‹ France MilitaireChapitre 13 sur 62 · OPÉRATIONS MARITIMES. — 1794 ET · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS MARITIMES. — 1794 ET

SOMMAIRE

Côte de Guinée : Dr*truc1»on «te* établiutnwnti aaglait en Afrique. -Océan Indien : Combat de nic-de-France.— Océan atlantique : Crouiért du grand hiver.— Côte* de Bretagne : Combat de Grou.— Mer Méditerranée : Croéuére *ur te* côte* de Cône.— Combat naval d’Alaaaio.— Combat de* tte* d'Myérr*.— Prtee de la Hotte du Levant.— Océan atlantique : Prtae de la flotte de la Jamaïque.— Mer Méditerranée : béblocua de la division de Smyrœ.

Côte i»f Gli.véii. — Destruction des établissements anglais en Afrique. — Au mois de septembre 1794, unedivision française, composte d’un vaisseau,de deux frégates, de deux bricks et de deux bâtiments négriers armés en guerre , parut à l’improviste sur la côte de Guinée , détruisit les comptoirs anglais et ruina complètement l’établissement de Sierra-Leone. Il s'y trouvait alors, entre autres navires d’une moindre valeur, un bâtiment de 400* tonneaux , le Uarpy • , richement chargé; ce fut le seul dont le commandant français voulut s'emparer; il brûla les autres vaisseaux après en avoir enlevé les marchandises les plus légères et les plus riches. — Enfin , les forts étant démolis, les canons encloués, brisés ou jetés 5 la mer, les magasins de la compagnie anglaise dévastés et détruits, la division remit à la voile et revint en France. Elle avait brûlé ou coulé dans sa croisière deux cents dix navires ennemis.

Ocêaü indien. — Combat de l’ Ile-de-France. — Deux vaisseaux anglais , armés & grands frais dans l'Inde, le Centurion et le Diomède , avaient établi vers la fin de 1794 une croisière autour de l'Ile-de-France. Cette colonie mantfuait de vivres, tous ses vaisseaux, armés en course, étaient alors en mer ; la croisière anglaise empêchait les subsistances d’arriver, et les corsaires de rentrer au port avec leurs prises. Dans celte situation critique, les autorités civiles eUmilitaires tinrent conseil et résolurent unanimement de tout tenter pour débloquer la colonie. On décida que la division française mouillée à Port-Louis, composte de deux frégates, la Prudente et la Cybèle , et du brick le Coureur, attaquerait les deux vaisseaux de ligne anglais, et tâcherait de leur causer assez d’avaries pour qu’ils fussent obligés d’aller au loin chercher un port pour les réparer. Malgré l'énorme disproportion qui existe entre des vaisseaux de haut bord et de légères frégates,» les marins français reçurent avec joie l’ordre d’aller combattre. Ils avaieut pour chef le brave Renaud , excellent officier. On appareilla, le 22 octobre, aux cris de Vive la république ! Mort aux Anglais ! La petite di- , vision rencontra les deux vaisseaux de ligne à huit lieues de la côte; et aussitôt commença un combat terrible où, pour racheter la faiblesse de leurs bâtiments, les canonniers républicains, sans s’attacher A tuer du monde a l’ennemi , pointaient leurs coups avec adresse, les uns sur les mâts et les vergues, les autre» sur le gouvernail ; d'autres sur un même point de la coque, audessous de la ligne de flottaison. — La Pnutente s’élail placée par le travers du Centurion, et la Cybèle par le r. il

