‹ France MilitaireChapitre 54 sur 62 · PRISE DE MALTE. — DÉBARQUEMENT. - PRISE D’ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

PRISE DE MALTE. — DÉBARQUEMENT. - PRISE D’ALEXANDRIE

SOHMAIRt

Motif» de l'Expédition. — DiicuuiorU avec le Directoire. — Prirmtift. — Arrivée de Bonaparte à Toulon. — Allocution aux troupe» — Lettre aux couuntMioni militaire». — Départ Ce U Butte — rruclaui.tituu à l'armée. — Prwe de Malte. — Départ de Malte. — Arrivée «ur la côte d'Égypte. — Prodainalkm A l’armée . — Lettre au Pacha d'Égypte. - Ik tMrqik'nit ni. — Armée tfOneuL- Alexandrie. — Pn*e d'Alexandrie. — l'ructamaüon aux Égyptien*.— Deacriptwa de l'Égypte.— Mamcluok».— Turcs ou Ottoman».— Arabe*.— Le» Cheikhs.— Les cultivateur» et Fellahs. — Les Bédouins. — Copine». ,

, acmés ooaiK>r. ' fl mamelccils.

Général en chef. — Bonafauts. K Bejrt. — Mw a ad. — Imumk.

Motifs de t expédition. — «Le» grandes réputations ne se font qu'en Orient; l’Europe est trop petite.» Os paroles que Bonaparte répétait souvent, durant les négociations de Gampo-Formio, prouvent que dés lors il pensait à la campagne d’Égypte; ses proclamations aux soldats, où il parle de l'Orient et de campagnes au-delà des mers, ainsi que sa corrhtpondance avec le Directoire, en font foi. — Il écrivait au gouvernement, le IG août 1797 : «Les temps ne sont pas éloignés où nous sentirous que, pour détruire véritablement l'Angleterre, U faut nous emparer de l’Égypte. Le vaste empire Ottoman , qui périt tous les jours, nous met dans l’obligation de penser de boune heure à prendre des moyens pour conserver notre commerce du Levant.» — Une autre de ses lettres, adressée, le IG septembre suivant, au ministre des relations extérieures, est encore plus explicite : ou y trouve non-seulement le projet sur l'Égypte , mais encore celui de prendre Malte : «Pourquoi ne nous emparerions-nous pas de nie de Malle? L’amiral Brueys pourrait très bien mouiller là et s’en emparer : 400 chevaliers et au plus uu régiment de 500 hommes sont la seule garde qu’ait la ville de la Valette Les habitants, qui montent à plus de 100,000, sont très portés pour nous, et fort dégoûtés de leurs chevaliers qui ne peuveut plus vivre et meurent de faim ; je leur ai fait exprès confisquer tous leurs biens en Italie. Avec l’Ile de Saint-Pierre, que nous a cédée le roi de Sardaigne, Malte, Corfou, nous serons maîtres de toute la Médilérannée. — S'il arrivait qu'à notre paix avec l’Angleterre nous fussions obligés de céder le cap de Bonne-Espérance, il faudrait alors nous emparer de l’Égypte. Ce pays n’a jamais appartenu à une nation européenne; les Vénitiens seuls y ont une prépondérance précaire. On pourrait partir d'ici avec 23.000 hommes, escortés par huit ou dix bâtiments de ligne ou frégates vénitiennes, et s’en emparer. — L’Égypte n'appartient pas au Grand-Seigneur...» — D’ailleurs le projet de conquérir l'Égypte n’était pas nouveau , ainsi qu'on l’a très bien fait remarquer. Les grands génies qui ont regardé la carte du monde ont tous pensé à l’Égypte. Avant Bonaparte, on en peut citer deux . Albuquerque et Leibnitz. Après la découverte de la route de l’Inde par le cap de Bonne-Espérance , Albuquerque avait senti que les Portugais avaient à craindre qu’on ne tentât de les dépouiller du grand commerce de l’Orient , en ouvrant par le Nil une t. u.

i communication entre la Méditerranée et la mer Rouge, | et il eut l’idée gigautesque de détourner le cours de ce ! fleuve , avaut son entrée en Égypte, et de le jeter dans la mer Rouge; mais c’eût été une vaine prévoyance. L’exécution de ce projet aurait été achevée d’abord au profit des Hollandais, et plus tard , à celui des Anglais.—Dans le xvue siècle, Leibnitz, dont l'esprit embrassait toutes choses , adressa à Louis XIV un mémoire , vrai monument de raison et d'éloquence politiques. Le roi voulait envahir la Hollande. — «Sire, lui dit Leibnitz, ce n'est pas chez eux que vous pourrez vaincre ces républicains; vous ne franchirez pas leurs digues , et vous rangerez toute l’Europe de leur côté. C'est en Égypte qu’il faut les frapper. Là , se trouve la véritable route du commerce de l'iude; vous enlèverez ce commerce aux Hollandais, vous assurerez l’éternelle domination de la France dans le Levant, vous réjouirez toute la chrétienté, vous remplirez le monde d’étonnement et d’admiration : l’Europe vous applaudira, au lieu de se liguer contre vous.» Ces grandes peusées, négligées par Louis XIV, remplissaient la tête du jeune général , vainqueur de l’Autriche et libérateur de l’Italie. — En effet. Il n’est pas difficile de deviner comment Bonaparte fut d'abord amené à s'occuper de l'Égypte. — En rencontrant, dans toutes les hostilités dirigées contre la France, les instigations, les intrigues et l’or du cabinet britannique, il avait compris que l'Angleterre, placée par sa position insulaire hors de l’atteinte de nos armées, était la seule ennemie que la République française ne pût pas espérer de réduire promptement. — Quant aux puissances continentales, il s'en inquiétait moins. Des fleuves profonds, des places fortes et des chaînes de montagnes n’éuient pas des obstacles à arrêter l'impétuosité française. Le grand capitaine pressentait qu’avec lui nos soldats trouveraient la roule de toutes les capitales de l'Europe. Mais pour accabler ('Angleterre, une marine formidable était nécessaire, et la République n’avait qu’un petit nombre de bâtiments de guerre. Des victoires | s'improvisent, comme le prouveut les mémorables campagnes d'Italie; il faut du temps, des ouvriers et ! de l’argent pour créer des vaisseaux. Mais que sont des vaisseaux sans des équipages expérimentés? Et pour former des matelots, il faut de longues navigations sous le soleil ardent de l’équateur et à travers les glaces éternelles du pôle, uue lutte de plusieurs aimées

avec le* fatigue* delà vie de bord et avec les orage* de , «'entendre avec elle, que le continent n 'éclaterait pas

de sitôt. Il ajoutait qu’avant l'hiver il étail impossible de débarquer en Angleterre, que d'ailleurs elle était trop avertie, que l’entreprise d'Egypte, au contraire, étant tout à fait imprévue, ne rencontrerait pasd'obpour son commerce, sa ricbesseetsa prospérité.— L'Inde, stades, que quelques moi* suffiraient pour l'établissedepuis l’insurrection des Etats-Unis d’Amérique, était ment des Français, qu'il reviendrait de sa personne en la seule grande colonie appartenant aux Anglais ; et automne pour effectuer la descente en Angleterre, que cette colonie ruinée ou prise, l’Angleterre, réduite le temps serait alors favorable, que l'Angleterre aurait A l'impuissance, ne devait pas tarder à demander la envoyé dans l’Inde une partie de sa flotte, et qu'on paix. ^ rencontrerait bien moins d'obstacles pour aborder sur

Bonaparte, en s'emparant de l'Égypte, avait le pro- ses rivages. Il parlait aussi de Malte, qu'il eulèverait en jet d'y établir une colonie française, qui aurait rem- passant et qu’il assurerait A la France.* — Les discuta placé les colonies américaines, perdues pour la Répu- sions furent très vives; Bonaparte, dans un mouveblique. Cette colonie aurait en outre servi de base à ses ment d’impatience, prononça le mot démission. — opérations contre l'Inde anglaise; delà serait partie l’ar- «Je suis loin de vouloir qu'on vous la donne, s’écria niée qui, réunie dans le Bengale aux soldais du sultan de «Laréveillère avec fermeté, mais si vous l’offres, je Mysore, Tippoo-Saéb, ennemi acharnée de la puissance «suis d’avis qu’on l’accepte.* Bonaparte n’iusista pas. britannique, devait abattre le colossal empire édifié • ■ ■

par les marchands de Londres. — La possession de la Préparatifs.— Le Directoire, vaincu par les instances Corse, des lies Ioniennes, de Malte et de Candie, devait et par les raisons de Bonaparte, consentit enfin A l’exdonner à la France l'empire de la Méditerranée, dont pédition proposée. — Le plus grand secret était néces- Napoléon, devenu empereur, a eu si long- temps la saire pour que l’Angleterre ne fût pas informée de la belle pensée de faire le lac Français. —Le rétablissement destination de l'armée, qui dut se réunir A Toulon. Peu du canal de Sésostris A travers l'isthme de Suez, en de personnes furent mises dans la confidence. On ne se réunissant les eaux du golfe de Syrie A celles de la mer servit pas de la plume des secrétaires. Merlin , prési- Rouge, aurait ouvert à nos vaisseaux la roule directe dent du Directoire , écrivit l’ordre de sa main, et Corde l’Asie méridionale , et assuré en quelque sorte A dre même ne désignait pas la nature de l'entreprise, notre industrie le monopole du commerce du monde Bonaparte travailla jour et nuit avec une activité sans — La réussite de l’expédition d'Égypte devait être pour égale A l’exécution de soq projet. Ce fut lui qui orgala France une source de richesse et de puissance. nisa tout. Il choisit l«*s généraux, indiqua les troupes

