BOI FRANGE
BOI
connu aujourd'hui que Piron et Grasset, obtint, au dix-huitième siècle, par sacoiiiédie de f Homme du Jour ^ on suocsès presque égal à cehii de la Métromanie et du Méchant. Il était né en 1694, à Vie, en Auvergne, d'une famille pauvre, et resta pauvre presque toute sa vie. Sans cesse pressé par le besoîQd*argent« il composa soocessi- Tement des satires qui lui firent beaucoup d'ennemis sans le tirer de ^sa misère , et une l'ouïe de pièces de théâtre que leur médiocrité a fait oublier. BfftDS le Sage étourdi^ le Babil" lard, le Français à Londres ^ VÉ^ pouse par supercherie^ on trouve quelquefois de la gaieté; mais le fond en est aussi léger que la forme en est souvent négligée et diffuse. « Entin, dit la Harpe, Boissy parvint à faire une coméoie où il y a de l'intrigue, de l'intérêt, des situations, des pemtures de mœurs, et des détails comiques.
Le rôle prmcipal, l'Homme du Jour^ est la personnification de cette nrivo* lité spirituelle et de cette politesse aimable qui cachent souvent, chez les gens du monde, la sécheresse du cœur et l'absence de principes, et sous lesquelles se déguisaient l'égoïsme et la corruption du dix-huitième siècle. Le mérite du Méchant serait égalé, si le style de Boissy avait la pureté et l'élégance soutenues de celui de Gresset.»
Cependant Boissy retira de sa pièce plus de gloire que de profit. Sa misère s'accrut encore par un mariage d'inclination, et devint telle qu'il songea un jour à se laisser mourir de faim. On assure qu'il fut obligé, pour subsister, de prêter sa plume a de méchants aoteors qui ne pouvaient versifier leurs ouvrages. Enfin, son sort s'adoucit, lorsque, en 1754, il entra à l'Académie, après la mort de Destouches, que le succès de C Homme du jour l'appelait à remplacer. Bientôt après , chargé de rédiger la Go- %ette^ puis Mercure de France , il acquit une aisance qu'il n'avait jamais eue, mais dont il ne sut pas user modérément Ses eieès abrégèrent ses Jours. Il mourut en 1758. Dans sa vie <r dans 86B écrits, Boisqr manqua de
cette réflexion et de cette sagesse d'esprit qui sont si nécessaires au bonheur et au bon goût. Son théâtre a été publié en 9 vol. in-8^, Paris,
Boissy d'Anglas (François- Antoine de) , né à Saint-Jean-Chambre, département de l^Ardèche , en 1756, ▼înt de bonne heure à Paris, où il se fit recevoir avocat au parlement , et acquit bientôt la réputation d'un littérateur distingué. En 1789, il fut nommé député aux états généraux par le tiers état de la sénéchSussée d'Annonay. Appartenant par sa naissance à la bourgeoisie, il vota constamment avec les représentants de cet ordr€, contre les privilégiés, et fut un des députés qui contribuèrent le plu^» à la résolution |Kir laquelle les communes se constituèrent en Assemblée mà'^ tionale. Il publia ensuite plusieurs brochures sur les finances, en réponse à Bergasse ; sur la révolution , en réponse i Galonné ; et enfin sur la niaise déclaration de Raynal, qui déclarait se repentir de la part glorieuse qu'il avait prise dans la lutte philosophique du dix-huitième siècle. A TAsseniblée, il défendit les journées du 14 juillet, et des 5 et 6 octobre 1789. L'année suivante , il demanda des mesures sévères contre les royalistes qui s'étaient attroupés au camp de Jalès, et dénonça un mandement incendiaire de Tarchevéque de Vienne.
En 1791 , il fut nommé secrétaire* et se vanta publiquement de son vote en faveur des hommes de couleur.
[Nommé, après la session, procureursyndic du département de l'Ardèche, if provoqua un examen public sur sa conduite , disant avec raison qu'une nation libre doit toujours surveiller ses fonctionnaires. Nommé ensuite membre de la Convention, il fut immédiatement envoyé à Lyon pour y réprimer des troubles survenus à l'occasion des subsistances. A son retour, il se rangea parmi les membres qui siégeaient à la Plaine, et dont il lut même considéré comme le dwf. Dans le procès de Louis XVI, il vota pour la détention jusqu'à oe que la d^rta-
tioD fût jugée convenable. Pendant la période révolationnaire. désignée
conimunément sous le nom de terreur, il s*effaça complètement ; mais la veille du 9 thermidor il céda, après de lon-
Sues hésitations , il est vrai , aux soicitations de Tallien et de Barrère, et se Joignit à eux pour renverser Robespierre. Celte condescendance, oui n'était (jue l'effet de la peur , uécida du succès de cette journée. Deux mois après, Boissy -d^Anglas fut élu secrétaire de la Convention , et bientôt après membre du comité de salut public ; il fit, en cette dernière qualité, de nombreux rapports sur les subsistances , et fut chargé spécialement de veiller à l'approvisionnement de Paris. A la fin de janvier, il prononça un discours sur les relations extérieures de la France; un mois plus tard, il fit décréter la liberté des cultes , fît un rapport sur les attroupements qui se formaient aux portes des boulangers, et les attribua à la malveillance. La Convention décréta, sur son rapport , le mode de distribution des comestibles. Le V2 germinal an m (!*' avril 1705), il commençait un rapport sur les approvisionnements, lorsqu'il fut interrompu par une invasion au peuple qui avait forcé la porte de la salle en demandant du pain et la constUuHon de 93. Boissy resta impassible à la tribune , et lorsque le .
