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Char, niais perdu, s'il est deviné par les peuples , comme il est déjà compris par les rois , il doit chercher de nouveaux expédients pour endormir ses voisins, de nouveaux déguisements pour cacher ce qui fermente dans son cœur. Les principes révolutionnaires, il n'a plus rien a en attendre, -lui qui a tué la liberté , et porté de rudes atteintes à Tégalité, par l'institution d'une autre noblesse héréditaire. Son ambition dévorante a tout matérialisé autour de lui ; à défaut d'un levier moral « il est condamné à ne plus trou-, ver que des ressources matérielles.
Dans cette voie, l'Angleterre lui offrait un précédent dangereux ; il la suit avec passion sur le terrain des intérêts. Maintenant que la foudre lévolationnaire s'est éteinte dans sa nain , à la place de la liberté et de Tégalîté , il prendra pour arme le commerce : le blocus continental sera désormais son système.
C'était là un mauvais calcul , dont il fut cruellement puni. L'assentiment énéral qui l'avait porté au pouvoir, l place en peu de temps à la désaffection. Violemment comprimé chez tous les peuples civilisés de l'Europe, l'élément libéral, que Napoléon avait un instant si bien dirigé , et avec lequel il avait accompli de si grandes choses , se tourna contre lui, et il disparut dans l'orage qu'il avait amoncelé lui-même. C'est en vain que son génie militaire , développé par une longue expérience, et paraissant dépasser les limites du possible, enfanta merveiUes sur merveilles , il vint un moment où, pour lui , la victoire eut les mêmes suites que la défaite. Rien ne lui avait résisté, tant qu'il avait eu les peuples pour auxiliaires, tout lui fit obstacle, lorsqu'il eut séparé sa cause de la leur. N'ayant plus autour de lui que les restes décimés d'une armée innombrable , il dut rendre son épée, et, victime de sa conliance dans la foi britannique, aller n)ourir dans l'isolement, aurès avoir été élevé sur le pavois populaire. Leçon terrible , et bira faite pour servir d'exemple !
Toutefois , si Q'est un devoir (le
blâmer Napoléon d'avoir matérialisé la révolution française, au point de lui donner pour conclusion un problème oommercij^l , il y aurait de l'iot justice à ne pas reconnaître ce qu'il déplova de génie jusque dans cette dernière combinaison. Réduit au rôle de eoïKjuéraut , Napoléon est un de^ plus grands hommes qui aient existé, et if n'a peut-être pas d'énal dans l'histoire. Quoique le blocus continental ait été la conséquence de la destruction de la ni^rine française, et, de la sorte, l'œuvre des circonstances
fklutôt gu'une conception orif^inale, a manière dont Napoléon sut en tirer parti et en déduire un système, l'es-
t)rit d'à-propos et la profondeur avec esquels il en fit le principal ressert de son plan d'attaque, lui assurent un rang exceptionnel parmi les plus grands politiques. La violence à l'aide de laquelle la Grande-Bretagne avai^ anéanti la liberté maritime et usurpé l'empire des mers; la supériorité de ses manufactures, qui lui valait des bénéfiees iinmodérés , et l'investissait du monopole du commerce; le ma-^ chiavelisme avec lequel le cabinet de Saint-James avait entretenu et exploité les divisions de PEur pe, étaient autant de griefs qui créaient tm intérêt commun pour tous les peuples, et les avaient indisposes contre la naliot^ anglaise. Napoléon entrevit la possibilité de leur laire comprendre qu'ayant un même intérêt, ils devaient aussi n'avoir qu'un seul but, celui de se coaliser contre les envahissements de l'Angleterre, pour lui, c'était se créef le droit d'intervenir dans le gouver* nement de chaque peuple, parce que les hostilités permanentes de l'Angleterre contre la France le désignaient naturellement pour chef de la eoalition. Ainsi , au nom de la liberté maritime, et en affranchissant l'industrie européenne des entraves qui mena-i çnient de la replonger dans l'enfance , il jetait un voile sur sa propre ambi*. tion , et se ménageait les moyens da conduire par degrés , de transitions en transitions , tous les peuples du continent à une obéissance dçlmitivQ,
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Ainsi., en ayQnl l'air de combattre pour ^équilibre , il ne marchait que plus sûreaieDt à la dictature, et mettait, pour ainsi dire^ la conquête en
f>ermanence ; toujours prêt, suivant 'opportunité des r!rcon«;tnnces , à abaisser la main sur telle ou telle pièce de l'échiquier européen.