travers du Diomède. Le brick, favorisé par sa petitesse même, qui le dérobait mieux aux coups de l'ennemi, allait et venait autour des deux vaisseaux , secondant de sou mieux l’effort des deux frégates. Après une heure du feu le plus nourri et le mieux dirigé, les frégates, ayant elles-mêmes éprouvé de grandes avaries dans leurs agrès, le chef de la division fit le signal de s'éloigner de l’ennemi. La Cybèle tenta vainement d’obéir A cet ordre; son grément était en trop mauvais état pour qu’elle pût suivre la Pnuienle. Restée en arrière, elle eut à soutenir seule, pendant quelque temps, le feu des deux vaisseaux anglais; mais ceux-ci étaient trop maltraités pour lui donner une longue chasse. — Le Centurion faisait eau de toutes parts ; il avait perdu son gouvernail et deux de scs mâts. Les avaries du Diomède n’étaient pas moins considérables. — La Prudente, qui avait viré de bord pour venir au secoursde la Cybèle , la prit A la remorque , et la division triomphante revint A l'Ile-de-France, où son retour fut salué par les acclamations de tous les habitants. —Le résultat du combat fut, comme on l’avait espéré, la levée du blocus. —Les transports chargés de vivres arrivèrent dans Elle, et les corsaires y firent leur entrée, amenant des prises richemrnt chargées. La reconnaissance des habitants pour l’héroïsme de nos braves marins fut telle, qu’une souscription volontaire, ouverte pour les familles de ceux qui avaient péri dans le combat , s'éleva en peu de jours A la somme de 265,000 francs. — Les vaisseaux français avaient eu 38 hommes tués et 95 blessés. — Parmi les traits 'de courage auxquels ce combat naval donna lieu, on cite celui du brave Lehyr, capitaine en second d’une des frégates, qui, frappé d’un biscaten au talon , refusa de se laisser porter avec les blessés : « Non, dit-il aux matelots , j’ai juré de mou- « rir A mon poste; je ne le quitterai pas 0. Peu d'instants après, il reçut un boulet dans les reins, et tomba en s’écriant : a Courage, mes amis, vengez moi !»— - Le nommé Sixte Brunet, chargeur, eut la main droite emportée au moment où il allait prendre son refouloir; alors, et sans paraître ému, le saisissant de la main^ gauche , il acheva de charger sa pièce avant de se faire panser.

Océan kTLiTrHtv*.— Croisière du granit hiver. — On ignore dans quel but la commission de marine de la Convention donua l’ordre de faire sortir du port de Brest, en décembre 1794, et par un hiver si rigoureux qu'il a fait époque, toute l'armée navale aux ordres du vice-amiral V ilia ret- Joyeuse. Cette armée se composait de 60 voiles , vaisseaux , frégates et corvettes. La • * 3 .

campagne commença sous de sinistres auspices: appareillant au commencement cfuu coup de >eui, la üolie perdit un vaisseau à trois pouls eu quittant le port, le Bèpublicain , qui lut jeta sur la ruche Mingan au milieu du goulet de Brest et y périt. — Elle comptait 35 vaisseaux de haut bord, parmi lesquels ou remarquait V Alexandre , vaisseau de ligue anglais qui avait été pris peu de temps auparavant par la division du coutre-amiral .N ici l y , et que les équipages de sa division avaient offert à ta république. On battit la mer pendant plus d'un mois sans rencontrer aucune flotte ennemie. Le gouveruemeat anglais était trop prudent pour compromettre sans nécessité ses bâtiments de guerre par d'aussi mauvais temps. - Les 28et 30jauvier 1793, la flotte éprouva d'horribles tempêtes; tous les vaisseaux firent plus ou moins d’avaries; trois furent engloutis par la mer, le Scip ion , le Neuf Thermidor et le Superbe. One partie de leurs équipages péril dans ce désastre. Le conventionnel Tréhuuarl, qui se trouvait â bord de la flotte , se décida alors à donner l’ordre de regagner le port ; mais pour comble de malheur, plusieurs vaisseaux se jetèrent à la côte en revenant. — Le Neptune se perdit â Peros. — Le Fougueux et le Téméraire échouèrent; mais ils parvinrent A se remettre à flot , et gaguèrent , l'un le port de Lorient , et l'autre celui de Saint-Malo. — L'armée navale rentra A Brest toute délabrée, au moment où les magasins de la marine manquaient des matériaux de divers genres necessaires pour la réparer. Dans les 34 jours qu’avait durée celle tatalecainpague, la flotte u'avail pris qu'une seule frégate anglaise, le Daphné, et une centaine de bâtiments marchands, dont les équipages réunis ne s'élevaient pas a 1,200 hommes: c'était un bien faible dédommagement des quatre vaisseaux de ligue qui avaient été perdus ei des avaries majeures des autres bâtiment*.

