ARCHEVÊCHÉ U*AUCH
Fondé en 879. SanVaganls : les évèques de U«x« Lccloiire , (^nmiiiiiigcs » Conserans, Aire, Raza*. Tarifs , 0!éion , Letcar et BayoniM. Rcrenu aoo,oo(i livres.
Eause , métropole de la Novempopulanie ou Gascogne, ayant été ruinée par les Sarrasins, Auch, qui jusqu'alors n'avait été qu'un évêché, hérita de son titre de métropole et du siège archiépiscopal. Toutefois ce ne fut que vers 879 que le pape Jean VIII donna le titre d'archevêque à ses prélats. Le premier chanoine du chapitre métropolitain fut le comte d'Armagnac, et ensuite le roi de France, quand ce fief eut été réuni au domaine. Les quatre premiers barons relevant de l'Armagnac, c'est-à-dire, les seigneurs de Montault , de Montesquiou , de risle et de Pardaillan , avaient aussi rang et séance au chœur comme chanoines. L'archevêque d'Auch était seigneur en pariage de la ville avec le comte d'Armagnac, puis avec le roi, et ses vassaux étaient les comtes d'Armagnac, qui lui payaient une redevance annuelle, ceux de Fezensac, et plusieurs des plus puissants seigneurs de la Gascogne. En 1750, ce diocèse renfermait Zb2 églises paroissiales, 277 succursales , 8 abbayes d'hommes d'un revenu de 43,000 livres, et taxées à 3,400 florins, 9 églises collégiales. La taxe de Rome pour les bulles était de 10,000 florins. Les plus importantes des abbayes de ce diocèse étaient: l"* celle de Bardoux, fondée, en 1 134, par Bernard, comte d'Astarac,et SancheII,son fils, qui donnèrent pour cette œuvre la terre de Berdouës. Ce fut sur un bien de ce monastère que fut bâtie, vers 1280, la ville de Mirande.,2* Celle de Simorre, qui existait dès l'an 817, et possédait la ville du même nom.3*'CelledeSaramon, où se pratiquait la cérémonie
AWIfALES DE L'HISTOIRE DE FRANCE.
suivante. A la procession du 14 mai, les consuls de Saramon présentaient, sur le seuil de l'église, des gâteaux et du Tin à l'officiant et aux autres relieieux, qui mangeaient et buvaient sur le lieu même; mais il fallait que l'officiant en buvant eût le bras droit entrelacé avec celui du premier consul.
4** Celle de Gimont, qui possédait la ville du même nom.
Évéché de Dax, Gratien, qui assista au concile d'Agde en 506, est le premier évéque connu de Dax. Cet évéché renfermait, en 17^0, 265 paroisses, 4 abbayes d'hommes fort anciennes, d'un revenu de 17,000 livres, et taxées à 330 florins ; enfin 2 abbayes de femmes d'un revenu de 7,000 livres.
Celui de l'évêcbé était de 30,000 livres , et sa taxe de 500 florins. La plus importante des abbayes de ce diocèse était celle de Sordes , dont les abbés , qualifiés du titre de seigneurs et barons de Sordes , jouissaient de toutes les prérogatives des seigneurs , hauts , moyens et bas justiciers , avec la propriété des eaux des deux gaves qui traversaient leurs domaines.
Évéché de Lectoure en Armagnac, fondé vers l'an 510. Cet évéché ne renfermait que 107 paroisses et point d'abbayes; son revenu était de 40,000 livres, sa taxe de 1,600 florins. L'évéoue partageait avec le roi la seigneurie ae sa ville épiscopale.
Evéché de Comminçes, fondé vers 506. Détruite par le roi Gontran , cette ville épiscopale fut rebâtie » en 1085*, par son évéque, saint Bernard, dont elle a pris le nom. Revenu , 70,000 livres; taxe, 4,000 florins. Paroisses, 200. Abbayes, 5 : revenu, 20,000 livres; taxe, 1,500 florins.
Évéché deConseranSyfondéxeTS 506.
Revenu , 30,000 livres ; taxe, 1,000 florins. Paroisses, 22. Abbaye , 1 : revenu, 30,000 livres; taxe, 450. Au moyen âge, révéque était seul seigneur temporel de sa ville.
Évéché (fJire, fondé vers 500. Cette ville ayant été, ainsi que fa plupart des villes de la Gascogne, ruinée par les Sarrasins, resta cent quarante ans sans prélat; mais, en 1056, Raymond dit le
Vieux, qui occupait, sous le titre d'évéque des Gascons , tous les évéchés de cette province , ayant été déposé,^ Aire eut de nouveau un évéque particulier, Revenu dans les années ordinaires 20,000 livres; dans les années bissexti les, 30,000; taxe, 1,200 florins. Pa roisses, 241. Abbayes, 8 : revenu 22,000 livres ; taxe , 1 ,000 florins. Quelques années avant la révolution , le revenu de cet évéché était de 45,000 livres . Évéché de Bazas, fondé avant 496.
Ce siège épiscopal, l'un des plus anciens de laNovempopulanie, fut ruiné par les Normands, puis par les Sar-r rasins, qui, après leur victoire du Val de Jonquera , en 920 , franchirent les Pyrénées, et incendièrent toutes les villes jusqu'à Toulouse. Bazas, jusque vers Tan 1060, resta sans pasteur.
L'éj^lise cathédrale, détruite par les calvmistes, à l'exception du portail, racheté au prix de 30,000 livres , fut plus tard reconstruite par M. de Pontac. Revenu , 30,000 livres ; taxe, 600 florins. Paroisses, 271. Abbayes, 44:
revenu, 15,000 livres; taxe, 730 florins. L'évéque était seigneur de la ville.
Évéché de Tarbesen Bigorre, fondé avant 506. Revenu, 40,000 * livres ; taxe, 1,200 florins. Paroisses, 384.
Abbayes , 7 : revenu , 20,400 livres ; taxe, 1,180 florins. L'évéque deXarbes était président des États de Bigorre.
Évéché d'Oleron en Béarn. Fondée avant 506, mais ruinée par les barbares, cette ville resta sans, évéque jusqu'en 1058. Paroisses , 273. Abbaye, 1: revenu, 7,000 livres; taxe, 150 florins. Prieuré, 1 : revenu, 20,000 livres, L'évéque d'Oleron était seigneur d'Oleron, se qualifiait de premier baron du Béarn et était président des États de ce grand fief en l'absence de l'évéque de Lescar.
Évéché de Lescar en Béarn. La cîvitas JBenarnensium , qui avait un évéque avant 500, ayant été ruinée en 845., Guillaume Sanches, duc de Gascogne, bâtit en 980 la ville de Lescar , où l'évéché fut transféré. Revenu, ^6,000 liyres; taxe, 1,300 florins. Paroisses, 178. Abbayes, 3 : re-
9* livraison. (Annales de l'hist. de Fbànge.)
UD
L'UNIVERS
^nu, e,$O0l{^es; taxe, 100 florins.
L'évéljue de Lescar était président des AtAts de Béam , premier conseiller au parlement de Pau , premier baron de Séarn. > >
Évëché £fe Bayonne, On ne sait à ^élle époque il fut établi. Comme les autres sièges tie la Novcmpopulanie, il fut longtemps possédé par les évéques de Gascogne , et eut enfin, vers te milieu du onzième siècle, un prélat particulier. Kevenn , 50,000 livres ; tftxe, 100 florins. Paroisses, 72. Abbayes, 6 : revenu, 10,900 livres; taxe,
AKCBEvâcBB l>« HARBaKITE.
F«l|flé «n 4t^. SufFff«g«0ls \ Ift évdqiK» de Béziers, Jk&àtt Carca«son»«, Nîmes • M(MiTi>ellîer , I.o« dtve, Uzès , Saint Pons, Aletb» Alais.et tous Im «ié^s du nourri archerécbé de Toulouse, Aevenn 40iP<m> !>▼•
Narfoon«ie, <^\ eut des pasteurs dès te troisième siède, n'obtint le rang de ville métropolitaine sans contestation qu'en l'année 419; jusqu'alors, Arles lui avait disputé ce titre. Pépin donna à l'archevêque la moitié de la seigneurie de la ville, et les vicomtes de INarbonne lui rendirent tom'ours hommage comme à leur suzerain.
Sous tes Carlovingfens, l'archevêque de Narbonne étendait aussi sa juridiction métropolitaine sur les évêchés d*E]ne, de Barcelone, d'Urgel, deGironne , de Vie , et même de Tarragone^ L'archevêque de Narbonne était de droit président des États de Languedoc. Au milieu du chœur de l'église cathédrale se trouvait l'un des plus QQcieiis tombeaux des rois de !a troisième race: celui de Philippe le Hardi, mort à Perpignan en 1285. Le corps de ce prince ayant été transporté à Perpignan, ou le fit bouillir dans de l'eau et du vin, afin de séparer les chairs, qui furent enterrées à Narbonne, des os qui furent rapportés à Paris. Paroisses , 240. Abbayes , 6 :
revenu, 247,600 H vres; taxe, 3,600 florins. Taxe de l'archevêché , 4,000 florins.
-Évéché dé Bézters ^ fondé avant Tan SOO. Paroisses, 106. Abbayes, 5 ; rev^à^ -1^,460 Ifvres ; taxe, 403 flo-
rins. Revenu de Tévôque , 26,000 h»
vres; taxe, 2,008 florins. Au moyen âge , révêque avait la juridiction temporelle de la moitié de la ville,
Évéché d^gde^ fondé vers 450.
L'évêque était seigneur de la ville et de toute la vicomte d'Agde , sous la suzeraineté des comtes de Toulouse, auxquels il faisait hommage, et porta jusqu'au dix-huitième siècle le titre de comte d'Agde. Il avait aussi le droit de battre monnaie, et de na pouvoir être excommunié ou suspendu que par le pape. Ce diocèse, le plus petit du royaume, ne renfermait «fue 19 paroisses ; cependant te revemi de révêque était, au cojnmencement du dix-huitième siècle, de 30,000 livres, et sa taxe de 1,500 florins. Abbayes, 2: revenu, UyOOO livres; taxe, 2,400 florins.
Évéché de Carcas^onn^ , fondé vers 300. Ses évêques ont été élu« par le clergé et le peuple du diocèse, jusqu'au concordat passé entre François I" et Léon X. La catl)édrale renferme le tombeau de Simon de Montfort. Ce terrible adversaire des Albigeois, ce conquérant du Languedoc n'a qu'une tombe modeste et sans ornements; seulement on y faisait encore au dernier siècle brûler une lampe perpétuelle.
Paroisses, 1 14.. Abbayes, 6, dont l'une, celle de la Grasse, possédait un revenu de 15,000 livres, la seigneurie et la justice civile du boui^g de Aivesaltes où croît le meilleur vin du Roussillon. Les quatre autres rapportaient 15,000 livres, et étaient taxées à 1,866 florins. La taxe du monastère de la Grasse était de 3,660 florins. Revenu de révêque, 36,000 livres ; taxe, 4,633
Évéché de NimeSy fondé en 473.
Revenu, 24,000 livres; taxe, 5,200 florins. Paroisses, 215. Abbayes, 8.
De ce nombre était celle de Saint- Gilles , célèbre dans tout le Languedoc, et dont l'abbé était seigneur de la ville du même nom. Revenu, 41,500 livres; taxe, 1,900 florins.
