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CONQUÊTE DE LA IIAUTE-ÉGYPTE

SEDYMAN. — SAMANHOUD.

SOMMAIRE

Desaix remonte k Nil — Combat de Ciwboobttti. — Ocra pal km de JWotrt. — Combat* de Mrnekiah rt de Manxoorah. - Bataille de Sedynun.

— Attaque et combat de Medineb-el Faloum. — Dnuix pourvut Mourad. — Séjour i Girgrb. — Négociation* bmtik» de Mourad Bey. — Combat de Kooagny. — Combat de Tahtab. — Bataille de Sainanbood. — Paiaage de la dmnon à Ttièbrs. - Mourad Bry quitte la Haote- Égyptr. — OirupatMKi de Hyène. — Lalarorte* du Nil. — Pnac de file de Ptukr — Combat de l.itqtor. — Combat de Keoeb. — Combat

( d’Aboumanab. — Fatalisme de* Arabes. — Réapparition de Mourad Bey. — Combat deSahama. — Désastre de la djertne l'Italie. - Combat de Coptho*. — Assaut et incenduilr Benoul. — Formation de* colonne* mobile*. — Combat de Byr-et-Bar. — Combat de Bardi* et de Gir-prb.

— Combat de Djebeuteb. — Combat de Beni-Adin. — Destruction d'Abou-Girgch. — Combat de Hyène. — Expédition et occupation de Konetr. — Le* Ababdrb*. — SUoaiioo de la liaute-£gypie.

Généraux fronçait.

Dkuix. — Friant. — Bciuaro.

— Davocst.

Chefs mametucks et arabes.

MoraAD-Brr. - Oman- Bat.— Morahhkd - Elfmy - Bn. • — Ha*sar-B*cy - Jadoaoci - Hassan , Chértf cTYambo.

Le camp retranché que, d'après l’ordre du général en chef, Desaix avait établi pour contenir les Mamelouks et surveiller la population du Kaire, était situé à Torrah, sur la rive droite du Nil, à deux lieues au-dessus de la ville et en avant d’un ancien château-fort. Ce fut là que Desaix attendit le résultat de l’expédition contre Ibrahim. A son retour de Salebieh, Bonaparte résolut de profiler de l'inondation pour faire poursuivre Mourad-Bey, qui, retiré à cinquante lieues du Kaire prés de Bebnaseh , sur le canal de Joseph , avait déjà réuni un corps de troupes considérable.

Desaix remonte le SU. — Le 25 aoôt, Desaix, d’après l'ordre du général en chef, fit embarquer l'infanterie de sa division , composée de trois demi -brigades, (21* légère, 61* et 88e de ligne,) et forte d'environ 3,000 hommes. Le convoi remonta le Nil . escorté par un cbebeck, un aviso, deux demi-galères, armées en guerre, et arriva le 30 à Bcnisouef oh Desaix s’arrêta quatre jours pour assurer la subsistance de ses troupes. La division reçut pendant son séjour dans cette ville, un renfort composé de la Cisalpine et du 3e bataillon de la 21e, deux pièces de canon, cinquante mille cartouches et quarante-mille rations de biscuits. Le général en chef espérait que Desaix pourrait se porter directement à Bebnaseh et atteindre Mourad-Bcy. Dans le cas ou ce projet n’aurait pas été exécutable, il désirait que Desaix remontât le Nil jusqu’à Melaoui, entrât dans le canal Joseph et redescendit sur Bebnaseh. ■ Vous savez, lui écrivait-il, que je n’aime pas les attaques combinées. Arrivez devant Mourad-Bey par où vous pourrez avec toutes vos forces. Là, sur le champ de bataille, vous ferez vos dispositions pour lui faire le plus de mal possible. »

Le A septembre, Desaix se rembarqua sur la flottille, et, favorisé par le vent, arriva le soir à Abou-Girgeb après un trajet de quinze lieues.

Combat de Cheboubieh. — Là , il apprit qu’un convoi , embarqué sur le Nil , se dirigeait sur le canal Joseph afin de gagner Bebnaseh. Le fi au matin, il débarqua avec un bataillon et se mit en marche pour reconnaître la position de l’ennemi : cette marche ne se fit qu'avec difficulté à travers l'inondation. Enfin, après

avoir traversé un pays inondé par les eaux du Nil , et passé à gué huit canaux, il arriva dans la plaine cultivée deCbeboubieh, et atteignit le convoi au moment où il entrait dans le canal. Ce convoi avait pour escorte un grand nombre d’Arabes et ISO Manielucks, commandés par trois beys qui essayèrent vainement de résister. Une vive fusillade les dispersa. Desaix s'empara de douze djermes chargées de munitions et de vivres et dont une portait sept pièces de canon.

Le 7 septembre , embarqué de nouveau avec sa division , il continua à remonter le Nil et arriva le 12 à la hauteur de Darout-el-Cberif.où le bahr (canal) Joseph prend les eaux du Nil pour les porter dans le Faloum. Desaix fit occuper ce point important, et y laissa une chaloupe afin de croiser à l’entrée du canal, et de protéger la navigation avec le Kaire. Escorté par deux demigalères, il continua, avec quatre bataillons, à voguer vers Siout, où l'ennemi avait réuni tous ses bâtiments de guerre; la 21e demi-brigade le suivait à quelque distance sous l'escorte d'un aviso.

Occupation de Siout. — Le 13, il arriva à Siout; à son approche l'ennemi avait évacué la ville et fait remonter sa flottille vers Girgeh. Trois katchefs de Soliman-Bey , 300 Mamclucks, des A rabes, avec leurs femmes, leurs enfants et de nombreux bagages, faisant un détour dans les terres, étaient descendus au village de Beni-Adin, à six lieues au-dessous de Siout, sur les confins de la Moyenne et de la Haute-Égypte. Desaix résolut d'aller les surprendre. La vallée entre la chaîne libyque et Siout est très-étroite. Il partit de cette ville le 16, laissa le Niljderrière lui, et longeant le pied des montagnes, suivit la lisière du désert pendant tout le jour, rentra dans la vallée, et arriva à Beni-Adin le lendemain. Mais l’ennemi , instruit de sa marche, avait disparu et s'était dirigé vers le FaToum pour y renforcer Mourad. Desaix rentra à Siout, où il laissa une demi-brigade et un aviso pour escorter un convoi considérable de grains qu’il envoyait au Kaire, et certain de n'avoir rien à craindre pour le moment du côté de la Haute-Égypte, il résolut de se porter dans le Faïoum , où l'armée de Mourad s’était grossie d'un grand nombre de Fellàhs et d'Arabes du désert. Il se rembarqua sur sa flottille, descendit le Nil, laissa quatre bâtiments de

guerre pour croiser à Darout-el-Cberif, et avec sa flottille entra le 23 septembre dans le c^oal Joseph.

Combat de Menekiah et de Manzoumh. — Après ! une pénible navigation de dix jours, l'avant-garde aperçut, le 3 octobre, à la hauteur de Menekiah, un poste de Mamelurks. Desaix ordonna aussitôt de débarquer et je porta $vec un détachement sur les mamelon» de la chaîne Jibyque. Il s’eugagra une fusillade d'avant-garde; IVnnemi se relira; la diviÿioji sc rembarqua et coatipua A suivre lé canal. — U 4 au matin, la flottille arriva à un endroit où le canal se rapproche du désert, et on aperçut des Mamelucks embusqué^ derrière des dunes. Des forces con- , sidérables sç montrèrent tout a coup dans le village de Manxoi?p?J). U aurajtéU dangereux et inutile de débarquer sous le feu de l’ennemi. Le général Desaix fil virer de bord à sa flottille , regagna la position dt* Menekiah et fit débarquer sa division. Des compagnies de carabiniers chassèrent et dispersèrent les Mamelurks qni harcelaient les barques. Après avoir ordonné A la flottille de suivre par le canal le mouvement des troupes, Desaix forma sa division en carré et s’avança A l’extrémité de l’inondation, sur la limite du désert, entre l’eau et le sable. Les Mamelurks vinrent esearmoucheravec l’avant-garde; l’artillerie les éloigna. Le soir la divis on prit position près de Man/ourah.

Le lendemain, la division continua sa marche dans le même ordre, quoique harcelée par l’avant-garde de l’ennemi. Le corps de Mourad Bey était éloigné de deux lieues. À l’approche des troupes françaises, il gagna les hauteurs, prit position sur leur flanc gauche et se mit en mesure de les charger. Desaix ordonna un changement de direction, marcha droit A l’ennemi et le canonna avec tant de succès, que cette masse de cavalerie, incertaine dans «es mouvements, s’arrêta et finit par se replier. Un mouvement que la division française fit pour se rapprocher de scs barques, afin d’y prendre du biscuit, parut aux Mamelucks une marche rétrograde; ils s’avancèrent de nouveau en poussant des cris de victoire et de joie; mais quelques coups de canon suffirent pour les éloigner, et après avoir pris les vivres nécessaires , la division vint s’établir è EMktamon.

Bataille de Sedrman. — Le 7 octobre, Desaix, informé par ses espions que Mourad- Bey avait l'intention de l’attendre à Sedyman et de lui livrer bataille, se disposa A l’attaquer lui-même. Au lever du soleil, la division, formée en carré et avec des pelotons sur ses flancs, se mit en mouvement ; elle suivait l’inondation et la lisière du désert. A huit heures du matin, on découvrit l'armée ennemie. Elle était rangée en deux lignes sur le plateau qui sépare la province de Beni- SOuef du Faloum. 8 ou 10,000 Arabes et Fellàhs, A pied, gardaient un retranchement armé d’nne batterie. Un corps de cavalerie, composé de 4,000 Mamelurks et de 2.000 Arabes, formait la ligne de bataille. Au premier rang se montrait Mourad-ftcy, couvert de vêtements magnifiques. Lr* Fiançais ae disposèrent à l’attaque.