calme fut rétabli, il reprit son rapport au point où il l'avait laissé. Mais ce fut surtout dans la journée du l*^"^ prairial (20 mai) qu'il montra, comme président de la Convention , un oourage admirable. (Voyez les Ahihales et l'art. Pbaibial [Journées du l**"].) Quel que soit le jugement aue Ton porte sur les événements de cette journée, quelque opinion que Ton ait du parti auquel appartenait alors Boissy-d'Anglas, on est forcé d'admirer Ihéroïsme de sa conduite dans cette circonstance. La gloire qu'il acquit alors appartient à la France , et ce serait faire œuvre de mauvais citoyen que de ne pas le reconnaître. Le lendemain de cette séance , la Con-
veotion lui voui de» xomer^îamt»*
nbnuDé «isiiiti membre éê la commission chargée de présenter un projet de constitution , il fit, le 18 juin, un premier rapport , démentit le bruit que la république devait abandonner les places fortes de la Hollande au roi de Prusse, et parla des colonies , qu'il fit déclarer partie intégrante du territoire français. Le 27 août, il prononça un discours sur la situation politique de 1 Europe, et proposa d'enlever aux lois révolutionnaires une partie de leur sévérité. Le 2 septembre , il demanda que le comité d'instruction publique présentât une liste des Français auxquels il était juste d'élever des statues; deux jours après, il appuya la proposition de rappeler de Témlgration Talteyrand-Périgord , et vota la réunion de la Belgique à la France. Le 15 octobre, il fijt obligé de s'expliquer sur les éloges que lui avaient donnés les sections de Paris^ ameutées contre la Convention par des agents royalistes. Boissy fut encore compromis dans la correspondance d'un intrigant royaliste nommé Leniaire , et fut , à juste titre , depuis cette époque , considéré comme dévoué à la contre-révolulloQ.
La constitution de Tan in est son ouvrage ; aussi les démocrates la nommaient-ils la constitution Babebibobu, à cause du bégaiement de Boissy, et parce que Daunou y avait coopéré. Devenu membre du Conseil des Cinq-Cents , il en fut, dès la première séance, élu secrétaire. Le 4 décembre, il appuya la demande des femmes de Billaud-Varennes et de CoUot-d'Herbois, qui réclamaient la mise en liberté de leurs maris; le 10, il fit une motièn en Êiveur de la liberté de la presse; le 30 août 1796, il combattit l'amnistie proposée pour les délitsi révolutionnaires; le 28 septembre, il engagea le Corps législatif à formuler un voeu pour le rétablissement de la paix , et se déclara contre la loi qui excluait les parents d'émigrés de toute fonction )ubiique; le 9 novembre, il dépeignit es abus des maisons de jeu et dénonça e Directoire comme ûuteur de nces et de corruption. Kn avril 1797, il fut
nommé d^uké de Paris «1 Conseil des
BM flUniCB:' Ml 99
Cinq-Céllls, et s'éleva contre la mise hoTÉ la toi dei émigrés qui retotnient en Fimce; le H Jaiiletjl fit un long
discours en faveur des prêtres déporte!
et de la liberté des cultes; le 20 , il demanda la réorganisation de la garde nationale et accusa le DirectoîTe de destituer les ministres favorables à la majorité des conseils qui était royaliste. Ses sympathies pour les Bourbons , connues depuis longtemps , le firent envelopper dans le décret de firoseription du 18 fruetidor. Gepeo« dant, il parvint à s^y-^ustraire, et à'enfuit en Angleterre. Rappelé en France, après le 18 brumaire, il ne tarda pas à s'accommoder au nouveau mtèmede goarernement, et en 1801; ildevint meilibrèdu Tribunat, qui le choisit pour son président en décembre 1802. L'année suivante, il fît partie du nouveau consistoire de TÉ-
Élise réformée de Paris, fut décoré de t croix de la L^ion d'Imaneur en 1804, entra an sénat en 1805 , et fut nommé commandant de la Légion d'honneur le même jour. Lors de l'invasion de la France par les alliés, 11 fut chargé par Napoléon des fono»
tiens de commissaire dans la IS* division militaire. C'est alors qu'il apprit la déchéance de l'empereur par le sénat , acte honteux auquel il se hâta de donner une adhésion formelle.
Louis XYin l'en récompensa en Pèle* vantà la pairie. Au retou r de l 'île d'Elbe, Bonaparte, qui oublia la trahison de l'ancien sénateur, le chargea d'organiser les départements du Midi ; il remplit avec zèle cette mission, et fut une seconde fois nommé pair. Après la bàtaille de Waterloo, il combattit la proposition de proclarner Napoléon II. Au retour du roi, il fut éliminé de la chambre des pairs ; mais bientôt une ordonriance royale vint Vf réintégrer pour la troisième fois. Boissy-d' Anglas, dont la conduite politique avait été si variable pendant la révolution , sembla , sous la restauration , 'vouloir revenir aux principes qu'il avait d^endus à l'Assemblée constituante, et fut, à la chambre des pairs, m des intr^des défenseurs des li-
bertés publiques. Il est mort à Paris la 20 oclobra 1838. Boissy-d'Anglas faisait partie de Tlnslitut depuis la formation de ce corps. Lors de la réorganisation de 1816, il fut nommé membre de r Acadéniie des inscriptions et belles* lettres. On . a de lui , outie .un grand nombre de discours, de rapports et de brochures politiques, un Essai sur la vie (le Malhesherbes ^ 3 parties in-8°, 1819 et 1821, et fi vol. in-12 à' Études UUéraires, publiées en 1825.
