‹ France (volume 2)Chapitre 8 sur 45 · CHRONOLOGIE HISTORIQUE SES GRANDS FIEFS · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE HISTORIQUE SES GRANDS FIEFS

^ I. Suà'tyaest de la France. Fiefs de Vancien royaume d'aquitaine restés français entre la Loire ^ ùs Rhône inférieur, les Pyrénées et l * Océan, ( Navarre , Gascogne , Béarn, Fùtx, Languedoc^ Roussilton, Guyenne, Poitou, Auvergne, yfngôumois, Sqîntonge, Périgord, iïarche , Limosin , Berry et Bourbonnais.)

COMTS, purs ROYAUME DÉ ITAVARllS.

Foodé in SCo , réuni à la France en 1591. Capitale

P&mpelané.

Souiliis par Charlemagne, qui avait

établi des margraves à Jaca et à Pam-

pelune, les Navarrais s'étaient séparés

sous ses débiles successeurs de l'em-

(*) La nature du système féodal , sa formation, sa durée et sa chule , les obligations réciproques de ses membres, ses résultats, etc., seront longuement examinés ailleurs, ainsi que toutes les questions politiques, adiiiiuistratives , philosophiques et littéraires que peut [fésenter l'histoire de France.

pire des Francs. Dès Tan 858, oft trouve un prince du nom de Garde désigné comme roi de Pampelune. Ses successeurs sont; Garcie (880-905), qui se retira dans un monastère pour céder le trône à son frère Sanche I*% lequel battit les Sarrasins près dePam-

Selune, en 907, et, pour réparer la perte e la grande bataille de la Jonquera, sortit du couvent, où, apirès un règne glorieux, il s'était enfermé à l'exemple de Garcie !•'; Garcie II (926 à 970); Sanche II (970-994), qui épousa rhéritière du comté de Jaca ou d'Aragon; Garcie III (994-1000), surnommé le Trembleur, malgré sa bravoure ; enfln Sanche III ( 1 000-1035), qui réunit,duchef de sa femme, la Castille à son royaume héréditafre, mais lit bientôt de cette contrée l'apanage de JBon second fils Ferdinand, auquel il donna le titre de roi. Lorsqu'il mourut , il laissa à l'aîné de ses Cls, Garcie IV, la Navarre avec les provinces de Biscaye , d'Alava et de Rioja ; deux autres . Gonzalès et Ramire , se partagèrent le comté d'Aragon, qui forma ainsi le royaume de Sobrarve et d^Ribagorce, et celui d'Aragon. Quant au second de ses fils, Ferdinand, il possédait déjà le royaume de Castille, auquel il joignit celui de Léon, après la mort de son beau-frère Bermude III. Ainsi la maison de Navarre occupait les quatre trônes d'Espagne, réduits à trois , lorsqu'en 1038, la mort de Gonzalès, roi de Sobrarve et de Ribagorce., réunit tout l'ancien comté d'Aragon dans les mains de Ramire. Mais la Navarre, ^ui donnait au onzième siècle des rois à toute l'Espagne chrétienne, vit s'éteindre au treizième sa dynastie nationale, à la mort de Sanche VÎI , dernier roi de la race d'Aznar.

Thibaut IV, comte de Champagne, hérita alors de cette couronne du cheï de sa mère Blanche, sœur du dernier roi.

A la dynastie de Champagne succédé la dynastie des Capétiens, par suite du mariage de Jeanne I'''' avec le

detixîètne û\^ flë Philippe le Itardi.

L'année suivante, le nouveau toi de IVavarre monta sur lè trôhe âjR France sous le nom de Philippe IV le Bel.

Jeanne , du consentement de son époux, conserva Tadministration de ses Etats.

Elle chassa, les Aragonais et les Castillans de la Navarre, y établit des gouverneurs d'Une sagesse éprouvée, et fit jouir ses sujets d'une tranquillité dont ils étaient privés dépuis longtemps. « Cette reine , dit Méieray, tenait tout te monde enchaîné par les yeux, par leâ oreilles, par le cœur, étant ég&ilement belle, éloquente, généreuse et libérale.» C'est elle qui fonda, en 1304, le collée de Navarre et dé Champagne dans runiversité de Paris.

Jeanne F" meurt en 1305.Se8 trois fils lui succèdent, Louis le Hutin jusqu'en 1316, PhiiippeleLongjusqu'en 1322, et Charles le Bel jusqu'en 1328. A la mort de ce dernier, Jeanne II, fille de Louis le Hutin , qui avait été dépouillée, par ses deux oncles, moyennant une indemnité de cent cinquante mille livres et une rente de quinze mille, de son royaume de Navarre, ainsi que des comtés de Champagne et de Brie, rentra en possession de ses droits , et se ' fit proclamer, à Pampelune, avec son époux Philippe , comte d'Évreux , petitfils de Philippe le Hardi , et chef de la qaatrième dynastie navarràise, dite d'Évreuic. Les cortès, avant la cérémonie, firent jurer aux deux époux qa'ils ne feraient battre une nouvelle monnaie qu'uhe seule fois pendant leur règne, qu'ils ne confieraient qu'à des indigènes la garde des forteresses,

aa'ifs n'engageraient ni aliéneraient le omaine royal, et qu'enfin ils laisseraient le gouvernement à leur fils atné dès qu'il aurait vingt ans accomplis.

Les Navàrrais étaient déclarés libres de leur serment de fidélité si ces engagements étaient violés.

Philippe d'Évreux, de concert avec les Etats, établit un parlement en Navarre.

iSâÔ.

Guêtre dé Philippe aVec lé roi d'Angleterre, au sujet d'une abbaye surlei frontières de la Navarre et dé là G&s* cogne. Jean de Vienne, archevêque d^ Reims, envoyé sur les lieux par le roi de France, accomrtiOde eè différend. Philippe n'en reste pas moins opposé aux Anglais, et se distingue dans les guerres de la France eontre Edouard III.

Philippe secourt Alphonse XI, roi de Castille, contre les Mores; il meurt au siège d'Algésiras.

Jeanne II meurt à Conflans, près dé Paris. £ile a pour successeur Charles II, dit le Mauvais, «prince, dit Mézeray, qui avait toutes les bonnes qualités qu'une méchante âme rend pernicieuses : l'esprit, l'éloquence, l'adresse, la hardiesse et la libéralité. » Sa vie, qui ne fut qu'un tissu de perfidieç, de trahisons et d'assassinats , appartient à l'histoire de France plutôt qu à celle de la Navarre. On verra plus loin tous les maux qu^ii causa a la France sous les règnes de Jean n et dé Charles Y.

Mort de Charles le Mauvais. tJn drap imbibé d'eau-de-vie, dans lequel on l'avait enveloppé pour ranimer ses forces épuisées par les débauches « ayant S ris feu par l'imprudence de son valet e chambre, il périt dans les plus horribles douleurs. Son successeur fut Charles III, dit le Noble, qui possédait toutes les vertus opposées aux vices de son père.

Charles III fait avec Charles VI. foi de France, un traité par lequel il renonce à toutes ses prétentions sur les comtés de Champagne, de Brie, d'Évreux, etc., pour douze mille livres sur différentes seigneuries que le roi érige en sa faveur en duché-pairie, sous le nom de duché de Nemours* A partir de ce règne, l'héritier présomptif du trône de Navarre prend te titre de prince de Viane.

L'UNIVERS

A Charles III succéda Jean II, fils de Ferdinand , roi d* Aragon. Ce prince fut redevable de la couronne de Navarre à Blanche, fille de Charles III, qu*il avait épousée en 1419.

