‹ France MilitaireChapitre 42 sur 62 · BATAILLE DE NEUWIED. — MORT DE HOCHE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE NEUWIED. — MORT DE HOCHE

SOMMAIRE

Hocbe généra! en chef. -Réorgani*at ion de l’armée de Sambrt -et -Meuse. -Commencement de* boitilité*. - Bataille de N etmied. — Retraite det Autnchieus *ur tleukiirben.— Patuge de la Labn.— Suite de la retraite de l'ennemi. -Marche de Ukbm sur Francfort— Affaire (te Groningen. — Ney e*l fait prlionnier.— Marrhe de* Autrichien* *ur tlbemtadt. — Arrivée des Français devant Francfort — Wouvelle de* préliminaire* de paix.-Fm de* t>o«til!lé*. -Nouveaux préparatif* contre l'Irlande -llocbe à Pari*. — 18 Fructidor.- Maladie et mort <te Hoche — Uooneurt funèbre* rendu* à Hoche.

aaa&K af:rtBUC*iNE. il srhék imWaule.

Général en chef.— Hoc as. I Général en chef.— Wbmbol

Hoche général en chef. — Réorganisation de l'armée de Sambre-el- Meuse. — Dès que Hoche eut pris le commandement de l’armée de Sambre-et-Meusc, il déploya pour la réorganiser la plus grande activité et une extrême énergie. Retenu pendant près de six mois dans ses quartiers d’hiver, cette armée avait été très affaiblie par les désertions; les liens de la discipline s’y étaient relâchés. Le caractère juste, ferme et éclairé du général en chef ramena bientôt la subordination ; dans le même temps , ses mesures administratives sages et prévoyantes venaiem 4 bout de faire fournir aux soldats, long-temps privés des objets les plus indispensables, tout ce qui leur était nécessaire. Cette conduite ne pouvait que disposer favorablement la troupe en faveur d’un chef qui comprenait ses besoins et savait utilement s’en occuper. L’armée porta bientôt à son nouveau général une affection et un dévouement 4 toute épreuve. — Néanmoins, dans l’organisation nouvelle qu’il crut devoir donner alors à la cavalerie, il fut généralement blâmé par les hommes du métier, et il dut en reconnaître lui-même bientôt les inconvénients.— La cavalerie était depuis plusieurs campagnes disséminée dans les divisions d’infanterie , qui , également munies d’artillerie, avaient par cette réunion de toutes les armes quelque ressemblance avec les légions romaines. Hoche réunit la cavalerie en divisions séparées par armes : Ney commanda les hussards , Klein les dragons, Richcpanse les chasseurs et D’Hautpoul la réserve. —L’armée se composait de huit divisions d’infanterie et de quatre de cavalerie. Lefebvre eut le commandement de l’aile droite, forte de deux divisions d’infanterie et de la division de chasseurs à cheval; le centre, formé de deux divisions d’infanterie , de la division de hussards it de celle de cavalerie de réserve, eut pour chef le général Grenier; Championnet commanda la gauche , composée de deux divisions d’infanterie et de la division de dragons. La division Watrin était d’abord destinée à servir de réserve d’infanterie jusqu’après les premiers succès, puis ensuite, elle devait compléter le blocus de Mayence avec une autre division laissée 4 cette fin dans le Hundsruck. Ehrenbreitstein devait être investi par la brigade Goulu : le général Collaud commandaitces petits corps détachés.— L’armée deSambre-et-Meuse, ainsi organisée, n’avait jamais été dans un état aussi brillant ; sa cavalerie était belle, son artillerie nombreuse et bien servie. Les soldats brûlaient du désir d’entrer en campagne. Hoche, électrisé lui-même par de si martiales dispositions, en espérait des merveilles.

T. II

«Que la campagne s’ouvre, écrivait-il au Directoire, et je serai bientôt à Vienne, n

Malgré quelques redoutes élevées sur divers points par les Autrichiens, rien ne s’opposait 4 ce que l’armée française pénétrât en Allemagne par Dusseldorf, dont Championnet, avec l’aile gauche, occupait le camp retranché sur la rive droite du Rhin, et par la tête de pont de Neuwied.

L’armée autrichienne du Bas-Rhin ne s'élevait pas 4 plus de 40,000 hommes, et Hoche en comptait plus de 70,000 sous ses ordres.— Cantonnée sur les deux rives de la Lahn, elle poussait scs avant-gardes jusque sur la Sieg. Kray , qui avait hérissé de palissades le débouché de Neuwied , commandait sur ce point.

Commencement des hostilités. — Afin de faciliter au gros de sou armée le passage par Neuwied , Hocbe résolut d’attirer l’attention de l’ennemi vers Dusseldorf ; il ordonna en conséquence 4 l’aile gauche de quitter le camp retranché et de passer la Wipper pour venir prendre position vis-ù-vig de Cologne, dans les plaines de Mulbeim. Ce mouvement s’effectua du» l’après-midi du 16.

Werneck, 4 ce qu’il parait, avait quelque connaissance des pourparlers qui existaient depuis plusieurs jours entre Bonaparte et l’Archiduc; il renouvela, le 17, à Hoche la proposition de prolonger l’armistice; le général en chef refusa, mais informa toutefois le Directoire de celte démarche. — Championnet s’établit le même jour sur la Sieg. —Le général allemand ayant formé le dessein de livrer bataille aux Français sur un terrain choisi, les laissa approcher d’Altenkirchen ; il rassembla sa droite 4 Neukirchen et son centre ^ Dierdorf , en ordonnant 4 sa gauche, commandée par Kray, de venir aussi prendre cette dernière position et de ne laisser devant Neuwied que que'ques bataillons pour masquer son mouvement. Werneck, en cas de succès, comptait avoir assez de temps pour revenir par une marche de flanc devant Neuwied et empêcher Hoche de déboucher par ce point.

Ces mouvements de l’armée impériale s’effectuèrent dans la journée du 17 et dans la nuit du 17 au 18.

Bataille de Aeuwied. — En faisant commencer le mouvement de Championnet deux jours avant celui de la droite et du centre, l’intention de Hocbe était que sa gauche se trouvât â la hauteur d’L'kerath quand il serait lui-même en mesure de quitter Neuwied,

Présumant le 18 que ce général était arrivé à la position qu’il voulait lui faire atteindre, il se disposa lui-même à passer le Rhin, quoiqu’il ignorât encore complètement les faux mouvements de son adversaire. Les deux divisions d’infauteric de l’aile droite, précédées des chasseurs de R ichcpanse, débouchèrent,

A trois heures du malin, de la tète de pont de Neuwied et se formèrent en bataille dans la plaine à droite du pont; les hussards aux ordres de Xcy et les deux divisions Lemoine et Olivier, du centre, vinrent se placer en ligne à gauche de l’aile droite; la réserve de grosse cavalerie de D'Haulpoul et la division Watrin les suivirent. Tou» ces mouvements se firent sans obstacles, en vue des troupes laissées en observation par Kray, et qui, d’ailleurs, étaient hors d’état de s'y opposer.

Werneck comprit alors le danger oh l’avaient placé de vicieuses combinaisons. Il redoutait, en attaquant Cfaampionnet au passage de In Sieg, d'étre lui-même pris en flanc par les divisions parties de Neuwied ; il contremanda aussitôt la marche ordonnée à Kray, dont les colonnes durent sc reporter en hâte sur Bendorf et Anhauaen ; il essaya même encore, pour gagner du temps , ée renouveler auprès de Hoche la demande d’une suspension d'armes, m tivée sur l'existence de négociations entamées en Italie. Celte ouverture, comme les précédentes, fut sans résultat.

La position des Autrichiens s’étendait de Zollengcrs près du Rhin, jusqu’à lleddersdorf, village fortement retranché oh s'appuyait leur flanc droit; six redoutes en Couvraient le front ; elles étaient élevées en avant du chemin qui va de Neuwied fl Ehrenbreitslein: trois antres redoutes, construites â lleddersdorf, prenaient en écharpe les troupes qui, après avoir dépassé le chemin d'Rhreftbreifstcin, auraient voulu s'avancer sur celui de Dierdorf. Tous ces ouvrages étaient fraisés, palis- j sadés et armés d'Urre nombreuse artillerie.

Néanmoins, le 18 â huit heure* du matin, sous la p rotert ion d’une forte canonnade, toutes les troupes sorties de NètWïed s’ébranlèrent pour enlever fl l'ennemi dette redoutable position. Lefebvre, avec l’aile droite, eut ordre de marcher sur Bendorf et Grenier arec loi deux division* do centre sur Hedersdorf. L’attaque eut ainsi lieu sur deux colonnes î TartiHerie légère de Lefebvre, soutenue par quelques escadrons, entonna «Tabordles retranchements; ensuite, (a redoute placée A l'extrême gauche de l’ennemi fat enlevée fl la baïonnette, ainsi que (e village de Zollengcrs. L’aile droitese déploya dans la plaine pour marcher sur le village de Rendorf, derrière lequel les A Ut richiens s’étaient repliés. Ce village, couvert par le rnisxeaa de Snyn, présente une très forte positron; attaqué avec Impétuosité, il fut opiniflf rément défendu. Richepansc, ■vec ses chasseurs, culbuta les Autrichiens par une charge brillante. Le chef d’escadron Dubois-Crancé, fl la tête du 1er régiment, accula 200 dragons de Latour et un bataillon de Gemmingcn au défilé de Bcndorf , et les fit prisonniers. Ricbepansr poursuivit ensuite les fnyards sur le chemin de Alontabauer. L'infanterie de Lefebvre l’appuya dans ce mouvement.

