‹ France (volume 2)Chapitre 19 sur 45 · COMTÉ DB DREUX · texte numérisé non relu

COMTÉ DB DREUX

Réuni définitivement au domaine ^tn le milieu du

quinzième siècle.

Ce pays fut originairement compris dans le' duché de Normandie; mais EudeS II, comte de Chartres, auquel Richard V^ le céda vers 1017, le rendit au roi de France, et, en 1132, Louis le Gros Tinféoda à son troisième fils Robert, dont la petite-fille, mariée à Rainard III, sire de Choiseul, devint la tige de toute la maison de ce nom. La postérité de Robert posséda ce domaine jusqu'en 1345. En 1377, Charles V acquit cette terre, que, cinq ans

L^UNIYERS.

plus tard, son fils donna au sire d*Al- Bret , purs au duc'd^Orléans , son frère. Aa milieu du quinzième siècle, il fu| encore une fois réuni au domaine.

«▲aoHvuB, 9^ cQifTg d'staxp«s.

Jusqu'à saint Louis, Étampes et ses dépendances restèrent dans le domaine de la couronne. Ce prince donna cette seigneurie à sa mère , et plus tard , en 1307, Philippe le Bel en pourvut son frère Louis, aont la postérité le posséda jusqu'en 1385. Depuis lors, elfe pass.a dans diverses maisons, et fut donnée notamment à Anne de Pisseleu de Heilli, maîtresse de François I""', et plus tard , à Diane de Poitiers. Elle ne revint à la couronne qu'en 1712.

SEIGZrEURIE DE BMJGEHCY.

Cette terre, située sur la Loire, relevait anciennement de Téglisç d'Amiens, qui céda ses droits a^ comte de Blois en 1291. Ce ne fut quç vers Tan 1000 que les sires de Baugency devinrent héréditaires. Leur race s' étant éteinte en 1292, leur domaine pas.<$a par achat dans les possessions de la couronne.

COHTB DK WEULKHT.

Le comté de Meulent, était situé partie dans le Vexin français, et partie dans le .Pincerais ou diocèse de Poissy, sur les deux rives de la Seine. AValeran , comte de Vexin , est aussi le premier comte connu de Meulent, dont le dernier remit son comté à Philippe-Auguste, et mourut en 1203.

COMTE DE. CORBBIL.

Fondé vers 940, r«ani «n doin«ifie royal tous Louis le Çros.

Corbeil , ville du Hurepoix , au confluent de la Seine et de la Juigne, fut le chef-lieu d'un petit comté établi vers 940, par Hugues le Grand, duc de France, en laveur d'Aymon, époux d'itlisabeth, parente de Hugues. Cet Aymon est, selon Duchesne, le même que celui du roman chevaleresque , si célèbre et si populaire, des quatre fils Avmon; mais d'autres pensent que le h^ros du poëme est un sire de Bourbon du nom d'Aymon. Le successeur de ce

premier comte fut Bouchard , comte de Vendôme et fils d'un comte d^Anjoul Hugues Capet l^ji fit épouser la veuve d'Aymon , et ajouta au comté de Corbeil celui de IVIelun. Bouchard H, qui posséda le comté de Corbeil durant le règne de Philippe I", fiit souvent en guerre avec ce prince. Suger le dépeint comme un homme d'un esprit turbulent et ambitieux , d'une taille extraordinaire et d'une force prodigieuse.

Vers Fan 1101 , il forma , avec Quelques autres seigneurs , le projet de détrôner Philippe , et il aurait peut-être réussi , maigre la faiblesse de ses ressources , sans l'activité du jeune Louis, fils de ce prince. Le matin de la bataille , il refusa de se faire apporter ses armes par son écuyer, et voulut recevoir son épée de la main de sa femme, en lui disant :

« Comte je la reçois , roi je vous la rapporterai. » Mais le comte de Blois, Etienne, le tua d'un coup de lance durant la mêlée. Son fils Eudes se montra toujours attaché au parti du roi ; mais le neveu d'Eudes, Hugues de Puiset, qui devait lui succéder, ne put se mettre en possession du comté de Corbeil, et perdit même, après de longues guerres contre Louis le Gros, son château du Puiset. Il finit par aller mourir à la terre sainte, et ses terres furent réunies au domaine.

