‹ France MilitaireChapitre 48 sur 62 · PREMIÈRE ET SECONDE EXPEDITION D'IRLANDE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ET SECONDE EXPEDITION D'IRLANDE

SOMMAIRE

Projet il’iomion en Irlande. — fut de l’Irlande. — Préparatifs de l'expédition.— Négociation! rompues arec lord Malroe*btiry. — Relardé di m — Départ de l’armée d'expédition. — Dispersion de la flotte. — Rooyct en rallie la majeure partie- — Séjour dans la baie de Bantry.

— Retour en France. — tombal et naufrage de$ Droits de l'Homme.— État de l'Irlande en 1308. — Préparatif* d'une seconde expédition.

— Départ de l’escadre dr Rorhrfurl. — Débarquement et Prise de killala. — Prise de Rallyni. — Combat die fait le bar. — Marche d'Humbert sur Dublin.- (Combat de Bjllinamurk. — Capitulation d’Humbert. Départ de l'escadre de Brest.— Arrivée sur les côtes d’Irlande.— Combat naval. — Destruction de l'cacadre française. — Combat de la Loire . — Second voyage de Savary en Irlande. — Fin de l’expédition.;

P* EXPÉDITION. fl 2* EXPÉDITION.

Armée de débarquement. — Général Hoche. Armée de débarquement. — Général Hcnbekt.

Escadre. Morakd de Gauss. |j Escadres. Savary , — Bout au».

Projet d'invasion en Irlande. — Le premier projet d'une expédition en Irlande est dû au général Hoche. Après l'expédition deQuiberon , qui avait excité à un si haut degré contre l'Angleterre l'animadversion de la France) républicaine, ce général désirant à son tour porter un coup fatal au gouvernement britannique, pressa le Gouvernement de lui permettre de conduire au secours des Irlandais les bataillons de l’armée des côtes de l'Océan qui venaient d’élrc victorieux des émigrés et des Anglais. — La reprise d’armes de Slofflet et de Charette ne fit que suspendre momentanément ses desseins; il les reprit aussitôt qu’il crut la Vendée suffisamment pacifîée. — Le Directoire avait alors remplacé le Gouvernement des comités conventionnels ; il concevait trop bien les avantages d’une telle expédition pour n’étre pas partisan du projet du brave général. Truguet, ministre de la marine, désirait aussi porter un coup mortel à l’irréconciliable ennemie de la France. Il était l’ami de Hoche et tous les deux s’entendirent aisément. Mais l’épuisement des finances ne permit pas de mettre à exécution le plan du ministre, qui avait été calculé sur les bases les plus larges contre l'Inde et l'Angleterre. Truguetaurait voulu quela flotte, après avoir transporté 10,000 hommes aux rives du Shannon, partit sous les ordres de Villarel-Joyeuse, pour nie de France, y embarquât les Noirs enrégimentés, et les conduisit à Tippo-Saëb, qui u’altcndail qu’un secours de la France pour se déclarer contre l’Angleterre. Ces vaisseaux auraient été remplacés dans U Manche par les escadres de Richery et de Villeneuve, attendues, l’une d’Amérique, et l'autre de Toulon; et, pendant que la première escadre eût fait voile vers l’Inde, les 10,000 hommes formant le reste de l’armée auraient été transportés en Irlande par ces forces navales montant ensemble â vingt vaisseaux.

Ce plan avait, entre autres inconvénients, celui de séparer pendant un mois à peu près les forces républicaines, dont la moitié aurait pu d’abord être compromise en pure perte en Irlande. Ilocbe ne voulait partir qu’avec tout son corps d'armée: Truguet se rendit à cette opinion; Villaret-Joyeuse était d un autre avis: il aurait voulu emmener directement dans l’Inde toutes les forces qu’on destinait à l’expédition, présumant quela tentative sur l’IHande aurait un résultat funeste. Hoche, soutenu par Truguet, l’emporta aisément: on renonça à confier à Vlllaret lecommandement de l’armée

T. II

navale qui fut mise sous les ordres de Morard deGallet. — Ces débats, et le retard des escadres de Villeneuve et de Richery, qu’on attendait chaque jour, entrainèrent une perte de temps qui devint fatale à l’entreprise.

État de V Irlande . — Tout semblait néanmoins devoir en assurer le succès : l'Irlande, depuis l’administration de lord Cambden, qui faisait peser un joug de fer sur les catholiques, était eu proie à une sourde fermentation; la nation irlandaise montrait des dispositions hostiles au gouvernement britannique. Quoique le libre exercice de son culte et tous les droits d'un peuple libre lui eussent été assurés par le traité de Limerick, conclu en 1694 avec Guillaume III , elle avait vainement depuis celle époque espéré d’en jouir; l’Angleterre était parvenue à neutraliser tous les effort* par lesquels elle avait cherché à recouvrer son indépendance. L’espoir des Irlandais vraiment patriote* (qui se nommaient entre eux les Irlandais unis) s’élait relevé par l’établissement d’une république en France, et par la déclaration de guerre de celte république A l’Angleterre. Ils comptaient, non sans apparence de succès, sur le secours de leurs amis d'Ou tre-Manchc. Leurs prétentions se caractérisèrent mieux, l’insurrection se généralisa et acquit plus de consistance. Le but du plus grand nombre nïtail que d’obtenir une réforme parlementaire et l’émancipation des catholiques. Les autres voulaient rendre l’Irlande indépendante de l’Angleterre, et y établir une république à l’instar de celle de France ou des États-Unis d’Amérique.

