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suisses' deux proclamai ions contenant les griefs du Directoire contre l’oligarchie, qui voulait entraîner le peuple helvétique dans une guerre sacrilège avec les républicains français; puis, conformément au plan arrêté, les hostilités commencèrent le lendemain avant le jour. — Le général Schswembourg s’empara du ctoAteau de Oornach et surprit le vil lage de Lengnau , sur la roule de Bienne à Soieure. Leognau n'était défendu que par un bataillon suisse , dont les deui tiers furent tués ou pris. — Après avoir placé le gros de ses troupes de manière A tenir en échec la d« vision qui gardait Burea, Schawrm bourg se porta sur Soieure. avec 3 à 4.060 hommes. (Quoique eulourée d’une enceinte hastionnée en maçonnerie de granit, cette ville «a rendit A la première sommai ion : «a reddition livra aux Français, un pont sur l’Aar. — Fribourg, environné d’un simple mur crénelé, se trouvait au même moment investi par l'avantgarde de Brune- Les magistrats répondirent à la sommation, par une demande de quelques heures pour donner aux soldats Bernois le temps de se retirer. Le générai Pigeon accorda deux heures; mais on en profita pour renforcer la ville d’uoe multitude de paysans que le tocsin rassembla dans tes villages voisins. Les magistrats, sommés d’exécuter la convention qui devait livrer la ville aux Français, répondirent A la seconde sommation qu'ils n’étaient plus libres, les paysans agissant en maîtres. Les soldats français brûlaient d’en venir aux mains et d'escalader les murailles. Pigeon, irrité de la mauvaise foi des magistrats, fit mettre en batterie quelques pièces, qui enfoncèrent une porte et ouvrirent une brèche. Dix soldats, conduits par un sergent intrépide de la 18r demi-brigade, nommé Barbe , escaladèrent alors le rempart, par cette ouverture, et pénétrèrent dans Fribourg au moment où d’autres soldats y entraient par la porte que l’artillerie avait brisée. Les t ,500 Bernois et environ 5,000 paysans, qui occupaient Fribourg, s'enfuirent avec l’artillerie et toutes les armes qu'ils enlevèrent de l'arsenal. On les poursuivit et on leur reprit les canons et un grand nombre de fusils. Les troupes françaises se conduisirent à Fribourg avec une extrême modération et comme si la ville sc fût rendue par capitulation. Cette première affaire coûta aux confédérés environ 400 hommes tués et un grand nombre de blessés.
Retraite des Confédérés. — I-es flancs de l’armée suisse se trouvant à découvert par la prise de Soieure et de Fribourg, la dro.le des Confédérés dut battre en retraite. D’ErJaeh chercha A concentrer ses troupes A Fraubruunen, Guminco, Laupen et Ncucneek ; mais une seule division, celledc Wat le ville, opéra sa retraite en bon ordre et se rendit aux points qui lui avaient été assignés. Les milices de l’Argovie se débandèrent totalement, et celles qui formaient le centre de l’armée s’insurgèrent même contre leurs chefs. — Le gouvernement provisoire de Berne porta le désordre au comble, en ordonnant le Landsiurm (levée en masse). — La révolte s’étendit partout, quelques officiers furent tués et uoe partie de l’armée se dispersa. — Le général d’F.rlach, et l'avoyer Steigrr parvinrent cependant A ramener le calme daus la troupe mutinée ; mais
tous leurs efforts ne purent recompléter l’armée diminuée de moitié, par le départ des contingents des caillou*, qui étaient restés en observation.
Occupation de Moral.— Destruction de f Ossuaire. — Rampon commandait une des trois colonnes que Brune, en entra ut en Suisse, avait dirigées sur Beruepar différentes routes. Arrivé le 2 mars, A Moral, il occupa celte place, que les Suisses venaient d'abandonner et qui dans d'autres temps (en 147b; avait été témoin d'un de leurs plus brillants faits d'armes et de la défaite de Charles-le -Téméraire.— En mémoirede ce triomphe, un monument avait été élevé, avec les ossements des Bourguignons restés sur le champ de bataiUe. Deux bataillons de la colonne de Rampon , composés de soldats de la Côte-d'Or et de l’Yonne , obéissant A un ressentiment national, crurent venger l’affront que leurs ancêtres avaient essuyé, près de trais siècles auparavant, et dvlruisi rent l’ossuaire de Moral.