Évéché de Montpellier, Cet évéehé, fondé vers la fin du sixième siède à Maguelone, fut transféré .successive-
ment h Sobstantion et h Montpellier.
L'évéqae était suzerain des seigneurs de Montpellier, du château de lates, etc. Revenu, 32,000 livres; taxe, 4,000 florins. C'est dans ce diocèse que setrouvait la célèbre abbaye d'Aniane, fondée par saint Benoît, lé réformateur des monastères de France au commencement du neuvième siècle. Abbayes, 5 : revenu, 23,000 livres; taxe, 318 florins.
Évéché de LodèvCy fondé vers 415.
L*évéc|ue, qui au dix-huitième siècle
g renaît encore le titre de comte de lontbrun, était seigneur temporel et spirituel de $a ville, avait la bapte et basse justice , et la suzeraineté sur tout son diocèse, où huit cents petits fiefs étaient dans sa mouvance. En outre il avait le pouvoir de bâtir des tours et des forteresses, et prenait rang parmi les grands seigneurs du Midi. Paroisses, 51. Abbayes, 3 : revenu, 8,600 livres; taxe, l,0[po florins.
Èvéché (VUzèSy fondé vers 400.
L'évéque obtint par des donations successives la seigneurie de toute sa ville épiscopale, dont il possédait encore un tiers au dernier siècle; le roi et le duc d'Uzès avaient les deux autres tiers.
Revenu, 20,000 livres; taxe, 1,000 florins. Paroisses, 181. Abbayes, 4.
Èvéehé de Saint-Pons de Tomiéres , fondé en 1317. L'évéque fut, jusqu'au dernier siècle, seigneur de là ville, avec le droit d'administrer la justice ordinaire. Revenu, 33,000 livres; taxe, 8,400 florins. Paroisses, 40. Abbayes, 2 : revenu, 6,600 fivres; taxe, 800 florins.
£:rA?ii<* cTv^feife, fondé en 1319. Paroisses, 80. Abbaye, 1. Revenu de l'évéché, 16,500 livres; taxe, 1,600 florins.
Évéché ctÀbiis. Cette ville , appartc* nant au moyen ftge à l'évéque de Maguclone, fut érigée en évéché en 1692 , pour activer la conversion djBs protestants des Cévennês. Ce diocèse, qui appartenait autrefois à cetei de Wtmes , renfermait^? paroisses. Revenu , 18,000 livres; taxe, 300 florins. Ab-
ae, i : revenu, 3,000 livres; taxe, * florins*
Évéché de Perpignan, fondé h FJne en 587, transféré à Perpignan en 1602.
Revenu, 17,000 livres; taxe, 500 florins. Paroisses, 180. Abbayes, 11 : revenu, 36,000 livrés; taxe, 1,410 flo« rins.
A régh'se métropolitaine de Narbonne' appartenait le grand diocèse de Toulouse, où fut érigé, en 1317, un archevêché avec septévécbés.
ARCHKvéCBS DE TOtJLOnSE.
jfirîgë en i3i7. Suftragants : les é^uet 4e Mftntauban, Pamiers» Saint-Papoul, Biaux ^Hirepoix, Lamar, l^ombes. lUyea« 60fOùç livrai.
Cette ville, qui prétend faire remonter l'époque de sa conversion à saint Saturnin, envoyé en Gaule pour y prêcher la foi , vers l'an 250, resta simple évéché, sous la juridiction métropoli* taine de Narbonne, jusqu'au conMnencement du quatorziècne siècle, où lé pape Jean XXII Périgea en archevêché.
Ce diocèse était autrefois fort vaste; mais des démembrements successifs la réduisirent à deux cent ciiiquante pa** roisses. Revenu, 60,000 livres; taxe, 5,000 florins. Abbayes, 6 : revenu, 46,500 Hvres; taxe, 0,100 florins.
Évéché de Pamiers. Pamiers, autrefois comprise dans le diocèse de Toulouse, lut érigée en évéché, eu 1295, par Boniface VÏII. Jusmie-Hr cette ville avait appartenu à l'abté du monastère de Saint-Antonin, qui chercha un puissant protecteur contre les comtes de Foix , en se plai^nt , en 1 226, . sous la sauvegarde du roi Louis VIII.
Revenu, 17,000 livres; taxe, 2,500 florins. Paroisses, 150. Abbaye, 1 : re- i venu, 10,000 livres; taxe, 883 florins. *
Évéché de Montavban. Cette ville s'éleva peu à neu autour du monastère de Saint-Theodard, dont le dernier abbé fut promu, en 1317, à la dignité d'évoqué, en conservant la seigneurie de la moitié de la ville. Revenu , 24,000 livres; taxe, 2,500 florins. Paroisses, 90. Abbaye, 1 , de 6,000 livres de revenu, et taxée à 600 florins.
Évéché de Mirepoix , fondé en 1 81 7* ReVoiu, 18,000 livres; taxe, ^1,560 florins. Paroisses, 150. Abbaye, 1, e^ie de BaUione , dont l'abbé partageait avec le comte de Foix la seigneurie, Yê4i9in
L'UNIVERS
nistration de la justice et le cens de la ville de Mazères : revenu , 9,000 livres ; taxe, 1,200 florins.
Évêcké de Lavaur. Cette ville , qui appartenait en propre à l'évêque de Toulouse , fut donnée à Tabbé de Saint- Pons deToraières, et érigée enévéché en 1317. Revenu, 28,000 livres; taxe, 3,600 florins. L'abbayede Sorrèze avait un revenu de 10,000 livres et était taxée à 1,300 florins.
Évéché de Rieux, fondé en 1317.
Revenu, 18,000 livres; taxe, 2,600 florins. Paroisses, 90. Abbayes, 6 : revenu, 46,600 livres ; taxe, 2,100 florins.
Évéché de LombeZy érigé en 1317.
L'évêque était seigneur de la ville. Paroisses , 90. Revenu, 8,000 livres ; taxe , 2,600 florins. , . . ,
.Évéché de Saint-Papoul, érige en 1317 (*). Revenu, 16,000 livres; taxe, 2,600 florins. L'abbaye de Prouille, appartenant aux filles de Tordre de Saint- Dominique, jouissait d'un revenu de 16,000 livres.
AECHEVÂCBÊ DB BORDEAUX.
Fondé avant l'an 3oo. Saffraganls : les éréqaes d'Agen , d'Angonléme, de Saintes , de Poitiers, de Périguenx , de Condom , de Sarlat , de la Rochelle , de Laçon. Beyenu 60,000 livres.
Bordeaux avait des prélats avant le quatrième siècle , mais on ne peut fixer avec certitude l'époque de son érection en archevêché. Jusqu'au pape Clément V, qui en fut archevêque, Bordeaux fut soumis à la juridiction de l'archevêque de Bourges, mais Clément V l'en affran- . chit en 1308. Paroisses, 460. Abbayes, 13 : revenu , 66,900 livres ; taxe, 2,938 florins.Taxe deTarchevêque, 4,000 florins.
EvécM d'AgeHy fondé vers 350. Revenu, 60,000 livres; taxe, 2,440 florins. Paroisses, 664. Abbayes, 6 : revenu , 31 ,000 livres ; taxe , 3,096 florins.
Évéché de Condom j fondé en 1317.
Paroisses, 269. Revenu, 80,000 livres; taxe, 2,600 florins.
Évéché d'Jngoulémey fondé vers - 260. Revenu , 30,000 livres ; taxe , 1 ,000
(*) Dom Beaunier, État des archevécheJE, évèchcz, abbaye» et prieurés de France, n'indique pas le nombre des paroisses de ce diocèse.
florins. Paroisses, 490. Abbayes, 8:
revenu, 39,300 livres; taxe, 1,339 florins. Les évéaues d'Angoulême portaient le titre dfe baron de la Plaine; ils avaient des droits seigneuriaux étendus, et la suzeraineté sur plusieurs grands fiefs de leur diocèse.
Évéché de Saintes ^ fondé dans le quatrième siècle. Revenu, 30,000 livres; taxe, 2,000 florins. Paroisses, 660. Avant 1647, ce diocèse comprenait celui de la Rochelle, et avait 700 paroisses. L'évêque de Saintes avait encore au dernier siècle haute , moyenne et basse justice sur les trois quarts de la ville et quelques paroisses de la campagne; il était aussi en droit de faire exercer la justice prévôtale, tant civile que criminelle, sur les hommes et tenanciers du roi, couchons et levons en son fief de la ville, qui en contenait environ la quatrième partie, depuis le jour de Saint-Vivien , 28 août , jusqu'au 27 septembre, comme il faisait sur les siens pendant tout le cours de l'année. Il percevait aussi, sur la vente des marchandises qui avait lieu dans le fonds du roi , pendant les mois d'août et de septembre , le5 droits que les fermiers du domaine levaient pendant les autres mois de l'année. Abbayes ,.13 : revenu, 101,000 livres; taxe, .4,360; florins.
L'abbé de Bassac était seigneur spirituel et temporel de Jarnac; celui de Saint- Jean -d'Angelv, de la ville du même nom à laquelle son monastère avait donné naissance.
Évéché de Poitiers , fondé vers 260.
Revenu , 26,000 livres ; taxe , 2,800 florins. Paroisses, 722. Abbayes, 30: revenu, 292,000 livres; taxe, 6,000 florins.
Évéché de la Rochelle , fondé, en 1317, à Maillezais, transféré à la Rochelle en 1662. Revenu, 30,000 livres; taxe, 2,000 florins Abbayes, 10: revenu^ 39,600 livres; taxe, 1,^00 florins.
Évéché de Luçon, fondé, en 1317, aux dépens du 'diocèse de Poitiers.
Revenu , 18,000 livres ; taxe , 1,000 flo> rins. Paroisses, 230. Abbayes, 14: revenu, 64,000 livres; taxe, 1,620 florins. Richelieu fut évêque de Luçon.
Évêché de Périgueux, fondé vers 380. L'évéque partageait avec les anciens ducs d'Aquitaine, et plus tard avec les rois de France, la seigneurie de Périgueux. Au dernier siècle, un
fraud nombre de fiefs relevaient encore e lui. Revenu, 25,000 livres; taxe, 2,500 florins. Paroisses', 450. Abbayes, 8 : revenu, €2,000 livres; taxe, 1,000 florins.
Évêché de Sarlat, fondé en 1317.
L*abbé, p^us tard évéque de Sarlat, était seij^neur-propriétaire de la ville qui s'était formée autour de Tancien monastère. Revenu, 12,000 livres; taxe, 742 florins. Paroisses, 250. Abbayes, 3 : revenu, 3,200 livres; taxe, 1,400 florins.
▲RCBBVKCHÉ DE BOURGES.
ÉUbli des l'an a5o. SnfTragants : les év^oes d« Clermont . Saint-Flour, du Puy , de Tulle , da Limoges. Re?eaa 3o,ooo livres.