La division formait un seul carré, flanqué de droite et de gauche paf deux petits carrés de 200 hommes chacup. KUç s p porta sur le front de l'ennemi. Les Mamelucks, supérieurs en nombre, chargèrent avec impétuosité et enveloppèrent les Français de tous les côtés. Ne pouvant rompre le carré, ils se jetèrent sur le petit peloton de droite et le culbutèrent , le capitaine qui le commandait ayant ordonné à sr$ sqïdats de ne tirer qu’à bout portaut, ce qui arrêta trop tard l'impulsion des Mamelucks. Le feu du grand carré ne permit pas d’ailjcurs à l’ennemi dç prqJ?t£F cet avantage. Mourad reconnaissant la faute qp’il avait faite, de diviser ses troupes pour envelopper les Français , réunit tous ses cavaliers , qui revinrent A la charge sur un seul front; mais lorsqu’ils arrivèrent A dix pas de la ligne française, te* grenadiers les reçurent par une fusillade meurtrière et croisèrent leurs baïonnettes. Lis plus Intrépides Mamelucks, ne pouvant se Tésou dre A fuir, vinrent mourir dans les rangs, après avoir lancé contre les Français leurs masses et haches d’armes, leurs fusilset même leurs pistolets; quelquesuns , dont les chevaux avaient été tués, sè glissèrent , le ventre contre terre, sous les baïonnettes, afin dé rouper les jambes de* soldats. Mourad tenta de nouvelles charge*; ces attaques réitérée* coûtaient beaucoup de monde aux Français, mai* ne lui donnaient pas la victoire. Ce fut dans celle occasion crttîque qu'il montra son remarquable instinct militaire; il aVait cherché la cause delà résistance des troupes françaises et reconnu qu’elle était due A cet ordre de bataille en carré, adopté par les généraux Bonaparte et Desaix. R devina, par une inspiration de son çén le naturel , lé côté faible d'une trou|>e ainsi rangée, et renonçant aux charges successives, si meurtrières pour les Mamelucks, il fil démasquer son artillerie seulement : ce moyen , auquel l’armée française a dù la victoire de Fontenny , faillit être fatal à la division du général Desaix : chaque décharge des cauons ennemis emportait des files entières; le désordre se mettait dans lé carré, la cavalerie arabe n’attendait plus que le moment favorable pour s’y précipiter. Il fallait une résolution soudaine et énergique. Desaix jugea dangereux d'opérer sa retraite sur les barques II eût d’ailleurs été obligé d’abandonner un grand nombre de blessés. Il comprit qu’il fallait combattre jusqu'au dernier bomme, et demanda conseil au général Friant. Friant lui répondit, en montrant la batterie ennemie ; « C'est lâ qu'il faut alhr chercher la victoire ou la mort. — Kt nos malheureux blessés, répliqua Desaix?.... — Si je suis blessé, t'écrié Friant, qu’on me laisse sur le champ de bataille! ■* Desaix le serra dans ses bras et fit battre la charge. Les soldats français s'élancèrent avec impétuosité. Leur mouvement fut brillant et rapide comme l’éclair. I.eg Arabes et les Fel'Ahs, épouvantés, ae dispersèrent. Le général Friant enleva les retranchements et fit pointer sur les Mamelucks leurs propres pièces. Mourad avait perdu beaucoup de monde : trois de ses beys étaient tués, et deux blessés, il se dérida A la retraite, tfenfonçi dans le désert et gagna le lac de Charah , dans le Faloum. Les Arabes l’abandonnèrent.

Dans cette journée , un grand nombre d’Arabes et de

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FellAba et 400 cavaliers d'élite furent tués. Aucun Mameluck ne fut trouvé vivant sur le champ de bataille; ils avalent combattu jusqu'au dernier soupir; mais la victoire coûta cher aui Français : lis perdirent 340 hommes et eurent 160 blessés. Le chef de brigade Groroux, Happ , aidé de camp de Desaix, les capitaines Valette, Sacro et Geoffroy i le maréchal des logis Rousseau et le sergent Jérome, forent honorablement cités dans le rapport de Desaix. Le rapport de Bonaparte dit que, dans cette division, assaillie par une armée six fois plus nombreuse, tous, généraux* oficiefset soldats, s’étaient couverts de gloire.

Attaque et combat de Mntineh-el- Fatoum. — Dèsaix fit partir ses blessés pour le Kaire oh il avait déjà envoyé 400 hommes affectés d’ophtalmie, malad e commune dans la Haute-Égypte. Il laissa 360 hommes à Medineh-el-Kaïoum , et partit le 6 novembre pour soumettre les villages de la province que Mourad-ILy avait poussés A rinsurrection. De*aix trouva ceux dans lesquels Il te présenta encore armés, niais mus posèrent aussitôt les armes excepté celui dèCherumh , où un des katehefs de Mourad soutint contre l'avant-garde un léger combat, à la süile duquel il prit la fuite, abandonnant six chameaux chargés d’effets. Le village fut livré lu pillage et brûlé*

Cependant Muurad-Brv . profitant de l'éloignement du général Desaix, avait envoyé 1.000 Mamelueks pour soulever le pays et marcher contre Medineh-el-FVfoum. Lue multitude d’Arabes et FfellAhs s’élatt réunie aux Mamelueks. Le 8. a huit heures du matin, lisse montrèrent au sud-ouest de la ville, sur la rive gauche du canal. Le général Robio , atteint de l’ophtalmie ; se trouvait & FAIoum. — Le Chef de bataillon Eppler, excellent officier, commandait la place. Instruit des mouvements de l'ennemi il fit retrancher, autant que le permettaient les moyens d’une ville Ouverte de touies parts, la maison dh t'hopltal avait élé établi, et qui . outre la garnison ; renfermait plus de 150 malades. A onzë heures du matin , plus de 3.000 Arabes , 1 ,006 Mamelucks et Un grand nombre de Fellâhs armés, guidés par dra beys et des katehefs, s’avancèrent en deUx colonnes, et attaquèrent en même temps et avec fureur sur tous les pointa. Les issues de la ville n’avaient pas pu être toutes occupées. L'ennemi profita de èette dëc< ni stance pour tourner les postes principaux qui, après avoir fait une vive résistance, se replièrent eri bdn ordre sur l’hOpital. C’est la que le général Robin et le commandant Eppler avaient réuni leurs forces afin d'éviter une guerre de rue trop meurtrière. Pendant que les Arabes et les FellAhs s’approchaient en escaladant de toit en toit, une forte colonne, pressée et sans précaution , arrivait par les grandes issues. Eppler avait prévu ce désordre , et, dans le dessein d’en profiter, il avait formé deux colonnes prêtes 4 attaquer l'ennemi. Il commandait lui-même celle de droite, et celle de gauche était confiée au chef de bataillon Sacro. Dès que l'ennemi fut A portée , la réserve aux ordres du général Robin l'accueillit par une fusillade terrible; en même temps les deux colonnes débouchèrent en battant la charge, s'élancèrent à la baïonnette sur les Arabes et

les Mamelueks qu’elles culbutèrent dé rue eu rue. La terreur s'empara des Arabes et des FellAhs postés sur les maisons et qui, la plupart, croyant la victoire assurée, commençaient A se livrer au pillage. Tous voulant se sauver A la fois, s'embarrassèrent dans leur fuite: oh eo fit un carnage affreux. L’ennemi fût poursuivi jusqu'à une lietie de la ville, oh il laissa 200 morts et un grand nombre de blessés.

Desaix poursuit Mourait. — Oooiqùè vaincu A 5 è<* dyman et A Fatoum , Mourad-Bey i à l'aldè de sa eatjfléric que l'Infanterie française ne pouvait ai teindre, ècl-1 tait toujours niaftrc de la Hautc-fcgypte. Lé général ètf chef envoya A Desaix un renfort de t .000 hommes dé cavalerie, et de trois pièces d’artillerie légère, Commandé par le général Davoust, en lui ordonnant de poursuivre sans rétâche Mourad-Bey jusqu'aux Cataractes dd Nil, de détruire 1rs Mamelueks, oti au moins de M chasser entièrement de l’Égypte.

Davoust parti du Kaire le 6 décembre, arriva éfi quatre jours à Bcnisouef, et eut bientôt rejoint fe Nfgment de Desaix Le 16, la division se mit en mouvement. Mourad-Bey était campé A deux journées de marche sur la rivé gauche du canal Joseph, et au bord du désert.

Le 17 décembre, l’avant-garde française rencontra Celfif de l’enneuli, formée par les Mamelueks deSelim-Abondîc, et la chassa de Fèchéttl oh elle Venait dë prendre position. Les Mamelueks repoussés se replfèèênt sur le camp de Mourad-Bey, qui, A l’approché du général Desaix recommença A fuir et se disposa A remonter le Nil. LA division, sur laquelle il avait dix A douze heures d'avance, précipita sa marche. Elle bivouaqua lë 17 9 ZafetezaTn, le 18 A Bermin, le 20 à Zaguy.oh elle quitté les montagnes pour sc rapprocher du fleuve. L'infanterie prit position A Tahha , la cavalerie A Min et, d’Ofl Mourad-Bey avait fui au lever du soleil Avèc tarif dé précipitation, qu’il avait abandonné quatre djermrîi portant une pièce dé douze eh bronze, uri mortier dé douze pouces et quinze canons de fer dé différents cAlibres. — Le chef des Mamelueks sc rètlrAffi vêts fè Haut-Sald; Desaix le poursuivait A gra h des journées. Le 22, sa division coucha près des «nciett* portique* d’Achmouueiu ; le 24 A Siout , et afriVa fe 2D à Cirgèft.

Séjour à Girgch. — Négociations hostiles de Mourtkd-Bey.— Mais la flottille, retardée par le4 vents contraires, n’avait pas pu mettre la même Célérité dans Seé mouvements. Les munitions et les vivres manquaient aux troupes. Desaix fut Obligé de s’arréteè A tilrgeh , et de perdre A l'attendre vingt jours d'ud temps péé* deux.

Otte Inaction forcée dès Français donna A Monrârf- Bey la facilité d’établir des négociations pour léuè susciter des ennemis. Déjà il avait écrit aux chef* Arabes de Jedda et d’Yambo, en les engageant A passif la mer, afin d’exterminer une poignée d’infidèles venu! en Égypte pour détruire la religion de Mahomet. Sék émissa res ramenèrent des reufolis dè Nubie; d’AütrèS I se rendirent A Esitéb , près du vieil HAsMii-Bry-Jifd- | dâoui , dans le dessein de lé déterminer â faire caose

commune «vec Motirad-Bey. Quelques-uns enfiu se répandirent dans le beau pays entre Girgeh et Siout, pour faire insurger les habitants, attaquer et détruire la Souille française.

