‹ France (volume 2)Chapitre 30 sur 45 · SAINT LOUIS · texte numérisé non relu

SAINT LOUIS

Bégenee de Blanche de Castille.-— La mort de Louis VIII laissa l'administration du royaume entre les mains de Blanche de Casti lie; mais sa naissance étrangère servit de prétexte aux grands pour alréner d'elle les esprits, et elle vit bientôt se révolter contre son autorité une foule de seigneurs , dont

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le plus puissant était le trouvère Thibaut, comte de Champagne. Cependant la reine parvint à le détacher de la ligue qui s'était formée contre elle, et eut moins de peine dès lors à réduire les autres confédérés. Ceux-ci , irrités de la défection de Thibaut , lui déclarèrent la guerre ; mais Blanche ne le laissa pas accabler. L'armée royale

f)rotégea la Champagne, et contraignit e duc de Bretagne , Pierre Mauclerc, à abjurer la suzeraineté de l'Angleterre. En reconnaissance , le comte de Champagne, devenu roi de Navarre par la mort de son oncle maternel Sanche vn, céda à Blanche , pour quelque argent, les comtés de Blois , de Chartres et de Sancerre , possessions trèsimportantes qui couvraient le domaine royal du côté du midi. Plus tard , en 1249, Alphonse , comte de Poitiers et frère de Louis IX, hérita, comme nous l'avonsdit^parlamortdeRaymondVII, du comté de Toulouse , de l'Agenois , du Quercy, du Rouergue et de l'Albigeois. Un autre frère de Louis IX, Charles d'Anjou , épousa une fille de Bérenger, comte de Provence, et hérita de cette riche province , qui comprenait les quatre républiques de Nice, d'Arles, d'Avignon et de. Marseille ( 1245 ). Des sénéchaux étaient déjà établis à Beaucaire et à Carcassonne; ainsi saint Louis se trouva maître, par lui-même ou par ses frères , d*une grande partie du midi de la France.

Lorsque Blanche, par l'assistance de Thibaut de Champagne, eut contraint les barons abandonnés de l'Angleterre à la reconnaître pour récente, elle laissa les années s'écouler en silence jusqu'à la majorité de son fils , n'éveillant l'opposition par l'annonce d'aucun projet , la publication d'aucune ordonnance, l'extension d'aucune prérogative qui pût donner occasion de mettre encore une fois en doute son autorité.

Ce fut seulement en 1236 que Louis atteignit sa vingt et unième année, et même , depuis oette époque jusqu'à son départ pour les croisades , il parut peu sur la scène. Cependant sa réputation

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grandissait malgré son inaction , et luimême se formait une haute idée de ses droits et de sa puissance. Lorsque Frédéric n retint prisonniers, après la !)^tai|le de la Meloria (1241), les préats qui se rendaient sur les galères (Je pênes au concile convoqué à Ronie par Grégoire tX, saint Louis lui reçleinanda avec fermeté les prélats de ^op royaume , lui donnant à entendre 'juMl saurait au besoin se les faire ren- Ire*. « ï^ujsque |es prélats de notre f( rqvaume n^ont pour aucune cause « mérité leu^rdétention, il conviendrait «que votre grandeur leur rendit la « ut^erté : vous nous apaiserez ainsi ; «car nous regardons leur détention tt comme une injure, et la majesté « royale perdraif; de sa considération « si nous pouvions nous taire dans un « cas semblable— Que votre prudence

« impériale ne se borne pas à allé-

« guer votjre pujssance ou votre yo- « jonté, car le royaume de France n'est « pas si affaibli qu'il ^e résigne k être « Foulé aux pieds par vousi- » Pu reste cette mésintelligence entre les d«ux plus puissants princes de la chrétienté dura peu , et , pendant la querelle entre Innocent IV et Frédéric II, saint Louis intervint plusieurs fois en faveur de l'empereur.