L'archevêque de Bourges prétendit, dès le temps de Charlèmagne, établir sa primatie sur les trois Aquitaines, et prit le titre de patriarche et de primat des Aquitaines. En vertu du premier titre , . il avait juridiction sur les archevêques de Narbonne et de Toulouse; en vertu du second, sur ceux de Bordeaux et d'Auch ; mais les prélats de ces diocèses réclamèrent toujours contre ces prétentions, ' qui ne furent que rarement réalisées. Revenu, 30,000 livres; taxe, 4^016 florins. Paroisses, 800. Abba3'es, 35 :
revenu, 80,400 livres; taxe, 8,711 florins V Queluues-unes de ces abbayes étaient autreiois florissantes; celle de Plein -Pied avait la justice haute, moyenne et basse, et les dîmes de toutes les choses dîmables dans toute retendue de la paroisse de Plein-Pied; celle de Saint- Satur avait de même haute, moyenne et basse justice dans la ville de Satur, et les villages de Fontenay et de Saint-Tliibaud. « Le vin de la plante de Tabbé et du sacristain était des plus exquis du royaume (*). » Les meilleures vignes étaient en effet données par les seigneurs féodaux aux églises pour le sacriGce de la messe. De
(*) Dom Beaunier, ouv. cité, f. I, p. a 54.
là \e^ro\eTbeJouirdela vlç/ne de tabbé, pour dire mener jayeuse vie. Dans certaines églises du Languedoc, pour dire la messe aux fêtes solennelles , on prenait le meilleur muscat de Tannée, etc.
Parmi les églises collégiales du Bèrrv, la sainte chapelle de Bourges avait le droit de faire exercer la justice haute, moyenne et basse, dans la ville et les faubourgs, à commencer du 16 mai à midi, jusqu'au 23 mai à la même heure. Pendant ces sept jours , la justice ordinaire cessait. ,
Évêché de Clermont, Cet évêché, fondé vers 250 , porta jusque vers 1 160 le nom d'évêché d'Auvergne. L'évéque fut seigneur de Clermont du treizième au seizième siècle, mais sans jouir d'une grande autorité dans cette ville , dont les habitants avaient des privilèges étendus. Au dernier siècle, il était encore seigneur des deux petites villes de Billon et de Croupières, et de plus de dix-huit paroisses. Revenu, 15,000 livres; taxe, 4,.550 florins. Paroisses, 850. Abbayes, 17: revenu, 103,000 livres; taxe, 7,000 florins.
Évêché de Saint-Flour y fondé en 1317. Revenu, 12,000 livres; taxe, 900 florins. Paroisses, 400. Abbayes, 5 :
revenu, 21,800 livres; taxe, 343 florins. L'évéque de Saint-Flour avait encore au dernier siècle la seigneurie utije ou ordinaire de la ville de Saint- Flour et une partie de celle de Chaudes- Aiguës ; l'abbé du monastère d'Aurillac avait aussi la seigneurie de la ville oii son monastère était situé, et portait le titre de comte. L'abbesse de Saint-Pierre de Blesle était aussIT/ama de la ville du même nom, et avait le droit de présenter à la nomination de dix-huit cures.
Évêché de Limoges. L'évéque de ce diocèse était seigneur des chatellenies d'Allezat; toutefois le vicomte de Comborn en percevait les revenus, et y faisait exercer la justice durant la vacance du siège épiscopal. Revenu, 27,000 livres; taxe, 1,600 florins. Paroisses, 900. Abbayes, 28 : revenu, 105,000 livres; taxe, 7,400 florins. L'abbé d'Uzerche était seigneur de la ville du même nom.
rUNIVERS.
Évéché de Tulle, fondé en 1317.
LVréqiie était vicomte et seigneur de Tulle. Revenu de Tévéque, 22,000 livresr; taxe, 2,650 florins. Paroisses, 70. Abbayes, 2 : revenu 4,000 livres; taxe
Evéché du Putf. L'évégue, qui portaitle titre de comte , avait encore dans sa mouvance, au dernier siècle, un grand nombre de fiefs importants. Par un traité de Tan 1304, avec Philippe le Rel, il partageait avec le roi de France la seigneurie du Pu;r et du Velay, et avait part à la justice d'Anduze, à l'entrée des Cévennes. Par un privilège spécial , Tévéque du Puy était soumis immédiatement au saint-siége et portait lé pallium. Revenu, 26,000 livres; taxe, 2,650 florins. Paroisses, 229. Abbayes, 9 : revenu, 29,000 livres; taxe, 330 florins.
Évéché d*Âlby, fondé en 1297, érigé en archevêché en 1676, avec cinq surfragants : les évéques de Cahors, Rhodez, Mende, Castres et Vabres, c[ul étaient auparavant sous la juridiction métropolitaine de Bourges. Revenu, 100,000 livres; taxe, 2,000 florins. Paroisses, 327. Abbayes, 3 : revenu, 15,800 livres; taxe, 1,736 florins.
Évéché de RhodeZy fondé vers 450.
Revenu, 36,000 livres; taxe, 2,323 florins. L'évéqueiétait seigneur et comte de Rhodez. Paroisses, 450. Abbayes, 7: i^evenu, 51,000 livres; taxe, 1,600
Évéché de Castres, fondé en 1317, et mis d'abord sous la juridiction de Toulouse. Revenu , 33,000 livres ; taxe, 2,500 florins. Paroisses, 103, Abbayes, 4: revenu, 8,100 livres; taxe, 116 florins.
Evéché de Cahors, fondé vers 300.
Revenu , 62,000li vres ; taxe ^ 6,000 florins. Paroisses, 800 (*). Abbayes, 14:
. revenu, 75,500 livres ; taxe, 7,148 florins. L'évéque était seigneur temporel dé la ville et portait le titre de comte de Cahors. Quand il prenait possession de son évéché , le vicomte de Cessac ,
(*) Suivant Hugues du Temps, Clergé de France, t. I, p. 2i6, cet évcché en 1774» renfermait 584 paroisses et 200 annexes.
son vassal , était obligé d'aller l'attendre à la porte de la ville la tête découverte, sans manteau, la jambe droite nue, le pied également nu et chaussé d'une pantoufle. En cet état il prenait la bride de la mule sur laquelle l'évêque était monté et le conduisait au palais épiscopal. Il le servait à table, toujours dans cet étrange accoutrement , et en récompense, la mule qui avait porté révéque lui appartenait, ainsi que le buffet du prélat, qui devait être en vernieil.
Évéché de labres y fondé en 1817, Revenu, 20,000 livres; taxe, 1,000 florins J^aroisses , 150. Abbayes , 5 : revenu, 37,400 livres; taxe, 700 florins.
L'abbé de Nantz était seigneur du bourg du même nom.
Évéché de Mende, fondé vers 267.
Revenu , 39,000 livres; taxer, 3,500 florins. Paroisses , 200. L'évêché de Mende ne contenait nas d'abbayes. L'évéque était comte ae Gévaucfan , et partageait avec le roi la seigneurie et la justice de la ville.
S II. Sud-est de la France, Sièges métropolitains de Pancien royaume de Bourgogne. Arles, Mx, Embrun, Vienne, Lyon^ Besançon et leurs suffragants.
ARCHEVECHE D^RLSS.
Fondé au quatrième siècle. SufTragants : les ëvéques de Marseille , Saint-PauLTrois-Châtoaux*, .Toulon et Oraoge. Revenu 3o,ooo livres.
, Un tribunal supérieur ayant été établi au quatrième siècle, dans la ville d'Arles, pour les Gaules narbonnaise et viennoise, les évéques d'Arles prétendirent au titre, ou ils exercèrent du cinquième au huitième siècle, de métropolitain des sept provinces. Au moyen âge , ils prirent , outre la qualité de primat, les noms de princes de Salon et de Montdragon. Revenu, 30,000 livres; taxe, 2,008 florins. Paroisses, 51. Abbaye, 1 d'hommes, celle de Mont-Majour, d'un revenu de 18,000 livres, et taxée 1,760 florins. L'abbaye de femmes de Saint-Césaire d'Arles était d'un revenu de 10,000 livres.
Évéché de Marseille ^ fondé dès le
ANNALES DE L*HISTaiIl£ DE FRANCE.
nm
trMfième tiédie. Paroitses , 86. Cet évé* cbé renfermait la plus célèbre abbaye des Gaules , celle ae Saint-Victor, qui compta jusqu'à cinq mille religieux, et dont le revenu était de 44,000 livres, la taxe de 1 ,8*S0 ilorios. Celle de Saint* Sauveur avait 4,000 livres de revenu.
Évéché de Saint-Paul Trois-Chà* teauXy fondé avant 436. En 1179, révoque Guillaume obtint de Tempereur Frédéric le domaine temporel de la ville et de son territoire ; mais Théodat de TÊtang le partagea, en 1407, avec le dauphin, fils de Qiarles V. Revenu, 12,000 livres; taxe, 400 florins. Paroisses, 34. Abbayes, 1 : revenu 3000; taxe 2i)0.
Evéché de Toulon, fondé. vers 450.
Revenu 20,000 livres; taxe .400 florins.
Paroisses, 26. Abbaye, 1 , d*un revenu de 10,000 livres.
Évéché d'Orange, fondé vers 381.
Revenu, 8,000 livres; taxe, 400 florins. L'abbaye Notre* Dame des Plans L jouissait d'un revenu de 6,000 livres, es revenus des 4 autres s'élevaient à 14,100 livres, leur taxe était de 746f florins.
▲RCBEVÂCaé D^AXX.
Fondlé rtn la fin du buitièra* liicle. Saffrapants : les évèqun de Gap, Fréjus, Sisteron, Ries et ApU Revenu 3o,ouo livres.
Ce ne fut qu'au temps de Charlemasne que la ville d'Aix, métropole civile de la seconde Ndrbonnaise, obtint d'être définitivement considérée comme métropole ecclésiastique. S'il faut en croire les traditions locales, saint Maximin et saint Célidoine, compgnons de Marthe et de Marie-Madeleine, seraient les premiers apétres d'Aix. Un critique qui voulut contester l'authenticité de cette histoire vit son livre condamné au feu par arrêt du parlement. Deux abbayes de ce diocèse rapportaient 11,000 (ivres; la taxe de l'arçhevédue était de 2,400 florins.
Évéché d'Api, fondé vers 900. Revenu, 10,000 livres; taxe, 300 florins.
Paroisses, 83. Abbayes, 4: revenu, 7,800 livres; taxe, 234 florins. L'évêqued'Apt obtint, en 1378, de l'empereur Charles IV le titre de prince, et Ton conserve des monnaies frappées à
son coin. Au otiiième liècle, la jmrl* diction de ces prélats s'^ndait w»
une partie de la ville; mais ils l'écbaiH gèrent contre des terres que leur don« lièrent les comtes de Provence.
Évéché de Riez, fondé dès le qua* trième siècle. Revenu, 16,000 livres; taxe, 860 florins. Paroisses, 61.
V Évéché de Fréjus fut ionûé avant 374 ; mais les Sarrasins ayant longtempe occupé cette ville, ce ne fut qu'en 970 que Fréjus redevint siège épiscopal* Les évéques de Fréjus avaient encore au dix-huitième siècle le domaine temporel de la ville; tous les officiers y étaient établis par eux, toute justice leur appartenait, et la ville, qui leur payait un cens, était tenue de ciire les réparations nécessaires à leur palais:
le roi n'exerçait pas même dans ce diocèse le droit de régale. Quand Tévéque faisait sa première entrée, les habits pontificaux qu'il portait étaient dus au chapitre. Un arrêt du parlement en fixa le prix à 4,800 livres» Revenu, 22,600 livres; taxe, 1,300 florins. Paroisses, 88. Abbayes, 3 , dont deux fu« rent réunies de bonne heure; la troisième avait un revenu de 8,000 livres, et payait à Rome 300 ou 400 florins.