Cumbal de Zouagny. — Le 1" janvier 1799, Desaix fut informé qu'un rassemblement considérable de Fellahs se formait pré* de Zouagny, a quelques lieues de Girgeh. 11 importait de faire un exemple prompt et terrible des insurgés, afin de contenir les villages dans l’obéissance, et de lever sans obstacles les impositions dont l'armée avait besoio. Davoust reçut l'ordre de partir sur-le-champ avec sa cavalerie, et de dissiper ce rassemblement. — Le 3, ce général rencontra une foule d'hommes armés , réuuis près de Zouagny. Formant a l'instant son corps de bataille par échelons, il ordonna à son avant-garde, composée du 7* de hussards et du 22 * de chasseurs , de charger les insurgés. Ceux-ci ne purent soutenir le choc impétueux de» cavaliers français. Ils furent dispersés et vivement poursuivis. On leur tua plus de 800 hommes. (

Combat de Tahtah. — Desaix espérait que ce châtiment répandrait 1a terreur dans le pays; mais la cavalerie de Davoust rentrait I peine a Girgeh , qu’on eut avis de la formation , a quelques lieues de Siout, d'un rassemblement plus considérable que celui de Zouagny, et qui réunissait une multitude de Fcliabs a pied et a cheval, la plupart venus de Minirt, de Bemsouef et d'Oara. — Le retard des barques , dont on n'avait aucune nouvelle, dounait de vives inquiétudes a Desaix. — Le général Davoust reçut l'ordre de marcher de nouveau contre les insurgés; de sévir contre eux d'une manière terrible , et de ramener la flottille. — Davoust se mit en marche aussitôt. Le 8 janvier, au moment où il allait entrer à Tahtah, son arrièregarde, formée d'un escadron du 20e de dragons, fut chargée par un corps considérable de cavalerie ennemie. Aussitôt il forma ses troupes en carré et attaqua les insurgés qu'il tailla en pièce ; 1000 Fellàhs restèrent sur le champ de bataille; les autres prirent la fuite. En les poursuivant , Davoust aperçut, à la hauteur de Siout, la flottille qui, remontant le Nil avec un vent favorable, arriva le 18 A Girgeh.

Bataille de Samanhoutl. — Les lettres de Mourad- Bey avaient eu de 1'iuflueoce sur les chefs arabes. Desaix fut informé par ses espions que 1000 Chénfs ou Arabes habitants des pays d'Yambo et de Jedda , avaieut passé la mer Rouge , étaient débarqués à Kosséir, et s'étaient réunis à Mourad-Bey. Desaix apprit aussi, à la même époque, que Hassan-Bey-Jaddàoui et Oxman-Bey-Hassan, à la tète de 250 Mamelucks, étaient déjà à Houé, où campaient aussi des Nubiens et des Maugrebins ; que tous les babitauls de l'Egypte supérieure, depuis les Cataractes jusqu’à Girgeh, avaient pris les armes et étaient prêts à marcher; qu'eufin Mourad-Bey, plein de confiance dans une réunion de forces aussi formidable , marchait pour attaquer les Français. En effet son avant-garde, commandée par Osman-Bey-Hassan, arriva le 20 janvier

et coucha dans le désert, à la hauteur de Sainauhoud.

Après avoir pris le# vivres et les munitions qui lui étaient nécessaires, Desaix ordonna à la flottille de suivre les mouvements de la division, et s'avança à la rencontre de Mourad.

Le 21 , le 7e de hussards formant l’avant-garde française rencontra, sou» les murs de Samanhoud, l’avant-garde ennemie. Desaix, arrivé quelques instant* après, disposa sou infanterie en deux carrés égaux, A droite et à gauche ; sa cavalerie , formée elle-même en carré, occupa l’intervalle du centre, de manière à être protégée et flanquée par leur feu. Cependant l’ennemi s’avançait de toutes parts. Sa nombreuse cavalerie cerna la division; une colonne d’infanterie, composée en partie d’Arabes d'Yambo, se jeta dans un grand canal , et commença , par la vivacité de son feu , A inquiéter la gauche française. Desaix ordonna A ses aides de camp, Rapp et Savary, de charger les Arabes en flanc , avec un escadron du 7e de hussards , pendant que les carabiniers de la 21* légère, commandés par le capitaine Clément, s’avanceraient en colonne serrée dans le canal et culbuteraient la colonne ennemie. Cet ordre fut exécuté avec autant de bravoure que de précision. Les Arabes, vigoureusement assaillis, prirent la fuite, laissant sur la place une quinzaine de morts, et emmenant un grand nombre de blessés. La mort d'un carabinier, qui , au moment où il venait d’enlever un des drapeaux arabes, fut tué d’un coup de poignard , fut la seule perte des Français, dans celte aclioo, qui les rendit maîtres de Samanhoud. — Cependant les nombreuses bandes ennemies s'avançaient en poussant des cris affreux ; la colonne des Arabes d’Yambo , ralliée sou» leur protection, attaqua et voulul reprendre Samanhoud ; les intrépides carabiniers de la 21e conservèrent leur conquête et firent un feu si vif et si bien nourri, qu’ils forcèrent de nouveau les Arabes A se retirer avec une perte considérable. — Dans le même temps, les Mamelucks se précipitaient sur le carré commandé par le général Friant; tandis que plusieurs colonnes d'infanterie assaillaient celui que commandait le général Beliiard ; mais le feu terrible de l'artiUerieet de la mousquetene arrêta tous leurs efforts. Après plusieurs charges iuutiles, ils se dispersèrent et rétrogradèrent, laissant le terrain couvert de leurs morts. — Davoust reçut alors l’ordre de charger le corps des .Mamelucks , où étaient Mourad et Hassan , qui paraissaient décidés A conserver leur position, mai» qui n’attendirent pas cependant le choc de la cavalerie française. La fuite précipitée de Mourad-Bey devint le signal de la retraite générale. L’ennemi fut poursuivi pendant quatre heures l’épée dans les reins. La division ne s’arrêta qu'A Farcboute, où elle trouva un grand nombre de musulmans expirant de leurs blessures. Dans cette journée, les Français eureut seulement 4 hommes tués; les Mamelucks en comptèrent, de leur côté, plus de 250, outre un nombre considérable de blessés. — La bataille de Samanhoud eut d’ailleurs des suites importantes : elle jeta l’épouvante parmi les alliés de Mourad. Dès lors, le nom français fut craint et respecté non-seulement dans la Haute-Égypte , mais encore dans l’Arabie, dans la Nubie et dans l'Éthiopie.

Passage de la division d Thèbes. — Mourad- Bey quitte ta Haute- figrpte. — Desaix continua le lendemain à poursuivre Mourad-Bey ; mais, pour aUeindnun ennemi qui se relirait sur son propre terrain, l'artillerie était trop lourde, l'infanterie et la grosse cavalerie trop lentes, la cavalerie légère pouvait elle-même à peine y parvenir. Le 24, les troupes s'arrêtèrent à Dendcrah, l’ancien Tentyris, dont le temple antique imprima un sentiment général de respect. Le surlendemain au matin, au détour d'une chaîne de montagnes qui forme un promontoire sur le Nil , la division découvrit tout à coup Thèbes , la ville au ceut portes. A l’aspect de ces ruine* gigantesques, de ces débris renommés, tous les rangs retentirent d'applaudissements , et l’on dit même que, dans leur enthousiasme, quelques bataillons présentèrent les armes.

D'Ësneh , où il laissa le général Friant et sa brigade, Desaix se dirigea sur Syène.

Après avoir essuyé des fatigues excessives et poussant toujours devant loi son ennemi , il arriva , le Ier février, devant cette ville, la dernière de l'Égypte méridionale, sur la Vive droite du Ntl.

Mourad, Hassan, Soliman et huit autres beys.se voyant poursuivis avec un acharnement qui ne leur laissait aucune ressource, considérant aussi que leurs Mamelucks , exténués de fatigue, étaient dans l'impossibilité de continuer à se battre, que le nombre des déserteurs augmentait chaque jour, qu’ils avaient perdu beaucoup de chevaux et la majeure partie de leurs équipages , prirent le partie de quitter l'Égypte et de se jeter dans l’affreux pays des Barabras, au-dessus des cataractes, et à quatre grandes journées de Syèiie.

Occupation de Syène. — Cataractes du Ait. — Le 2 février, Desaix traversa le fleuve pour occuper la ville de Syène , nommée Jssouan par les Arabes, et qui est située sur la rive droite au-dessous des cataractes. — Le même jour un détachement se porta sur nie de Phi lœ , autrefois dernière limite de l'empire romain.

Les fameuses cataractes du Nil ne sont que des brisants formé* par les eaux du fleuve qui s’écoulent à travers les rochers, et dont la chute produit en certains endroits de petites cascades hautes à peine de quelques pouces. Klles se trouvent daus un lieu où le cours du Nil est resserré par des montagnes hérissées de noires aspérités, qui se réfléchissent d’une manière sombre dans 1rs eaux, dont la surface est sillonnée par la blanche écume des brisants et par des zones rougeâtres de roches granitiques. Un beau ciel et quelques palmiers verdoyants égaient seuls l'austérité du paysage.

On trouva au-dessous des catarartes une cinquantaine de barques chargées de bagages que les Mamelucks y avaient amenées avec beaucoup de peine et qu'ils avaient été forcés d'y abandonner.

Une inscription gravée sur le granit, nn drapeau tricolore planté sur le plus haut rocher des cataractes et salué par plusieurs décharges de moosquelerie. annoncèrent la priséde possession de toute la Haute- Égypte et le poiut extrême où les Français avaient, comme Ira Romains, porté leurs armes victorieuses. — L'iulenlion

T. II

du général Desaix était d'établir des troupes en cantonnement, depuis Syène jusqu’à Girgeh, afin d’assurer la rentrée des contribution! et la tranquillité du pays. Il laissa à Syène Belliard avec un régiment d'infanterie, et lui-même, avec sa cavalerie divisée en deux corps marchant sur chacune des rives du fleuve, il se mit en marche pmu revenir à Ksneh, où il arriva le 9 février.