Cependant le^ Anglais, gouvernés parlesçon^eillersdujeunèroiHenrilII, i^qyaienf avec jalousie et inquiétude faccroissement du poi|voir royal en l'rance; ils favorisèrent la révolte de quelqqçs vassaux et pénétrèrent même dans le royaMme , espérant, à la faveur çjes troubles , reconqMérir les provinces que Ipu? avait enlevées Philippe-Aus guste ; ni^js saint Louis les battit à failjebpurg, où il contra un couraji^e qui présageait le hérp^ des croisades ( 1242 ). Cependant , loin d^ vouloir Drofiter de sa victoire, il offrit à Hepri )II de lui rendre toutes les provinces que son père avait perdues, sous la seule condition de le suivre à la terre Q^nte. Cette démarché était plus pieuse que sage ; heureusement pour la France

3ue Henri III refusa cette offre impruente. Apres de longues négociations, un traité , conclu en 1269 , arrêta que la

Guyenne resterait au roi d'Angletene,

qui devrait l'hommage lige pour cette province. Cette paix définitive ne fot conclue qu'au retopr de la première croisade.

Première croisade de ^aint Louis. ^ Ce fut durant une maladie douloureuse gue ^aint Louis fit le vœu de marcher à la délivr^ince du saint sépulcre. £n vain , après sa guérison , sa mère et ses conseillers voulurent le détourner de son dessein, en, lui représentant combien le succès était difficile et tout ce qu'il coûterait à la France; le roi persista, et tous les grands vassaux prirent la croix avec lui.- On s'embarqua à Aigues-Mortes et à Marseille, au mois d'août de l'année 1248.

Pendant longtemps on avança sans trop savoir vers quel point l'on se dirigerait. Après un séjour dans Itie dé Chypre , saint Louis remonta sur ses vaisseaux, et fit voile vers Pamiette dont il s'empara. Mais au lieu de pousser la guerre avec vigueur et de marcher droit au Caire, h capitale de T Egypte, on perdit un temps précieux a délibérer; et quand on se décida enfin à se porter en avant, ce fut avec de telles lenteurs que les musulmans eurent le temps de revenir de leur effroi , de rassembler des troupes et de venir attaquer les croisés, occupés à tenter le passage du Nil. La famine, les miasmes pestilentiels qui s'élevaient des canaux dont i^l^'gypte est couverte, et surtout le teffiblft feu grégeois , faisaient d'épouvantables ravages dans les ranfîs de Tannée.

Cependant les Francs parvinrent à franchir le fleuve, mais ce fut pour éprouver la sanglante défaite de la Mansourah ( la Massoure) , causée par leur aveugle témérité (t2t'>Q). 11 fallut songer à la retraite devant des ennemit victorieux ; elle fut désastreuse. Les Francs ne purent regagner Daiuiette, et il leur fallut se rendre prisonniers.

Si saint Louis s'était exposé au re-

{)roche d'imprudence dans le cours de 'expédition 1 il sut racheter cette faat0 par la noble résignation et la grandeur d'âme qu'il montra durant sa capti-

Tité; e]le1ui gagna Tadmiration même des infidèles. Les mameluks, cette milice redoutable, s'étaient révoltés ; ils avaient massacré le sultan et établi leur domination sur l'Egypte : les Français, témoins de cette révolution, avaient tout à craindre pour leur vie , et néanmoins, grâce au respect qu'inspirait leur roi , ils obtinrent du nouveau chef des mameluks un traité de paix qui mit fin à leur captivité. Louis rendit Damiette, paya une énorme rançqn et put emmener de l'Egypte les tristes restes de son armée. Mais avant de retourner en France il passa encore quatre années dans la Palestine comme simple chevalier, s'occupant à maintenir fa paix entre les princes chrétiens et à rétablir les fortifications des places quMls possédaient encore.

ÂdmifUstrcUion et législation de saint Louis. — La nouvelle de la mort de Blanche de Castille qui gouvernait le royaume en l'absence du roi, le força de h|ter sou retour. Rentré dans ses États , il donna tous ses soins à l'administration de siss domaines , et c'est dans cet intervalle qui sépare ses deux croisades que se placent ses réformes législatives.