Côtes de Bretagne. — Combat de Groix. — Tandis que l'Angleterre dirigeait surÇJuiberon l’expédition qui 1 fut si fatale aux émigrés, une flotte anglaise, aux ordres de l'amiral Bridport, composée de quatorze vaisseaux, dont plusieurs A trois ponts, croisait sur U côte de Bretagne, une flotte française, composée de seize vaisseaux de ligne , cummandee par l'amiral Villaret , se trouvait dans les mêmes parages. Elle formait deux divisions de force égale, dont l’une était mouillée à la hauteur de Belle-lsle , cl l'autre devant Brest. Lord Bridport , dans le but de protéger un débarquement d’armes et de poudre pour les chouans, attaqua ta di-< vision de Belle-lsls, qui se retira après un assez vif engagement. Villaret- Joyeuse, prévenu de cet événement, mil aussitôt A la voile avec sa division pour se réunir A celle qui venait de combattre. Après cette réunion, il chercha à joindre Bridport qui , en raison de l'infériorité de ses forces , voulait éviter le combat jusqu’à l'arrivée d'une escadie aux ordres du commodore Warren , envoyée pour appuyer le débarquement de l>uibeiou. — Villaret oi donna la cba»se; mais bientôt, averti que Bndporl et W arreu « étaient réunis et que la flotte anglaise s'avançait pour le combattre , il manœuvra à sou tour dans le dessein de l'éviter, et fit vo le vers Brest : un furieux coup de veut le rejeta

sur Belle-lsle, où il trouva toutes les forces de Bridport. L’annral anglais l’attaqua, coupa sa ligue è( parvint , après uh combat meurtrier , à lui enlever trois vaisseaux, te Formidable , le J'igtv et l’Alexandre. Après ce malheureux combat, l'amiral français rentra à Lorient, où le manque de vivres le força de licencier ses équipages.— Les Anglais restaient ainsi maîtres delà mer et des côtes du Morbihan.— Le commodore Warrrrt crut devoir faire une tentative pnurs’cmparcr de la forteresse de Belle-lsle, qui aurait offert uu excellent point d'appui aux émigrés. Le général Boncret commandait la place pour ta République ; il répondit à ta sommation qui lui fut faite au nom de Louis XVII : a Je ne recon** a nais aucun roi , et je suis décidé à m 'ensevelir sous a les ruines du fort, plutôt que de le remettre â des An- *< giais ou à des transfuges ». Warren ne voulant pas perdre un temps précieux S raoonner Belle-lsle, abandonna son projet et fil voile pour (Juiberon.