Jean est couronné à Pampelune. Le roi et la reine prêtent les serments accoutumés, et, suivant un usage niaintenu depuis le temps des Goths, ils sont montrés au peuple sur un bouclier soutenu par les oéputés des principales villes du royaume.

Jean s'étant rendu en Sicile auprès du roi d'Aragon, Alphonse le Sase, son frère, est fait prisonnier, à la Bataille navale de Gaete, par la flotte du duc de Milan , mais il est renvoyé libre sans rançon.

La reine Blanche meurt, laissant la couronne de Navarre, qui lui appartenait , à son fils atné , Don Carlos , prince de Yiane , âgé de vingt ans ; mais Jean II ne peut se résoudre à la lui abandonder. 11 en résulte une guerre civile, dans laquelle Don Carlos, vaincu par son père à la bataille d'Estella, se retire en Italie , 1457, auprès de son oncle Alphonse. Celui-ci , en mourant , 1448 , laisse à Jean les trônes d'Aragon et de Sicile.

Don Carlos se soumet à son père,

2ui le fait arrêter d'une manière perde. Il meurt Tannée suivante sans laisser d'enfants légitimes.

Jean déshérite Blanche , soeur de Don Carlos, héritière légitime du trône de Navarre, et substitue aux droits de cette princesse ça fille cadette , Léonore, fenrmiedu comté de Foix, et au défaut de Léonore, Gaston^ fils de la comtesse. Blanche, livrée à ses ennemis par son père, et enfermée au château d'Orthès, y meurt le 2 décembre 1464, empoisonnée, dit-on, par Léonore.

Jean, qui avait toujours conservé la Navarre, meurt le 19 janvier 1479.

Léonore, veuve depuis 1472, lui succède dans le royaume de Navarre; mais, au bout de vingt-quatre jours, la mort lui enlève une couronne qu'elle avait peut-être achetée par un crime.

François Phœbus, son petit-fils, lui succède sous la régence de sa mère Madelaine de France, fille de Charles VIL Cette princesse met un terme aux troubles qui, sous le règne de Jean , avaient rempli le royaume , par suite de la rivalité qui existait entre les deux puissantes familles de Beaumont et de Grammont. Le jeune^i , couronné à Pampelune en 1481 , meurt à Pau le 30 janvier 1483. •

Catherine, sa sœur, régna après lui , également sous la régence de sa mère ; mais la couronne de Navarre, aussi bien que le comté de Foix et les vicomtéà de Béarn et de Bigorre qui y appartenaient, lui furent disputés par son oncle Jean de Foix, vicomte de Narbonne. Il y eut à ce sujet une guerre civile , suivie de plusieurs transactions. La contestation ne fut définitivement décidée en faveur de Henri d'Albret, fils de Catherine, qu^en 1517, par un arrêt du parlement de Paris.

Catherine avait été fiancée, en 1484 , à Jean d'Albret, fils d'Alain le Grand, qu'elle épousa en 1494, et qui fut couronné avec elle. Jean II était un prince d'un caractère doux, enjoué et libéral , mais frivole, et n'aimant pas les occupations sérieuses. Populaire à l'excès, il allait dîner sans cérémonie chez tous ceux qui l'invitaient, prenait part à tous les divertissements de ses sujets, et dansait souvent sur la placéuublique avec leurs femmes ou leurs nlles. Le pauvre roi, lui aussi dansait sur tm volcan : en 1512, Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon, sous prétexte que . Jean était l'allie de la France, et qu'il . avait été excommunié par. le pape, s'empara de toute la partie de la Navarre située au sud des Pyrénées. Jean et Catherine ne purent conserver que la basse Navarre, située sur la pente septentrionale des Pyrénées , et la prin-

cipautéde Béarn. Toutes les tentatives que flt Jean pour arracher à Tusurpateur Pampelune et la haute Navarre restèrent sans succès, et, en 1515, Ferdinand réunit pour toujours ce royaume à la Castille. Jean, Tannée suivante, tenta un dernier effort, et essuya une nouvelle défaite. Ce fut alors que Catherine lui dit : « Si le ciel « nous eût fait naître, vous Catherine « et moi Don Juan , nous n'aurions pas « perdu la Navarre. » Les deux époux ne survécurent pas longtemps à ce malheur. Jean II mourut Te 24 juin 1516; Catherine le 11 février 1517.

Henri II, leur fils, âgé de treize ans, leur succéda. On verra dans la chronologie des rois de France les tentatives qui furent faites par François V pour lui rendre ses États héréditaires. Henri suivit le roi de France dans son expédition dltalie, et fut fait prisonnier avec lui à la bataille de Pavie; mais une ruse de son page Vives lui fournit le moyen de s'évaUer. L'an 1526, il épousa Marguerite de Valois, duchesse d'Alençon, sœur de François P*", princesse célèbre pour son esprit et ses talents. Par suite de ce mariage, le roi de France donna toute la succession d'Armagnac à Henri, qui se trouva ainsi possesseur de presque toute la Guyenne. Henri mourut à Pau , le 25 mai 1555 , ne laissant qu'une fille, Jeanne d'Albret, qui lui succéda avec son second époux, Antoine de Bourbon , duc de Vendôme.

Antoine, s'il faut en croire quelques historiens, imagina un singulier moyen pour recouvrer là haute Navarre. Il envoya une ambassade en Afrique, au roi de Fez, pour lui proposer une alliance, s'engageant à lui laciliter les moyens de recouvrer le royaume de Grenade , que ses ancêtres avaient possédé, à la condition que, de son côté, il lui ferait restituer la Navarre ou l'aiderait à s'en emparer.

On conçoit qu'un tel projet resta sans exécution. Antoine et Jeanne, gui embrassèrent îivec zèle le calvinisme, jouèrent un rôle important dans les

troubles de religion qui désolèrent la France. Il suffira de dire ici qu'Antoine mourut en 1562, des suites d'une blessure qu'il avait reçue au siège de Rouen , et que Jeanne fut, dit-on , empoisonnée à Paris, en 1572, au moyen d'une paire de gants parfumés que lui avait veudue un Italien de la cour de Catherine de Médicis.

Henri III, son fils, âgé de dix-neuf ans , lui succéda , et prit le titre de roi de Navarre. Né à Pau le 13 décembre 1553, il fut d'abord nommé, comte de Viane. Son aïeul , Henri II , en le voyant naître , s'écria : «Voilà mon vengeur! » et ne négligea rien pour que cette prédiction pût se réaliser un jour. En 1589 , Henri III monta sur le trône de J*rance sous le nom de Henri IV. La courageuse opposition du procureur général la Guesle, qui, malgré trois lettres de jussion, engagea le parlement à refuser l'entérinement qes lettres par lesquelles Henri déclarait que ses biens patrimoniaux restaient séparés du domaine royal, força ce prince à les réunir aux uossessiohs de la couronne, par redit ue 1607, confîrmatif de l'arrêt de 1591 . Henri augmenta ainsi son nouveau royaume du vicomte deBéarn , du royaume de basse Navarre, des comtésd'Armagnac,deFoix, d'Albret, de Biçorre, du duché de Vendôme, du comte de Périgord et du vicomte de Limoges.

DDCHB DE GÀSCOGNS.

Fondé rers 6a 8 • réuni an duché de Guyenne en

io5a. Capitale Bordeaux.

