‹ France MilitaireChapitre 58 sur 62 · SOUMISSION DE LA BASSE-ÉGYPTE. — RÉVOLTE DU KAIRE · texte numérisé non relu

SOUMISSION DE LA BASSE-ÉGYPTE. — RÉVOLTE DU KAIRE

SOMMJtRE.

SoomUtktn de la — Tombât de M«n*oor»b. — Combat de Remerieh. - lUrrtw de Dogna à traver* l'inondation. — Rentrée a

Mantourab. — Situai ion des troupe* à Salrhieh. — Courte* contre Ira Arabe*. — Af'airr de Tantab. — Combat de Chabba*- Anielr. — Attaque de Damiette. - Combat de Choarah. — Expédition dan* le lac Mrn/alt-h.- Hataan-Toubar. — Combat de Ma tan- h. - Rrronnaiuanre du lac. — ReronnaiMance des lac* de Nalron. — A il mm i« rat hui de Khtber i Alex audr ie. - Se» diacuauons arec Bonaparte.— Révolte du Kaur. — Protection accordée au* moine* du Sénat. — Eicunioa A Sue*. — Patsage de la mer Rouge. — Source* de Moïse. — Canal des Deux-Mer*.

Soumission de la Basse- Égypte. — Pendant que le général en chef organisait au Kaire l'administration géoérale du pays, les généraux qu’il avait désignas pour commander les provinces achevaient non sans difficultés et sans combats ia soumission de la Basse- Égypte; et- Desaix, remontant le Nil, poursuivait Mourad-Bey et sesMamrlurks jusqu'au-delà des Cataractes.

Avant de nous occuper de la conquête de ia Haute- Égypte, et afin de ne pas en scinder le récit, nous allons parler des événements dont le Cbarkieb, le Mansourab, le Garbirh, le Menoufi h, le Rabireh et tout le littoral de la Ba*se-Égypte étaient alors le théâtre; nous aurons ensuite â raconter la révolte du Kaire et U curieuse excursion du général en chef aux sources de MoTte.

Combat de Mansourah. — Le général Vial , en allant prendre possession de Damiette, dont il était nommé commandant, avait organisé le divan de Mansourah et y avait laissé pour garnison un détachement d’infanterie et 60 dragons. Cette garnison fut peu de temps après attaquée par les Arabes. En dragon fut tué: Vial se bâta d'envoyer pardi ux djermes, qui remontèrent le Nil, un renfort de 50 hommes d’infanterie ; mais ce renfort, assailli â moitié chemin parles Arabes, fut obligé d’abandonner ses barques et de se retirer sur Damiette. —Dans le même temps, le lOaotU, ia garnison de Mansourah, attaquée de nouveau par plusieurs milliers d’Arabes auxquels se joignit une partie des habitants, était forcée d’évacuer la ville et de se retirer sur la route du Kaire, après avoir perdu quelques hommes et tué une centaine d’ennemis.

Combat de Bemerieh. — Le général Fugières, qui avait le commandement du Garbieb, avait dû s’arrêter quelques jours à Menouf pour y appuyer les opérations du général Zayonscbek , commandant de la province. — Il continua sa marche le 12 août, et le même jour en arrivant à Remerieh , il trouva les habitants armés et réunis sur la muraille qui entoure le village. Toutes les portes étaient fermées. Fugières demanda à parler au cheik et aux principaux habitants. Ceux-ci lui firent répondre qu’ils ne voulaient ni lui parler ni ie voir. Alors, après avoir inutilement sommé les habitants d’ouvrir leurs portes et de mettre bas les armes, il fil garder par des pelotons d’infanterie toutes les issues du village et attendit l’arrivée du général Zayonscbek , auquel il donna avis de ce qui se passait. — Les habitants deTetor, village peu éloigné, s’étant réunis à ceux de Remerieh, commencèrent l’attaque au moment où Zayonscbek arrivait avec un renfort.

Il fut aussitôt convenu que Fugières ferait une fausse attaque, tandis que les grenadiers de Zayonscbek tenteraient l’assaut. — Le chef de brigade Lefebvre sc mit â leur tête ; une des portes fui enfoncée par les sapeurs; les Français pénétrèrent dans le bourg; mais tous les habitants, hommes et femmes, armés de piques et de fusils, se ballaieut avec un acharnement qui tenait de la rage. Des femmes se jetairul à la gorge de* soldats pour les étrangler; on fut forcé d’en tuer quelquesunes; 500 habitants furent tué*, et le reste prit la fuite. Les Français eurent un sapeur tué, et une douzaine de blessés. Remerieh était en leur pouvoir; mais Fug ères, ayant épuisé toutes ses munitions, ne jugea pas prudent de s'engager dans un pays insoumis et très peuplé; Il rétrograda sur Menouf et demanda au général en chef de nouvelles munitions, un bataillon de renfort et deux pièces d’artillerie.

Zayonscbek, soupçonnant que le divan de Menouf et l’intendanl cophte de la province avaient excité les habitants de Remerieh à la résistance, les destituait les fit arrêter; mais douze heures après, n’ayant pas de preuves contre eux, il dut les mettre en liberté. — « Je n’ai pas vu avec plaisir, lui écrivit à ce sujet le général en chef, la manière dont vous vous êtes conduit envers le cophte. Mon intention est qu’on ménage ces gens-là, et qu’on ait des égards pour eux. Articulez les sujets de plainte que vous avez contre lui, je le ferai remplacer. Je n’approuve pas non plus que vous ayez fait arrêter le divan sans avoir approfondi s'il était coupable ou non ; il a fallu le relâcher douze heures après : ce n’est pas le moyeu de se concilier un parti. Éludiez les peuples chez lesquels vous êtes ; distinguez ceux qui sont les plus susceptibles d’être employés; faites quelquefois des exemples justes et sévères, mais jamais rien qui approche du caprice et de la légèreté.»

Le général Zayonscbek, convaincu que la Basse-Égypte était le foyer des principales intrigues du parti des.Mametucks, pensait que tous les villages étaient mal disposé* pour les Français, elque pour être assuré de leur obéissance, il fallait désarmer les habitants, enlever les portes et abattre les murs d’cnceinte. En effet, les villages sont construits d’une manière très favorable aux soulèvements. La plupart sont entourés de murailles. Les maisons que ces murailles renferment sont fort basses; un cavalier les dépasse de la tête. Celles qui sont voisines des murs ont un peu plus d’élévation, et offrent aux assiégés un point avantageux pour tirer sur les assiégeants.

Marche de Du gx ta à travers V inondation. — Le général Dugua;, chargé après ie combat de Salebieh du

commandement de la province de Mansourab, avait dû partir pour en prendre possession, précisément au momcot où l’inondation commençait. Après une marche de douze heures, il arriva le 14 août au soir au village de Lebaldeh, près du canal de Saffra. La vaste plaine de Dakelieb, qui reste couverte par l'inondation pendant huit à neuf mois de l'année, offrait déjà l’aspect d’un grand lac. L’eau du canal avait neuf pieds de profondeur et dix-huit toises de largeur. Le général fit aussitôt construire un radeau avec quelques poutres et les portes du village. Mais quand ce radeau fut terminé, on reconnut qu’il ne suffirait pas au passage des troupes, et on dut faire remonter le canal à un détachement qui réussit & amener de deux lirues de distance, et avec beaucoup de peine, 'une barquecapable de passer trente hommes à la fois. Les troupes souffraient beaucoup du manque de vivres , les habitants s’étant enfuis avec leurs bestiaux. Elles restèrent deux jours â LebaTdeh. La division ne fut tout entière de l’autre côté du canal que ,1e 16 à midi. — Un bataillon qui était passé le premier, le 17, prit les devans et se porta vers le canal d'Arnout, pour y préparer des moyens de passage. Six ottsept radeaux , construits par les paysans, suffisant à peine pour porter chacun deux ou trois hommes , et la barque qui fut amenée de LebaTdeh , par un canal de communication , servireut à la division , qui acheva de passer le canal d’Arnout. Les pièces d’artillerie passèrent à la prolonge, leurs affûts leur servant de radeaux.