L’attaque de Heddcrsdorf par Bastoul eut un pareil

résultat; ce général, avec neuf compagnies de grenadiers de la division Grenier, soutenues de leurs demibrigades, marcha sur le village sans tirer un seul coup de fusil et en escalada les retranchements. La droite et la gauche de Kray se trouvaient ainsi forcées; mais le centre tenait encore , ou plutôt une seule redoute du centre, fermée â la gorge , qui arrêta, par la plus vigoureuse résistance, la marche de la division Olivier ; celte redoute repoussa deux assauts. Vers dix heures enfin, le* carabiniers de la 9" légère et les grenadiers de la 37* de ligne l’emportèrent dans une troisième attaque.

Le général Autrichien, protégé par celte longue défense, put établir quelque ordre dans sa marche rétrograde. — L’audace et l’habileté de Ney contribuèrent au succès des diverses attaques; chargé, avec se* trois régiments de hussards, de tourner les redoute* à gauche d’Heddersdorf et celle* qui battaient le débouché de la tète de pont, il exécuta cette manœuvre avec -la plus grande intrépidité.

Lefebvre, en se portant en avant, avait négligé d’attaquer nne redoute ennemie et l’avait même dépassée sans s’en inquiéter, parce qu’elle ne se trouvait pas dans le chemin tracé à ses colonnes. Cette redoute était armée de cinq pièces de canon, fermée p3r la gorge, et contenait plusieurs compagnies. — La division Watrin, de la réserve, ayant reçu l’ordre de l'enlever, fut d’abord repoussée dans deux assauts; mai* un obu* ayant mis le feu au magasin à poudre au moment ôlt les Français tentaient une troisième attaque, le désordre qui suivit cet événement favorisa les assaillants, qui réussirent à s’en emparer : ils y firent tôû prisonniers. — Le rentre fut ensuite dirigé sur Dierdutf, oh une compagnie d’artillerie légère et la cavalerie de Ney, poursuivant les fuyards étaient aux prises àvéé le corps de Werneck, retranché derrière un ruisseau.

L’Infanterie de Grenier et la grosse cavalerie de D'Haulpoul accoururent au secours de Ney. Werneck ne tînt pas contre ce renfort, et s’enfuit sur la route de Harhenbourg, oh il fut poursuivi jusqu'il la nuit.

Pendant ces divers combats de l’aile droite et du centre, l’aile gauche, qui s’était avancée du camp de Dusseldorf contre le* positions assez dégarnies dTTkerath et d’Altenkm hen,s’en était aisément emparée, a près avoîf franchi la Sicg dans la nuit du 17 au 18 avril. Championnet se réunit ainsi au reste de l’armée sans rencontrer d’obstacles.— La journée de Neuwied coûta aux Autrichiens 5 â 6.000 hommes tués, blessés ou prisonniers, Sept drapeaux {pris par les troupes aux ordres de Lefebvre), deux pièces d’artillerie, soixante caissons et un grand nombre de voitures de bagages. — HochC, se portant avec rapidité sur les points oh sa présence était nécessaire, avait donné, pendant toute la bataille, des preuves multipliées de talent, d’activité et de courage ___

* «Il fallait voir le général Hoftie * ta fin de cette journée oO II l'était livré à lanl de fatigue* , vaquer avec câline el dignité ao* devoirs qui lui reniaient à remplir, dictant le* ordre* pour le lendemain , rédigeant mi rapport» pour W gomcrnemenl. décernant de» n'fofnprniw* aux «W*t» rl aux offic « r* qui «Vinrent dialîngné* , distribuant de* éloge* aux généraux qui l’tniouraiml. — IVudaot « a pré* r action , toujours le même wng froid, le même maintien , la même égalité d'âme ; te boubeur <e peignait dan* tou* Ica trait* de **

Retraite des Autrichiens sur hieukirchen. — Wernerk qui avait eu le dessin d'empêcher la réunion des divers corps de l’armée française, se trouvait lui-méiue alors dans une position critique, et fort embarrassé pour réunir les débris épars de scs divisions. Il crut devoir les rassembler A Neukîrcbcn, où il se dirigea lui-même avec le centre par Hdchenhourg, ordonnant au général Kray de s’y porter par Hosli bbacb.el A sou aile gauebe de gagner le même point par Mehrembcrg. Celte position qui avait A dos le défilé de la Dyle, offrait un autre inconvénient, celui d’dtre beaucoup trop étendue pour un si faible corps.

Les Français avaient pris position entre Montabauer et Altcnkirchen. Pour ne pas laisser à l'ennemi le temps de se recotmailre, Hoche fil continuer la poursuite le 19 mai. Au lieu d'empêcher Werneck de gagner la Lahn, eo tournant sa gauche par Montabauer cl Weilbourg, le général français se porta sur sa droite par Hacbeubourg. L’aile gauebe française s'y était déjà rendue d’ Altcnkirchen, et y avait pris position.— Ney poursuivait l’arriére - garde autrichienne avec ses hussards et quelques bataillons d’infanterie légère. Il l’atteignit à la hauteur de Kirberg;eJlc se replia sur Salzberg , après avoir toutefois tenu assez longtemps pour que le gros de l'armée autriebienue pût passer la Nistcr et arriver dans la position de N'eukirchen.— Lefebvre s’étant porté avec la droite sur Limbourg, n’y trouva pas d'Autrichien^. Ceux-ci, A l’approche des Français, avaient fui précipitamment sur les hauteurs de Lindeoholzbausen , abandonnant sept canons dans les redoutes destinées A la défense de Limbourg. Lefebvre jeta alors en avaul de la Lahn cinq bataillons et deux régiments de chasseurs pour garder les routes de Kœuigslein et VVisbaden , et avec le reste de ses troupes se posta en arrière de Limbourg. Si -, au lieu de se porter sur Ha< henbourg, le centre eOt marché avec la droite sur Limbourg, l'armée autri-

phyMonomw1. Apre* la bataille, 1e »oir. A toupet-, il liait d'uni -joie fo Litre, qu'il faiMit paut-r dant lime di> te» onnni; niait malgr* répuitetm-ot qu'il icmbUit avoir bc&oiii *!«• réparer par uu peu plut

dcnoumluro qu’à Cordinairc, il n‘en fut pat moi na tempérant

Tonte faole féçtrr dant un partindier parafait I Huche tré* prave dau* un chef. Il pctuatl que l'exemple du du t rsl le plut puunul frein du toldal. «Qui otera, disait-il , lin1 débattcjtf quand je Mirai «tempérant? Quel est, au contraire, le caporal qui n'aura pas droit «de sc plonger dan* le* voluplét, tl je m'y laisse entraîner le prv-

• nrcr.«- On fut étonné, au milieu du rppat, de voir, I ortie gaieté folâtre qu'il numfftlait au roiumeocrnicnt , succéder tout à coup uuc rêverie profonde; e’csl que le rouit instant exigé par la itérrt ailé de réparer te» fnrert n'étail pat même un initanl «le repoa pour loi. Il le consacrait à méditer 4# nouvraux plant, et la fraternité qu'il témoignait alors i set rompu; nous d'armet était un moyeu d’enenuranement pour le* exciter I <U* nouveaux Irtomphrt. On Tut encore plu* étonné de le voir se lever brusquement , en jetant ta terviette sur la fable : «ConUnue.- de souper, dit il aux convint, il

• fiiut . quant S moi , que je m'occupe de vous préparer s dîner pour

«demain. • Il allait travailler dans *oo cabiuel.— liant 1rs cumplitqut Ic général Hoche rendait de te* lialailli*. il avkit l'babitude de faire une grande part i mil qui avaient contribué A la ? Ictoire, pn «’rxerp tant toujours dit étages. flan* le récit de la bataille de NrawM, Oûatre t*>n babilude de rendre i US»ar ce qui appartient à César , il avait parlé d'un* maoiêrc aste* vague de la prise de* *cpt drap» aux faite par le général LoMjtrr. l'armée a prit sept drapeaux, avait' ■ il mi* * l'ordre du lendemain.— «J Vn ai prl* «rpt , lui é»-rlvlt natw- Bwot le général la-fcbvrc, cria fait donc quatorze.*— Mo», mon ami, lui répondit Hoche, réparas! tonoinunoii par un trait d'isprit et de bonté, il n'y a que sept drapeaux, comme il n'y a qu'un seul Ufebrre. • (l ie Je Huche, par A. Houttelui.)

ebicune se fût trouvée dans la situation U plut cri*

tique.

