‹ France (volume 3)Chapitre 30 sur 105 · BOIT FRANGE · texte numérisé non relu

BOIT FRANGE

BON

17aoât1815, il parla, en 1816, des entraves apportées par la chambre des députés, àït& introuvable, à la marche du gouvernemeiit. ]>epui8 cette époque, il Téoot du» la retraite et mourut en 1825.

BONNEAU (Jean -Yves -Alexandre), né à Montpellier, en 1739, consul de France en Pologne , s'est rendu célèbre par son opposition héroïque au démembrement ae ce malheureux pays.

Cette opposition lui valut la haine de Catherine II , qui le fit arrêter à Varsovie, et ordonna qu'on le jetât dans une prison ôù il languit jusqu*à Tavénement de Paul V, Cette longue détention causa la mort de la femme de Bonneau et celle de sa fille, nouveau malheur auquel il ne résista pas, et qui le conduisit au tombeau en 1805.

Il était à peine de retour dans sa patrie.

Bonne - Cabrère ( Guillaume de ) naquit à Muret, en Languedoc, le 13 février 1754. Chargé, eiî 1783, d'une mission aux Indes orientales, il y séjourna jusqu'en 1786. Quand la révolutfon âlata, il parut en adopter chaudement les principes , se lia avec Mirabeau, et fut même successivement président et secrétaire du club des Jacobins; mais il en ftit exdn en 1791, à cause de ses relations avec la cour.

Avant cette époque, il avait été envoyé comme chargé d'affaires auprès du prinee-évêque de T.iége, qui ne voulut pas le reconnaître. Lié avec Duniouriez, celui-ci fit créer pour Bonne-Car* rère la place de directeur général du département politique. C'est en cette qu'alité qu'en 1792 Borine-Carrère conclut des traités d'indemnité avec les princes de Salm-Salm et de Lœwensneim-Wertheim. Le 10 août, sur la demande deBrIssot, l'Assemblée législative décréta que las scellés seraient apposés sur ses papiers , et que sa nomination de ministre aux Etats-Unis serait révoquée. Arrêté en 179$, à cause de ses relations avec Dumouriez , il demanda vainement à être entendu à la barre de la Convention; il allait être traduit devant le tribunal révolutionnaire, lorsque le 9 thermidor ie rendit

à la liberté. Après avoir été chargé par le Directoire de différentes missions secrètes, à Copenhague, à Berlin et dans le r^|[É|LB rAUemagne, il resta sans cm ploi^^rempire : Napoléon le regais dait avec raison comme un intrigant.

Nommé en 1810, par le général Macdonald , directeur général de la police en Catalogne , il perdit cette place lorsque Macdonald quitta cette province.

Sous la restau ration , il sollicita vainement un emploi du gouvernement, en faisant valoir les intrigues contrerévolutionnaires qu'il avait tant niées dans d'autres temps. Il n'obtint rien , et se résigna à se faire industriel. Les succès qu'il obtint dans cette nouvelle carrière durent lui faire oublier revers en politique. Il mourut à Versailles en 1823.

BoifiiBCOBSB (Balthazar de) , né âf .

Marseille, auteur de la Montre (Tamour, dédiée au duc de Vivonne. Il fit cet ouvrage à Seide en Syrie, où il avait été nommé consul cle France^ Boileau ayant fait figurer la Montre d'amour dans la bataille du premier éhant du Lutrin ^ Bonnecorse composa une parodie de ce poëme, appelée le Lutrigot. Aussi Boileau le mit-il à côté de Pradon dans une épigramme ' qui commence ainsi :

Vcncs» Pndoa et BonaMoiWt GranÀ écrivain» d« même force t

etc.