L’inondation croissait avec une promptitude effrayante. Les canaux paraissaient se multiplier. On arriva sur le.bord d’un canat aussi large que celui du Saffra ; Dugua donna l’exemple aux soldats, et le traversa à la tète des grenadiers, ayant de l’eau jusqu’à la poitrine’; les canonniers passèrent leurs pièces à bras, et dans la crainte que les chameaux chargés de munitions, ne s’abattissent dans la vase et dans l'eau, ils vidèrent les caissons, formèrent la chaîne et sc passèrent de main en main la poudre et les gargousses. Rien ainsi ne fut avarié, mais cette opération retarda la marche des troupes pendant trois heures.

Rentrée à Mansourah. — Enfin , après avoir traversé de nombreux canaux, et des champs inondés, marchant nuit et jour afin de ne pas être cernés par l’inondation, Dugua et sa division arrivèrent à Mansourah, le 18 août à cinq heures du matin.

Là , sa position ne se trouva pas moins critique; il y apprit l’attaque faite le 10 août contre le détachement laissé par le général Vial, et la retraite de ce détachement snr le Kaire avec l’intendant cophte et l’agent français. A son approebr, la plupart des habitants s’élaient retirés sur ta rive opposée du Nil. Lex boutiques et les maisons étaient fermées. La protection qu’il promit aux propriétés et aux personnes fit rentrer quelques habitants, les marchands rouvrirent leurs boutiques; mais il fut obligé pendant quelque temps de faire vivre sa troupe par réquisition. — Entouré par les eaux, il ne pouvait ni sortir de la ville, ni communiquer avec le général Reynier, qu’il avait laissé à 8alebieh. Il lui aurait aussi fallu une marine et des bar-

ques armées, pour exécuter les ordres du générai en chef qui lui prescrivaient d’aider le général V’ugières à la soumission du Garbieh.

Situation des troupes àSalehieh. — - Les troupes de Reynier sc trouvaient aussi à Salehieh dans une situation misérable; élira manquaient de pain et de viande et ne pouvaient vivre que de maraude . les fellàhs ayant abandonné les villages, et s’étant retirés dans le désert avec leurs bestiaux. — Reynier voyait avec peine ccs atteintes portées à la discipline, et cherchait par tous les moyens possibles à rappeler les habitants à leurs travaux. Il avait, conformément aux ordres du général en chef, effectué la reconnaissance de la province placée sous son commandement , et en attendant que la fin de l'inondation permit de commencer les travaux des forticalions, ii faisait retrancher la mosquée où était l’hôpital , construire des fours et établir des magasins. Quand les travaux provisoires furent terminés, il laissa à Salebieh une garnison commandée par le général Lagrange; Il revint avec le reste de sa division à Bel* béis, chef-lieu de saprovince, où il espérait pouvoir nourrir ses troupes plus facilement, et sans vexer le pays.

Courses contre les Arabes. — Le soin de soumettre les provinces du Delta et celles qui bordent la rive droite du Nil fut confié au géoéràl Murat, au général Lanusscqui avait remplacé le général Zayonschek dans le commandement du Menoufieh , et au général Dugua qui commandait à Mansourah. Ce dernier ayant reçu les djermes dont il avait besoin , était passé sur la rive gauche du fleuve. — Les instructions du général en chef prescrivaient principalement de punir les habitants des villages qui s’étaient montrés hostiles aux Français, et de détruire les baudes d’Arabes dont les courses entretenaient les soulèvements dans ces provinces.

Le village d’Alkam, où avait été assassiné un aide de camp du général en chef, fut cerné, livré atl pillage et entièrement détruit Cet exemple terrible fit impression sur les habitants.

Peu de temps après, une djerme allant de Rosette atk Kaire et porlautscpt soldats français fut attaquée sur le Nil pardes Arabeset des fellàhs du village de NA kir h; les sept Français résistèrent tant que durèrent leursmunitions ; ils se retirèrent ensuite sur la rive droite du fleuve où ils furent recueillis par des habitants de Gobàri». Ceux-ci, malgré l’offre des Arabes de payer cent piastres, refusèrent de leur livrer les Français, et craignant qu'on n’usàl de violence envers leurs hôtes, prirent le* armes, et conduits par leur cheik lui-méme, les reconduisirentsur une djerme jusqu’à Ra ma nieh. Le général en chef appela au Kaire ce digne cheik et l’y revêtit solennellement d’une pelisse d'honneur.

Les Arabes habitants de Sonbat dans le Garfoich étaient les plus insoumise! les plusaudacieux. Ils faisaie n t partie de la belliqueuse tribu des Arabes de Darne. Ils assassinèrent un détachement français. Le général en chef fit marcher contre eux les généraux Dugua et Fugières, en leur donnant l’ordre d’exterminer ces assassins. Il ordonna en même temps à Murat de poursui-i vre d’autres Arabes qui avaient des intelligences avec

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eau de Sonbat. « Si ce sont ceux qui ont attaqué nos gant A Mansourah, écrivait le général en chef, mon intention est de les détruire. Fai te»- moi connaître les forée» qui vous seraient nécessaire* , et étudiez la position qu’il» occupent, afin de pouvoir le» envelopper» le» attaquer et donner un exemple terrible au paya. J'imagine que ai voua avea fait proviaoimnent la paix avec eux » vou* aurez exigé des otage» . des chevaux et de» armés. Je voua réjiète que mon intention est de détruire ces Arabes; c'est le fléau des province» de Mansou rats, de Garbieh et de Kélioubeh.»

Le 13 septembre le village de Sonbat fut attaqué par Une colonne de la division Du gua, commandée par le général Verdier. Après un combat assez court le village fut pria et brûlé, 50 Arabes furent tués, et un plus grand nombre se noya en fuyant. On leur prit 6,000 moutons et leurs chamraux.

A la même époque, Murat attaquait une autre bande d'Arabes, prés du village deMit-Gamar, lui tuait quarante hommes, enlevait ses bestiaux et l’obligeait A se rejeter dans le désert.

Néanmoins, et malgré l’avantage qu’obtenaient les Français dans œ» affaires partielles, le» Arabe» revenaient continuellement à la charge, ils remplaçaient , en pillant des villages soumis, les bestiaux qu'on leur avait enlevés, reprenaient possession de leurs maisons et de leur camp dés qu'on Ira avait évacués, attaquaient et pillaient les barque» naviguant sur le Nil , fuyaient devant Ica fortes colonnes et amssiuaiool le» faibles escortes.

Une partie de la tribu de Darne occupait le village de Dnundrh ; là cea Arabes , entourés par Ira eaux, aicroyaient inexpugnables. Ils infestaient le Nil par leurs brigandages. Mural et Lanusse a'y portèrent le 2B septembre. Après une légère fusillade , les Arabes furent dispersés et cherchèrent A fuir A travers l'inondation. Les troupes les suivirent pendant cinq lieues, ayant de l'eau jusqu’* la œiuturc, en tuèrent 200. et s’emparèrent de leurs troupeaux et de leurs chameaux.

Dans son rapport au Directoire, aur cette affaire. Bonaparte fait ce portrait des Arabes : « Ils sont A l'Egypte ce que le» Barbets sont au comité de Nice; avec oette différence qu’au lieu de vivre dans les montagnes, ils sont A cheval et vivent au milieu des déserta. Ils pillent également Turcs, Égyptiens, Européens. Leur férocité est égale A la vie misérable qu'ils mènent. Exposés des jours entiers dans des sables brûlants, A l'aspect du aoleil, sans eau pour s’abreuver, ils sont sans pitié et sans foi. C’est le spectacle de l’homme sauvage , et le plus hideux qu’il soit possible de se figurer.»

