COMTES DE CHAMPAGNB ET DE BLOIS
Le comté de Chatnpapie , fondé rers 940 , réuni aa domaine en i36i. Les comtés de BInis et de Chartres fondés vers goo, réunis au domaine en 1498 et en 1 346.
Sous les Mérovingiens, la Champa-
fne eut des ducs amovibles dont parle éjh Grégoire de Tours; mais le premier comte héréditaire de Troyes fut Herbert, comte de Vermandois, dont la race s'éteignit en 1019 ou 1031.
Les comtes deBlois, qui descendaient de Thiedbert, quatrième aïeul d&Huffues Capet, héritèrent alors du comté de Champagne. Ces comtes de Bloi$ avaient déjà une grande puissance avant cette réunion, car, au comté de Blois, ils avaient joint celui de Chartres, de Tours, de Beau vais, de Meaux et de Provins ; parmi eux l'on compte Robert le Fort, surnomme le second Machabée à cause de ses succès sur les Normands; Thibaut P"*, dit le rieux , parce qu'il vécut près de cent ans , et le Tricheur^ à cpuse de ses fourberies. Le roman ;du Rou en fait le portrait suivant :
Thibaut 1i cuens fui té\ et engafgnou^ Mont ot chatiaux et moût fut ahenoux.
Chevalirr fut piouz pronx«et mont chevaleroux; Mes moût parfu cruel, et meut fu enrioux. Thiebaat fu plein d'engièn, et plein fu de feintié;
(*) M. yillemain, ibid.
A homme ne à frmme ne porta amitié,' De franc ne de chétif n'ot m<?rcy ne pilj|é« Jie ne doubta à faire mal-œuvre ne pécliié. François crie Mout-joje, et Moniiand Dîex-aje : Flamand cr e Jlrras, et Angevin R'alUe; Et li cuens Thiebaut Ckartrts et Passiwant,
Eudes II, qui réunit aux possessions que lui avaient léguées ses pères, les comtés de Champagne et de Brie \ devint un des plus puissants seigneurs de France; un instant il fut maître de la plus grande partie de l'ancien ro3^ame de Bourgogne , à la mort de Rodolphe 111 , et songeait à aller se faire couronner roi de .Lorraine à Aix-la- Chapelle, lorsqu'il fut tué <lans une bataille contre le duc de Lorraine, te comte de Namur, les évêques de Liège, de Metz, etc. Pour reconnaître son corps déGguré par les blessures, il fallut que sa femme vînt elle-même , sur le champ de bataille, le chercher parmi les morts. Ses deux flls perdirent toutes ses conquêtes et se partagèrent son héritage; ils crurent pouvoir réparer leurs pertes en détrônant le roi Henri i", auquel ils refusèrent l'hommage. Mais Henri, soutenu des comtes d'Anjou, ennemis de ta maison de Blois, les força à la soumission.
La puissance de leur maison n'eïifut pasdiminuée,carGuibertdeNogentdit d'Etienne, comte de Blois et de Chartres en 1089, en même temps que son frère Hugues était comte de Champagne, qu'il possédait autant de ciiâteaux qu'il y a de jours dans Tannée. Cependant il fut vaincu en 1089, et fait prisonnier par le roi Philippe 1*% qu'il défendit ensuite contre le comte de Corbeil, Bouchprd. Ce même Etienne fut un des premiers à prendre la croi», «t la prudence et le courage qu'il montra au siège de Nicée lui vahjrent le commandement de l'armée chrétienne. Mais il quitta Antioche deux jours avant la prise de cette ville, pour retourner en Europe, où il fut accueilli par tant de sarcasmes qu'il repartît presque aussitôt pour la Palestine, où fl fut tué à coups de flèches pafr les Turcs après la défaite des chrétiens à Rama. Etienne paraît avoir été tm trouvère, car Hildebcrt, évê^ue du Maùs, puis archevêque dé T<târs, Itii
ANNALES DE L'HISTOIRE DE tTVANCE.