Combat de Neueneck.— Sehawembourg avait poussé, le 2 mars, ses troupes légères dans la direction d'Aarberg. Itampon marcha le 4 vers Laupen et sur le village de Guminen qui avait été hérissé de batteries; mais l’attaque exécutée sur ce point n'avait d’autre but que de détourner la tien Lion de l’ennemi de celle que Pigeon devait opérer le leodemaiu sur le village de NeuenccA, poste dont l'occupation permettait de tourner les autres passages et livrait aux Français la route de Berne. ! Le colonel Stettler venait d’y être tué et avait éié remplacé par Graffenried qui ne désespérait pus d’arrêter les Français.— Pigeon passa la Sarine, leô, A une heure du malin , et ses troupes assaillirent A la fojsXcueneck et les retranchements ébauchés en arrière de ce village. Telle fut l'impétuosité de leur choc, que les avantpostes Bernois se dispersèrent daus la forêt et ne purent se «allier. Graffenried ayant néanmoins reçu, vers neuf heures, un renfort de 1,200 hommes, et se trouvant | toujours maître de la route de Berne, parvint â ! rétablir le combat et repoussa les Français jusque sur les -hauteurs de Neueneck. L’artillerie français^, favorisée par l’épaisseur du bois, contint la poursuite de Graffenried. .Néanmoins le général suisse, après une lutte acharnée de quatre heures, contraignit Pigeon A reculer et A repasser la Sarine, avec une perte de 400 hommes et de quelques pièces de canon.
Combats de Schahiren, de Frauhrunnrn, d’ J r tenon et d’dltmerkingen. — Le triomphe de Graffenried devait être inutile pour le salut de Berne; pendant qu’il repoussait Pigeon, le général Sehawembourg avait, de Soieure, porté son avant-garde A Schahiren, la 16e d'infanterie de ligne en intermédiaire au village de Bettcrkinden . et le corps de bataille A Lohn, sur U route de Soieure A Berne. Ce$ troupes rencontrèrent l'ennemi aux ordres de d F.rlach,dans le bois en arrière de Schahiren. La 14e légère, engagea la fusillade, et soutenue par l’artillerie, obligea les Suisses au nombre de 3 A 4.000 hommes , A battre en retraite. — D’Erlach prit ensuite position sur les hauteurs en avant du vil âge de Fraubrunncn ; mais après un rude combat,
débusqué de ce nouveau poste , H vint se former derrière Arleneu, d’où il fut encore repoussé jusqu’aux monts d'Altmerkingen. — Le corps principal de l'armée bernoise se trouvait lâ,dans une position où les Suisses avaient jadis triomphé du site de Coucy. La route de Berne à Soleure traverse dans cet endroit un défilé presque infranchissable. D’Erlach , en effet, avait sa droite appuyée à des rochers escarpés, et sa gauche couverte par des bois épais et des marais qu'on croyait impraticables. Dans le défilé, de nombreux abattis, derrière lesquels les Suisses étaicut postés, et d'où ils faisaient un feu meurtrier, coupaient la route.
La 14* légère et la 89* de ligne furent commandées pour emporter ces formidables obstacles. Le ebrf de brigade Ruby cul ordre de faire tourner la position par les ailes. Trois compagnies de la 89* parvinrent à gravir les rochers pendant qu'une demi-brigade franchissait les marais, et que l’artillerie battait le cenlredela position. L’ensemble de ccs divers mouvements fut tel, que les Suisses, attaqués de front et sur les deux flancs, furent contraints de lâcher pied, afin de n’étre pas complètement détruits : leur perte fut considérable.
Combat et prise de Berne. — Le général d’Erlach tenta une cinquième fois d’arrêter les Français. Le combat cul lieu sur un plateau eu avant des portes de Berne. Les habitants , femmes , vieillards , enfants , encouragés par l’exemple du chef de l'aristocratie bernoise, l’avoycr Steiger, vieillard septuagénaire, qui , bravant le danger, se montrait au premier rang, vinrent se inèler aux combattants; la valeur des Suisses, dans cette occasion , était du désespoir, mais leur dernier effort fut inutile. Chargées sur un terrain découvert par les hussards du 7L’ et du 8* régiment , les milices inexpérimentées de d'Krlach ne purent soutenir le choc de soldats aguerris; elles furent dispersées et obligées de chercher un refuge dans la ville.
