‹ France MilitaireChapitre 15 sur 62 · BATAILLE DE.LOANO · texte numérisé non relu

BATAILLE DE.LOANO

SOMMAI RE

Forer* et portions respective* de# arnWe» française* et austro-sanlc».— Négociai km» «anc résultat.— Priée du i«4 de Moule -Onverfttrc de* boctilité* i l’année d'Italie.— Combat de Savone. -Mouvement de» Coalisée.— Combat de Vado.— Attaque générale. —Combat» de Mcluguo. —CouMil de guerre.- -.Mouvement rétrograde de* Républicain». - Privation» éprouvée* par l’armée françal»e.— Conduite différente du général eu chef français et du gériéral en chef autrichien.— Engagements diver» — Attaque du mont Cenèvre.— Comtal* de Ceriaoirt rt de lantoftca. Combat dp Saint t’arnouil. Attaque du llelil Gibraltar.— Sebcrcr siuréik k kelkrmann. -Combat de Malrhauoée.— Combat de la MoraJaise. —Prise de Campo-di-Preti.— Opérations de l’année de* Alpes.— Bataille cl victoire de Loano. Fin de la campagne.

Français. Généraux.

Jrmiedt.Mp,,. j SSïïSum.

Armée d'Italie, j Jf kiakmiàjim.

I bCMEKtR.

Austro-Sardes. Généraux.

Piémontais et Sardes. | C.ou.i.

Forces et positions respectives des armées fran - ' çaises et austro-sardes. — Au commencement de 1795, le gouvernement, afin de donner plus d’ensemble aux opérations des armées des Alpes et d’Italie, plaça ces deux armées sous la direction supérieure d'un seul chef. Kellermann reçut ce commandement. Lorsqu’il arriva, dans le cours d’avril , à son quartier général, son premier soin dut être de visiter les troupes : il trouva l’armée des Alpes, aux ordres de Moulins, réduite, par le départ des divisions détachées vers le Rhin, A un effectif d’à peine 15,000 hommes, disséminés sur la ligne, de plus de trente lieues, qui s’étend du mont Saint-Bernard jusqu'au camp de Tournoux. Celte armée affaiblie avait en face d’elle 30,000 Piémontais. U lui ordonna d'abord de garder une défensive absolue; ensuite il se rendit à l'armée d’Italie. Arrivé à Nice avec les représentants, il y trouva toutes les administrations dans la plus grande désorganisation; circonstance inquiétante au début d’une campagne. Il se hâta de prendre les mesures que nécessitait le désordre des affaires, et pendant que le représentant • Beffroy se rendait à Gènes, pour contracter, au nom du gouvernement français, un emprunt devenu indispensable, il parcourut et visita les postes avancés de l’armée d'Italie.— La droite, formée de 19,000 hommes aux ordres des généraux Masséna, Freytagct Garnier, t’appuyait à Vado, sur la côte de Gènes, couronnant les hauteurs de San-Pantaleone, de Saint-Jacques, de Melogno et de Bardinetto. Une de ces divisions descendait vers Garessio, s’échelonnant le long des Apennins Liguriens, en avant d'Ormea et remontant le col de Termini. — Le centre de l’armée , fort seulement de 7,000 hommes, aux ordres du géuéral Macquart. sc développait depuis le mont Bertrando jusqu'à Sabione, occupant les cols de Tanarello cl de Tende, dans les Alpes maritimes. F.nfin l’aile gauche, de 5.000 hommes, commandée par le général Serrurier, couvrait les col» de Sabione , de Roses, de Finestra, et passant par Lantosca , se terminait au col de TArgentière, non loin du camp de Tournoux, qu’occupait l'armée des Alpes.

La division de droite de l’armée des Alpes, commandée par le général Vaubois, était au camp de Tournoux, occupant par sa droite la vallée de Fours, et s’étendant jusqu’à San-Dalmazzo, où elle sc liait avec l’armée

d’Italie. Cette division prolongeait son extrême gauche jusqu’à Oueyras inclusivement. La division du centre, qui $e liait à celle de droite par les cols d’Houlx et de Servière, occupait le mont Genèvre, et s’étendait par sa gauche jusqu’au mont Cenis, où commençait la division de gauche, dont 1rs postes finissaient au mont Saint-Bernard et à l’allée Blanche.