«L’antique Syène, ruinée par les Barbares et par le temps, n!rst plusqu’un grand village, très peuplé, mieux bAti il est vrai et avec des rues plus droites que les villages ordinaires; au milieu était un château turc, masqué de tous côtés, et qui ne pouvait être d'aucune défense. Belliard s’y établit. On fit des lits, des tables, des bancs; on se déshabilla , on se coucha. Après Une marche aussi fatigante que rapide.ee fut une véritable volupté pour le soldat. A peine y ctail-on établi depuis deux jours que déjà il y avait dans les rues des tailleurs, des cordonniers, des barbiers, des traiteurs français avec leur enseigne. Bientôt après on ajouta le superflu au nécessaire. On eut des jardins, des cafés, des jeux publics et des cartes à jouer. Au sortir de la ville , une allée d'arbres se dirigeait au nord ; les soldats y mirent unecolonne militaire avec l'Inscription : /toute de Paris , n° onze cent soixante-sept mille trois cent quarante. C’est après une distribution de dattes, pour toute ration, qu’ils cureut cet accès de gatté. »

Prise de l’tte de Philœ. — A défaut d'embarcations , on n’avait pas pu parvenir dans File de Philœ, que les habitants avaient quittée pour se retirer daus une autre plus éloignée. Lorsqu’ils virent que les Français ne pénétraient point dans leur Ile, ils jr revinrent, cl on commença à entrer en pourparlers avec eux ; mais on les trouva toujours obstinés à empêcher les Français de débarquer. Leurs dispositions hostiles n'étaient d’ailleurs pas douteuses. Belliard revint le lendemain avec l’intention et les moy ens de soumettre l'Ile. Dès que les habitants de Philœ aperçurent les troupes françaises, ils appelèrent par leurs cris ceux de la seconde Ile, qui accoururent à leur secours, la plupart nus, armés de sabres, de boucliers, de fusils de rempart â mèches, etc. On leur cria qu’on ne voulait pas leur faire de mal ; ils répondirent qu’ils étaient résolus A se défendre; ou commença à se fusiller. Après un travail de treiilc-six heures, un radeau fut construit et lancé à l'eau. Les soldats, protégés par des pièces chargées à mitraille, s'emparèrent de la seconde Ile. Les habitants, frappés de terreur, se jetèrent alors dans le fleuve, hommes, femmes et eurauts, afin de se sauver â la nage. Ou vit des mères noyer des eufanls qu’elles ne pouvaient |ias emporter, et mutiler de jeunes filles pour les soustraire aux vainqueurs. Toute cette population se dispersa en quelques instants. Maître des deux lira, Belliard eu fit évacuer les magasins qui se trouvaient en grande partie remplis de butin que 1rs habitants avaient fait sur les büfques des Mamelucks. Les troupes reviurent ensuite à Syène, où oh construisit un fort pour garantir la garnison d’une surprise.

Combat de Luqsor. — Seuls, deux beys des Mamei lucks n'avatenl point suivi Mourad dans sa retraite au-

delà des en ta me les. — Osman-Bey-IIassan , avec environ 250 Mamelucks, avait traversé le Nil à Rabin et vivait dans les villages de sa domination. — Après la bataille de Samanboud, Elphy-Bey avait aussi passé le Nil et se tenait sur la rive droite à la hauteur de Siout.— Le général Friant , informé le 6 février que les débris des Arabes d’Yambo se ralliaient dans les environs de Kéneb, petite ville importante par le commerce qu'elle fait avec les habitants des rives de la mer Rouge, envoya aussitôt â Kéneb une colonne mobile, commandée par le chef de brigade Conroux.

A son retour à Ksm h , Desaix , instruit que le chérif Ilassan , chef des Arabes d’Yambo, se tenait cachédans le désert où il attendait l’arrivée d'un renfort, donna au général Friant l’ordre de marcher lui-mème vers Kéneh et de lever des contributions en argent et en chevaux en poussant jusqu’à Girgeh, aussitôt qu’il serait assuré de la tranquillité de cette partie de la rive droite.

Cependant Osman -Bev-Hassan s’était rapproché des bords du Nil. - Da voust marcha avec la cavalerie contre ce bey, qui s’avança de son côté pour combattre. Les Français rencontrèrent les Mamelucks, le 12, à Luqsor, un des villages situés sur l’emplacement deTbèbes; le choc fut terrible. La mêlée devint générale, on combattit corps à corps. Après trois heures d’un engagement meurtrier, pendant lequel les Mamelucks réussirent à sauver un convoi cousidi rable de vivres, les ennemis abandonnèrent le cbamp de bataille, couvert de leurs morts. Osman-Bey-Hassan eut son cheval tué et fut blessé. Le chef d'escadron Fontelle eut le crâne fendu d’un coup de sabre. Cette affaire, où la cavalerie française fut seule engagée avec ces guerriers si redoutables A cheval, coûta au 15e de dragons et au 22e de chasseurs 25 tués et 40 blessés. Parmi les traits de courage qui signalèteol cette journée, on remarque celui de Montléger, aide de camp du général Davoust, qui , blessé dans le fort du combat et ayant eu son cheval tué sous lui, réussit A s’emparer du cheval d’un Mameluck qu’il tua d’un coup de pistolet, et sortit ainsi de la mêlée.

Combat de Kéneh. — Le même jour, le chef de brigade Conroux, attaqué dans Kénch par 800 Arabes d'Yambo, renforcés d’un grand nombre de Fellâfis, les repoussa et fut blessé, mais ils revinrent A la charge pendant la nuit. Le chef de bataillon Dorsenne prit le commandement des troupes, mit les Arabes dans une déroute complète, et leur tua 300 hommes. — Malgré la rapidité de sa marche, le général Friant n’arriva A Kéneh , avec le 7* de hussards, que quelques heure» après le combat. Sachant que les Arabes étaient encore à Samatha, il alla aussitôt les y attaquer et leur tua 200 hommes.

Combat d’ Aboumanah. — Après le combat de Kéneh les Arabes d’Yambo s’étaient retirés dans les déserts d'Aboumanah; leur chérif Hassan , fanatique exalté, les entretenait dans l’espoir d’exterminer les infidèles aussitôt que les renforts qu’il attendait seraient arrivés. Provisoirement il mettait tout en œuvre

pour soulever les vrais croyants de la Haute-ftgypte. A sa voix toutes les têtes s'échauffaient , tous les bras s'armaient; déjà une multitude d’Arabes étaient accourus A Aboumanah, des Mamelucks fugitifs et sans asile s’y rendaient également. Le rassemblement devenait de plus en plus menaçant , et les belliqueux habitants de la rive droite allaient avoir à leur tour A lutter contre la valeur française.

Le 10 février, le général Friant arriva devant Aboumanab, qu’il trouva rempli d’hommes armés. Les Arabes d’Yambo étaient rangés en bataille en avant du village. Les grenadiers français se formèrent en colonne d’atlaque; leur approche et quelques décharges d'artillerie furent suffisantes pour mettre en fuite la cavalerie et lesFellAhs. Les Arabes seuls tinrent ferme. Le général Friant forma ses troupes en deux colonnes pour tourner le village, et leur enlever leurs moyens de retraite. Attaqués de front, ils ne purent pas résister au choc terrible des grenadiers, et cherchèrent en vain A se jeter dans le village, où ils furent assaillis et mis en pièces. Dans le même temps , une autre colonne , commandée par le chef de brigade de la 88*, Siliy, poursuivait les fuyards ; les soldats mirent tant d’acharnement à cette poursuite qu’ils s’enfoncèrent dans le désert A cinq heures de marche , et arrivèrent au camp des Arabes où , fort heureusement, ils trouvèrent , avec des effets de toute espèce , de l’eau et du pain. Le général Friant était extrêmement inquiet de l'absence de celte colonne; il pensait que si elle ne s'égarait pas dans les immenses plaines du désert , où elle s’était jetée, elle perdrait au moins, par la faim et surtout par la soif, un grand nombre de soldats. On peut se figurer sa surprise et sa joie de les voir revenir frais et chargés de butin. Un Arabe prisonnier avait conduit la colonne au camp de l’ennemi. — Cette journée, où les Arabes d'Yambo eurent 400 morts et beaucoup de blessés , ne coûta que quelques blessés aux Français. Quantité de FellAhs furent aussi tués dans le désert.

Fatalisme des Arabes. — Les Arabes d'Yambo combattaient avec le courage du fanatisme. — Bien ne pouvait abattre leurardente opiniâtreté. A Aboumanah , on vit un de ces frénétiques frapper du aabre et blesser deux français qui , avec leurs baïonnettes , le tenaient cloué contre une muraille.— Cette constance, d’ailleurs, doit peu étonner de la part d’hommes qui considèrent le meurtre d’uù infidèle comme un acte de vertu et un titre au paradis, et qui croient qu’une fatalité inévitable préside aux destinées humaines.

Cette croyance, commune aux Arabes de tontes le» classes comme de tous les âges , se manifeste clairement dans le fait suivant, rapporté par Denon , dans son Voyage en Égypte.

« Oa amena au général Desaix nn criminel; on criait: «C'est un voleur; il a volé des fusils, on l’a «pris sur le fait;» et nous vîmes paraître un enfant de douze ans, beau comme un ange, blessé au bras d’un large coup de sabre; il regardait sa blessure sans émotion : il se présenta d’un air confiant et naif au général , qu’il reconnut aussitôt pour son

le

juge. O puissance de la grâce naïve ! Pas un assistant n’avait conservé de colère. On lui demanda qui lui avait dit de voler ces fusils ? Personne ; qui l’avait porté a ce vol ? Il ne savait, le fort , Dieu ; s'il avait de* parents ? Une mère seulement , bien pauvre et aveugle. Le général lui dit que, s'il avouait qui l’avait envoyé, on ne lui ferait rien; que s'il s’obstinait à se taire, il allait être puni comme il le méritait ; Je vous Taidit, personne ne m’a envoyé, Dieu seul m'a inspiré ; puis mettant son bonnet aux pieds du général : Voilà. , ma tête faites -la couper... « Pauvre «petit malheureux! dit le général ; qu’on le renvoie.» Il vit que son arrêt était prononcé ; il regarda le général, celui qui devait l’emmener, et devinant ce qu’il n’avait pu comprendre, il partit avec le sourire de la confiance. »

Réapparition de Mouratl-Bey. — Mourad-Bey avait renoué ses relations avec Mohammed-Elphy-Bey et concerté avec ce chef une réunion aux environs de Siout , où leurs projets ultérieurs devaient être favorisés par la coopération des tribus- arabes de Koralm et de Renouafi. — Le chef mameluck se mit aussitôt en marche avec 800 cavaliers et un renfort nombreux de Nubiens. Trompant la surveillance du général 1klliard , il parut le 24 février devant Es ne h , où la bonne contenance de la petite garnison française l’empêcha d’entrer, et il continua à descendre la vallée du Nil, afin de se rapprocher d’Elpby-Rey.