Watrin , A lextrèmc droite, partagea sa division en deux colonnes , dont l une aux ordres du général iluin* bcrl fut dirigée sur Nassau. Lui-même avec la seconde beaucoup plus nombreuse, s’empara de Dieli saut coup férir. Le général Goulu attaqua un corps ennemi posté A Wisselicb et A Pffaffendorf, et leçon-* traiguit A se réfugier dans Ehreubreitslein.

Passage de la J.ahn. — Suite de la ri ti'aite del’ei i» ne mi. — Werneck sentait toute l’impossibilité de recevoir le choc de l'armée française, dans une position aussi dilficile que celle où il sc trouvait. Il était désespéré surtout de ne pouvoir être rejoint par sa réserve, doul l'armée française le séparait. Celle réserve aux ordres du général Simpscben, et renforcée de 6 ou 10,000 hommes tirés de Maiihiiui et de Mayence, était arrivée dans la nuit du 19 au 20, après deux jours de marche, A une lieue de Limbourg. Mais IA, Simpschcn, instruit par les habitants que les Français étaient maîtres de la ville, rétrograda sur Neuboff pour gagner les bords du Mayn.

Ces diverses circonstances déterminèrent le général en chef autrichien à n« pas s’arrêter à Neukirchcn. il en partit A minuit, se dirigeant sur Wetzlar. Le gro* de l’armée suivit la route qui mène A Heruborn, dans la vallée de la Dyle, flanqué A droite par une colonne qui marchait par Greffeinslein , Allendorf et Lcun, où elle passa la Latin.

Lefebvre traversa cette rivière à Limbourg , dans la journée du 20, et posta ses deux divisions d’infanterie sur les routes de Kœnigslein et de Wisbaden, en avant de la Lahn, les liant par les chasseurs de Ricbepansc. La division Grenier occupa Weilbourg ; celle d'Olivier se porta sur le plateau de Greiffenslein.

Hoche avec l’aile gauche, renforcée des hussards de Ney et de la réserve de grosse cavalerie, se mit en mouvement le 20 pour attaquer les, Werneck à Neukirchen. Son but était de couper les Autrichiens de Wetzlar. de les acculer à la Lahn cl do les rejeter sur la première division du centre; mais Ney , qui s’était arrêté la veille devant SaJzberg, s'aperçut dès la pointe du jour de la retraite de l’ennemi sur Hernborn. Il sc mit A sa poursuite après avoir prévenu le général en chef de ce qui se passait , et atteignit l’arrière-garde autrichienne sur les hauteurs de Hohrnzude. Il la poussa* jusqu’A l'entrée du bois de Roth, où deux pièces de canon masquées par une petite hauteur firent pimsieurs décharges A mitraille sur le 2e régiment de hussards, qui suivait la grande route. Ce feu inattendu y causa d’abord quelque désordre; mais soutenu par le 3e et le 4r, ce régiment se rallia et rejeta dans le bois la cavalerie ennemie. Là, deux bataillons placés en embuscade reçurent le» hussards par un f«u si vif et si bien dirigé, qu’ils les forcèrent A sê retirer précipitamment. Ney 4it avancer son infanterie au pas de charge, et ordonna au 2« de hussards de se porter sur la droite du bois pour tourner les Autrichiens; mais alors ceux-ci sc hâtèrent d’abandonner le bois, pour

aller te mettre en bataille sur le plateau de Hirschberg, en deçà d’Hernborn. Ils ne tinrent pas mieux dans cette position qu'au bois de Roth , et furent obligés d’effectuer précipitamment leur retraite sur Wetzlar. Hoche, qui avait prévu ce mouvement, avait fait placer de l'artillerie sur la hauteur de Fleisrbbach , d’où l'on pouvait battre avec avantage la colonne autrichienne. Celle-ci ne tarda pas en effet à être mise dans un détordre complet. Les hussards de Ney la chargèrent alors avec impétuosité, lui firent 400 prisonniers et lui enlevèrent une grande quantité de voitures de vivres et de bagage.

La nuit fit seule cesser la poursuite qui ne s'arrêta qu’à Aslar. Ney fit bivouaquer ses hussards sur les deux rives de la Dyle, entre Berghausen et Wehrdorf. Les dragons furent établis sur la rive gauche, entre Nicderschcld et Sechsheller. L’avant-garde de Championnet campa sur les hauteurs de Bircken et le corps de bataille derrière Hernbom.

Le général autrichien comprit, par la rapidité et la vigueur de cette poursuite, tout le danger qu’il courait à attendre son adversaire sur la Lahn.

Marche de Lefebvre sur Francfort. — Dans ce cas , en effet, Hoche, en raison dès-dispositions qu'il avait prises, l’aurait inévitablement prévenu sur le Mayn. —Déjà Lefebvre avait l’ordre de se porter à marches forcées sur Francfort. — Le général en chef de l’armée française espérait ainsi devancer Werneck sur la route d’Aschaffen bourg, par laquelle le général autrichien eût été obligé de se retirer. Si celui-ci , au contraire, se fût concentré à Bergen, son adversaire comptait alors le tourner avec l'aile gauche pat Lindheim et Windecken. — Werneck, pour déjouer ces diverses combinaisons, ordonna aux colonnes qui occupaient Giessen et Braunfels de se réunir au corps de bataille à Munzenberg, mouvement que le général Elsnitz, alors sur les hauteurs de Klcyberg, devait couvrir avec sa brigade.

L'aile droite française, conformément aux instructions de Hoche, se portait en toute hâte sur Kœnigstein. L'une de ses divisions d'infanterie marchait par la nouvelle route, et l'autrç par l’ancien chemin de Limbourg à Kamberg. Elles se réunirent en arrière du village et du bois d’Esch. Le 16e régiment de chasseurs y ayant rencontré les hussards de Wecskay, les chargea et leur fit une centaine de prisonniers. Les Autrichiens se retirèrent alors, partie sur Francfort et par tic sur Mayence, et Lefebvre poussa ses avant-postes au-delà de Kœnigstein.

Watrin, pendant ce temps , s'établissait avec la réserve à idstein. La division Olivier s'était portée sur Wetzlar où elle passa la Lahn et s’avança par la route de Francfort jusqu'au débouché du bois de Rechenbach. La division Grenier n’avait pasquitté Weilbourg.

Combat de Giessen— Hoche , pendant cette marche de son aile droite sur le Mayn, poursuivait le principal corps ennemi sur la Haute Lahn, avec son aile gauche . les hussards et la réserve de cavalerie. La brigade Soult atteignit l’arrière-garde d’ElsniU sur les hauteurs de

Giessen et une action allait s’engager lorsque Salin et Championnet, qui avaient franchi la Lahn à gué, avec deux régimedts de dragons et une compagnie d’artillcrie légère, débouchèrent au grand trot sur la route de Friedberg. Klsnilz menacé d’être coupé s'enfuit en toute hâte. Ney le poursuivit alorsl’épée aux reins. Les Impériaux , sans s’arrêter à défendre la ville, se précipitèrent vers Munzenberg ; mais à peine eurent-ils dépassé le village de Steinberg que Ney et Salm,qui avaient tourné Giessen , tombèrent sur leur arrière-garde et lui enlevèrent 400 prisonniers et deux pièces de canon.

affaire de Cruningen , JVey est fait prisonnier. — Werneck revint sur ses pas pour donner à Elsnitz le temps de se rallier, et il posta une partie de son infanterie sur les hauteurs de Gruningen. — Ney escarmouchait avec elle en attendant l'arrivée de l’infanterie française, lorsqu’une de ses pièces d’artillerie qui s'était imprudemment avancée sur la ligne des tirailleurs fut emportée par les hulans. Le général, dont ce léger échec excita la colère, chargea aussitôt avec un escadron pour reprendre la pièce; mais son cheval s’étant abattu, il fut fait prisonnier.

L’eimemi profita de la nuit qui mit fin au combat, pour se retirer derrière la Nidda. La cavalerie française bivouaqua aux environs de Steinbacfa pour garder les routes de Lich et de Munzenberg. Les deux divisions d’infanterie campèrent autour de Giessen et la réserve en arrière de cette ville.

Marche des Autrichiens sur Jlbenstadt. — Werneck crut alors devoir poursuivre sa retraite dans la direction d’Ilbenstadt , seul moyen d’échapper aux masses qui le pressaient des deux côté* et de sauver ses communications. Lefebvre, instruit que Simpscbcn et sa réserve n’avaient pas quitté Neuhoff , ordonna à Watrin de le repousser dans Mayence. Lemoine dut se porter sur Hofheim et Weilbacb, autant pour protéger ce mouvement, que pour éclairer le Mayn depuis Cassel jusqu'à Hoechst. Lefebvre se dirigea lui -même sur Francfort avec une division d'infanterie et les chasseurs, afin de gagner la position de Bergen et d’y arrêter Werneck.