Ce plan lui réussit dans le principe; corome nous Tayons déjà dit, il lui fournit une occasion d'envahir la Hollande , les villes anséatiques , la Poméranie suédoise, le duché d'Oldenbourg, les États pontificaux, la Toscane , le Portuj^al , et de placer des membres de vS;i famille sur les trônes de Naples et d'Espagne, avec l'intention de leur faire subir plus tard le même sort qu'au roi de Hollande. Les exigences du blocus continental lui donnèrent la haute main dans les affaires de la Prusse, de l'Autriche , de l'Allemagne, de la Suisse, de l'Italie, et enchahièrent la Russie à son alliance. La Turquie elle-même reçut le mot d'ordre , et s'y conforma un moment. Pendant nrès de six années, de 1806 à 1812, c'est-à-dire du décret de Berlin à la campagne de Russie , le blocus continental servit de base à toutes les négociations , de prétexte à toutes les guerres. En 1810, lorsque la Suède , entraînée la dernière , déclara enfin la guerre aux Anglais, iSapoléon, toujours en vertu de son système continental, régnaitdéjà réellement sur la plus pjrande partie de l'Europe. Vainement l'Espagne protestait encore à main armée contre son omnipotence , des ISll l'heure de la monarchie universelle semblait arrivée. Pour arracher le continent aux serres de Tàicle impériale , il fallut quelque chose Se plus fort (jue les hommes : l'intempérie des éléments. 11 fallut surtout que l*Ançleterre , la Russie, la Prusse et l'Autriche, bien qu'à repret et avec des intentions perfides, déplaçant la question politique, et la ramenant du terrain matériel dans le domaine moral , lissent un appel à tous les peuples, au nom de la liberté, partout expirante. Mais cela même ne démontre-t-il pas combien était savamment
ordonné le réseau que, sous le nom de blocus continental , Napoléon avait étendu sur l'Europe?
En faisant la part de ce qa*a eu d'imprévu et comme de surhumain l'issue de la guerre de Russie, et en supposant que les cabinets de Saint- Pétersbourg et de Saint-James n'eussent pas brusquement transformé les termes du problème, il y a des raisons de croire que l'empereur aurait pu arriver à ses lins. T.'a Russie, tenue en respect du côté de l'occident par le . ducbé de Yarsovie et rAIIemagne, se serait sans doute enfin décidée à diriger son énergie militaire vers les contrées orientales, où Napoléon aurait consenti sans peine au partage de la Turquie et des Indes. Quant à rAngleterre, elle aurait vu s'élever tout à coup et comme par enchantement , sur les côtes de l'Europe française, de nouvelles flottes auxquelles n'auraient certes pas manqué de bons marins.
Au besoin, l'empereur se serait souvenu de Fulton et de ses expériences, confirmées par de nouveaux progrès; n'étant plus absorbée comme auparavant par des préoccupations d'uue autre nature , cette fois sa ijensée n'aurait pu se refuser à révidenee. Attaquée de toutes parts, ayant à se défendre contre des descentes multipliées en Irlande et à Londres, la Grande-Bretagne aurait succombé en peu de temps. Sa dictature maritime, le fruit d'un siècle d'efforts et de rapines. Napoléon on aurait hérité en uelques jours, et l'aurait ajoutée à sa ictature continentale. Teiies étaient sans doute les illusions du grand homme, qui n'avait dû abandonner, sans plus de résistance, le champ de la mer à sa rivale que dans l'espoir qu'elle travaillait pour lui sur les flots, tandis qu'il habituait le continent à son joug. Mais , dans son mépris pour les idées philosophiques, Napoléon oubliait que si vastes, si séduisants qu'ils fussent, tous ces projets n'étaient que des rêves. Façonne sur le moule des héros de Plutarque, comme disait Paoli , Napoléon , à la fin de sa carrière , n'était plus, pour aiiisi dire, de son
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temps , il croyait vivre dans Tantiquité. n ne saTait pas que l'unité de la oon-
auéte, oeam civilisatrice à Tépoque aes Komoins, n'était plus qu'un lait rétroarade dans l'ère moderne, où le sentiment de la nation|ilité est inviolable, parce qu*il est nécessaire au dé* veloppeinent général du monde. Oui, TEurope gravite de nouveau vers l'unité; mais ce n'est plus par la force brutale, c'est par les alliances, c'est par Fassociation fédérative qu'elle s'y élève. Pojur rapprendre à Napoléon , la Providence a peruiis qu'il fdt vaincu par le principe de la liberté et de l'é^'alité qu'il avait pour mission de luire triompher et non de détruire.