A la première nouvelle de ce mouvement offensif , Desaix ordonna à Belliard de laisser des garnisons suffisantes â Sj èoe et â Esoeh , de former une colonne mobile du reste de ses troupes disponibles, et de marcher par la rive droite du fleuve, pour contenir, atteindre et combattre les Arabes d'Yauibo.

Lui-même rappela sur la rive gauche l’infanterie de Friant et la cavalerie de Davousl, et se porta , par une marche forcée, sur Siout, laissant un peu derrière lui la djenne armée l’Italie et plusieurs barques chargées de munitions , de projectiles et de rechanges d’artillerie.— La djenne portait des blessés, quelques malades, les munitions de la 61e demi-brigade et un petit nombre d’hommes armés.

Combat de Sahama. — Desaix voulait gagner Siout avant que Mourad eût pu effectuer sa jonction avec Elphy-Bey. En route, il apprit à Girgeh que Mourad- Bey était parvenu à soulever un assez grand nombre de Fellâbs, toujours prêts à combattre les Français dès qu’un mouvement vers le cours inférieur du fleuve pouvait leur faire supposer que ceux-ci étaient vaincus. Il accéléra son mouvement pour les atteindre. Les deux partis se rencontrèrent le 4 mars à Sabama.— Aussitôt qu’on vit paraître les ennemis, le général Friant forma trois gros corps de troupes pour les envelopper et les empêcher de gagner le désert. Cette manœuvre eut un succès complet. En peu de temps, 'plus de 1,000 Feilâhs furent tués ou noyés ; le reste eut beaucoup de peine à s'échapper et abandonna 50 chevaux. Les Français n'eurent pas un seul homme tué dans ce combat.

Le lendemain , les Mamelucks furent poursuivis si

vivement, que Mourad se décida à se retirer dans l’Oasis d’El-Wah, accompagné seulement de 150 hommes. Les autres se jetèrent dans le désert et revinrent ensuite vers Siout, où Desaix arriva presque en même temps. — Elphy-Bey, n’avait pas osé l’y attendre et avait jugé prudent à son approche de repasser sur la rive droite et d’y chercher un refuge dans la petite Oasis d’Acbmin. Osman-Bey, plusieurs katchefs et quelques Mamelucks de Mourad-Bey l’y suivirent ; les autres se jetèrent dans le désert , au-dessus de Beni- Adin , où ils éprouvèrent les horreurs de la faim. Beaucoup désertèrent et vinrent à Siout; d’autres se cachèrent d'abord dans les villages, où. pour vivre, ils furent obligés de vendre leurs armes; ils se réunirent ensuite aux Français. <

Désastre de la djerme l’Italie. — Cependant le rhérif Hassan venait de recevoir un renfort de 1,500 hommes. Les débris de son premier corps le rejoignirent. Dès que ses forces furent réunies, il attaqua sur le Nil, à la hauteur de Benout , les barques que Desaix avait laissées en arrière, et qu’un vent de nord violent empêchait de descendre le fleuve. Attaquée vivement, la djerme l'Italie répond. L par une canonnade terrible qui tua 100 Arabes ; mais les enuemis étant parvenus à s’emparer des petites barques, débarquèrent les munitions de guerre et les objets d’artillerie dont elles étaient chargées, les remplirent de monde, et tentèrent d’enlever la djenne à l'abordage.

Le commandant de P Italie , l’intrépide Morandi, redoubla ses décharges à mitraille ; mais ayaut déjà beaucoup de blessés à son bord , et voyant sur la rive gauche grand nombre de Fellâbs qui se disposaient â l’attaquer, il crut trouver son salut dans la fuite et mit ft la voile; malheureusement il avait peu de monde pour servir ses manœuvres; le vent était très fort, la djerme échoua. Les ennemis l’abordèrent alors de tous côtés ; Morandi refusa de se rendre ; n’ayant plus d’espoir, il mit le feu aux poudres et se jeu à la nage. Assailli aussitôt par une grêle de balles et de pierres, il périt dans les tourments. Les Français qui échappèrent aux flammes de l'Italie furent tous massacrés par les Arabes d’Yambo, dont cet avantage augmenta le fanatisme et l'audace.

Combat de Copthos. — Assaut et incendie de Renout. — Arrivé le 8 mars, près de Khaft, l’ancienne Copthos, le général Belliard apprit le désastre de la flottille et la mort de Morandi. Les Arabes d’Yambo étaient devant lui. Il ne tarda pas à voir déboucher, tambour battant et drapeaux déployés, trois colonnes nombreuses d'infanterie et plus de 400 Mamelucks, dont le nombre venait d’augmenter par l’arrivée de Hassan - Bey - Jeddaôui , qui avait passé le Nil â Edfou.

Belliard fit aussitôt former ses troupes en carré; il n’avait qu'une seule pièce de canon. Une des colonnes ennemies, la plus considérable, composée d’Arabes d’Yambo, s’approcha audacieusement. A la vue des tirailleurs français le fanatique Hassan entra dans une sainte fureur, et ordonna à cent des plus braves,

FRASCE MILITAIRE.

parmi wi Arabe», de se jeter sur tes infidèle* et de les égorger. Au lieu de fuir, les tirailleurs se réunirent et •tlendireat les tuoeiui» de |rrd ferme. Lu combat corps â corps s'engagea : le sucré* restait iucertaiu, lorsqu’une quinujne de dragons chargeant a bride abhailue, le décidèrent en réparant les cumbaltaul» et en sabrant plusieurs Arabes d'Yinibo , pendant que les chasseurs reprenaient l'offensive et laillaieut en pièces tou» les autres, plu» de 60 Arabes restèrent sur la place. — U gros de* Arabes te retira sur Benoul. Bel lia ni , es les poursuivant, arriva près de ce village. Les ennemis avaient placé en batterie , derrière uu large canal , tes canons qu'ils avaient pris sur la flottille. Leur feu jeta d'abord quelque hésitation parmi les français ; mais les carabiniers de la 21* légère enlevèrent ces pièces, malgré une décharge exécutée par les Mamelucis. et les tournèrent contre les ennemis, Étonnés de celle manoeuvre , les Mamelucks prirent la fuite. Alors, abandonnés â eux- mêmes, les Arabes sa jetèrent dans une grande barque, dans une mosquée, dans lea maisons du village et dans une maison crénelée, OU étaient leurs munitions. - Belliard dirigea aussitôt deux colonnes contre la barque, la maison et la village: l'ennemi se défendit avec fureur. Cependant la barque fut prise, et tous ceux qui étaient dedans furent mis k mort. La nuit surviut et interrompit le combat. Tant que dura l’obscurité, on entendit les assiégés chanter des brames arabes. Le chérif seul entonnait d’abord un veract, lea soldai» reprenaient ensuite et chantaient en cbatur. An point du jour, Belliard St sommer ces insensés de mettre bas les armes; sur leur refus un assaut fut donné; lea Arabes combatiaient avec uq courage de désespéré*; l’assaut n euf pas de résultat : la journée *e paisa eu nouvelle* tentatives, qui restèrent également sans succès.— Le général français se vit alors dan* la nécessité de prendre un parti qui répugnait t son caractère; mais il ne lui restait plus qu’une caisse de cartouches, et il était réduit k ménager le feu de la motiaqueterie; des brandons enflammés furent lancé* de toutr* parts sur le village. — Allumé gur plusieurs points , l'incendie gagna d'abord la mosquée, et de maisons en ouisous forma bieuliti un vaste cercle, au centre duquel se trouvait le bâlimeul fortifié, principal refuge des Arabes. (Juelques-uns de ces misérables essayèrent de traverser les flammes qui les entouraient : ils périrent. Le plus grand nombre monta sur le faite du bâtiment , dout le loit formait une plateforme, LA ils eoutrouereut les chants pieux que t'oo avait entendus la nuit précédrule. Ce|ieniiaul le feu s'avancait avec rapidité ; déjà le village cutier était cpibrafé et les cbanls continuaient toujours. Peu â peu il* W firent entendre moins distinctement; ils cessèrent enfla vers le point du joui . — Les Arabes étaient prêts pour un nouveau combat. Les Fraucai* attaquèrent alors celte maison crénelée, dout les giur* en pierres avaient résisté k l'action du feu.

Le chef de brigade Kppler, excellent et intrépide officier, dirigeait l'attaque. Iles sapeurs eu brisereut les portes â coups de bacbe, tandis que d'antres faisaient crouler la muraille, el que les chasseurs niellaient le feu â une petite mosquée voisine, où éla cnl

les munition* de l'ennemi. Le* poudre» prirent (eu ; 2i hommes sautèrent avec le batiment. Eppier réunit ses forces sur ce point ; el. malgré le* prodiges de valeur de eea Arabes qui, nus, le fusil k la main, le sabre dans les dénis défendaient rentrée de la maison, il parviul k s'emparer de |a grande cour. Les Arabes, forcés dans leur refuge, allèrent ee cacher dans des réduits où ils furent tous tués.

Laps ce combat, les Arabes perdirent 1,200 hommes, parmi lesquel» w trouvait le ebérif I iafwan ; il» eurent uo grand nombre de blcsué*. La reprise des barques françaises. neuf pièces de caopn et des» troupeau» furent le» fruit» de ta victoire, qui eoüia aux fraucai* unp treutiinr de morts et plu» de 100 blessés.