Simpschen était à Wisbadeu. Une charge du 23' de chasseurs suffit pour le rejeter sur Erbenheim , en lui enlevant trois pièces de canon et 800 prisonniers. Lemoine, arrivé sans obstacle à Wcilbach et à Eddersbeim, jeta sur la rive gauche du Mayn son infanterie légère et ses chasseurs qui balayèrent la rive depuis Hoechst jusqu'à Florsheim.

Arrivée des Français devant Francfort. — Nouvelle des préliminaires de paix. — Fin des hostilités. — La cavalerie autrichienne semblait vouloir disputer le passage du Mayn dont tous les ponts avaient été détruits. On se hâta d’en réparer quelques-uns, et aussitôt la ligne ennemie fut attaquée vigoureusement par les chasseurs. A la seconde charge elle fut enfoncée. Les débris en furent poursuivis jusqu’aux portes de Francfort, où les Français entraient déjà pèle - mêle avec les fuyards autrichiens , lorsque se

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présenta- le commandant de la place, Millius , accompagné du courrier porteur de la nouvelle des préliminaires de paix signés à Leobcn Lefebvre fit alors camper ses troupes à la hauteur du chemin de Friedberg et transmit aux deux généraux en chef les dépêches qui leur étaient adressées.

YVerneck, alors sur les hauteurs de Bergen avec une nombreuse cavalerie accourue d llbenstadt, tiraillait avec les chasseurs républicains qui voulaient lui disputer le passage et qu’il se flattait de faire replier derrière la Nidda ; la réception de la dépêche fit aussitôt suspendre les hostilités.

Grenier s’était posté à l’singen et à Hombourg, Olivier sur les hauteurs de Niederklée. Hoche, ayant laissé la majeure partie de son infanterie à Giessen, sous les ordres de Cbampionnet, s’était porté en hâte dans la plaine de Lich avec une seule demi-brigade, les hussards, les dragons et la grosse cavalerie. N'ayant pas trouvé dans cette plaine les Autrichiens qu’il se proposait d'y attaquer, il se dirigeait sur Friedberg,où il reçut la nouvelle de la signature des préliminaires de paix. S. Dans une conférence qui eut lieu le jour suivant à Ilbenstadt, on convint que la Nidda servirait de ligne de démarcation aux deux armées. Leur situation était j telle alors qu'on regarda la suspension d’hostilités comme ayant sauvé l'armée autrichienne d'une défaite presque inévitable.

Nouveaux préparatifs contre V Irlande. — Hoche à Paris.— 18 Fructidor.— Néanmoins cette suspension d’armes ne fit pas dissoudre les armées du Rhin, elles restèrent réunies et prêtes au besoin à continuer la campagne.—Mais. dè-s que la guerre eut cessé en Allemagne, Hoche reporta toute sa pensée sur l’expédition d’Irlande et s'adressa au Directoire pour remettre en action cette entreprise importante, qui n’avait manqué que par un concours fortuit d’événements imprévus.— D’après son plan, les alliés maritimes de la République française devaient être appelés à y concourir.— Le gouvernement directorial donna son assentiment à ce projet, et le général en chef de l’armée de Sambre-el- Meuse fut chargé d'aller lui-même en Hollande, faire comprendre au gouvernement batave l’importance de l’expédition, réclamer des vaisseaux et des troupes, et enfin présider à toutes les dispositions. Les préparatifs terminés. Hoche se hâta d’accourir A Paris, pour recevoir du Directoire ses dernières instructions. La marche des événements politiques vint mettre un obstacle momentané à l'exécution d’une entreprise qui plaisait à son patriotisme ardent et à sa haine contre l’Angleterre. Hoche, pacificateur de la Vendée, avait vu dans les derniers soulèvements qui avaient prolongé la guerre civile dans ce malheureux pays, l’action continue du cabinet britannique ; fomenter en Irlande une insurrection lui paraissait une représaille juste et politi-

1 «Le général Millius accourut lui- meme au-devant de Lefebvre, lui annonçant un courrier qui armait A l'instant de l'armée d’Italie par rAlh.fnagne.et qui apportait la signature des préliminaires de la paix. —Le général Lefebvre crut d'abord que c’était une ruse autrichien ne: mais enfin il consentit généreusement au sta/u quo . Cependant . s'adressant militairement au courrier : «F..., lui dit-il, tuaurais bien dû t'amuser en route A boire une bouteille de vin.» (Aïe de Hoche.)

que. Mais la lutte engagée entre le Directoire et les Conseils était arrivée au plus baut point d'exaspération. Les partisans secrets de la monarchie, désignés alors sous le nom de parti Clichyen , dominaient dans les Conseils. Le Directoire, en défendant les intérêts de la Révolution, défendait son existence propre. Il s’appuyait sur les armées dont il s'était depuis long-temps appliqué à s'assurer l'affection Hoche était tout dévoué a la Révolution et A la République, quoiqu'en toute circonstance il ertt témoigné son éloignement pour les excès et son horreur pour l'anarchie. Il jugeait depuis long-temps que la France avait besoin d’un gouvernement capable de comprimer les factions; et la stabilité présente lui paraissait nécessaire pour assurer la sécurité future. Pichegru, d’ailleurs, son ancien émule de gloire et son ennemi personnel, était l'homme que les contre - révolutionnaires des Conseils présentaient comme leur chef ; Hoche était donc tout disposé A servir le Directoire, lorsque le Directoire lui-même prit l’initiative et lui offrit de se charger du commandement d’un corps d’armée que sous divers prétextes on réunirait près de Paris. — Cette proposition ne lui fut toutefois faite qu’après qu’il eut refusé le ministère de la guerre. — Hoche accepta le commandement ; mais, s’il faut en croire ses amis, prévoyant les dangers qu’une t/îclature militaire pourrait faire courir à la République, il dit en l’acceptant ; « Je vaincrai les ennemis de la République; mais après la victoire, je briserai mon épée \ » — Il concerta ensuite avec Bar-

' « le sabre du soldat , dit un contemporain , était devenu nécesaairc pour trancher le nœud -gordien qui étranglait la République.»

* Non» l'avouerons franchement , noua ne croyons pas A cette abnégation complète du général llocbr ; nous pensons qu'on a surtout répété le* paroles que noua venons de citer afin de Içs opposer A la cooduile de Bonaparte. Hoche savait que les révolutions ne sont seulement pat dans le moment de criae qui les produit, mais encore dans lea conséquences qu'elles ont et dans Ica institutions qu elles fondent. D'après son opinion , il y aurait eu niaiserie A un général qui aurait sauvé la République d'en abandonner la direction A des hommes dont il n’aurail pas été complètement sûr. Dictateur. Hoche n’aurait pat voulu abdiquer la dictature pour laisser le gouvernement de l'État aux caprices du hasard, de la multitude et de lïntrigue , cea grandes puissances qui régissent les affaires , quand les hommes forts se mettent A l'écart. la preuve de ce que nous avançons ici, contrairement A une opinion généralement adoptée, se trouve dans les passages suivants d'une lettre quïl écrivait le 26 fructidor A l'un de ses plus inliiqps amis, qui avait été l’un des actifs coopérateurs d'Augtreau dans la mémorable journée du 18. Cette lettre annonce un républicain sincère; mais aussi un homme doué d’une trop grande connaissance des chose* politique* pour qu'on puisse lui supposer le désintéressement dont on a voulu gratifier le général Hoche.

«La République a été sauvée, j'en demeure d'accord; je sais que vous avez rendu de grands services; mais comment ta République a-t-elle été sauvée ? quels ont été vos coopémitun A quelle marche a-t-on suivie? quels sont les hommes destinés a remplacer les Directeurs ?

« En politique ainsi qu’en guerre, c’est peu de gagner une bataille, il faut en assurer le succès par sa conduite ultérieure ; s’en dormir A côté de la victoire , c'est vouloir qu’elle vous fille. Songezdonc, mon cher, qu'elle est femme et veut des soins- Qu’a fait Vendémiaire A la République? Rien , ou au moins peu de chose. Si après cette affaire on eût cassé les élection» chouanes , nous n’aurions pas vécu deux anuées dans l'anxiété la plus cruelle. Éviter qu'on public nos intentions , faire beaucoup sans bruit et en peu de mots, voi!A le grand art ' C'est dans ce sens que vous devez agir; faites-le bit n entendre aux parliotes, et en outre modération, mais fermeté... Ft puis , qui donc va remplacer vos députés déportés? S' Oilà une grande question...\oos ne me parlez pas du commandement des deux armées. Moreau rcvicudra-t-il ? VoilA ce qu'il faut savoir Songez que des géoéranx du ***.... , ayant donné des passe-ports et

ras, les mesures qu’il y avait A prendre dans ces circonstances critiques, et il convint avec lui qu'il ferait filer une partie des divisions de l'armée de Sambre-ct- Mruse, dont il était le plus sûr, du cûlè de Paris.