En face de l’aile droite de l’armée d'Italie se trouvait le feld-maréchal Devins, menaçant les positions de Saint-Jacques et de Melogno, avec le» principales forces autrichiennes et napolitaines. Le général Colli, commandant les troupes piémontaises, tenait la droite de Devins, depuis Ceva jusqu’à Conl, occupant les deux rives du Tanaro et la rive gauche de la Stura, sur laquelle campait sa nombreuse cavalerie. Wallis, plus rapproché de Savone, semblait n’attendre qu’un signal pour s’emparer de cette ville et de Vado. Argenlcau, campé autour de Ceva, se préparait à faire une pointe sur Finale. L’armée des Alpes et l’extrême gauche de l’armée d’Italie étaient tenues en échec par de fortes divisions qui, sou» les ordres des ducs d'Aoste et de Montferrat, gardaient les vallées de la Stura, de Suze, d’Houlx et d'Aoste. Toutes ce» troupes, renforcées des milices vaudoises et des bandes de Barbets, formaient un effectif de plus de 75,000 hommes.

Négociations sans résultat. — Nous dirons , avant d’aller plus loin , qu’a près la paix avec la Prusse des négociations secrètes avaient eu lieu, dit-on, entre la République française et le roi de Sardaigne, à qui la République offrait de conquérir le Milanais, en remplacement de la Savoie et du comté de Nice. Ce prince, autant par la crainte qu’il avait de ses alliés que par suite de l’indécision de son caractère, n'avait encore pu se résoudre ni à accepter ni à refuser."

Prise du col de Monte. — L’occupation du col de Moule ou de Grisanche, qui couvre le bourg de Saint- Maurice, était nécessaire pour assurer la possession du mont Cenis; ce poste avait en outre et en cas d’offensive, l’avantage d'offrir un débouché facile dans la vallée d'Aoste. Le général Moulins, dès le 17 avril, avait tenté de s’en emparer; mais son attaque, contrariée par les neiges, avait échoué. Un mois après, la

sa:son paraissant plus favorable, le projet d’atlâque fut de nouveau mis A execution. L'adjudant général Almeyra en fut particulièrement charge. Celte expédition eut lieu le 12 mai. Les troupes, partagées en trois colonnes, marchèrent pendant dix heures et s'avancèrent avec la plus intrépide constance A travers d’épais tourbillons de neige qui, portés par un vent impétueux de nord-ouest, du côté de l’ennemi, contribua long-temps A lui cacher le mouvement des Républicain*. Ce ne fut qu’au-delà de* premiers retranchements que les Piémontais aperçurent les colonnes d’attaque. Ils prirent les armes; mais les Français étaient poussés par un élan irrésistible. Tous les pos es furent emportés à la baïonnette en moins d’une demiheure. L’ennemi tenta pendant la nuit de les reprendre en attirant l’attention des défenseurs par une fausse attaque du côté du Saint-Bernard; mais ce fui inutilement. Le froid avait été si vif pendant cette attaque, que le vin gela dans les bidons. — On cite parmi les traits honorables qui signalèrent l’expédition, celui du capitaine Brune qui, malgré la rigueur du froid , te jeta sans hésiter dans un torrent pour en retirer un officier blessé à l'épaule, el qui , par suite de sa blessure, était sur le point de se noyer.

Ouverture des hostilités à l'armée d’Italie. — Les austro-sardes, battus A l’armée des Alpes, avaient résolu de prendre leur revanche sur l’aile droite de ( armée dllaüe, non qu’ils espérassent avoir affaire de ee côté à des adversaires moins intrépides, mais parce qu’en cas de succès les suites pouvaient en élre beaucoup plus avantageuses sur le littoral de la Méditerranée que dans les tristes vallées de la Savoié. Ainsi l’occupation de Savone ou de quelque autre point de la rivière de Cènes devait entraîner des conséquences désastreuses pour les armées républicaines, en interrompant leurs communications avec Gènes, qu'on regardait avec raison comme leur grenier d’abondance.