Les Basques , nommés aussi Vascons et Gascons , ne furent jamais complètement soumis, ni par les Romains, qui placèrent une garnison à Bayonne pour défendre l'Aquitaine contre leurs incursions , ni par les Visigoths , qui dominèrent des deux côtés des Pyrénées , ni enfin par les Francs mérovingiens , qui ne firent que de courtes et rares expéditions dans le midi de la Gaule. £n 628, un de leurs chefs nationaux, Amand, donna sa fille en mariage à Garibert , qui venait de re-

L'UNIVERS

cevoirdesonfrèreDagobertle royaume de Toulouse ou d'Aquitaine. De ce martAge, qui mêlait le sang des Mérovingiens avec celui du plus ancien beuple de la Gaule, naquirent deux fils , Boggis et Bertrand , qui héritèrent de leur aïeul le duché cie Gascogne, et de leur père FAquitaine. De leurs deux fils, Tun Hubert, si célèbre comme patron des chasseurs , devint évéque de Liège; l'autre, Eudes ou .Odon , régna sur les pays situés entre la Loire, l'Océan, fçs Pyrénées, la Septimanie et le Rhône. Reconnu pour roi d'Aquitaine par Chilpéric II, en 717, il fut battu, en 719, par Charleis Martel , qu'il fut contraint plus tard d'appeler contre les Arabes.

Son fils Hunald lui succéda en 735 , à titre de duc de Gasco,çne et d'Aquitaine, mais sous la condition de l'hommage aux maires carlovingiens ; ceux-ci, qui se préparaient à priver enfin de la couronne les descendants de Ciovis, ne pouvaient voir sans crainte s'affer* mir, entre la Loire et les Pyrénées, une dvnastie mérovingienne qui serait peut-être un jour tentée de revendiquer ses droits sur le reste des pays soumis à la domination des Francs. C'est là le secret de cette haine héréditaire des deux maisons , Texpiication des guerres sanglantes de Charles Martel, de Pépin et de Cbarlemagne , et de la persécutiQn qui poursuivit Hunald , tué dans Pavie par les Pavesans qu'il excftait contre les Francs ; son Irère Remistan, mis à mort par Pépin; son fils WaTû^e , assassiné par les agents de l'ancien maire du palais ; son petitfils Loup , le vainqueur de Roncevaqx , pris et condamné par Charlemagne à être pendu.

A la mort de Waïfre , Charlemagne avait réuni l'Aquitaine au reste de sa monarchie , et donné , en 768 \ la Novempopulanie (entre les Pyrénées et la Garonne) à Loup P', neveu de Hunald , avec le titre de duc héréditaire des GascoAs, dont i| jouit jusqu'en 774.

Loup I*' étant mort à cette époque sans laisser d'enfants , Loup II , fils de Waïfre obtint de Charlemagne le duchjé de

Gasco^e. Loup , associant à ses haines de famille la haine des Basques contre tous les, conquérants des Gaules, Celtes , Romains , Y isigoths ou Francs, prépara l'embûche de Roncevaux , où périt l'arrière-garde de Charlemagne à son retour d'Espagne. Nous avons dit plus haut que Charlemagne le fit pendre. Ses deux fils , Adalric et Loup Sanche, obtinrent cependant le duché de Gascogne , moins le comté de Fezensac que Charlemagne en détacha (778).

Fidèle a ses souvenirs , cette famille continua la guerre contre les Carlovingiens jusqu'à Tannée 819, où un petitlils d'Adairic , Loup Centule , fut contraint de se retirer en Castille auprès d'Alphonse leChaste. Totilon, parent de Louis le Débonnaire, fut nommé par ce prince duc de Gascogne , avec les eomtés de Fezensac et de Bordeaux.

Pendant cinquante-trois ans , le duché fut ainsi administré par des chefs amovibles; mais, en 872, les Basques allèrent chercher en Castille un descendant de Loup Centule , Sanche le Montagnard, qui régna sur la Gascogne comme duc héréditaire, sans vouloir reconnaître l'autorité des rois de France, et fit de Bordeaux la capitale de son duché. Au-dessous de lui étaient les comtes des Basques, de Béarn, d'Aire , de Dax , de Bigorre , de Fezensac , de Lectoure et de Bordeaux. Cette nouvelle dvnastie mérovingienne subsista jusqu^en 1 032 , époque où Sanche- Guillaume mourut sans laisser de fils. Bernard II , comte d'Armagnac et descendant, comme Sanche -Guillaume, des anciens ducs mérovingiens de Gascogne, s'en empara, de 1040 à 1052; mais Gui-Geoffroi , filsdeGuillaume V, comte de Poitiers, le força de le lui vendre moyennant la somme de quinze mille sous. Depuis cette époque, le duché de Gascogne et le comté de Bordeaux furent réunis au duché d© Guyenne ou d'Aquitaine.

VXCOXTS DB BiARir.

Fond^ en 819. R4nnie ans comtés de Fois et d' Armagnac en 1290. Capitale MorlM , paie Pau.

Le Béarn , borné au nord par la Cha-

losse, leTarsaiiet l'Armagnac, au sud ternationserépandit dans tout le pays;

par les Pyrénées, à Test [îar le pf- lîet éyénemept seitïbDïit îe firésâge dèê-

gorrc, à Tbuest par le pays de Soule et plus terribles malheurs; on s'en |)rtt à

la basse Navarre, et d'une étendue de ta vicomtesse ,'qi|'ôn accusa d'être l'au^

I étendue de seize lieues de long sur quinze de large , fut donné, eu 819, au second fils du duc de Gascogne, Loup Centule, sous la suzeraineté dés ducs alors amovibles de Gascogne. Mais €entule-Gaston II, qui régna de 1012 à 1058, affranchit sa vicomte de cette dépendance. Son fils , Centule IV, réunit au Béarn la vicomte de Montaner. Ayant épousé Glsle , sa proche parente , il fût forcé par Grégoire VII de la répudier, et , en réparation de cette faute, abandonna à l'abbaye de Cluni la dixième partie de son droit seigneurial sur la monnaie de Morlas, alors capitale du Béarn, et où Ton fabriquait des espèces de cuivre , d'argent et même d'or, qui avaient cours aans toute la Gascogne, et valaient trois fois autant que la livre de Tours, tandis que la livre de Paris n'excédait cette dernière que d'un cinquième. Centule IV hérita, en 1080, du Bigorre, qui relevait alors des rois aragonais. Son fils , Gaston IV (1088-1130), s'illustra durant la première croisade de Jérusalem , conquit à son retour la vicomte de Dax, et, depuis Tan 1114 jusqu'à sa mort, ne cessa de combattre les Mores d'Espagne au profit du roi d'Aragon Alphonse, 3ui donna à Gaston le titre de seigneur e Saragosse et de premier rico nombre d'Aragon. Il fut enterré à Sainte- Marie de Saragosse, où l'on montre encore ses éperons et son cor de guerre. Avec Centule V, son successeur, tue devant Fraga, qu'assiégeait Alphonse le Batailleur, s éteignit ta ligne mâle des vicomtes mérovingiens de Béarn.

Pierre , fils d'une sœur de Centule V, hérita du Béarn, auquel il réunit la vicomte de Gavaret et la seigneurie d'Huesca (1134). Lorsque sou fils et successeur Gaston IV mourut, en 1 170, il laissa grosse sa femnieLéofas, fille de Garcie-Ramire, roi de Navarre, laquelle accoucha d'un avorton, dit une vieille chronique. A cette nouvelle, la cous-

teur de son avortement, et lé roi d^ Navarre, son Irère, |a condamna à l'épreuve de l'eau froide. Elle fut jetée pieds et poings liés du haut du pont ae Sauveterre dans le torrent qui coule au-dessous ; mais Léofas, ay'ant imploré l'assistance de la Vierge, fut {)ortée sur les eaux à la distance de trois jetf d'arc, et déposée saine et sauve sur le sable. Son innocence ayant été ainsi miraculeusement prouvée , elle fut rap^ portée chez elle en triomphe.