Mer Méditerranée. — Croisière sur les côtes de Corse. — Un des premiers soins dont on s’était occupé, après la reprise de Toulon, avait été de recomposer l’escadre qui devait stationner dans ce port. En peu de temps on y arma quinze vaisseaux , parmi lesquels il s’en trouvait huit que les Anglais croyaient avoir abandonnés dans un état à rester toujours hors de service. Cette escadre était néanmoins trop faible pour secourir, ainsi qu’on se le proposait, Bastia, dont les Anglais faisaient le siège , appuyés par la flotte de lord llutham , forte de vingt vaisseaux.— Elle mit à la mer le 3 mars 1795, sous les ordres du contre-amiral Martin, auprès duquel se trouvait le conventionnel Letourneurde la Manche. Outre les quinze bâtiments de haut bord, la flotte comptait six frégates et trois corvettes. Le 7 août, étant en vue des côtes de Corse, on reucontra au sortir du golfe Florent le Berwick, vaisseau de 74 canons, qui allait rejoindre la flotte anglaise mouillée devant Livourne. Lamiral Martin le fit chasser par trois frégates que l’escadre suivit A une petite distance. Bientôt les frégales atteignirent le Berwick , et f Alceste l'attaqua la première avec audace. Au bout d‘un quart d heure de combat, il amena sou pavillon*, son capitaine venait d'avoir la tête emportée par un boulet de canon, et l'équipage ne voulut pas soutenir un combat que le voisinage de la flotte française rendait sans espoir. Le Berwick fut aussitôt dirigé sur Toulon.

Combat naval d’Alassio.— On continua â croiser; un coup de vrnt sépara deux vaisseaux de l'escadre, le Mercure qui futdémAlé.et le Sans- Qdofte qô I éproo va d’autres avaries.— Ce vaisseau était le seul à trois pont», et portait 120 canons. — L’escadre française se trouva ainsi réduite à treize vaisseaux à deux batteries, armés ensemble de 980 canons. Elle rencontra le 13 mars, en vue d’Alassio, sur la côte du Ponent, la flotte anglaise composée de quinze vaisseaux (dont quatre étaient A trois ponts) portant 1,104 canons, de sept frégates et d'un brûlot. Martin, voyant son infériorité, voûtait .éviter le combat : mais le vaisseau , le Ça-Ira, en manœuvrant, ayant abordé la Fh toire, perdit ses deux mâts de hune , tomba sous le vent et resta en queue de ligne : cet accident força l’amiral français à s’engager ;

il fit aussitôt former la ligne de bataille. Lord Ilolbam Ordonna A son avant-garde de forcer de voiles pour combattre le Ça- Ira. Ce vaisseau fui attaqué par la frégate l'Inconstante A laquelle se joignit le vaisseau l'Agamemnon , que commandait le célèbre Kelsou, alors capitaine. Le Çfy/ra repoussa vigoureusement les deux bâtiments anglais; mais \\ éprouva de fortes avaries. La frégate française la Vestale s’avança pour le reprendre A la remorque , et le vaisseau le Censeur vint & son secours. Le Ça-Ira et le Censeur ayant eu bientôt à combattre toute l’avant-garde anglaise , furent très maltraités et mis presque hors d'état de manœuvrer: I la nuit, les Anglais cessèrent le combat. Le lendemain matin, s'apercevant que ces deux vaisseaux étaient encore en arrière de l’escadre française, les Anglais s’avancèrent pour s’en emparer. L'amiral Martin, dans le but de les secourir, ordonna de virer ventarrière par la contre-marché, afin de former sa ligne de bataille entre le Censeur , le Ça- Ira et l'escadre anglaise, que la sienne ertt ainsi prolongée de la tète A la queue : mais, contrariée par le vent , cette manœuvre fut manquée; le calme empêcha l’escadre française de prendre part au combat. Un seul vaisseau, feÙilqueine, s’était seul porté en avant: après avoir épuisé les deux tiers de scs munitions et perdu une partie de son équipage, il parvint A se dégager. IJ' Ça- Ira et le Censeur, n’avant plus l’espoir d’étre secourus, combattirent néanmoins avec courage, et ne se rendirent qu’à la dernière extrémité. Le vent qui se leva ensuite, sépara les deux escadres.