Au commencement de l’année 1798, Bonaparte avait qui devaient faire partie de l'armée, les lieux et les arété nommé au commandement de l'armée d'Angleterre, senaux d'où il fallait tirer l’artillerie et 1rs munitions armée qui n’existait pas encore. Il visita les ports et de guerre. Il connaissait déjà les ressources militaires 1rs côtes du nord de la France. Cet examen confirma dû la France, mieux que le ministre de la guerre. Son sa conviction que l'Angleterre ne pouvait pas encore génie embrassait A la fois l'ensemble et les détails. Il être attaquée de ce côté. dictait et rédigeait tous les ordres, toutes les inslruc*

- — ■■ — liops relatives A l’expédition. Ces ordres se succédaient

Discussions avec le Directoire. — Nous avons déjA avecunerapiditéextraordinaire. Ils parcouraient comme eu occasion de signaler combien , en toute ocrasion, l'éclair la ligne de Civita-Vecchia à Touloo. Bonaparte Thier* se montre favorable A l’administration direc- donnait aux uns. avec une admirable précision, rendexlorisle. — S’il faut eucore ajouter foi â cet historien , vous devant Malte; A d’autres, devant Alexandrie. Les le Directoire , qu’on a accusé d’avoir voulu se débar- instructions et les ordres étaient rédigés et copiés dans rasser do Bonaparte, faisait au contraire de grandes son cabinet, tjuand il avait besoin de la signature des objections contre le projet d’expédition en Égypte. La- chefs du gouvernement, il allait lui-même trouver un réveil lère-Lépeaux surtout était obstiné A le combattre, de* Directeurs, afin d’éviter les lenteurs et le* retards de «Il disait qu’on allait expoapr 30 ou 40,000 soldats d é- la voie administrative. Celte activité porta ses fruit*, lîte, les commettre au hasard d’une bataille navale, se En moins de deux mois, l’armée d Orient fut prête A priver du meilleur général , de celui que l'Autriche partir.

redoutait le plus, dans un moment où le continent n’é- L’Angleterre, cependant, éprouvait de vives inquiétait pas encore pacifié , et où la création des républi- tudes. &le n’ignorait pas le» préparatifs de l’expédition , que* nouvelles avait excité de violents ressentiments; mai* incertaine du point où elle serait attaquée, elle que de plus, on allait peut-être exciler la Porte à pren- crut agir avec prudence en rassemblant sous sa main dre Us armes, en envahissant une de ses provinces.*— •» Plu® grande partie de ses forces, et laissa ainsi la Bonaparte avait réponse à tout. « Il disait que rien n’était Méditerranée ouverte aux flottes françaises qui s’y trouplus facile que d'échapper aux Anglais , en les laissant vaient en armement. Une flotte anglaise de trente vaindans l'ignorance du projet; que la France, avec 400,000 seaux stationnait devant Cadix , et celte flotte entretesoldats, n’en était pas A dépendre de 40.000 hommes nail seulement dans la Méditerranée une escadre légère de plus; que la Porte avait perdu l'Egypte depuis aux ordres de Nelson , pour surveiller les côtes d’Espalong- temps par l’usurpation des Mamclucks, qu’elle ver- g<* et de Provence, rail avec plaisir la France les punir, qu’on pourrait - -

la mer. Bonaparte pensait donc qu’il n’était possible d’obliger l’Angleterre A respecter le repos de l'Europe et A traiter elle-même avec la République, qu’en l’attaquant dans ses possessions des Indes, si importantes

Arrivée de Bonaparte 4 Toulon. — Allocution aux troupes. — Le général en chef arriva, le 8 mai , a Toulon, où il était attendu avec impatience par les troupes qui avaient craint qu'il ne commandât pat l'expédition. Il fut accueilli par les cria de : Tlvt Bonaparte! Il pasia le lendemain une revue générale, et adressa aux troupes celle harangue qui électrisa l'armée : aOfficiera et soldats! Il y a deux ans que je vins vous commander. K celle époque , vous étiez dans la rivière de Gènes, dans la plus grande misère, manquant de tout , ayant sacrifié jusqu’à vos montres pour votre subsistance. Je vous promis de faire cesser vos misères; je

vous conduisis en Italie; la, lout vous fut accordé

Ne vous ai-je pas tenu parole ?»

Ici un cri général se fit entendre : « Oui/»

«Eh bien ! apprenez que vous n’avez pas encore assez fait pour la patrie, et que la patrie n’a pas encore assez fait pour vous. — Je vais actuellement vous mener dans un pays on, par vos exploits futurs, vous surpasserez ceux qui étonnent aujourd’hui vos admirateurs, et vous rendrez a la patrie les services qu’elle a droit d’attendre d’une armée d’invincibles. — Je promets à chaque soldat, qu’au retour de celte expédition, il aura â sa déposition de quoi acheter six arpents de terre.— Vous allez courir de nouveaux dangers, vous les parttgerez avec nos frères les marins; celte trme, jusqu’ici, ne s’est pas rendue redoutable à nos ennemis ; scs exploits n’ont point égaié les vôtres; les occasions lui ont manqué, mais le courage des marins est égal au vôtre. Leur volonté est celle de triompher, ils y parviendront avec vous. - Communiquez-leur cet esprit invincible qui, partout , vous rendit victorieux ; secondez leurs efforts : vivez A bord dans cette bonne intelligence qui caractérise tes hommes voués à la même caus \ Ils ont, comme vous, acquis des droits A la reconnaissance nationale dans l’art difficile de la marine. — Habituez-vous aux manœuvres de bord ; devenez la terreur de nos ennemis de terre et de mer; imitez en cela les soldats romains, qui surent A la fois battre Carthage en plaine, et les Carthaginois sur leurs flottes1.»

Lettre aux commissions militaires. — L’arrivée du générai en chef imprima une uouvelle activité aux préparatifs de départ, mais les vents contraires retinrent encore durant dix jours la flotte dans la rade. — Pendant le séjour forcé à Toulon , et avant de quitter

• Il paraît que le ton du relie allocution effaroucha la twceptiUlitl mftiruk-u** du Directoire; car te Moniteur qui Tarait publiée, le 2 prainal (21 mai' ,"éle*a le lendemain de* doulo *ur cou authenticité. Le Rédacteur, journal officiel , la déclara apocryphe , mai* seulement le S ,24 niau , cinq jours après le départ de la (tulle.

« Nous finies connaître, H y a quelques Jours, dit te Moniteur du 6 . une proclamation que l'uo attribuait au général Bonaparte , parce que nous la iromAmes mtCrve daus plusieurs journaux. Ce n'est qu’à regret que nous nous décidâmes S la publier. Elle ne nous parut Bi assez réfléchie, ni Atsut élevée pour dire l'ouvrage du vainqueur de l'Ilalif. Nuits «von* aujourd’hui la preuve que rétif harangue, qui a lout te caractère de celtes que les chefs de factieux, maiires de ta Convention , faisaient du haut de ta tribune à ta foule égarée, dans fa fameuse journée du 1*‘ prairial an fit; ootis avons, disons nous, la preuve que relie harangue r*l fausse • Os a pu juger par le ton de l'a! locution . al elle mérita le dédain avec lequel en parle te Moniteur. Thibiudeau, dans son Histoire de ftapotéon , fait , A ce sujet , les réflexions turvan les : «Tout porte A

la France , Bonaparte eut le bonheur de sauver de malheureux vieillard* que les lois sur les émigrés, exécutées A Toulon avec la plus grande rigueur, menaçaient de mort. Il savait que la France avait besoin d’ordre et de conciliation ; et il u’iguorait pas que la clémence est le plus sùr moyen d’opérer la fusion des partis, et de cicatriser le* plaies des révolutions. — Voici la lettre qu’il écrivit A ce sujet, le 16 mai, aux commissions militaires de la 9* division. Celte lettre causa dans l’armée une satisfaction inexprimable. — Le ton impératif qui y règne n’étoona personne, c’était celui d'un général en chef :

«J’ai appris, citoyens, avec la plus grande douleur, que des vieillards Agés de 70 A 80 ans , de misérables femmes enceintes, ou environnées d’enfana en bas-âge, avaient élé fusillés comme prévenus d’émigration. — Les soldats de la liberté seraienl-iiK donc devenus des bourreaux P La pitié qu’ils ont portée jusqu’au milieu des combats serait-elle donc morte dan* leurs cœurs?

— La loi du 19 fructidor a élé une mesure de salut public. Son intention a été d'atteindre 1rs conspirateurs, et non de misérables femmes et des vieillards caducs.

— Je vous exhorte donc, citoyens, toutes les fois que la loi présentera à votre tribunal des vieillards de plus de 60 ans, ou des femmes, de déclarer qu'au milieu des combats vous avez respecté les vieillards et lea femmes de vos ennemis. — Le militaire qui signe une seulence de mort contre une personne incapable de porter les armes, est un iAche.»