Le fils atné de Boissy-d'Anglas lui a succédé àsitïk son titre de comte et à la pairie. Son second fils , après avoir occupé un poste distingué dans l'intendance militaire, est venq ensuite siéger dans la chambre élective.
BoiSTE (Pierre-Claude-Victoîre), le plus laborieux de nos lexicographes, était né à Paris, en 17G5. Ses premières études eurent pour but la connaissance des lois ; mais il quitta bientôt le barreau nolir se livrer tout entier aux travaux littéraires et surtout à l'investiîîation des éléments du vocabulaire (Je notre langue. Il donna, en 1800, la première édition de son DiC'r tionnaire , oeuvre gigantesque qui lui assigne chez nous le rang qu'a obtenu Johnson chez les Anglais. Gon^me ce savant, Boiste voulut prouver qu'il était en état d'employer les matériaux qu'il avait le mérite a'avoir réunis. Il publia, en 1801, une narration épique, en vingt-cinq livres , sorte de poème en prose, intitulé l'Univers délivré.
Les mystères de la création , les premiers événements de l'iiistoire sacrée, Tétablissement du dogme de l'inunortsr lité,teUeest,enqnelqoe6niots, l'analyse de cet ouvrage, qu'un style souvent brillant n'a pu préserver de l'oubli complet dans lequel il est tombé.
Boiste fit paraître , en 1806 , un DiC' MomMdrèae géoyr aphtes et en 1890, ses Prùuipea de çnmtnaire. Ce dernier volume , qu'il appelait dans son épigraphe un cours de bon sens appliqué à la grammaire, se compose principalement d'une suite dtf solutions de qdestions et de diffieulléi.
L'auteur n'eut pas le temps de ttxwio»tïùDlctknmaireëe la liUérature
as
^ de l^éhquence, 'dont il publia les
premiers vohj mes l'année suivante, et qui formait le complément de ses autres productions le.xicogruphiques. La mort le surprit à Tâge de cinquanteneuf ans. Le PUMoimaiipe wmer^el de la langue française y « véritable
f)an-lexi<jue, ■ a dit M. Nodier, à qui a dernière édition est redevable de notables améliorations, est à la fois m traité de grammaire etd'ortbo* grapbe, et un manuel de vieux hup
f^age et de néologie. On y trouve 'analyse et la critique des dictionnaires de l'Académie, de Furetière, de lïévoux, etc., avec des traités séparé des ^nonymes, des tropes , de la Tersification , des difficultés de la langue. On peut reprocher à l'auteur de n'être pas toujours assez sévère dans le choix de ses autorités. C'est même ce qui lui valut les eensures de la police, et le £iit est assez plaisant pour être rapporté. Parmi les exemples, à la suite du mot spoliateur^ se trouvait celui-ci : lois spoliatrices , locution pour remploi de laquelle le premier consul était cité comme autorité. On força Boiste à changer son exemple.
Peut-être y avait-il en effet chez lui une intention maligne. Il y substitua les mots : nation spoliatrice, avec Frédéric le Grand pour autorité.
BoisT, voyez Bonnivet.
BoiTABD (Pierre) , né à Mâcon en 1789, a publié un grand nombre d'ouvrages fort estimés sur l'histoire naturelle et sur réconomie rurale. Les principaux sont : Histoire naturelle des oiseaux de proie d' Europe y l vol. in-4°, avec fig. ; Histoire naturelle des pigeons de volière et de colo?nbier, t vol. in-8% avec flg. Ces deux ouvrages sont regardéscomme des monographies excellentes. Traité des prairies naiu»
relies et artificielles , 1 vol. in-8°, avec figures coloriées ; Traité de la composition de r ornement des jardins^ t vol. in-4'', avec cent planches; il en a été publié quatre éditions. »
Botte a Pebbette. — « Un singulier procès s'engagea, le 4 octoBre 1778, relativement au testament de M. KouiUé des Filletières. Cet inci-
dent de la longue querelle des jansé»
nlstes et des jésuites n'a d'importance que parce qu'il révéla les ressources et l«s moyens d'une caisse connue , dans le public , sous le nom de la Boite à Perrette» On croit qu'elle fut ainsi appelée du nom de la gouvernante du célèbre Nicole, qui laissa à cette fille les premiers fonds de cet établissement. D'autres personnes ont prétendu que le savant écrivain de Port-Royal avait confié ces fonds à trois légataires, ou plutôt à trois fidéicommis , qui furent le P. Fbuauet, de l'Oratoire, l'abbé Cou et et du Charmet. :Nicole leur expliqua, dit -on, ses intentions dans deux mémoires joints à son testament.
Il y disait gue le revenu de ces biens devait être dépensé en oeuvres de piété, et il recommandait instamment de faire en sorte « qu'ils ne passassent Jamais, par voie de succession , à des parents ou à des héritiers, ef qu'ils fussent transmis, successivement et à perpétuité, à des personnes sûres et désintéressées. » L'obligation imposée par cette dernière clause engagea les héritiers de Nicole à plaider la nullité de la disposition; mais une transaction termina le procès , et le legs presque entier resta au P. Fouquet , qui se conforma aux intentions du testateur.