Évéché de Gap • fondé vers 460. En 11 84, Frédéric P*^ donna aux évéques de Gap la souveraineté de leur ville épiscopale et le titre de prince, que François r' leur fit changer en celui de comte. Revenu, 8,000 livres; taxe, 1 ,400 florins. Paroisses , 229. Abbayes, 3: revenu, 3,300 livres; taxe, 60 florins.
Évéché de Sisteron, fondé vers 600.
Revenu, 12,000 livres; taxe, 800 fl<^ rins. Paroisses, 64. Abbayes, 3 : revenu, 11,000 livres; taxe, 700 florins.
ARCBBTéCBé P^BMSRUlf.
Établi avant 872. SiifTrae:ants t les évéques de Digne, Grasse. Vence , Glandèves et Senes. Revenu i8«ooo livres.
L'église d'Embrun, métropolitain* des Alpes maritimes, eut pour apôtre et premier évêquesaintMarcellin, mort en 372. Au moyen âge, après la chute du royaume d'Arles, les archevêques se qualifièrent princes d'Embrun , comtes
VM
L'UNIVERS
de Guillestre et de Beaufort, chambellaiDS du saint-empire, avec le droit de i>attre monnaie. Au milieu du dix-huitième siècle, ils étaient encore seigneurs temporels de la ville, et possédaient la justice en pariage avec le roi. Paroisses, 81 , plus celles de la vallée de Barcelonnette. Abbayes , 2 : revenu, 4,000 livres; taxe, 358 florips. La taxe de Tarchevéque était de 2,400 florins. Un archevêque d'EUnbrun a été pape, et dix* cardinaux. Le roi de France était premier chanoine du chapitre.
Évéché de Digne, fondé avant 372.
Au moyen âge, les évéques de Digne, barons de Lauzières, partageaient la seigneurie de la ville avec les comtes I de Provence. Paroisses, 33. Revenu, 9,000 livres; taxe, 400 florins.
Évéché de Grasse, fondé avant 372.
D'abord établi à Antibes, cet évéché fut fixé à Grasse au milieu du treizième siècle, soit parce aue Tévêque redoutait les courses des Sarrasins, soit pour punir les habitants d' Antibes qui avaient maltraité leur évéque. Revenu , 7,000 livres; taxe, 4à0 florins. Paroisses , 22. Abbaye , 1 : c'est le célèbre monastère de Lerins d'où sont sortis 84 évéques , 10 abbés , 4 confesseurs et 106 martyrs. Revenu, 8,000 livres; taxe, too' florins.
Évéché de Fence, fondé vers 374.
Paroisses, 20 en-Provence et 3 dans le comté de Nice. Revenu, 5,150 livres; taxe, 200 florins. L'évêque partageait ^ le domaine temporel avec le baron de Vence.
Évéché de Glandèves, fondé vers.
417. Paroisses, 31 en Provence, 25 dans le comté de Nice; revenu, 11,000 liVVes; taxe, 400 florins.
Évéché de Senez, fondé au cinquième siècle. Paroisses , 42. Revenu , J 0,000 livres; taxe, 300 florins.
ARC&EVÊCHK DE VIENHE.
Fondé dans le quatrième siècle. Suffragantf : les éréqncs de Valence, Die, Grenoble, Viviers, Saint* Jean de Maurienne, Genève. ReTenn aa,ooo liv.
Après la ruine du royaume de Bourgogne, les archevêques de Vienne furent comtes de Vienne, avec la garde de la ville, tous les droits de régale, et
ladignitéd'archicbanceliersduroyaume de Bourgogne et d'Arles. Dans la suite , les daupiiins du Viennois rendirent foi et hommage pour le Dauphiné aux ar« chevéques , qui exerçaient spécialement la haute justice dans leur ville épisco* pale; mais, en 1448, Louis XI, alors dauphin , força Tarchevéque à lui abandonner tout droit de supériorité et de ressort, et à partager avec lui la justice ordinaire. Au dernier siècle, le juge du roi siégeant à Vienne offrait chaciué année un cierge de cire jaune du poids de douze livres, en protestant que ce n'était que par dévoUon; mais celui qui le recevait au nom du chapitre répondait : c^est par hommage, afin d'empêcher la prescription^ des anciens droits suzerains de l'église. Paroisses, 414.
Abbayes, 17, dçnt l'une , celle de Saint- Antome , n'avait pas moinsde 40,000 livres de rentes. Ce qui restait des autres au dernier siècle avait un revenu de 74,000 livres. La taxe de toutes les abbayes s'élevait à 2,989 florins.
Évéché de Faïence, fondé dans le quatrième siècle. Au moyen âge, l'évêque, prenant le titre de comte, avait la propriété et la seigneurie absolue de sa ville épiscopale, avec tous les droits de régale; mais, en 1449, Louis XI, alors dauphin , et qui préludait dans sa principauté à la ruine des privilèges féodaux qu'il devait attaquer plus tard dans le reste de la France, obligea, l'évêque^comte à lui abandonner le haut domaine de Valence. Revenu, 15,000'livres; taxe, 2,253 florins. Paroisses, 105. Abbayes, 8 : revenu, 42,500 livres; taxe, 1,080 florins.
• Évéché de Die, fondé au troisième siècle (?), réuni à l'évêché de Valence en 1 275 ; il en fut séparé de nouveau en 1692. Au moyen âge, l'évêgue de Die était propriétaire de sa ville episcopale , de la bourgade. d'Aost et de la moitié de la ville de Crest, avec les droits utiles, les régales, le droit de battre monnaie, etc. Au dernier siècle, l'évêque deTDie était encore seigneur de sa ville episcopale, de 95 villages, de 24 châteaux, et de plus de 30 fiefs considérables qui en relevaient. Revenu, consistant en terres et en droits sei-
ANNALES DE UmSTOIRE DE FRANCE.
Koeuriaux, 13,000 ii?res; taxe, 2,257 florins. Paroisses, 200. Abbayes, 2 :
revenu-, 10,000 livres; taxe, 145 florins.
Évéché de Grenoble, fondé au quatrième siècle. Au moyen âge, lesévéoues de ce diocèse portèrent le titre ae princes, et partagèrent avec les dauphins du Viennois la juridiction dans la ville et le territoire de Grenoble; mais ils perdirent leur autorité temporelle quand le Dauphiné fut devenu une province française.
Cependant au dernier siècle ils avaient encore la justice de leur ville en pariage avec le roi. Revenu, toutes charges acquittées, 20,000 livres; taxe, 1,000 florins. Paroisses , 304. Au dernier siècle, il n'y avait plus dans cet évéché qu'un seul monastère d'hommes, la Grande-Chartreuse, dont la réputation est répandue par toute l'Europe (*).
AECHKTiCHS DE LTOK.
Fondé ii la fia du second siècle. SafFragants t lea évéqaes d'Autan , de Lan^ r«s , de Mâcon et de CkaloDS-sar-Sadne. Rerena 4&|000 livres.
L'archevêque de Lyon portait le titre de primat, et exerçait réellement sa juridiction sur les archevêques de Sens et de Tours. Celui de Rouen a constamment refusé de la reconnaître, malgré plusieurs bulles pontificales, et il en est de même du clergé de Bretagne, soumis seulement à celle de l'archevêque de Tours. L'afchevêque de L^on eut au moyen âge de longs démêlés avec les comtes du Forez jusqu'en 1193, où intervint une transaction qui assura à l'archevêque la juridiction temporelle sur Lyon et sur son diocèse. Ce prélat devint dès lors un des princes les plus puissants de Tancieii royaume d'Arles. Les violences des bourgeois de Lyon robli{>èrent d'implorer l'assistance des rois de France, qui la lui accordèrent, et, lui enlevant la souveraineté de la ville, ne lui laissèrent que l'administration de la justice (1307). Mais, en 1563, l'archevêque mit en vente son droit
. (*) Voyez Guide pittoresque du voyageur en France , t. II , livraison 27 , p. 8. , .
de justice , oui fut adjugé au roi comme dernier encnérisseur. Paroisses, 378.
L'une d'elles, celle de Saint -Jean, n'avait pas moins de 200,000 livres de rentes en terres que lui avaient données les anciens ducs de Bourgogne.
La taxe de l'archevêque, qui portait le titre de comte de Lyon , était de 3,000 florins. Parmi les 13 abbayes renfermées dans ce diocèse, la plus célèbre est celle de. Saint-Claude, dont l'abbé était jadis seisneur d'un district étendu, et avait le droit d'anoblir les bourgeois de la ville de Saint-Claude ou des autres possessions du nrionastère; celui d'accorder à ses vassaux des lettres de légitimation , de grâce , de rémission en cas de crime, etc. Parmi les nombreuses reliques de l'abbaye on remarquait le corps de son patron saint Claude, qui était encore souple et sans aucune altération , quoique les entrailles n'en eussent pas été retirées et Iu'il fût là depuis plus de douze siècles. I était permis à tous les fidèles de baiser à nu la plante de ses pieds; les nobles pouvaient baiser ses genoux et ses cuisses ; enfin pour les princes on tirait le corps tout entier nors de sa châsse. L'abbé d'Ambournay était seigneur de la ville du même nom qui s'était formée autour de son monastère.
Revenu des 13 abbayes, 160,000 livres; taxe, 4,600 florins.
Évéché d'Autun, fondé au commencement du quatrième siècle. L'évêque d'Autun^ qui portait le pallium réservé aux seuls métropolitains, avait la justice sur toute la ville d'Autun pendant seize jours, à partir de la Saint-Lazare, et sur une partie de la ville pendant le reste de l'année. Revenu, 20,000 livres; taxe, 4,080 florins. Paroisses, 611. Abbayes, 14 : revenu, 62,000 livres; taxe, 2,500 florins. L'abbé de Corbien]^ était seigneur de- la ville, avec droit de bailliage et de châtellenie ; celui de Saint-Martin avait toute justice dans la ville de Saint -Pierre le Moutier, dont il était propriétaire, et dans ses dépendances; mais, en 1165, le roi Louis le Jeune, ayant été associé par l'abbé à la seigneurie et à la justice de cette ville, prit le tout, ne laissant
rUNlVERB.
m pieulr que la jUMi'oe de son (nrieuré el ont quelques villages.
. Cest dans le diocèse d'Àutun que se trouvait l'abbaye de Vézelay, foudée au neuvième siècle par le comte Gé* riirdy si célèbre dans les' romans de cbevalerie sous le nom de Gérard de JELoussilloft, L*abbé de ce monastère était, comme la plupart des autres abbé^ , seigneur de la petite ville de Vézelay ; mais » au douzième siècle , les bpurgeois se soulevèrent contre lui , et la lutte de cette petite ville contré son seigneur est un des plus curieux incidents de la révolution communale. Un commerce actif donnait à ce bourg da quelques milliers d'âmes une importance presque égale à celle d'une grande ville; et ses bourgeois, fiers e leurs ricbesseâ , s'étaient peu à peu relevés du rang de serfs de l'abbaye.