Départ de la flotte.— Proclamation à l'armée.— Enfin, le 30 floréal an VI, (19 mai 1798), les vents étant favorables, la flotte se trouva prête A mettre A la voile ; elle était composée de treize vaisseaux de ligne, dont Un de cent-vingt canons ( POrient , que montait le général en chef), deux de quatre-vingt, et dix de soixante-quatorze canons ; de deux vaisseaux vénitiens de soixante-quatre [le Ouïsse et le Dubois ), armés en flûtes; de bull frégates vénitiennes, armées en flûtes ; de deux bricks , de cutters , avisos, chaloupes canonnières, et autres petits bâtiments de guerre au nombre de solxautc-douze. On y comptait environ quatre cents bâtiments de transport, divisés en trots convois *, et on évaluait ft 10,000 hommes, le total des gens de mer. La flotte était commandée par le vice-amiral Brueys , ayant sous scs ordres les contre-

crolre . au contraire , que Bonaparte avait tenu A sou année relie allocution qui , i erte* , ne manquait ni de réflexion , ui d'éloquence ; nui* le Directoire fui pro.abVmr ni mécontent de celle phraae : «Je

• promet* A chaque auldat , qu'au retour de 1'eipédition, il aura à yi

• déposition de quoi acheter six arprnls «le terre. • Celle promené semblait faire alluiioa au milliard qui avait été promit A t'armée, cl que rappela »nt toujours A U tribune des orateur* de bonne fol . ou qui voulaient se populariser aux dépens du Directoire. Ainsi le général Jourdan , quelques jour* auparavant , avait eurorc proposé au roosed des Cinq Crula, ua moyeu d'ocqiMllcr urile Utile envers l'armée. » — Ce qui , A noire avis , semble encore ni hui prouver que «Ile allocution a •»« rfdk-meni prononcée i*r Bonaparte, c'est «a prodamaliou du JÛ floréal « 19 mai ) . «dcrttfe à l'Arme* au moment du rembarquement , et qui renferme un partie le* méuics idée* et presque lu* uiètuc* paroles.

‘ Le* vaisseaux de guerre « 141 bAHments de transport* partirent de Toulon, 1rs auirv* convois de Wuimcui» du transport sortirent de Géiu» cl de Cmu Veucfcu.

amiraux Villeneuve . Blanquet , Duchayla et Decrès , et pour chef d'étal-major, le chef de division Gantbeaume; le chef de division Dumanoir le Peley, commandai' les bâtiments de transport.

L'armée de terre embarquée s’élevait à environ 36,000 hommes de toutes armes. Les généraux *él aient illustrés par leurs exploits en Allemagne et en Italie; c’étaient Kléber Desaix, Berthier, Reynier, Bon, Vaubois, Menou, Lannes, Rampcn, Dumas, Murat, Lanusse , And réossv , I)a voust , Bel I iard , etc. Sucy était commissaire ordonnateur en chef, Eslève payeur général , et Poussitlgue contrôleur général. Le service de santé était placé sous la direction de Desgenettes et de Larrey. Les cavaliers, au nombre de 2.820, avaient été choisis parmi 1rs chasseurs , les hussards et les dragons. Ils n’emmenaient avec eux que 300 chevaux ; on comptait pour les monter sur ceux des Arabes et des Mamelucks. Ce qui donnait un caractère particulier à cette expédition, c’était le nombre copsidérable de savants, d’ingénieurs et d'artistes attachés à l’armée, on n'en comptait pas moins de cent. Les uns étaient des membres de l'Institut national, les autres, des hommes déjà distingués dans les sciences et dans les arts, etc., dont les noms devenus illustres, attestent la sagacité de Bonaparte et son remarquable discernement pour distinguer, choisir et employer les hommes.

Bonaparte, sentant le besoin d’avoir d'habiles interprètes pour établir et entretenir des relations avec les habitants de l’Égypte, avait fait attacher â l’armée cinq des meilleurs élèves de l’école des langues orientales, Raige, Bclletête, Chézy, Laporte et Jaubert. L’ancien consul français au Kaire, Magallon, Vcnture employé aux relations extérieures , et Panuzen , interprète, y furent également attachés. Il voulut avoir Peyron , qui avait été agent du gouvernement royal auprès de Tippoo-Saéb, et qu’il espérait faire passer aux Indes pour y renouer les anciens traités. Les savants et les artistes qu’il demanda et qui furent désignés étaient Rangés, Duc-la-Cbapelle, astronomes; Costaz , Fourier , Monge , Molard , géomètres; Conté , chef de bataillon (tes aérostiers; Thouin, Geoffroy , Delille , naturalistes ; Dolomieu , minéralogiste ; Berlbollet, chimiste; Dupuis, antiquaire; Dm on, dessinateur ; Suard, Lepère (Gratien), Uancrct. Lefebvre, Chézy , ingénieurs des ponts et chaussées; etc. Leurs places en France devaient leur être conservées; il leur était alloué une indemnité de roule et un traitement extraordinaire. Monge était A Home; Bona-

* Klfbcr, tombé dan» b di*#rA«- du Don-loir** , pour lequel il afftrhait k- plu* profond méprit , était «in» arimté , tl Tirait retiré A Chailtol , arec *on ami Moreau. Jaloux de *e l'attacher, Bonaparte lui proposa île faire partie de l'expédition contre l'Angleterre. — «Je le Youdrai* bien . répondit Kléber ; mai» »i Je le demande , le* arorat* (c’ctt atnai qu’il appelait le Directoire) me le réfuteront. — Je m'en charge. — Kh bien ' ti you» jetez un brûlot *nr la Tamise, mettez Kléber drdan», tou» Terrez ee qn'il tait faire.» - Bonaparte le demanda au Directoire, qui *ai«it itcc empreMement l'occasion il'Ooi gner nn général frondeur et difficile A réduire. — Rempli d'admira tion pour la gloire militaire de Bona parle . mai* peu ronflant dan* te» prinriprt politiques, en quittant Tari», Rkbrr, A ee que prétend Thibaudrau , dit dan» tou rynitme énergique : -Je fui» pour voir ce que rc pelit b... ..-IA a dan» le ventre.* — Bonaparte lui donna , au moment de rembarquement , le commandement d'une divition.

parte, qui avait de l'amitié pour lui, lui ér ri vil: «Nous avons un tiers de l’Institut et des instrumeots de toute espèce, .le compte sur l'imprimerie arabe de la Propagande et sur vous, dussé-jc remonter le Tibre avec l’escadre pour vous prendre.#— L’imprimerie nationale française fournit aussi son contingent à l'expédition. Bonaparte demanda tous les caractères arabes et grecs qui y existaient, et des caractères français pour trois presses. Marcel, directeur de l'imprimerie, accompagna l'armée. — On embarqua â Gènes les ingénieurs géographes, et les ingénieurs des ponts et chaussées attachés A l’armée d'Italie. Ce fut un recrutement important pour les recherches et les travaux scientifiques.

A quatre heures de l'après midi et par un beau soleil, la flotte mit A la voile. — Le Général en chef avait fait distribuer A bord de tous les vaisseaux cette proclamation A l’armée :

«Soldats ! Vous êtes une des ailes de l’armée d’Angleterre. Vous avez fait la guerre de montagnes, de plaines, de sièges; il vous reste à faire la guerre maritime.— Les légions romaines que vous avez quelquefois imitées , mais pas encore égalées , combattaient Carthage tour à tour sur celle même mer et atrx plaines de Zama. La victoire ne les abandonna jamais, parce que constamment elles furent braves, patientes A supporter la fatigue, disciplinées et unies entre elles. —Soldats ! l'Europe a les yeux sur vous! Vous avez de grandes destinées à remplir, de* batailles à livrer, des dangers, des fatigues A vaincre; vous ferez plus que vous n’avez fait pour la prospérité de la patrie, je bonheur des hommes, et votre propre gloire.— Soldats, matelots, fantassins, canonniers, cavaliers, soyez unis; souvenez-vous que, le jour d’une bataille, vous avez besoin les un* des autres. — Soldats , matelots, vous avez été jusqu’ici négligés; aujourd'hui , la plu* grande sollicitude de la République est pour vous ; vous serez dignes de l'armée dont vous faites partie. — Le génie de la liberté, qui a rendu, dès sa naissance , la République arbitre de l'Europe, veut qu’elle le soit des mers et des nations les plus lointaines.#

Prise de Malte. — Les prétexte* ne manquaient pas pour justifier les hostilités contre Malte.— Un lit dans le Journal du siège et bfocus de Malte , par le président Bosredon-Ranséj.it , que les Anglais avaient reçu «lu Grand-Maître l'autorisation de faire A Malte uue levée de matelots. Après la conquête de la Corse, ils avaient obtenu vingt cinq millier* de poudre du gouvernement maltais, ce qui était d'autant plus hosli le envers la France, que l’ordre ne possédant rien en Angleterre, pouvait, sans inconvénient pour *es intérêts, conserver une stricte neutralité, lorsque l’Espagne s’était unie A la coalisation européenne, le Grand-Maître lui avait fburnt quatre mille fusils et laissé la faculté de recruter des matelots dans l’Ile. Plusieurs armements d’émigrés contre la France avaient eu liru publiquement A Malle. Enfin l’ordre de Malte venait, par une singulière mesure, de se mettre sous la protection du czar Paful lrr, et la lettre que cet empereur envoyait ou Grand-Maître pour annoocer son acceptation , avait

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été arrêtée en Italie par un parti français et remise au général Bonaparte.