Cet auteur mourut à Marseille en

' BoKNBFOi (Ennemond), plos connu sous son nom latin Enimundus Jhh

ncfulim, jurisconsulte protestant, né à 'Chaheuil, le 20 octobre 1536, fut un des plus savants professeurs de Tuniversité de Valence : Gojas , soit collègue, a rendu témoignage de sa science. Échappé avec peine au massncre delà Snint-Barthélemi, Bonnefoi se retira à Genève , où on lui donna une chaire de droit et des lettres de bourgeoisie; il y niourat en fSï4, Ii*année précédente, il avait publié un savant ou vraf];e, sous le titre de : Jurls orimfaiis libri III y-» imperatoriœ constilutiones , sanctiones pontifia cUe, etc.

aoii

BoNNEFONS vdom Élie-BenoU), savant bénèiictin de la congrégation de &int-Maur, né à Maariac, en 1633, mort à Saint- Vandriile, en 17^^vait composé une Histoire civile ^Êmclésiastique de la ville de Corbie^^ros vol. in-fol., et les f' ies des saints religieux de l'abbaye de Fontenelle, m de Saint-Vandrille , 8 vol. in-4*; ees deux ouvrages sont restés manuscrits.

BoNNEFONS (Jean), né à Clermont, en Auvergne, en 1554 , étudia le droit sous Cujas, à l'université de Bourges, puis alla se fîxer à Paris, où il exerça,

avec assez de distinction , la profession d'avocat. Son talent pour la poésie latine lui Ht des amis et des protecteurs , entre 9utres Achille de Harlay, qui lui procura la charge de lieutenant général du bailliage de Barsur-Seine. Ses poésies erotiques ont été publiées sous le titre de Pancharis. Éloquent et habile versificateur, il n'a pas oej^dant mérité les grands éloges que lui ont donnés ses contemporains, qui le comparaient à Catulle dont il avait adopté le mètre. La Monnoye lui a rendu toute justice sans en parler d'une manière aussi avantageuse.

Bourbmain (Pierre, baron) entra au service comme soiis-lientenant de dragons. Il fit, en qualité d'aide de camp du général TiHy, plusieurs campagnes aux arroéesde Sambre-eMMeuse, fut successivement chef d'escadron, major, et enfin colonel de chasseurs à cheval en 180G. Il fit en cette qualité les campagnes de Prusse et de Pologne, en 1806 et 1S07, se distingua h Schleitz, à Lubeck, à léna et à Trévitz, où il reçut une blessure. Appelé en Espagne en 1808 , il se fit remarquer à Truxiilo et à Médelin; lors de l'évacuation de ïalavera par les Français, il parvint à dégager un bataillon d*infitnterie qu'enveloppait une cavalerie nombreuse. Le 26 du même mois, à la bataille de Talavera, il chassa les insurgés des montagnes de Ronda , et les battit l'année suivante à Algésiras. £n 1811 , il fut élevé au grade dégénérai de brifiade, et passa en 1818 en Italie.

il y fît, sous le prince Eugène, les campagnes de 1813 et 1814, et donna des preuves de talent et de valeur dans plusieurs affaires, notamment à celles de Calderoet de Villa-Franca en 1814.

Il contribua puissamment au succès de la bataille du Mincio, le 8 février 1814. Au moment de l'abdication de Napoléon, il était proposé pour le grade de général de division. Il commanda, pendant les cent jours, une brigade de cavalerie sous les ordres du général Grouchy, et écrivit de Dinan , le surlendemain de la bataille de l¥aterloo, au gouverneur de'Givet, une lettre qui fut transmise au ministre de la guerre, et lue ensuite le 22 à la chambre des pairs et des représentants.

Depuis là seconde restauration, le baron Bonnemain a été employé, soit comme maréchal de camp, soit comme inspecteur de cavalerie, enfin comme inspecteur général de gendarmerie.