Leur servitude réelle se réduisait à payer les tailles et les aides , et à porter leur pain, leur blé et leurs vendanges au four , au moulin et au pressoir de l'abbé. Cependant ce n'était pas assez encore , et le bruit des privilèges conservés par les habitants des grandes cités du midi de la France , ou récemment octroyés aux belliqueuses communes de Picardie et de Champagne, agitait sourdement tous les esprits dans le bourg deVézelay, lorsqu'unincident, ordinaire dans d'autres temps , fit éclater la crise. Un jour, ruades moines de l'abbaye, passant à cheval près d'une forêt qui appartenait à l'abbé, y surprit un homme coupant du bois. C'était une atteinte au droit seigneurial du monastère :
aussi le mSine courut sur le délinquant et voulut lui arracher sa cognée ; mais celui-ci l'en frappa et le renversa à terre. Saisi et conduit par- devant Tabbé , l'homme fut condamné à avoir les yeux crevés. L'exécution de cette sfi^ntence excita une violente fermentation, dont le comte de Nevers profita pour tâcher de supplanter l'abbé dans la seisneurie de Vézelay. Mais il fallait d'abord gagner les bourgeois.
Ceux-ci , forts de l'appui intéressé du comte, renoncèrent solennellement à leur foi envers l'abbé, jurèrent de se
défendre tous les uns les autres , et éUt» blirent enfin une commune , et le comté de Nevers y entra, c'est-à-dire, qu'il jura solennellement fidélité aux bourgeois , et promijt de n'avoir d'amis et d'ennemis que les leurs, de ne coiW dure ni paix ni trêve avec qui que ce fût sans les y comprendre ; eux , en re* tour , lui firent serment de foi et de service de leurs corps et de leurs biens , à la vie et à la mort. «Ainsi , élev^ de la triste condition de sujets taillables d'une abbaveau rang d'alliés politiques d'un des plus puissants seigneurs , les habitants de Vézelay cherchèrent à s'entourer des signes extérieurs qui annonçaient ce changement d'état. Ils élevèrent autour de leurs maisons, ciiacun selon sa richesse, des murailles crénelées, ce qui était alors la marque et la garantie du privilège de liberté. L'un des plus considérables parmi eux, nommé Simon, jeta les fondements d'une grosse tour carrée , comme celles dont les restes se voient à Toulouse., à Arles, et dans plusieurs villes d'Italie. Ces tours , auxquelles la tradition joint encore le nom de leur premier possesseur, donnent une grande idée de l'importance individuelle des riches bourgeois du moyen âge , importance bien autre que la petite considération dont ils jouirent plus tard sous le régime purement monarchique. Cet appareil seigneurial n'était pas, dans les grandes villes de commune, le privilège exclusif d'un petit nombre d'hommes , seuls puissants au milieu d'une multitude pauvre : Avignon , au commencement du treizième siècle, ne comptait pas moins de trois cents maisons garnies de tours. Sans doute les bourgeois deVézelay, après leur insurrection , n'en élevèrent pas un pareil nombre ; et, cependant , si l'un des témoins du mouvement politique qui anima cette petite ville au milieu du douzième siècle , pouvait la revoir aujourd'liui , ne serait-il pas bien étonné ? Ne se demanderait-il pas où est la vie , où sont les hommes du vieux temps (*)? »
(*) M. Aug. Thierry, Lettres sur riiisloirç de France, p. 44 z, cinquième édition.
L'abbé, qui n'était pas en étatdeJutter contre les bourgeois et le comte réunis , se servit des armes ecclésiastiques, et fit excommunier les bourgeois par un Jégat du pape. Un prêtre ayant réussi à pénétrer dans la ville, proGta d'un moment où personne, ne se trouvait sur la place publique, pour faire lecture de la sentence ; mais les
firemiers qui l'entendirent coururent à ui pour le battre et lui arracher la bulle. Échappé avec peine à leur colère , il se réfugia dans la grande église; le lendemain , de grand mhtin , il enleva les deux battants' de la porte, et obstrua le passage avec des ronces, en signe de l'interdiction des offices religieux. « Puisque vous nous excommu- « niez , dirent les bourgeois , nous nous « conduirons en excommuniés , et do- « rénavant nous ne vous payerons plus « ni cens ni dîmes. » Cependant , effrayés de leur position, ils allèrent trouver le comte de Nevers, et lui dirent : « Où donc moudrons - nous a notre pain , si les meuniers et les « fourniers de l'abbaye ne veulent plus «communiquer avec des excommu-.
« niés? — « Eh bien ! reprit vivement « le comte , allez au four banal , chauf- « fez-le avec votre bois , et , si quel- « qu'un veut s'y opposer , jetez-le tout a vivant dans le four. Quant au meu- « nier , s'il fait résistance , écrasêz-le « vif sous sa meule. »
Encouragé^ar ces paroles , les bourgeois ne gardèrent plus de mesures , et se portèrent contre les moines à de continuelles violences , jurant de leur feire mener si rude vie et d'en faire tant que tout leur corps, jusqu'à la plante des pieds , aurait besoin de recevoir l'absolution. En effet, depuis lors , la terreur de l'excommunication
{)arut dissipée pour les gens de Vézeay ; ils enterrèrent eux-mêmes leurs morts , que l'abbé voulait laisser sans sépulture , portant la croix et la bannière , et chantant l'oflûce des trépassés. L'église du monastère fut changée en citadelle; et les moines, tenus comme assiégés dans leur couvent, furent contraints, le pain leur ayant manqué, à se nourrir oe viande. GettQ
violaf ion forcée de la règle parut uq des crimes les plus odieux ëe la nou-^ Telle commune.
Cependant l'abbé avait depuis long" temps cherché un refuge à Cluny , pu»
à la cour du roi Louis VII. De là , H sollicita la toute - puissante interven-' tion du pape , qui adressa au roi une lettre pressante pour faire rendre jus-^ tice. Le comte de Nevers , qui n'avait pas pensé que les choses iraient si loin , fut cité à comparaître ainsi oue \e^ bourgeois ;. et une sentence royale coih damna ceux-ci à détruire leur commune, à restituer à l'abbé tous ses droits, et à payer les énormes dédommagements qu'il réclamait. I^ comte tut chargé de faire exécuter \à sentence. Jusqu alors il avait laissé les choses suivre leur cours, espérant qu« l'abbé et les bourgeois, également fatigués de leur lutte , consentiraient à acheter le repos , l'un au prix de ses droits,les autres en échange de quelques* uns de leurs privilèges , et qu'il pour-' rait ainsi ajouter à ses domaines une ville riche et populeuse; mais l'intervention du roi dérangeait tous ces plans. Cependant il ne perdit pas encore tout espoir. Par ses secrets avis , tous les bourgeois quittèrent la ville avant l'arrivée de l'abbé ; et , lorsque les gens du comte se présentèrent , selon les ordres du roi , pour arrêter les coupables, ils ne trouvèrent personne. Réfugiés dans les bois voisms , les bourgeois firent de là une guerre de pillage jqui amena la dévastation de tous les biens ruraux dû monastère; et , comme tous les seigneurs des environs étaient vassaux du comte , et que , comme lui , tous portaient envie aux richesses de l'abbé, celui-ci ne pouvait trouver nulle part assistance. La justice royale allait être trompée; et l'abbé ,.de guerre lasse, allait peut:être être réduit à implorer les secourâ intéressés du comte de Nevers , lorsqu'il parvint à soudoyer un corps de rau'^ tiers, qui eut bientôt raison de l'inexpérience militaire des bourgeois. Dè^ lors la cause de la commune fut perdue; et les bourgeois, dont les familles restaient à la merci de soldats
L'UNIVERS
étrangers, furent bientôt obligés de faire leur soumission, pour échapper à la famine dont les menaçaient les attaques des routiers , et sauver ce qu'ils avaient de bien dans la ville. Ainsi , les habitants de Vézelay redevinrent serfs du monastère , mais avec l'orgueilleux souvenir d'avoir quelque temps lutté contre toute la puissance du pape et du roi.
Évéché de Lanqres, L'évéque de Langres fut un puissant seigneur durant le régime féodal, car il avait la seigneurie temporelle de tout son diocèse, et recevait l'hommage des comtes de Champagne, des ducs de Bourgogne , des comtes de Dijon , et d'un grand nombre d'autres seigneurs, pour des terres qui relevaient de son église. Mais les ducs de Bourgogne de la maison de Valois s'affranchirent de cette dépendance , et lorsque la Champagne fut réunie au domaine, l'évéque de Langres perdit son droit de suzerain sur le comté de Bar-sur- Seine. Au dernier siècle, il prenait le titre de duc et pair, de comte de Montsaulion , etc. ; portait le sceptre a la cérémonie du sacre, et était le troisième des douze anciens pairs de France. Revenu, 26,000 livres; taxe, 9,000 florins. Paroisses , '600. Abbayes, 32: revenu, 217,000 livres; taxe, 16,300 florins. Au nombre de ces abbayes se trouvait celle de Clairvaut, fondée par saint Bernard.
. Parjni les fêtes bizarres dont il est si souvent question au moyen âge , il en est deux, propres au diocèse de Langres , qui méritent d'être mentionnées ici. La première est la Diablerie de ChaumoTU. Elle était instituée en l'honneur de saint Jean. Des habitants de la ville, vêtus comipe on peint ordinairement les diables, se réunissaient quelques jours avant la fête , et couraient par la campagne, à trois lieues à la ronde, demandant à tous ceux qu'ils rencontraient, citovens du canton ou étrangers , une légère contribution pour aider à la dépense. Et bien que dans l'origine cette aumône fût entièrement volontaire , il devint bientôt impossible de s'y soustraire.
Le jour de la fête, on représentait sur plusieurs théâtres magnifiquement ornés toutes les actions de la vie de saint Jean; et pendant que les acteurs jouaient, tout le clergé de la ville, en procession , passait devant ces théâtres, et retournait ensuite à l'église oà il y avait indulgence plénière. Cette fête était accompagnée de* beaucoup de tumulte et de désordre. Elle dura cependant jusqu'au commencement du dix-huitième siècle.
La deuxième , plus bizarre encore , avait lieu à Langres : c'était la FiaaeUation de rAUeluia. A l'époque où J'Église cesse d'emplover cette formule dans ses prières , on la bannissait matériellement du temple, avec des cérémonies inscrites avec soin dans le Rituel. On écrivait en lettres d'or le mot alléluia sur un de ces joujoux appelés toupies; les enfants de chœur venaient à 1 heure indiquée en procession avec la croix et la bannière , prenaient la toupie, et, au milieu des psaumes et des cantiques, ils la faisaient pirouetter à coups de fouet jusqu'à ce qu'elle fût hors de l'église. Cette bizarre coutume dura presque jusqu'à nos jours.
Évéché de Châlons- sur ^ Saône , fondé vers 340. Revenu, 9,000 livres; taxe, 700 florins. Paroisses, 240. Abbayes, 5 : revenu, 120,000 livres; taxe, 1,770 florins. L'abbé de Tournus était seigneur de la ville du même nom par concession de Charles le Chauve, et y avait haute justice. Celui de Ctteaux était supérieur général des cinq ordres militaires d'Alcantara, de Calatrava, d'Avis, de Montèze et du Christ, et chef archimandrite de dix-huit cents couvents de religieux, et presque d'un nombre égal de monastères de religieuses.
ÉvécM de Mâcon, fondé vers 450.
Revenu, 12,000 livres; taxe, 1,000 florins. Paroisses, 201. Abbayes, 2, dont une celle de Cluny avait 'dans sa dépendance plus de deux mille monastères. Son aobé était le plus puissant de l'Europe. Au dernier siècle , l'abbé seul avait encore 40,000 livresde rente, et ses religieux 60,000.
iOLCHEVKCHX DS BESANOOH.