écnVait : « J*entends dite qn*îi la guerne « vous êtes un autre César, et je surs « dans rétonnement de ce mi'en poésie a vous êtes un autre VIrgire. »
Thibaut IV, second fiîs d'Etienne, comte de Blois, de Chartres et de Brie en 1102, et de Champ&gne *n 1125, eut plusieurs guerreiS avec Louis le Gros , à roccàsfon du dïâteau dii Puiset gue ce prince voulait éétruife en punition des rapines de son possesseur. Il ne montra pas plus d'égante pour Louis le Jeune qui l'attaqua en 1 142 , et brûla la petite ville de Vitrtr en Champagne; mais la méir\oire dfe Thibaut resta chère aux habitants de la ville de Troyes qui loi doit ses premiers étabh'ssements manufïrcluriers. Son successeur Henri î®*" mérita le surnom de Libéra! par tes largesses. ITn de ses gentîlhômmes s'é*tant adressé à lui pour avoir de quoi marier sa flite, ison trésorier lui remontra qu'il avait tant accuerlli déjà de demandes pareilles, qu'il ne lui restait plus rien à donner : FUain , hii dit le comte , vms en mefitea. Si ai-je encore à donner. Je 'ootts donne, et vaudra le don puisque m'appartenez. Si te prenez y dit-il au gentil honmie , et hii faites payer rançon tant quHl y uit dequoifiner au mariage tte vostre filk. Et ainsi y fut fait.
L'an Ï188, ïa ville de Troyes fut presque entièrement détruite par un mcendie, comme l'avaient été un peu auparavant Auxerre, Beau vais. Provins, Poitiers; car la plupart des villes de France étaient alors construites en bois avec des rues étroites , où l'incendie se prof)ageait toujours avec une extrênie raoïidité.
Thibaut III (1197-1201) donnak un magni^ue tournoi ^ans soti cliâl?eau d'Écri, lorsque Foutqoesée Netrilly vint au milieu dé toutes ces joies bniyantes prêcher la croisade. Il le fit avec un tel succès , que fë comte et les seigneurs présents prirent la croix , et que Villehardouin fut envoyé à Venise pouï' noliser des vaisseaux. Quand il revint dire au com^ le suooès de sa démarche, celui-ci; transporté de joie, saut^
hors du lit où le retenait une maladie cruelle , et demanda son palefroi.
« McUsydh un vieux chroniqueur, quand Uotun peu cdié^si re^ownay sa ma- ^ ladien enfbrça. Ilfistson testament, et commanda qu'on payast ses cheva^ Uers, Et si com chevalier rècevroit /*«• voir, que iljur&st Post de Denise à tenir; te remanant cofnmanda départir en Vo'st >y Aussitôt que Philippe- Auguste apprit sa mort, il obligea la comtesse Blanche à lui promettre de ne se point marier sans son consentement, et de remettre entre ses mains l'enfant auquel elle donnerait le iour.
Cet enfant fut le trouvère Thibaut, Olui-ci en 1 224 fit, dans une grande assemblée d« ses barons et vassaux , ua règlement sur la manière don4; les hé-^ ritages fiéodaox devaient être part»- ^és (^). En 1284, Thibaut^ pressé
'(^^ Voici ce règlement qtiî contient léS noms de la plupart des familles nobles de la Champagne. « Je lliîbans , comte pa1a> « tins de Champaigne et de Brie , fais savoir u à tous cels qui verront et oirOnt ces préce sentes lettres , que comme contans fin dé « faire jugement comment le enfans maslè » de mes chastelains et de mes barons deusseflt « jïartir eutre*aus , c'est à sçavoir combieti « Il aisn'és doit penre en contre for pnfsnê, « je de Tassentemeiit et don conseil de mtA « féaux barons et chastelains , c'est à sçavoh: « de redoutable père Mile,evesqiiede Heau- « vais, et de mon chier cousin et de li féal afmi « Gui , comte de Bar-lon-Duc, et mes amei a et féaux lou comte de Saint-Pol, Jean, •c comte de Charters, le comte de Roussy , le « comTe de ^Valdrimont, Simon de Join- « ville , Evrard de Briene , Simon de Chas • « telvilain , Itucs de Saitil-Pol , Gauthier de « Vignori, Caai-nier de Trinel , Reigneier de «Noigent, Ànsial de la Pesse, Guy d*Ar- « cies , Thomas de Cocy, Nicolas de Rumilly, « Gautier d'Ardiilières, Wilaces de Conflans, « le chastelain de Vitry, Régnant de Dam- ^cc pierre , Simon de Soise-Fontaine, Guy de «Sailly, Jacques de Chacenay, Jean de « Plancy, Clerembaud de Chappes, Gauthier « de Risnel , Robert de Ville, Érard d'An- « noy, vidame de Chaaions ,et de mes aultres « barons desquels leurs sceaux sont pendds « en ceste présente lettre. Je ay estably qtfe «c II aintiez fils penra en contre tons ses irè- « res puisnez ; tout ftoy que lit li*ayent fs6f
lao
L'UNIVERS-
d^argentf céda à Louis IX pour 40,000 livres les comtés de Blois, de San-