La traversée de Toulon jusqu'à Malle fut favorisée par les vents : le 6 juin au matin, l'avant-garde de l’armée navale parut au nord-ouest de l’tlc, ofi elle rallia le convoi parti de Civita-Vecchia et composé de soixante-dix bâtiments. La division resta trois jours en panne, jusqu’à ce qu'elle eût été rejointe par le reste de la flotte; le 9, cette flotte immense fit un mouvement vers les côtes, s'étendant de. l'tlc de Goze A Marsa-Sirocco , et menaçant à la fois tous les points attaquables. — A fin de sonder les dispositions des chevaliers et des Maltais, Bonaparte envoya un de ses aides de camp au Grand-Maître, Ferdinand de Hompesch, pour lui demander l’entrée du port et des mouillages.— Le Grand-Maître consulta le conseil de l’ordre et répondit : Que la demande du général français devait être exposée par écrit; qu’en tout cas les lois et les statuts de l'ordre ne permettaient pas à plus de quatre vaisseaux étrangers d'entrer A la fois dans les ports de Malte et de ses dépendances; que l'ordre protestait de nouveau de son amitié envers la République Française.

Le consul Français, chargé de la réponse du conseil, se rendit à bord de P Orient; là il remit au général, avec la lettre du Grand-Maître, la liste des chevaliers et des habitants Maltais qui avaient pris l’engagement secret de favoriser les tentatives de la flotte. Ces partisans de la France ou de l’indépendance maltaise s'élevaient, dit-on, à plus de 4.000. Le consul passa la nuit à bord de l'Orient ; le lendemain , au point du jour, il écrivit au Grand-Maître : Que la réponse du conseil de Malle était aux yeux du général Bonaparte une déclaration de guerre ; que les Français en avaient conçu d'autant plus de ressentiment, que personne n’ignorait la conduite partiale de l’Ordre en faveur des Anglais; que le général était décidé à recourir à la force.— Aussitôt, en effet, Bonaparte ordonnai l'amiral Brueys de se préparer à l’attaque des forts qui protègent l’entrée du port la Valette, et fit commencer A quatre heures du matin le débarquement sur sept points différents des Iles de Malle et de Goze. Les troupes s’emparèrent sans effort de l’Ile de Goze et des batteries de Ma r&a -Sirocco. Les divisions Vaubois et Lannt-s prirent terre près de Malle. Le baiili Tommassi essaya en vain de défendre les retranchements de Niciar. Abandonné du petit nombre de milices qu’il avait rassemblées, tourné par deux compagnies de carabiniers, il faillit être fait prisonnier et eut de la peine A rentrer dans la ville. A neuf heures, le général Vaubois prit possession de la cité vieille, située au centre de l’Ilc et qui ouvrit ses portes sans attendre qu’on eût tiré un coup de fusil. A dix heures, la campagne et tous les forts de la côte étaient au pouvoir des Français.

Pendant la nuit, à la clarté des feux allumés dans la ville , on put voir, du haut des vaisseaux . l'agitation qui régnait parmi les assiégés. La populace mutinée s’assembla eu tumulte autour du lieu où se tenait le conseil ; des cris menaçants se firent entendre ; le Grand-Maître fut sommé de capituler, et s’y dut

résigner pour éviter des malheurs plus grands. En conséquence, le feu des forts cessa, et on envoya A Bonaparte des négociateurs pour traiter de la reddition de la place. A la tête de la députation se trouvait le commandeur Bosredon-Ranséjat, de la languç française , qui , la veille , avait été jeté dans un cachot pour avoir refusé de s'armer contre les Français : a Nous avons dit-il, prêté serment de combattre les Turcs, mais non pas de porter les armes contre nos frères.» Son exemple n’avait point été imité par tous les chevaliers de la même langue; plusieurs furent pris dans les forts, les armes A la main. Bonaparte les fit rrlAcher en leur disant avec sévérité : « Puisque vous avez pu prendre les armes contre votre patrie, vous auriez dû savoir mourir; allez, retournez dans Malle, tandis qu’elle ne m’appartient pas encore, je ne veux point de vous pour mes prisonniers.»

Le 12 juin, fut conclue et signée une convention , par laquelle les chevaliers cédèrent tous leurs droits de souveraineté sur les Iles de Malte, de Goze et de Cumino A la République française, qui promit en dédommagement au Grand-Maître une principauté en Allemagne, et en attendant l’exécution de cette promesse , s’obligea A lui payer une pension annuelle de 300,000 francs. Les chevaliers français, reçus avant 1792, eurent la faculté de rentrer en France avec 700 francs de pension viagère. La pension des sexagé naires fut fixée à 1000 francs.

Ainsi tomba, par un coup de main, cette aristocratie militaire qui, pendant plusieurs siècles, avait jeté un si grand éclat. Sa destruction n‘a malheureusement profité qu’à l’Angleterre, qui s’est emparée de i’Ile et du port de Malte, le meilleur de la Méditerranée.

En vertu de la capitulation, les cités Valette et Victoire, les forts et chAteaux furent remis aux troupes françaises. — Le 13 juin, le général en chef fit son entrée dans la ville, A la tête d’une partie de l’armée. — Plusieurs bâtiments de guerre, douze cents pièces de canon , quarante mille fusils, quinze cents milliers de poudre et trois millions de francs, furent les fruits de la conquête. — Bonaparte admirait la beauté des fortifications de la place taillées dans le roc, et s’étonnait lui-même de la facilité avec laquelle il s’en était emparé. «Il faut avouer, lui dit Caffarclli A qui il communiquait ses réflexions , que nous sommes bien heureux qu’il sc soit trouvé du monde dans cette ville pour nous en ouvrir les portes.»

Pendant que la flotte prenait de l’eau et des rafraîchissements, Bonaparte s’occupa de l'organisation civile et militaire de l'Ile. Malte reçut un gouvernement organisé d'après les principes républicains. La servitude fut abolie, l’égalité proclamée. L*lle adopta les couleurs françaises. Le général brisa les fers des esclaves turcs et arabes et les prit comme marins à bord delà flotte; trait de générosité politique qu'il espérait devoir lui être utile en Égypte. Enfin il fit incorporer dans les cadres ou dans les administrations tous les rbevaliers nés français qui n'avaient pas passé l’Age de trente ans.

Avaut de coutinucr sa route, Bonaparte chercha aussi à s’assurer un point d’appui en Albanie et dans

rÉpire; il dépêcha un de ses aides de camp vers le fameux Ali, pacha de Janina, qui jusqu’alors avait montré des dispositions favorables envers la République française. L’envoyé du général en chef était Chargé <|e concerter avec le pacha musulman le soulèvement-des provinces delà Grèce; malheureusement le pacha était alors hors de son gouvernement, occupé A combattre Passawan-Oglou. Il avait joint les Turcs au camp sous Widdtn. avec un contingent de 15,000 hommes, et il commandait de cecôlé toutes les forces de la Porte Ottomane.— L’absence «l'Ali contraria les projets de Bonaparte; les négociations ne purent être entamées, et tout se réduisit à quelques lettres sans résultat.

Départ de Malte. — Arrivée sur la côte d‘ Égypte. — Huit jours suffirent â Bonaparte pour prendre possession de Malte, y organiser un gouvernement provisoire et régler toutes les dispositions militaires et administratives. — Le 19 juin, après avoir laissé dans cette place importante une garnison de 4,000 hommes, en échange de 1,500 hommes de troupes maltaises dont il renforça son armée, vt après avoir donné au général Vaubois les instructions nécessaires â la défense, il ordonna de remettre à la voile. Il n’ignorait pas que l’escadre anglaise parcourait la Méditerranée dans tous les sens pour trouver et attaquer la flotte française, et il craignait que l’issue d’un combat naval ne fût défavorable â des vaisseaux encombrés d’hommes et de provisions.*— L’amiral Nelson avait , sur les côtes de l’Italie méridionale , recueilli des indices qui lui firent deviner le but où tendait Bonaparte. Il cingla droit vers Alexandrie, où il arriva trois jours avant notre escadre, dont la marche était ralentie par le nombreux convoi qu’elle escortait. Là, instruit que la flotte qu’il cherchait, n’y avait |»as paru, il se dirigea vers la côte de Syrie, où il supposa que Bouaparte pourrait essayer d’effectuer son débarquement.

La flotte qui portait l’armée d’Oricnt arriva en vue d’Alexandrie, le 30 juin au soir, quarante-trois jours après son départ de Toulon. — Le 1er juillet , le général en chef, informé de la courte apparition de Nelson dans ces parages et de la direction qu’il avait prise, »c décida , malgré les difficultés que présentait une mer houleuse. une côte garnie de récifs et la grande distance qui séparait loi vaisseaux du rivage, & faire débarquer l’armée sur-le-champ. Il répondit â l’amiral Brueys,qui lui proposait d'attendre au lendemain : «Amiral , nous u’avons pas de temps A perdre, la fortune ne nous donne que trois jours; si je n’en profile pas, nous sommes perdus.» - El il donna l'ordre de faire préparer les chaloupes.