Berne, chef-lieu du canton de ce nom, est situé dans une presqu’île entourée de trois côtés par l’Aar; elle est régulièrement fortifiée sur son seul front accessible. Mais quoiqu’â l’abri d’un coup de main, elleétnit incapable d’une longue défense, cl avait tout à craindre d’un bombardement. Le désordre qui régnait parmi les Confédérés rendait, d’ailleurs, la résistance impossible. Au moment on la cavalerie deSchawembourg, tournant la ville , allait passer l’Aar à la nage et couper la retraite aux troupes bernoises, des députés s«r présentèrent au général français, demandèrent et obtinrent pour la ville la même capitulation que Soleure. Schnwmbourg, après avoir promis de respecter les personnes et les propriétés, entra â Berne le 5 mars à deux heures après midi.
Les troupes qui gardaient Laupen et Cuminen ayant été forcées â la retraite par suite de la reddition de Berne, Brune put s’avancer sans obstacles sur celle dernière ville, où il se joignit â son lieutenant dans la nuit du 5 au (>.
Les chefs de brigade Ruby et Suchet furent chargés de porter au Directoire 25 drapeaux pris aux Suisses pendant la campagne. Leur présentation sr.lrnnellc eut lieu â Paris le 18 mars. Au uombre de cts drapeaux,
s’en trouvaient plusieurs enlevés de l’arsenal de Soleure, et qui avaient été pris aux Bourguignons et aux Lorrains dans les batailles de Moral et de Nancy, perdues par Charles-le-Téméraire.
Insurrection des troupes confédérées.— Massacre de cTEriac/i. — Après la prise de Berne, l’armée confédérée se dispersa, et la plupart des soldats rentrèrent chez eux. D’autres se jetèrent armés dans les monlagues de l’Oberlaiid, et plusieurs désordres signalèrent leur retraite. Il est rare que le soldat vaincu ne cherche pas la cause de sa défaite ailleurs que dans la bravoure de ses ennemis : c’est ce qui arriva parmi les Suisses. Des soldats plébéiens n’eurent pas de peine à persuader i leurs camarades qu’ils avaient été trahis par leurs chefs patriciens. La fureur des soldats ne connut pas de bornes. Deux adjudants généraux qui ramenaient la colonne de Guininen furent massacrés. D'Erlach , en cherchant à gagner les petits cantons, fut reconnu à Munziugeu,' et mis en pièces â coups de haches et de baïonnettes.— Seul, l’avoyer Steiger parvint heureusement â se retirer en Bavière.
Effets lie la prise de Berne sur la Suisse. — L’affranchissement des Vaudois et la prise de Berne relâchèrent les liens de la Confédération , et répandirent une confusion générale dans le reste de la Suisse, où l’on n’ignorait pas les projets du Directoire, qui persistait â vouloir imposer aux treize cantons la constitution de Meugaud. Rien cependant n'était moins en harmonie avec les mœurs et les lois de la plupart des cantons, dont sept sur treize avaient un gouvernement absolument démocratique. C’était vouloir substituer pour eux, à une liberté réelle, une simple apparence de liberté, et il était difficile de supposer qu’ils acceptassent l’ échange de bonne grâce. Tous les esprits fermentèrent dès lors activement, les intérêts se croisèrent en tous sens, la désunion devint générale. Les petits cantons se rattachèrent fortement à leurs institutions démocratiques; les citoyens des villes voulaient l’égalité, ceux des capitales, leurs privilèges; tes uns se déclaraient pour l’aucicU, d’autres pour le nouveau régime, quelques-uns pour des institutions mixtes, etc. Un pouvait facilement prévoir dans ce chaos général de vœux , d’opinions et de volontés, que de nouveaux bouleversements ne tarderaient j)as à avoir lieu.