SEIGNEURIE DB MOITTLBSai.

Réunie an domaine rers le milieu du douzième siècle.

Montlbéri, capitale du Hurepoix, à six lieues de Paris, fut possédé, au commencement du onzième siècle , par des seigneurs de la maison de Montmorency. Les turbulents seigneurs de Montlhéri furent, comme ceux du Puiset, malgré leur faiblesse, les plus redoutables adversaires des premiers Capétiens. Biaufius Loeis, disait Philippe V à son fils, biaujms Ijoeis, garde bien celé tor qui tantes fois m'a travaliéj et en cm escombattre et asalir ge me suis presque toz envesliz (envieilli), et par oui desloiauté ae ne poi abiques aix)ir bonne pais ne bonne seurté, la cui desloiaidé faisoit des prodomis et des loyaux

ANNALES DE L'HISTOIftE DE FRANCE.

tifaiir$s;$ide^hiaHX; etlaienzs^atrosellaient, et de près et de loin y fuit li iraitor et li aeloial; ne en tôt le roiaume n'estaient mauzfaiz ne traitons sansi lor etsent (consentement) et sanz lor aide : si que don cJiastelde Cortmel (Corbeil), qui est mi-voie de Monflheri, à destre jusques à Chastiaufort, estait la terre si accinte et sigrant confusionentre cex de Paris et cex etOrUenSy que Hun nepooient aler en la terre de fautre par marchandisse ne par autre chose sens lOi volante à ces traitars, si ce n'estoit de grant force de gent{*).

Vers le milieu du douzième siècle, W dernier seigneur de Mohtlhéri , Hugues , s'étant retiré à Cluni pour y faire pénitence de ses méfaits, et n ayant pas laissé d'enfants, ce fief fut réuni au domaine royal.

Cette terre, la première baronnie de r Ile-de-France, était possédée, au milieu du dixième siècle, par Bouchard I*', fils du àuc Albéric et d'une sœur d'Edred , roi d'Angleterre. Outre cette baronnie, Bouchard possédait les terres de Marly, d'Écouen, de Feuillarde, près de Melun et de Brai-sur- Seine. La. fortune de ses descendants, intimement unie à celle de la maison de France , qui confia fréquemment de hautes charges aux barons de Montmorency, alla toujours croissant jusqu'au seizième siècle. Leurs richesses, l'illustration répandue sur toute leur race, par les emplois et les ser- Tices de la plupart d'entre eux, leur firent prendre le premier rang narmi la noblesçe française, et firent aire à Henri lY que si fa maison de Bourbon venait à manquer, il n'y avait pas de famîHe dans r Europe qui méritât si bien la couronne de France que celle de Montmorency. Mais la dispersion, par toute la France , de leurs nombreux domaines, qu'ils ne réunirent jamais en un grana fief , les empêcha de jouer au moyen âge le rôle de seigneurs indépendants de la couronne.

(*) Oironique de Saint-Denis.

nUCBE DE FRAjrCE.

Ce duché, camipris entre la SeiRe e( ]? Loire, renfermait, outre les comtés de Paris et d'Orléans, le Gatinois, le Clidrtrain, le Blaisois, le Perche, la Touraine, l'Anjou, le Maine, les terres de la Sologne au sud de la Loire, le Beauvaisis etune (partie de TAmiénois.

Robert le Fort qui était, selon les Bénédictins, arrière-petit-fils de Childebrand , frère de Charles Martel , reçut de Charles le Chauve, en 861 , le duché et marquisat de France. Ses successeurs au duché de France furent Eudes (866), Robert (898), Hugues le Grand (923), dont nous avons déjà longuement parlé (*),enfin Hugues Capet (956). Par l'avènement de ce prince à la couronne (887) , le duché de France devint le domaine royal.

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