Sans communication» avec üeaaix et manquant de muriitious, Belliard se hâta de revenir à fiéneb ntl if arriva ie 12 mars. Ses soldats n'avaient plus que vingt, cinq cartouches et il ne restait aux artilleurs qu’un boulet et douze gargoustes de mitraille.

« Epouvantés de U destruction de Benntil, raconle Union , les habitants des villages voisins avaient fui dans le désert , abandonnant leurs bieus et leur* femmes au vainqueur. Lea français ne furent pas peu surpris de se voir galmeut accueillis par eea femmes : esclaves plutôt qu’épouses; elles passèrent sans répugnance sous le joug de nouveaux maîtres; il leur parut même si agréable el si nouveau d'élre servies el nourries, qu'elles auraient volontiers suivi l’armée « l'on eût voulu s'en charger- jjuand les père* et les maris, surmontant une terreur panique, revinrent les chercher, ils ne leur firent aucun reproche. < C'était à nues « â le* défendre, dirent-ils; elle* ne sont pas plut désr « honorées du cou lac 1 des vainqueur* que nous des « blessures qu'il* nous ont faites •.»

formation de colonnes mobiles, — Après la mort du ebérif Hassan el la destruction de Béumil , le genre de guerre devait ebauger. Partout lé* ennemis étaient battus, mais ils u 'étaient pa* détruits. Afin d'trriver k ce but , Desaix résolut de former plusieurs colonne* mobiles, toujours en aetiop, et dont le* mouvements devaient être combinés de manière â forcer les ennemis k rester dans les déserts , ou â faire de très graudes marches pour descendre dans le pays cultivé. Peur cela il fallait occuper les débouchés de la yallér de kosselr, les puits qui s’y trouvent et notamment pelni de la Gimb.

Le 21) mars, Desaix se porta sur Kéneb, où il ravitailla les troupes de Belliard; il les emmena Çùsuile avec lui pour aller combattre les ennemis, qui , depuis

i .Quelques solilsl* firent alors une singulière capture , orne de plupmrs Aime* OU bsisacrt* égyptienne*. Amenées au jtéuéra! , aile»

dispulérait arec gricerr qui dans le pays est une de* plus grandis raseurs, celle de diVuurnr leurs yeux el leur bouche. Le reste fui lis : ù négligemment , comme réuae peu importante, lea ganes solorér# el presque trauqureules doul cHes élainil rélura, Pagayante maladie**» arec laquelle cllrs aiuebaieu! es raltscbaienl leur! (Tiiilurçs, laissai, nt enlrcsoir ou deviner des formes voluptueuses Elles élalenl jeunes et Iré* jolie*, mai* un peu flétrir*, ceqn'.m don attribuer é l'usage dea liqueur. e|imlticusri qu'elle» boire»! S ph in* verre» routine la l-monadr. Tro * d'eulre elles dansèrent d'aburd au tou d'une nuiarUe et d'un priil tambour qu'elirs araicnl apportés, trois autres chaulé, eut cueillir, cl r.iSu finie* rénnus dansé. col ruses.ible au bruit des cas- Ùtgnriic*; leur darne élaii i olap! divise el mètnc lascire. *

Mexandnc . — l'alni» «le MoIiuiuummI \l\ - l’nrlia .

FftVNCE MILITAIRE

FR4XCE MILITAIRE.

;|vux jour? , étaient postés ? (vous. A l'approche de* françai?, ceux-ci remirent dans le désert et se divisèrent. Haxsau-lby çt Oxman-lky allèrent a la Gfftafi. \x nouveau chef des Arabes d'Yambo descendit yer? Aboumanah, pour s’y réunir à Osman- Ifcy- •L'ddApuj ; mais , deepuragé* par leur dernier désastre, 0 a 7QQ Arabes, tant d'Yambo que de Jvdda, l'abandonnèrent pour retourner A Kosseïr. — Desaix dirigea bel lia rd avec la 21e demi-brigade et le 20e de dragons ,*qr |e yjllage d'Adjazi, principal débouché de la Gitlsb : jui-méinp, avec deux bataillons de la 01% le 7e de hussard* e? le l#** de dragons, se porta a Byr-el-Bar. Ce* d.sposiliqnj refoulaient les ennemis dans le désert et le? empêchaient d'en sortir autrement que par quatre journée? d'une marche extrêmement pénible. — pc*six avait ordonné à Ikiliard de rassembler des chameaux pour porter de l'eau et de marcher sur le üittah, après ayoif laissé uu fort détachement A Adjaii. — Informés de ce mouvement , Hassan et Osman se bâtèrent de paftir et se jeièrept dans le désert, avec l'intention de rejoindre les Arabes A Aboumanah.

Combat de pjr-el-Bur. — Desaix, qui vepait de faire pccnper Byr-d-Bar, se mettait eu marche le 2 avril pour r?tournpr A kéucb , quand un des éclaireurs annonça |ef Mauiducks. L'adjudant général (tabasse, commandant de l'avant-garde, fit prévenir le général Davuust , fl s'avança pour mieux reconnaître l'ennemi et pour soutenir ses éclaireurs qqi déjà étaient chargé». Bientôt il eut lui- même A soutenir le choc, et accablé par le nombre il s? vit forcé, malgré sa bravoure, de se replier sur Ie corps de bataille. Desaix oïdonua aussitôt A l'infanterie d'avancer, et A la cavalerie de prendre posjtjoqsijr un mpjilicu le escarpé, a6n d’y attendre et d’y /eccYpir la charge ; mai? emporté par une impatient? valeur, le chef de brigade Duplessis, qui depuis (oug-n-inps désirait trouver rpccasion de se signaler, ne put voir arriver df sang froid lesMamcIucks, et oublia l’exécution des ordres de Desaix- 3e portant A quinze pas en avant de >op régiment (lq 7e de hussards., il fit sonner la chargé i h précipita au milieu des ennemis, y fil des prodiges 4c valeur; mais après avoir eu sou cheval tué, i( tomba Im-mêiue mortellement atteint d'un coup de u-ombtoQ. 3a mon jeta du désordre parmi hs hussards. J)a vouai dut faire avancer la ligne des dragon*. Ces braves, commandés par |e chef d'escadron Beau vatier, chargèrent si impétueusement les Mamelucks , qu’ils les obligèrent A se retirer eu désordre et A abandonner Je champ de bataille. Dans cette charge brillante, Beau val ter fut tué et Hassan fut blessé- De part et d'autre on compta plusieurs morts et un assez, grand nombre de bessés. L’infanter ie et l artillene, dont )a marche était n tardée par la mobilité des sables, u’arrjvêrent qu après la vicloirç.

Combats de Itardis et de Girgeb. — Après le combat , les Mamcluçks firent un crochet et retournèrent A la Gillab , laissant des hommes et des chevaux blessés dans le désert. Bell tard eut de nouveau l’ordre d’aller les y chercher et de les suivre. Desaix , de retour A kéneb , chargea Davoust avec une colonne mobile de mar-

cher sur les Arabes réunis A Aboumauab et de les détruire. Pendant ce mouvement, le chef de brigade Morand , commandant de Girgeb , devait prendre une position par laquelle les Arabes seraicul forcés de passer en cas de retraite. Mai» ceux-ci n'attendirent pas Davoust et traversèrent le $il au-dessus de Hardis. — Morand , avec 2ôO homme*, marcha A leur rencontre, arriva le f> avril en vue de Bardis et prit position. Des Arabes, des KellAhs, des Maroclucks. sortirent du village et l'attaquèrent en poussant de grands cris. Repoussés A la première attaque, ils n’eurent pas plus de succè* dans upc seconde et s'enfuirent A la faveur de la nud. Morand revint A Girgeb afin découvrir ses établissements. Le lendemain , les Arabes marchèrent sur cette Ville et y pénétrèrent dans le dessein de pilier le bazar. Morand les atiaqu»; tout ce qui y élait entré fut tué; le reste s’enfuit au désert- Dan* ces deux journées, les Arabes eurent 200 hommes tué?. Le générai Davoust ne put arriver A Girgeb qu’après le combat.

Combat de Djehemeh. —Battus A Girgeb, les Arabes d'Yambo s« portèrent sur Tphtab, pour dévaster cette yille et faire soulever le pays. Le chef de brigade Lasalle, avec un bataillon de la 88e, le 22e de chasseurs et une pièce de canon , les atteignit le 12 avril à Djeheineh. Il fit cerner le village par sa cavalerie, et marcha droit A eux avec son infanterie. Les Arabes résistèrent pendant plusieurs heures dans un endos A double* murailles crénelées; mats enfin ils furent enfoncéset taillé* en pièces. Paru» leurs morts , qui s’élevaient à plus de 300, se trouva le ebérif , successeur d'Iiassan.

Combat de Bt'ni-Jdin. — Les Arabes d'Yambo semblaient détruits; Davoust, qui n avait pas cessé de les poursuis rc, s'établit A Siovt. B y était depuis plusieurs jours, lorsqu’il apprit que dans le grand village de Beoi-Adin, dont le* habitant* passent pour les plus braves dp l'Égypb’, s« formait un rassemblement de Mainelui lu* , d’Arabe* et d'habitants du Darfour, venus de l’intérieur de l'Afrique par le* caravanes: on annonçait que Mourad-Bey devait quitter les Oasis pour se mettre à la Lèlp des insurgés. — San* perdre de temps, le général se porta sur Beui-Adm, ort il arriva le 18 mai. Il trouva eu effet le vtllagq rempli de troupes; le flanc de Bcpi-Adio du côté du désert était couvert par une forte masse de cavalerie, Maipejucka, Arabes et Fellàhs. Davoust forma sou infanterie en deux colonnes; l’une fut destinée à enlever le village pendant que l’autre le tournerait. Cette dernière était précédée par la cavalerie, sous les ordre* du chef de brigade Pinon, officier distingué sous tous les rapports, qui , en commençant celle manœuvre fut tué ,d'un coup de fusil. Davoust h* fit remp!*eerauj*itOi par l’adjudant général Kabassc. En tournant Beui-Àdin, on aperçut les Mameluck* arrivant par le désert. C'étaient ceux de Mourad- Bey. L’or colonne d'infanterie se porta A leur rencontre; mais A l'approche des soldats français ils rebroussèrent chemin et retournèrent dans les Oasis. Cependant l’attaque du village avait eu lieu. Les Arabes et les PeliAbs A cheval s’étaient enfuis. Le village fut aussitôt investi; l'infanterie y entra au pas de charge malgré la vivt

fusillade qui partait de toutes les maisons, et s’en rendit entièrement maltresse. 2,000 hommes, tant Arabes d’Yambo que Maugrebins, Darfuuriens, Mamelu< ks démontés et habitants de Beni-Adin, furent tués. Ce beau village livré aux flammes n'offrit plus bientôt qu’un monceau de ruines. « On y fit. dit Berthier, un butin immense, on y trouva jusqu’à des caisses pleines d’or.»