Affaire de Tantah. — Tanta b , dans le Garbich, ville que les Européens avaient peu visitée avant l’expédition française, était la ville la plus riche et la plus commerçante du Delta : située dans un territoire extrêmement fertile, et dont tea productions en lin sont estimées, elle était le siège de foires annuelles, célèbres en Égypte , en Syrie et en Arabie. Os foires, comme la plupart de celle» de l’Orient, doivent leur origine A la dévotion des Musulmans pour un santon célèbre, Seyd" Ahmed cl-Bcdaouy, dont le tombeau existe dans la

principale mosquée de Tantah. On allait en pèlerinage A ce tombeau à deux époques différentes, à l’équinoxe du printemps et au solstice d’été. Les okels ou caravansérails, réservés dans les villes de l'Égypte aux différentes nations mahométanes, étaient alors encombrés ; des loges étaient établies dans les rues pour les marchands forains, et la campagne était couverte des tentes des pèlerins.— Bonaparte avait recommandé cette ville A ses généraux. Il écrivit A Fugières i «Il est nécessaire que vous portiez le plus grand respect A la ville de Tantah, qui est un objet de vénération pour lesmahdmétans. Il faut surtout éviter de rien faire qui puisse leur donner lieu de se plaindre que nous ne respectons pas leur religion et leurs moeurs.»— Fugières s’approcha de cotte ville; mais, quoique ses troupes se conduisissent bien , tes habitants de Tantah excitèrent les habitants des villages voisina et les Arabes A prendre les armes, et accueillirent les Français A coups de fusil et de canon. Oui -ri se retirèrent sans user de représailles, et se bornant à repousser et A combattre ceux qui Ira suivirent pour les harceler dans leur rêtraite.— Le général en chef vit avec peine cette collision qu’il u’avait pas pu prévoir; mais* dans son désir de prouver aux Égyptiens qu’il avait le dessein de respecter leurs usages et même leurs préjugés religieux , il défendit A Fugières de marcher de nouveau aur Tanlah , et chargea le Grand-Divan d’obtenir, par voie de négociation, des habitants de cette ville une réparation qu’il ne roulait pas exiger par la force des armes. %

Combat de Chabbas-tmelr.— Parmi les événements dont la province de Rosette fut le théâtre, un seul mérite d'être cité. Lorsque le général Menou se disposa A parcourir son commandement pour s’assurer par luimême de la soumission des villages, le général Marmont et plusieurs autres membres de la commission des Arts cl des Sciences demandèrent à l’accompagner. Cette visite d’un pays où, depuis long-temps, aucun Européen n’avait pénétré, était pour tous une partie de plaisir. On ae mil en marche le 27 août. Tant qu’on suivit les bords du Nil, les habitants accueillirent avec empressement la petit» caravane, qu’escorta ienl 200 hommes d’infanterie, La confiance inspirée par te bon accueil faillit devenir fatale. A la hauteur du village de Dekouq on s’enfonça dans l’intérieur des terres. Les généraux et les savants, A cheval , précédaient l’escorte. Un premier groupe, composé d’un guide, d’un aide de camp de Marmont et de quelques membres de la commission, parmi lesquels sc trouvait le dessinateur Joly , marchait en avant ; H arriva au village de Chabbas-Ametr, où était un grand rassemblement de fellAhs. Le guide s’empressa de crier en arabo: La paix! soyez sans inquiétude ! On ne lui répondit que par le mot erga ! ( Va-t’en ) , et par une décharge do mousqueterie. Les voyageur» tournèrent bride pour se replier aur l’escorte. Joly perdit la tête; craignant do ne pouvoir se tenir A cheval , il mit pied à terre et fut massacré. — L’escorte entendit les coupa de fusil, força sa marche, et repoussa dans lé village les fellAhs, qui se jetèrent dans une maison fortifiée, où iis se maintinrent jusqu A la nuit. Dans ce combat, Menou eut

no cheval tué sont lui ; il ramena A Rosette uo certain nombre de blessés.

Attaque de Damiette. — Combat de Choarah. — Dans la nuit du 15 au 16 septembre un rassemblement considérable d'Arabes et de fellâhs poussa l’audace jusqu’à attaquer Damiette. Celte ville ne renfermait qu’une faible garnison , qui prit les armes , fit une sortie et dispersa l’ennemi. Néanmoins, dans la journée du 16, le village de Cboarab , située A une portée de canon de la place, se révolta. Les Arabes du Cbarkirh et du lac Menzaleh l’occupèrent en foule et s’y retranchèrent. Le général Vial n'ayant paxde forces suffisantes, se borna d’abord â observer leurs mouvements; mais dans la nu<t du 19 au 20 il fut renforcé par un bataillon de la 25* , et se décida le 20, à la pointe du jour, à attaquer Cboarab. Le général Andréossy prit le commandement de la flottille, qui remonta le Nil et débarqua des troupes au-delà du village. Les ennem s, au nombre de 10,000 hommes, étaient rangés sur une seule ligne, occupant tout l’espace depu s le lac de Mrnxaleb jusqu’au N I. Vial envoya une compagnie de grenadiers de la 25* pour attaquer Irûr droite et lui couper la retraite du côté du lac, pendant qu’Andréossy les prendrait par-derrière et que lui-mème 1rs attaquerait de front. Ces divers mouvements s’exécutèrent au pas de charge; les ennemis furent eulbulés dans l’inondation du Nil et dans le lac. Choarah fut emporté et livré aux flamme*. Les Arabes eurent plus de 1,500 hommes tués ou noyés. On leur prit deux pièces de canon en bronze j et trois drapeaux.

Expédition dans le lac de Menzaleh . — lias s an- Toulmr. — Combats de M otarie h. — Reconnaissance du tac . — Le lac de Menzaleh s’étend sur le bord de la Méditerranée, entre les ruines de Péluse et la branche du Nil dite de Damiette. Il parait avoir été formé par l’ancienne branche pélusiaque: sa longueur est de 20 lieues, et sa largeur de 6 lieues. Une étroite bande de terre, percée de deux ouvertures ou bogaz, le sépare de la mer; ses eaux, très poissonneuses, sont peu profondes (environ 3 pieds ); l’entrée des bogaz est fréquentée par les marsouins. Malgré la communication avec la mer, les eanx du lac ne sont pas salées dans toute son étendue. Elles sont saumâtres sur quelques poiuts et potables dans d'autres. Les Iles nombreuses du lac, et ses bords oit se trouvent les ruines de Tanis, de Tduna, de San et de Péluse, sont habités par des peuplades entièrement adonnées à la pèche. Ce sont des hommes plus robustes et plus courageux que les autres Égyptiens; leur manière de vivre les endurcit aux fatigues. Ils possèdent 6 à 800 embarcations avec lesquelles ils parcourent la vaste étendue d’eau qui forme leur domaine. — Ces diverses peuplades étaient alors soumises â une quarantaine de chefs secondaires qui tous reconnaissaient la suprématie de Hassan-Tou bar , cheik de Menzaleh , dont la famille dominait le pays depuis deux siècles. Hassan -Tou bar , maître des eaux du lac et de plusieurs points fortifié», s'était créé une position indépendante; il était peut-être le seul Égyptien qui , su us les yeux des Mamelucks , o*At montrer

son opulence; mais ceux-ci, n’ignorant point le nombre d'hommes déterminés placés sous ses oidres et ses alliances avec les Arabes du désert , se contentaient d'un léger tribut et le laissaient gouverner; A sa fantaisie la portion de l’Égypte dont il s’était fait le souverain.

Bonaparte, convaincu qu'il était impossible d'arriver par des voies de douceur A capter l’amitié de ce chef influent, et sachant que, d’accord avec Ibrahim- Bey, il entretenait sourdement les dispositions k la révolte dans les provinces de Charki<h,de Damiette et de Mansourab, se décida k agir hostilement. U lui importait d'étre maître du lac Menzaleh , qui , dans le cas d’une expédition en Syrie, était la voie la plus commode pour le transport du matériel et des approvisionnements de l’armée. En conséquence, il donna ordre au général Dugua qui commandait la province de Mansourah, de faire appuyer par des djeimes armées l’expédition dont allait être chargé le général Andréossy , et de faire marcher par terre une colonne pour occuper le bourg de Menzaleh et pour tâcher de se saisir de Hassan-Toubar.