Au milieu de cette divergence d’opinions, il s’était formé, pour diriger l’insurrection, un comité composé de ce qu’il y avait de plus notable en Irlaude,en tète du quel figuraient lord Edward Fitz-Gerald, frère du duc de Leicester, et Arthur O’Connor. Ce comité secret envoya en 179G â Paris deux agents qui promirent un soulèvement général, si on voulait les seconder avec une petite armée. Ils furent bien reçus par le Directoire, et quand tout fut â peu -près réglé , une entrevue secrète eut lieu à Bâle entre Hoche, Fitz-Gerald et O’Connor. C’est là que furent arrêtés les derniers arrangements relatifs à l'expédition. j

Des associations secrètes s’étaient formées pendant ce temps sur tous les poiuts de l’Irlande; plus de 40,000 volontaires s’étaient enrôlés en prêtant le serment solennel de mourir ou de redevenir libres. Partout

on Fabriquait des piques ; des amas d'armes étaient déposés dans les lieux les plus cachés; chacun attendait avec impatience le moment de s’en servir. Dans un rapport du comité secret sur la situation de l'Irlande, Fait â la fin de 1796, il était dit que la société des Irlandais - Unis ne comptait pas moins alors de 100,000 individus eu état de faire la guerre, et qu’elle pouvait, outre beaucoup d’autres armes, disposer d'une petite artillerie.

T Préparatifs de l’expédition. — Il ne régnait pas moins d’activité dans les ports de mer français, â Brest surtout, oh l’on n'oubliait rien de ce qui pouvait assurer »c succès de l'expédition. Les matelots classés y étaient envoyés de tous les cantons de la cèle; il y arrivait chaque jour des convois de vivres et de munitions; les troupes destinées â l’expédition y étaient dirigées de tous les points, et partageaient avec les matelots, es travaux de farmement.

L’Angleterre épuisait tous les moyens pour connaître Quelle était celle de ses possessions que pouvaient menacer de tels préparatifs, et l’incertitude ofl elle Testa jusqu'à la fin sur la vraie destination de celte armée navale de Brest fut en partie canse de ce que tes valsfeavt arrivèrent au lieu fixé pour le débarquement sans avoir été poursuivis. Hoche, ingénieux à tromper Tenncmi , faisait rédiger â Rennes avec un secret afffccté , des proclamations adressées au peuple du Portugal, contre qui l’expédition était supposée sepréparer. It parvint a faire passer un de ces manifestes en Angleterre, par le moyen d’an prêtre réfractaire espion do cabinet britannique. Pendant ce temps, le* véritables pièces de l’expédition s’imprimaient A Angers, dans le plus profond secret.

Négociation* rompues avec tord Malmesburr. — R exisiait A cette époque A Paris, entre V Angleterre et la France, quelques négociations diplomatiques dont le fécit n’appartient pas A notre sujet. Le désir de connaître h* but de l’armement naval de Brest était le motif secret qui avait déterminé l’envoi de l’agent anglais. Crfui-d s’était présenté sous prétexte de faire des propositions de paix, et dans le même temps !c ministère britannique négociait avec Catherine II une alliance pour fournir A l’Autriche un ebrps auxiliaire de 60,000 bomme*. L’envoyé anglais , lord Malmesbury, arrivé A Paris le 22 octobre, manifesta, dès sa première entrevue avec le ministre Charles Delacroix , le désir de traiter pourtouteslesptiissancescoalisées.Le Directoire s’y refusa, afin de ne pas multiplier les combinaisons, et accroître indéfiniment les longueurs et les difficultés de la négociation. Enfin, après deux mois de pourparlers inutiles et sans résultats, le Directoire , qui tnpposait & Mahnesbury de? vues secrètes d’une nature peu pacifique, lui enjoignit le 19 décembre, de quitter Paris sous quarante-huit heures. — L’envoyé anglais retourna donc à Londres, oh il apprit â son gouvernement que l’armée navale de Brest avait mis A la toile dès le 16 décembre, se dirigeant sur llrlande.

Retards divers. — Départ de r armée d'expétlHion.

— Dispersion de la flotte. — Il est probable que la conduite tenue parle Directoire â l’égard du plénipotentiaire anglais fut surtout déterminée par les espérance» que faisait concevoir l’expédition d’Irlande. L’armée navale de Brest était prête A mettre sous voile le H décembre, quoiqu’elle pût facilement transporter 15,000 hommes, ce qui était le maximum demandé par les Irlandais. Hoche persista long- temps A attendre les vaisseaux que Villeneuve et Richery devaient amener de Toulon et de Rochefort. Ces renforts, retardés par diverses causes , n’arrivaient pas, et il s’était enfin décidé A partir le 14 décembre, quand Riehery mouilla à Brest, après avoir trompé la vigilance des Anglais qui le bloquaient A Rochefort.