Destruction d A bou- Girgrh. — Pendant que Davoust détruisait Beni-Adin, 1rs Arabes de Géama et d’Elbacoutchi menaçaient Mmict ; les villages des environs de cette ville s'insurgeaient, et les débris du rassemblement dispersé à Beni-Adin y couraient. — Le chef de brigade Désirée avait peu de troupes à Miniet, il aurait désiré qu’un secours vint changer sa position : Davoust y marcha, mais il arriva trop tard. Durée avait fait un vigoureux effort, et repoussé les ennemis. — Néanmoins le bruit se répandit que les Arabes d’Yambo marchaient sur Benisouef, dont les environs étaient aussi révoltés. Davoust y courut; les habitants de la province de Benisouef avaient la pensée qu’il ne redescendait de troupes par la vallée du Nil que lorsque les autres étaient détruites; en conséquence ils prenaient les armes pour attaquer et piller les prétendus fuyards, et s’ils ne pouvaient les massacrer ni les piller, ils leurs refusaient des vivres.

Davoust devait éprouver une pareille réception. Arrivé près d’Abou - Girgch, l’employé cophte qui accompagnait sa colonne se porta en avant pour faire préparer des vivres. — Le Cheik répondit qu’il n’en n’avait point pour les Français, et que ceux-ci avaient tous été détruits dans le Haut-Saîd, et que s’il ne se dépéchait pas de se retirer il allait lui faire donner la basLonnade. Le Cophte essaya de faire quelque représentation , on le renversa de son cheval, dont le Cheik s'empara , et il se trouva heureux de pouvoir se sauver à pied. Davoust, après avoir fait sommer le village de rentrer dans l’obéissance, le fit cerner et ordonna d’y mettre tout à feu et à sang. — 1,000 habitants furent victimes du fol entêtement de leur Cheik. — Le général continua ensuite sa route sur Benisouef; mais déjà les Arabes, dont le nombre n'était plus inquiétant , avaient passé le fleuve. — Davoust se disposait à les y poursuivre, quand il reçut du général Dugua l’ordre de se rendre au Kaire pour dissiper un rassemblement à la tête duquel était Elpby-Bey.

Combat de S/ène. — Hassan-Bey-.leddàoui etOsman- Bey-Hassan, à la poursuite desquels Belliard avait été envoyé par Desaix , étaient partis de la Gittah pour remonter vers Syène. Belliard les suivit. Il repassa sur les ruines de Tbèbes , à Esneh , à Chanabich , arriva à la gorge de Redesieh, un des débouchés de la vallée de Kosselr qui n'est pas pratiqué par le commerce ; mais il ne réussit pas à les atteindre. La route de Redesieh avait été fatale aux Mamelucks; ils y avaient perdu presque tous leurs chevaux , une partie de leurs chameaux , nombre d'esclaves, plusieurs de leurs femmes. Ils remontèrent vers les cataractes, dans la plus grande détresse. Belliard regagna le Nil, laissa à Esneh le chel de brigade Eppler avec 500 bomnies ,

pour contenir le pays, lever les contributions et empêcher de nouvelles excursions des Mamelucks; puis il revint à Kéneh avec le reste de sa colonne.

Vers le milieu de mai, Eppler informé que les Mamelucks étaient revenus à Syène, où ils se reposaient de leurs fatigues et de leurs perles, donna ordre au capitaine Renaud, qui avec 200 hommes se trouvait à Edfou, de marcher sur Syène et d'en chasser les Mamelucks.

Renaud, arrivé le 16 à une demi-lieue de cette ville, trouva les ennemis qui accouraient à sa rencontre. Sa troupe se forma aussitôt en carré et attendit le choc avec le plus grand sang-froid. La charge fut fournie avec impétuosité ; quinze Mamelucks tombèrent morts au milieu des rangs franc iis. Hdssan-Bey fut blessé d'un coup de baïonnette et eut son cheval tué; 0>man-Bey reçut deux coups de feu ; dix Mamelucks expirèrent à une portée de canon du lieu du combat, vingt -cinq aulres moururent à Syène de leurs blessures. L’ennemi eut 50 blessés et fut, pour la troisième fois, rejeté au-delà des cataractes. Le capitaine Renaud eut 4 hommes tués et 15 blessés. — Ce combat porta le dernier coup au parti des Mamelucks. — Les Arabes de la tribu des Ababdehs s’en détachèrent et firent la paix. — Les FellAhs cessèrent aussi de s’insurger, et tous les villages firent leur soumission.

Expédition et occupation de Kosselr. — Les Ababdehs. — Lors de son voyage à Suez , au mois de décembre de l’année précédente, le général en chef appréciant l’importance de Kosselr, port égyptien sur la mer Rouge , en avait ordonné l’occupation au moyen d'une expédition par mer, qui eut pour chef le lieutenant de vaisseau Collot. Les instructions de cet officier étaient de s’emparer des richesses que les Mamelucks envoyaient de ce port en Arabie , de créer à Kosselr un établissement de défense, d'y laisser une croisière, et de tâcher d’y attirer les négociants de la mer Rouge. Il devait aussitôt après son débarquement en faire prévenir Desaix , afin d'en recevoir des vivres et de se mettre en communication avec la division chargée d’occuper la Haute-Égypte.— La flottille, composée de quatre chaloupes canonnières et portant 80 hommes de débarquement , partit de Suez le 2 mars avec un très bon vent; elle arriva devant Kosselr le 9; mais déjà la troupe nombreuse d'Arabes de Jedda et d’Yambo, commandée parle ebérif Hassan, accouru au secours de Mourad-Bcy, venait d’y débarquer. Voyant la côte couverte de gens armés, Collot fit approcher ses chaloupes pour reconnaître si c’étaient des amis ou des ennemis. Une vive décharge d’artillerie accueillit sa flottille, qui riposta par une bordée générale ; mais les courants et les vents portaient les bâtiments à terre ; ils durent s’embosser. Malheureusement la chaloupe le TagliamerUo t que montait Collot, prit feu presque aussitôt et sauta. 57 hommes périrent dans l’explosion ou furent massacrés par les Arabes en gagnant le rivage. Les trois autres bâtiments coupèrent leurs câbles et retournèrent â Suez.

Le mauvais succèsde cette expédition engagea le général enchefà ordonner â Desaix de faire occuper Ini-mètue

Kosselr par des troupes de sa division. Desaix en chargea Belliard, à qui il envoya l'adjudant général Donzelot, son chef d'état-major. Donzelot et Belliard partirent de Kéneh le 26 mai. Ils avaient environ avec eux 500 Français, montés sur des chameaux qui portaient en outre le bagage et l'eau. Des Arabes alliés servaient de guides et d’escorte: c'était plutôt une caravane qu’une colonne armée. Le même jour, on arriva à Byr-el-Bar, le Puits des Puits , dont l’eau est douce et rafraîchissante quoiqu’un peu souffrée. Deux heures après le coucher du soleil, on fit halte, on soupa et on dormit dans le désert. À deux heures du matin, le tambour réveilla la caravane, qui continua sa marche au clair de la lune et arriva , au point du jour, à la Gittah , fontaine inépuisable, située sur un plateau élevé : la Gittah se compose de trois puits profonds de six pieds. On y trouve une petite mosquée, espèce de caravansérail ouvert aux voyageurs, et où on s’arrêta pour prendre quelque repos. Le soir, on bivouaqua plus loin dans le désert. Le troisième jour, la vallée se rétrécit. Les formes et les couleurs plus variées des rochers donnaient déjà au désert un aspect moins triste et moins monotone. Le pays devint sonore; joyeux de retrouver des échos , les soldats, qui jusqu’alors avaient marché silencieux, commencèrent à parler et chantèrent On but et on fit provision d’eau aux puits d’El-Aymar et d’El-Adout: puis, après quelques heures de sommeil, on se remit en marche le quatrième jour. La vallée s’ouvrait à l’approche de la mer; l’air était plus frais et plus léger; les chameaux se rafraîchirent et burent aux eaux minérales d’Ambagy, dont les hommes ne font pas usage. Bientôt on découvrit la mer; sa vue fit accélérer la marche. Des Arabes avaient pris les devants pour avertir les habitants de Kosselr. Ils revinrent avec les Cheiks, amenant un troupeau de moutons, présent pacifique. La troupe se mil en bataille. Après quelques conférences amicales, on entra à Kosselr le 28 mai, et on prit possession du château. Kosselr, entouré de muraille*, offre uu parallélogramme de 250 mètres de longueur sur 150 de largeur; les maisons y sont basses et mal bâties; l’eau potable, dont les gens riches font usage, y est apportée de neuf lieues de distance. — Les environs sont déserts ; la ville n’a point de population fixe, elle n’est en graude partie habitée que par des marchands égyptiens et arabes, qui s’en vont lorsque leurs affaires sont terminées. Le port, ouvert au vent d’est, est abrité à l’ouest par le rivage, et au nord par un banc de madrépores et de coraux qui forme uu quai naturel. La position de cette ville, à l’entrée de plusieurs vallées qui débouchent en Égypte, l’a rendue l’eotrepôt du commerce de la Haute-Égypte avec l’Arabie. L’Égypte y envoie du blé, de la farine, des fèves, de l’orge, de l’huile et d’autres denrées. L’Arabie y apporte du café, du poivre, des gommes , des mousselines et quelques étoffes de l’Inde. — La côte est très poissonneuse et habitée par des tribus de pécheurs, qui savent conserver le poisson en le faisant sécher.