Nous ne suivrons pas les auteurs du faclum publié relativement au testament de M. Rouillé des Filletières, lequel appela une seconde fois l'attention de la justice sur ce fidéicommis ; ils passent en revucla j^estion des dépositaires de cette caisse, depuis le P. Fouquet jusqu'à M. Rouillé des Filletières. On assure , dans cet écrit , que le legs primitif de Nicole, qui n'était d'abord que de quarante mule livres, s'était grossi, jusqu'en 1778, d'environ onze cent mille livres, par les générosités de diverses personnes oui avaient voulu s'associer à cette londation pieuse (le célèbre Rollin fii't du nQmbre). Pendant l'espace d un siècle , la Boite à Perret te fut successivement remise en plusieurs mains, qui toutes, à ce qu'il paraît, s'acquittèrent fidèlement des obligations im-
ERANCE.
posées à ces dépositaires. En lt78 , la gestion <ie cette caisse était confiée à
M. des Filletières. Le 18 novembre 1777, il fit un testament par lequel il instituait Tabbé de Majainville son légataire universel. Il faisait aussi un de cent dix mille lims au sieur Defoys, autant au sieur Desprez de Boissy, auteur des Lettres sur les spectacles, et soixante -quatre mille livres à l'abbé Clément , trésorier de Téglise d'Auxerre , et depuis éyéque constitutionnel de Versailles. M. des Filletières mourut le 4 octobre 1778. Les héritiers du défunt , frustrés d*une succès* sion sur laquelle ils comptaient, s^élevèrent contre les dispositions du testament ; c'est un fidéicommis, di- , salent -ils. Ils citaient même, à cet éçard , des aveux qu'auraient faits les légataires , quoique ceux-ci eussent fait depuis un serment contraire. Les béritiers ne négligèrent rien pour faire casser le testament. Ils alléguaient qu'on ne devait point tolérer ces dispositions exorbitantes; que le parlement de Paris avait cassé plusieurs fois des testaments de cette nature; que le cas actuel était plus condamnable encore; que cette association mystérieuse, ces fidéicommis furtifs, ces prodigalités exclusives étaient pernicieuses pour la société et préjudiciables aux familles. Ils rapportaient le double registre de M. des Filletières, l'un sur lequel il écrivait sa recelte et sa dépense pour ses biens patrimoniaux , et l'autre qui marquait ce qu'il avait reçu et dépensé sur les fonds dont il étât d^M»itaira.
Celui des héritiers qui paraît s'être donné le plus de mouvement dans cette affaire, fut le président Rolland. Ce magistrat avait ^oué un rôle lors de la destruction des jésuites; et il pensait qu'à ce titre il devait obtenir la bien- ▼eillance de ses juges. Ses prétentions sont expliquées dans une lettre du 8 octobre 1778, qu'il écrivit à l'abbé de Majainville. Cette lettre, fort curieuse, a été imprimée avec les pièces du procès. Il y dit que « le testament lut fiiit tort de deux cent mille livres; que Vafùure seule des jésuites et des col-
lèges lui coûtait, de son argent, plus de soixante mille livres, et qu'en vérité , les travaux qu'il avait faits , et
surtout relativement aux jésuites, qui n'auraient pas été éteints s'il n'eilt consacré à cette œuvre son temps , sa santé et son argent , ne devaient pas lui attirer une exhérédation de son oncle. » Il ajoutait , dans un autre endroit : « L'affaire des jésuites , qui me «coûte de mon argent plus de soixante « mille Kvres, me coûte de plus la suc- «cession de mon onde. » Les adversaires du président Rolland l'accusèrent de mensonge, et prétendirent qu'il ne cherchait a donner à ce procès une couleur de parti qu'aûn d'avoir plus d'espoir de gagner sa cause. Quand l'affaire fut engagée, les héritiers de M. des Filletières déclarèrent qu'ils consentaient ii ce que l'abbé de Majainville gardât les quatre cent cinquante mille livres oui provenaient du legs de l'abbé d'£aut>onne (dépositaire, avant M. des Filletières, de la caisse fondée par Nicole) , et ne demandaient que le reste de la succession , c'est - à - dire , sept cent cinauante mille livres. Ils disaient qu'on oevait séparer ce que le défont avait en propre de ce qu'if avait reçu. L'abbé de Majainville, qui avait pour avocat le célèbre Gerbier, gagna son procès. Les mémoires sur l'histoire eoclésiastiaue , auxquels nous empruntons ces oétails, ajoutent : « Si on demande actuellement à quoi servaient des biens détournés ainsi de leur destination naturelle, nous répondrons qu'ils étaient employés à soutenir la gazette du parti (Janséniste) ; à faire imprimer et à distribuer pour rien des brochures contre le pape et les évêques; à entretenir des. moines et des religieuses échappés de leur cloître; à fournir aux frais des voyages des agents qu'on envoyait en dinèrents lieux; a se concilier des partisans. » L'ouvrage que nous venons de citer n'est pas assez désintéressé dans la question pour qu'on adopte , sans autre preuve, l'emploi qu'il assigne à une fondation qu*un zèle pieux a seul inspirée à des hommes honorables, et qui n'aurait pu être dénaturée que par^
VesaMSmk dei pMskmi idigieuset
3 ni régnaient au commencement du ix-huitièrae siècle. Dans ce cas, bien certainement y les plus curieux articles de dépentes auraieDtété ceux des fonds employés pour solder les acteurs des scènes burlesques du cimetière de Saint-Médard ; mais les héritiers de M. des Filletières ont avoué qu'ils ii'avaient trouvé aucune trace de ce bordereau dans les papiers du défont (*). »
BoiTRON , terre et seigneurie située en Normandie (Orne), à quinze kilomètres nord-est d'Alençotti et érigée en comté en 1720.