Cette circonstance fut malheureuse , car, par suite de l’opiniAtre volonté du général, 1.200 hommes furent embarqués sur deux des vaisseaux de Richery, qui se trouvaient dans le meilleur état ; mais il leur fallait encore quelques réparations, A la vérité faciles , et il en résulta une nouvelle perte de deux jours qui entraîna les suites les plus fAcheuses.

La flotte de Brest avait attendu ces deux vaisseaux au mouillage de Camaret; lorsqu’elle les aperçut le 16 A la voile sur la rade , elle leva l’ancre elle-même pour se diriger sur l’Irlande. Cette flotte se composait de quinze vaisseaux de ligne, portant chacun 600 hommes de troupes de l’expédition, d'un vaisseau rasé A bord duquel s’en trouvaient 400; de douze frégate* et de six corvettes A bord de chacune de desquelles étaient embarqués 250 hommes, outre l’équipage; 2.250 autres soldats montaient six grands bâtiments de transport chargés aussi de munitions et d’attirails de guerre; une frégate armée en flûte transportait les poudres de l’armée; enfin 50 cavaliers montaient un grand bAtimenl, écurie. Les 1,200 hommes dont nous avons déjA parlé, suivaient avec les deux bâtiments de l’escadre de Richery.

Le total de ces troupes s'élevait I environ 16,000 hommes. Leur débarquement devait s'effectuer dans te baie de Bantry ou à l’entrée de la rivière Sbannon, si l’on éprouvait trop de difficultés sur le pèemief point. Les mesures les plus minutieuses avaient été prises pour indiquer les mouillages de l'escadre suivant la direction des vents.— Trente vaisseaux anglais croisant dans llroise, près de la cète de Bretagne, avaient été .vgnalés le matin; Morard de Galles, pour Ici éviter; avait fait signal A la flotte de prendre par le passage du Raz , le plus A gauche en sortant du gdulèt de Brest. A quatre heures du soir lotis 1rs bâtiments fiançais étaient A peine suas voiles. La Unit tom^ bail; les vents variaient et présageaient un gr s temps. Ces difficultés nouvelles, jointes A celles déjà tl grandes du passage par le Raz, déterminèrent l’amiral à changer de résolution : il fit signal de déboucher paê l’Iroise , et prit lui-même A l’instant cette route avec lé frégate qu’il montait, ainsi que Hoche. Ouelques va;** seaux obéirent au signal; d’autres ne l’aperçurent pas, ou ne voulurent pas l’apercevoir, quoique r.ttafanté se fût portée au milieu de l’escadre pour le répéter, et ils poursuivirent par le Raz.

KHAPiCK MIUTAIK&

L'armée « trouva ainsi séparée dit m sortie de Brest , et le 17, a la pointe du jour, par suite de la confusion qui avait préside au départ de ta veille, elle était loletemml dispersée.

liauvri en rallie la majeure partie. — Le coutreatniral Bouvet parvinlnêanmoins ûen réunir a oc parue qui se trouvait en vue de son pavillon. Il rassembla ainsi sous ses ordres neuf vaisseaux de ligne, six frégates et uu batiment de transport; puis ayant ouvert le paquet qui couteuail ses instructions en cas de séparation , il y vil l’ordre d'aller croiser quelques jours en vue du cap Muen-Head , oit il devait recevoir d’autres instructions.- Le 1», il rallia le reste de l'armée, S l’exception d'un vaisseau et de trois frégates, au nombre desquelles se trouvait la Fraternité, que montaient Hoche et Morard. Le gros de l'armée ainsi réuni .quoique privé de ses chefs , poursuivit sa route pour aller reconnaître Muen-tlead. Le temps fut si brumeux le 20, que quoique la Fraternité fit la même route que la division Bouvet, et eu fut a peu de distance, ils ne purent pat s'apercevoir. Bouvet eut connaissance le lendemain de Mizen-Head; malheureusement la Fraternité, qui t'en était trouvée si prés la veille, n’eut pas le même bonheur.

Séjour dans la baie de liant rj. — Le contre-amiral, a l'ouverture de la baie de Bantry , St an reste de l’escadre le signal d’arriver au mouillage. Chaque navire avait, dans uu paquet cacheté, un plan de la baie — Plusieurs batiments purent se munir de pilotes, qui étaient venus à bord comptant avoir affaire a des vaisseaux anglais. — L’armée, pour obéir à l’ordre de l’amiral, louvoya toute la journée du 21 et une partie du 22, presque sans avancer, quoique aucun obstacle ne s’y opposât.