« trépans que on seul chastel, liainoez Taura, « et les fiez de cel cliastel , et les cbaniages -•• et les prez , et les vingnes et les aiguës et « les estangs qui sont dans les paroisses, et. « les rentes et les issues d*ice1 cliaslel seront .« prisiés avec Tautre terre , et en toutes ces « dioses aura autant li uns comme li autres, « en telle manière que la partie à Tainné « frère li sera assise es rentes et cliesnées « Cf* esaemes fterrei ensemencées) qui seront « au chastel et si aucuns des frères avoit 1 rien au chastel ce quUI y averoit seroit « de la jostice à Tainné frères; et se ils « avoient entres aus maison forte, li secons « l'averoit en tout l'avantage des fiez , des «charuages, des preys, des vinenes, des « aiguës et des estants qui seront dedans les « parochages de la ville ou les maisons forts; « et se il a vient pliîsoures forterece^, elles « seroient divisées selon lou taitdou chastel, « selon ce qui est escript cy bas dessous, et se •« il avenoit que ils ne fussent queduis frères « et ils euissieut duis chastiaus ou trois , 11 « ainné penroit celuy que il mieux ameroit « et chascuns averoit les fiez dou chastel « que il retenroit à son huez et averoit les « chantages, les vingnes et les prez , les aiguës « et les estangs qui seroient dedans les fina- « ges d*icel chastel, et après H ainnez penroit K lou tiers chastel et les fiez d'icel chastel « et les charuages, les vingnes, les prez, les .« aiguës, les estangs qui seront dedans le paro^ « chage dou tiers chastel , et les renies et « les yssues d*iceltiers chastel seront prisiées, ^et ce qu'elles vauront chascuns aura la n mitié en telle manière que chascuns penra « sa part en la chastelerie d'icel chastel se « sa partie vault tant ; et se cil qui avéra lou « pejour chastel et la pejour chastelenie u'a- « voit la vaillance de sa part ou chastel selon « lou pris dou chastel et de la terre qui est « devant dicte, cel qui averoit la plus grande «c partie , li parteroit en terre plene ; et se « il ne le pooit faire en terre plene , il l'y « parteroiten ses chastiaux, sauve lajostis- « se au seigneur dou chastel , selon ce que « il est cy-dessus escript. Et se ils avoient « entre aus quatre chastiaux , li puisné ave- « roit lou quart chastel ; et se ils avoient « plusours chastiaux , toute en telle manière « seroient divisé; et se ijl estoient plus d'hoirs « que nous n'avons dessus dict et il eussent « plusours chastiaux, li ainné penroit à sa « Tolonté UQ chaste] , et li puisné un autre
cerre , de Chartres , et la vicomte de Châteaudun. En 1239, il fit brûler sur le mont Aimé, près de Vertus, cent quatre-vingt-trois, hérétiques qu'on avait saisis dans la Champagne. Cinq ans auparavant il avait hérité, du chef de sa mère, sœur de Sanche VIT, la couronne de Navarfe.
Son successeur Thibaut IV mourut à Trapani en Sicile, au retour de la croisade de Tunis Je 4 décembre 1270 ; et le frère de celui-ci, Henri III, ne laissa qu'une fille, Jeanne , épouse de Philippe le Bel et fondatrice du collège de Navarre, dans les bàtiinents duquel est aujourd'hui établie l'École polytechni- Cjue. Louis le Hutinsetrouva ainsi roi de France et de Navarre et comte de Brie et de Champagne ; mais Philippe de Valois fut contraint d'abandonner la Navarre pour garder au moins la Champagne et la Brie (1335). En 1361, le roi Jean réunit à toujours ces deux comtés au domaine.
Quant aux comtés de Blois et de Chartres, ils passèrent en 1241 et en 1269 dans la maison de Châtillon, qui ajouta à ces riches possessions les
« chastiau que il mieux aimeroit, et en telle « manière seroient toujours divisé. C'est à « sçavoir que li ainné penroit à sa volonté « et en telle manière cbascun d'aus averoit « en son chastel l'avantage dou chastel si « comme li est expressé dessus, et les rentes « seront prises selon ce qu'il est divisé des- « sus ; et se ils estoient tant dhoirs que « chascuns ne pooit avoir un chasteau , cil « qui ne porroit avoir un chastel averoit sa « part en terre plene si comme il est dessus « dict.. C'est à sçavoir queciz establissement « en faict de tous chastiaux qui meuvent de « moy, et dou cestuy jour qu'il est faict ou « temps à avenir qu'il sera frumez et les par- « lisons qui ont esté faictes jusqu'au jour « que ces leUres furent faictes , elles seront « estables et dureront ; et pour que ce soit " créable chose et guenue fermement, je et « H barons avons scellez ces- présentes de « nos sceaux. Ce fut faict en l'an de grâce « Mcc XXIV, lou jour de Noël ou mois de «Noèl(*).»