Andréossy partit en effet, le 3 octobre, de Damiette; sa flottille était composée de quiuze djermes, contenant 200 soldats et conduites par des réis du Nil. Trois de ces djermes étaient armées d’un canon. Arrivé A l’embouchure du fleuve dans la Méditerranée, il débarqua avec IG0 hommes et fit roule par la digue naturelle qui sépare le lac de la mer, tandis que le reste de sa troupe dirigeait les djermes vers une des bouches du lac, connue sous le nom de bouche de Bibeh ; les deux colonnes s'y réunirent, et le lendemain la flottille entra dans le lac. Andréossy se rembarqua et se dirigea entre les lies de l’ouest et le continent de Damiette. — La flottille voguant depuis quelques heures, éta-t arrivée A la pointe de Matarieh ; déjà Andréossy apercevait dans le lointain, les minarets de Menzaleh, lorsqu’il vit déboucher de derrière 1rs Iles une multitude de djermes. I<a nuit approchait, et le général se trouvait dans des parages inconnus, A la merci de ses pilotes, qui manifestaient leurs craintes par des signes non équivoques. L’infériorité numérique de scs forces cl son ignorance des localités le délrrminèreut A revenir du côté de Damiette, dans l'espoir que des secours pourraient lui arriver pendant le combat. Les barques des ennemis étant entrées dans le canal ou naviguaient les Français, les deux flottilles furent bientôt en présence: elles voguaient parallèlement. Andréossy avait fait attacher ses bâtiments les uns aux autres, afin de présenter une masse capable de résistance; la nuit était survenue, et l’obscurité était profonde. Tout A coup les Égyptiens poussent de bruyantes clameurs', auxquelles se mêlent les sons aigus des instruments de cuivre, et les éclats assourdissants des tambourins. A cet effroyable vacarme succède une vive fusillade. Les Français ripostent par un feu de file bien nourri et par plusieurs coups de canon. Leur altitude imposante intimida l’ennemi, qui, cessant de marcher A la hauteur de la flottille, se contenta d'en harceler la queue jusqu’au mouillage de Minieb. — Là recommencèrent les hurlements et la musique barbare qui avaient accompagné la première

attaque. Hassan-Toubar dirigeait lui-même tes fellàbs à demi sauvage» ; il essaya uu stratagème qui aurait pu réussir avec un adversaire moins expérimenté et s’approcha de terre comme pour débarquer, comptant engager ainsi les Français à quitter leurs djermea; mais Àndréossy devina la ruse : se» troupes, immobiles sur les bâtiments, ne répondirent aux clameurs des Égyptiens que par une fusillade soutenue et des décharges répétées d'artillerie. Andréossy espérait que le bruit des explosions, favorisé par le silence de la uuit, arriverait jusqu’à Damiette et ferait connaître le danger de sa position. Celte attente ne fut point trompée. Un détachement Français placé en observation aux environs du lac, averti par le bruit, accourut sur le théâtre de l’action ; mais déjà Ira ennemis s'étaient décidés à la retraite. Une nouvelle attaque eut lieu le 8 octobre: quoique leurs forces fussent encore plus considérables, ils échouèrent daus leur» tentatives : le feu de la flottille, soutenu par une pièce de huit, jeta la confusion au milieu d’eux et les obligea à une fuite précipitée.

Le général Dugua, qui avait ordre de combiner ses mouvements avec ceux de la flottille, avait commencé par faire une démarche pacifique auprès de Hassan- Toubar, et n’avait obteou que cette réponse du Cheik : « Je ne veux voir les Français ni de près ni de loin: s'ils me donnent la certitude de me laisser tranquille chez moi au bourg de Meozaleh, je leur paierai le tribut que je payais aux Mamelucks ; mais je ne veux avoir avec ces infidèles aucune communication. » En conséquence, Dugua ne perdit plus de temps à délibérer. Par son ordre, une forte colonne , sous la conduite du général Dumas, se porta rapidement vers Menzaleh ; un rassemblement de fellàhs et d'Arabes, qui tenta de s'opposer à la marche des troupes françaises, fut dispersé, et la colonne s’empara du bourg. Hassan-Toubar s’y trouvait encore avec sa flottille. La priae de son fort principal le mit dans l’impuissance d’agir avec succès -, ses barques errantes le portèrent d'Ilern Me jusqu’à l’ancienne bouche pélusiaque.d’où il alla chercher un asile en Syrie. — Andréossy fit sa jonction avec la colonne du général Dumas : des postes militaires furent établis tant à Menzaleh qu’à Matarieb, et, sous leur protection, la flottille put croiser dans le lac avec sécurité.— Andréossy, maître de la navigation, compléta la reconnaissance du lac et de ses environs.

Reconnaissance des lacs de l Vairon . — De retour à Damiette, le 23 octobre , après avoir terminé la reconnaissance, les sondes, la carie du lac Menzaleh, pour la construction de laquelle il avait fait mesurer à la chaîne une étendue de plus de 43,000 toises, le général Andréossy se remit en route aussitôt avec le savant chimiste Berthollet, pour reconnaître les lacs de Natron.— fl se rendit, escoriéde 80 hommes, àTerranëh, d’où il partit dans la nuit du 24 au 26.— A près quatorze heures de marche, il arriva aux lacs Natron, situés dans une vallée qui a plus de deux lieues de Large, et dont la direction est du sud à l’ouest. Ces lacs comprennent une étendue d’environ six lieues. Trois couvents copbles, dont un est isolé, sont situés dans la vallée,.

vers le sommet de la pointe opposée à Terranéh. Andréossy consacra la journée du 26 à visiter les lacs, cl se rendit ensuite au fleuve Sans Eau. C’est une grande vallée encombrée de sables , adjacente à celle des lacs Natron, et dont le bassin a près de trois lieues de largeur. Le général y trouva de grands arbres entièrement pétrifiés. Le même jour, il alla bivouaquer auprès d'un couvent, le quatrième de la Vallée des Lacs , et qui est situé dans la direction d'Ouardan. Andréossy reconnut que celte vallée renferme quelques sources de très bonne eau. Le Natron parut à Berthollet être d’une bonne qualité, et assez abondant pour alimenter une branche de commerce importante. — Les deux savants rentrèrent au Kaire au moment où les Français venaient d'y réprimer une redoutable insurrection.

Administration de Kléber à Alexandrie. — Ses discussions avec Bonaparte. — Dans la province de Bahireb , Kléber avait à la fois à contenir les Arabes et à surveiller les mouvements des flottes ennemies, afin d'étre en mesure de repousser toutes les attaques extérieures. Les Arabes lui donnaient peu d'embarras; mais il u’en était pas de même de l'administration qui lui était coufiée , surtout depuis le désastre d'Aboukir. Il avait eu à organiser la légion nautique et à pourvoir à tous les besoins des hôpitaux et à ceux des marins de la flotte débarqués après le combat. Privé d’argent M sans autres ressources que les produits de douane que la guerre avait annihilés, il n’y était parvenu qu’avec de grandes diffi ultés. Il aurait préféré une vie militaire à tous ces ditails d’administration, et il demandait fréquemment à reprendre le commandement de sa division. — Le général en chef ne pouvait songer à faire venir Kléber à Alexandrie avant d’étre rassuré sur toute leutative de la part des Anglais ; mais il prévoyait avoir bientôt besoin de ses services plut actifs, et il envoya à Alexandrie le général d’artiilerie Manscours , avec mission de compléter l'armement des côtes. — Le général Mannont fut placé à la télé d'une colonne mobile qui avait pour but spécial d’assurer la communication entre Rosette et Alexandrie, d'empêcher tonte corresponds nce entre les Angla is et le» A ra bel, de tenir libre l'embouchure du Nil par la branche dê Rosette et de surveiller les populations du Bahireh, afin qu’elles ne s’opposassent pas à l’écoulement des eaux du Nil dans le canal qui alimente les citernes d’Alexandrie. — Kléber réussit à faire rentrer dans l'ordre les insurgés de Damanhour, et l’émir Ibrahim, leur chef , livra des otages.

Vers la fin d’août, les Anglais firent mine de vouloir tenter un débarquement du côté d’Aboukir; leurs vaisseaux s’approrhèrent à portée de canon et essuyèrent le feu des batteries françaises. Onze canots chargés de soldats, protégés par deux bricks, s'avancèrent vers la digue; mais la marche de 160 hommes et quelques coups de canon suffirent pour leur faire reprendre le large. Ce n’était sans doute qu’une reconnaissance pour voir si les Français étaient sur leurs gardes

1 Les Anglais tarent peu de temps après connaissance du départ de Kléber, qui te rendu an Kaire, « songèrent A mettre son absence t profil. Vers le milieu d’octobre, leur croisière arait été renforcée de

Les embarras multipliés d’une administration manquant d’argent et réduite, pour subvenir aux besoins des divers services , A vendre le riz qui aurait dA être conservé pour l'approvisionnement, irritaient quelquefois la susceptibilité de Kléber. Il se plaignait fréquemment A Bonaparte, il avait peu d'estime pour les officiers de marine. qui n'avaient pas vaincu A Aboukir, et U voyait avec peine que ie géuéral en chef consacrAt à réorganiser une flotte des sommes qui provenaient d’emprunts forcés, faits aux négociants, et qui lui paraissaient nécessaire* A l'armée de terre. Il avait même mis à la disposition du payeur une somme que Bonaparte destinait A l’ordonnateur de la marine. I.e général en chef so fâcha , lui ordonna de faire restituer celte somme A la marine, et lui écrivit que l’administration et les hôpitaux d'Alexandrie coûtaient le double du rtsie de l'armée. Kléber s’indigna de ce reproche indirect : «S'il est vrai, répondit-il, qu’ Alexandrie ait coûté le double du reste de l'armée, abstraction faite des réquisitions frappée* ailleurs, et qui n’ont jamais eu lieu ici, abstraction faite de ce qui a sans crs»c été payé au génie, A l'artillerie et A la marine , on a droit d'en conclure qu'il y a eu dilapidation infâme..... Ma conduite doit être examinée, et je vous en fais la demande formelle Je ne suis point venu en Égypte

pour faire ma fortune; j’ai su jusiuVi la dédaigner partout; mais je ne laiantrai jamais non plus planer sur moi aucun soupçon... Vous avez oublié, citoyen géuéral, lorsque vous m’avez écrit cette lettre, que voua teniez en main le burin de l'histoire, et que vous écriviez A Kléber. Jq ne présume pourtant pas que vous ayez eu la moindre arrière-pensée, on ne vou* croirait pris.»