BoiTiN (Jacques-Denis) naquit à Paris, le 28 septembre 1756, entra comme simple dragon dans le régiment du roi, le 12 mars 1771, et en sortit après huit ans de service, sans avoir obtenu aucun avancement. Mais, en 1793, il s'engagea dans Tannée du Nord, et cette fois, les iiarrières que les privilèges opposaient au mérite étant levées, il obtint un avancement si rapide, qu'en moins d'un an il était parvenu au grade d*acyudant général.
Lorsque rinsunrection éclata dans la Vendée, en 1793, il y fut envoyé, et signala son courage dans diverses aflaires devant Saumur, au Pont-de- Cé, a Vie et à Parthenay. A la lin de Tannée, il fot élevé au grade de général de brigade , et nomooé commandant de la ville de IVantes; mais il ne prit aucune part aux crimes de l'infâme Carrier, et s'y opposa même de tout son pouvoir. Apres le 9 thermidor, Boivin alla servir sur le Rhin. En 1798, il passa à l'armée d'Helvétie et se couvrit de gloire à l'affaire de Schwitz , où , à la téte de sa brigade, il enleva aux Russes quatre canons, un dra|)eau et mille ^naonnitrâ. Il était à Pans au 18 brumaire; il se déclara pour Bonaparte, et le suivit à Saint-Cloud. Bientôt après, sa conduite à la bataille de Keu-lssembourg, prèsde Franctbrt , lui valut les éloges du général en chef.
Il fit encore avec honneur les campagnes de 1801 à 1803, et celles de 1803
(*) Michaud, continuation de l'abrégé chronologique de l'histoire deFrauœpar le
à 1895,dans rarméa^AiiiiBieiib II fiit
ensuite chargé du commandement dé la place de Bordeaux, et continua dje servir jusqu'à la chute de l'empire. Il .mourut, âgé de soixante et seize ans, au mois de juillet 1889; il o'avait d'autres moyens d*existeiioe que sa pension de retraite.
Boivin (Jean) de Villeneuve, célèbre érudit, naquit à Montreuil-TArgilé en 1668. Après de brillantes études sous la direction de son frère, Louis Boivin , qui s'était fait aussi une grande réputation comme érudit, et était membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, il fut nommé, en 1693, garde de la bibliothèque du roi. En 1705, l'Académie des inscriptions et belles-lettres l'admit au nombre de ses ujenibres, et trois mois après, il fut nommé professeur de grec au collège royal ; enfin il entra , en 1731 , à PAica» démie française, à la place du célèbre Huet, évéque d'Avranches. Il mourut à Paris, le 29 octobre 1726, dans sa soixante-quatrième année. 11 avait été Ké avec Racine, Boileau, et tous les £rands écrivains du dix-huitième siècle.
C'est à Boivin que l'on doit la publi« cation de la belle édition in-fol. des Mathematici veteres , laissée imparfaite par Thévenot, et celle de Nicé|)bore Greçoras, en 3 vol. in*fol., qui fmt IMortie de la Byzantine. 11 a aussi publié quelques ouvrages de poésie qui ont eu quelques succès dans le temps, mais qui sont complètement oubliés mainte- * nant. Les sept premiers volumes dn recueil de TAcarfémie des inscriptions et belles-lettres contiennent de lui plusieurs dissertations fort savantes.
BoizoT (Louis-Simon), lils d'Antoine Boizot, peintre, membre de l'Académieet dosinateur à la manufocture des Gobelins, naquit 0a 1748. A râge de dix-neuf ans, ilremporta le premier prix de sculpture. Les connaisseurs, tout en admirant les créations de son habile ciseau , trouvent peu de dessin dans ses ouvrages. Cependant II fiit chargé de travailler à plusieurs monuments publics. La belle statue qui cotironue la fontaine de la place du CiiuLciet lut exécutée par lui , de même
que les quatre figures qui sont placées . m ha». Il a donné les medèleB de Tingicinq panneaux pour la colonne de la place Vendôme. Admis à l'Académie.
. en 1778, Boizot donna le Méléagre ur morceau de réception. On lui il mon tel statues de Joseph Vernet, de Jonbert et de Daubenton. Celle ui représente Racine , et qui est placée ans le vestibule de Tlnstitut, est encore le fruit de son travail. Il mourut le 10 mars 1809.
BouBG, Tille de Tanoien oomlé d'Eu , aujourd'hui cheMieu de canton de l'arrondissement du Havre, département de la Seine-Inférieure. Cette .ville, qui compte aujourd'hui plus de neuf nulle habitants, fîit détruite, en 1765, par un incendie, qui y consuma huit cent soixante-huit maisons. Elle possède une petite bibliothèque publique.