Les rapports de saint Louis avec les princes étrangers étaient peu nombreux, car il n'y avait pas encore de politique européenne. Cependant, comme la société commençait a sortir du régime féodal , c'est-à-dire , des gouvernements et des intérêts locaux, les relations s'agrandissaient.Déjà, au tempsde Philippe- Auguste , Jean sans Terre s'estait allié avec l'empereur Otton contre le roi de France. De même, lorsque Richard de Cornouailles eut été nommé empereur (1257), saint Louis, quoiqu'il fût son beau-frère, refusa de le reconnaître, et s'allia avec Alphonse X, élu aussi roi des Romains. Ce n'était du reste qu'une mesure de précaution, car saintLouis ne voulait pas la guerre.Loin de là , il fit même de grands sacriGces

; causes de querelles entre la France et l'Angleterre. Les conquêtes de Phi*

lippe- Auguste pesaient sur sa cons-^ cience; il les croyait illégitimes, et voulait rendre à Henri Ilï toutes 1rs provinces que Jean avait perdues. Ce ne fut pas sans peine que ses conseillers obtinrent de lui qu'il ne restituerait queleLimosin, le Périgord, le Quercy, 1 Agenois , et la partie de la Saintonge comprise entre la Charente et l'Aquitaine. Dans ses négociations avec le roi d'Aragon (1258), il se désista de toutes ses prétentions sur la Catalogne, laissant Jac(]ues indépendant en Espagne, et lui faisant abandonner des droits contestés sur les provinces méridionales de la France. Par cette transaction , il traça la frontière de ce côté d'une manière nette et précise. Il faut rappeler encore qu'il refusa la Sicile qu Urbain lY lui offrait, et qu'il ne Soutint jamais son frère, Charles d'Anjou , dans la conquête de ce royaume \ conquête sur la légitimité de laquelle il ne pouvait, malgré l'appui du pape, S^empêcher d'élever quelque doute.

Ainsi , à l'extérieur, son gouvernement porte le caractère d'une modération , d'une justice et d'une fermeté qui devaient honorer la France aux yeux des étrangers.

Passons maintenant à ses rapports avec la société féodale. La soumission du comte de la Marche , après la campagne de 1242, peut être regardée comme ayant achevé de détruire l'indépendance de l'ancienne aristocratie féodale. Depuis cette époque , les barons rentrèrent dans les ran^s des vassaux soumis , et y demeurèrent sous les règnes des descendants de Louis , jusqu'au temps où le droit à la couronne devint douteux , et où les princes du sang eux-mêmes donnèrent de nouveau l'exemple des guerres civiles.

Toutefois la féodalité serait restée forte encore sans les institutions de saint Louis.

Quelque grande qu'ait été l'influence de ces institutions, il faut bien se garder de croire que leur auteur ait entrevu toutes les conséquences de ses actes. Comme je viens de le dire, son respect pour les droits acquis ne céda jamais qu'à l'obligation o^

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il croyait être de faire respecter partout la. loi, de Dieu. C'est ainsi que dans ses Établissements (*) il reconnaît formellement le droit qu'ont les seigneurs de résister au roi , lorsqu'il leur a dénié justice en sa cour. Ses Établissements, au moins dans le premier livre, ne sont souvent autre chose que la reconnaissance et la détermination des droits féodaux, et plus d'une fois sa justice s'arrêta devant des privilèges consacrés par le temps.

Ainsi un seigneur de Coucy ayant tait pendre pour délit de chasse deux jeunes

f^ns jd^une famille distinguée de la landre, Louis voulut le punir de mort malgré toutes les supplications de la noblesse, et il ne renonça a faire exécuter sa sentence que lorsqu'on lui eut montré qu'elle violait les lois féodales. Néanmoins saint Louis ne respecta pas également toutes les coutumes de la féodalité; il en est deux surtout qu'il s'efforça , durant tout son règne , de détruire. Je veux parler des guerres privées et des duels judiciaires , qui étaient les seuls moyens de vider les différends dans cette société où il n'existait aucune force publique chargée de veiller à l'exécution des sentences judiciaires. Mais lorsque, pour venger une offense particulière, un baron se jetait sur les terres d'un seigneur voisin , bien des innocents étaient tués , bien des âmes étaient envoyées à Dieu avant d'avoir pu se préparer à la mort; d'autre part, recourir au jugement de Dieu pour toutes les contestations, c'était tenter la Providence, c'était lui demander un miracle à chaque instant du jour. Or, tout cela effrayait la piété de saint Louis , et il se crut oblige par devoir de faire cesser ces combats sacrilèges.

