COirQUETI DE l'aXOLETSARB PAR UU
hormauds.
L'Angleterre, aujourd'hui si fière; fut autrefois une proie que les peuples se disputèrent pendant dix siècles , jusqu'au moment où les Français, en s'en
emparant, mirent un terme à toutes ces invasions et commencèrent sa puissance. Lorsque le dernier des rois danois, Hardi-Canut, mourut (1041), il y eut un soulèvement général de la race anglo-saxonne, dirigé par un^ioble Saxon Godwin et son fils Harald ; les J)anois, refoulés sur les bords de la mer, furent contraints de regagner leur ancienne patrie. Godwin aurait pu se faire couronner : il préféra ràppeJer de Normandie un fils de l'ancien roi Éthelred, Edouard le Confesseur. Mais le nouveau ponce, qui avait, dans son long séjour en Normandie, désappris la langue et les habitudes saxonnes, donna sa confiance aux Normands. « Il faut , dit un ancien historien i que le Dieu tout-puissant se soit proposé à la fois deux plans de destruction pour la race anglaise; car, d'un côté, il a déchaîné l'irruption danoise, de l'autre, il a créé et cimenté avec soin l'ai* liance normande, afin que si, par hasard , nous échappions aux assauts livrés en face par les Danois , l'astuce imprévue des Normands fût encore là pour nous surprendre. » Gddwin ne manqua pas au pays; il leva l'étendard contre le roi qu'il avait fait lui-môme, et le contraignit de chasser ses favoris normands. Cette amitié d'Edouard pour les gens d'outre-mer fut fatale à son pays; car, à sa mort, il fit un testament en faveur du duc de Normandie Guillaume le Bâtard ; du moins celui-ci prétendit oue le dernier roi l'avait déclaré son héritier , et il vint avec une armée de soixante mille hommes, rassemblée de toutes les provinces de la France, revendiquer son héritage.
Godwin était mort; mais comme il n'existait aucun rejeton de la famille royale , son fils Harald avait été proclamé roi par les Saxons. Il défendit avec courage l'indépendance de son pays , battit le roi de Norwége , dont l'invasion précéda celle des Normands seulement de quelques jours; et Guillaume, lorsqulll débarqua , trouva de* vaut lui une nombreuse armée saxon-»
ne, encouragée par les derniers succès de son roi. Tous étaient venus ; les douze moines du monastère de Pe«
L'UNIVERS
terborougii, amenés par leur abbé, se placèrent au premier rang , et tous treize restèrent sur le champ de bataille. La victoire d'Hastings (1066) et la mort de Haraid livrèrent l'Angleterre aux Normands ; la prise de Douvres, celle de Londres, le couronnement de Guillaume à West-* fflinster , mirent fin à la dynastie anglo-saxonne.
Pour s'assurer de sa conquête, Guillaume divisa tout le pays en soixante mille fiefs de chevalier, qui furent; partagés entre les vainqueurs. Il en prit pour lui près de quinze cents; des seigneurs en eurent jusqu'à trois et quatre cents. Ainsi la royauté nouvelle se trouva riche dès sa naissance , et capable de tenir tête aux plus riches barons. Aussi, les rois normands de l'Angleterre ne seront pas, comme les premiers Capétiens , des princes faibles, obscurs, réduits à vivre misérablement dans leur étroit domaine , et craisnant toujours d'être dépouillés par les puissants seigneurs qui les entourent. Cette position des rois d'An- Î;leterre, plus forts dès rorigiHe que es plus riches barons , explique toute l'histoire de ce pays. L'on comprend pourquoi les barons furent contraints, pour se défendre contre l'ambition des rois , de s'unir aux bourgeois , et de fonder ainsi eux-mêmes les libertés populaires et cette chambre des communes qui devait leur demander compte un jour de leurs privilèges, tandis qu^en France ce fut le roi faible et pauvre qui chercha un appui dans les communes contre^la féodalité.
Guillaume ne resta pas maître tranquille de |sa conquête. Pendant un voyage qu'il fit en Normandie, les Saxons , révoltés par les exactions de ses agents, se soulevèrent, et il fallut des flots de sang pour apaiser cette insurrection. Une seconde révolte sous Fatheliug Edgar n'eut pas un meilleur résultat pour la nationalité saxonne.
Après ces deux violentes protestations, les Saxons durent se résigner au joug; mais la distinction entre les deux races dura longtemps encore, et, jusqu'à Edociard ni, la langue française resta
la langue officielle, celle de la cour et des tribunaux.
3. FOITDATION DU ROTAUMK DS PORTUGAL PAR BElflLX OE BOURGOGNE, ET EXPEDI- TIONS DES FRANÇAIS AU DELA DBS PYRÉ- NÉES.
Vers l'an 1094, un arrière-petit-fils du roi de France Robert, Henri de Bourgogne , ayant passé les P}Ténées pour chercher fortune en Espagne , reçut du roi de Castille Alphonse YI, cliarmé de son courage et désireux de s'attacher un si brave chevalier, la main de dona Thérésa , sa fille naturelle, avec toutes les terres qu'il pourrait conquérir sur les Maures. Henri s'empara en effet de tout le pays situé entre le Douro et le Minho , qu'il posséda à titre de comté héréditaire. Son fils Alphonse el conquistador (1112- 1185) se fit^ proclamer roi en 1137, et fonda par ses conquêtes le royaume de Portugal.
Henri de Bourgogne n'était pas le seul chevalier venu (Tau delà des Pyrénées. Le comte de Flandre , le comte de Toulouse, le comte du Perche combattirent sous les étendards d'Al- Ehonse; et lorsque ce prince, après I prise de Tolède , la plus importante de toutes les conquêtes que les chré* tiens eussent encore faites en Espagne , vit tous les Maures d'Espagne et'l'almoravide Youssouf se réunir contre lui, et le baUre, en 1086, à Zalaca, il écrivit à Philippe P', roi de France, et aux principaux seigneurs français , pour en obtenir des secours. On répondit à cette demande. Les Français passèrent les Pyrénées , poursuivirent les Arabes jusque dans l'Andalousie , et les rois maures de Sévllle et de 6adajoz, effrayés , se hâtèrent de traiter avec le roi de Castille. Cet appel aux chevaliers étrangers , qui avait été si bien entendu, était comme l'annonce de la grande croisade de Jérusalem.