Le vent fraîchit et la mer enfla beaucoup le 22 à quatre heures du soir; ce qui délermina le contreamiral et environ dix vaisseaux de ligne a mouiller dans la passe, un peu sous le vent de la pointe Ë. de file Great-Bear. Bouvet, en jetant l’ancra, rendit chaque capitaine libre de sa manoeuvre pour la sûreté de son batiment. Quelques-uns mouillèrent 1 ce signal; d’autres aimèrent mieux rester sous voiles en dehors des pointes.

L’armée , par suite de la brise qui avait encore augmenté dans la nuit , se trouva de nouveau séparée le lendemain ; la moitié des batiments étalent hors de vue : il ne restait dans la baie que huit vaisseaux , deux frégates , quatre corvettes et uu bâtiment de transport. L’état houleux de la mer fut cause qu’on n’ordonna ce jour U, 24, aucun mouvement; mais la brise étant tombée le leodemain, et la mer devenue beaucoup pins belle , un conseil de guerre fut tenu à bord de la frégate t Immortalité, que Bouvet montait ainsi que le général Groueby, commandant en second des troupes de débarquement. Les vaisseaux restés en rade portaient environ 0,000 hommes avec deux canons de campagne. Le conseil décida que le débarquement aurait lieu sur-le-cbamp, et une corvette fnt aussitôt envoyée â la cote septentrionale de la baie , non loin

de la pointe E. de l’ile Great-Bear, pour y reconnaîtra un lieu favorable â la descente. On vint apprendre au contre-amiral qu’on; avait découvert une anse où plusieurs chaloupes pouvaient prendre terre J U fois. , a

La descente, dont l’nrdre né fut donné qu’à quatre heures du soir, et pendant une journée d’hiver, ne pouvait s’effectuer que dans la nuit. Les généraux étaient cependant décidés à n’étre point arrêtés par cMte circonstance, lorsque le vent s’éleva assez fort au coucher du soleil pour empêcher la comntuniralion des vaisseaux entre eux. Le fond de la baie se chargea de nuages , M la mer fut trop mauvaise pendant la nuit ponr essayer d’y risquer une seule chaloupe. Le temps devint plus mauvais encore le lendemain, et tout faisait craindre un ouragan. Plusieurs vaisseaux ayant glissé sur Icare ancres , se mirent sous voiles l’un après i’aolre. Immortalité, mouillée sur deux ancres , eut un de ses câbles rompu, et allait m dérive sur la céte, quand elle se mil aussi sous voiles ; elle fil, en sortant de la baie, aux autres bâtiments qui s’y trouvaient encore, le signal d’appareiller en coupant leurs câbles.

Retour eh France.— Combat et naufrage de t Droite det' Homme.— Le contre-amiral Bouvet resu trois jours â In cape en sortant delà baie de Bantry. Les vehts changèrent le 29. Il était alors â vingt lieues au S.-0. de la baie de Bantry, et il aurait pu y retourner aisément; mais il fut retenu par la erainte de n’y pas relronvet les autres bâtiments de l’expédition, de s’y voir bloquer par les vents ou par l’ennemi , et surtout par le défaut de vivres, dont il ne lui restait qu’une petite quantité. Il revint donc â Brest, où il rentra le 1" janvier 1797.

la Fraternité, demeurée seule après le 20 décembre, se trouva le lendemain «ous la volée d’nn vaisseau rasé anglais, devant lequel elle prit chasse pendant tout le jour.ee qui l’éloigna beaucoup des eûtes d’Irlande, dont elle fut ensuite tenue séparée par les vents d’E. , qui battaient Bouvet dans la baie. Cette circonstance dût tans doute faire repentir floche et Morard d’avoir monté une frégate au lieu d’un vaisseau; car ils n’auraient pas été forcés de fuir devant un vaisseau rasé. Au changement de vent , la frégate amirale se dirigea vers la baie de Bantry, oû elle espérait enfla trouver le reste de l’escadre. La douleur de floche fut grande lorqu’il apprit par la rencontre de deux bâtiments, la Révolution et te Scœvola , qu’il ne restait pins un seul vaisseau français sur les cèles d’Irlande. U. persistait néanmoins â t’y rendre; mais le Scœvola était prés de couler bas ; la Révolution se voyait obligée de recueillir son équipage , et avait si peu de vivres qu’il était â craindre que le grand nombre d'hommes qui l’encombraient oc mourussent de faim si elle accompagnait la Fraternité. Celte circonstance décida Hoche a rentrer â Brest, sans avoir même entrevu les eûtes du pays oû il se proposait de jouer uns! grand rûlc.

Outre 2,000 hommes morts ou prisonniers, la F rance éprouva, dans cette malheureuse expédition, encore d’autres pertes sensibles. — Le Séduisant périt en quittant le port de Brest; la Surveillante, i choua dans

la baie de Bantry ; /' Impatiente se perdit corps et bien sur le cap Clear; le Sccevola sombra au large, le Suffira fut pris au retour; enfin le vaisseau les Droits de l’Homme fit naufrage à la suite d’un mémorable combat *.