Une sœur de Gaston IV ayant épousé le fils du sénéchal d'Aragon , Guillaume de Moncade, famille ancienne et puis^ santé de Catalogne, la vicomte deBéars passa dans eette maison , qui la posiséda jusqu'à la mort de Gaston Vi, moult vaillant homtne d'arTnes, di^ Froîssard , gratid de corps et puissant de menibresy dont la vie se passa eu combats contre tous ses voisins, et en démêlés avec la maison de France et d'Angleterre, qu'il servit tour à tour durant les règnes de saint Louis et de Philippe III en France, de Henri III et d'Edouard P' en Angleterre. Le Béarn passa alors au coibte de Fcôr, Roger-Bernard ( 1 290 ).

SSIGITEURIE , rCI$ DUCHX li\}.}iKl.T,

Fond«« vers 8oa. Réunie au domaine royal «n iS^î. Capitale Nérac. '

Ce domaine, qui tire son nom du bourg d'Albret, dans les landes de Gascogne, fut longtemps de peu d'étendue; plus tard>il comprit les v^ileç de I^érac, Castel- Jaloux , Mpptréal, etc. , avec leurs territoires. Suivant dfi$

généalogies contestabliss , h^ sires d'A{ret descendaieat des rois 4e Wayarrp ou des comtes de iligorre; le secoq^ fils d'un comte de Bigorre, mort m 802, aurait commencé ceitte dyoastiet, qui fournit grand nombre de mot^t preux et hardie ohepalieff, lesquefe menèrent (lUQP Sarrmm dure et forte guerre. Lorsque les guerres entre la France ^t l'ijLngleterrç éojatçrent, les

L'UNIVERS

sires d^Albret, comme tous les sei« gneurs de la Gascogne et des Pyrénées , levèrent leur bannière, tantôt pour un.

parti et tantôt pour Tautre; ainsi Bernard-Ézi II, qui commença à régner en 1 324 , « se montra d*abord grandement affectionné au service du roi d* Angleterre , lui rendit aveu de ses terres , tint de lui en don deux mille livres steriings de rente annuelle et perpétuelle, qu'il devoit faire asseoir sur les péages et coustumes du pont de Lonores. Depuis il quitta le service de i'Anglois, et fut reconnu tellement affectionné et fidèle à TÉtat, qu'en Tannée 1332 , Philippe de Valois , ayant résolu de faire le voyage d'outre-mer, désira que Bernard de le Bret {sic) fît serment de fidélité à Jehan de France , son fils , ce qu'il jura en la Sainte-Chapelle de Paris, sur les reliques, et Sromit , au cas que Philippe de Valois écédast en ce voyage, tenir ledit Jehan , son fils aîné , pour roi (*). » £n 1338, Bernard hérita d« la vicomte de Tartas.

Son fils Arnaud Amanieu passa de même, tour à tour, du service de France à celui d'Angleterre. Edouard III ayant saisi ses domaines , Philippe de Valois lui donna , pour l'indemniser, une pension de dix-sept cent cinquante livres, montant du revenu de ses terres. Mais bientôt il se réconcilia avec Edouard. Froissard explique ces continuels changements des seigneurs gascons, amis des rois de France, pour l'indépendance qu'ils leur laissaient ; amis des rois anglais , parce qu'ils pouvaient piller, sous leur bannière , les riches provinces du Midi :

« J'ouïs une fois dire au seigneur d'Albret , dit Froissard , étant à Paris , une parole que je notai bien , quoiqu'il semfclast la dire pour plaisanter. Un chevalier de Bretagne lui ayant demandé des nouvelles de son pays , et s'il persisteroit longtemps dans le service de la France, il lui répondit qu'il le pensoit ainsi , et qu'il se trouvoit assez bien. « Cependant , ajouta-t-il , j'avois plus

P Galland, manuscrits du roi , n* 38; , cite dans TArt de vérifier les dates.

« d'argent , et mes gens aussi, quand je « faisois la guerre pour le roi d'Angle- « terre , que je n'en ai maintenant ; car, R quand nous chevauchions à l'aventure, - CI nous trouvions toujours quelque riche «marchand de Toulouse, deCondom, « de la Réole ou Bergerac; il se passoit « peu de jours que nous ne fissions quel- « ques bonnes prises ; et maintenant « tout nous est mort. » Alors le Breton se prit à rire, et lui dit : « C'est donc la vie des Gascons. » Pour moi, qui eutendis cette parole , je vis que le sire d'Albret commençoit à se repentir d'être François; et, peu après, on apprit que le sire de Muciden , le seigneur de Rosen , le sire de Duras et. le sire de Langoiran, quoique comblés des bienfaits du roi , dont ils avoient imploré le secours , étoient rentrés au service des Anglois. Telle est la nation des Gascons. Ils ne sont point stables. Mais encore aimeroient - ils plus les Anglois que les François; car leur guerre est plus belle sur les François que sur les Anglois. »

Aussi tous les habitants de cette partie de la France ne vivaient que de la guerre ; et il n'v avait pas de si petit seigneur qui n^eât presque une armée. En 1366, le prince de Galles , nommé duc de Guyenne par son père Edouard III, ayant voulu lever des troupes pour rétablir sur le trône de Castille Pierre le Cruel , que du Guesclin en avait chassé au profit de Henri de Transtamar, allié de Charles V, manda, à sa cour de Bordeaux, les principaux seigneurs qui relevaient des d ucs de Guyenne, pou r sa voi r d'eux quel nombre d'hommes d'armes ils pourraient fournir. Ayant interrogé sur ce point le sire d'Albret : « Sire, répondit « celui-ci, si je voulois prier tous léaulx, « j'aurois bien mille lances (cinq a six « mille hommes) et toute ma terre gar- « dée. » — • Par ma foi , ditle prince, on « doit bien aimer une terre où l'on a un « tel baron qui peut bien servir son sei- « gneuravec mille lances. » Mais cette puissance l'effraya; et lé sire d'Albret, piqué des craintes et des soupçons qu on laissa percer, rejoignit , en 1368,

au comte d'Armagnac et à plusieurs autres seigneurs gascons pour en appeler au parlement de Paris des vexations

Sue le prince de Galles exerçait en ruyenne. Charles V profita habilement de ce mécontentement pour recouvrer toute la province ; et, afin de s'assurer le sire d' Albret , il lui fit épouser la sœur de la reine et lui donna les terres du sire de Poyanne. Plus tard,.il obtint encore le comté de Dreux et la dignité de grand chambellan. Son fils, Charles I'% hérita de toutes ces terres et reçut encore la charge de connétable ; c'est le même qui se rendit si tristement célèbre par la perte de la bataille d'Azincourt, où il commandait Pavantgarde. Mais Charles II, qui lui succéda en 1415, rendit d'importants services à Charles VII, qui lui donna le coiiité de Gaure. Le petit-fils (1471-1522) de ce dernier, A lam, surnommé le Grand à cause ^es grands biens que sa maison devait à la munificence des rois de France, troubla le royaume, sous Charles VIII, par ses efforts pour épouser rhéritière du duché de Bretagne, que recherchaient aussi le roi des Romains, Maxiniiiien d'Autriche, et le roi de France lui-même Charles VIII. Dans ses actes , Alain le Grand se qualifie de seigneur de Lébret, comte de Dreux , de Gaure, de Penthièvre et de Péri- »gord, vicomte de Limoges et de Tartas, cjptal de Buch et seigneur d'Avesmes.