Ainsi donc, moyèh d'attaque contre TAngleterre et instrument de conquête à régard de l'Europe, le système continental a échoué sous ce double rapport. Est-ce à dire qu'il n'en est rien resté, et qu'il a passé sur le monde sans y laisser de traces? Non, sans aucun doute. Ce système, fondé sur des intérêts réels, a eu aussi d'heureuses conséquences; ce qu'il avait de bon a survécu à sa ruine. Le blocus continental a mis un terme, en Europe , à cette espèce de vassalité dans laquelle le monopole de l'Angleterre retenait l'industrie dos autres nations.
Si rAliemagne et la Russie ont maintenant des fabriques en état de soutenir, sous quelques rapports, la concurrence anglaise, c'est au système continental, à Napoléon qu'elles le doivent. L'exemple de l'Espagne en est une preuve incontestable; ce paj^'s a payé l'amitié de l'Angleterre au prix de la destruction de ses usines et de ses établissements manufacturiers. La Russie est demeurée quatre ans à peu près iidèle ù l'alliance delilsitt, parce ^e l'exclusion de l'Angleterre était indispensable à l'existence de son industrie nationale. Cela est si vrai, ^ue, ne possédant pas de colonies à epices, elle a toujours admis les denrées coloniales de l'Angleterre, en même temps qu'elle repoussait ses produits manufacturés. L'Autriche, la Prusse, toute l'Allemagne et l'Italie, patientaient en songeant qu'elles je-
taient les bases de leur indépendance industrielle. Sans cela, comment comprendre qu'à partir de la paix de
Vienne, signée en 1809, jusqu'à la campagne de 1812, l'Angleterre ait été impuissante à monter de nouvelles coalitions contre la France? Au nombre des résultats du système continental, il faut aussi ranger la fabrication du sucre de betterave, découverte française, à laquelle le haut prix du sucre colonial, frappé d'une taxe de 60 pour 100, avait donné une grande importance, mais qui, depuis la levée du blocus, a été nuisible a notre marine, sans avoir encore beiiicoup profité à la classe malheureuse.
Quant à la question maritime, elle est toujours pendante. La dictature de l'Angleterre subsiste; mais la France s'est refait une marine; la Hotte russe,
âue les Anglais, d'après leur manière e voir, oiit eu l'imprudence^ de ne pas anéantir pendant qu'ils étaient en train, a considérablement augmenté; le nombre des vaisseaux américains s'accroît aussi tous les jours; le Danemark et la Hollande ont réparé en partie leurs pertes; TAutriehe, la Sardaigne, le royaume des Deux-Siciles, l'Égypte et d autres pays, pourraient, s'il était nécessaire, entrer en ligne.
£n un mot, les principes proclamés par Napoléon sur les droits des neutres , dans ses décrets de Berlin et de Milan, ont aujourd'hui pour se foire respecter des ressources plus que suffisantes. Sur ce point encore, le temps a donné raison au grand homme.
Bientôt, il faut l'espérer, l'Angleterre reconnaîtra elle-même que le pavillon couvre la marchandise, et se désistera de ses prétentions à la tyrannie des mers.