Proclamation à l’armée. — Une proclamation avait été d'Stribuée A l’armée impatiente, et lui avait fait enfin connaître le but d'une expédition que, jusqu’alors elle n’avait pu que soupçonner. — Celle proclamation était ainsi conçue ;

• A bord fie YOrient, 12 meuidor an yi !30 Juin 1798.) •

«Soldats! vous allez entreprendre une conquête dont les effets sur la civilisation et le commerce du monde

seront incalculables. Vous porlrrez A l’Angleterre le coup le plus sûr et le plus sensible, en attendant que vous puissiez lui donner le coup de la mort. — Nous ferons quelques marches fatigantes; nous livreront plusieurs combats ; nous réussirons dans toutes nos entreprises , les destins sont pour nous. — Les Bcys niameluck», qui favorisent exclusivement le commerce anglais, qui Ont couvert d'avanies nos négociants et qui tyrannisent les malheureux habitants du Nil, quelques jours après notre arrivée, n’existeront plus. — Les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahonlétans. Leur premier article de foi est celui-ci : Il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète. Ne les contredites pas, agissez avec eux comme nous avons agi avec les Juifs, avec les Italiens; ayez pour leurs tnupblis et leurs imans les égards que vous avez eus pour les rabbins et les évêques; ayez pour les cérémonies que prescrit le Koran, pour les mosquées, la même tolérance que vous avez eue pour les couvents, pour les synagogues, pour la religion de Moïse et celle dé Jésus-Christ.— Les légions romaines protégeaient toutes les religions. — Vous trouverez ici des usages différents de ceux de l’Europe, il faut vous y accoutumer. — Les peuples chez lesquels nous allons entrer traitent les femmés autrement que nous; mais dans tous les pays, celui qui viole est un monstre.— Le pillage n’enrichit qu’un petit nombre d'hommes, il nous déshonore; il détruit nos ressources, il nous rend ennemi des peuples qu’il est de notre intérêt d’avoir pour amis. —La première ville que nous allons rencontrer a été bâtie par Alexandre! Nous trouverons à chaque pas de grands souvenirs, dignes d’exciter l'émulation des Français.»

Lettre au pacha Êgrpte.— Le même jour et avant de débarquer sur le territoire égyptien, Bonaparte écrivit au pacha d'Égypte, en lui annonçant que la Porté ayant ôté sa protection aux Deys capricieux et avides qui accablaient d’avanies ses bons et anciens amis les Français, le Directoire de la République envoyait en Égypte une puissante armée pour mettre fin aux brigandages de ccs mamelucks.

«Toi , qui devais être le maître des Beys, lui écrivaitil, et que cependant ils tiennent au Kaire sans autorité et sans pouvoir, tu dois voir mou arrivée avec plaisir. — Tu es sans doute instruit déjà que je ne viens attaquer ni le Koran, ni le Sultan. Tu sais que la nation française est la seule et unique alliée que !è Sultan ait en Europe. Viens donc A ma rencootre et maudis avec moi la race impie des Bcys.»

Cette lettre, comme on peut le croire, resta sans réponse.

Débarquement. — Le in juillet , au moment oft les préparatifs du débarquement étaient dans la plus grande activité, 1rs croisières signalèrent une voile; on la crut anglaise, a Fortune, s’écria Bonaparte, m’abandonneras-lu ?» C’était la frégate la Justice qui rejoignait la flotte. - Le général en chef ordonna aussitôt de foire mouiller les vaisseaux deguerre et de transport le plus près possible de l'anse du Marabou , et d'y com-

meqcer le débarquement Durant la manœuvre, deux vaisseaux de guerre l'abordèrent et tombèrent sur l'amiral. Cet accident obligea de mouiller .1 l'endroit même où U était arrivé, à trou lieue* de terre. L'n vent impétueux du nord et l’agitation de» vague*, qui »e brisaient avec force contre le» récifs, rendaient difficile et dangereuse l’approche de la côte; mais rien ne put arrêter l’impatience des soldats. — Bonaparte voulut partir à leur tête et surveiller le débarquement. La deuil-galère qu’il montait fut suivie des canots où les géuéraux Bou et Kléber avaient fait descendre une partie de leurs divisions embarquées sur des /vaisseaux de guerre. Les généraux Desaix, Keynier et Menou, dont les divisions occupaient les batiments de transport, reçurent l'ordre de débarquer de leur côté vers la pointe du Marabou. En un instant, la mer fut couverte d'embarcations chargées de soldats. Elles s'avancèrent péniblement, habillées par le» flots, qui tantôt menaçait de les engloutir, tantôt les faisait s’entrechoquer. Ces péril* n’élaieut pas les plus grands, on avait à craindre les brisants dont la côte est hérissée, et la nuit ajoutait encore aux dangers du débarquement. La demi-galère du général en chef s’approcha le plus près possible du banc de récifs où se trouve la passe qui conduit 4 l'anse du Marabou ; IA , elle attendit 1rs embarcations des troupes, qui ne purent traverser les récifs qu’assez avant dans la quit. Les troupes de la divitioQ Menou , dont les canots étaient guidés par un pilote d’Alexandrie, furent les premières qui descendirent à terre, au nombre d’environ 1,800 hommes, elle» furent suivies de 1,000 hommes de la division Kléber et de 1,600 de celle du général Bon, les divisions Reynier et Desaix, qui devaieulèlre chargées de garder ie lieu du débarquement, n’avaient pas encore pu gagner la côte. On n’avait débarqué ni chevaux, ni canons; mais il fallait profiler de la nuit pour se porter sur Alexandrie.

Jrmëe d’ Orient. — Voici quelle était au moment dn débarquement la force totale, la composition et la division de l’armée d’Orient.

Boa k parts, général en cbef; Alexandre Berlbier, chef d’état-major ; te générât Dommarlin . commandant l’artillerie ; le générât Caffarelli du Falga , commandant le génie. Disponibles : généraux de division, üugiuet Uuinay; généraux de brigade, Huma*, Ou pu y H Mennoot.

Troupe s attachée* au grand quartier général : Guide* I cheval (140 ho— W); guides S pied (ÔOÛ); artillerie h p«ed (MPj; sapeur» [800); mineurs-ouvrier* bOO). — Total, 2.92Ü hommes.

Division d'avant - garde : Général Desaix; généraux de brigade : Bc liard, Friant; — 21e légère (2,100); Çlc de ligne (1,800); 81e idem (1,900; —Total, 5,800 homme*.

Division dé droite : Général Reynier ; généraux de brigade. Dama* , Verdier ; — 9* de ligne ( 1,900 1 ; 85* idem (2,100) ; légion maltaise » (1,500;. — Total, 5,500 homme*.

Dt vision du centre : Général Kléber ; généraux de brigade, Lairne» , Laaune ; - T léger* (1,700) ; 25* de ligne ( 2,000 ) ; 75* idem (2,100). — Total , 5,800 homme».

Division de gauche . Général Menou ; généraux de brigade , Vial , Mireur ; - 22* légère (2,000); 13* de ligne (2,000) ; «T idem ( 1 ,800 — Total , 5,800 hommes.

• Formée dn régiront* : d? h folle, à et vaisseaux , dn chasseurs maltais cl da la garde du Oraud- Maître.

Réserve : Général de dhbion, Bon ; généraux de brigade, Rampnn, Murat ; 4* légère (1,400) ; 18* de ligne, (2,100) ; 32* idem (2,000). — Total, 5,500 boinmr».

Cavalerie (démontée) : Général de division , Dumas ; généraux de brigade, Leclerc, Zaynnscheck; — 7* hussard» (500); 22* rhsasHirs ( 450) ; 3* dragon* ( 300 ); 14* idem ( 400 ; ; 15" idem (300); 18* idem (400;; 20* idem (350). — Total , 2,700 hommes.

L’armée se composait donc de 34,220 hommes, parmi lesquels on comptait, y compris les guides, 2,820 cavaliers presque tous démontés , puisque, ainsi que nous l’avons dit, comptant sur 1rs chevaux des Arabes, on n’avait emmené que 300 chevaux pour le service du quartier générai et l’attelage de quelques pièces d’artillerie.

Le nombre des combattants fut réduit, peu de temps après le débarquement, d’un dixième environ, par les hommes qui entrèrent dans les hôpitaux pour blessures et pour maladies *.

Alexandrie. Alexandrie, dit Napoléon dan» ses Mémoires, a été bâtie par Alexandre. Elle s'était accrue sous les Piolémées, au point de donner de la jalousie à Home. Elle était sans contredit la deuxième ville du monde. Au septième siècle, elle fut prise par Atnroug (Omar) , dans la première année de l'hégire, après un siège qui dura quatorze mois. Les Arabes y perdirent 28.000 hommes. Son-enceinte avait douze milles de tour, elle contenait quatre mille palais, quatre mille bains, quatre cents théâtres, douze mille boutiques, plus de 50,000 .lu ifs. L’enceintc fut rasée dans les guerres des Arabes et de l'empire romain. Cette ville, depuis, a toujours été en décadence. Les Arabes rétablirent une nouvel le enceinte, c'est celle qui existe encore, elle n’a plus que trois mille toises de tour, ce qui suppose encore une grande ville. Le Phare n'est plus une Ile; sur l’islbme qui le joint au contiornt , est la ville actuelle. Elle est fermée par une muraille qui barre l'islbnie,et n’a que six cents toises. Elle a deux bons ports (neuf et vieux). Le vieux peut contenir, à l’abri du vent et d'un ennemi supérieur, de» escadres de guerre quelque nombreuses qu’elles soient. Aujourd’hui le Nil n’arrtve à Alexandrie qu’au moment des inondations. On conserve ses eaux dans de vastes citernes. La vieille enceinte arabe est couverte parle lac Maréotis, qui s’étend jusqu'auprès de la tour des Arabes, en sorte qu’ Alexandrie u'est attaquable que du côté d’Aboukir. Le lac Maréotis laisse aussi un peu â découvert une partie de l'enceinte de la ville , au-delà de celle des Arabes. — La colonne de Pompée, située en-dehors et à trois cents toises de l'enceinte arabe, était jadis au centre de la ville.»