Kléber offrit en outre sa démission. Bonaparte ne l ac cepta pas. — Une lettre nouvelle répara ce que la première avait eu de trop sévère; il «d’onia A Kléber l'autorisation de venir au Kaire, en lui écrivant : «Croyez au désir que j’ai de vous voir promptement rétabli et au prix que j'attache A votre estime et à votre amitié. Je craïus que nous uu soyous un peu brouillés; vous

seriez injuste si vous doutiez de la peine que j'en éprouverais. -Sur le sol de i ftgypte, les nuage», lorsqu'il y en a, passent dan» six heures; de mon côté, s'il y en avait, ils seraient passé» dans trois: l’estime que j'fti pour vous est au moins égBle à celle que vous m'avez témoignée quelquefois.» K lébor fut ému en lisant cetU» lettre; il arriva au Kaire pendant la révolte de cette ville , et ses premières paroles témoignèrent de ton attachement et de sa sollicitude pour son général en chef.

Rik'olle au Kaire. — L'administration juste et régulière de Bonaparte aurait bientôt porté ses fruits. Le» sentiments des Arabes commençaient A devenir favorable» aux Français, dont la domination était évidemment plus douce et plus supportable que celle des Mameluckt. Encore quelques mois, et le but du général en chef aurait été atteint. De» agents secret» de la Porte-Ottomane vinrent changer ces bonnes disposition», en réveillant et en excitant le fanatisme d'une populace grossière.

Ouand Bonaparte avait quitté la France, il avait été convenu avec le Directoire que le ministre des relationi extérieures, Talleyrand, se rendrait A Constantinople pour essayer de prouver au Sultan que l'expédition d'Égypte ne devait lui donner aucun ombrage, qu’elle n'avait d’autre but que celui de châtier les beys mamelucks, dont la France avait A ne plaindre, de ruiner le commerce des Anglais dans l’Inde, et de rendre A l'Égypte l’entrepôt de l'Orient. La négociation était difficile, mais non impossible. Talleyrand ne remplit pat la promesse qu’il avait faite de s'en charger: il trouva des prétextes pour confier cette mission A un subalterne et resta A Paris. La Porte, ainsi abandonnée à l' influence de la Russie et de l'Angleterre, déclara la guerre A la France.

La nouvelle de cet événement, répandu# en Égypte par des émissaires envoyés d« Syrie, n« tarda par* so répandre dans le pays et y causa une fermentation générale. Les mécontents s'organisèrent; profilant de la liberté laissé»- A l'exercice de la religion, ils changèrent les exhortations à la prière, prononcée» du haut det

quelques bAtlmcnls logera, Le 23 . à deux heures de l'après-midi . vingt chaloupé*, sonlinnr* par quelques hnrt», cngaglrêm avre V* flirt d’Abouk ir une ranonrwnk’ qui dura Ju*quà la non ix li tnlematu. à la même heure, iVnnruii rmunmeiira la même attaque; mai* il eut une de «et chaloupes contée ba*. Le 27 , à dix heure* du matin , 15» Arabe* A pied el A obérai se montrèrent derrière Aboukir, et ^tarèrent comme signal un lurhati rouge *ur un munlireitc rie *ab!c. Uu détachement frauvaU marcha sur eu* et le* dispersa. tx ‘.S , A 0 heures du malin, les chaloupes ennemies s’avanr-ènul au nombre de trente, elles s‘*pprorbércnt si prés dn fort, qu'aprés la canonnade, la fusillade singagra et devint très vue. Neanmoins l'ennemi n'osa p-U arriver Jusqu'à terre ; Il Hta *«r la drmle et owwMpça à débarquer line soixanlainr d” hommes sur la digur. Quelque* soldai* m.tr ehérenl A eut en butant la «barge: le» Anglais se rtinhanpiérrnt pnVipilanuiw ni. la éotlille. tarés «voir et» plusieurs rhalonpt* cm». Mc* bas et de* boqitur» un*, pot le large, tx tcudunaia, eoiin.Mra I Llemcoi diminuée, elle s’approrba encore du fort it de la pJagr; reçut* | pomme te* jour* précédents, elle l’Hoiipta rie b rôle pour ne plu* re- I venir.- - Au premier art* dé tv* tentative», h- général en rhrf dirigea Murat sur llaruautrh , attu que ce général fût A portée rie marcher I suivant l'oerason sur Rutellc. sur Abo iVtr ou sur Alexandrie. Il se 1 prépara A «noyer d'autre* troupes . el A sV transporter lin même si u présetiee y rievrnail mvc**atre , ma» le départ de l 'ennemi rendit les mesure* i nul île»

Bonaparte regretta que Hartuoiri n’eilt pas laissé dans 1rs derniers jours le* Anglais se hasarder plus nombreux à (erre. *11 rat évident, lui écnvil-il. qu’ii* n’ont tenté te débarquement que par mita

dr quelque projet concerté avec Mourad-Bey , loi Arabes ou 1rs habitant* : pu impie itm alliés ne se montraient pa* en foire, il fallait laisser les Anglais débarquer el foatber sur eux. Vous noiu aurtea envoyé quelque colonel anglais prpomner, qui bous aurait donné d#a

nouvelles d'Europe. »

Ce désir bien naturel du général rn chef fut d*afflrtirs satlsbtf dans le moi* finirait i, Quelque* petit* navires anglais firent naufrage sur 1rs «■Ale* d'Alexandrie et de Uoselle; b-* équipage* te tauvèirul A tme el furent eooduiU au baiir, où Corwqui le ne le* ronddéra pas comme prisonniers. Ori Ira laissa libre* sur parole, en allemtaul une nerasioii de le* renvoyer A boni de la (loi Ul le. Us *e mêlaient avec les Main pour assister auv revue* el s'approcJuueot du général eu «tof jusqu'A toucher son cheval. I n des officiers rie son étal- major lui ayant signalé cc« nqrtni étrangers , ri répondu en sondant : • Voyex tranquille comme mol. je ne crains rjm : les Anglais ne son! pat «1rs a*s.u<in*. » t ins , nn jour, passât»! derant la maison qui leur avait été arguée pour lugiUH'nt , il aperçut la fipuue 4 un tlMiciol allai’ant un enfant . el il lut envoya nn |*t de lai! il dn linge*. Le kndetnaln et le* jour» tiMTani*. ri commua do frire remettre quelque secours à «vile pauvre mère. Sur <*» rnbefiuli-a. nu bateau, venant d'Akxandnr, ayant chaviré prés du Kaire, ksoHiracrsct Je* matelot* anglais, qui *e promena leiit an bord du M. te jetèrent à l'ean et sauvèrent sept in- • Mi tu» d’une mort crelaiar. le gc itérai m cnef 1rs fil appeler, ton» leur conduite, Ht ivtvpbr Jtl» fr. à chaque uf licier il AO à • chèque matelot , et leur ddivra des. pas«e-purli pour telourner librrniçnt À bord de la croisière. Comme ils le remerciaient , il leur dit aveé bienveillance : • Fortune de guerre /■

minarets, en appel* A l'insurrection. «Le chef de* Mu- j jaltnans, disaient les Cheiks subalternes des mosquées, | s'étant déclaré contre les Français, on ne doit plus les considérer que comme des chien* d’infidèles, qu'il est méritoire d’exterminer.» Cette doctrine porta ses fruit*.

