres de ces Mécènes, c'est deja parcourir d'un coup d'œil les principales œuvres d'art de la seconde moitié du Xl\' siècle, ainsi que du siècle suivant. Et d'abord, les rois. Les premiers Valois, fastueux et légers ; Jean le Bon qui, dans sa captivité en Angleterre, se fit accompagner de musiciens ; un peintre nous a laissé son portrait, le plus ancien des tableaux de France, une hure brutale peinte avec des couleurs molles (fig. 243). Puis Charles V, le roi sage qui construisit Vincennes, la Bastille et le Louvre, une forteresse quadrangulaire qui enfermait, avec un gros donjon, datant de Philippe Auguste, bien des gentillesses architectoniques ; le roi savant qui aimait les beaux manuscrits sur lesquels il écrivait de sa main : Ce livre est à moi, Charles " ; l'amoureux de miniatures, que les enlumineurs nous ont montre, avec un grand nez et un menton mal rasé, recevant l'hommage de quelque livre ; le constructeur des Célestins, qu'un sculpteur avait dresse au portail de cette chapelle, a côté de la reine, tenant une réduction de ce monument. L'œuvre a subsisté, elle est d'un art tranquille, sans éclat, sans flamme, mais probablement l'exactitude même ; l'homme est encore la, le corps fatigué, la poitrine étroite, le visage bonhomme,àdemi méditatif, a demi souriant(tig.209-210).On le retrouve, couché sur sa tombe, a Saint-Denis, par son imagier Beauneveu ; l'œuvre est plus banale ; on reconnaît pourtant sur

Fiu. 168. — Château d'Ardues.

(Cliché Hachette.)

FlO. lOy

CouK m: Château de (^olcv.

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