Saflragants : les évéques de Bellej , de Lausanne
et de Bâie. Revenu ^0,000 lirres.
L'archevêque de Besan^n portait le titre de prince de Tempire , et prétendait avoir droit de séance à la diète impériale. Taxe , 1,02^ florins.
Paroisses, 838. Abbayes, 24: revenu, 123,000 livres; taxe, 3,766 florins.
Èvêché de Belley. L'évéque de cette ville, située dans le Bugey, province cédée en 1601 à la France par le duc de Savoie, portait aussi le titre de prince d'empire, et fut longtemps seigneur de la ville de Belley. Revenu , 18,000 livres; taxe, 333 florins^. L'évéché de Lausanne fut sécularisé à la réforme , et celui de BâIe resta toujours séparé de la France. '
La Lorraine et l'Alsace ayant longtemps fait partie , après la chute des royaumes de Lorraine et d'Alsace y de l'empire d'Allemagne, les évéchés établis dans ces provinces restèrent, après leur réunion à la France , sous la juridiction des deux archevêques de Trêves et de Mayence , desquels leurs églises relevaient depuis les temps les plus Teculés. Ces evêchés, dont les titulàfres étaient princes, comme la plupart des évêques allemands, étaient : 1" Strasbourg, fondé vers 688, et réuni à -la". France en 1648. Revenu, 250,000 livres ; taxe , 2,500 florins. — 2" Metz , fondé vers 804. Au moyen âge, les évêques de Metz portèrent le titre de princes et comtes du saint-empire ; plusieurs d'entre eux ont même porté le titre d'archevêques et reçu le pallium. Revenu, 80,000 livres; taxe, 6,000 florins. Aussi disait-on dans le pays Metz le riche, à cause de ses erands revenus; Toul le' saint, pour le grand nombre de ses saints évêques; enfin Verdun le noble , parce que ce siège ftit presque toujours occupé par des princes ou des prélats d'illustre extraction. — S" Tauly fondé au cinquième siècle. Revenu, 16,000 livres; taxe , ^,600 florins. — 4* Verdun , fondé vers 410. L'évêque était marquis de Hatton-Chastel, seigneur de Champigni*surrMeuse, et suzerain des comtés de Clermont en Argohne, Vienne
et Varenne. Revenu, 50,000 livres; taxe, 4,466 florins.
S III. Sièges des provinces situées entre ia Loire. et la Meuse. ^
ARCBXVÂCBS DX RKXMS.
Suffraçants : les évêques de Soissons , Châlonssur- Marne , Laon , Senlis » Beaurais , Amiens , Noyon cl Boulogne.
Cette ville , qui eut un évêque dès le milieu du quatrième siècle , devint la métropole des anciennes provinces romaines , nommées première et seconde Belgique. La libéralité dçs rois de la première et de la seconde race étendit les prérogatives et les domaines de ses évêques , qui se trouvèrent seigneurs temporels de presque tout leur diocèse, avec le titre de premiers ducs et de premiers pairs de France (*). Toutefois ils n'eurent pas pendant longtemps la seigneurie de leur viHe épiscopale usurpée par les comtes de Vermandois; mais ils en redevinrent possesseurs vers Tépcque du roi Ro- Sert. Revenu , 55,000 livres ; taxe , 4,000 florins. Paroisses , 837. Ab- ~ bayes, 24: revenu, 216,000 livres; taxe, 6,790 florins. Les archevêques de Reims prétendaient tenir la ville deMouzon noblement et en franc alleu, sans reconnaissance d'aucun souverain au temporel, attendu qu'elle était située sur les marches de France et hors du royaume du côté de l'Empire. Douzy et Sedan dépendaient de ce diocèse, et les seigneurs châtelains , propriétaires de ces deux villes, relevaient de l'ar» chevêque de Reims.
Êvéché de Soissons, fondé en méma^ temps que celui de Reims. Revenu, 20,000 livres; taxe, 2,400 florins. Paroisses, 397. Abbayes, 27 : revenu, 262,000 livres; taxe, 10,500 florins.
L'une de ces abbayes, celle de Saint- Corneille, était SI riche au moyen' âge , qu'un de ses abbés érigea dans
(*) En une seule fois Clovîs donna, diton , à saint Reniy , autant de terres que cet évèque pourrait en parcoiirir à cheTal , tandis que le roi prendrait son sommeil de midi. Saint Remy acquit dans le même temps Éperna^ et son territoire , de la libéralité' d'un seiçneur franc*
L'UNIVERS
Ses terres huit fiefs , qu'il inféoda à autant de seigneurs pour qu'ils défendissent les autres domaines du monastère. Cette abbaye avait en outre le ISroit de seigneurie et de justice sur la ville de Compiègne et la rivière de rOise. L'abbé de Saint-JVIédard-les- Soissons était seigneur de la ville de Poçchery.
Évêché de Chàlons* sur -Marne, È>ndé dans le quatrième siècle. Rêvemi^ 2^,000 livres; taxe, 3,000 florins, li'évéque de Soissons était comte et cinquième pair de France, avec le droit de seigneurie sur l'ancienne cité. Pa* roisses , 397. Abbayes , t9 : revenu, 151,800 livres; taxe, 6,000 florins.' L'abbé de Monstier-en-Der était seigneur de 21 paroisses.
Évéehé de Laon^ fondé en 497. Le titulaire était duc et pair de France.
Revenu, 35,000 livres; taxe, 4,000 florins. Paroisses, 416. Abbayes, 26 :
leventi, 40,788 livres; taxe, 10,800
Évêché de SenUs, fondé dans le troi* aième stèole. Revenu, 20,000 livres; taxe, 1,257 florins. Paroisses, 77. Abbayes, 3 : revenu, 40,000 livres; taxe, 444 florins.
Évêché de BèataxJâs , fondé vers 384. L*évéque était comte de sa ville depuis l'année §96 , le quatrième des anciens pairs de France, le premier des comtes ecelé^stiques , châtelain de Beauvais , vidame de Gerberoy et sei^netir de Breslc. Comme vidame, la justice de Gerberoy lui apparte-* sait, à l'exception du 28 juin, où la justice était administrée pendant vingt-quatre heures par le chapitre de Saint -Pierre de Gerberoy. Revenu, 50,000 livres; taxe, 4^600 florins. Paroisses , 442. Abbayes , 14 : revenu , 187,000 livres; taxe, 7,400 florins.
Parmi les curiosités bibliographiques conservées au monastère de Beaupré, ae trouvaient les informations et les procédures faites contre un taureau ; U sentence de mort rendue contre lui ]^ur crime d'homicide ^ et le récit de ^Sm exécutioa aux fourches patibulaires de la seigneurie de Caurroy, « où il fut pendu jusqu'à ce que mort s'en
suivît. » — Le monastère de Froidmont était si riche autrefois, qu'il pouvait vendre annuellement jusqu'à sept mille toisons de brebis*
Évéclié d'Amiens y fondé vers 803.
Les évéques étaient originairement seigneurs d'Amiens ; mais ils donnèrent ce comté aux seigneurs de la maison de Boue, lesquels en furent dépossédés par Raoul , comte de Vermandois.
Mais le gendre de ce dernier céda le comté d'Amiens à Philippe-Auguste , ^ui , pour se libérer de l'hommage dû à révéque , lui fît quelques concessions , au moyen desquelles ce prélat renonça à son droit de suzeraineté.
Revenu, 20,000 livres; taxe, 4,200 florins. Paroisses, 776. Abbayes, 26:
revenu, 268,000 livres; taxe, 22,000 florins. L'abbé du monastère de Corbie était comte de Corbie, et seigneur temporel et spirituel de cette ville. Celui de Saint-Riquier était seigneur de Centule , d'Abbeville , de Dommar, de Montreuil , etc. Celui de Saint-Valery , qui possédait au moyen âge une partie du Yimeu , fut peu à peu dépossédé par ses avotiés ^ qui prirent le nom de barons, puis de marquis; mais ce ne* fut qu'en 1669 qu'il perdit, par arrêt du parlement, la juridiction proépiscopaie dans la ville de Saint-Valery. Celui de Clairfay avait haute et basse justice et une seigneurie étendue.
Evêché de Noyon, fondé à Vermand en 314, et transporté à Noyon en 531. Celui de Tournay y fut réuni jusqu'en 1148. L'évéquê (le Noyon âait le sixième pair ecclésiastique*, et portait le titre de comte comme seigneur temporel de Noyon.* Revenu, 22,000 livres; taxe, 3,000 florins. Paroisses, 404. Abbayes , 17 : revenu, 128,000 livres; taxe, 10,600 florins.
Evêché de Bmilofine , fondé en 1559.
Après la destruction de Thérouaae, Louis XI donna à la cathédrale de J^oulogne la suzeraineté féodale du BouloHais(*}, en promettant une redevance dont ses successeurs s'acquitte*
' (*) Voyes i^lus haut comlé d'Aavei)gue, p. 79, col. a.
wnt, tnème Louis XIV. Revena de Tévéque, 12,000 livres; taxe, 1,600 florins. Paroisses, 424. Abbayes, 12 :
revenu, 67,000 livres; taxe, 1,600 florins.
De l'archevêché de Reims relevait aussi Vévéché de Cambrai, fondé vers S90, et érigé en archevêché en 155^, avec les évêques d'Arras, de Tournay, de Saint-Omer et de Namur pour suffragants. Ce diocèse de Cambrai , qui s'étendait sur tout le Cambrésis, une partie du Brabant, le Hainaut, le comté de Valenciennes , une partie da Toumaisis et la châtellenie de Lille, renfermait 694 paroisses. Les anciens évoques étaient seigneurs temporels de Cambrai, avec le titre de comtes et princes du saint-empire; mais les châtelains qu'ils y avaient établis se rendirent peu à peu indépendants de leur autorité. Cependant les archevêques rentrèrent plus tard en possession de la seigneurie de Cambrai, et, au dernier siècle, ils avaient encore le haut domaine de la ville et du comté , composé de 22 villages. La souveraineté seule appartenait au ro^de France. Ce fut depuis Louis XÏV seulement que Tarchevêque de Cambrai devint un prélat français.
Des suffragants français du nouvel archevêque, un seul, celui d'Arras , existait au moyen âge , celui de Saint-Omer ne datant que de Tannée 1659. L'évêché d'Arras paraît avoir été réuni à celui de Cambrai jusqu'en 1093. A cette époque, Arras obtint un éyêque particulier, qui, jusqu'au dernier siècle, fut seigneur temporel et spirituel de sa ville épiscopale. Revenu , 18,000 livres; taxe, 4,000 florins. Paroisses, 400. 'Abbayes, 17 : revenu, 508,000 livres; taxe, 12,000 florins.
Celle de Saint-Waast donnait à ses moines 95,000 livres de revenu , sans compter les 60,000 livres qui formaient la part de l'abbé, et qui seules ont été comprises dans le total donné ci-dessus.
L^évêché de Saint-Omer, fondé en 1559, rapportait 30,000 livres, et était taxé à 1,000 florins. Paroisses, 104.
Dans ce diocèse se trouvaient 13 abbayes, dont le revenu était de 216,000
livres et la taxe de 4,500 florins. L'un deees monastères, celui de Saint-Bertii] , rapportait seul 100,000 livres.