BoLiviA (relations de la France ayec).*'— Cette petite républioue, fondée par Bolivar en 1896 « niais que le
manque de' villes maritimes condamne à l'isolement , a eu jusqu'à ce jour trop peu de rapports directs avec la France ixHir ménlor un article à part. C'est à rbistoire de nos relations a?ec fai Colombie que le lecteur trouvera ce qui peut concerner la république boiir vienne.
BOLLEMONX ou BëLLEMONT (iN.),
entra comme simple soldat dans l'artillerie, et s'y éleva progressivement
jusqu'au grade de générai. I! commanda l'artillerie au siège de Maëstricht. En 1795, il se distingua au blocus de Luxembourg, puis à l'armée du eé»
néral Jourdan, oà il fut chargé de dé» fendre la citadelle de Wurtzbourg contre les Autrichiens. A son retour en France, il fut nommé inspecteur général de l'artillerie, puis, en 1802, membre du Corps législatif, et enfin membre de la Légion d'honneur, en 1804. Depuis cette époque, il n'a plus rempli de service actif aux armées.
BoLLET (Philippe-Albert) , député du département du Pas-de-Calais à la ConirentioD nationale, siégea dans te Plaine, et vota cependant la mort de Udi XVL Apiii ta praèi du loii M
NCB. mMs \ , u
fut nommé commissaire près de l'armée do Nord, et à son retour» Û se
distingua parmi les ennemis du oomité
de salut public; aussi la Convention l'adjoignit-elle à Barras pour commander, la force armée au 9 thermidor. Il fut ensuite délégué en Bretagne pour mettre fin à la chouannerie ; il se trouva dans cette mission d'une opinion con* traire à celle de son collègue Boursault ; mais soutenu par Hoche, il parvint à conclure le traité. C'est chez ce représentant que l'intrigant Cormatia fut ' arrêté. Devenu membre du Conseil des Cinq-Cents, Boliet demanda un congé et vint habiter une maison de campaene qu'il possédait à Violaine, dans le département du Pas-de-Calais. Dans la nuit du 24 au 25 octobre 1796, des brigands soudoyés par le parti royaliste s'introduisirent chez lui et le frappèrent de plusieurs coups de < outeau; sa femme naéme ne fut pas épargnée.
On le crut mort; mais on nurvint à Je sauver, et il reparut au Conseil des Cinq-Cents, d'où il passa en 1799 au Corps législatif. Il en sortit en 1803, se retira dans sa commune , dont il fut nommé maire , et où il mourut en 1 81 i .
BoLO&NB (prise de). — - Le pape Pie VI s'était montré peu favorable aux Français lors de l'entrée du général Bonaparte en Italie : on l'avait vu lever des troupes , tolérer des insultes graves feites aux commissaires du gouvernement républicain^ s'allier avec l'Autriche pour repousser, les armes à la main , les injures qu'il croyait fuites au saint-siége. Bonaparte fut forcé, par ces provocations, de diriger une attaque contre les États de l'Eglise. D'après ses ordres , le général Ausereau marcha avec sa division sur Bologne. Quatre cents soldats en défendaient les approches ; ils furent faits prisonniers , avec la cardinal légat et son état-mijor le 19 Juin 1796. En payement des frais de la guerre, on choisit parmi les tableaux qui décoraient Bologne cinquante des plus beaux , et entre autres la célèbre Sainte- Cécile, chef-d'œuvre de Raphaël. Les commissaires Thouin, Moi4;e et Bei>> tbolet , enrichirent encore le Muséum
d'hiiloira attuielta de Piriféa riiHh
M • MI» LimiVERS. wm
bier d'Aldovrandi , et d'une piédeuse collection de minéraux provenant de rinstitut fondé par ce savAnt. La bibliothèque nationale reçut aussi un grand nombre de inanuscrîta précieux et des livres rares.
Bologne (Jean), sculpteur français, (]uoique le nom de la ville dltalie où il s'était établi, et qu'on lui donne ordinairement, ait fait croire à quelques biographes qu'il était Italien, naquit à Douai, en 1524, et se rendit de bonne heure en Italie , où il s'applioua surtout à imiter la manière de Michel- Ange, dont il sut mettre à profit les conseils et les leçons.
Les principaux' ouvrages de Jean de Bologne sont , à Bologne , les ûgures et les accessoires en bronze de la fameuse fontaine de la place Majeure; à Florence , un groupe représentant un soldat romain enlevant une Sabine, et deux statues colossales, Neptune et JupUcr pluvieux } à Versailles, un groupe oe V/imour et Psyché. L'ancienne statue équestre de Henri IV, sur le pont-Neuf, avait été commencée parlai, et achevée parTaffa, sonélève.
Jean de Bologne travailla jusqu\aux derniers moments de sa vie, et mourut, en 1608, âgé de 84 ans.
BOLSEC (Jérôme-Hermès), natif de Paris, était aumônier de la duchesse de Ferrare , lorsqu'il embrassa la religion réformée, se fit médecin, et se maria. Il vint à Genève, en 1551, et 8*y lia d*abord avec Calvin, aveclequel il se brouilla bientôt, pour s*étre élevé contre la doctrine des décrets absolus sur la prédesti nation .Emprisonné, puis banni de Genève, il se retira à Berne, OÙ la haine de Calvin le poursuivit et le força de rentrer en France. Il alla alors faire abjuration à Autun , et exercer la mwlecine à Lyon , où il mourut, en 1585, après s^étre marié deux fois. Bolsec a exhalé son ressentiment contre Calvin dans VHUiok^ de la vie y mœurs, ctcteSy doctrine et mort de Jean Calvin y in-8*, 1577 , et contre Bèze dans V Histoire de la vie, mœurs y doctrine et déportement de Théodore de Bése, 1580.Ges ouvrages m sont tous deux qu'un tissa d'hivec-
tives et ne méritent aucune confiance.