D'abord, en 1245, il rétablit, en termes plus formels , une ordonnance de Phi lippe- Auguste, par laquelle il était arrêté qu'après une offense entre deux parties il y aurait une trêve de quarante jours pour tous leurs parents ; c'est ce qu'on nomma la quarantaine

(*) C'est le nom qui fut donné aux dispositions législatives de saint Louis,

du roi. En vertu d'une ordonnance postérieure , la partie qui se croyait la plus faible put encore éviter la guerre en recourant à la justice, et celle-ci sommait son adversaire de lui jurer asseurement. L'asseurement ne pouvait être refusé , et celui qui le violait était pendu (*). Ces ordonnances diminuèrent sans nul doute le nombre des guerres privées, car saint Louifr s'efforça constamment de les faire observer.

Il lui fut moins facile de détruire le duel judiciaire. Cette forme de procédure était si universellement adoptée, elle était si chère à la noblesse , que la tentative de l'interdire tout à coup , et dans tous les fiefs , était impraticable. Aussi saint Louis ne supprima-t-il formellement le duel judiciaire que tlans les domaines royaux. Son ordonnance'le dit expressément, et il le répète dans plusieurs passages de ses Établissements ; mais il traita avec ceux des grands vassaux qjmi consentirent à détruire le duel judiciaire. Toutefois la plupart des seigneurs refusèrent longtemps par intérêt d'imiter son exemple, car l'amende du vaincu roturier était de 60 sols , et celle du gentilhomme de 60 livres (**). Dans ses domaines donc, qui étaient déjà une grande partie de la France , il défendit « les oatailles en justice , » y substituant les preuves par témoins , « sans ôter les autres bonnes et loyales preuves usitées en cour laïque jusqu'à ce temps; M cette mesure, bien qu'elle ne s'étendît pas à tout le royaume, n'en eut pas moins d'importants résultats.

Dans tous les domaines de la couronne on fut dès lors obligé, au lieu de recourir au combat, de se soumettre à la juridiction des juges royaux. Mais l'appréciation des témoignages, la complication des causes , le nombre et la confusion des preuves écrites , rendirent bien difficile l'administration de la justice, et il fallut qu'une classa d'hommes prît pour tâche spéciale et

(*) ÉtablisseiD. I, a8, p. 129.

(•*) Voyez ch. dr, p. 309, 1. 19. Recdes ordonnances des rois de France, I, 88.

exclusive le soin des procédures. Ces nouveaux clercs eurent aussi leur évangile, les Pandectes de Justinien, découvertes depuis un siècle et appelées du noni de raison écrite. Ce que les jurisconsultes de Bologne avaient voulu faire pour les empereurs de la maison de Souabe, les légistes de France le tentèrent avec plus de succès; ils ne dirent point que le roi de France devait succéder à la toute-puissance des empereurs romains, mais ils arrivèrent plus sûrement au même but par des moyens détournés. Créés par la royauté qui les prenait pour ses conseillers, ils attaquèrent sourdement, à son pro^, la société féodale ; d'abord ils cherchèrent à introduire partout la législation de l'emçire romain, si favorable à l'autorité absolue. Dans tout le second livre de$ Établissements de saint Louis, à peine y a-t-il 12 ou 15 chapitres où l'on n'en réfère point à quelque loi des Pandectes. C'est dans cet esprit qu'ils multiplièrent les appels et les cas royaux , de manière a ramener toutes les justices féodales dans la dépendance de la justice royale (*). Si aucun vevf fausser jugement ou pais, où il appartient que juaement soit faussé, il n*y aura point de bataille, mes les dains et les respons , et tes autres erremens de plet seront apportez en nostre courte*). Ainsi, sans supprimer les justices seigneuriales , saint Louis donnait à ses prévôts et ballis (***) le pouvoir de juger souvent les causes déjà jugées par les barons. A ces appels ils joignirent les cas royaux, c'est-à-dire que le roi , comme chef du gouvernement féodal f avait de préférence à tout autre le droit de juger certaines causes nommées pour cela cas royaux. Mais les légistes du roi ,

(*) Le chancelier de THôpital priva définitivement les seigneurs da droit de rendre la justice par eux-mêmes; il voulut que les baillis et les sénéchaux fussent tirés de la rohe courte.