ARCHBVECBB D« SBKS.
Fond^ âu troisième iidc1«. SofTragants i les ëyéqtacs de Troyes, \ox«rre et Hiever* , Paris , Mesvli,
Orléans et Chartres. Revenu 5o>ooo livres.
L'archevêque de Sens, qui était au moyen âge un des prélats les plus pui^ ^ants de la France, porta penuant deux siècles le titre de primat des Gaules et de Germanie. Son diocèse comprenait 765 paroisses, 29 abhayés et 60 couvents ou communautés dont h revenu était de 276,000 livres , la taxe de 6,800 florins. La taxe de Tarchevêque s'élevait à 6,166 florins.i
Évéché de Troyes, fondé au troisième siècle. Revenu, 8,000 livres; taxe, 2,500 florins. Paroisses, 372.
Abbayes, 20 : revenu, 88,000 livres; taxe, 6,800 florins. Lorsque Févêque de ïroyes faisait sa première entrée .
dans la ville, il était porté procession-, neliement dans une chaise, depuis l'abbaye de Notre-Dame jusqu'à îa cathédrale, par les barons d'Anglure. de Saint-Just, des Moulins, de Rivière- Banale , de Mery-sur-Seine et de Pous- "sey, qui ensuite lui rendaient à genoux foi et hommage.
Évéché d'Auxerre, fondé vers 304.
Revenu , 33,000 livres ; taxe , 4,400 florins. Paroisses, 238. Abbayes, 6 : re^ venu, 40,000 livres; taxe, 1,900 florins. Sous les Carlovingicns , le comté d'Auxerre, qui avait alors autant d'étendue que le diocèse, fut donné aux évéques, qui inféodèrent plusieurs • grandes seigneuries, comme Gien, Donzy et Auxerre même, à des laïques , lesquels devinrent leurs vassaux. AU dernier siècle , les barons de Donzy, de Saint- Vrain et de Toussy, et un "procureur royal représentant le roi comme comte d'Auxerre, portaient le dais le jour de l'entrée de i'évêque et lui rendaient hommage.
Évéché de NemrSy fondé au quatrième siècle/ Revenu, 14,000 livres, taxe , 2,000 florins. L'évêque de Nevers était seigneur temporel des cbâtefle- «nfes û% Prtmcry, ^JJny et de Pnrzv,
L^UIflVERS.
et de 6011 évéché relevaient plusieurs fiefs, entre autres Druy, Poiseux, Cours-les-Barres et Givry, dont les propriétaires portaient le titre de barons de révécné. Par un ancien usage, le trésorier du chapitre de la cathédrale avait le droit d'assister au chœur en bottes et en éperons, Tépée au côté et Toiseau sur le poing. Abbayes, 3 :
revenu, 1 3,800 livres ; taxe , 200 florins. V Évéché de Paris ^ fondé au troisième siècle, resta jusqu'en 1622 sous la juridiction métropolitaine de Farchevéaue de Sens. Il fut alors érigé en arcnevéché, et eut pour suffragants les évéques de Meaux, de Chartres, d'Orléans et de Blois. Revenu , t00,000 livres; taxe, 4,283 florins. Paroisses, 474; abbayes, 31. Celle de Saint-Gerinain des Prés, qui couvrait et possédait une partie de Paris sur la rive gauche, rapportait à son abbé 100,000 livres, de même que celle de Saint- Denis. Celle de Sainte-Geneviève, dont le revenu était de 60,000 livres, possédait aussi un des quartiers de Paris.
Celle de Saint-Victor, qui rendait35,000 livres, avait un quartier presque tout entier dans sa censi ve , et rut au moyen âge une des plus célèbres écoles de r£urope. Quant aux autres abbayes, elles rapportaient 488,000 livres, et étaient taxées à î8,581 florins.
Évéché d Orléans y fondé au troisième siècle. Il fut démembré en 1623 de l'archevêché de Sens. Revenu, 20,000 livres; taxe, 2,000 florins. L'évéque d'Orléans était seigneur de Jerau et de Rivier, et suzerain des barons • d'Ièvre-le-Châtel , de Sully, de Chefa , et d'Achèrcs et Rougemônt, qui devaient le porter lorsqu'il faisait sa première entrée. Le jour de cette cérémonie, il avait le droit de délivrer les {prisonniers détenus dans les geôles de a ville. Cette délivrance s'accomplissait de la manière suivante. Quand l'évéque était arrivé à Tancienne porte de Bourgogne, tous les juges royaux de la ville venaient jurer Tun après l'autre, sur les Ëvangiles, « qu'ils n'avaient « détenu ni détourné aucuns criminels « de leur ressort et juridiction , comme « aussi qu'ils n'avaient avancé ni procès,
«ni jugement, ni exécution d*aacun « d'iceux pour les empêcher d'obtenir «Icurs'çraces; enfin gu'ils n'avaient « commis aucun dol ni fraude au pré- «judicedudit seigneur évêque.» Ensuite les geôliers faisaient serment « d'avoir a amené tous et chacun des prisonniers « qu'ils avaient en leur garae, sans en « avoir celé ni détourné aucun ; » puis les criminels étaient conduits dans la cour du palais éjpiscopal, où ils attendaient la fin des cérémonies du jour et du dîner donné par l'évéque aux principaux personnages de la ville. Alors ils criaient par trois ^is miséricorde , et Tévêque paraissant à l'une <les fenêtres, leur adressait une admonition qu'il terminait par ces mots : « Nous , par la
« grâce de Dieu et du saint-siége apos- « tolique, évêque d'Orléans, suivant le « privilège a nous octro]^é, et dont nos « prédécesseurs ont joui de temps iin- « mémorial, vous donnons et octroyons «grâce, rémission, et abolitions des « crimes , forfaits et délits par vous « commis; vous remettons les peines « afflictives que vous avez méritées , et « esqueltes vous pourriez être condam- « nez pour raison d'iceux , et vous res- « tituons en votre bonne fâme et renoin- « mée , en la possession et jouissance « de vos biens , sans préjudice toutefois «de l'intérest civil des parties (*).» Après cela, un des aumôuiers de révoque avertissait à haute voix les criminels de se mettre à genoux pour recevoir la bénédiction, que le prélat leur donnait solennellement; on leur distribuait ensuite pour leur diner les viandes qui avaient été desservies de la table de l'évéque. Ainsi finissait cette cérémonie, où se trouvait toujours un si grand nombre de criminels, qu'en 1707 on en compta jusqu'à neuf cents. Paroisses, 272. Abbayes, 2 : revenu , 74,000 livres ; taxe, 2,900 florins. Évéché de Meavx, fondé en 280, et suffragant de Sens jusqu'en 1662.
Revenu, 25,000 livres; taxe, 2,000 florins. Paroisses, 227. Abbayes, 9 :
revenu, 126,000 livres; taxe, 1,800 florins.
(*) Dom fieaunier, ouvr. cité, p. 5o.
ANNALES DÉ L'HISTOÎRfe DE FRANCE.
ÉvéchédêCharires.'Fondé au quatrième siècle,èt détaché de Sens en 1 622, ce diocèse fut un des plus grands du royaunae jusqu'en 1695, qu^on érigea Je nouvel évêché de Blois. Avant cette séparation, le diocèse de Chartres renfermait 1,700 paroisses. Ses abbayes au nombre de 21, avaient uu revenu de 138,000 livres , et étaient taxées à 4,200 florins. C'est dans ce diocèse qu'était située la maison royale de Saint-Cyr, fondée par Louis XIV en 1686, avec un revenu de 167,000 livres.^ Le prieuré de Poissy rapportait à lui seul 40,000 livres.
Evëché de Blois, fondé en 1697.
Revenu, 14,000 livres; taxe, 150 flofins. Paroisses , 200. Abbayes , 5 :
revenu, 3&,500 livres; taxé, 2,650 florins.
ARCBKVKCHK DK TOURS.
Fondé an commenceinrnt du quatrième tiède. SnF> flagrants : les évrqnes du Mans, d'Angers, de Rennes , Nantes , Quimper - Corentin , Vannes , Saint-Panl de Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, Saint* Malo et Dol. Revenu 18,000 livres.
Ce ne fut qu^au commencement du cinquième siècle que cette ville devint métropolitaine ; mais , au neuvième siècle, révéque de Dol prétendit s'affranchir de sa juridiction , et étendre la sienne sur toute la Bretagne. Ce différend dura jusqu'en 1199, où Innocent m soumit tous les évéques bretons à la suprématie spirituelle de l'archevêque de Tours. Paroisses, 300.
Abbayes, 19 : revenu, 80,000 livres; taxe, 9,300 florins. L'abbé de Cormery était seigneur de la ville du même nom. La ville de Tours renfermait le célèbre monastère de Saint-Martin, qui avait pour chanoines laïques le dauphin deFrance, les ducs de Bourgogne , d'Anjou, de Bretagne , de Bourbon et de Vendôme; les comtes de Nevers, de Flandre , de Dunois , d'Angoulême et de Douglas, en Ecosse; les barons de Parthenay et de Reuilly. Taxe de l'archevêché , 2500 florins.
Évêché du Mans , fondé au quatrième siècle. Revenu 24,000; taxe, 2216 florins. Paroisses , 696. Abbayes , 23 : revenu 200,000 livres; taxe, 2800 flor.
Évêché d Angers , fondé avant 380.
Revenu 16,000 livres; taxe, 1700 florins. Paroisses , 462. Abbayes , 9 : revenu 175,000 livres; taxe, 6900 florins*. L'évéque d'Angers était baron de Grate- Cuisse , et avait pour vassaux les barons de Briolé , de Chemillé et de Blou.
Évêché de Rennes y fondé au quatrième siècle. Revenu 10,000; taxe, 1000 florins. Paroisses, 265. Abbayes, 4 : revenu, 47,500 livres; taxe, 1149 florins. L'évéque était seigneur de Rennes.
Évêché de Nantes y fondé au quatrième siècle. Revenu 30,000 livres ; taxe, 2000 florins. Paroisses, 212.
Abbayes, 10 : revenu 43,000 livres; taxe, 500 florins. L'évéque était seigneur d'une partie de la ville.
Évêché de Vannes y fondé vers 540.
L'évéque était seigneur d'une partie de la ville. Revenu 16,000 livres; taxe, 350 florins. Paroisses, 160. Abbayes, 4 : revenu 46,000 livres ; taxe, 2038 flor.
Évêché deQuimper-Corentiny fondé au cinquième siècle , ou peut-être seulement au neuvième. L'évéque était seigneur de la ville et comte de Cornouailles. Revenu 40,000 livres; taxe, 1000 florins. Abbayes , 8 : revenu 47,400 livres ; taxe , 600 florins.
Évêché de Saint -Pol de Léon, fondé en 529. L'évéque était seigneur de la ville et comte de Léon. Revenu 8,000 livres ; taxe , 800 florins. Paroisses, 120. Abbayes, 2: revenu 18,600 livres; taxe, 430 florins.
Évêché de Trégmery fondé au cinquième ou au neuvième siècle. L'évéque était seigneur de la ville , avec le titre de comte. Revenu, 14,000 livres; taxe, 460 florins. Paroisses, 70. Abbayes, 2 : revenu, 16,000 livres ; taxe, 880 florins.