(*) Extrait des papiers da P. Viguier , jésuite , cité dans t'Art de Térifier les dates ; t. XI, p. 376 rt *niT
comtés de Dunois et de Chartres (*), et les seigneuries d*Avesnes, de Guiche, de Condé, le comté de Soissons, la seigneurie de Chimay, etc. Mais, en 1391, Gui IldeChâtiilon vendit, pour se libérer de ses dettes, les terres de Blois, de Dunois , de Romorantin et de Château-Renaud , à Louis d'Orléans, frère de Charles VI. Le petit-fils de Louis d'Orléans, Louis XII , réunit le Biaisois et le Dunois à la couronne ; mais le premier en ftit détaché par Louis XIII et Louis XIV, pour Tapanase de leurs frères Gaston et Philippe d Orléans.
COUTX DK RËTHEI..
Fondé rers 974 > rcani au ducbc de NeTf rs en 1 54().
La ville de Réthel , située sur l'Aisne à sept lieues de Reims, n'était encore ou'un village au dixième siècle, quand I archevêque de Rei^ns Adalberon en fit don, avec d'autres domaines, à4*abbaye de Saint-Remi. Les religieux de ce monastère y nommèrent un avoué ,
Î|ui ne tarda pas, comme partout aileurs, à se rendre propriétaire avec le titre de comte. Bientôt les domaines des nouveaux comtes s'accrurent. Alanassès II, le second de ces comtes qui nous soient connus, possédait le comté de Porcien , Sainte -Meriehould , et peut-être Stenai. Le second llls de Hugues de Réthel , Baudouin du Bourg , alla chercher fortune en Palestine, où il devint comte d'Édesse , puis roi de Jérusalem. L'un des successeurs de Hugues bâtit Château-Renaud en 1227, à une lieue de Charleville. En 1277,
(*) La maison de Cliâtillon vendit le comté de Chartres, en 1286, à Philippe le Bel, qui le donna à son fràre Charles , comte de Valois. Quand Philippe de Talois parvint à la couronne, il y réunit le comté de Chartres, en 1346 ; mais en i5a8 , François I*^ érigea ce comté en duché en faveur d'Hercule d £st, duc de Ferrare, el de Renée de France, sa femme, seconde fille de Louis XII , après la mort desquels il revint au domaine.Ilen fut de nouveau détaché pour former Tapanage de Gaston, frère de Louis XIH, et en i6r)i pour celui de Philippe d*()rlcnus, frère de Louis XIV, qui réri;;ea en pairie. Depuis, les ûls aînés des durs d'Orléans ont toujours |K)rté le litre de ducs de Chartres.
Jeanne, héritière du comté de Réthel, épousa Louis, fils aîné de Robert, comte de Flandre. Ce fut par ce mariageque le Réthelois entra dans les maisons de Flandre et de Bourgogne; puis devmt en 1525 la propriété d'Odet de Foix , vicomte de Lautrec , baron de Donzi, deRosoy, d'Orval, de Beaufort en Champagne , seigneur de Colommier en Brie, etc., et comte d'Albret, du chef de sa femme. Enfin, en 1549, le Réthelois passa aux ducs de Nevers , de la maison de Clèves.
COMTÉ DE GRARD-PRK.
Fondé rtn 1008, maintenu josqa'^u dix-huitièma siècle.
Ce comté avait pour chef-lieu une ville du même nom , située en Champagne, à dix lieues de Reims et de Châ- Ions, à cinq et demie de Sainte-Menehould. — On trouve, vers 1008, un certain llescelin , qualifié comte de Grand-Pré. Sa race posséda ce fief jusque vers 1456. A partir decette époque il passa par vente dans plusieurs maisons, et notamment dans celle de Joyeuse, qui le possédait encore au dix-huitième siècle.
COMTE DE AOt'Cr.
Maintenu jusqu'au dix-huitième siècle.