Les troupes se mirent en marche , mais A peine étaient-elles à quelque distance de la capitale que des dénonciations violentes furent portées au milieu des Conseils. Willot demanda formellement la mise en accusation de Hoche; le Directoire , A qui on avait inspiré des alarmes sur la dorililé de ce général et sur l'usage qu’il ferait du pouvoir presque dictatorial qu’un allait momentanément lui confier, faisait déji rétrograder les troupes, donnant pour seule raison de leurs mouvements l’expédition maritime projetée, et une erreur des chefs militaires dans l'exécution des ordres qu’il leur avait transmis. Indigné île la faiblesse ou de la versatilité du Directoire, Hoche prouva par sa correspondance qu’il n'avait agi que d'après les instructions du pouvoir exécutif même. Il provoqua lui-même l'examen de sa connduite et demanda A être mis en jugement. — On a su depuis que la direction du grand coup d’Élat qui se méditait n’avail clé A tic au général de l’armée de Sa mbrc-et-Meusc que sur les insinuations de Bpnaparte,quî, voyant en lui un rival redoutable prêt & se rendre matlre du gouvernement cl A le gagner de vitesse, et redoutant ses talents administratifs, fit déférer à Augcreau, homme sans capacité politique, la commission de renverser les Conseils.

Huche, abreuvé de dégoûts, retourna A l’armée de Sainbre-et-Mcusc, et ne tarda pas, comme consolation sans doute, à y recevoir un arrêté qui plaçait aussi

des attestations û dis émigrés , je oc pourrai guère Lieu fine avec eux.

•Je ferai ata irai nt défaire uoc épuration, ce que je ne veux /ta* entreprendre puur un autre qui briserait mon ouvrage... f«> k z donc plus souvcul de ta eomnmMuii iuti nnédijnc qui nous a élé très fidèle . qui nous a ramassé beaucoup d'aigriil, cl qui , pour récompense, tr voit enlever du territoire qu’elle adiniuuir.nl ; remar qui' a quelle vient amw de uous tonner une république cisrhr/uine , qui , chaque jour, «a prendre pltui «le consistance. il faut que vous exposiez cw fait* au Directoire assemblé , et que tout demandiez le mamiicn de l'arrêté qui na'iuvcsUl de J administration du ray* conquis. — Dite» votif à chaque uifianl du jour que c’est dans la prospérité qu’un doit songer à ses anus. Avez vous remarqué avec quelle chaleur la faction qui vient d'être abattue servait les hommes qui lui étaient dévoués? lu tria , elle se couiluisait mu ux que k* patriotes, qui k sont mouvait divisés pour des futilité*.

• Me songez pas à quitter l'aris de quelque temps; la guerre faite ' devrait voua ramener aux rives du Rhin; cil attendant, songez à ! employer votre crédit pour le bien publie. Songez qu'il faut pardisim tout éviter ta guerre civile, que di* éçhappie pourraient lusr-itrr A notre déjà trop mallinit ensc pairie. Prêchez l'économie ; tonnez eoritre les fournisseur»; faite* payer Us troupes, et nu tout évitez que le peuple murmure , ce qui arriverait si ou créait de nouveaux impôts ; crus qui sont perçai suffisent au delà , uieUez-vou» bien Ma dan» la tête....

• Demain!, z de suite un travail pour les armées ; faites qu’on épure tes ul finers généraux ; beaucoup comme ..... b-uaicnt à la faction.

Ha pjjc lez vous aussi de , je vous k donne pour Pâme de la cons.

piraiiou : la des le au luoius éloigner de l'aris.

• y ne voulez-vous dire par ers mots: Ceux qui sont excepté» de cette mesure U déportai ion) tout atteint* ou ne feront plus de tuai ? |;l telle autre pltra>r : Tout les ennemis de la IU<publtque s*mt anéantis ? ÏAxitWA donner beaucoup à priucr...

• |-t pins lui if. dites, vous; mais les agi.ua; mais 1rs dircrlrurs de complots, ne croyez (tas qu'ils tmenl anéantis. Frcn*z garde! la Vendre, à la Brelague , ail Mali , ! Lyon. •

L'bmnnw qui (rusait aimo aurait il pu, après avoir compromis sa vr pour jAturrr la réussite d uo coup U'iiat. vouloir rester etranger à la direction du gouverne ou ut qui en aurait été le résultat ?

nous soo commandement l’armée de Rhin et de U Moselle.— Le 18 fructidor venait d’avoir lieu

* Aiigeirsu, destiné i commander les troupes dans le mouvement que La majorité du Directoire organisait rouir» la majorité des consuls , avait été nommé lomnuudmt de U 17" division mdiiaire, dont Fans était le ibef lieu.

Le 18 fiiu-itdor, à trots heures du matin, cc général, ! la télé dïnviion 12JJUP hommes, occupa tes postes |<rmcipaiii de Far», mit de fortes gardes j Imites les avenues , et investit le* deux édifices cû siig'-aieut l< & «leux conseils; ces dispositions icrmmérs, il fit tirer un «iup île canon , MgA.il convenu.— A trois heures et demie , une colonne aux ordre s du général Lcmoiue se présenta A l'entré* oeckla»lali- du jardin di» Tu lier -es , dite le Fout- tournant , gwrdie par les qienadicis du Corps-Législatif; Lciiioiue lit parvenir à flamel, leur commandant . l’ordre suivant: • la- général 1* moine fomine, au nom du llirerloire , le commandant d« s grenadiers du Corps-Législatif de donner passage par le Fopl Tournant è une colonne de l.aw hommes charges dVxéeulcr les ordre* du gouycrnciiHnl.* lx porteur d'ordre avait ordre de dire en outre au commandant Hamel que ta résistance serait inutile; que ses -808 grenadiers éiaieut enveloppés par 8.UU0 hommes cl quarante pièce* dr canon. Hamel répondit avec fermeté que ne devant obéissance qu'au Corps-Législatif,

H allait lui demander une autorisation. — Il donna désordres à sa troupe , ci si» rendit anssdAt à la commission des inspecteur» , od « trouvait ut les généraux Firhcgru et WiMot . inquiets des mouvements île troupe.*. dont ils avau ut été avertis. • J'envoyai, dit Kaiud, des ordonnance» elipz le général Dumas, cirez le# présidents des deux Conseils; Lafoiid Loi. lui pour les Anciens, et SmiéOfl pour les (jiiq-tents. Je lis aussi prévenir kl députés duel les logement» m'étaient connus dans le voisiuage des Tuikrses. J'cugagcai k général IVhigmà venir rmmnalire ruivcslissemcnt, que nous trouvâmes déjà formé, .le renouveiat au capitaine Valliêre . commandant du |x*iu du <-arruus*H , et au lieutenant Leroi , i ouimaiidant celui du Font-Tounianl, Tordre de tenir ferme.»

Cependant le poste du l'oot-Touroant fut forcé; le» divisions <TAugereau Cl de Lemoine entrèrent dans le jardiu des Tuileries d dirlgèrent une ballrric contre la salle du Conseil de* Anciens.

A quatre h cuits n demie, le général Verdièrc signifia aux député» , déjà ri nuis aux Tuileries , l’ordre de sortir du heu de leurs séanre» : les députés *‘y refusèrent. Le général Verdière fil alors fermer toutes le» issues de la’ salle. I* général Mathieu Dumas s’y présenta ; nuis mslruit que ses cutlégucs y étaient retenus prisoamers, d sc relira , et à la faveur de sou habit tmUiairç , U parvint A v'ivhapiter de l'aris.

Hamel se trouvait avec se» grenadiers près de la salle du Conseil des cinq Cents ; Ange rca u lui fit remettre par ua aide de camp, A cinq Inurcs cl demie du matin , Tordre de se rendre avec son corps sur le quai d’Orsay pour y attendre de nuuveanx ordres — Hamel refusa d’obéir à un chef qui n’avait («s d'ordres à lui donner ; mats on avait travaillé Tr*pnt de Ses NOldals; Imntûl abandonné de ses grenadiers, il fut pris et conduit prisonnier au nanpla.- Augsrcau, d.ius allé cîreouslaiKT, abusant de l'autorité que son grade lui donu a il , arracha A Hamel ses é|»aulrilc* avec une bruialiié que rien ne saurait excuser.