Son fils aîné, Jean, qu'il fit comte de Gaure et de Périgord, vicomte de Limoges et de Tartas, devint comte de Foix et roi de Navarre; mais il mourut avant son père. Ce fut son fils, Henri V^ qui succéda, en 15^2, à Alain le Grand , dans la seigneurie d'Albret, et à Jean dans le royaume deNavarre.En 1550, le roi de France, Henri II, érigea la terre d'Albret en duché. De son mariage avec Marguerite d'Orléans, le nouveau duc ne laissa qu'une fille, qui porta les riches possessions de son père dans la maison de Bourbon , en donnant sa main, le 20 octobre 1548, à Antoine de Bourbon , duc de Vendôme.

C'est cette Jeanne d'Albret, mère de Henri IV, qui montra tant de courage durant les guerres civiles de Fran-

ce. Par l'extinction de la branche des Valois, son fils Henri, descendant de Robert, comte de Clermont, sixième fils de saint Louis , parvint à la couronne de France, à laquelle il réunit le duché d'Albret et tous ses autres domaines (1591) (*).

En 1652, Louis XIV donna le duché d'Albret avec ses dépendances au duc de Bouillon, en échange de Sedan et de Raucourt.

COMTÉ D£ COMMINGKS.

Fondé vers 900 , réuni au domaine royal en 1 44 3

et en i54o.

Ce comté, borné au nord-est par le Languedoc, au sud par l' Aragon et la Catalogne, à Test par le pays de Foix et de Consérans, à l'ouest par le Nébouzan, le pays de Quatre -Vallées et TAstarac, s étend sur dix-huit lieues de long et quinze de large. Vers 900, on trouve un comte , Asnarius , qui vint faire hommage en 932 au roi Raoul ; mais l'origine et l'histoire de ces premiers comtes de Comminges sont également incertaines jusqu'à Bernard m, 1120-1150, qui commença la longue lutte des comtes de Comminges contre les évéques de Consérans. La guerre des Albigeois leur fut fatale ; ils perdirent d'abord une partie de leurs possessions, et, pour les recouvrer, il fallut que Bernard V, puis son fils Bernard VI, fissent hommagelige aux rois de France, Louis VIII et ^aint Louis-, quoique leur terre eût été, est-il dit dans l'acte de l'hommage, tenue de temps immémorial en franc aileu.

Des querelles de famille, qui durèrent jusqu'au milieu du quatorzième siècle, affaiblirent encore cette maison.

L'acte par lequel les divers compétiteurs demandèrent à leur suzerain, Philippe VI, que les officiers royaux ne recnerdiassent point les délits commis par eux dans cette lutte, donne une idée de la manière dont la guerre se faisait alors. Ils demandèrent rémission de plusieurs malfaçons , injuresj roberies, arsins, navreures^ mutilations et occisions, désobéissances , rebellionsy portements d*armesy guer-

(•) Voyez p. 53, col. a.

L'UNIVERS

res publiques, séditions des peuples, robemefitsdes marchands y rèceepta* tion des bannis f violences, sauvegardes tant espédavx comme autres brisées, combattements de châteaux, boutements de feu,.., et tout plein d'autres méfaits, crimes et cas criminels et civils. Il faut vraiment admirer la richesse de ta langue du moyen âge, pour exprimer tous les genres de désordre. C'est là un indice certain de rétat de cette société livrée à toutes les violences.

Marguerite, fllle de Pierre Raymond II, étant morte en 1443 sans lignée, le comté de Comn)inges fut réuni à la couronne; mais Louis XI en fit don à Odet d'Aydie, sire de Lescun, conseiller et favori du duc de Bretagne, (lu'il gagna en le comblant de biens, de charges et d'honneurs.

L*a1né des fils d'Odet de Lautrec étant mort sans postérité en 1540, le comté de Commmges retourna à la couronne.

comt£ ds bioorrs.

Fondé rers 8ao , réuni à la vicomte d« Béarn eo l^2S. Capitale Tarbes.

Le Bigorre est borné au nord nar l'Armagnac , au midi par les Pyrénées, à l'est 4)ar le pays de Quatre-Vallées , le Nébouzan et TAstarac, à Touest enfin par le Béarn. Il ne compte qu'environ quinze lieues et demie de longueur sur environ sept de large. Vers 820, Louis le Débonnaire étabht comte de Bigorre un fils du duc de Gascogne, Loup Centule. Comme les autres seigneurs des Pyrénées, les comtes de Bigorre oublièrent peu à peu au'ils tenaient leurs possessions des rois de France, successeurs de Charlemagne, et portèrent leur hommage aux maîtres des pouveaux royaumes qui s'élevèrent peu à peu au delà des Pyrénées dans les anciennes marches du grand empire. Ce fut ainsi que Centule II, qui régna de 1113 à 1127, fît hommage au roi d'Aragon dans la cité de Morlas, et reçut de ce prince des terres en Espagne, la ville de Rode avec la moitié de Taracona et de ses dépendances. Un de ses successeurs

obtint d'un autre roi d'Aragon la vallée d'Aran et U seigneurie dç Borderas. La ligne masculine des comtes de Bigorre s'étant de bonne heure éteinte, le pays ii\\. désolé par les guerre^ continuelles que suscitèrent les prétentions rivales de plusieurs maisons , jusqu'à ce qu'uu arrêt du parlement de Paris l'eut donné au comte de Foix, maître déjà de la vicomte de Béarn et de Marsan, 1425. Depuis lors, le Bigorre, réuni au Béarn, en a suivi les destinées.

CX)MTK DS FEZSHSA.C.

Fondé en 920, réuni au comté d'Armaçiiae en 1x40. Capitale Vic-de^Fesensac.

Ce pays comprenait primitivement l'Armagnac et l'Astarac. Garcie Sanche le Courbé, duc de Gascogne, Térigea en comté héréditaire en faveur de son second fils , Guillaume Garcie.

Celui-ci partagea à son tour son héritage entre ses trois enfants , dont l'atné eut le Fezensac, le second l'Armagnac, et le troisième le comté de Gaure. Le fils puîné d'un comte de Fezensac fonda la maison de Montesquiou, qui peut ainsi revendiquer une origine mérovingienne. En 1140 Jesdeux lignes mas* culine et féminine des comtes de Fezensac s'étant éteintes, ce domaine passa dans la maison d'Armagnac.

COMTÉ d'aRMAGITAC.

Fondé en 960, réuni au domaine en 148 1. Capitale

Auch.

960-1285. L'Armagnac se divisait en deux parties, le haut ou le blanc Armagnac, oii se trouve la ville d'Auch, et le bas ou noir Armagnac dont la capitale était Nogaro. En étendant ce nom aux possessions ajoutées successivement au comté primitif, l'Astarac, le Brulhois, l'Eausan, le Gaiire, le pays de Verdun et celui de Rivière-Basse , la Lomagne, etc., la longueur de l'Armagnac était de trente-six lieues de long sur vingtcinq de large. Ce fut Géraud III qui hérita en 1140 du cosnté de Fezensac.