Kellermanu avait deviné les projets des Coalisés; il ordonna de pousser de fréquentes reconnaissances en avant du col de Spinardo, afin d'éclairer leur mouvement. Un détachement de grenadiers, envoyé ainsi en reconnaissance, fui rencontré le 21 juin, et en même temps attaqué avec impétuosité par une forte colonne autrichienne. Les Français, malgré la supériorité numérique des ennemis, ne s'amusèrent point A tirailler, et se précipitant sur eux à la baïonnette, les mirent en fuite. Une rencoutre de même genre eut lieu le jour suivant à Murseeo, en avant de Garessio,et eut un résultat pareil.

Combat de Savone. — Un combat plus sérieux se livra, le 23, sous les murs de Savone. Le général Wallis, frappé de l’importance de l'occupation de Savone, se décida, pour se rendre maître de cette ville, A violer la neutralité génoise, comme 1rs Français en avaient donné l’exemple dans leur expédition d'Oncille. Informé qu’il envoyait une forte colonne sur rrtte place, le général de brigade Laharpe*y dirigea aussitôt la 21e demibrigade. A l’arrivée des Républicains les Aotrichicns occupaient déjà des hauteurs qui environnent la ville. |

La 21r, attaquée par des forces supérieures, se réfugia après une vigoureuse résistance, sous le canon de Savone, où l'ennemi la poursuivit avec vigueur. Une lutte désespérée allait recommencer quand le commandant de Savone usa de son droit de neutralité pour protéger les plus faibles, et fft tirer le canon sur les Autrichiens. Ceux-ci rétrogradèrent, mais seulement jusque sur les hauteurs hors de portée afin de ne pas perdre de vue la 21e demi-brigade, qui resta campée en dehors de la place et sous ses batteries.

Mouvement des Coalisés. — C bmbat de Fado. — La ligne française déployée sur toute la longueur des monts Liguriens, était extrêmement étendue et parconséqucul très faible. Le# Coalisés résolurent de profiler de cette faiblesse pour couper les Français par leur centre, afin d’isoler les divisions Macquart et Garnier de celle de Masséna, et de les écraser avant l’arrivée des renforts déjà partis dis Pyrénées et du Rhin. Celte opération paraissait d'ailleurs assex facile; il ne fallait que s'emparer des monts de Melogno et de Saint- Jacques, dout l'un, pies de Vado, se prolongeait jusqu’au milieu de l'armée républicaine, en la divisait, et l’autre domine les environs de Savone. La harpe gardait Vado avec 2.000 hommes seulement. Le 24 juin, tandis que Devins el Argenteau se préparaient A percer la ligue républicaiue, Wallis, à la tète de 10,000 hommes, partagés en trois colonnes, se précipita sur nos avant-postes, les surprit et s'empara des redoutes (Je la Madona del Monte, faiblement défendues; puis du pout du Cagliano, situé sous les murs de Vado. Laharpe s’avança pour défeudre les retranchements de cette place, avec deux bataillons de grenadiers et les carabiniers des Hautes-Alpes. Les Autrichiens, électrisés par leurs premiers succès, attaquèrent avec fureur, mais sans succès : plusieurs assauts meurtriers se succédèrent vainement; la terre était jonchée de leurs cadavres; leur courage faiblit eufin. Ils se décidèrent à la retra.le. Le» Français, d’assaill s qu’ils étaient, devinrent à leur tour agresseurs, el les mirent dans la plus complète déroule. Le général Wallis, vivement poursuivi, n'échappa que grâce A la vitesse de son cheval.

Ce combat, dans lequel 1,800 Français vainquirent el culbutèrent 10,000 Autrichiens, est un des plus beaux faits d'armes de notre histoire moderne. L'action dura sept heures. Un grenadier du 0e bataillon, Jean Guitard, poursuivit seul cinq autrichiens, eu tua uq el fit les quatre autres prisonniers. Les Autrichiens eurent I.2U0 hommes tués, blessés ou prisonniers. La délivrance de la demi-brigade, bloquée sous Savone, fut aussi un des résultats de celle affaire.

Attaque générale. — Combats de Metogno, etc. — L’issue de cette action meurtrière ne fit qu'irriter l’ennemi ; dès le lendemain il revint A la charge avec des forces suffisantes pour écraser, malgré leur héroïsme, les faibles divisions françaises. Le général Devins attaqua, le 23 juin, avec 30,C00 hommes, les col# de l’Inferno et de Terme, dans le but de pénétrer jusqu’à Melogno. Il fut cependant repoussé avec vigueur sur ces deux points par les chefs de bataillon Lari voire, de

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