Prise d' Alexandrie.— U 2 juillet, à deux heures et demie du matin, après avoir passé en revue les troupes débarquées, le général en cbef donua l’ordre de se diriger sur Alexaudrie.— Bonaparte marchait à pied avec l'avant-garde, accompagné de son état-major et des généraux. Il avait recommandé à Caffarelli , qui avait

• Après le ftmeste combat naval d'Aboukir, formée dDrlent reçut uo renfort de 3,000 homme*, par la forma no» d’uoe légion nautique, romposfe de* débris de* équipages dépu*** A terre par le* AQgJjU*.

une jambe de bois, d'attendre qu’on eût débarqué un cheval ; mais ce général .jaloux de se trouver à un poste où sans doute on allait avoir à combattre, fut sourd à toutes les instances et brava les fatigues d'une marche pénible, pour suivre le général en chef. — La même ardeur, le même eulhuusiasme régnaient dans l’armée. — Les troupes étaient formées en trois colonnes. Le général Bon commandait celle de droite, Kléber celle du centre; celle de gauche, qui côtoyait la mer, était sous les ordres du géuéral Menou. Une demi-heure avant le jour, les éclaireurs de l'avant-garde furent attaqués par les Arabes, qui tuèrent un officier et engagèrent la fusillade. Les assaillants étaient au nombre de 300 cavaliers environ. Ils se réunirent en avant d’Alexandrie; mais à l’approche des Français, ils abandonnèrent les hauteurs qui dominent la ville et s’enfoncèrent dans le désert.

Le général en chef, arrivé près de l’enceinte de la vieille ville des Arabes , donna l’ordre à chaque colonne de s'arrêter à portée de canon : il désirait prévenir l'effusion du sang et se disposait à parlementer, quand des hurlements effroyables d’hommes , de femmes et d’enfants, et une décharge d’artillerie firent connaître les iutentions de l’ennemi. Réduit à la nécessité de vaincre, Bonaparte fil battre la charge. Les hurlements redoublèrent avec une nouvelle fureur. Les Français s’avancèrent vers l’enceinte, et malgré le feu des assiégés et la grêle de pierres qu’on leur laoçait des murailles, tous, généraux et soldats, s'aidant les uns les autres, commencèrent & escalader les murs avec une égale intrépidité : dans cette attaque, Kléber fut atteint d'une balle â la tête et Menou renversé du haut des murailles. Les soldats, excités par l'exemple de leurs chefs, rivalisaient d'ardeur. Un des guides, Joseph Cala, devança les grenadiers et arriva le premier sur le rempart, où, sans s'inquiéter de la fusillade dirigée sur lui, il aida les grenadiers Sabathier et Labruyère à monter. Les murs furent bientôt couverts de Français , et les habitants qui les défendaient se sauvèrent dans la ville, où bientôt la terreur devint générale. Cependant quelques hommes, postés dans les vieilles tours, continuaient leur feu et refusaient obstinément de se rendre.

D’après les ordres du général en chef, les troupes ne devaient point entrer dans la ville, mais se former sur les hauteurs qui dominent le port. Bonaparte s'y était rendu pendant l’attaque des murailles et dans l’intention de déterminer la ville à capituler; mais déjA les soldats s’étaient laissé entraîner par leur ardeur, et une grande partie d’entre eux se trouvaient engagés dans les rues d’Alexandrie, où s'établissait une fusillade meurtrière. Bonaparte fil battre à l’instant la générale, pour rappeler les troupes auprès de lui , et faisant appeler le capitaine d’une caravelle turque qui était dans le port vieux, il le chargea de porter aux habitants des paroles de paix , de les rassurer sur les inteutions de la République française, de leur annoncer que leurs propi iélés. leur liberté, leur religion seraient respectées, et que la Franee, jalouse de conserver leur amitié et celle de la Porte, ne dirigeait ses forces que contre les Manielucks Ce capitaine, suivi de quelques officiers fran-

• çais, sc rendit dans la ville, et parvint A décider les habitants A éviter, par une prompte soumission, le pillage et la mort. — Bientôt les imans, les cheikhs, les chérifs se présentèrent à Bonaparte, qui leur renouvela l’assurance de ses dispositions amicales et pacifiques. Il se retirèrent pleins de confiance; et les forts du Phare furent remis aux Français, qui prirent possession de la ville et des deux ports. Le général en chef avait déclaré que les prières et cérémonies religieuses pourraient avoir lieu comme avant l'arrivée des Français, et que chacun était libre de vaquer paisiblement à ses travaux. L'ordre et la sécurité commencèrent à renaître. — Les Arabes qui, le matin, avaicut attaqué l’avant-garde de l’armée, se bâtèrent d’envoyer eux-mèmes des députés avec quelques Français tombés en leurs mains ; les députés étaient chargés de dire au général en chef que, puisque les Français ne venaient combattre que les Mamelucks, et ne voulaient ni faire la guerre aux Arabes , ni enlever leurs femmes , ni renverser la religion de Mahomet , ils n'étaient pas leurs ennemis. Bonaparte mangea avec eux le pain, gage de la foi des traités, et leur fit des présents. Les envoyés s’en retournèrent auprès de leur tribu , en faisant éclater leur reconnaissance, et après avoir juré fidélité à l’alliance conclue avec les Français.

La prise d’Alexandrie, qui assurait aux Français le seul port important de l’Égypte , coûta la vie à 15 soldats , à cinq officiers et au chef de la 3* demi-brigade, Massé ; 250 hommes y furent blessés, 20 hommes s’étaient noyés lors du débarquement. Bonaparte fit enterrer les morts avec tous les honneurs militaires , au pied de la colonne de Pompée , et ordonna de graver leurs noms sur ce monument.

Proclamation aux Égyptiens. — L’entrée des Français A Alexandrie fut suivie de la publication de 1a proclamation suivante, adressée aux habitants de l’Égypte, et imprimée en langue arabe avec les caractères apportés de France.

«Depuis long-temps, les Beys qui gouvernent l’Égypte, insultent A la nation française et couvrent ses négociants d’avanies : l’heure de leur chAtimenl est arrivée. — Depuis long-temps ce ramassis d’esclaves , achetés dans le Caucase et la Géorgie, tyrannise la plus belle partie du monde. Mais Dieu, de qui tout dépend, a ordonné que leur empire finisse. - Peuples de l'Égypte, on vous dira que je viens pour détruire votre religion , ne le croyez pas. Répondez que je viens vous restituer vos droits , punir les usurpateurs, et que je respecte, plus que les Mimelucks, Dieu, son prophète et le Koran. Tous les hommes sont égaux devant Dieu. La sagesse, les talents et les vertus mettent seuls de la différence entre eux. — Or, quelle sagesse, quel talents, quelles vertus distinguent les Mamelucks, pour qu’lisaient exclusivement tout ce qui rend la vie agréable et douce? — Y a-t-il une belle terre? elle appartient aux Mamelucks. Y a-t-il une belle esclave, un beau cheval, une belle maiîon? cela appartient aux Mamelucks. — Si l’Égyplç est leur ferme, qu’ils montrent le bail que Dieu leur en a fait! — Non. Dieu est juste et miséricordieux pour le peuple. Tous les Égyptiens ont des

droits égaux. Que les plus sages, les plus instruits, les plus vertueux gouvernent, et le peuple sera heureux. — Jadis il y avait parmi vous de grandes villes, de grands canaux, un grand commerce. Tout a été détruit. Par qui? par l'avarice, les injustices et la tyrannie des Mamclucks. — Cadhys, Cbeyks , Imans , Tchorbadjys, dites au peuple que nous sommes aussi devrais musulmans. — NVst-ce pas nous qui avons détruit le Pape, qui disait qu’il fallait faire la guerre aux musulmans? N'est-ce pas nous qui avons détruit les chevaliers de Malte, parce que ces insensés croyaient que Dieu voulait qu’ils fissent la guerre aux musulmans? N’est-ce pas nous qui avons été de tous les temps les amis du Grand -Seigneur (que Dieu accomplisse ses desseins) et les ennemis de ses ennemis? — Les Mamclucks, au contraire, ne se sont-ils pas toujours révoltés contre l’autorité du Grand-Seigneur, qu’ils méconnaissent encore? Font-ils autre chose que tous leurs caprices? — « Trois fois heureux ceux qui seront avec nous ! Ils prospéreront dans leur fortune et leur rang. Heureux ceux qui seront neutres! Ils auront le temps de nous connaître, et Us se rangeront avec nous. Mais ; malheur, trois fois malheur à ceux qui s’armeront pour les Mamelucks et combattront contre nous! Il n’y aura pas d’espérance pour eux, ils périront.»

Cette proclamation produisit un grand effet et acheva de calmer les esprits : elle était suivie d’un arrêté du général en chef qui confirmait dans leurs fonctions les cbeyks, les cadhys et les imans, et enjoignait aux cheyks de faire mettre les scellés sur les propriétés des Mamelucks.— Le même arrêté décidait que les villages qui | prendraient les armes contre l’armée seraient brûlés, et ordonnait aux villages amis et soumis d’envoyer une députation au général en chef, et d’arborer, avec le pavillon du Sultan, le drapeau aux trois couleurs.