• Etal de V Irlande en 1798. — La fatale issue de la première expédition d’Irlande, aggrava le sort des patriotes de ce malheureux pays. Le despotisme anglais pesa sur eux avec plus de rigueur; quelques mouvements séditieux dans le Leinster, dans les comtés de Kildare, de VViclow, et À Dublin même, servirent de prétexte aux généraux anglais pour déployer la plus extrême sévérité. Les choses allèrent au point que les soldats se portèrent eux-mêmes aux derniers excès ; les habitations furent pillées, dévastées, incendiées. On maltraita les paysans, on les vola, on outragea violemment leurs femmes et leurs filles; la licence ne connut plus aucun frein. L’honorable général en chef Abercrombie , indigné de l’impossibilité où il se vit de la réprimer, se démit de son commandement. Néanmoins ces violences ne faisaient quTattiser le feu de l’insurreelion, qui couvait sourdement. La société des Irlandais-Unis s'organisait militairement, et n’attendait pour éclater qu’une occasion favorable. Son comité directeur sollicitait vivement de lui envoyer quelques secours le gouvernement français, dont toute l’attention était malheureusement alors concentrée sur les préparatifs de l’expédition d’Égypte.

* Combat et naufrage des Droits de l'Homme. —Ce vaisseau, de soixante-quatorze . portait 600 homme* d'infanterie commande* par le général Humbert , et un équipage de 660 hommes aux ordres du chef de division Iacroaae , le seul drt officiers de manne de cette expédition, peut-être, qui se fût slriclcment conformé à ses instruction*. Voyant la decccnte manquée dans la baie de Bantry, U alla muter bail jours tous te aip 1.00p. à r embouchure de la ntifcre Shannon . et ne fit voile, le 7 janvier, pour Bejle Islc , oû il te proposait d’allérir, que lorsqu’il eut la certitude que toute l’armée avait reprit la route de France.

Le 13, S une heure après midi , et paç une brume épaisse , on signala deux navires au vent , donnant la chasse aux Droits de t Homme. L’un était le vaisseau rasé l'Inde fatigable, monté par le commodore Edward IVIIew; l’autre . la frégate l'Amazone. Deux autres vaisseaux te montrèrent sous le vent à troii heures , manoeuvrant de manière à couper la route au vaisseau français , qui , forçant de voiles, perdit deux mAlsde hune dans une rafale. Cet accident fbl d’autant plut fârbrux . que la mer éjait très grosse : le vaisseau, ( privé de l’appui de set voile* haute* . ne put , * cause du roulis, ouvrir sa batterie basse de trentosix rl en faire usage pendant le combat.

Tout venait dVIre déblayé sur le pont des Droits de l'Homme quand . J 5 heure* , 'l’action commença par une volée entière de l' Iodé fatigable , X laquelle le Taureau fronçais répondit de toute la •ienne, soutenue d’un feu terrible de monsquetrrie. l-e vaisseau anglais, qui pouvait te servir de sa batterie de vingt quatre et de se* canons de quarante-deux , avait sur tes Droits de t' Homme , l’avantage de lui ertvoycr 400 livre* de fur de pins par bordée. A 7 heu m du soir, le combat était do* plus acharné* , quand t' Amazone , arrivant A portée de pistolet , envoya sa bordée dans la banrbe de* Droits de l'Homme. Celui -ri manœuvra assez vivement pour ne pas donner à la frégate le temps de lui envoyer une seconde bordée, et parvint jusqu'à 7 heure* cl demie à conserver les deux bàtvroens ennemis par son travers. Ils avaient tellement souffert , qu'ils gagnèrent le large pour se réparer. Ils revinrent à 8 heures et demie, et recommençant leur feu , placés de chaqiie cité vert l'avant du vaisseau français , ils l'enfilèrent alternativement par les bossoirs de tribord cl de bâbord. ,

Celte position était d’autant plus fâcheuse, que l’artillerie seule de la frégate, à cause de ses raronades de vingt-quatre, était supérieure X celle dont la n»cr laissait l’usage aux Droits de l’Homme. commandant t aerovio, pour en sortir, présenta tour à tour, nia s nulilcmxnt, l'abordage aux deux bAtimen? anglais. Son tnàt d'arti-.

Le ministère anglais, sans trop croire, au moins dans ce moment, à la possibilité d’un nouveau débarquement en Irlaude, prenait les mesures qui pouvaient le prévenir. Il désirait sévir contre les chefs de l’association irlandaise, et l'occasion ne s’en présentant pas, il la fit naître. Quelques avis reçus de France, ayant fait enfin espérer aux chefs de prompts secours, ils se réunirent à Dublin, à la fin de 1797, cher le négociant Oliver-Bond, pour y concerter un soulèvement général. Un traître les vendit; on épia leurs démarches, et dans les journées des 13 et 14 mars 1798 dix -sept chefs du comité d’Union, parmi lesquels se trouvait lord Ednard Fit z-Oerald furent arrêtés. Le viceroi d’Irlande, lord Cambden, fit proclamer la loi martiale, et ordonna un désarmement général; les exécutions, les déportations, les emprisonnements, suivirent ces premières mesures. — Mais l’élan était donné; l’Union , inspirée par sa haine pour les Anglais, se choisit d’autres chefs. On prit les armes dans plusieurs provinces; une lutte sanglante eut lieu à Holycross. Les insurgés, sans armes, sans argent et sans officiers , ne pouvaient être redoutables que par leur nombre et leur patriotisme. Ils se déterminèrent ft faire contre les Anglais la guerre de partisans, mode de combattre auquel se prête admirablement l’Irlande, pays coupé de ravins, de montagnes, de bois et de marais. Bientôt la conduite du cabinet britannique atteignit un haut degré de barbarie. Les Irlandais, poussés au désespoir, arrêtèrent le projet d’une insur-