Ces princes montrèrent de bonne heure assez peu de respect pour les biens de l'Église. Bernard IV (tlGO-1190) pilla les possessions de l'église d'Auch, s ern^

para des meubles de l'archevêque et des chadoînes, détruisit les fortifications qui prot^eaient le cloître et même une partie de Téglise; enfin, il rendit la vie si dure à l'archevêque, que celui-ci préféra quitter son diocèse et s'en aller mourir en Palestine. Son fils, Géraud IV, dit Trancaléon, imita sa rapacité ; mais l'arrivée des croisés qui marchaient contre les Albigeois, rengagea à' plus de prudence : il fit même hommage à Simon de Montfort leur chef, et promit de le suivre dans la guerre qu'il aurait dans le Toulousain, TAgenois, l'Eausan et tout le pays situé en deçà de Montpellier.

Lorsque, par suite de cette croisade, le comté de Toulouse fut tombé aux mains du roi de France, les comtes d'Armagnac se mirent d'abord peu en peiné du pouvoir de leur nouveau voisin, et Géraud Y fit même hommage au roi d'Angleterre; mais lis sénéchal de Carcassonne marcha aussitôt contre lui et le força à se soumettre. Cependant, peu de temps après, une guerre privée s'étant élevée entre lui et Géraud de Casaubon , ce dernier se mit sous la protection du roi. Mais Géraud n'en attaqua pas moins toutes les places, qu'il enleva sans respect pour les pennonceaux du roi, que le sénéchal avait fait apposer sur le château principal; plus tard il fit fortifier la ville (i'Aucn malgré toutes les défenses du sénéchal de Toulouse , qui se décida à lui faire, enfin, sentir le poids de répée royale. Le comte d'Armagnac, battu et fait prisonnier, fut enfermé pendant deux ans dans le château iê Péronue.

Sous Bernard VI commencèrent les guerres des comtes d'Arma^ac contre ceux de Foix, dont Froissard raconte ainsi l'origine. « Vous devez sa- ' voir que anciennement, et à présent, il peut avoir environ cent ans, il y ot un seigneur en Berne (Béarn) qui s'appeloit Gaston , moult vaillant homme aux arn^es durement, et fut ensepvefi en l'église des frères mineurs moult solennellement à Ortais, et là le trou* verez et verrez comme il fut grand de

corps et comme puissant de membres il fut, car en son vivant en beau letton il se fit former et tailler.

«Cil Gaston, seigneur de Berne, avoit deux filles dont l'aînée il donna par mariage au comte d'Ermignac qui pour le temps étoit, et la niainsnée au comte de Foix qui nepveu étoit du roi d'Arragon. Avint que ce seigneur de Berne ot une dure guerre et forte au roi d'Espaigne qui pour ce temps étoit, et vint cil roi parmi le pays de Bisquaie à grand gent entrer au pays de Berne. Messire Gaston de Berne qui fut informé de sa venue, assembla ses pens de tous les points et costés , là où il pouvoit avoir, et escripstt à ses deux fils le comte d'Ermignac et le comte de Foix, que ils le vinssent, à toute leur puissance, servir et aider à défendre et garder leur héritage. Ses lettres vues le comte de Foix, au plus tost qu'il put, assembla ses gens et pria tous ses amis, et fit tant que il otcinq cents chevaliers et écuyers, tous a heaumes, et deux mille varlets , élances et à dards et pavois , tous de pied ; et vint au pays de Berne ainsi accom-

t)agné, servir son seigneur de père, equel en ot moult grand joie ; et passèrent toutes ses gens au pont à Ortais la rivière Gave, et se logèrent entre Sauverne et l'Hospital; et le roi d'Es* paigne , à tout bien vingt mille hommes , étoit logé assez prés de là.

« Messire Gastoa de Berne <t le comte de Foix a~ttendoient le comte d'Ermignac et cuidoient que il dust venir et l'attendirent trois jours. Au quatrième jour le comte d'Ermignac envoya ses lettres pair un chevalier et un herault à messire Gaston de Berne , et lui mandoit que il n'y pouvoit venir , et que il ne lui en eonvenoit pas encore armer pour le pays de Berne ^ car il n'y avoit rien.

« Quand messire Gaston ouït ces paroles d'excusance, et il vit que il ne seroit point aidé ni conforté.du comté d'Ermignac , si fut tout ébahi et demanda conseil au comte de Foix et aux barons de Berne comment il se maintiendroit. « Monseigneur, dit le comte de Foix, puisque nous sommet

L'UNIVERS

« ci. assemblés, nous irons combattre « vos ennemis. »

« Ce conseil fut tenu et le comte de Foix cru. Tantost ils s'armèrent et ordonnèrent leurs gens, lesquels étoient environ douze cents hommes à heaumes, et six mille hommes de pied. Le comte de Foix prit la première bataille et s'en vint courir sur le roi d'Ëspaigne et ses ^ens en leur logis; et la ot grande bataille et felonnesse, et morts

{>lus de dix mille Esnaignols. Et prit e comte de Foix, le nls et le frère du roi d'Espaîgne, le comte de Médine et d'Osturem, et grand foison d'autres barons et chevaliers d'Espaîgne , et les envoya devers son seigneur, messire Gaston de Berne qui étoit en l'arrière

garde. Et furent là les Espaignols si éconfits que le comte de Foix les chassa jusques au port de Saint -Andrieu en Bisquaie. £t se bouta le roi d'Espaîgne en l'abbaye et vestit l'habit d'un moine, autrement il eust été pris aux poings. Et se sauvèrent par leurs vaisseaux ceux qui sauver se purent et se boutèrent en mer. Adonc retourna le comte de Foix devers monseigneur Gaston de Berne qui lui fit grand'chère et bonne; ce fut raison, car il lui avoit sauvé son honneur, et, gardé le pays de Berne qui lui eut été perdu.

« Par celle bataille et celle déconfiture que le comte de Foir fit en ce temps sur les Espaignols, et par la prise qu'il eut du fils et du frère au roi d'Espaigne, vint à paix le sire de Berne envers les Espaignols, ainsi comme il la voult avoir. Quand messire Gaston de Berne fut retourné à Ortais présents tous les barons de Foix qui là etoient, il prit son fils le comte de Foix et dit ainsi : « Beau fils , vous « êtes mon fils, bon , certain et loyal , « et avez gardé à toujours mais mon « honneur et l'honneur de mon pays.

« Le comte d'Ermignac, qui a l'ainsnée « de mes filles, s'est excuse à mon grand « besoin , et n'est pas venu défendre ni « garder l'héritage où il a voit part ; ponr- « quoi iedis que telle part qu'il y atten- « doit de la partie ma fille, sa femme, « il l'a forfaite et perdue ; et vous en hé- « rite de toute la terre deBerne, après

« mon décès, tous et vos hoirs à tou- « jours mais; et prie, et veuil et com- « mande à tous mes habitantsetsubgiets « que ils scellent et accordent avecques « moi celle ahéritance , Jean , fils de « Foix que je vous donne. » Tous répon- « dirent : «i Monseigneur , nous le fe- « rons volontiers (*). »

Telle fut l'origine de ees longues guerres qui désolèrent pendant deux siècles toute la Gascogne. L'intervention de la France et une sentence arbitrale du roi de Navarre suspendirent momentanément ces querelles en 1329; mais elles recommencèrent avec une nouvelle violence en 1358, et se terminèrent encore une fois, quatre ans après, par la bataille de Launac , célèbre dans tout le Languedoc et gagnée par le comte de Foix, Gaston -Phœbus, qui fit prisonnier le comte d'Armagnac, Jean I*'. Remis bientôt après en liberté par un traité aussi peu durable que les précédents, le comte d'Armagnac se mit à la tête des seigneurs gascons qui portèrent plainte à Charles y contre les vexations du prince de Galles. « Les Gascons soigneusement disoient au roi de France : t Cher « Sire, nous tenons à avoir notre res- «sort en votre cour; si vous supplions « que vous nous faites droit et loi , si « comme votre cour est la plus droitu- « rière du monde, du prince de Galles, « sur les grands griefs qu'il nous veut « faire et à nos gens , et si vous nous « faillez de faire droit , nous nous pour- « chasserons ailleurs , et rendrons et « mettrons en cour de tel seigneur qui « nous fera avoir raison, et vous perdrez « votre seigneurie. » Le roi de France,

gui envis eut ce perdu, car à grand lasme et préjudice lui fust tourné, leur répondit moult courtoisement que ja par faute de loi et de conseil ils ne se trairoient en autre cour que en la sienne; mais il convenoit user de telles besognes par grand avis. Ainsi les démena-t-il près d'un an , et les fesoit tenir tous cois à Paris ; mais il payoit leurs frais et leur donnoit encore grands dons et grands joyaux, et tondis en-

(*) Froissard, livre iii| ch. xa.