A la pointe du jour, le 21 octobre (30 vendémiaire), des rassemblements commencèrent à se former dans divers quartiers du Kaire. A 7 hep res , la populace se porta en foule à la maison du Kady, vieillard respectable par si» moeurs et son caractère. On l’obligea A monter A cheval , et A se mettre A la tète d’une députation qui allait se rendrecbex le général en chef, sou* prétexte de demander la révocation d’un arrêté récent relatif à une vérification des titres des propriétés. La multitude était déjà en marche, lorsqu'un ami du Kady se hasarda à lui dire que le rassemblement était trop nombreux et trop mal composé pour ressembler â une députation paisible, réunie dans le seul but de présenter une pétition. Le vieillard, frappé de l’observation, descendit de cheval et se retira ; mais la populace irritée le suivit et pilla sa maison, après l avoir maltraité, lui et ses gens.

A coups de pierre et de bâton. Ce pillage fut comme un signal définitif. Les mécontents, se croyant assez forts pour attaquer les Français, se répandirent dans les différents quartiers, et, assaillant A l’improvislcceux qu’ils rencontrèrent, en massacrèrent plusieurs. La maison de Caffarelli fut investie et pillée; le général était alors sorti pour accompagner le général en chef dans la visite de quelques travaux. Deux ingénieurs des ponts-et-chaussées , qui se trouvaient chez lui, se défendirent avec un grand courage, mais périreut accablés par le nombre. Deux braves chirurgiens (Roussel et Mongin) eurent le même sort en défendant l’entrée de l’hôpital, où néanmoins les révoltés ne purent pas pénétrer. Les membres de la commission des arts furent assaillis dans leur maison : aidés de leurs domestiques il* s’y défendirent assez long-temps pour que la troupe pût venir les dégager. A la première nouvelle des troubles, le général Dupuis, commandant du Kaire, avait mis sur pied plusieurs détachements, mais apprenant que la révolte avait un caractère sérieux, il sortit de sa maison accompagné seulement d’un aide de camp, d'un interprète, et de quinze dragons. Déjà la plupart des rue* étaient barricadées ou obstruées par la foule; néanmoins il était parvenu de la place de Birkel-el-Fil jusque dans la rue des Vénitiens près du quartier des Francs, et avait même réussi à dissiper divers attroupements, quand la foule manifesta le dessein de s’opposer A son passage. Il essaya de faire entendre quelques paroles de paix, on ne l'écouta pas. Un officier turc, attaché à la police, qui venait à quelques pas derrière lui , voyant l’impossibilité de faire cesser le tumulte par des moyens de douceur, tira un coup de tromblon. La populace devint furieuse et se rua contre Dupuis, qui, la chargeant avec son escorte, culbuta tout ce qui était devant lui et s’ouvnt un passage; mais un des révoltés l'atteignit d'un coup de lance au moment où le général tendait la main A son aide de camp qui venait d’être renversé de cheval; la lance le frappa au - dessous de l’aisselle gauche et lui coupa

T. II

j l'artère; le mouvement qu’il faisait ouvrit aussitôt I une large issue au sang; il perdit connaissance. On le transporta dans une maison voisine, où il mourut. Ce digne général avait commandé la brave 32* demibrigade. Les hasards de la guerre l’avaient respecté dans les combats. En apprenant sa fin prématurée, Bonaparte s’écria, dit-on, avec douleur ; a J’ai perdu un ami ; l’armée, un brave, et la France, un de ses plus généreux défenseurs »

Déjà on avait battu la générale, le canon d’alarme s’était fait entendre, les troupes avaient pris les armes et la fusillade était engagée dans toutes les rues. Les insurgés, au nombre de 15,000, se retirèrent dans la grande mosquée de Djemil-Azar, espérant, en prolongeant leur résistance, rallier A eux la plupart des habitants qui n'avaient encore pris aucun parti ; ils s’y retranchèrent et en barricadèrent les avenues. Les Arabes, qui avaient été prévenus à l’avance du mouvement projeté, parurent aux portes du Kaire et cherchèrent à se réunir aux révoltés.

Le général en chef était revenu de Gizeh et n’avait pu rentrer dans la ville que par la porte de Boulaq. U donna aussitôt le commandement du Kaire au général Bon. — Les communications entre les quartiers étaient interrompues, les maisons des riches livrées au pillage. Des pièces de canon furent aussitôt mises en batterie à l’entrée des principales rues.

A midi , un convoi de malades, arrivant de Salehieb , fut assailli par les Arabes qui dispersèrent l’escorte et massacrèrent les malades.

La nuit sembla ramener le calme; les hostilités furent suspendues, les révoltés en profilèrent pour se renforcer; mais de son côté, le général en chef fit ses dispositions. Par son ordre, le général Dommartin établit sur le Mokattam une batterie de 4 obusiers, à 150 toises de la mosquée de Djemil-Azar.

Bonaparte songea ensuite à isoler l'insurrection, et à lui couper toutes communications avec le dehors. Le 22, à quatre heures du matin, les généraux Lan nés , Vaux et Dumas sortirent du Kaire avec des troupes pour explorer la campagne environnante , et dispersèrent quelques milliers de paysans cl d’Arabes, qui accouraient autant pour secourir les révoltés que pour prendre part au butin. Les eaux du Nil étaient alors très hautes. Il s’en noya un grand nombre dans l’inondation. Ce fut en revenant de cette expédition que le chef d’escadron Sulkowski , aide de camp du général en chef, fut assailli par la populace du quartier de Bab-el-Nasr, renversé de cheval et massacré. Les blessures qu'il avait reçues au combat de Salchieh n’étaient pas encore cicatrisées: «C'éUit, dit Napoléon, un Polonais plein d'audace, de savoir* et de capacité. H était allé porter A Kosciusko les instructions du Comité de Salut-Public. 11 connaissait le génie, parlait (ouïes les langues de l'Europe; aucun obstacle ne l’arrêtait.»

» Un arrêté An Consuls «tait décide qu’uu monument serait élevé à ta mémoire sur une de* places de la ville île Toulouac , mât» cet arrêté n'a point été exérulé ; une inscription , placée *ur la porte du pont de la llaronne . est le trul monument qui rappelle le brave Dupuis au souvenir de ses connut riolil.

* Sulkowski était membre de l’InsUtut d'Égypte.

Certain que tout liait tranquille hors du Kaire, le glnli-al en chef tourna «es effort» vert la ville. — Une colonne d'infanterie marcha sur le grand cimetière qui Hait Occupé par un fort rassemblement : ceux qui le ftrtnaiènt furent dispersés ou taillés en pièces. La grande rue, qui avait reçu le nom du bèave capitaine du Tonnant, tué A Aboukir (Dupetil-Thouars), devint aussi le théâtre d'un combat non moins sanglant. Une compagnie de grenadiers et une batterie d’obusim gardaient le débouché de cctie rue sur la place d’Esbekieb. Le* révoltés s'étalent glissés â travers le» jardin» et les cours des maisons, dans une grande mosquée située aü premier tournant de la rue, et de IA faisaient un feu meurtrier sur les artilleur» et sur lès grenadiers. Ceuxci mah-hèrènt â la mosquée; enfoncèrent les portes à coups de hache, et après un lutte acharnée eri chassèrent les révolté** qui* repoussés dans la grande tue ét privés d’abri, furent mitraillés par la batterie. La rüe fut jonchée de leur» cadavres. - Kesiaîèni lr* révolté* rend î mes dan» la grande mosquée de Djrniil - Azar \ mais le général èn chef 4 avant de faire tirée la batterie du Mukathtfi, tinta d'éviter un nouveau rainage et leUr ht proposer un géhéreux pardon. Le divan du Kalrè* les principaux Chriks, lis docteurs de la loi* envoyés par lui et chargé* d'offrir l’oubli de ce qui *'éiall pas**, se présentèrent aux barricadrs du quartier de la grande Mosquée; les révoltés leur en refusèrent l'entrée, ê!< pour les Obliger S s'éloigner, leur tirèrent mime quelques coup* de fusil. Bonaparte fil âlurt cerner la mosquée et euvoya A quatre heures l'oédre aux batteries du Mukaltam et de la Citadelle de comniencer leur fèu. Uu orage grondait dan» le lointain ; le bruit du tonnerre se mêla ah tracas de l'artillerie. Les habitants du Kaire; frdppés de Stupeur, y virent un témoigriage de la volonté du Prophète; et noyant que le èiél se prononçait pour les Français; rèstèrèht tranquille» et abandonnèrent les révoltés à lebr malheureux sort. Cependant le» boulets abattaient le* murailles et le* minarets dé là mosquée , les obus éclataient au milieu de IA foule armée qui se pressait sou» se* voûtes. Le* rétoltét Offrirent de se sdoniettre. «Il u’éft plus temps, répondit h* général en éhèf* ils ont laissé pssser l'heure dè la elémence. Puisqu’ils ont commencé, c’est .1 mol de finir.»

