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L'ART D'INSPIRATION POPULAIRE

FiG. 257. — Jean I'ol'quet :

PORTRAIT DE JoUVENEL DES UrSINS.

^\/i(st'c du Louvre.) (Cliché Ilachelle.)

Fici. 258. — Jean Fouquet:

PORTRAIT DE ClIARLES VII.

(Musôe du Louvre.) (Cliché Hachette.)

tisrne accueillant de l'hospitalité tourangelle. Pour s'éprendre de la beauté que l'on prépare depuis un siècle de l'autre côté des Alpes, l'aristocratie de France n attend plus que de la connaitre.

Mais on donnerait de cet art gothique finissant une idée bien insuffisante si on laissait croire qu il fut tout entier féodal et n'exécuta des œuvres de sculpture ou de peinture que pour orner des tombeaux, commémorer la piété des donateurs, ou amuser le goût cultivé des Mécènes. En dehors de cette statuaire de luxe, de cette peinture brillante et difficile, il y eut au X\ siècle encore un art populaire malaisé à connaître, mais qui exprime l'âme de ce temps avec une sincérité directe et souvent brutale. La sculpture des tombeaux, les tableaux au donateur sont des œuvres de piété officielle ; mieux que ces objets de luxe, les naïves

Vierges de Pitie que l'on ^'°- ;\7 ^^ ^K^\^ ""-^ -Moulins. -

, , La Nativité. Evêche d Autu.n.

trouve en de nombreu- (CUché Langiois.)

F10.2G0. — Jean Bol'udiciion.

— La Nativité. Miniatuki

1)1' Livre d'iikurus d'Anm

i)K Bretagne.

tliibliiithéque Satiuiuilc.l

iCliclu' ltcrlluiii.1 )

ses églises de village et quelques peintures

grossièrement

badigeonnées sur de vieux murs se rattachent a la commune humanité. Si ces œuvres populaires s'étaient mieux conserv ées, nous pénétrerions davantage I

l'âme de ce temps. Un motif surtout semble avoir été cher a l'humanité d'alors et

' tVHm

FiG. 261. — Jean BouRDiciioN. — Anne

DE Bretaone et ses patronnes. Miniature

i)i: Livre d'iiei'res

1>'.\NNE I>E BRKTAliNE.

iKiHiiilliùqiic Wiliuiuile.)

(Cliclu- llcriluiiii.)

en avoir exprime les préoccupations profondes : la danse macabre, le thème des vivants conduits au tombeau par des morts ricaneurs. Elle apparut sans doute en 1 424 à

Pans, au charnier des Innocents, et de là se répandit a travers la France ; on en trouve aujourd hui des traces éparses, a Kermana, en Bretagne, ou des morts plaisantins lutinent des abbes ; à la C.haise- Dieu, où des figures tracées au trait noir détachent nettement une silhouette blanche sur un fond d'ocre rouge (fig. 255); a l'aitre Saint-Maclou (Rouen), cette danse macabre, sculptée dans le bois, s'effrite lentement. Dès sa naissance, la gravure s'emparera de ce motif ; elle propage dans le peuple ce sermon sur la mort " qui repondait sans

Fig. 262. — Le Maître

DE MoiLiNS. — Pierre

i)K BoiRnoN ET Saint Pierre.

(MuséCiiu Louvre.) iClicItô Hachette. )

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