Évêché de Saint- Brieuc , fondé en 844. Revenu, 18,000 livres; taxe, 800 florins. Paroisses, 200. Abbayes, 4 :
revenu, 11,100 livres; taxe, 306 florins.
Évêché de Saint-Malo . transporté dans cette ville en 1141 , ae l'ancienne ville d'Aleth où il avait été fondé vers 541 . Revenu, 36,000 livres*, taxe, 5,000 florins. Paroisses, 200. Abbayes, 5 :
revenu, 25,000 livres; taxe, 705 florins.
10* livraison. (Annales de l'hist. de Fbancb.)
L'UNlVERâ.
Évéché de Dol, fondé vers 659 ou au neuvième siècle, érigé en archevêché en 844parNomenoë, replacé en 1199 sous la juridiction du métropolitain de Tours. L'évéque était seigneur et comte de Dol. Revenu, 20,000 livres; taxe, 4,000 florins. Paroisses, 80. Abbayes , 3 : revenu, 8,600 livres; taxe, 446 florins.
AHCBBviCHÉ DE ROUKK.
Fondé vers 3o6. SufTragnntfl i les évéqnes deBayeux, Lisieax, Avranches. CouUnccs , Sécz et Évrenx. Rerena Go,ooo livres.
Cet archevêché , le plus considérable du royaume, renfermait 1,388 paroisses et 31 abbayes , dont le revenu était de 413,600 livres, la taxe de 14,600 florins. L'abbé du Bec était baron de Bonnevill^ et seigneur du Bec , avec haute , moyenne et basse justice; celui de Fécamp possédait dix baronnies, dix hautes justices et dix sergenteries. Les baronnies de Fécamp et de Vitfleur , qui formaient la mense abbatiale, lui rapportaient à elles seules plus de 60,000 livres. Celui de Saint- Vandrille était seigneur de Caudebec et patron de plusieurs paroisses. Taxe de l'archevêque, 12,000 florins.
Evéché de Bayeux, Revenu, 60,000 livres; taxe, 4,433 florins. Paroisses, 611. Abbayes, 14 : revenu, 135,000 livres; taxe, 6,400 florins.
Évéché d*Avranc1ieSj fondé vers Tan 400. Revenu, 16,000 livres; taxe,, 2,520 florins. Paroisses, 180. Abbayes, 6 : revenu, 61,600 livres; taxe, 1,283. florins. La plus importante de ces abbayes était celle du Mont-Saint-Micliel, qui jouissait au moyen âge de plus de 100,000 livres de rente. Au dernier siècle, l'abbé du Mont-Saint-Michel était gouverneur de cette place, trèsforte, par sa situation et les travaux ; qu'on y avait faits , et tous les soirs c'était a lui gu'on en apportait les clefs. Aujourd'hui , cette illustre abbaye , comme celle de Clairvaux, n'est plus qu'une prison d'État.
Évéché dÉvreuXy fondé au quatrième siècle. L'évêaue était baron de Condé-sur-Iton , d'illiers, des Beaux , de Bretheuil etdeBroville, avec haute
justice. En qualité de baron de Broville , il étendait sa juridiction sur le faubourg d'Évreux nommé Saint-Gilles. Tous ses Vassaux, reconnus par uiie petite crosse brodée sur leurs mancbes, étaient exempts par toute la France de tout péage. Les cérémonies qui s'observaient encore au dix-septième siècle , à l'entrée des évéques d'Évreux, méritent d'être connues.
Voici en quels termes Dom Beaunier les raconte (*).
A L'évéque vient, monté sur une baquenée, de son château de Condé, qui est à cinq lieues d'Évreux, à la paroisse de Saint-Germain-des-Prez , qui est à un quart de lieue de cette ville. Il y reçoit les compliments des corps de la ville et du clergé, qui l'accompagnent jusqu'à la première porte de l'aima ve de Saint-Taurin, où il est reçu par fe prieur et les religieux , ausquels appartient la baquenée sur laquelle le prélat est monté, et l'anneau d'or qu'il porte ce jour-là. Après que le prieur lui a présenté de l'çau bénite, qu^il lui a fait baiser la croix et qu'il l'a encensé, il est conduit processionnellement par les religieux au maîtreautel, où, étant monté, il dit l'oraison de Saint-Taurin; puis le prieur prend la mitre d'argent qui est sur le dief de ce saint, et la met sur Is tête du nouveau prélat, qui, ainsi nu tré, n'ayant pas encore de crosse, donne la première bénédiction au peuple; Le prieur, ayant pris la mitre sur la tête de l'évéque, la remet sur le chef de saint Taurin , et le prélat se retire dans l'apparpartement qu'on lui a préparé dans l'abbaye. Le lendemain , tous les corps , et le clerçé en chapes, s'étant rendus dans l'église de Saint-Taurin, l'évéque vient à la sacristie, et, après avoir été tevêtu de ses habits pontificaux, il est conduit par les religieux au pied de l'autel, où il entonne le Feni creaior. Ensuite on le conduit processionnellement, les religieux cle Saint-Taurin marchant les derniers , et un d'eux portant la crosse, à sa maison de la Crosse , qui est siluée dans le fauxbourg Saint-
(*) Ouvrage dlé, page 789 etsuiv.
ANNALES DE I/fllSTOïRË DE FRANCE.
Denis, assez près de la cathédrale.
L^hôte de la dite maison de la Crosse lui ayant fait une profonde révérence, lui dit : Monseigneur, soyez le bien venu en votre petite maison de la Crosse, et, lui présentant la main, le conduit à un fauteuil qui est auprès du feu, et lui dit : Monseigneur, vous me devez aujourd'hui à dîner, et un mets séparé. Aussi -tôt les trésoriers de la paroisse de Saint-Léger de la ville d'Évreux se présentent devant lui , et un d'eux lui dit : Monseigneur, nous sommes obligés de vous déchausser, et vos bas et vos souliers appartiennent à notre trésor de Saint-Léger, ainsi que les titres que nous portions en fontfoy. Ces titres sont une donation taite par un certain prêtre au trésor de Saint-Léger, par laquelle il parott que l'emplacement, où autrefois Ton déchaussoit les seigneurs évéques le jour de leur entrée solennelle, lui appartenoit, et qu'il avoit vendu le ait emplacement pour y bâtir une maison , à condition que les bas et les souliers que révéque a portés le jour de son entrée, et 5 sols de rente, appartiendroient à l'avenir, à perpétuité , au dit trésor. Les trésoriers se mettent en devoir de le déchausser; mais ordinairement révéque se contente de leur laisser toucher ses bas et ses souliers, et leur fait donner une paire de bas et de souliers neufs , pendant qu'il se fait déchausser par ses domestiques. Le seigneur de Feuquerolles et de Gauville', lui auparavant a eu soin de faire éten- Ire quantité de paille, et plusieurs pièces de natte le long du chemin par où doit passer i'évêque pour se rendre à la cathédrale , attend le dit prélat à la porte de la maison de la Crosse, et, lorsqu'il sort, lui fait une profonde révérence, et lui dit : Monseigneur, je suis votre homme de foy. Puis, se baissant et étendant une poignée de paille coupée d'environ la largeur d'un pied et demi , il ajoute : Ceci vous dois et autre chose ne vous dois, ni moi ni mes sujets. Et, accompagnant ledit seigneur évéque à son côté droit, environ un pas devant lui, il répète à diverses fois et à certaine distance les
même paroles, et étend de la paille jusqu'à la porte de la ville, au delà du pont, où le chapitre Tattend. L'évéque étant arrivé en ce lieu, le prieur de Saint-Taurin le présente au chapitre de l'église cathédrale, et, s'adressant au doyen , lui dit : Messieurs , voici monseigneur notre illustrissime évéque, que nous vous amenons vif; nous vous te baillons, et mort vous nous le ren^ drez. Le doyen présente l'aspersoir à l'évéque, lui fait baiser la croix, et lui fait une harangue, à laquelle le prélat répond* Aussitôt se présente le seigneur de Convenant, ayant son manteau sur ses épaules, l'épée au côté, et étant botté et éperonné. 11 quitte son manteau, son épée et ses éperons, et, étant à genoux , il joint ses mains entre celles de l'évéque et lui promet fidélité contre tous autres, fors le roy. Les religieux de Saint-Taurin s'en retournent, et le prélat est conduit à la cathédrale par son chapitre. La messe du Saint-Esprit étant dite, et les autres cérémonies étant finies, l'évéque donne un grand dîner, où il s'est quelquefois trouvé jusqu'à 360 personnes.
La première fois que l'évéque demande à boire pendant ce repas, le dit sieur de Gauville lui présente une coupe d'argent doré avec son couvercle, laquelle doit être du poids de quatre marcs , et appartient audit sieur. L'évéque ayant bu cette première fois , il fait asseoir ledit sieur de Gauville à sa table. »
Le diocèse d'Évreux contenait 540 paroisses et 11 abbayes, dont le revenu était de 167,000 livres , la taxe de 2,500 florins.
Évéché de Séez, fondé au sixième siècle. Revenu, 10,000 livres; taxe, 3,000 florins. Paroisses, 500. Abbayes, 10 : revenu , 103,000 livres ; taxe , 2,400 florins. Le plus célèbre de ces monastères était celui de la Trappe.
Èvêché de Lizieux, Inondé au cinquième siècle. Revenu, 36,000 livres; taxe 4,000 florins. L'évéque était comte de Lizieux, mais cédait son autorité pour deux jours, le 10 et le 11 juin, au chapitre, qui élisait deux chanoi-nés pour l'exercer pendant quarante-
L^UNIVERS
huit heures avec le titre de comtes.
« Ils montent à cheval en surplis , ayant de grandes bandoulières de fleurs par-dessus, et de beaux bouquets aussi de fleurs à la main , et sont précédez de deux bâtonniers , de deux chapelains, et de vingt-cinq hommes d'armes, le casque en tête, la cuirasse sur le dos et la hallebarde sur l'épaule : les officiers de la haute justice les suivent aussi à cheval , en robes , avec des bandoulières et des bouquets de fleurs à ia main. En cet équipage, ils vont prendre possession des quatre portes de la ville, où ils laissent un nombre d'hommes armez de pied en cap pour les garder. Il y a plusieurs maisons obligées à fournir des hommes. Lorsque les comtes arrivent aux portes, qui sont ornées de feuillages, aussi bien que celles de leurs maisons, avec leurs armes dessus, on leur présente les clefs de la ville. Les droits de la coutume et de la foire qui se tient le jour de Saint-Ursin leur appartiennent, à condition qu'ils donneront à cha(^ue jchanoine un pain et deux pots de vm.
L'évéque, qui est comte de Lizieux, cesse d'être comte pendant ces deux jours ,. et les chanoines-comtes font ses fonctions. Leurs ofQciers mettent la police, et jugent toutes les causes civiles et criminelles. Si, pendant ce temps , quelque bénéfice vient à vaquer, les deux chanoines-comtes y présentent (*). » Paroisses, 680. Abhayes, 8 : revenu, 127,000 livres ; taxe,4,000 flor. Èvéché de CoutanceSy fondé avant 400. Revenu, 20,000 livres; taxe, 2,500 florins. Paroisses, 560. Abbayes, 7 : revenu, 52,000 livres; taxe, 3,200 florins. L'abbé de Cherbourg avait deux baronnies, haute justice, et le patronage d'un grand nombre d'églises paroissiales.