BoMBÀBDB. — Les premières boudins' à feu, que l'on appela bombardes,
parurent vers Tan 1330, sous Philippe de Valois. C'est l'époque la plus reculée à laquelle on puisse laire remonter l'usage de Tartillerie. Quelques écrivains font dérivor le nom de bombarde du mot grec B6|tSo< (tintement, bourdonnement), à cause du bruitque produisaient ces armes.
Les premières bombardes étaient grosses, courtes, et d'une ouverture fort large; elles étaient fiiites avec dé la tôle, que Ton entourait de cercles de fer. Mais leur défectuosité ayant été bientôt reconnue, on en fabriqua successivement en fer battu et en er coulé. CellesHïi présentant encore oes inconvénietots, on remplaça le fer par un alliage, que l'expérience conduisit à découvrir, et que Ton appela bronze ou airain. C*est le métal dont se servent encore aujourd'hui tous les peu-
fdes de l'Europe pour la frinrication de 'artillerie de terre.
Froissart parle d'une bombarde, dont les Flamands firent usage au siège d'Oudenarde , et qui avait cinquante pieds de long et lançait de très-groeses pierres. Mais le*P. Da* niel révoque en doute, dans son Histoire de la milice française, Texistence de cette machine comme arme à feu ; il pense que ce devait être une baliste ou une catapulte de l'ancien modèle, avec laquelle on lançait au loin de fort grosses pierres. Le bruit qu'elle faisait en jetant ces projectiles, et qui s'entendait, assurait-on, de cinq et même de dix lieues, n'est pas au nombre des choses qu'il faille croire aveuglément. Quoiqu'il en soit, les bombardes cessèrent d'être en usage vers la fin du quinzième siècle. C'est à cette époque qu'elles furent définiti* vement remplacées par les canons.
BomABOiBR.— On donna d'abord ce nom aux hommes préposés au service et à la garde des premiers canons ou bombardes ; mais cette dénomina»
tion cessa d'être employée au quin* zième siècle, époque où les bouches à feu, enusege dans nos armées , reçu»
B0« Fil
rent d'autres noms. Plus tard, an
quinzième siècle, le nom de Bornbar* dier servit à désigner les soldats d'artillerie chargés, dans l'attnqiie et dans la défense des places , de la manœuyre des mortiers et des bombes.
Depuis l'année 1671 , date de la fondation de ce corps , jusqu'en 1683, il n'y eut en France que deux coinpa-
f;nies de bombardiers , désignées par es noms de leurs capitaines, f 'igny et Carnet ; elles étaient de cent vingt à deux cents hommes chacune, selon l'exigence des besoins. Mais l'utilité de cette arme s'étant bientôt ^ait sentir, on comprit la nécessite de ' lui donner une plus grande importance mimique. En conséquence, une ordomiance du mois de septembre 1(584 prescrivit la formation ff'nn régiment de bombardiers, uniquement destiné au service du mortier, qui ▼enaît de recevoir de notables perfectionnements. Ce régiment flit composé de douze compagnies, et l'on pourvut à son orfîanisation au moyen des deux compagnies qui existaient à cette époque , et de deux compagnies tirées de chacnn des régiments des FusiUerê du roi , de Navarre , de Champagne , de Piémont et de la Marine. Ce corps , porté à quatorze compagnies, en 1686, avait alors un effectif de douze cent quatre hommes, compris quatre-vingt-huit officiers.
1 fîit réuni, en 1693 , à celui des fusiliers du roi, spécialement chargé, à son orii^ine, delà garde et du service de l'artillerie en campagne et dans les places de guerre, et qui venait de prendre le titre de répment Royal' Artillerie.
Le régiment Royal - Bombardiers jouit alors des mêmes privilèges que son aîné. (Voy. Abtillebie, régiment Royal-Artillerie.) Le roi en était colonel; le grand maître de l'artillerie, lieutenant-colonel. Ce dernier prenait aussi le titre de capitaine générai des bombardiers.
Le drapeau de ce régiment était en taffetas tkme , carré , et il portait au milieu un éàisson aux armes de France; les cravates étaient blanches
MGE. MM M
H rouges, 8emées*de fleurs de Ks d'or.
La hampe, peinte en rouge, était surmontée d'une donillt fleurdelisée.
L'uniforme était le même que celui du régiment Royal - Artillerie : habit bleu de roi ; doublure , parements , culotte et bas rouges; manches en bottes, poches en travers ; boutons de cuivre doré ; chapeau bordé d'or feux ; cocarde noii^e.
Le régiment des bombardiers, qui avait rendu d'Importants servies h Tartillerie, fut définitivement incorporé dans cette arme par une ordonnance du 5 février 1720. A cette époque disparurent les désignations particulières établies pour les compagnies; ainsi, il n'y eut plus de compagnies de canonnière , de mineurs , de sapeurs, de forgerons et de charpentiers. Un mélange de toutes ces spécialités entra dans la composition des nouvelles compagnies , aux<|uelle8 on ajouta un nombre proportionné de^ bombardiers.