Le Directoire fit pendant la nuit afficher dans l'aris des imprimé* cniiicii.1111 les pièces trouvée» A Venise dans le porte- Rutile de d'butraigiH'» . pièce» ofi »e trouvaient le» première» déclarations sur la trahison de rirhrgrii; diverses dénonciations sur la roiapirailM dc»(Jicbycus,el leur projet de rétablir la royauté, sur I organisa tioo que le parti royaliste avait sccrèlrnirnt établie en France sur 1 « ut des deux agence» des princes . etc. Il fit publier en même temps la proclamation suivante :

• Le Loyalisme , par un nouvel attentat , vient de menacer La constitution; après avoir depuis uu au i branlé, par de» uupicuvrc» ténébreuse». toutes Us bases de la IU'(Mibliqur, il #’c*t cm assez fort pour en conwmnwr la mine; U s’est cru assez protégé pour oser dirign* s*» coups rontre le» dé|MMiUire» supirmc* de l'autorité exccoiivc De# armes liaient distribuée# journcllcuicul aux cptijuré», et tout l'ira sait que l’un des dislr iImiIiui h a été arrête avec un graiu! nombre de bon# . sur Irsqurt» il axait déjà délivré bcanroup de fusils ; des cartes lltnbm#(orps Législatif et marquée* d’uqe B ont clé rtpaudurs pour servir de signe de reronnaissauce aux conjure'» chargés de poignarder k- Directoire et 1rs dé|iult* fidèles à la cause du peuple.

« lin grand uotnbre d'émigrés , dVgurgcurs de Lyon , de brigands de la Vendée, attirés ici par les intrigues du ooyalUmc et le tendre intérêt qu’on ne craignait pas dr leur prodiguer publiquement . ont attaqué le* punir» qui cuvironuaient le Directoire exécutif : niais la vigilaiav du gouvernement et îles chefs de la forro-armée a rendu nuis leurs crmituds cflorU. » ç Ou sait que cette dernière allégation

Maladie et mort de Hoche. — Cependant Hoche était déj.i atteint de la maladie qui devait le conduire

était fausse, et qu'au contraire 1rs trouât d'Augcrea i a» aient pria rkufrallvc de l'attaque. )

« L'expédition du 18 fmrlidor, dit Thibaodenn dan* «n Mémoires, fut cxécultc «usu tranquillemeul qu uu ballet dupera. Il n'y eut aucune résistance ; le bon peuple de pari* resta immobile. Il ocre pnfaenta pas un homme pour défendre le Corps Législatif, ai auct n de *« membres : tout était indifférent ou frappé de stnpnir. fl tfc 1 coûta, pour anéantir la H. publique , car elle k tut à compter de celle fatale nuit , qu'un seul coup de canon tiré à |n>uilrc. (k- fut Karras qui eut 1rs honneurs de la dictature pendant celle Huit II avait le goût de ces aorte* de mouvraient* et y montrait du tact, la Itevrlliére •'était eu/ertué chez Ini eouime dait* mi sanctuaire impénétrable. Rrmlidl , dans ce moment , la télé un peu allérfc, était garde à vue dans set apparfcmciits. »

Le >8 , i huit heurt* du matin, les minorités des conseils «• n'unirent, celle du Conaeil de» Anciens, dans t'amphitbéâlre île l'École de Médaille , celle du Conseil de» liuq-Cruts dans la salle de l'Oih on.

«Dans sa première «cauce, le 18 .apic* avoir atwuk1, comme royaliste*, le* élections de quarante-neuf <k partemciits . ,et dounf an Directoire le droit de nommer aux emplo.s devenus v.x-anu par cette annulai .on .leUxuseiIdnCuiq-Ci’iiU nomma uuecouiiii.**uMicomp'uire éc Sieyès, Poulain Graud-Pre, Villci*, Cha/al i l lioulay de la Mnntlie, pour proposer de* mesures de dihil public.— Ou prit une résolution pour autoriser le Directoire 1 faire entrer dans le rayon constitutionnel le nombre de troupes qui lui paraîtrait nécessaire : elles y étaient déjà, la-s deux coum-iIs se déclarèrent |«rmanenls.

«Le Din-ctotre envoya au Conseildes Cinq UuU toutes ks piétés de la conspiration royaliste. Il disait dans sou message : « Si l'on tût

• lardé un jour de plus, la République était livrée A ses ennemis. Le*

« lieux même* de vos séances étaient le punit de rt'untoii des conjuré*, «c'était de là qo'ifs distribuaient hier leurs t-arU-s et les bous pour

• délivrance «Varias. C est de là qu'ils eorn-spon Jaient celle mut jth «leurs complues; c'est là enfin , ou daus 1rs ravirons, qu'ils essaient

• encore des rassemblements clandestins cl séditieux, qu’en et- moment «la police s'occupe de diuqicr. C'eût été compromettre la sûreté pu, •Wlque et cdle de» représentants fidèle*. que de le* laisser confondus «arec les cnutnii* de la patrie , dans Pauls* des conspirations. *

■ Le Directoire fit remettre à la commission une Iule de déporta lion et un projet de rapport rédigé par Mu lui de buuai.-Uouiay de fa Meorthe, nom trié rapporteur, refusa de le prononcer et cii ht uu Mire. La liste dn Directoire è|irouvj des changements ; ori y fit dis additious. t'était un cadre de proscripuoo ; l'un venait placer les in dividus dont il voulait k défaire ; l'autre eu reiin-r ceux auxquels il prenait iutéiét. Elle conieuail di» directeurs , des dépuié* , des juur ««listes , de* royalistes et des constitutionnels , des hommes ilaugr reux et des personnages insignifiants. — U Conseil de* Amiens De parut pas d’abord disposé à l’adopter de confiance, Plusieurs ment lut*. Laussat cuire autres, s'opposaient à tou le délibération jusqu'à ce qu'on eût couslaié que la majorité était présente. On fit convoquer 1rs absents. Le* ouUulx et hrguicr obtinrent l'ajournement au lendemain de ta résolution sur k-s déportés; ils s é lièrent contre celte proscription eu masse. Mats le Directoire envoya à ce t ouseil un message pour le forrerà aiiop.er sur-le-champ la résolul ion. «t;'e*t | «aujourd bot, disait il, le 19 rructidur , et le peuple Jemar de ofl en «est la République, et ce que le Corps- Initiât If a fart pour laranso.

■ lider. » L argument parât irrésistible ; la résolution fnl aitophY •

Ao moyen de l’arruMlioa de royalisme et conspirai i. m , le Dlrerloo*- espérai! se débarrasser de tous les hommes dont ropimsihim lui donnait des loquie Unies, la première liste de pnnrriptlon , débattue dans le Conseil de* Amiens, offrait des députés de toute* les opinions. Cette liste fat réduite à soixante miq nmns; parmi le» bouillies que le* parlions du Directoire avaient m r Imprudence de vouloir fibre déporter comme eojalistes, se fromail, entre autre* républicains sincères, k* convciitiunirc! Thibaudeau , homme sage, modéré , ennemi des excès, et doul le* opinions ii'onl jamais varié Il fut rayé Sur fa réclamation de Koufay de ld Mèurtbe. Ou compta •a nombre des proscrits.

Deux directeur* : Barthélemy et Carnot ;

Ouarame et nn membres du Conseildes Cinq- Cents, parmi le* quels se freinaient ks générant Pli hcgfu, Willot et Aubry , ramlraf Vil laret- Joyeuse . les députés Buissy-d’Anglas, Bourdon de ITMm > Delarue, Dumofard, Gifcert Df*niohi rc* , Henri Lainière. Camille- Jordan . ras lord , Quai réméré ik* Qtiincy , Saladm , Sirnéon . elc • Douze membres du Conseil des Anciens, pjnm lesquel* ou distinguait Je général Mathiru-Duma* , le* député* Barbé Mai bois , Mnfaire , Portalis, Tronçon Ducoodray , La fond Ladi-iut , rtc. ; i Eufm divers autres personnage» ; trots agents royalistes , l'abbé

au tombeau. Cette maladie s’était d’abord annoncée par un rhume qu’il ii^ligca de soigner comme fiant

Droitier , Lavilk- llmrnoy et Duveroe de Presle ; Hamel , comm»dant des grenadiers du lorp» Législatif ; Pcx niinisire de U polie* Cochon ; FYx-emploré ik- police D'Ossonville ; les généraux Mirauda et Morgan; racjttitnirN-n Suard.

Le -U rructidur , le t»us*-il des Cinq Cents prit une résolation pour urdoiiuer la déportation de* propriétaire* , entrepreneurs , aulrurs , ri'd.n leurs des qtci raule- deux journaux de Taris et di* ifé|<ar(èmenls , qu’on désigua romme gagnés par le royalisme, et qui étaient des journaux d opiuious diverses, mai* eu opposition au gouvernement directorial.

fui* on s’occupa de remplacer le* de a* directeurs condamnés à U déportation , i l ou |»rocLima que la Hépubliqoe était sauvée.

Les ivéïKineut* du 18 fructidor dévoilèrent k-s dispositions Cont/CrévoUitioiiiiancs que l'ichcgiu avait luamfislét* eu Alsace, elles pièces publiée* depuis ne laissèrent aucun doute Sur (a lialuson méditée par ce général.