Combat des Ilesd’Hyères.— Le contre-amiral Martin rentra A Toulon, et y fut bientôt rejoint par six vaisseaux envoyés de Brest, aux ordres du contre-amiral Rcnaudin, l’ancien capitaine du Vengeur * échappé comme par miracle au désastre de son bA liment. Ce renfort portait l'escadre de la Méditerranée à vingt vaisseaux ; mais peu de temps après son arrivée une insurrection éclata à Toulon, et les marinade I escadre y prirent part. Onx venus de Brest . restèrent seuls fidèlement à leur poste; Rcnaudin profita de leurs bonres dispositions pour faire prendre à sa division une posilion avantageuse dans la rade de Toulon. 1 afin d'être en mesure d'en défendre l’entrée aux Anglais, s'ils y étaient appelés par les insurgés. La vigueur des autorités militaires et des représentants du peuple, les troupes nombreuses dirigées contre les Toulonnais, étouffèrent promptement l’insurrection1.

* La arrondi» Incorrection de Toultan egi dr* cannes tout A-fait oppo*ée* S celle* dr la prnilère : c'était I fépoqnr de l'ln*n érection du t*r prairial (20 mai 1784 >* I/* parti révohit nnnaire venait d'être comprimé â Pari», ri Ir faubourg Sam» AiHoum* vaincu Ton» le» département» do Midi étaient en tira; Toulon, dont la population royaliste cl fédéraliste avait été expulsée on égorgée. était depuis •es désastre* la Tille la plu» défoule A la Montagne. Poe eorreltr dr la République amena dan» ce port quelques Émigrés pris mr un bâtiment qui h» rendait d'Italie en Espagne; la popnlare Ir* ms «narra à leur débarquement. I* général Pierre , qui commandait dan» la ville, n’avait pri* sorti rvr rrnwirr pour empérher rrt assassinat. Ir» représentant» i.uérln et l’ouït 1er. indigné» dr m conduite , le destituèrent : mai» cri arir d'autorité excita le nfronti ntcmrnf populaire. Tout a coup on battit la générale, le» porlrt de la ville *e fermèrent et la foule M porta rhr» les représentant» pour le» obliger A rapporter leur arrêté de destitution : crut -ci »'y refluèrent. Alors l'insurrceuoo éclata ouvertement ; oa le» maltraita cl on le» jeu en prbon. Les

Le rt^pfèsentanrNioa avait remplacé Letournttir auprès de l'escadre ; H adressa aux marins, qui t'étaient joints aux insurgés, une énergique proclamai ion et les Invita à revenir sur leurs vaisseaux et à mériter l'oubli de leur insurrection, en faisant des prodiges de valeur coutre les Anglais, qu'il allait sur-le-champ les mener combattre. Cette proclamation produisit un excel- * lent effet. Les marins revinrent A leurs bords, jurant de laver leur crime dans le sang des ennemis de la République. Mou , pour ne pas laisser refroidir cette ardeur, ordonna de mettre A la voile. L’escadre républicaine était composée de dix-sept vaisseaux , et de six frégates; elle rencontra, le 13 juillet, A trois heures du matin , au sud des Iles d’Hyèrts, la flotte anglaise forte de vingt-trois vaisseaux (dont cinq à trois ponts), et d'une quinzaine de frégates et de corvettes. La disproportion des forces était trop grande, pour que l'amiral français ne songeât pas A éviter le combat. Malheureusement l'armée était sous le vent des Iles d’Hyères, et ne pouvait pas aller se mettre A l’abri derrière ces Iles: Martin se décida A faire voile vers la baie de Fréjus. Les Anglais lui donnèrent la chasse; A trois lieues de terre les vaisseaux français furent pris par le calme; ceux de l'ennemi recevaient encore un peu de brise, et en profilèrent pour s'avancer. L’arrière- garde française se trouva bientôt atteinte par l’avant-garde ennemie; l’armée ne pouvait se porter A son secours. Les Anglais manœuvrèrent de façon A la couper. Les vaisseaux français commencèrent le feu, et envoyèrent à l’ennemi des bordées si bien ajustées, qu'ils démâtèrent un vaisseau à trois ponts, et firent des avaries majeures â plusieurs vaisseaux. Ce premier avantage permit A l’escadre de Martin de profiler d'une légère brise qui s’éleva, pour rétablir sa ligne, que le calme avait mise en désordre. Le vaisseau l’ Aïeule avait été si maltraité, qu’il ne pouvait rester A son poste. L’amiral français envoya les

