‹ France (volume 3)Chapitre 25 sur 105 · BOI L*UNIV£RS« MM · texte numérisé non relu

BOI L*UNIV£RS« MM

important. Les ^ens gui voyageaient à {cheval, et qui craignaient de ne p88 trouver du vin sur leur route .

en portaient dans une bouteille de cuir qu'ils attaclinient à leur selle ; les personnes opulentes et les grands seigneurs qui se faisaient suivre par un domestique . lui confiaient le soin de porter la bouteille. Ces sortes de vaisseaux , proportionnés , pour la dimension, à la longueur du voyage et au nombre de personnes cju'ils devaient abreuver, se nommaient froii* d^ux, bouiiattXf bouHet, boidUles, etsebouchaientavecun morceau de bois taillé en vis. Quand on les eutremplapés par des flacons de verre, ils prirent, de leur ancien nom , celui de ooutell' Us, qu'ils portent encore aujourd'hui.

Pour boire , on se servait de coupes ou banaps de différentes grandeurs, suivant la soif ou plutôt J'intempérance du buveur. Ces coupes étaient de bois ou de terre cuite pour les pau* vres ; elles étaient de métaux précieux, et quelquefois garnies de pierreries , dans les maisons opulentes. Les premiers Gaulois s'étaient servis pour le même usage , d'abord du crâne de leurs parents et de leurs amis, que, par piété, ils faisaient entourer d'or 'et d'argent; puis de cornes d'aurochs, de taureaux domestiques et dè béliers.

' Le vin , trouvé délicieux daôs. les temps anciens, parut bientôt fàdé , par suite de l'abus qu'en firent les buveurs; Alors on lui fit subir différentes préparations, et on y mêla diverses substances irritantes, propres à stimuler les goûts blasés. Dès le temps de Pline, et jusqu'aux douzième et treizième siècles , on l'aromatisait avec des baies de lentisque et des berbes odorantes. Grégoire de Tours appelle les vins ainsi parfumés , vina odoi^U' meniU immixta. Sous le r^e de Charlemagne , et longtemps encore après , on soumit le vin à une cuisson qui le réduisait au tiers ou à la moitié, et lui donnait plus d'énergie , en rap< procbant les principes que l'opération n'avait pas fait évaporer. On y faisait aussi infuser des berbes, et les vins ainsi préparés se nommaient vins àer-

hés. Si rinfusion leur avait donné quelque amertume, dn les idalcoraît avec le miel. Lorsque les épices fu* rent connues, on jeta dans les vins du girofle, de la cannelle, de la muscade, du piment, etc., et on les nomma vins épicés. C'est ainsi que l'on fabriquait alors des vins fort estimés des gourmets et des femmes , tels que le madon ou viédon, le nectar, le clairet, yhippocras , etc., tous oubliés aujourd'bui que l'on préfère avec raison un vin iîranc et naturel.

Dans des temps plus rapprochés de nous, on soumit a la distillation le vin, ainsi que le résidu de la pression des raisins, et on en tira l'eau-de-vie, à laquelle on attribua d'abord de grandes vertus médicales , que l'on prdna comme une panacée universelle, el qui est justement considérée de nos jî)urs comme une boisson incendiaire et dangereuse.

Dès qu'on connut le vin , on cherdia à utiliser jusqu'aux débris du fruit précieux qui lo produit. Au temps des vendanges , lorsque le raisin avait subi sa première pression, on jetait de l'eau sur le marc ; et , au moyen de la fermentation , on en tirait une piquette pour les iournaliers et les domestiques. Cette boisson, que l'on fabrique encore de la même manière, si ce n'est que l'on y ajoute les raisins qui ne sont point parvenus à maturité, et quelquetois des baies de genièvre , se nommait huvandej en latin bibenda, et se vendait dans les marchés publics. Dans l'ordonnance de Charles VI , année 1407, on l'appelait dépense, qui était aussi le nom qu'on donnait au prunelle , dont il faut la distinguer.

Dès les temps les plusanciens, lesboissons ont été frappées de certains droits en argent ou en nature , au profit du roi, de l'Église et des seigneurs. A l'article impositions y il sera parlé de ceux qu'elles ont à supporter d'après notre législation actuelle.

fioissY, seigneurie du Forest, à s^t kilomètres nord^uest de Roanne, érigée en marquisat en 1564, et en duché-pairie en 1619.

BoissY (Lpuis de), beaucoup moins

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