• Le message cl k-s proclamations du Directoire , dit Itutuadrao ne contenaient aucunes preuves du complot loyaliste, m aucunes charges contre k* dépuié* déportés. Ou n’y trouvait que des allégaOous vagues, des accusa lion* générales, cl jusqu’à des faits dont la fausseté était uuloirc. — C'est dune dans ks pièces jointes au nicswge qu’il fallait cbercher les pi cuves et les cliarget. us pièces axasislaient : l" en deux déclarations faite* au Dim luire par buw-rue de Presle, agent de* primes ; 2* en une relation trouvée dafit les pjpar* de dhuti aiguct, à Venue, d'une cuuversalkiu qu'il avait eus avec Monigailiard , autre agent royaliste. — La principale déclaraliuu de lluveriH- de Presle était du 11 veutûse an v. <k« lii>n-l apparent ni Vu avait parlé dans le temps. On attendit alors , pendant plusieurs jours au t -utiseii , un message du Directoire à ret égard ; il n'eut point lieu, f^iruol avait dit à laujuiuau que k* DincloJra conservait « Ile |h#iv, et ne sYn servirait que daus le easoû les royalistes l'attaquei aient. Dans la leuille du Rédacteur du !5 germinal , le Directoire ht eiisinte nier l'existence de celle dériaratton, et Duverue de Preste la ma lui même ver* la uiémc époque.

• La conversation d< d'Entraigues avec Mongaillaid inculpait gravement Ilcbcgni. Tous k-s détail* de la trahison y étaient clnoustanciés. La piéxv dvail été trouvée dans le porte- fc-ui Ile de (TEntfaigui* , ouvert en présente du général en chef Uoua|iarte et de Uarkc* et certifiée t»ar k-généial Bcrtliivr.

«Il y avait dune lieu à faire le procès à Pfcbrgra... Il arriva bientôt de* preuves plu* accablantrt encore pour ie général . ci qnr »vMe fuis ci , parurent irrécusables. U- lut k* général Mureau qot vêla rexisleilCC de tes preuves qu il avait entre 1rs nuius depuis plus de quatre mois, tétait une correspondance composée *k- deux ou trois «Dis lettre*, trouvée daus un fourgon du général KhngHu.

• Moreau écrivit le 17 fructktor au directeur Barthélemy ; •J etais

• décidé à ne iloiiucr aucune puldn-atiou à cette eurmpoodaDce,

• puisque . la paix étant préiuiuabk- , il n'y avait plus de danger

• l»our la Képubiiquc, d’autant <pie fout rela ne faisait preuve que

• contre peu de muink , puisque personne u’élalt nommé.

• Mais voyant .1 laléledcs partis, qui font acluelli-mcnt tant de

• nul à uolrr pays, cl jouissant daus une place éminente dp la plut

• grande coimaun- , uii liunimc très rompt uni» dans relie rorre*-

• iMUdamx- , et destiné à jouer uu grand rôk* dans le rappel du pré-

• u- ml j ut qu'elle avait pour but, j’ai et U devoir vous tu instruire...

• Je veux |m*i 1er du rrpréseulaut Pidiegru; if a élé assez piudént

• pour lie rtru écrire . il ue roiuniumqrMil que vcrbateim iit avec revit

• qui étaient chargés de la curresymmlaniT , qui faisaient part de

• ses pru.cliff rwevawnl les ré|nm*es...

■ b- grand mouvement devait s'opérer au eonimcnrement de la «cauipague Je l'au iv. on vomptait mu- des revers à mou arrivée I «l'armée qui, mécoutenie d’étre battue, devait rcdnn.in<ler sbn

• anrien chef qui, alors, aurait agi d'après les hislrdctions qu'D «aurait reçues...»

«U lettre de Moreau à Barthélemy tomba cuire le* mains des Directeurs virlonrax. Il* la publtèicul ; elle perdit lotaVment Pichcgiu dans ropinlou . mat* cl Y compromit «mgutièrcmciil le général Moreau. Ixs patriote* lui reprochèrent de n'avoir fait connaître que lardivcmenl cette trahison . et k-s loyalistes d’avoir dénoncé relui qu'il* appelaient son tnstitutrar d son ami. Iæ Dlrcetôtre lui ôta le commandement de l'armée de Khm-et-Moscirc.

• le* homme* impartiaux ne voyaient dans *.v conduite qnc le résultat île la douceur et de la faiblesse <k- son caractère. On >ivail déjl remarqué que Moreau, guerrier ditlhtgné , grand général même, était n-peiida«il plu* propre à la «téh-nse qu'à l'at raque , plu* capable <|p* combi liaison* de ta prlhfenre qui- des inspiration* audacietMes du génie ; scs mœurs simples et scs vertus civiques lui concfîlalcat r«*

une simple indisposition facile à guérir par quelques jours de repos. Cependant il fut bientôt forcé par l'accroissement du mal â se soumettre à un régime. — Le mal continua à augmenter rapidement : Hoche était devenu très irascible ,4e repos lui était insupportable, et celui que sa position rendait indispensable lui causait une continuelle irritation. Ses inquiétudes le décidaientà prendre tous les avis , à les suivre et à les rejeter successivement; néanmoins et malgré les conseils du médecin qui voulait ledétournerde toute occupation sérieuse, il ne cessait de s’occuper des affaires de la République.

a A Francfort, dit son biographe, un docteur allemand qu'il avait consulté secrètement lui donna une recette dans laquelle il plaça toute son espérance; il se croyait possesseur de sa guérison, et revint tout seul a Wetzlar unjour plus tôt quesa société. Mais sentant; au contraire, son mal empirer, le 30 fructidor (16 septembre 1797), 1 minuit, il envoya chercher son médecin ordinaire. Celui-ci, en entrant, le trouva près de La fenêtre entr’ou verte, appuyé sur un de ses amis; sa respiration était tellement .difficile, qu'il ne pouvait décrire ses souffrances, le médecin était forcé de les deviner...

« La crise ayant cessé un moment, on fut étonné de le voir reprendre son attitude ordinaire; ses forces physiques étaient épuisées; la force de son Ame réparait cet épuisement, et son anéantissement momentané ne paraisssait avoir été qu’un passage A de nouveaux élans; il donna sa signature et ses ordres pour le service de l’armée. »

Ce mieux n’eut malheureusement pas de durée, le malheureux général atteint de douleurs violentes, de déchirements d'entrailles, crachant le sang et consumé d'un feu dévorant, s’écriait dans sa douleur : «Suis-je revêtu de la robe empoisonnée de Nessus »— Rousselin continue ainsi le récit des derniers moments de Hoche : «Il seut en lui les germes de la mort inévitable; il la regarde d’un œil ferme : mais s’il s'avance dignement

lime et le respect par le contraste qu’elles formaient arec le tumulte , l’éclat et la Ikvuoc des camps. On ne le comparait ni i Alexandre ni i César ; il semblait avoir pris Washington pour modèle. Cependant, dans le gouvernement et la politique , Moreau n'avait ni celte capacité , ni ce eopp d’œil qui le distinguaient à la guerre. Tout semblait annoncer que si la paix le ramenait dans se* foyers, il serait plutôt un bon citoyen qu’un graud homme d'fctat.

• Ainsi , lorsqu'il vit dans les papiers de klingliu les preuves de la trahison de lVbegru , il garda le silence , par la craiole de se donner pour le dénonciateur de son aiui , et ce «cniimont d‘uoc fausse délicatesse le mit dans la dure nécessité de dénoncer cet ami arrêté , jugé et condamné , ou de se déclarer son complice en continuant de se taire. ■

Le coup d’Élat du 18 fructidor, diversement jugé dans les départements, obtint r approbation complète des armées qui étaient réellement et sinoèremcnt attachées au Gouvernement républicain. Les proclamations des généraux en chef furent unanimes sur ce point. On peut d’ailleurs juger de l’esprit qui animait les officiers et les soldats par les toasts qui furent porlé* vingt jours avant l'événement du 18 fructidor, A l'armée de Sambrc et Meuse , lors de l'anniversaire du 10 août.

Le général en chef llorhc . • A la République ! Que toujours scs anciens défenseurs lui soicut fidèles ! puisse leur courage , qui a triomphé des ennemis extérieurs , anéantir au dedans toutes Ici factions !»

Le général Lefebvre \*A ta haine des ennemis de la République! Feu de nie sur les coquins qui souillent le sol de la liberté !»

U général Grenier \*A ta tranquillité publique! aux mem bres du Conseil des Cinq-Cents qui veulent le maintien de

vers la mort, il veut encore remplir de bonnet actions le court moment qui la précède. Il ne s'occupe ni de lai ni de sa famille, mais seulement de ses frères d'armes ; il s'occupe d’eux jusqu’à son dernier soupir ! Il fait de sa voix mourante ses dispositions et assigne à chacun des legs particuliers. Le Directoire a donné un cheval A Privât ( l’un de ses aides de camp ) , on lui donnera ma montre à répétition : il désigne au gouvernement les postes où les talents différents peuvent le mieux servir. Périclès, en mourant, disait â ses amis qui lui parlaient de ses trophées, que le plus grand et le plus glorieux moment de sa vie était de n’avoir fait prendre le manteau noir à aucun de ses concitoyens. Le sentiment qui console Hoche et le soutient dans ses souffrances, c’est le souvenir de la pacification de la Vendée, et la certitude que cette rébellion ne peu tse relever... Mais la gêne de sa respiration augmente, les traits de son visage s’effacent; une sueur froide couvre tous ses membres; ses extrémités étaient déjà glacées qu'il disait encore : Adieu , mes amist dites au gouvernement de veiller sur la Belgique ; puis la mort ferme ses yeux, et le troisième jour complémentaire (19 septembre 1797), à quatre heures du matin, il se retire de la vie.