insurgé» t'emparèrent du fort Lamalgue. de l'arsenal , de ton» le» éiabluscmenl» mil» et imlliairc*. en présenre même de la garnison, trop IMhte pour y mettre obilark». U* homme* a t tarin'* au parti montagnard «'étaient nu» A la tète du mouvement : il» ouvrirent le» prison» A leurs partisan» détenu», «l n ayant pu parvenir à faire rentrer dans le port I escadre qut te trouvait eu rade, il» ir déri- 1 dère»; » partir. *n longeant la iw l.iluO homme, et 1 pièce» de vanon. wir Marseille. *r.f:l» di*a.--..t être It *»ége du mad«rantMmp. I. 'adjudant général fharion, qut gardait le» magasin» de l'armée d'Italie , an RimumcI . craignant de le» voir tomber entre le» mam» de» uiMirgès, le» Ht évacuer en toute hâte mit tajr», el prit position arec 800 hommes en avant de ce bourg. Au premier bruit de» danger» qui menaçaient Marseille, le reprén-nfanl thambon, en mitiuon dan» a tic ville. Ht un appel .1 la garde nationale et rassembla environ I 200 volontaire» qui , réuni» à I..00 lofdalt de la garnison cl renforcé* dr dru» régime ut» de ravaler te, marchèrent . sous le commandement du général l’acthod, A la rencontre de» Toulon nais. Dans le même temps Ir* représentant» Touiller et bucnn , qui avaient réussi A s'échapper de Toulon . lançaient la garnison derrière les insurgés, et Ir représentant Ch ta ppc accourait de Nice avec 6,000 hommes dr l'armér d'Italie, br* Tou tonnai», sans s'inquiéter dr re qui te passait sur leur» derrière», attaquèrent bravement le* troupes de Charlon. Le choc fol sanglant et opiniâtre; mais le général l’acthod étant arrivé A propo* avec u colonne, décida la viclotre en faveur dos convrniionnels. 300 Toulonnais forent tués, autant mirent bas 1rs arme*, et le rr*tr fut dt«ner«é par la cavalerie. le» vainqueur» rentrèrent rn triomphe â Toulon , au moment oO le* troupes tic l'année d'Italie y arrivaient de leur côté. Mai* la victoire fut souillée par la conduite de* Marscillai*. qui appelaient leurs sanglants cxré» de justes représailles ; ils égorgèrent leur* prtroniiirr» et uiAftRjcrérait en outre plus de 200 individus détenus sa fort Saiut- Jean , pour de» cause» politiques.

frégates la Jiuice et C Alceste pour le remorquer; et au risque d'engager une action générale, il allait luimême te porter â son secours, lorsque le corps du vaisseau, sa mâture et ses voiles s’embrasèrent tout à coup.* L'incendie fut si prompt et si violent , que tous les bâtiments qui se trouvaient à proximité, amis ou ennemis, durent se bâter de s’éloigner, et qu'on ne put lui porter aucune assistance ; une demi-heure après il sauta avec un fracas épouvantable. Ce funeste incident ralentit la canonnade qui continuait encore entre l'avantgarde ennemie et l’arrière-garde française: plusieurs vaisseaux anglais avaientété si mal traités, qu’ils avaient besoin de se faire remorquer. Lord Hotham se vit forcé de renoncer à poursuivre les vaisseaux français. Ceux-ci vinrent en bon ordre s’embosser dans la baie de Fréjus. La flotte anglaise prit 1e large, et alla réparer ses avaries, partie à Livourne, partie en Corse.