(**) Recueil des ordonn. 1 , 91 , § 8. * (*•*) Les prévôts étaient les oflQciers des baillis , comme les viguiers ceux des sénéchaux.

3ui savaient combien peut s'étendre un roit que rien ne précise, ne voulurent jamais déterminer clairement quels étaient les cas royaux , et c'était par une décision tout arbitraire, que toutes les fois qu'une cause leur paraissait intéresser l'autorité du roi, ils l'enlevaient aux justices seigneuriales, pour en attirer le jugement à leurs cours.

Tous ces légistes dont le prince s'en> tourait cherchèrent bientôt à se créer ime position dans l'État, en dehors de la hiérarchie féodale; ils n'inventèrent point d'abord des noms ni des formes nouvelles , mais il proOtèrent de tout ce qui pouvait leur servir dans les ios* titutions féodales, pour cacher leurs innovations sous d'anciens titrés.

Dans la plupart des ordonnances rendues par saint Louis, on voit qu'elles ont été délibérées dans un conseil où le roi avait appelé ses barons ou ceux de ses sujets qui étaient direc* tement intéressés à l'objet des ordonnances. C'est ainsi qu'on lit dans le préambule des Etablissements* : « et furent faits ces Établissements par arand conseil de sages hommes et de bons clercs. » Lorsque Louis voulut rendre à Henri III les conquêtes de Phi lippe- Auguste , il eut à lutter longtemps contre son baronnage (*) qui s'opposa à sa justice mal éclairée , pesa la légitimité des prétentions du roi d'Angleterre, et reconnut comme valide le jugement des douze pairs de Philippe -Auguste contre Jean sans Terre. C'est bien là le grande parlamentum dont parle Guillaume de Nangis. Mais cette noble cour de baronnie ne semble apparaître sous saint Louis que pour élever à son importance et ennoblir de son nom une humble réunion de légistes qui envahissent peu à peu le parlamentum ^ et bientôt en chassent même les barons. La substitution des preuves par témoins aux gages de batailles^ les appels, les cas royaux,

f*) Nonne duas sorores desponsavimus...

sed baronagii pertinacia 'voluntaù meœ non inclinât... Outinam duodecim pares Franciœ et baronagium milii consentirent , amicietsemus indissolubiles. (Math, Par., p. 774).

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les reiiyols des causes difficiles pof/Kr les jpreuves ouïr, compliquèrent singulièrement les travaux de la cour du roi; les barons ne purent y suffire; il fallut des conseUlers-clercs pour lire les dépositions des témoins et cette masse énorme d'écritures que faisait ngltre chaque procès. Une ordonnance qui est peut-être rapportée à tort à saint Louis, nous moatre le parlement composé de trois hauts barons^ le duc de Bourgogne^ le comte de Saint-Pol et le connétable ; de trois prélats , Parcheréque de I«ïarbonne, révéque de Paris , révéque de Térouanne ; de dixhuit chevaliérside dix-sept clercs, enfin de deux légistes prononçant les arrêts; sept autres memnres pouvaient y assister occasionnellement (*). Telle fut rotigine de cette magistrature qui occupa une si §^ande place dans l'ancienne monarchie , et lut le plus puissant instruifaent dont se servit la royauté pour niveler la France.

C'est n saint Louis qu'est aussi due la pragmatique sanction^ qui détermina les droits de l'autorité spirituelle et ceux de la puissance temporelle, affranchit la couronne de toute dépendance à l'égard du saint-siége, et posa la base des libertés gallicanes.

Seconde croisade et mort de saint Louis.— Quand saint Louis crut avoir rempli tous les devoirs que lui imposait l'état de son royaume , tourmenté par le souvenir de sa malheureuse croisade d'Egypte et par le bruit des calamités de la Palestine , il se décida à entreprendre uneexpédition nouvelle (1270).

Cédant aux instances de son frère, Charles d'Anjou , roi des Deux-Siciles, qui voulait détruire les repaires des

fnrates africains par qui les côtes d'Itaie étaient journellement infestées, il fit voile vers Tunis, mais ce fut pour mourir de la peste avec la plus grande partie de son armée sous tes murs de cette ville.

(*) 0//w., I, aSo.

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