Blois, Blesis ou BieMensU civitas^
capitale de l'ancien Blaisois, sur larive ' droite de la Loire , à vingt-deux myriamctres de Paris , aujourd'hui cheflieu du département de Loir-et-Cher et d'un évécné fondé par Louis XIV en 1097. Celle ville remonte probablement à la plus baute antiquité, quoique son nom ne se trouve ni sur la table de Peutinger , ni dans les Itiné-
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raires anciens. Les débris de constructions antiques qu'on y a découverts, une route romaine qui la traverse, en allant d\4varicum (Bourges) à Aufrîcwm (Chnrtres) , tout porte à croire que Biois existait sous la domiuation roniaine. Quoi qu'il en soit, son nom est prononcé pour la |>rem!ère fois par Grégoire de Tours, qui lanomuie deux fois du temps de Contran et de Chilpéric. C'était à cette époque un castî'Uin j ou lieu fortilié, gouverné par un comte. Le pays dont cette ville était la capitale avait assez d'étendue. Quanta la ville elle-même, elle se composait d'un cb/ltenu fort, résirlenre <]n seigneur, situé à reudroit ou s'eleve le château actuel , et de plusieurs bourgades groupées à l'entour. Les.
principales étaient le bourg de Foix, de FiscOy le bourii ^loyeu, le bourg Saint-Jean', et / te une. Ce dernier quartier était situé dans une île de la Loire; il est nommé dans les anciens ^tres Evenna, et paraît avoir été le premier qunrti» r habité de la ville de Blois. Quoique liés ensemble aujourd'hui, ces divers quartiers ont conservé les mêmes noms. Mais Vienne n'est plus maintenant qu'un faubourg situé de l'autre côté de la Loire.
Rien de bien important ne se passa à Blois sous la première race. Grégoire de Tours ne parle de cette ville qu'à propos d'une q^uerelle qui s*était élevée entre ses habitants et ceux de Chartres. Sous les Ciirlovinî]^iens , pendant les divisions qin' éclatèrent t^utre I.ouis le Débonnaire et ses (ils, ee fut aux environs de Blois, à Chousy , que Lothaire et son père se trouvèrent en présence Ttm de l'autre, et conclurent un de ces accords passagers , comme ils en conclurent tant. Plus tahi, Blois fut plusieurs fois pillé par les Normands , dont les barques reniontnient la Loire jusque-là. Sous la troisième race, Blois devint le cheflieu d'un comté considérable ; et au seizième siècle, plusieurs rois de France y élablîrent quelquefois leur résidence.
Blois fut, à cette époque , deux fois le siège des états généraux en 1.577 et 1688. (Voyez Blois états de,) iLu 1814,
lorsque les armées ennemies menacèrent Paris, l'impératrice Marie-Louise s'y retira momentanément, et j trans« portâtes iége d u o u vc rnemen t impérial et de la régence , dont les derniers actes furent datés et expédies de cette ville.
Biois, dont la population est aujourd'hui de onze mdle quatre cents nabi* tants , possède un assez grand nombre de monuments remarquables. Le phis curieux €si le château, transformé aujourd'hui en caserne , et dont quelques parties remontent au treizième siècle, comme, par exemple, la salle des états. D'autres ont été bâties par Louis XII (façade de Test) ; par François I*' ( façade du nord ) ; par Gaston d'Orléans ( façade du nord , œuvre de Mansard).*La halle, située sous le Palais de Justice, date du treizième siècle ; réî^lise de Saint- Nicolas et Saiut- Laumer est du douzième et du treizietne siècle. On remarque encore à Blois l'évéché (aujourd'hui la préfecture), bâti par Gabriel , sous Louis XIV, auprès de la cathédrale Cette ville I)ossède en outre de vieilles maisons fort curieuses , parmi lesquelles il faut citer rhdtel d'Alliiye et celui de Poutances , commentateur de la coutume de Blois. C'est la patrie de Denis Papin et de Jean Morin , célèbre orntorier) du dix-septième siècle; de Pierre (iclilois, du médecin Jean Bernier, historien de sa patrie ; de Louis XII , du marquis de Favras , etc.
Blois (maison de). La maison de liiois , qui a dcHine des rois à l'Angleterre, a Jérusalem, à la ^iavarre, des ducs à la Bretagne , et des comtes à la Champagne , se divise en deux races ; la première a la même origine (]up le« rois Capétiens. Théodebert , quatrième aïeul de Hugues Capet, eut trois fils, dont le second, Guillaume commence la série des comtes de Blois.
1" Guillaume, tué vers 834.
T Fvdesy son fils, mort en S6&« sans enfants.
8* Robert le Fort, son cousin, mort en 866.
A** Thibaut P\ le Vieux et le Triciicur, son pi tit-fils. Il possédait, outre le comté de Blois , les villes do