Rouci, à quatre lieues de Reims, et l'une des sept comtés-pairies de Champagne, était possédée en 940 par Renaud, comte de Reims. En 1033; ce domaine passa par mariage aux seigneurs de Montdidier , qui attirèrent sur eux les armes de Louis le Gros par les exactions qu'ils commirent sur les biens de l'églisede Reims. En 1212, Rouci fut portée par les femmes dans une nouvelle maison , celle des seigneurs de Pierrepont; puis, en 1415, dans celle de Saarbruck ; et, en 1551 , dans celle de Larochefoucauld.
SEIGNEURrE DE SEDAIT.
Reunie au domaine en i65r.
Cette terre, située sur la Meuse, entre blouson et Donolierv, était originairement un fief de l'abbaye de Mouson et un arrière-fief de l'éj^lise de Reims. Les avoués qui y avaient été établis
isî
L'UNIVERS
s*en rendirent bientôt maîtres , Jîîaîs . restèrent longtemps obscurs. En 1379, Charles V, reconnaissant l'importance de cette ville, acquit tous les droits dé ràfchevêque de Reims, et Charles VI se la fit céder en 1 389 nai- le sire dé Barbàn^onqui la posséaaît. Mais, en l40Ô»ilia don bâ à son frèî-e le duc d Orléans, dont le fils la vendit en 1413 au sire de Braquemont. Un fils de celui-ci ta Vendit encore, en 1424, à Évratd de la IViarck , seigneur d'Areraberg , baron de Lu main. C'est Tarrière-petit-fils de cet Evrard , Robert II de la M arck , qui est si célèbre sous le nom au grand sanglier des Ardennés ^ et qui' devint, en 1496, duc de bouillon. En 158!s il ne resta de cette ftmille que Charlotte, qui, par son mariage avec flfënri de la Tout d'Auvergne, vicomte deturenne, lui apporta tes seîeneuries souveraines de Bouillon, Sedan, Raucdurtët Jamets, qui restèrent dans cette maison jusqu'au dix-huitième siècle, à Texception de Sedan et de Raucourt, échangés en 1651 contre les comtés d'Anvergne et d'Évretix , et les duchés de Château- Thierry et d'Albret.
BAROIfiriE D£ COUCT.
Réanie aa domaine en i497*
k Item est vrai , dit un ancien rho- « nument, qu'entre les autres là baron- «nie de Coucy, qui est compoisée de « trois chatellenies, Coucy , la Père et « Marie , e§t une des plus anciennes et « plus notables baronnies du royaume; « itemqueladktebaronnie de Coucy est tt tenue en foy et hommage du roy nos- « tre sire et 'de sa couronne, et si noïï blement, que le seigneur et le baron « n'est tenu faire foy et hommage sinon « à la personne du roi proprement (*). »
Jusqu'au milieu du onzième siècle, la terre die Coucy, ancien démembrement des biens de Téglise de Reims, fut possédée par d'obscurs chevaliers de maisons différentes; mais vers 1086 élkt passa aux mains d'Enguerrand de Boves dont la postérité la garda pen-
(*) Duclieâhe , Histoire de la maison dé ,1». 67^.
dant deux siècles* Les plus célèbres des sires de CoUcV furent Thomas de Marie (1116), contre lequel Combattit Louis le Gros , pour le forcer â respecter les biens des églises; Enguerrandin (1191), qui contribua puissamment au gain de la bataillé de Bovines , et dont la devise était :
it ne vcà% roi ne dne, |>rince ne cooMe Murf , Je ■ois le ske de Coocy.
Outre Coury , il possédait lettcotie la Fêre, Marie, Creci, Vervins, Fontaines, etc. Enguerrand IV (1250) fut un des grands du royaume qui eurent le plus à souffrir de la sévérité de saint Louis. « Trois jeunes gentilshommes flamande apprenaient le français à l'abbaye de Saint-Nico* ias-aux-Bois, dans l*e diocèse de Laon.