Description de F Égypte. — L’Égypte doit son 'existence au NU , qui la traverse dans toute sa longueur. Die se divise naturellement en Haute, Moyen ne et Basse- Égypte C’est une vallée large de 40 i 50 lieues, et

•A Fépoque de l'expédition française, la Haute-£gypte, appelée Satd, formait deux province* ( Syêne ou Tbébes et Girgeh la Moyenne , Dominée Ouettanieh, était diviaée en quatre ( Benitouef, Siout j F ayoum et Daiflh ) ; la Bâtie . appelée Bahireh , en comptait neuf ( Bahtreh , Bote t te , Garbieh , Menou fieh, Damiette , Mantourah, Charkieh , Kelioub el Ci te h ). - L’Égypte comprenait, en outre, la Grande-Oasis, la F allée du Fteuve-sans- Fau et Y Oasis de Jupiter- Amman, — La Grande Oasis est située parallèlement au KH, sur la rive gauche; elle a ISO lieues de long. Ses points les plus éloigné* du neuve en sont à 60 lieues , les plus rapprodH's S 20. — La Vallée du Fleuve sans- tau , prés de laquelle sont les lacs Natrnn , objets d’un commerce de quelque importance . est S 15 lieues de la branche de Rosette. Jadis celle vallée a été fertilisée par le .Nil. L'Oasis de Jupiter-Amtnon est S 80 lieues de U rive gauche du neuve. — Le territoire égyptien s'étendait vert les frontières de ’Asie jusqu'aux coltines que Ton trouve entre El-Arisch , Et-Kanooé* et Refah , à environ 40 lieues de Féline . d'où la ligne de démarcation traverse le désert de l’Égarement, passe 4 Suez, et longe la mer Rouge mquA Bérénice. — Les ports de l’Égypte sont : sur la Méditerranée. Alexandrie, Rosette et IXimieUc; sur la mer Rouge. Suez et Kocseyr. — Le Nil coûte parallèlement i la mer Rouge ; ses poinls les plus éloignés en sont a 50 lieues, les plus rapprochés i 30. Un seul de scs rondes eu est A 22 lieues, mais des montagnes impraticables l'cn séparent. — L'étendue de l’Égypte , y compris les déserts qui en dépendent , est de 200 lieues de long, sur 110 à 120 de large. — L’Égypte produit du blé, du riz et des légumes. Elle était autrefois le grenier de Rome , elle est encore celui de Constantinople. - Elle produit aussi T. U. #

longue de 200. Il n’y pleut jamais : les inondation» régulières du fleuve rendent seules féconde et habitable l'étroite litière de terres cultivées qui borde ses deux rives. Cette litière a depuis une demi-lieue jusqu’à deux lieues et demie de large. Le Delta, compris entre tes deux embouchures du fleuve, offre plus d'étendue. Mais telle est la fertilité produite par le limon que laisse le Nil après l’inondation, que cette terre, qui , au moment où les Français y arrivèrent, ne comptait pas plus de deux millions cinq cent mille habitants, nourrissait dans les temps anciens, sous les Ptolémées, une population de vingt millions d’hommes et fournissait du blé à toute l’Italie. Les terres cultivées sont resserrées entre deux déserts de sables mouvants, dont la triste uniformité n’est interrompue de loin en loin que par quelques oasis, Iles de verdure qui servent de lieux de repos et d’abri aux caravanes.

Les révolutions physiques du globe et les bouleversements politiques des empires avaient détruit lentement la prospérité et la population de l’Égypte. Les canaux, mal entretenus, s’étaient comblés et avaient disparu ; les sables envahissaient chaque jour les terrains fertiles. Le sol était couvert des ruines de tous les temps et de tous les ordres ; semblable à ces ruines, la population offrait les débris de différents âges et de plusieurs peuples : Cophtes, Arabes, Turcs et Mamclucks. — h Ces diverses races, dit Napoléon, n’ont ni

du sucre , de l’iodigo, du séné , de la casse , du natrou , du lia, du chanvre ; mais elle n’a ni bots . ni charbon , ni huile. Elle manque aussi de Ubac . qu’elle tire de Syrie, et de café, que l’Arabie loi fourmi. Elle nourrit de nombreux troupeaux et une multitude de volailles. On y possède Fart de faire éclore k* poulets dans des four*.

L’Égypte seTt d'intermédiaire 4 l’Afrique et à l’Asie. Les caravanes arment au Kaire , comme des vaisseaux sur une cMe, au moment où ou les attend le moins , et net contrées les plus éloignées. Ces caravanes sont composées de pèlerins ou négociants de Maroc, de Va, de Tunis , d'Alger ou de Tripoli , allant A la Mecque , et apportant des marchandises qu’ils viennent échanger au Kaire. On y compta ordinairement plusieurs centaines de chameaux, quelquefois même plusieurs milliers; elles sont escortées par des hommes armés. Il vient aussi au Kaire des caravanes de l’Abyssinie, de l’intérieur de l'Afrique, de Tangoust et des lieux qui se trouvent en communication directe a vec le cap de Bonne-Espérance et le Sénégal. Elle* apportent des esclaves, de la gomme, de la poudre d'or, dis dents d'éléphants , etc. Il en arme enfin de l'Arabie et de la Syrie, et celles-là apportent du charbon, du bois, des fruits, de l’boile, du café et du tabac.— Il c’y a en Égypla ni voiture ni charrette. Les transports par eau y sont si multipliés et si faciles , que les voitures y sont moins nécessaires que partout ailleurs. — Les hommes se servent de chevaux pour parcourir la ville ; seuls, les hommes de loi et les femmes vont sur des mulets ou sur des Anes. — On emploie spécialement les chameaux pour les transports ; ils servent aussi de monture. — Les plus légers, A une bosse, s’appellent dromadaires. L’animal est dressé A plier les genoux et A s’accroupir pour laisser monter le cavalier, qui sc place inrane espèce de bât, les jambes croisées. Un hridoo , attaché A un anneau passé dans les narines , sert A conduire le dromadaire cl produit sur lui le même effet que le mors sur le cheval. — Le dromadaire a le pas très a longé, son allure ordinaire est le grand trot. Il peut faire facilement une miglaioe de lieues daus un jour. — La navigation du Nil est très active et très belle ; on le dtsceud avec le courant , oo le remonte A l'aide de la voile et du vent du nord . qui est constant pendant une saison. Quand celui du sud régne, il faut quelquefois attendre longtemps. I.es bâtiment* dont oo se sert sont appelés djermes. Ils sou plus baat mités et voilés que ks bâtiment» ordinaires , afin de recevoir k* vents par-dessus les monticules qui bordent la vallée. — Les Calques sont de petites chaloupes ou péniches légères et étroites qui «crient pour passer le Nil et pour naviguer, non seulement sur la* canaux , mais aussi sur tout le pays quand il est iuoodé. Le nombre de bâtiments légers est plus considérable sur le Nil que sur aucun Neuve, parce que pendant plusieurs mois de Tannée, c'est le «aol movrn de communiquer d’un village A un autre.

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le* marnes impur», ni la mime langue; elles n'ont de commun qûe h religion. La langue habituelle des Maine! ui U et des Ottoman* est le Turc, les naturels parlent la langue arabe.»

Mamelueks. — «A l’arrivée des Français, les Mametacks gouvernaient le pays et possédaient les richesses et la force. Ils avaient pour chefs 23 beys égaux entre eux , mais soumis néanmoins  l’influence de celui qui , par sou talent et sa bravoure, savait captiver tous les suffrages.— La maison d'un bey se compose de 400 A 800 enclaves , tous A cheval , et ayaul cbacuu , pour le* servir, 2 ou 3 FellAhs. Les beys ont divers officiers pour le service d’honneur de leur maison. Le* katihcfs sont les lieutenants des beys , ils commandent sous eux celte milice et sont seigneurs des villages. Le* bey* ont des terre* dan* le* province* et uue habitation au Kaire. Le* Mamelueks ne peuvent se recruter qu’en Circassie. Les jeunes Circassiens sont vendu» par leur* mères, ou volé* par de* gens qui en font le métier, cl conduits au Kaire par les marchands de Constantinople. On admet, parmi les Mauielucks, quelquefois des Noirs ou des üllomans.»

CV tait un phénomène singulier que de voir à côté des Arabes . si attaché* à la distinction des rang* transmise par leur* ancêtres, une classe nombreuse qui n’estimait que l'homme acheté, dont les pareuts étaient inconnus, et qui , de l’esclavage , s’était élevé aux premières dignités. Le général Reynier rapporte, dans ses Mémoires, que de* officiers turcs et des Mamelueks lui ont dit, en parlant de personuages qui occupaient de grand* emplois: «C’est un homme de bonne race ; il a été acheté.» Cette opinion était tellement enracinée, qu’on ne considérait pas les enfants de l'individu acheté et redevenu libre, comme ayant le même degré de noblesse que leur père. Cette opinion était également générale dans la Turquie et même A Constantinople, au centre du gouvernement qui a pour principe de conserver la race d’Osman , et où il existe des familles très anciennes et considérées. Était-ce un hommage rendu aux talents que l’homme parti do point le plus bas a dû montrer pour parvenir? Tenaitelle A ce caractère belliqueux , qui fait préférer A l’enfant nourri au sein de sa famille un jeune homme jgans parents, élevé pourla guerre? Ou bien, dans un gouvernement tout militaire , les chefs auraient-ils pensé que des esclaves, tenant tout d’eux et les regardant comme leurs pères, devaient être plus attachés A tours personne* et moins dangereux dans les emplois de confiance', que ceux qui , appuyant leur autorité .sur celle de leur famille, auraient pu se former des partis et se rendre indépendants? — En Égypte, les esclave* faisant partie de la maison d'un bey étaient adoptés par lui, et composaient sa famille. luHligents et brave», ils s’élevaient successivement de grade en grade, et parvenaient A celui de kalchef et même de j *ht y. — Ou pouvait compter en Égypte de «0 A 70,000 individu* de race circassiennc.