De 1776 à 1790, le corps royal d'artillerie comptait 28 compagnies de bombardiers, formant un total de 3,100 hommes, officiers compris.
Chaque compagnie était composée de 4 officiers , savoir : 1 capitaine , 1 lieutenant en r% un lieutenant en 2% 1 lieutenant en 3'; de 71 sousofficiers et soldats, dont 1 sergent-major, 4 sergents, 1 fourrier, 4 appointé?, 4 artificiers, 4 bombardiers de première classe, 16 de deuxième, 32 apprentis et 1 tambour.
La dénomination des bombardiers fut abolie par le décret de l'Assemblée nationale, du 16 décembre 179l| gui réorganisa l'artillerie.
L'artillerie de marine avait eu aussi ses compagnies de bombardiers. Aux cent compagnies franches créées le 10 décembre 1690, on avait ajouté, peu de temps après, 8 compagnies de grenadiers, auxquelles on avait donné le nom de Bombardiers. La première était composée de 3 officiers et de 41 hommes; les deux dernières, de 8 officiers aussi, et de 80 soldats seulement. Ces compagnies d'élite, supprimées en 1703, furent incorporées
MM L'UNIVERS. Wùm
dans Tarmée de terre. Elles portaient l'habit l'ouge, à parements et à doublure bleus,
BOMBB. — La bombe est une sphère creuse en fonte de fer. Elle est percée d'un trou, nommé œil , pnr lequel on introduit la charge de poudre , et qui est destiné à recevoir une fusée remplie d*une composition assez lente pour donner le temps à la bombe d'arriver à son but avant d'éclater.
Elle est garnie de deux anses , placées de chaque côté de l'œil , et dans lesquelles passe un anneau de fer forgé pour en fiidliter la, manœuvre lorsqu'on la place dans le morâer. L'io^ térieur de la bomhe n'est pas parfaitement sphérique, elle a un cuht à la partie opposée à l'œil \ ce culot , dont répaisseur est d'environ cinquanteneuf roiUim^res, tandis qae les parois n*en ont que trente-six , est destiné à Tcmpêcher, dans sa chute, de tomber sur la fusée; il lui donne une grande force de résistance et augmente sa force de percussion.
Les bombes peuvent être tirées à ricochet comme les boulets ; elles s'enfoncent dans les masses de terre et y fout explosion en lani^^ant les débris et leurs celais de toutes parts; elles mettent le feu aux maisons, enfoncent les voûtes et les bâtiments qui ne sont pas a répreuve, tourmenjtent sans cesse les défenseurs dans les terrepleius des ouvrages, et une de leurs principales propriétés est de donner des feues courbes au moyen desquels elles sont projetées dans des lieux où ne peuvent le plus souvent arriver les boulets.
Eu Eraucc, les bombes sont de huit et de dix pouces de diamètre (217 et 371 millimètres). La bombe de huit pouces pèse de vingt et un à vingtdeux kilogrammes, celle de dix pouces pèse de quarante- huit à cinquante kilogrammes. Ou s'est aussi servi de bombes de douze poucies , pesant de soixante et onze à soixante-quinze kilogrammes; mais les mortiers pour ce calibre ayant été supprimés > on n'en fait plus usage.
On employait autrefois des bombes
dites Comminges , du nom de leur inventeur : elles pesaient cinq cents livres, et étaient lancées par un mortier de dix-huit pouces de calibre; mais le service en était si difficile et si lent, et le tir si incertain , qu'on en a abandonné l'usage. En 1793 , les Français enveloppèrent la contrescarpe du pont de Gassel par ma système de fougasses (voyez Fougasse) faites avec les comminges qu'Us trouvèrent dans Mayence.
Les écrivains militaires ne sont pas d'accord sur l'époque où Ton employa les bombes pour la première fois. lies uns disent que ce fut en 1588, contre la ville de Wechtendonk, en Gueldre; d'autres que c'est en 1435, à IVaples, sous Charles VIIL Quelques historiens prétendent qu'on en a connu Tusage au siège de Mézières, en 1521.
Enfin Gay de Vernon et le général Cotty disent que la bomhe fiit employée {lour la première fois par les Turcs au siège ue Rhodes, en 15^:2.
Quoi qu'il en soit de toutes ces opinions différentes, il est certain oua le maréchal de la Force fit usage de ces projectiles nu siège de la Mothe , en 1034, et tout ^orte à croire que ce fut la première fois qu*on s eu servit en France, bien que les bombes y (usseni connues depuis longtemps. Ceux qui font remonter l'invention des bombes à 1588 seulement, nous paraissent être dans l'erreur, car, bien certainement , lorsque Gay de Vernon , dans son Cours dm militaire, et le général Cotty, dans son Dictionnaire d'artil* lerie , la portaient à 1522, ils ne fixaient pas arbitrairement cette date, et s'étaient assurés de l'exactitude de leur assertion. IKous j)ensons donc que c'est là l'époque véritable de l'Invett* tion des bombes.
Aubert de la Chenaye parle d'une bombe extraordinaire qui fut fondue en France, vers l'année 1688, et qui était destinée à une expédition qu'on avait projetée contre Alger. Elle con« tenait sept à huit milliers de poudre et avait la forme d'un oeuf. On ne s'en servit pas, et elle resta pendant longtemps a l'arsenal de la marine de