Ayant été trouvés dans la forêt de Coucy avec arcs et Bêches, mais sanz chiens et sanz autres engins par quoi ils peussent prendre testes satwages, il les M arrêter et pendre sans aucune forme de procès. L'abbé de Saint-Nicolas et quelques femmes pa* rentes de ces jeunets gens portèrent leurs plaintes au roi saint Louis de cette exécution. Sur quoi H benoiez rois fist apeter ledit Enjorran ( Enguerrand) seigTieur de Coucy devant lui y puis qu'il otfête enqveste soufi^ sant, et si comme l'en la derxMfère quant à telfêty et lor il *lejist arester par ses chevaliers et par ses serganz, et mener ait, Lœwre et mètre en prison , et estre illecques tenu en une chambre sans ferz. Et comme H dit Enjorran,,, fust ainsi retenu , un jour li benoiez rois fist ledit seigneur de Coucy amener devant lui, avecques lequel vindrent li rois de Navarre y H dus de Bourgoigne, li cuens
de Bar y li cuens de sèsscms et
aussi comme touz les autres barons du royaume, A la parfin il fut proposé de la partie dudit tnonseigneur de Coucy devant le benoiez roy^ qtte U se vouloit conseillier , et lors il se trest à partj et touz ces nobles hommes , devant diz avecques lui. .,,et quant ils ûrent esté longuement à conseil , ils revindrent devant lî beneoit roy;
et proposa devant hd monseigneur Jehan de Thorote pour ledit monsei' gnettr Enjorran. . . . que il ne devait pas ni voulait soumetre soi à enqueste en tel cas, comme telle enqueste tour chast sa personne , S*enneur et son héritage, et qve il estait prest àe dé' fendre isoipar bataille; et nota (nia) plainement que il n'avait fnte pendit ni commande à pendre les jawenciaùc desus dîz. Et Udiz et lesdites fetnme's
étoîerùt illecques qui requéraient
justice- Et comme H behoiez rais ot entendu diligaufnent le conseil dU' dit mon:seigneur Enjorran.,.. il res^ pondi '^\ie es fez des poures, des églises ^ ne des personnes dont on doit avoir pitié , r-étt ne devoit pas einsi afer avant par loy de bataille.... Et toutfUstil eîfisi qUe plusieurs proias' sent le benoîez roy pour ledit mon-seigneur de Coïiçp ; non pourqueant oncqt^es pour ce H sainz roy s ne volt leurs prières oir... et à la parjin par 2e conseil de ces conseillers condempna ledit monseigneur de Coucy m douze mille livres parisis (*) , laquelle somme d'araent il envoya eh .^cre pour àespenare en Vaide de là terre sainte {**)- Et pour ce ne laissa il pas que il le ne condempnast à ce que il perdîst le bais elquel les diz jouven ciax avaien t estépenduz . Avecques ce il le condempna que il feist fère trois chapeUenies perpetueles et les douast pour les âmes des' penduz. Et H osta encore toute haute justice de bois et de viviers (***). »
Eijf^uerrarid IV ne laissant pas de firs (1311), Enguerrand V, son neveu, commença la seconde race des feires de Coucy*, qui reçut une grande illustration d Enguerrand VII ( 1346- 97 ) , homme très-éloquent^ grand né-
(*) Environ i 70,000 fr.
(**)-ÏJangîs dit au contraire que cetle aAiende, qu il irévalue qu*à dix initie livres, tiJl employée à faire ta Maison - Dieu de Pontaise, lés eicôles et le dortouer aux frèfes prescheurs de Paris, et tout le moustier entièrement aux frères mineurs.
(*•*) Yte de S&[fet loch, édition du Louvre, p. 379-380.
godaieur €t nrand guerrier. Sous lui , la sirerie (le Coucy, devenue Tiinc des plus belles et dès plus puissantes baronnies du royaume , avait dans sa dépendance cent cinquante boui^s ou Villages, outre tes châteaux, les forêts et les étangs qui en faisaient partie; Les villes (k Couct, de Ham, de Fo* ïefflbrai, Saînt-Aubih, la Fère, Saint* Gobin, le Chasteiier, Saint-Lambert, Marie, Acy et Gercy, s'vnrouvaient aussi comprises. Enguerrand ne lais*sant pas de fils , la moitié de son hé* ritage fut achetée par le duc d'Orléans <1400), et réunie au domaine par Louis XII ; le reste pass«i dan* la mai»son dé Luxembourg, pui^ dams celte de Bourbon , qui le réunit à la couronne en 1591 , par Pavénement de Henri IV, Depuis , la sirerie dfe Coucf fut donnée en apanage au due d'Orléans, frère de Louis XIV.
OOMTB DB SOISSORS.
néoni en i^qS aux domaines de la maison 4a Bourlwn.
