‹ France (volume 3)Chapitre 23 sur 105 · CO · texte numérisé non relu

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Tendre des bouteilles, dans lesquelles il faisait infuser du séné, et quMI faisait payer un écn pièce, en grand seeret, comme un médicament dont loi seul connaissait la composition. De la Normandie, le cidre s'étendit dans les provinces environnantes , telles que l'Anjou , le Maine , et pénétra en Picardie; mais nulle part il ne fut aussi bon que dans le pays dont il était parli. On fait aujourd'hui , comme autrefois , des cidres de diverses q«ialités. Il en est de doucereux appelés cidres dlsigny, aue Ton apporte à Paris où on les préfère ; on en fait de irudes au goût et de capiteux , qui se consomment sur place. Il en est de mousseux comme du vin de Champagne. £n rhonneur du cidre , nous devous ajouter que François I*', passant en 1582 par Morsafines , près la Hogue , trouva le cidre si bon , qu'il en lit acheter une certaine quantité , dont il but tant que la provision dura.

Ce cjue nous disons ici du cidre peut s'appliquer au poiré, auquel les cabaretiers donnaient, au moyen d*une décoction de mrtres, une couleur de vin capable de tromper l'œil , et une saveur ai^réable qui favorisait l'illusion.

Nous nous contenterons de mention* lier un breuvage appelépnmetté, donttl est fait mention dans une ordonnance de Charles VI, anné î 1 107. Il se vendait comme le vin et le cidre dans les marchés, et tirait son nom des prunelles dont il était fait. Nous ne parlerons

Eoint non plus de diverses boissons fariquées avec des cerises, des groseilles, des framboises , des mûres , des grenades, etc. , auxquelles, pour les ennoblir, on donnait le nom de vins.

Nous arrivons à la plus importante, à la plus recherchée, au vin proprement dit. De toutes les opinions qui ont été émises sur l'origine de cette boisson dans la Gaule, selon nous la plus probable , nous ne disons pas la plus certaine , est celle de Justin et Strabon, qui attribuent aux Phocéens, fondateurs de INIars^ilUe, six cents ans avant Jésus-Christ, l'importation sur notre sot de Tarbuste qui la produit.

La culture de cet arbuste fut d'abord

fort restreinte, et ne s'étendit pas bien loin du mur d'enceinte de la nouvelle ville ; car les Phocéens , peuple navigateur et commerçant, étaient ts»nus dans la Gaule bien plus poury faire le négoce que pour en mettre les terres en valeur. Quand les Romains eurent établi leur domination sur ce qu'ils appelèrent la j9fO0lRtfe, et y eu* rent fondé des colonies, les émigrés, cherchant naturellement à féconder une nouvelle patrie, il fallut que par leurs soins la culture de la vigne prit de l'eitension , et c'est ce qui arriva. Elle s'étendit donc de proche en pro^ che , et parvint avec le temps jusque sur les bords de la Loire. Alors les Gaulois du Midi récoltèrent assez de ¥in pour leur consommation , et eurent même un excédant , qui fut pour eux l'objet d'un assez grand commerce d'exportation. Au rapport de Cicéron et de Columelle , ils en envoyaient iusqu'en Italie. Lorsque César eut fait la conquête de la Gaule , et que le sénat y eut introduit les institutions romaines , ainsi que le goût de l'aisance et des superfluités d'Italie, la culture de la vigne franchit la Loire, se propagea dans les'contrées du Nord, s'acclimata dans les environs de Fnris, pénétra le long des bords de la Moselle et du Rhin; et qiinnd les harbaresenvahirent nos contrées , ils purent à leur gré s'y abreuver de cette liqueur que leurs ancêtres allaient autretbis conquérir à main armée au delà des Alpes. Tous ces vins, par suite de Ti* norance dans laquelle on était de art de les fabriquer, avaient une saveur âpre et sauvage , que ne corrigeaient point la poix , le plâtre , les cendres, l'eau de mer et les autres ingrédients q'j'on y mêlait. Tels qu'ils étaient cependant, ils faisaierjt les délices des indigènes et des étrangers établis chez eux ; aussi , les rois bar* bares prirent-ils sous leur protection spéciale les vignes et les ouvriers qui 1rs enitivnîent. La loi salique et celle drs Visi^oths frappent d'amendes ceux qui arracheront un cep ou voleront des raisins. Nos rois avaient dans cbacuo de leurs domaines des vignes, un

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