ANNALES DE L*HISTOIRE DE FRANŒ

quéroit secrètement si la paix étoit brisée entre lui et les Anglois et si ils la maintiendroient. Et ils réDondoient que ja de la guerre au lez de delà ne lui faudroit eiisoinnier; car ils étoient assez forts pour guerroyer le prince et sa puissance. Tant tut le roi de France conseillé et ennortéde ceux de son conseil et soigneusement sup[)lié des Gascons que un appeau fut fait et formé pour aller en Aquitaine appeler le prince de Galles en parlement à Paris. Et s'en firent le comte d*Arma«;nac, le sire dé Labreth, le comte de Pierregord , le comte de Comminges, le vicomte de Carmaing, le sire de la Barde , messire Bertrau de Terride, le sire de Pincornet et plusieurs autreStCausLC et cbef.Et contenoit ledit appel comment sur grands griefs, dont ieeux seigneurs se plaignoient que le prince de Galles et d'Aquitaine vouloit faire à eux et à leurs terres, ils appeloient et en traioient à ressort au roi de France, lequel, si comme de son droit, ils avoient pris et ordonné pour leur juge. Quand ledit appel fut bien fait, écrit et formé, et bien corrigé et examiné au mieux que les sages de France sceurent et purent faire, et plus doucement toutes raisons gardées , on le chargea a un clerc de droit bien enlangagé pour mieux exploiter de la besoigne, et à un chevalier de Beauce que on appeloit messire Capponei de Chaponval. Ces deux, en leur arroyet avec ieurs gens, se départirent de Paris et se mirent au chemin par devers Poitou , et exploitèrent tant par leurs journées qu'ils passèrent Berry, Touraine, Poitou et Xaintonge, et vinrent^ Blayes, et là passèrent la rivière de Garonne et arrivèrent à Bordeaux, où le prince et madame la princesse pour le temps de lors se tenoient plus que autre part. Et partout disaient les dessus dits que ils étoient messagers au roi de France. Si étoient et avoient été partout les biens venus, pour la cause dudit roi de qui ils se renominoient. Quand ils furent entrés en la cité de Bordeaux, ils se trairent à hostel; car ja étoit tard, environ heure de vespre. Si se tinrent là tout ce jour

jusques à lendemain , que à heure compétente ils s'en vinrent vers l'abbaye de Saint -André, où ledit prince se logeoit et tenoit son hostel. Les chevaliers et les écuyers du prince les recueillirent moult doucement, pour la révérence du roi de France de qui ils se renommèrent. Et fut ledit prince informé de leur venue et les fit assez tost traire avant. Quand ils furent parvenus jusques au prince, ils s'inclmèrent moult bas et le saluèrent et lui firent toute révérence , ainsi comme à lui appartenoit, et que bien le savoient faire, et puis lui baillèrent lettres de créance. Le prince les prit et les lut, et puis leur dit : « Vous nous soyez les « biens venus ! or nous dites avant ce « que vous voulez dire. » —« Très-cher « Sire , dit le clerc de droit, veci mes let- « très qui nous furent baillées à Pariâ'de « notre sire le roi de France, lesquelles « nous promismes par nos fois aue nous « publierions en la présence de vous , . « car elles vous touchent. » Le prince lors mua couleur, qui adonc fut tout émerveillé que ce pouvoit; et aussi furent aucuns chevaliers qui de lez lui étoient; néanmoins il se réfréna, et dit : « Dites, dites; toutes bonnes nouvelles oyons-nous volontiers. » Adonc prit ledit clerc la lettre , et la lut de mot à. mot, laquelle lettre contenoit:

« Charles, par la grâce de Dieu roi « de France, a notre neveu le prince de « GaUes et d'Aquitaine , salut. Comme « ainsi soit que plusieurs prélats , batt rons, chevaliers, universités, cornet mu nés et collèges des marches et (c limitations de Gascogne, demeurants « et habitants es bondes de notre royau- « me, avec plusieurs autres delà duché « d'Aquitaine, se soient traits en nôtre « cour , pour avoir droit sur aucuns « griefs et molestes indues , qae vous « par foible conseil et simple informa- « tion leur avez proposé à faire, de la- « quelle chose nous sommes tout émer- « veillés. Donc pour obvier et remédier « à ces choses, nous nous sommes ahers « avec eux et aherdons, tant que, de « notre majesté royale et seigneurie, « nous vous commandons qu'è vous ve- « nez en notre cité de Pans en propre

t^tJNîVERS.

« persontié,it vous iiiontrez et présent ^ « tez devant nous en notre clmniure des « pairs . pour ouïr droit sur lésdites « complaintes et griefs émus de par a Vous à faire sur votre peuple qui à clame à avoir ressort en notre cour « et à ce n'y ait point de défaut, et « soit au plus hastivement que vous « pourrez après ces lettres vues. En « témoin de laquelle chose nous avons •« à présentes mis notre scel. Données « â Paris le vingt-cinquième jour du « mois de janvier (*). »

Cet appel déà seigneurs gascons fut le signait de la guerre entre la France et TÂngleterre. La lutte ne pouvait être douteuse du moment que le roi de ifrance avait pour lui le comte d'Armagnac, lé sire d'Àlbret, etc. Aussi lès Anglais se virent-ils bientôt réduits A la possession des seules villes de Bayonne et de Bordeaux. En récompense , le comte d'Armagnac fut établi, en 1369, lieutenant général de Rouérgue, pour Je roi, et son fils Jean II, dit le Bossu, reçut les quatre châtelienies de cette province en échange de ses [irétentions sur le Bigorre.

Dès lors, les comtes d'Armagnac se mêlèrent chaque jour davantage des affaires générales du royaume. C'est ainsi que Jean III for^ les routiers qui occupaient une partie des provinces méridionales, à les évacuer, et reçut en récompense deux cent cinquante mille livres; ce même prince emmena, ea 1391, les compagnies qui désolaient le Limosin, le Quercy, le Roua*gue; FAngouraois, le Périgord et TAgenois, et les conduisit en Italie où il comptait remettre Charles Visconti , son béaufrère, sur le trône ducal de Milan; mais il périt dans cette expédition.