Le Soissojinais fut administré sous les Mérovingiens par des ducs amovibles, puispardes comtes, qui finirent^ là comme ailleurs, par se rendre héi^ditaires.C'est commetels qu'on les troirve vers l'an 960. En 1146 , la maison de Nesie obtint, par héritage éloigné, ie comté de Soissons. Elle s'attira d'abord la colère de saint Louis , sous Jean il (1237), par des exactions commises sur les biens de FËglise ; et le roi ne pardonna qu'à condition que le comte suivrait une procession du chapitre de Soissons , nu-pieds , en chemise et en braies y tenant entre ses bras un paqtiet de verges, qu'il offrirait ensuite au doyen pour recevoir de lui la discipline. Mais bientôt la maison de Nesie rentra en grâce ; Jean suivit même le roi en Egypte , et au retour fut chargé , avec quelques autres , de tenhr les plaids de ta porte. Car de coutume^ dit le sire de JoinvHle, après ce que les sires de NeeUes et le bon seigneur de Soissons, mcy et atUtrès de 9es prouches avyon^ esté à fo messe y il fatloit qve W)tCs nlêèsUms ùir fm pktz de lapùrtê^ iQue m»iMe'
iU
L'UNIVERS
nant on appelle les requestes du palais à Paris. Et quant U bon roy estoit au matin venu du Moustier, il nous envoyait quérir y et nous demandoit comment tout se portoit, et sHl y en avoit nul qu'on nepeust despescher sans lui. Et quant il y en avoit aucuns nous ne lui disions. Et alors les ejivouoit quérir et leur demandait à quoi iltenoitqu'ilz n^ avaient agréable V offre de ses gents, et tantost les contentait et mettait en raison et en droicture, »
En 1367,Enguerrand VH dé Coucy acheta le comté de Soissons , <jui , après sa mort, passa dans la maison de Luxembourg par Robert de Bar, puis dans celle de Bourbon par le mariage de Marie, arrière-petite-fille du connétable de Saint-Pol , avec François de Bourbon , comte de Vendôme , qui mourut en 1495. Le comté de Soissons forma , en 1547 , la part du cinquième Gis de Charles de Bourbon , premier duc de Vendôme, et, en 1557, de son frère Louis , prince de Condé , .qui le laissa à son fils (1569^) et à son petit-fils Louis II (1612). Ce dernier, adversaire de Richelieu, fut tué en 1641 , à la bataille de la Marfée. A sa ■mort Marie de Bourbon, sœur de Louis II , porta le comté de Soissons dans la maison de Sa voie-Car iguan. La branche des comtes de Soissons de la maison de Savoie s'éteignit en 1729.
COMTS DE CLERMOITT EIT BEAnVAISIS. Réuni en 197a à la baroonie de Beaujeu.
Les possesseurs de ce comté situé sur la Bresche ne sont connus que vers le milieu du onzième siècle. Au commencement du treizième, en 1218, Philippe-Auguste s'en empara par- défaut d'hoirs, et le donna à son tlls Philippe Hurepel. En 1269, saint Louis rinféoda encore à son sixième (ils Robert, qui, trois ans après, épousa Béatrix de Bourgogne; dame de Bourbon. Robert prit dès lors le nom de cette terre, mais garda les armes de France ? « Sage précaution qui a beaucoup servi à ses descendants pour se maintenir dans le rane de princes du sang, que ceux de Courtenai ont
perdu pour n'en avoir pas usé de la
sorte (*). »
COMTÉS DE VALOIS ET DE VERMAITOOU. Capitales Crespy et Saint-Quentin.
Suivcint Topinion commune adoptée par les savants auteurs de TArt de vérifier les dates, les anciens propriétaires de ces deux comtés descendaient de Bernard, roi dltalie, et petit-fils de Charlemaçne. Herbert, ce comte de Vermandois qui emprisonna Charles le Simple, était donc à ce compte le véritable héritier de l'empire carlovingien. Sa descendance maie s'éteignit en 1080. Cependant Herbert IV, dernier des comtes carlovingiens de Vermandois , laissa un fils , Eudes , surnommé l'Insensé, qui fut déshérité de rhéritage paternel. C'est de lui que descendaient, dit-on, les anciens seigneurs de Saint-Simon, qui, à ce titre, auraient été les plus nobles seigneurs de France, comme ils en étaient les plus fiers, puisqu'ils auraient pu faire remonter leur race au fils aîné de Charlemagne. Ce fut vers 1021 que les deux comtés de Valois et de Vermandois, possédés jusqu'alors depuis la fin du neuvième siècle par deux branches de la même famille, furent réunis. En 1080, Adélaïde, fille d'Herbert IV, hérita de ces deux terres ; et son époux , Hugues le Grand , fils puîné de Henri T', roi de France, prit le titre de comte de Vermandois.