LesAbabdehs, tribu nomade qui occupe les montagnes situées au sud de la vallée jde Kosseïr, entre le Nil et la mer Bouge, sont les anciens Troglodytes. Les

marchands de Kosseïr payaient différents droits en nature à ces Arabes, qui se chargeaient de veiller à la sûreté de la route et d’escorter les caravanes. Les Ababdehs , quoique mahométans et guerriers, différaient par leurs mœurs, leur langage, leur costume et leur constitution physique des autres tribus du désert. Les Arabes ont le teint blanc, se rasent la tête , portent le turban et des vêtements ; ils se servent des armes à feu. Les Ababdehs étaient de race nègre, mais leurs traits ressemblaieot à ceux des Européens ; ils avaient les cheveux longs, naturellement bouclés, point laineux, et ne se couvraient jamais la tête. Ils portaient , pour tout vêtement, un morceau de toile ceignant les reins, lis n’avaient point d’armes à feu et se servaient seulement de cimeterres et de lances.

Belliard laissa à Kosseïr de l'artillerie, une garnison et l’adjudant général Donzelot, et se hAta de revenir A kéneh.

Situation de la Haute-Égypte — L’occupation de Kosseïr causa une vive satisfaction au général en chef; il écrivit au Directoire :

« L’occupation de Kosseïr, celle de Suez et d’El- Arich ferment absolument l’entrée de l’Égypte du côté de la mer Bouge et de la Syrie, comme les fortifications de Damiette, Bosette et Alexandrie rendent impraticable une attaque par mer, et assurent à jamais à la Bépublique la possession de celte belle partie du monde, dont la civilisation aura tant d’influence sur la grandeur nationale et sur les destinées futures des plus anciennes parties de l’univers.

a Mourad-Bey est retiré avec peu de monde dans les Oasis, d’où il va être encore chassé. Hassan-Bry est à plus de quinze jours au dessus des cataractes. La plupart des tribus arabes sont soumises et ont donné des otages; les paysans s’éclairent et reviennent tous les jours des insiuualions de nos ennemis. Des forts nombreux , établis de distance en distance, assurent d’ailteurs leur soumission. Les Arabes d’Yambo ont péri pour la plupart *.»

1 II est uirz curieux de voir en quels termes 1* Directoire rendait compte au peuple français de* victoires de l'armée d’Orieot. Le passage que nous allons citer fera connaître quel degré de cou fiance ou doit accorder aui publications officielles de celle époque sur les opération* militaires.

« La fortune continue de seconder le génie et U valeur. Tout ce que Bous parie enl reprend lui réussit au-delà même de son espérance. b’fcgypie Haute et Basse, allé vaste et fertile cou irée, est non seulement tout entière soumise aux armes de la République, mais encore détendue sur loua les points par des fortifications élevée* avec la même célérité qui signale nos victoires. Us Urées, bénissant k-s libérateurs qui les out affranchis du joug des MameUn ks, s'enrôlent en roule, et se distinguent sous les drapeaux tricolores. Les Turcs, forcés de recounaltre la justice d'un gouvernement qui protège, chine, récompense avec la même impartialité, se munirent amis des vainqueurs. Le* Drus***, peuples qui babueut le Mout-übiii, sont en guerre ouverte avec Djeriar-Pacha , et n'aUendcnt que k-s Français pour te joindre à eux ». Pour la gloire de nos Républicains , quelqurt misérables essaient encore de leur résister ; et ceux-li sont ou des Arabes accoutumés à vivre de pillage et d'assassinat* , ou le reste inipuissaui de* bey* tyran* de l'Égypte- C’est parmi ce rebut de l'humanité que l'Angleterre a cherché et trouvé de dignes alliés.

• Notre brillante position en Égypte est le fruit de vingt victoires successives de l’armée qui a repoussé le peu de Mameluck* qui n'a pas péri au dessus des cataractes du Nil , ou daos le* rochers de la Syrie.

• Lrê Gîtes fuirai alan I pnnr tm non»bc» d* soo; In Cap tbr» «!«■ no*kr**« ** TOttUlcsI pM Su servie* miliulr* ; lw Dtus «* ne Sreat rim^pwur 1rs Frairçaia.

La Haute-Égypte pouvait, en effet, être considérée comme conquise; il ne restait plus A Desaix qu'une expédition A faire, celle contre Mourad-Ekv, dans laGrandc- Oasis. Il se proposait d’en charger le général Friant, officier justement renommé pour sort 2èle, sa bravoure et tes talents militaire*.— Mourad était dans une position misérable; mais, quoiqu’il eût à peine autour de lui quelques débris des Mamelücks et des Arabes , c’était encore une puissance qu'il fallait mettre hors d'état de nuire. Ce vaillant chef avait égalé , sinon surpassé , en adresse, èn constance, en activité, eh courage, les plus habiles généraux français et Desaix lui-méme. Il n’entrait dans la pensée d'aucun deux de le considérer comme un ennemi méprisable.

Libre des soins de la guerre, Desaix se consacra tout à l'administration. La Haute-Égypte fut divisée en deux gouvernements, dont les chefs- lieux furent Siotit et Kéneb. Desaix s’établit à Siout et confia celui de Kénth â Belliard.

Bientôt la tlauie-Égyple offrit l’aspect d’une contrée sôuüiise à un gouvernement paternel. L s deux généraux, non moins habiles administrateurs que braves guerriers, portaieut sur tous les objets qui dépendaient de leurs attributions une attention vigilante. Ils parcouraient les villages, pour régler avec les Cheiks et les habitants les travaux des canaux et des digues; ils discütaient avec les hommes capables du pays les plans d’amélioration ; ils cherchaient A concilier les intérêts da gouvernement et ceux des cultivateurs. Ceux-ci,

rl qui ne noos ont coûté que deux ou trou cent» brave*. A oui voit-on IA ce que l’on u’a Jamais tu ailleurs, une armée dont le nombre a doublé par Ici combats, dont la santé sVst fortifiée au milieu di t fatigue* de* camp* , et dont Irt armes et réqmpenkot , eh tempe de guerre, annoncent l'abondance de la pnit.

• Cette armée , forte de 60.000 hommes d'infanterie, de 10.000 de cavalerie , montés sur des ches aux arabe* , cl d'une escadre de pluaieui s vaiwaiu, I régates et ebalooprt canonnières1, se fait tellement estimer, par u bravoure ei h bonne conduite , drt habitant* du pays , qu’un des principaux U entre eux disait, en siyle oriental, k un gé-

' L'anx*» rWnptaH I (iflitf «nu» le tton U.om fanUomi rt 1,000 nulim, b

Sill* ■*•11 *1* dttiuitr t Aboukir.

paisiblement occupés des travaux de leurs terres, apportaient des rafraîchissements aux soldats, dont lâ contenance amicale les rassurait. Les gens riches île cachaient plus leur fournie et en usaient sans crainte. L'influence de la sagesse et de In bienveillance se faisait sentit* sur les mœurs. Les villages arrêtèrent entre eût d'abolir un usage barbare, le rachat da sang, et renoncèrent 5 tirer vengeance A main armée des injure* , des dommages et des crimes, s’en remettant & la justice des Français. — Le commerce reprenait son cour*, les cafés dé Moka arrivaient & Suez et S Kosselr, les blés s’exportaient en Arabie. Le peuple était heureux : «Ceci ressemble, disait-ll , au temps du Cheik Amman.» Amman était un pritice arabe, rènommé depuis un temps immémorial pour sa générosité et sa justice. Bonaparte avait reçu le surnom de Grand- Suit an, Desaix obtint celui non moins glorieux de Sultan-Juste.

Après avoir Offert le tableau des succès que l’habile lieutenant de Bonaparte obtint dans là Haute-Égypte , il cbnvicilt que nous revenions eu arrière pour rapporter l’expédition de Syrie. Pendant que besdix poursuivait dans la Haute-Égypte les débtls des Malhelucks vaincus A Sedÿmari et A Samanhoud,et dispersait les Arabes de Jedda et d’Yambo, l’armée d'OHent, conduite pàr IL* général en chef, allait entreprendre le siège mémorable de Saint Jean-d’ Acre, ët conquérir des palmes nouvelles à Nazareth et S Monthabor. Victorieuse dans les plaines où succomba saint Louis, elle allait combatirè encore dans lès lieux où tHompba Cddbfroi de Boülllèlh.

aérai français : • Sut (an, tu ne devrais pat donner du pain a tee soldats; ils méritent d'être nourrit avec dit sucre.»

• Mal» si le héro* qui commande celte armée uit la faire aimer dé» peuple* qu'elle a soumis . Il ut la rend pas moins redoutable h cens qui oaent *e déclarer rentre elle. Dr* malheureux , que l’or de l’Angk-terre avait soulevé* au Kaire, ei daus quelques villages, ont fail la Instc expérience qur le bras lout-puisunl de La République française, qui éléve et mai lient ceux qui ('appuient sur hii , écrase ceux «Ur qui il péae. •

Touie* ces exagération* plu* qu’orientale* sgol l’ouvre dr* écrivants du Directoire. — Le* rapport* de Bonaparte étaient coufoniH» A la vérité, exagérer *e» foires, o'aurnit eu d'autre effet que dé diminuer la gloire de k* Kritlat*.

RESUME CHRONOLOGIQUE

15 août. Desaix ** met A la poursuite de Mourad-Bey.

(i ssptejsrrr. Combat de Cheboubieb.

13 — Occupation de Stout.

3 octosaf Combat de Mrnrktoh.

4 — Combat de Manwuirah.

7 — Bataille de Sedyrnan.

8 \ovembri: Combat de Faïoum.

22 dâcemrrr. taminal de /uuaguy.

31 — Couiliat de Tablab.

21 nvvii» Bataille «le Sarnanlmrri.

|»l,r rtvRirft. Occupation de Syèité.— Moorad-Bey «tt expulsé d’Égypte.

3 février. Prise de i’Ile de Philo*.

12 — Combat de Liiqsoé

Attaque rt combat de Kéoeh.

IG — Combat d'Alxwinanah.

2 mars. Première expédition de Koraeir.

3 — Combat de Sahama.

Désastre de la djmnc l'Italie.

K 10 — (âtmhats de Copihos et de Rendit.

2 avril. Combat de Bvr-rl-îlar.

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