Le combat des lies d'Hyères fut le dernier qui se livra jusqu’à la célèbre bataille d'Aboukir. Les vaisseaux français cessèrent de se mesurer en ligne avec les vaisseaux ennemis. Le gouvernement comprit qu’il ferait beaucoup plus de mal à la marine anglaise, en autorisant l’armement de nombreux corsaires, et en formant de légères escadres qui, parcourant rapidement l’Océan, la Méditerranée, la Mer des Antilles et l’archipel Indien, devaient détruire, sur tous les points, ou ramener dans nos ports les navires marchands, et ruiner ainsi en détail le commerce de l’Angleterre.

Prise de la flotte du Levant Nous avons parlé (Tom. 1. p. 257 ) du chef de division Perrée qui , revenant d’une mission auprès des puissances barbaresques, reprit une frégate que les Anglais avaient emmenée de Toulon. Dans ta même croisière, cet officier s'empara de vingt-cinq bâtiments marchands. — Le contre-amiral Richery eut encore des succès plus grands. Il commandait, en octobre 1795, une division de six vaisseaux de ligne envoyés de Toulon à Brest. Le 7 octobre, il rencontra au nord du cap Saint-Vincent le convoi du Levant, qu’escortaient trois vaisseaux de ligne anglais et plusieurs frégates. Richery , avec ses vaisseaux , attaqua les bâtiments de guerre , et chargea ses frégates

de prendre autant de bâtiments marchands qu’elles le pourraient. Les vaisseaux de l’escorte s’enfuirent A force de voiles, mais pas assez promptement , pour que l’un d'eux ne fût pas atteint: c’était le Censeur, vaisseau pris à l’amiral Martin , an combat d'Alassio : les Français le reprirent et en firent don à la République. Pendant le combat, les frégates pénétrèrent au milieu du convoi, et amarinèrent trente navires, tous richement chargés. Richery conduisit ses prises dans le port de Cadix , que la paix faite avec l’Espagne venait d’ouvrir à notre marine.

Océav Atlaxtiqle.— Prise de la flotte de la Ja-* malque. — A peu près à l’époque où la riche flotte du Levant devenait ainsi la proie de nos marins français, celle de la Jamaique éprouvait le même sort. En approchant d'Europe, une tempête l’avait dispersée et séparée de son escorte ; dix-huit de ses bâtiments furent pris par la division sous le commandement du capitaine Moultson, et quarante-quatre autres, par la division aux ordres du jeune capitaine Robin. Moultson rentra à Rochefort avec sa riche capture. La campagne de Robin fut plus longue et plus difficile; ses bâtiments éprouvèrent diverses avaries et revinrent après être restés trois mois en mer , faisant beaucoup d’eau , sans voiles et sans vivres. Les équipages étaient accablés de fatigues; mais le succès de leur campagne leur fit bientôt oublier toutes leurs misères.

Mer MÉDiTP.RFxxf.K. — Déblocus de la division de Smyrne.— Le chef de division Ganthaume avait été envoyé dans le Levant avec sept bâtiments de guerre, pour y attendre les navires qui devinrent la proie de Richery; il arriva trop tard, la flotte était partie. Son expédition eut néanmoins d’utiles résultats. Il débloqua une division française que les Anglais retenaient depuis plus d'un an dans la rade de Smyrnc, et captura une frégate ennemie qui , pendant la nuit, vint sc jeter au milieu de sa division.

Nous nous occuperons plus loin des opérations maritimes qui sc trouvent spécialement liées aux opérations militaires dans les colonies.

RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE

irnnui Destruction des établissements anglais sur la côte de Guinée.

22 octobre. Combat de 11 !e-de- France.

janvier st février. Croisière du grand hiver.

3 usas. Croisière «ur les côtes de Corse.

7 — Prive du » aisseau Anglais le Sertvick. 13 — Combat naval d’Alassio.

23 juin- Combat de Groix.

13 juillet Combat naval des Iles d’Hyères. 7 octobre. Prise de la flotte du Levant

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