Turcs ou OUomans. — « Les Ottomans se sont Ota- , blis dans le pays, lors de la conquête par Sélim , dans

le xvi* siècle. Ils forment le corps des janissaires et des spahis, et ont été augmentés de tous le* Ottomans inscrits dans ces compagnies , selon l'usage de l’empire. Ils sont environ 200,000, constamment avilis et humiliés par les Mamelueks.»

Arabes. — Les Cheiks. — «Les Arabes composent la masse de la population ; ils ont pour chefs les grands Cheiks f descendant de ceux des Arabes , qui , du temps du prophète , au commencement de l’Hégire , conquirent l'Égypte. Ils sont A la foi* les chefs de la noble&se et les docteurs de la loi; ils ont des villages, un grand nombre d'esclaves, et ne vont jamais que sur des mules. Les mosquées sont sous leur inspection : celle de Djemil-Azar a, seule, soixante grands Cheiks. C'est une espèce de Sorbonne, qui prononce sur toutes les affaires de religion et sert même d’université. On y enseigne la philosophie d'Aristote, l’histoire et la morale du Koran ; clic est la plus renommée de l'Orient. Scs Cheiks sont le* principaux du pays, les Mamelueks les craignaient, la Porte même avait des ménagements pour eux. On ne pouvait influer sur le pays et le remuer que par eux. {Jue!quc&-uus descendent du prophète, tel que le Gheik-el-Békry , d'au 1res de la deuxième femme du prophète, tel que le Chcikel-Sadda. — Si le Sultan de Coustantinople était au Kaire, A l'époque des grande» fêtes de l'empire, il les célébrerait chez l'un de ces Cheiks. (Test faire assez connaître la haute considération qui les environne. Tous les Arabes du désert sont de la même race que les Cheiks, et les vénèrent. Les Cheiks sont les homn.es delà loi et de la religion, les Mamelueks et les janissaires sont les hommes de la force et du gouvernement. La différence entre eux est plus grande qu’elle ne l'est en France entre les militaires et les prêtres, car ce sont des familles et dis races tout â fait distinctes.»

Les Cultivateurs et Fel/âhs.— Les Arabes se divisaient en deux grandes classes bien distinctes; le# cultivateurs et les Bédouins ou Arabes errant*. — La classe qui s'adonnait A l’agriculture se composait des Arabes cultivateurs proprement dits, et des FellAhs. Les cultivateurs différaient des Fetldhs par leur ; h\ sionomie , leurs manières et leur caractère. Lé sang arabe s’était transmis sans mélange dans leurs familles, on ne pouvait les distinguer de* Bédouins. Outre les traits physiques de leur race, Hs avaient conservé l’esprit de dispute , de chicane et de rapacité; mais ils n’avaient plus ces vertus si vantées des Arabes, la franchise, la foi religieuse pour leur parole, le penchant A l'hospitalité. Ils étaient faux et voleurs, extrêmement adroit» et audacieux. Us arrêtaient les FellAhs, pillaient les barques et dépouillaient les marchands et les voyageur». — Ils avaient perfectionné l’agriculture et l’industrie agricole beaucoup i plu» que les FcIlAhs; leur terres étaient mieux entretenues, mieux arrosées, et leurs v.llagcs plus peuplés. C'est A eux qu’appartenaient presque exclusivement la culluiS et la fabrication du sucre dans la Moyenne». [ Égypte. Ils avaient des chevaux et des chameaux en grand nombre. Ouoique profitant la religion mabo-

roétane, les Pcllâhs, étaient les ilotes de l'Égypte. Ils sortaient du mélange des diverses races qui avaient successivement dominé l’Égypte. Les Arabes les regardaient comme des êtres nés pour travailler à la terre. Ils leur avaient donné le nom de fellâhs , c’est-à-dire hommes de boue , et ne s'alliaient jamais avec eux.

Les Bédouins. — « Les tribus d’Arabes errants et vivant dans le désert sous des tenlesélaient au nombre ! d'environ soixante, toutes dépendantes de l’Égypte et formant une population d'à peu prés 120,000 âmes, pouvant fournir 18 à 20,000 cavaliers. Os Arabes dominent les différentes parties des déserts, qu’ils regardent comme leurs propriétés, et y possèdent une grande quantité de bestiaux, chameaux , chevaux et brebis. Ils se font souvent la guerre entre eux , soit pour la démarcation des limites de leurs tribus, soit pour le pacage de leurs bestiaux, soit pour tout autre objet. Le désert seul ne pourrait les nourrir, car il ne s’y trouve ricu. Ils possèdent des oasis , qui , semblables A des Iles, ont, au milieu du désert, de l’eau douce, de l'berbe et des arbres. Ils les cultivent et s’y réfugient à certaines époques de l’année. Néanmoins ils sont en général misérables, et ils ont constamment besoin de l’Égypte: ils viennent annuellement en cultiver les lisières, y vendent le produit de leurs troupeaux, louent leurs (hameaux pour les transports dans le désert , et emploi ent le bénéfice qu’ils retireut de ce trafic à acheter les objets qui leur sont nécessaires. Les déserts sont des plaines de sable, sans eau et sans végétation , dont l’aspect monotone n’est varié que par des mamelons, des monticules ou des rideaux de sable. Il est rare cependant d’y faire plus de vingt à vingt-quatre lieues sans trouver uue source d'eau; mais elles sont peu abondantes, plus ou moins saumâtres, et exhalent presque toutes une odeur alcaline. On trouve dans le désert une grande quantité d’ossements d’hommes et d’animaux , dont on se sert pour foire du feu, on y voit aussi des gazelles et des troupeaux d’autruches, qui ressemblent de loin â des Arabes â cheval.— Il n’y existe aucune trace de chemins; les Arabes s'accoutument dès l'enfance à s’y orienter par le» sinuosités des collines ou rideaux de sable, par les accidents du terrain ou par les astres. Les vents déplacent quelquefois les monticules de sable mouvant, ce qui rend très pénible cl souvent dangereuse la marche dans le désert. Parfois le sol est ferme, parfois il s’enfonce sous lés pieds. Il est rare de rencontrer des arbres, excepté, autour des puits où sc trouvent quelques palmiers. Il y a dans le désert des bas-fonds où les eaux s’écoulent et séjournent plus ou moins long-temps. Au-

près de ces mares, naissent des broussailles d'un pi< d à dix-huit pouces de hauteur, qui servent de nourriture aux chameaux. — C’est la partie riche des déserts.»

Cophies. — « Les Cophtes sont catholiques, mais ne reconnaissent pas le Pape; on en compte 150,000 à peu près en Égypte. Ils descendent de familles qui , après la conquête des Kalifcs, sont restées chrétiennes. — Les Catholiques syriens sont peu nombreux. Les uns veulent qu’ils soient les descendants des Croisés ; les autres, que ce soient des originaires du pays, chrétiens au moment de la conquête, comine les Cophtes, et qui ont conservé des différences dans la religion. — C’est une autre secte catholique. — Il y a peu de Juifs et de Grecs. Ces derniers ont pour chef le patriarche d'Alexandrie, qui se croit égal à celui de Constantinople et supérieur au Pape.»

Pour conserver la tranquille possession de l’Ègvpte, il fallait , après en avoir expulsé les Mamehicks, y établir une administration qui, tout en respectant les préjugés de ces habitants, de mœurs et de caractères si divers , satisfit à leurs besoins et commandât leur obéissance. Des traités avec la Porte ou avec ses principaux représentants en Égypte étaient nécessaires pour s'assurer de l’amitié ou tout au moins de la neutralité des Titres. La force des armes aurait suffi pour imposer aux Bédouins,* t les contenir dans leurs déserts. La classe des Arabes cultivateurs et celle des Fel/âhs pouvaient être facilement amenées à des sentiments favorables aux nouveaux dominateurs du pays, par une fermeté équitable, une juste sévérité, réunies à l'administration impartiale de la justice, à la modération des impôts et à leur perception opérée sans violences ci Jians vexations; mais, pour arriver à ce résultat, on devait capter la bienveillance et l'affection des Cheiks, eu respectant leurs usages et leur religion, en leur témoignant la considération duc â leur influence locale, et surtout en leur accordant une participation honorable au gouvernement du pays. Quant aux Juifs, aux Cophtes, aux Grecs et aux autres Chrétiens, on était assuré d’avance qu’ils préféreraient la domination des Français â celle des Turcs ou des Mamelucks; mais il fallait les établir sur uu pied d’égalité avec les autres habitants du pays, et 1rs relever de l’avilissement dans lequel ils étaient tombés, chose difficile à faire, sans choquer h’s préjugés des Arabes. La tâche du général en chef de l’armée d’Orient n’était donc pas seulement celle d’un guerrier; pour mener à fin son entreprise, il devait joindre aux talents du général la rectitude d’esprit de l’administrateur, la sagacité du négociateur et le génie du I civilisateur.

RESUME CHRONOLOGIQUE

jaiwier. Bonaparte est nommé général en chef de l’année d'Angleterre.

10 février. Il part de Paris pour aller visiter les côtes et le» ports de l’Océan.

A haas. Il est nommé général en chef de l'année d Orient 8 haï. U arrive à Toulon

19 bai- Ci flotte expéditionnaire sort du port.

10 il'Itv. Prise de Malle.

12 — Convention par laquelle l’ordre de Malte cède à la République française les tirs de Malte . de tiore et de Cuminn.

19 — La flotte remet à La voile. — Départ de Malte.

30 — Arrivée sur b côte d’fcgypK 1er jciixbt. Débarquement 2 — Prise d’Alexandrie.

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