Réduits su désespoir, les hommes qui occupaient la mosquée de Djemil-Am, tentèrent de te faire jour les armes A là main, mais Ils trouvèrent partout une ligne hérissée de fet, et tombèrent sous les baïonnette* des soldais français. — Alors le* principaux chefs dè l’Infeurred ion, voyant toute résistance inutile et toute fuite impossible, sè dévouèrent pour sauver la multitude, et s’avançant désarmés vers 00» redoutables grenadier»* implorèrent leur pitié en sè prosternant èt en s'écriant ensemble: Amman / (miséricorde). Il était huit béUres du soir ; le général en chef, salisfait d’avoir dohipté ce dernier rassemblement le plu» redoutable de tous par son nombre et par son fanatisme, fil cesser le feu et ordonna d’épargner les suppliants.

Malgré l’avantage qu’offrait aux révoltés une guerre faite dans le» rue» et A l’abri des maisons, la perte des Français, dans les deux journées que dura la révolte,

ne fut que de tiü hommes tués, et 40 blessés. Les insur** gés eurent environ 2.500 hommes tués; le carnage avait été considérable dans l'intérieur et aux abords desdeuft mosquée».

La prompte répression de la révolte du Kaire Imprima dans l'esprit de tous les Égyptiens une profondé terreur , et confirma l’opinion qui commençait A S’établir parmi le peuple, que les Français étaient protégé! par une puissance céleste, et qu'il était inutile de chercher à leur résister.

Quatorze Cheik» avaient été signalés comme les principaux cbèfs de la sédition , onze d’entre eux furent condamnés A mort ; mais de ces onze , cinq seulement qui parent être arrêtés ; furent exécutés iur la placé de la citadelle. Le divan du Kaire fut supprimé, èt la ville plaèée pendant quelque temps sou» le régime militaire.

Oli profita de la révolte pour se procurer par quelque» impositions des fonds dont l'armée avait besoin: Le général en chef* sachant bién qu’on nè gou verge M* Africains que par la crainte , exagérait è dtSseih les effets de sa sévérité En faisant cbonallre à se* généraux la révolte et sou Issue* il écrivit A He>uier et à Marmont : « Nous Avons eu ici beaucoup de tapage: mai* actuellement tout est tranquille. Ce setâ; je crois, une bonne leçon, on s’en souviendra long-temps. Toutes les nuits nous faisons couper une trentaine de tête*, et beaucoup de celle» de* chef». » — Il n’y avait Hea de réel dans ces exécutions , mais les lettre* étaient lues aux divAus dr» provîntes menacées d’une prochaine apparition des Turcs, et le* plus travaillées pdr le* émissaires de la Porte. Os lettres contribuaient A les maintenir dans l'obéissance.

Deux mbis.jour pour jour, après la révolte do Kaire; le 21 décembre, la proclamation suivante, suivie de M création d’un nouveau divan, annonça aux habitant! que Bonaparte leur accordait un pardon définitif.

« Dès homme* perèers avaient égaré une partie (M» tre vous; ils ont péri. Dieu m’a ordonné d’être clément et miséricordieux pour le peuple: j’ai été dénient et oüséricordteux. — J’ai été fâché contre Vdus de votre révolte; je voit* ai privé* pendant deux mois de votff divan, mal» aujourd’hui votre bonne conduite a eFfaèé la tache de voire rébellion. — Chérlfs, ulémas, Moteurs de mosquées, faites bien connaître ao peuple que ceux qui sc déclarent nies ennemis, n'ont dè réfugiai dans ce monde ni dans l’auire. Y aurait-il tin homme assez aveugle phur ne pas voir que le destin dirige toutes mes opérations? ou assez incrédule pour douter qüë tout, dans ce vastè Univers, soit soumis au destiné as Faites connaître au peuple que, depuis que le mondé est monde, il était écrit qu’aprè» avoir détruit le» «H*munis de l’islamisme, fait abattre les croix, je viendrais du fond de l'Occident remplir la tâche qui m'â été imposée. Montrez â ce peuple que, dans II saint livré du koran, dans plus de vlogt passages, ce qui arrive à été prévu , et que ce qui arrivera esi également expliqué. — One cêux que la crainte seule de hos armés empêche de nous maudire, changent, car en faisant éii ciel des vœux contre nous, Ils Sollicitent leur condamnation : que les vrais croyants fassent des vœux pour la prospérité de nos armes.— de pourrais demander compté

à chacun de veun des sentiments les plus secrets de son cœur; car je sais tout, même ce que vous n'avez dit è personne ; mais uq jour tiendra que tout le monde verra avec évidence que je suis conduit par des ordres supérieurs, et que tous lés efforts humains ne peuvent rien coDlre moi ; heureux ceux qui , de bonne fui, sont tes premiers A se mettre avec moi. 9 Ce langage était celui d'un iptpiré; le prophète luimémp n’a U rail pas sutrcmennl parlé; ou plutôt Napoléon Ta dit lui-même A Saint «-Hélène, « I "était du charlatanisme et du plus haut, destiné à être traduit eu beaux vers par un des Cheiks les plus habiles.» Les Arabes écoutaient rt croyaient ; 1rs français ne faisaient qu'en rire. Ils devinaient je but de leur général.

Protection accordée aux moines du Sinni . — Peu de temps après la répression de la révolte du Kaire , une caravane venant de Tor et du Mont-Sinat arriva AUX parles de la ville. Elle fit demander au général en chef, par une députation de 24 Arabes, accompagnés d'un moine rophie servant d’interprête, la permission qgi leur fut accordée de vendre leurs marchandises au Kaire ; suivant un usage oriental , ils offrirent à Bonaparte de beau* fruit» en présent. C'étaient des raisins, des poires cl des pommes, cueillis dans le jard/n du couvent grec du moot Si m<1. Ces Arabes, gui approvisionnaient le Kaire de charbon de bois, n’y étaient pas venus depuis l'occupation française; ils ne s'étaient hasardé» à reprendre leur commerce, que r a. 'su ré 5 par la protection proiu se par Bonaparte aux marchands éliangers. La caravane campa hors de la ydlc « où ou alla la visiter. Les Arabes, intrrn gé* sur ce qu’il# pensaient de Bonaparte, répondirent: o Son bi as est fort , et ses paroles sonl de sucre.»

Le moine qui les accompagnait , avec un autre religieux, avait été chargé de réclamer du générai eu chef sa protection et la confirmai ion des privilèges accordés SU monastère du mont Siaaï, par divers princes musulmans. Plusieurs acte», qu'il préscuta au général , cou s- (ataient ces concessions. — B imparte, à l'exemple de tous les Sultans, les confirma par uo arrêté, dont le considérant mérite d être textuellement cité.

« Bonaparte , général en chef, voulant favoriser le couvent du mont Suai , — 1° pour qu’il transmette aux races futures la tradition de notre conquête ; — *£* par respect pour Moïse et la nation juive, doul la cosmogonie nous retrace les âges les plus reculés; — 3° parce que le couvent du moût Sinal est habité par des hommes instruits et policés, au milieu de la barbarie de* déserts où ils vivent ; — Ordonne , etc. »

Excursion à Sue?. — passage ife la mer Rouge.— Sources de Moise. — Canal des deux mers. — La tranquillité étant complètement rétablie au Kaire, le général en chef résolut de profiter de cet intervalle de repos pour qnç PXcur$ion qu’i| avait projetée du rôtéde Suez. H partit le 24 décembre, accompagné des généraux Berlhicr, Duuimartjn cl Caff^relli, du coptre-amiral (tant heaume, du commissaire ordonnateur d'Aure, et de plusieurs savants: Monge, Bertliollet, Dutertre, Descends, Cos la z et Lepère l'accompagnèrent. Plu-

sieurs négociants, que leurs intérêt* appelaient à Suea, s’adjoignirent i sa suite. La petite caravane passa la nuit du 24 au 2â au poste fortifié de Birket-cl-ILdjy, (lac des pèlerins). — Le 5 au soir, elle s'arrêta A l'arbre de Djamaat, tf colossal qui s'élève isolé, au milieu d’une plaine déserte, couverte de cailloux, et où le chemin n’est tracé que par des ossemens d'hommes et des animaux qui y sont mûris faute de vivres ou d'eau . Celte plaiue e&t' le point le plus élevé de la roule du Ksiir A Suez : le froid y était glacial. Un manquait de bois pour allumer du feu ; on fut obligé d'établir quelques foyers infects , qui furent entretenus avec des ossements. Bonaparte avait fait dresser sa teole sous l’if vénérahlo , afin d’en écarter ceux que la lentaliQQ aurait portés $ mutiler ce bel arbre, point de rrpox précieux pour 1rs voyageurs.

