PARTIE CENTRALE DU PAREMENT
OE Narbonne.
(Musée du Louvre.)
(Cliché Hachelle )
neaux de bois. Ils ne faisaient guère qu'amplifier les petites compositions des miniatures. Ces enlumineurs en grand manquent de robustesse ; quelques détails, bien venus, montrent de la délicatesse d'observation ; mais les couleurs trop tendres et l'abus de l'or entravent dans leur concjuéte réaliste les Malouel, Bellechose, Broederlam, tous ces artistes néerlandais qui travaillèrent pour les ducs de Bourgogne (flg. 242-244).
C'est alors que, dans le premier quart du Xl\ siècle, deux événements changèrent les destinées de la peinture française.
L'invasion anglaise refoula vers le Sud la royauté et la plupart des industries qu'entretenait son luxe. Pans, pour longtemps, perdit sa force de rayonnement. Dans ce même temps, des artistes du Nord, les Van Eyck, imaginèrent une technique nouvelle qui amplifiait
prodigieusement la puissance de la peinture en mettant a sa disposition un instrument plus robuste et plus précis.
Tandis que cette peinture renouvelée devenait l'art national des grandes villes néerlandaises, et comme le fruit naturel de cette civilisation urbaine, chez nous elle n'a fleuri qu'en de rares provinces ; elle ne fut pas, comme la sculpture, un art autochtone ; pendant longtemps ^^^ ^^ encore, elle semblera un produit trans-
t^^^ :'^!->^iV ffl ! pl^'^té : il ^ iaWu, pour attirer et retenir ^^ ^'/^p^ ^ |çg peintres, des amateurs généreux, grands seigneurs et riches bourgeois.
Le desastre de la monarchie française n'avait pas arrête 1 émigration néerlandaise ; mais les peintres des Pays-Bas se dirigèrent davantage vers la cour de Bourgogne et, de la, vers la
ii.j
il'.. 240. — Cheminée
DV xv« siècle
PROVENANT DV .MaNS.
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FiG. 241. — Les frères
DE LiMBOURG. — La CHASSIÎ A VlNCENNES. MINIATURE
DES Très Riches Heures
DU DUC de Berry.
iMiisôe Condé. à CluiiilillyJ
iCticM Il.uhctu.l
Provence et l'Italie. Philippe le Bon, Charles le Téméraire et leurs ministres eurent pour les portraiturer (de très grands peintres ; pour leur chancelier Rolin, Jean \ an Eyck, Rogier Van der Weyden.
d'autres encore ont exécute des chefs-d'œuvre. Dans ces relations entre Flandre et Bourgogne, les Flamands ne doivent rien au milieu bourguignon ; la cour de Dijon n'a pas acclimate la plante néerlandaise, elle en a seulement cueilli les fruits. Peut-être en fut-il de même pour la sculpture, mais le; monuments de pierre sont plus stables que les panneaux des peintres ; les œuvres de la Chartreuse de Champmol, restées en place, constituent une manière de musée local, d'où semble rayonner le génie d'une école. Dans sa lointaine expansion, la peinture néerlandaise a même fonde des colonies beaucoup plus actives que
Dijon ; elle atteignit l'Italie, a travers l'Allemagne et la France ; les peintres flamands ou hollandais ont voyagé vers Gènes, parcourant du Nord au Sud l'Est de la France.
Cette grande voie, qui rencontre les foires de Champagne, de Lyon et de Beaucaire, est une route artistique.
Sur ce passage, Avignon, qui vient de perdre ses papes, et Aix, une des capitales du roi René, sont des étapes pour les peintres en voyage.
Des le Xl\' siècle, l'art siennois et giotlcsque était entré en I^rancc par Avignon. Les salles du palais
FiG. 242. — Jean Malouei.. — Dieu le Père, la Vierge ET Saint Jean pleurant