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pressoir , et tout ce qu'il fàllait pour fabriquer le vin. Les capitulaires de Charlemagne en offrent la preuve. Oa y voit ce prince entrer , à cette occasion, dans de grands détails avec les intendants de ses métairies. L'enclos même du Louvre enferma des vignes, comme les autres palais de nos rois ; et ces vignes étaient assez abondantes pour qa%B 1160 Louis le Jeune pût assigner annuellement six muids de vin ' au curé de Saint -Nicolas des Champs. On voit, dans un compte des revenus de Philippe - Auguste pour Fan 1902, qae ce roi possédait des vignes dans vmgt et un eantons dififërents, fort éloignés les uns des autres, et faisait encore acheter des vins à Choisy , Moutargis , Saint-Césaire et Meulan. Un fabliau du treizième siècle, intitulé la Bataille des vi^^ dans leguel l'auteur suppose que les vins disputent entre eux à qui revient l'honneur de figurer sur la table des rois , nous apprend que la vigne était alors cultivée dans presque toutes les provinces de France. Ce qu'il v a de plus curieux dans cette pièce, c est de voir mettre au rang des meilleurs, et assimiler à ceux de Champagne et de Bourgogne, les vins des, environs de Paris , si décriés aujourd'hui. Cette abondance de vins donna naissance à un commerce étendu et lucratif pour les pays vignobles. Les Flamands venaient chercher les vins de la Gascogne , de i*Aanis et de la Saintonge ; les Allemands ceux de l'Auxois et de la Bourgogne; les Anglais enlevaient ceux de la Guyenne et envoyaient à cet effet des flottes de deux cents voiles , au rapport de Froissard. Ce commerce prospère, qui dura plusieurs siècles , fut menace de mort en 1566.
La récolte ^yant été mauvaise cette année-là, Charles IX ordonna que, dans chaque canton, les vignes ne pourraient occuper que le tiers du territoire, et que le restant serait converti en terres labourables et en prairies. Cette injonction , à laquelle on ne se hâta point de se conformer, fut modiGée en 1577 par Heuri III, qui M oontenta dlnviter les gouverneurs
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de provinces à veiller à ce qu'en leurs territoires « les labours ne fussent dén laissés pour faire plants excessifs de « vignes. »
L'immense développement qu'avait reçu la culture de la vigne opéra presque une révolution dans l'Etat,' et donna naissance à une multitude de règlements, au droit de ban-vin.
à la dignité de bouleiHer du roi et des seigneurs suzerains, à la pro'^ fession des marchands de vin , hdteliers, cabaretiers, taverniers, débitants à pot; aux offices de courtiers, jurés* vendeurs , contrôleurs , jaugeurs , dé* chargeurs, routeurs, enfin crieursde vins. Chaque propriétaire faisait vendre chez lui son vin en détail et à pot. Il y avait dans le Louvre même une taverne où Ton vendait le vin du roi.
Robert P', duc de Bourgogne, accorda en 1051 aux religieux de Saint-Bénigne de Dijon la permission de débiter, dans la taverne du cloître y le vin qu'ils auraient recueilli , soit que lui-même il vouldt vendre le sien , soit qu*il ne le voulût pas. Cette manière de tirer parti de sa récolte fut en usage jusqu'au dix-septième siècle, puis tomba en désuétude à Paris pour se maintenir en province , où elle subsiste encore. Les règlements et les offices furent avec le temps modifiés et abolis \ quant au droit de ban-vin, il subsista jusqu'à la révolution, qui en fit justice.
Dès un temps très-reculé , ôn conservait les boissons dans des citernes en maçonnerie, des fôudres en bois et des tonneaux. Pour la consomma* tion journalière , on tirait à la pièce même, et on emplissait des vases d'argent, de terre, et des outres de cuir que Ton plaçait sur le dressoir où les valets alFaient chercher à boire pour les convives. Si, à la table du roi, on buvait de plusieurs vins différents, comme il arrivait dans les jours de grande céifémonie, on entamait alors plusieurs futailles i, et toutes ces pièces , ainsi entainées , appartenaient de droit au grand bouteiller : c'était un des privilèges de sa charge. Dès Tan 1268, Jean d'Acre, grand bouteiller de Louis IX, jouissait comme tel de ce dM^il^aissess