mon tomba ver* 10 beurre et demi . et le* Anglait continuèrent à rationner vivement le vaisseau fronçai* par le* hanche*. A défaut de boulet* , Lacrosse fil charger ici canon* avec de* obu*. cc qui caira de tri* dommage* X bord de* vaisseaux ennemis, qu'ils n’o«ére£t plu* comtattrc de ai pré*.

le combat était encore à 2 heure* dan* toute sa force , quand Ijvcro**e tomba sou* le choc d'un bouli 1 mort qui l’atteignit au genou- En quittant le pont , il assura l'équipage que l'on o'aménerait pu le pavillon, et celle assurance fut accueillie avec enthousiasme par le cri unanime de : « Non , jamais ; capitaine , vaincre ou mourir ! *

I-e capitaine de frégate l’révo*! - Ijrroix prit le coramaudcmeut . et le combat se prolongea jusqu'à 6 heure* du matin avec le même acharnement. Les Anglais se retirèrent alors fort maltraité*. Le vaisseau français découvrit la terre, et manœuvra pour l'éviter : mai* *e* mâts de mi*éne et de beaupré s'étant rompus dan* a morne ut , et sa grande voile criblée par le* boulet* ayant manqué , le vaisseau, entraîné X la dérive, échoua le 14 janvier dan* la baie d’Jludterne, vls-à vis Houzcurc-

La frégate anglaise l'Amazone avait eu le même sort que Ira Droits de l'Homme , et avait échoué une demi-heure avant ce dernier. Son équipage et »oo état-major restèrent prisonnier*. — Le vaisseau français, dans ce combat rte treize heure*, où il avait été rau*é comme un ponton , avait eu 200 hommes hors de combat , dont !0 officier*. Il avait consommé toute sa mitraille . se* boulet* ramé* , et tou* scs boulets rond*. Des danger* d'une nouvelle espèce l’attendaient encore dans la baie d’Audierne : le* canot* nu* à la user pour sauver l'équipage furent brisés par le* lame* , et crux qui Ica mon la icnt périrent dan* le* flou. On essaya inuiilemeut d'ét.tblir un va-et-vient de la terre an vatMeaa , qui resta mil et sains secours pendant troi* jour* de gros temps. La famine et le manque d'eau doue evi tirent ajouter aux souffrances de l'équipage, cl 60 hommes périrent dans 1rs convulsions du délire et du désespoir, avant qu’un changement de temps permit de secourir le bâtiment «au fragé. Cinq chaloupes, veuant d'Audkrne, et le cutter V Aiguille , avaient pu aborder, le 17, lus Droits de l'Homme, cl eu avaient retiré le* blessés et une centaine d^hommes; mais fl en rratait encore 400 sur le vaisseau, et avant que le même cutter revint les chercher, il s'êlait écoulé quatre jours, pendant lesquels cés malheureux furent en proie aux tourincu* dont nom venons rtc parle r. — LacrMSé, ninci que le lui prcriivail ron devoir, ne quitta le va^seau que le deruitr.

FJUXCK MILITAI |{ F.

Combat de Cantclbar .

rection générale pour le 23 mai. L’arrestation de quelques chefs n'em|>écha pas l'insurrection [d'éclater. Nous ne suivrons pas les patriotes Irlandais, dans la lutte aussi vaine que brillante qu’ils soutinrent pour reconquérir leur liberté. Ils s'emparèrent d’Enniscolhy et de Wexford ; mais après des alternatives de succès et de revers, ils en revinrent, faute d’armes, de chefs et de munitions de guerre, au système de partisans dont ils n’auraient jamais du s’écarter.

Bientôt, néanmoins, un succès brillant obtenu le 4 juin, près de la montagne de Slicwebuy, les enivra au point de leur faire oublier cette sage résolution, ils attaquèrent le lendemain, à Newcross, le général Towstone ; après une lutte acharnée et long-temps douteuse, ils furent défaits. Ils perdirent aussi le 21 le poste d’Enniscothy. Ces deux échecs, suivis de quelques autres, les dispersèrent presque entièrement, et ils se réfugièrent dans leurs, retraites. Lord Cornwallis, ayant alors succédé à lord Cambden, avec des pouvoirs illimités , pacifia le pays par des moyens analogues * ceux qae Hoche avait employés en Vendée.