La postérité de Hugues le Grand s'éteignit en 1 167; et Isabelle , sœur du dernier comte capétien de Vermandois , fit don de ces deux domaines à son époux Phih'ppe d'Alsace, comtedeFlandre ; mais sa sœur Éléonore réclama contre cette cession , et transmit ses droits à Philippe-Auguste, qui les fit valoir par les armes. Nous avous raconté plus haute**) les événements et le résultat de cette guerre qui se termina par la réunion du Vermandois à la couronne.
Éléonore ne s'était réservée de toute là succession de son frère que le comté de Valois , qu'elle céda encore à sa mort
(*) Péréfixe, vie de Henri IV, (") Page 99.
à Pbi)ippe*Augiiste (1214). Comme il ne restait de descendants des anciens comtes que les seigneurs de Saint-Simon, Philippe traita avec eux pour {)révenir toute réclamation. Et dès ors, le Valois, composé des domaines de Crespy, de la Ferté-Miloii , de Villers-Cotterets , de Viviers et de Pierrefonds, ne fut plus qu'un apanage dont furent successivement investis Je^n Tristan , quatrième fils de saint Louis , en 1 268 , et Charles , second fils de Philippe le Hardi , en 1285. Le fils de ce prince , Philippe , monta sur le trône en 1328, et donna, en 1344, le comté de Valois à Tun de ses fils. Louis d'Orléans, frère de Charles VI, le reçut encore en 1392. C'est de ce prince que descend Louis XII. La dernière maison d'Orléans a possédé le Valois jusqu'à la révolution.
COMTE DE AAMMARTIir.
Fondé rers le commencement du onzième siècle.
Dès le dixième siècle, Hugues T', avoué du Ponthieu, s'était emparé de la petite ville de Dammartin, et y construisit un château , que sa postérité porta par alliance dans une autre maison , dont le premier comte connu est Manassès. Au commencement du onzièmesiècle, son fils Hugues (1037) et plus tard son petit-fîlsHuguesII(U07) eurent de longs démêlés avec Philippe Y' et Louis le Gros. Fidèles à leur haine contre la maison de France, ils prirent parti pour le comte de France et les Anglais; mais Philippe-Auguste confisqua le comté de Dammartin , et le donna à son fils Philippe Hurepel.
Depuis , cette terre passa successivement dans les maisons de Trie (1267), de Fayel , vers 1480 , de Chahannes ( 1439*) , de Montmorency ( 1561 ) , et enfin dans celle de Condé, en 1632.
COMTÉ DU VEXi:».
Réuni aa domaiqe m 1074.
Charles le Simple ayant cédé, en 912 , à Rollon , la partie de la Neustrie qui s'étendait jusqu'à la rivière d'Epte, la partie du Vexin comprise dans cette concession prit le nom de Vexin normand; celle qui resta à la France fut le Vexin français. Comme
Tabbaye de Saint-Denis y possédait de grands biens, les comtes qui adminis* trèrent cette petite province, d'abord comme commissaires royaux , puis comme comtes héréditaires, à partir de 843 , étaient avoués de Tabbaye et en portaient Tétendard appelé oriflamr nie , parce qu'il était mêlé d'or et de soie couleur de feij. Simon, dernier comte du Vexin français , s'étaut retiré dans un monastère, Philippe I*' . succéda à tous ses droits et à sa qualité d'avoué de l'abbaye de Saint-Denis (1074).
BARONiriE,,PUrS COMTÉ DE MOHTFOtT-
lVmaury.
Réunie an domaine en z532.
La ville de Montfort, située entre Chartres et Paris, était le chef-lieu d'un domaine, dont les anciens propriétaires paraissent descendre de Baudouin Bras de Fer, comte de Flandre, et de Judith, fille de Charles le Chauve. La famille des comtes de Montfort, si célèbre au moyen âge par son ambition et sa cruauté,' fournit Simon de Montfort , chef de la croisade contre les Albigeois, et son fils, le comte de Leicester, qui fit une révolution en Angleterre. Une fille, dernier rejeton de cette maison, se maria, en 1294, à Arthur II, comte de Bretagne, dont le fils Jean de Montfort hérita de la baronnie de sa mère , et plus tard du duché de Bretagne. Quand cette province fut réunie au domaine, Montfort , qui en faisait partie depuis le mariage d'Yolande, y fut aussi rattaché.