Le 2tt, Bonaparte qui la veille avait réglé sa mari lie sur celle de la caravane »ren détacha avec sa suite, voulant arriver A huez dans la journée même* Le gros de la caravque coucha dans un château fortifié, pris duquel w trouve le pmls d’Agyroud, profond de cinquante A soixante brasses, et dont l'eau, trop salée pour les hommes , est bonne pour les ripimraux et le# chevaux arabe». Lue enceinte flanquée de deux (qui s, peu éloignée du rhAtcau A demi ruiné , envirpMU e les source». C était une construction arabe établ e pour assurer la joti ss.utce du puits A la caravane de la Mecque, Un mo* avant le passage des pèlerins 011 y envoyait quelques hommes et de» chameaux afin de tourner une roue A ehapclçL,' au moyen de laquelle oji rleyajl l'eau nécessaire pour remplir trois réservoirs Spacieux , eq-, do is d’un ciment imperméable Le général en chef ordonna de faire au mécanisme du puits toutes 1rs réparations propres A le mettre ru état de servir.

A Surs , des capitaines de navire» venus du lied jos et de l'Yémen , confirmèrent au général en chef la nouvelle des prises faites sur le» Anglais, par le# croisières de l'Ile-de-France et par l'amiral Sercey, et lui firent connaître les disposi lions de l’iqiaB de Maxcate en faveur de# Français. — Bonaparte déclara A ces capitaines que l’inlMlUOn de la République était que les négociant» et les navigateurs tussent protégé», et les congédia, après avoir donné en leur présence un ordre pour modérer le* droit» de douanes sur les café*. — Parceval de /iratuijiiaj.sgu, membre de l'Institut, était directeur des douanes A §gez, pt la légion maltaise en formait la garnison.

Bonaparte ordonna la reconnaissance du port , des côtes et <ju gol.è,et fil diverses dispositions pour la défense de la ville. IJ diminua les droits excessifs impos*'» sur le commerce, espérant faciliter ainsi les importations et les exportations, et rétablir des relations utiles avec les Arabes des tribus voisines. Ensuite il se disposa A passer en Asie pour visiter dans l’Arabie-Pdtrée, A Irnia lieues sud-est de Suez, le» sources de Moïse, et pour recnnnalire la rive orientale de la mer Rouge. — En contournant le fond du gojfe, il aurait fallu faire une route de sept A huit lieues. Bonaparte, accompagné de quelque* officiers et d’un détachement de cavalerie , se hasarda A traverser la mer A gué , non loin de l'emplacement de l'ancienne ville d'Arsinoè. Les

autres personnes de l’expédition s’embarquèrent— A la faveur d’un banc de -sable et de roche, et guidés par des Arabes montés sur des dromadaires, Bonaparte arriva sans accident sur l’autre rive, bien que les chevaux eussent de l’eau jusqu’au ventre et fussent même forcés de nager pendant un court trajet D'après la tradition locale cette roule était celle que prirent les Israélites pour échapper à l’armée de Pharaon.

L’eau des sources de Moïse, situées à peu de distance de la mer, fut trouvée légèrement saumâtre, et néanmoins potable. — Le général en chef revint à Suez le même jour, laissant une partie de sa suite prendre les devants pour contourner par terre la pointe du golfe; pour abréger, il voulut revenir par la route où il avait passé le matin. La nuit et la marée montante le surprirent quand il arriva au gué. Le passage était hasardeux- Le guide dit qu’il en connaissait un plus facile; on le suivit , mais l’Arabe perdit la tête et s’égara dans un marais. Le général en chef courut quelque danger de périr de la même manière que Pharaon : «Ce qui n’eùt pas manqué, dit galment Napoléon , de fournir â tous les prédicateurs chrétiens un texte ma1gnifique.» Le général Caffarelli, que sa jambe de bois empêchait de se tenir bien ferme à cheval , se trouva dans le plus grand embarras. Il fut heureusement tiré du péril par la présence d’esprit et le courage d’un des guides du général en chef.

En revenant de Suez , le 30 décembre , le général en chef, accompagné des généraux et de Monge, chercha sur la plage, au fond du golfe, les vestiges de l’ancien canal des deux mers , et retrouva le premier la tête des digues. Les digues étaient peu remarquables à leur naissance et cachées par des sables qui avaient comblé le canal dans quelques parties. Bonaparte en suivit les traces pendant environ cinq lieues, jusqu’au point où ce canal débouche. Après avoir visité les fortifications et les établissements de Belbeis, passé la revue des troupes et reconnu l'extrémité orientale du canal de Suez , dont le rétablissement paraissait être un de ses projets futurs, il revint au Kaire.

Ce fut après le voyage de Suez que Bonaparte écrivit A Tippoo - Saêb , sultan de Mysore, qui luttait alors contre les Anglais avec une constance digne d’un meilleur succès ;

«Vous avez déjà été instruit de mon arrivée sur les bords de la mer Rouge, avec une armée innombrable

et invincible, remplie du désir de vous délivrer du joug de fer de l’Angleterre. Je m’empresse de vous faire connaître le désir que j’ai que vous me donniez , par la voie de Mascate et de Moka, des nouvelles sur la situation politique dans laquelle vous vous trouvez. Je désirerais même que vous pussiez envoyer à Suez ou au Grand-Kaire, quelque homme adroit qui eût votre confiance, avec lequel je pusse conférer.»

Bonaparte essaya de faire parvenir cette lettre par la voie de l’Iman de Mascate, auquel il écrivit aussi dans le but d'attirer les négociants arabes en Égypte : v

«Je vous écris cette lettre pour vous faire connaître ce que vous avez déjà appris, sans doute, l’arrivée de l'armée française en Égypte. — Comme vous avez été de tout temps notre ami , vous devez être convaincu du désir que j’ai de protéger tous les bâtimens de votre nation, et que vous les engagiez à venir à Suez où ils trouveront protection pour leur commerce. — Je vous prie aussi de faire parvenir celte lettre A Tippoo-Saêb, par la première occasion qui se trouvera pour les Indes.»

Non content de cette aventure faite â un prince influent dans l’Arabie, le général en chef, qui n'ignorait pas combien les chefs musulmans sont sensibles A la considération qu’on leur témoigne, écrivait dans le même temps au sultan de la Mecque.

«J’ai reçu la lettre que vous m’avez écrite, et j’en ai compris le contenu. Je vous envoie le règlement que j’ai fait pour la douane de Suez, et mon intention est de le faire exécuter ponctuellement Je ne doute pas que les négociants de l'Hedjas ne voient avec gratitude la diminution des droits que j’ai faite pour le plus grand avantage du commerce, et vous pouvez les assurer qu’ils jouiront ici de la plus ample protection.— Toutes les fois que vous aurez besoin de quelque chose en Égypte, vous n’avez qu’à me le faire savoir, et je me ferai un plaisir de vous donner des marques de mou estime.»

La politique et les intérêts de l’armée faisaient au général en chef une loi de tenter par tous les moyens possibles d’étendre ses relations avec les peuples voisins de l’Égypte. Le produit desdouaoes devait être une ressource pour le trésor, et des alliances avec des princes étrangers auraient consolidé, en cas d’attaque des Turcs, la position de l’armée française. Bonaparte songeait à la fois aux besoins de la paix et aux chances de la guerre.

RÉSUMÉ CHRONOLOGIQUE

10 kbt t. Combat de Mansourah.

12 — Combat de Renvrieh.

18 — Réoccupation de Mansourah.

20 — Combat de Chabba»-Atneir.

13 septevbrb. Comlwt de Sonbat Affaire de Taulali.

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