Son frère, Bernard VII, lui succéda, et s*intitula comme lui comte par la grâce de Dieu, se déclarant par là prince indépendant. Toutefois il suivit la politique de sa maison , en luttant contre les Anglais, auxquels il enleva dix-huit places en Guyenne. Mais ayant

(•) Froissard, livre i, partie ii, ch. 254i56«

f)ris, après Tas^assinat du duc d'Oréans, par Jean sans Peur, la défense des enfants de ce prince, dont l'atné épousa une de ses filles , il devint le chef de l'un des deux partis , qui , durant la démence de Charles VI, se partagèrent la France. Le 30 décembre 1415, il reçut l'épée de connétable, et régna, pendant trois années, sous le nom du malheureux roi; mais les Bourguignons ayant surpris Paris dans |a nuit du 28 au 29 mai 1418, il fut massacré le 12 juin suivant, avec plusieurs évéques et grand nombre de ses partisans. Son fils aîné lui succéda dans les comtés d* Armagnac, de Fezensac, deRhodez, de Pardiac, de l'île Jourdain, dans les vicomtes de' Fezensàguet, de Lomagne et d'AuvIllars, auxquels 11 joignit m vicomte de Gimond, la chatellenie de Lorde , le comté de Bigorte, et enfin celui de Comminges, dont il s'empara en 1443 , malgré la donation qui en avait été faite, au roi Charles VII, par la comtesse Marguerite.

Mais la lutte d'un siècle, que la France avait Soutenue contre T Angleterre, et qui avait tant favorisé les progrès des seigneurs du Midi , tour à tour, alliés des deux partie, touchait à sa fin. Charles VII,naguère encore roi deBourges, était redevenu roi de France , et, après avoir recouvré son royaume sur les Anglais, il songeait à ressaisir ses droits usurpés par les seigneurs. Le comte d'Armagnac, surtout, qui affectait l'indépendance, se condTuisait en véritable tyran. Charles fit instruire un procès ' contre lui, et il fut prouvé qu'il persistait , malgré les défenses du roi , à se dire comte par la grâce de Dieu, qu'il donnait grâces et rémissions comme un souverain, elles erUerinoit; qu'il mettait tailles en ses terres detix ou trois fois par an; qu'il avait fait pendre à Nismes ung huissier du pa^»

lement de Tholose, nommé Noél, qui venoit exécuter contre lui; qu'il tenait trente ou quarante Ribaux es places de Magniers (Mayreville), de Saint- Farin et de la Fare, que par force il avoit ostées aiix seigneurs, lesquels pilloient et rançonnoient chascun; qu'il avoU détroussé Us gens de mon-

ANNALES i)£ L'HiSTOlllE DE FtlANGE.

se^«€ttr(révéque) deLodève^ et esté leurs chevaux f et tenait leurs places m bénéfices ; mi'il avait battu, pillé et emprisonné aivers ecclésiastiques:

qu il battait son confesseur quand il ne 'ûoidoît F absoudre: qu'il avait et^ cinqGhasteaux, de la détrousse que ses gens avoientfait/aîre sur les chemina en droit SCurit-Romain à messire Jedfi Taure y chevalier de Montpellier; qu^it tenoitfro?itiêre pire au peuple que Andois, etprenoit vivreà, ble ^moutons, boeufs, tiacheéy piuléts, pourceaux, s'ils n*avoîetit àè lui sauf- conduit.

Pendant ce temps, des troupes s*étaient emplirées de toutes ses possessions et Pavaient fait lui-même prisonniei-; mais les prières des (lues d'Orléans, d'Alençou, etc., lui firent obtenir la Tiberté et des lettres d'abolition.

Son âls Jean Y, qui lui succéda vers 145d, surpassa tous ses méfaits ; il corrompit un référendaire du pape^ et fit fabriquer par lui une bulle qui Tautorisait à épouser sa sœur Isabelle, dont il avait déjà plusieurs enfants; puis, illît célébrer publiquement ce mariage incestueux, un tel scandale obligea Charles VÎI à envoyer une armée qui cliassa le comte de toutes ses possessions; ruais il fut rétabli plus tard par Louis XI dont il avait se« conde la révolte. Il n'en entra pas moins dans la ligue de bien public et dans tous les projets formés contre le roi par son frère le duc de Guyenne^ par le duc de Bourgogne, par celui de Bretagne et par tous les mécontents du royaume. Mais Louis, décidé à punir toutes CCS trahisons^ envoya en 1473 une armée qui s'empara de Lectoure après trois jours de siège. Un traité fut conclu et juré sur le saint sacrement; mais le surlendemain, Robert de Balzac, qui eommandait une partie des troupes royales, pénétra avec des gens armes dans l'appartement du comte, le poignarda dans les bras de sa femme, Jeanne de Foix, alors enceinte, et qui mourut peu de jours après d'un breuvage empoisonné qu'on lui donna pour la faire avoi-ter.

Jean y laissait un frère, Charles,

vicomte de F&zensac , qu^pouvait réclamer son héritage. Louis XI Pavait déjà fait saisir et enfermer à la Bastille, où , pendant quator2e ans , Il subit d'incroyables tortures, et d'où il sortit fou en 1484, après la mort du roi. Dès 1481, î'Arinagnac avait été déclaré confisqué et réuni au domaine. Cependant François l*"' le rendit au dHc d'AlençoH," petit -fils dVne sœur de Jean V, et la femme de ce prince le porta dans la maison de Navarre, d'oili il passa dans celle de France à Tavénement de Henri IV. En 1645, Louis XIV donna le comté d'Armaenac, réduit.à une étendue de quinze lieues en longueur sur dix de large, à Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, dont la postérité le posséda jusqu'à la révolution.

VICOMTE DK PBZVUAGUKT.

Fondée en zi63, réunie au comté d'Armagnac

en x4o4«

Ce pays , situé à l'orient de l'Armagnac, dont il faisait d'abord partie, eu fut détaché, en 1163, en faveur d'un fils puîné d'un comte d' Armagnac. Les possessions des vicomtes de Fezensaguet s'accf urent successivement de la vicomte de Brulhois , des baronuies de Creisseil, de Roquefeuil, de Persain, et du comté de Pardiac; mais ses derniers possesseurs finirent misérablement. Géraud III, fait prisonnier par Bernard d'Armagnac, le même qui fut connétable de France, fut enfermé dans une citerne, où il périt au bout de dix à douze jours. De ses deux û\&^ l'un, conduit à la prison de son père^ tomba mort en arrivant, l'autre, privé de la vue, mourut accablé de misère.

COMTÉ DE LSCTOVRS.

Fondé vers le commencement du nea'vième siècle,

réuni au domaine en x5gt. Capitale Lectoure.

Les possessions des comtes de Lectoure et de Lomagne avaient pour borneSi à l'est, la principauté de Verdun et la châteilenie de l'Ile- Jourdain ; au sud , les comtés de Fezensaguet^ d'Armagnac, de Fezensac et de Gaure; à l'ouest, rCausan, le Gavardan et le Bazadois ; au nord enfin , la Garonne qui les séparait du comté d'Agen. Les comtes de Lectoure , dont l'existence

rUNîVERS.

est constatée vers le commencement du neuvièoie siècle, portèrent jusqu'au miJieu du quinzième le titre de vicomte de Gascogne, puis celui de vicomte de Lomagne et d'Auvillarsjoar la grâce de Dieu. La vicomtesse Philippe, héritière de ces biens, les porta, par son mariage avec Hélie de Taileyrand, dans la maison de Périgord, qui les céda, en 1301, à Philippe le Bel : depuis ils passèrent dans la maison d'Ajmagnac, puis encore dans celles d'AIençon et d'Albret. Henri IV les réunit défmitiv^ement à la couronne. Des vicomtes de Lomagne descendent les barons de Batz.

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