«Différentes versions ont été données sur la mort de Hoche; toutes semblent s’accorder à reconnaître que la vraie cause en fut. le poison. Les examens des officiers de santé paraissent démontrer que ce poison était un de ceux qui , provoquant dans les sens une irritation impossible à calmer, lorsqu’on en ignore le principe, abrègent les jours des malheureux qu'ils portent sans cesse à la volupté.»

Honneurs funèbres rendus à Hoche. — Le général Hoche mourut à Wetzlar; son corps fut transporté avec une pompe toute militaire à Coblcntz, et de là au fort de Pétersberg. Il y fut inhumé à la place même où Marceau avait été déposé. Pendant cette translation, les restes du général en chef républicain reçurent , ou-

la Constitution! Périssent les conspirateur* , quel que soit leur caractère.'

Le général Champion net : • A t’armée d’Italie ! Nous tou* avons entendu*, brave* camarades, et nous maniions de front avec vous!»

Le général Debelle : *Au Directoire exécutif! Que, sembla blcaux foudre* républicaines qui ont pulvérisé les connais de la patrie , il écrase les traîtres et les conspirateurs 1»

Le géuéral Ü'ilautpoul : ■ Aux défenseurs de la patrie! Qu'ils trouvent . en rentrant dans leurs foyers, ks égards et U reconnaissance qu'ils méritent ! »

Le p.énéral.Cbérin : • Aux membres du Gouvernement ! qui. par des mesures énergiques et sages , feront respecter la Hé publique au dehors . étoufferont 1rs faclious royalistes , et rétabliront la concorde dans l'intérieur!»

Le général K lein : « A t'armée de Rhin-et- Moselle! Notre émule en bravoure , elle ne nous cédera pat en patriotisme !»

Le général Ne y : « Au maintien de la République! Grands politiques de Cliehy. daignez ne pas nous forcer A faire tonner la charge. » Le géuéral Legrand : *Au 10 août! Que cette glorieuse époque soit toujours sacrée pour le* Français !»* le géuéral Soult , l‘ adjudant géuéral Debilly, et plusieurs autres officiers : *Au général Jourdan, membre fidèle el pur du Conseil des Cinq-Cents ! Puisse-t il nous donner d’aussi bonnes lois, comme législateur, qu’il nous a donné de grands exemple* comme général , et opposer aux ennemis du dedans le même courage qu’il a montré contre ceux du dehors !»

t n général de brigade : *A Buonaparte ! Puisse-t-il » Hoche

l'interrompit *A buonaparte tout court , dit-il, son nom

dit tout. •

tre le» honneurs funèbre» de son armée, feux de* habitant» des villes et des villages qui se trouvaient sur le passage du convoi. — A Braunsfels, le prince fit répondre par toute son artillerie à celle des divisions françaises. Il se rendit même à la tète de ses troupes, au lieu où devait passer le cortège de Hoche, et A plusieurs reprises il salua le catafalque avec son épée. b*a magistrats et les principaux habitants.de Weilbourg vinrent en grand deuil recevoir le corps, et raccompagnèrent jusqu'au lieu où il fut déposé. — Le gouverneur autrichien de la forteresse d’Ehrenbreistein avait disposé sur la route une partie de ses troupes pour former ia baie k gauche, tandis que les soldat* français la formaient à droite. Le gouverneur de la ville de Thaïe, les officiers de son état-major, la garnison, vinrent recevoir le corps aux avant-postes et l'accompagnèrent jusqu’aux bords du Rhin, au bruit du canon de la forteresse. — Des enseignes à la romaine, surmontées de couronne» de chêne et de lauriers, décoraient le cercueil et se faisaient remarquer par les inscriptions suivante* , eu français et en allemand :

Généra! en chef d 24 an* X* i".

Jl débloqua Landau a.v n.

Il pacifia la Vendée au ut et rr.

Il vainquit à Neuwied au v.

Jl chassa tes fripons de l’armée. . aïs ▼.

Il déjoua les conspirateurs au v.

Les généraux Lefebvre, Champion net et Grenier prononcèrent son éloge funèbre. Iis rappelèrent son courage militaire, son habileté et son génie comme général, son dévouement pour la patrie, et cette probité sévère qui l'avait rendu la terreur des fournisseurs infidèles.

Par un arrêté du 2 vendémiaire, le Directoire ordonna que, le 10 (2 octobre 1797), une cérémonie fuoèbre aurai t lieu au Champ-de-Mars en Tbonneurde Hocbe. Le Corps-Législatif arrêta que cette cérémonie funèbre, en mémoire d’un de» plus illustres généraux républicains, serait célébrée k Paris le 10 vendémiaire, et le 30 dans chaque chef lieu de canton , et k toutes les armées.

La cérémonie de Paris eut lien avec une pompe extraordinaire. Tout ce qui peut exciter le* regrets, émouvoir Pâme et honorer un guerrier mort , concourut à cette solennité. Chants funèbres, vers héroïques, musique lugubre, marches militaires, panégyriques, couronnes déposées sur le cénotaphe par les vieillards et les jeunes filles, rien ne fut omis. Cette fête funèbre offrit un spectacle a la fois noble et touchant.

Parmi les pièces de yer* nombreuses qui furent prononcées dan» cette solennité nationale, on remarqua un chant funèbre de Baour-Lormian, et une élégie héroïque de Marie - Joseph Chénier. — L’auteur du Chant du Départ avait eu l’heureuse idée de placer l'éloge de Hocbe dans la bourbe d’un paysan vendéen. La fin de cette pièce fut accueillie surtout par des ap- : plnudisscments universels.

ta justice du temps a commencé pour lui.

Les siècles A seoir sont déjà sa conquête:

De son deuil triomphal on célèbre Ja fête :

.Moi-même de Pari* visitant le* reinpaits.

J'ai vu mes fil*, j’ai vu dans ia plaine de Mars 1-a douleur et les arts qui lui prêtaient des charme* ,

Tout, hormis le guerrier qu’honoraient tant de larme*!...

Ainsi que les héros les sages l’ont vanté ;

Tout le peuple a gémi : les hardes l’ont chanté.

Quatre chefs renommé*, l'espoir de la patrie ,

Portaient du guerrier mort la dépouille chérie ;

Magistrats , moyen* , l’air triste et l’Ame en deuil ,

De leurs rameaux de chêne ombrageaient son cercueil.

Lui -même contemplait cette fête imposante ;

Quant tout pleurait , son ombre , invisible et présente ,

Mêlait un chant de gloire aux longs gémissements.

Et de no* défenseurs recevait le* serments.

Ils ne seront pas vains : l'heure approche où ta France Du vainqueur des Anglais remplira l'espérance !

Quand l'aigle a ralenti son vol audacieux.

Quand la paix triomphante et descendant de* deux .

A la voix des Français vient sourire A la terre,

Debout sur ses débris, l'orgurui lieuse Angleterre ,

La menace k la bouche et le glaive & h main ,

Réclame encor la guerre et veut du sang humain;

Elle dont le trident , atterrissant les ondes,

Usurpa les trésors et les droit* de* deux mondes.

Rendons aux nations l’héritage des mers;

Entendez, mes enfants , la voix de l’uni vers ;

O vous, des guerriers francs élite magnanime!

Les Alpes sous vos pas ont abaissé leur cime;

Vous franchîtes les monts, vous franchirez les flots :

Des tyrans de la mer punissez les complots :

Ils combattront pour l’or, vous pour une patrie.

Si jadis un Français des rives de Ffeustrie ,

Descendit dans leur* port* précédé par l'effroi .

Vint , combattit . vainquit, fut conquérant et roi ;

Quels rochers, quels rempart* deviendrait leur asile.

Quand Neptune irrité lancera dans leur Ile D’Arcole et de Lodi le* terribles soldats.

Tous ces jeunes héros vieux dans l’art des romlials ,

La grande nation 4 vaincre accoutumée ,

F.t le grand général guidant la grande armée?

RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE

15 âvmir.. Rupture de l’armistice.

16 — Premières hostilités.

18 — Bataille de Ncuwied.

19 — Retraite des Autrichiens sur Neukirchen. 39 — Passage de U Latm.

21 avaiu Affaire de Groningen.

22 — Su* pension des hostilité*.

4 «imiui Journée du 18 fructidor,

19 — Mort de Hoche k Wetzlar.

21 — Funérailles de Hoche A Pétersberg.’

2 ocrossE. Fêle funèbre célébrée à Paris en l'honneur de Hoche.

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