Opposition des pi’tits cantons. — Tandis que Berne se préparait à combattre pour son indépendance , des députés des cantons de Scbvvitz , d’Uri , d’Undcrwald, de Zug et de Claris, s’étaient rassemblés â Brunnen pour délibérer sur l’acceptation de la constitution offerte par Mengaud. Sainl-Gall, la Tburgovie, le Sargans et le Hhintbal avaient aussi envoyé leurs députés à cette réunion. La constitution nouvelle fut rejetée h l’unahiuiité, et l’assemblée en informa Brune par une adresse énergique où il était dit que «les petits cantons ayant depuis plusieurs siècles une république basée sur la liberté et l’égalité, et ne possédant au monde d’autres biens que leur religion et leur indépendance, d’autres richesses que leurs troupeaux, leur premier devoir était de les défendre. »
Le gouvernement français n’admit pas ces représentations, et assigna aux dissidents un délai de quinze jours pour accepter la constitution. — Les petits cantons se décidèrent à soutenir leur cause par la voie des armes, et pour premier acte d’hostilité, s’emparèrent de Lucerne, qui s’était soumise aux volontés du Directoire. Brune dirigea plusieurs colonnes, autant pour les soumettre que pour couvrir Aarau , dont ils avaient résolu de s'emparer. C’était dans cette ville que la nouvelle constitution avait été proclamée le 12 avril, dans une réunion oii se trouvaient des députés de tous 1rs cantons et des villes qui ne s’opposaient pas 1rs armes à la main, A rétablissement du nouvel ordre de choses. C’était là que tenaient leurs séances les autorités constituées de la République helvétique une et indivisible.
Révolution à Zurich. —'Au moment même de la prise de Berne, des troubles d’une autre nature avaient eu lieu dans quelques autres eantons. Les paysans et les bourgeois se disputaient l'autorité à Zurich. La guerre éclata entre la régence provisoire de Zurich et les campagnes, représentées par un comité établi à Kusnach. Ce comité, sûrd’ètrr appuyé par les Français, leva des troupes. Les deux partis furent en présence le 6, et comme on ignorait encore le sort de Renie, on tait sur le point d’en venir aux mains, lorsque arriva la nouvelle de la prise de cette ville parSehawembourg. Le zèle de la régence se refroidit aussitôt. Elle entra en pourparlers avec le comité de Kusnacb, reçut à Zurich une garnison de 1000 paysans et s'engagea , pour les besoins éventuels, à tenir sur pied un pareil nombre de bourgeois. Le pouvoir de la régence passa à un conseil formé de trois quarts de paysans et d’un quart de I bourgeois. Cet arrangement satisfît Brune et fut cause que les troupes françaises n'occupèrent pas Zurich.
Combats divers. — Reprise de Lucerne. — Cependant des troupes françaises marchèrent contre les petits cantons. Un premier engagement eut lieu sur la rivière de Beuss, au village de Mellingen. 2000 insurgés essayèrent d’y arrêter un corps de 500 français, cavalerie et infanterie. Cette affaire coûta la vie à environ 200 paysans suisses. Le couvent de Mûri, sur la route de Zug, fut pris le 29 avril, par le général .lordy, qui y trouva vingt canons abandonnés par les Suisses. Après avoir passé la Reuss le même jour, près du village de Sius, Jordy entra dans Zug , où l’on délibérait encore sur l'acceptation de la constitution. Il y désarma 3( 00 insurgés qu’il renvoya chez eux. Celte affaire lui valut 12 canons, 12 drapeaux et 6000 fusils. Le lendemain 30, le même général reprit Lucerne, dont les insurgés de Schwilz et d’Underwald s’étaient emparés, et qu’ils avaient livrée au pillage, parce qu’elle avait accepté la nouvelle constitution. D’autres affaires eurent encore lieu â Rapperswyl, Fcldbach et Bichtenswyl , où l’ennemi perdit 300 hommes. Les Français, dans toutes ces rencontres, furent constamment victorieux.
Projet de Brune. — Etablissement de la nouvelle République helvétique. — Lorsque cette opposition inattendue se manifesta en Suisse contre les intentions du Directoire français. Brune, pour l’apaiser, conçut
un projet qui fut sans résultats, mais que nous devons faire connaître , pour compléter l’histoire de ceLte époque et donner une idée de la m^nie épidémique de constituer des états, qui semblait alors commune & tous les généraux et à tous les agens français. Brune voulait partager la Suisse en trois républiques. La première , sous le nom de République rhodanique , aurait compris le pays de Vaud jusqu'à Niddau, le canton de Fribourg , le pays de Sanen, le Siebentbal, l'Oberland. le Valais et les bailliages italiens, tous pays où l’on parlait trois langues différentes. Les petits cantons auraient été organisés sous le nom de Tetlgnu , et une troisième république* nommée helvétique , se fût composée du reste de la Suisse. Ce plan, repoussé d'abord par Ochs et Laharpe, avait trouvé de nombreux partisans, entre autres le résident français à Sion, Mangourit. Il était aussi appuyé par les menées de Genève, qui espérait ainsi sauver son indépendance, et devenir la capitale de la République rhodanique.