Préparatifs d’une seconde expédition — Le Directoire français était resté spectateur paisible de la lutte héroïque des Irlandais; il ne s’occupa sérieusement de les secourir que lorsqu'ils furent presque anéantis. Après le départ de l’armée d’Orient, l’ordre fut enfin donné d’armer deux divisions navales, l’une à Brest, l’autre à Rocbefort. On devait croire que le gouvernement chercherait, par l’échelle sur laquelle la nouvelle expédition serait combinée, à compenser la faute de ne l’avoir pas faite dans le moment opportun. U n’en fut pas ainsi , et on la réduisit même à dp plus petites proportions que celle de Hoche , comme si l’attaque de l’Angleterre en Irlande eût été d'un faible intérêt pour la France républicaine. 4,000 hommes seulement devaient être embarqués sur les deux divisions navales de Brest et de Rochefort, avec des armes et des munitions pour les insurgés. Ce secours , qui aurait pu avoir une grande influence au fort de la lutte dont nous venons de parler, était évidemment insuffisant! pour la faire renaltre.Tes deux escadres, qui auraient du partir dans les premiers jours de juin, ne furent en état de prendre la mer qu’à la fin de juillet, et encore celle de Brest fut-elle retenue quinze jours au port, par l’attente d'une somme de 30,000 francs, destinée à payer les équipages.

Départ de l’escadre de Boche fort. — Celle de Rochefort mit donc seule à la voile le 4 août. Elle se composait de trois frégates et de deux corvettes, commandées par le chef de division Savary , et portait 1,100 hommes de débarquement aux ordres du général Humbert. La division, aprèl une heureuse traversée, mouilla le 22 dans la baie de Killala, dans le golfe de Siigo. Le débarquement eut lieu dans la soirée, et le chef de division Savary remit sous voile le lendemain avec son escadre pourgagner Rochefort.— Cette seconde traversée ne fut pas moins heureuse que la première.

Débarquement et prise de KiUala — Le débarquement était à peine effectué, que, d’après l’ordre du général Humbert, l'adjudant-général Sarrasin marcha, avec uue compagnie de grenadiers, sur le poste de Killala, et l'enleva à la baïonnette. 200 soldats anglais, qui en formaient te garnison , y furent tués ou pris. La plupart des prisonniers demandèrent à entrer dans les bataillons français, et y furent incorporés.

Prise de Ballyna» — Le lendemain 23, Sarrasin ayant eu l’ordre de pousser une reconnaissance dans l’intérieur, vers Ballyna , rencontra un parti de cavalerie ennemie, qu'il dispersa après un léger combat. Le général Humbert suivit le 24 la même direction , avec le reste de sa petite armée, rejoignit Sarrasin et s’empara de Ballyna. Des troupes anglaises , postées sur la route, furent mises en déroute et perdirent quelques prisonniers. Humbert , avec des chasseurs à cheval du troisième régiment , poursuivit long temps la cavalerie anglaise. Environ 1,000 Irlandais unis se joignirent aux Français après ces premiers succès, et reçurent aussitôt des armes et des munitions \

1 Le» troupes dont le* généraux anglais pouvaient disposer pour la défaite de rtrlandc s'élevaient k 60.000 honiine* , dont 20.000 soldats de ligne et 40.000 milirieat. Voici , d'après le Rapport de lord ComwalUs «ur l'expédition de Humbert , le* mesures prise* au moment du débarquement de* Français :

«On régla de la manière suivante la marche de* troupes vm lo Shannoo , tant pour occuper des stations Axes, et s'assurer les cctnouiDicatiûos, que pour maintenir la tranquillité dans les comtés insurgé* de Dubliu , Wicklow , Wexford Meatb , Kiklare et Loulh.

Troupes qui devaient se porter vers le Shannon.

I*' Régna, d’infanterie légère J Sous les ordre* du général Mochc, T Idem. J devaient se porter de Salino à Atbloiie

10* Idem. ! par le canal.

Les fusilier* de Suffi** De Mtatleo k Athlooe.

Les milices de Dorwnsbirc. . . Devaient t’assembler k But, et se rendre k Badinatloe.

Régiment d’Armagb En marche tur Birr, devait te ren-

dre à Rallmasloe.

Le* fusilier* de Reay. . ; . . . De Kileorfc k Loogford.

Le* fusil lier s de Sutherland. . . De Drogbeda et de Dundalk k Loogford.

Les milices d*Antreini De K italien k Athlone. ,

Régiment de Bucks et Warwiek. De Dublin à lamgfbrd.

Milices de Loutb De Limerict à Galway.

y Rég. de dragon* des garde*. De Dublin et Athlone.

Y et 29e Héguu. d'infanterie. . Sous les ordre* du majomtnéral

Hunier devaient se rendre de Wexford k kilkenny, et de M M potier sur le Stoanuon. — ( Le Sbaunoo est une rivière considérable de l'Irlande, qui le Jette dans l'Océan.)

Troupes qui devaient se porter à des stations fixes. Milices de la ville de Gorc*. . | Devaient occuper le canal de Col- Milice* de Ixmdonderry. ... 1 bridge, etc.

Milice* de Carton Drogbeda et Dondatk.

Fusiliers d’InTernees. Trim et Kilcock.

Milices de la ville de Corck. . . Naas.

89' Régiment BaUinglass (lackUlowa.

5* Régiment de drapons. ... De Long UntTown k Dublin.

V Rég. de dragons de la garde. Margborongk . et devaient entrete-

nir la communication avec Limern* .

9* Régiment de dragons Carlow et Khkenny , et cotrek i.ir

la communication avec Dublin.

Chasseurs de llompesch Clonmcll , cl entretenir la commu-

nication avec Corrk.

4' Rég. de dragons de la garde. Devait occuper Philips- TownBirr. Fusiliers de Cbeslershsre. . . - f

Idem, de Glegary J De Ferrun à Wexford.

Milices du coiyté de Dublin. , * |

Combat de Castlebar. — Humbert , informé que le» généraux Lake et Hutchinson avaient réuni à Castlebar un corps de 5 à 6,000 homme» pour venir l'attaquer, résolut de les prévenir, et se porta à leur rencontre. Après une marche de quinze heures, il arriva, le 27 août , sur les hauteurs en arrière de Castlebar , où le» Anglais occupaient une forte position, entre un lac et un marais. Quoique son artillerie fût restée en arriéré, il ordonna ausitût l'attaque. Les tirailleurs anglais fucrnl repoussés, et les colonnes républicaines, marchant au pas de charge , se déployèrent sous la mitraille àr. vingt-deux pièces de canon. Sarrasin, pendant celle attaque de front, ayant en vain essayé de forcer l’aile gauche, laissa quelques troupes pour la contenir, et se porta rapidement sur l'aile droite. Celle-ci ne soutint pas ie choc des grenadiers , et fut culbutée. Le centre des Anglais suivit ce mouvement rétrograde de la droite, qui fut bientôt presque en même temps imprimé k tout le corps de bataille. Retranché dans les maisons de Castlebar, l'ennemi y soutint quelque temps encore un combat meurtrier. Mais il fut enfin chassé de toutes scs positions , contraint de repasser le pont du bourg, et de s'enfuir vers Ballinrore, en abandonnant son artillerie, la plus grande partie de ses équipages, 1 JÛQ prisonniers et cinq drapeaux. 600 hommes tués ou blessés restèrent sur le champ de bataille. Cette victoire, remportée par les troupes françaises sur des forces quatre fois plus nombreuses , causa une grande joie aux patriotes irlandais , et attira un grand nombre d’insurgés sous les drapeaux républicains Humbert régla ensuite l’organisation de la province de Connaugbt ; il y établit un gouvernemént provisoire , présidé par John Moore , un des notables insurgés, et ordonna, outre une levée en masse des habitants

de seize à quarante ans, la formation de huit régiments d’infanterie et de quatre de cavalerie.

Marche d'Humbert sur Dublin. — Dès que le débarquement d'Humbert fnt connu à Londres , le commodore Warren reçut l’ordre d'établir une eeo4* siere de quatre vaisseaux de ligne et de déni frégates à l'embouchure du Sbsnnon. Le viee-roi dut aussi prendre les mesures les plus actives pour arrêter la marche des Français. — Coruwallis s'était donc empressé de rassembler 8,000 hommes sur la rive drotle de cette rivière; la division Lake avait été ralliée A Ballinrore ; ces troupes , jointes aux renforts qui arrivaient de tontes parts, portèrent bientôt les forces du vice-roi a 20,000 hommes , avec lesquels ils se disposa S marcher contre Humbert.

Mais celui-ci, averti à temps, et ne pouvant lui opposer i Castlebar que 2,400 hommes résolut de marcher sur Dublin , pour s’y réunir sux insurgés qui se trouvaient darat 1rs environs, et y attendre , tur la défensive , les renfort* que devait amener l’escadre de Brest. Lake suivit le mouvement rétrograde de Humbert, par Ballaghy, pendant que le vice-roi s'avançait vers le comté de Longford,et quefiugent le menaçait de front vers le nord. Les Français marchèrent si rapidement, que Lake ne put le* atteindre; la garnison de Sligo, qui voulait les arrêter, fût culbutée, et ils arrivèrent sur la rive droite du Shannon, devant Balintra. Quoique ce point fût défendu par des forces supérieures, Humbert , sentant le danger de sa position, n'hésita pas A le forcer. Il brûla ensuite le pont de Balintra, et se retrancha snr la rive opposée du Shannon, avec l'intention de se diriger le jour suivant sur Granard.

Mais en arrivant à Cioone , H apprit qu'un corps

Troupe* qui devaient rester dans tes comtés de Dublin , trtCktow , tfexford-Meath , K i Ida ne et Louth.

Des un. — »' Régiment de dragon*. \ O* troupes formaient la Fusilier* d’Angu». . . . • J garnison de Dublin. — On Milices de llurkt. . . . » 1 pouvait encore assembler la Minresde VYarwtri . » . 1 Yromanry.au nombredeû.000 OS* Régiment. hommes effectif».

Mil**** de Ferma nagh. /

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