Les Vaudois réclamèrent vivement contre l’institution de ce dernier État, mais le Directoire s’en rapports entièrement à Brune, à qui fut alors remis un pouvoirpresque discrétionnaire sur la Suisse. Brune persista dans son projet , croyant montrer assez de déférence aux Vaudois en désignant Râle et Lausanne comme capitales des républiques helvétique et rhodanique. Les petits cantons seuls ne se montrèrent pas mécontents de cette nouvelle organisation, d'après laquelle if ne devait y avoir ni confédération ni unité dans Ica trois nouveaux États, ce qui enlevait à la France le résultat qu’elle s’était promis de la substitution d’un nouveau gouvernement à l’ancien. Laharpe représenta vivement les conséquences d’un tel état de choses au Directoire, qui dès lors chargea l'ex-eonventionnel Lecarlier d’organiser constitutionnellement la Suisse, d’après les bases primitivement adoptées. Ce fut alors que Lecarlier, ayant rassemblé à Aarau les députés des cantons qui ne se trouvaient pas alors en insurrection, fît proclamer le 12 avril , comme nous l’avons dit, la nouvelle République helvétique , reconnue dès sa création par. les députés des dix principaux cantons : Argovie, Bille, Berne, Fribourg, Léman, Lucerne , Oberland, Schaff bouse, Soleure et Zurich.
Réunion de Genève à la France. — Genève , depuis la Bq de 1797, était comme dans un état de blocus. Elle avait cessé d'avoir des- relations avec la Suisse lors de l’entrée des Français dans le pays de Vaud, et un arrêté du Directoire lui interdisait toute communication avec la France. Le résident Félix Desportes ne cessait d’engager les habitants à demander leur réunion à la République française; la famioe devait même bientôt les y I contraindre. D’après cela , on comprend facilement * comment les autorités de Genève s’étaient montrées si favorablement disposées pour le projet d? Brune. Genève espérait rester libre, et peut-être même s’agrandir.
Enfin, le 12 avril, après la proclamation de la nouvelle constitution suisse, elle perdit toute illusion sur le sort qui l'attendait. Une partie de la bourgeoisie se décida à solliciter la réunion à la France, devenue inévitable, mais la commission chargée d’examiner le projet de
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réunion ayant été choisie parmi les patriciens, ce projet fut unanimement rejeté. Le Directoire irtité ordonna au général Gtfard de prendre possession de la ville avec 1500 hommes. Le sénat ht alors par crainte ce qu'il avait d'abord refusé de faire de bonne volonté, et le serment de fidélité â la France fut prélé te 28 avril.
/ns ur réel ion du Valais. — Une insurrection éclata en mai dans le Haut -Valais et .s’annonça d'une manière grave. L’agent français Mangouril fut obligé de quitter Sion,où il était menacé. Le général Lorge s’avança contre les insurgés avec une colonne d'infanterie et de cavalerie. Chassés des positions qu’ils occupaient derrière la Morge, torrent profond et rapide, les Valaisans se réfugièrent dans Sion, oh ils se renfermèrent et arborèrent le drapeau blanc. Un peloton de hussards s’élaut avancé vers une des portes, il partit des remparts une décharge de mousquelerie qui tua un officier et plusieurs hussards. Cet acie, considéré comme une tra- • hison, porta au dernier point la fureur des soldats français, qui, ayant escaladé les murs de la ville, y massacrèrent 7 a 800 insurgés. La ville fut mise au pillage pendant six heures.— Le chef de bataillon Montferral, de la 16* légère, poursuivit un détachement ennemi dans des rochers presque inaccessibles, vers les sources de la Morge-, les soldats de son bataillon furent presque tous blessés, tant par la fusillade des Valaisans, que par les quartiers de roc que ces derniers faisaient rouler sur eux. Les insurgés n’en furent pas moins enfoncés et repoussés jusqu’ao-deUr de Leuib. — Le» Français eurent, dans ces deux affaires, un grand nombre de tués et de blessés. La prise de Sion les rendit maîtres de sept drapeaux et ckvhuit pièces de canon.
Nouveaux trotrbles dans les petits cantons. — Pacification de ta Saisie. — Le» troubles commençaient A s’apaiser en Suisse, vers I» fia de septembre, et les divers cantons s'étaient résignés à subir la loi impérieuse de la force, lorsque la prestation d'un serment civique , demandée par le nouveau gouvernement helvétique , devint la cause d’un renouvellement <F hostilités. Quoique plusieurs vitlet et bourgs des cantons de Zurich, de Lucerne, de Zug, de Schwitz , et une partie
de celui d’Utiderwirtd se fussent également déclarés contre la mesure proposée, le poids de la nouvel leguerre’ retomba sut le canton de Schwitz seul, et les combat* qui furent alors livrés eurent pour principal théâtre des lieu* déjà1 fameux dan* les annales militaires du pays, entre autres la plaine de Mofgarten, célèbre par une des plus grandes batailles livrées entre les Autrichiens et les Suisses, et le défilé de Kusnach, plus mémorable encore par la rencontre de Guillaume Tell avec Gessler, et la mort de ce dernier.
Mais cette fois la fortune ne se montra pas favorable aux Suisses. Le général Aloys-Reding, officier distingué qui sortait du service capitulé espagnol, commandait la petite armée des insurgés; il échoua dans toutes les rencontres , et notamment à Morgarten. Ses soldats, malgré la plus intrépide bravoure, furent successivement repoussés de tous les postes qu’ils avaient voulu défendre. Le général Schaweinbourg \ ne pouvant refuser son admiration à un courage si constamment malheureux, proposa aux insurgés, réunis dans la viUo de Schwitz, une capitulation qui ne blessait pas leur fierté patriotique. Ceux-ci étaient dignes encore , par leur exaltation, de descendre de ces fiers bergers de» monts Appenzel qui donnèrent la liberté a la Suisse. Quelques chefs furent d'avis de mourir tes armes à la main , et peu s’en fallut que leur exemple n’entra In.U le conseil. Mais un prêtre parvint A faire prévaloir une décisiou moins héroïque et plus sage. Le canton de Schwitz , dont la résolution décida celle des autres r accepta la capitulation offerte par Schawembourg.
La Suisse fut dès lors pacifiée; mais l'organisation de la nouvelle République, faite par Lecarlier, avait convaincu les patriotes eux-mêmes que l'indépendant* de leur patrie était perdue, et qu’elle serait A l’avenir tenue sous la tutelle d’auxiliaires étrangers, comme le* républiques batave et cisalpine. H* fie s’étaient pas trompés ; leur pays eut en outre ù supporter les concussions et les vexation» de» agents do1 Directoire. La France y perdit; au lien d'allié» fidèle», elle eut de» clients mécontents et disposé» i profiter de ses premier# désastres pour recouvrer leur indépendance.
1 Ce générât renaît dp remplacer dans le cotti ma ndtrftenl on Ae# Brune . qui H ail pari* pour Iliade où il detail commander l'armé» destinée a rater dam la République Usalpur.
RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE
15 DÉos.jtFRE. Occupation de rhrguel.
2? mit* im. insurrection do pays do Vaud. — F.utrée do» Fran ça» en Su bar.
28 — Affaire de Thieren».
Ie r iui Frise de Solaire etd» F riboorg. — Occupation de Moral.
S — Prise de Beène.
12 Avait. Proclamntwn de la République helvétique.
27 — Prise de Zug.
28 — Réunion de Génère à la France.
30 — Reprise de Lucerne.
■ai. Insurrection du Valais. — Frise de Sion.
22 SEPTEHS&E. Combat de Siantz. — Capitulation de Scliwilz.
A. HUGO
On souscrit ch «a bkLLOYS , éditeur, place de b Bourse , rue des fillcs-Saioi- Thomas , 13.
Pari». -» Imprimerie et Fonderie de Rjüwoox et C*. rue des , &