BoNNEsoEua ( Siméon - Jacques* Henri), né à Goiitances, exerçait dans cette ville la profession d'avocat lorsque la révolution, dont il adopta les principes , l'appela à différentes fonctions publiques. En 179^, il fut nommé député du département de la Blanche à la Convention nationale. Il y siégea parmi tes montagnards et vota la mort de Louis XVI."Dc>'enu membre du Coîiseil des Anciens après la session conventionnelle, il s'y livra à l'étude des matières de finances; vota,. en 1796, pour Texchision de Tob Aymé(*), et appuya la proposition d'envoyer aux départeinentsun discours du presid-ent du Conseil pour l'anniversaire de la mort de Louis XVI. Sorti du Conseil en 1797, il fut nommé commissaire du Directoire dans le département de la Mancl>c. Après le 18 brumaire, il obtint la présidence du tribunal de Mortain , et remplit celte place jusqu'en 1815. A cette époque, il fut envoyé de nouveau à la chambre des représentants; mais, en 1816, il fut banni de France par la loi dite d'-amnistie, s'embarqua pour l'Angleterre, fut détenu pendant longtemps à Ports-

(*) Voyez 06 mot.

BOH jfKAJSG£

iM>N m

moalh , et envoyé en sorveiUaiice à Anvers. Il a obtenu, en 1818, la permission de rentrer dans sa patrie.

Bonnet. — L'auteur du Dictionnaire des origi/ies fait remonter à Tannée 1449 Tépoque où 8*introduisit en France Tusage de porter des bonnets et des chapeaux. Ce fut, dit-il , à rentrée de Charles VII à Bouen que l'on commença à en voir.

Auparavant on se servait de chaperons ou de capuchons. Il est cependant

auestion cie chapeaux et de bonnets ans le Livre des métiers, d'Étienne Boileau, qui date, comme on sait, du milieu du treizième siècle. Quoi qu'il en soit, les bonnets étaient de laine ou de coton , et ils prenaient le nom de mortiers lorsqu'ils étaient en velours. Ceux-ci étaient galonnés, tandis que les autres n'avaient pour ornements que deux espèces de cornes fort courtes. Le roi, les princes et les chevaliers avaient seuls le droit de porter le mortier. Le bonnet était la coiffure du clergé, des gradués et du peuple.

Les marchands drapiers restèrent en possession du droit exclusif de

briquer et de vendre les mortiers, chaperons et bonnets, jusqu'au commencement du seizième siècle, époque de l'établissement de la corporation des bonnets -chanssiers. Les bonnetiers au tricot furent réunis à >cctte corporation, en 1672. Voyez 1rs articles Chàpeueas et Cuaus-

SIERS.

BoNjiïET BOUGE. — L'amnistic accordée après racceptation de la constitution de 1790 avait accordé la liberté aux quarante Suisses du régiment de. Château roux, condamnés aux gilères à la suite des événements de Kancy. Ces soldats , après avoir été l'objet du plus vif intérêt pendant leur voyage, arrivèrent à Paris, coiffés du bonnet rouge qu'on leur avait donné au bagne. Les jacobins se rappelèrent alors que ce bonnet était en Grèce et * à Home Femblème de Taffranchissement et aussitôt ils adoptèrent pour coilFure le bonnet phrygien. Bientôt un grand nombre de citoyens suivi-

rent leur exemple, et le bonnet rouge

devint le signe distinctif des opinions révolutionnaires les plus avancées.

Sou* la restauration , les royalistes donnaient avec une intention injurieuse le nom de barmeis rouges aux hommes qui avaient pris part a la révolution, et à ceux qui se aistingualent par leurs opinions libérales.

Bonnet vebt. — La peine du bonnet vert pour les cessionnaires et les banqueroutiers nous vient d*Italie.

C'est à la fin du seizième siècle qu'elle s'introduisit en France. Elle tomba en désuétude au commencement du dix-huitième. Boileau y fait allusion par ces vers de sa satire première :

Sam attendre qu'ici la jastiet «nemie L'enferme en un cacbut le reste de sa vie , Ou que d'un bonnet vtrt le salutaire afTroiit FUiriaM fm Imiritr» qui loi connw» la fraat.

Cette peine , suivant Pasqnier, était symbolique, et signifiait que ceux qui en étaient frappés s'étaient ruinés par leurs folies. Du reste , cette marque d'infamie avait, pour ceux qui s'y soumettaient, ravantaged'empécher l'exécution des décrets de prise de corps.

Les banqueroutiers et les cessionnaires ne pouvaient être arrêtés que lorsqu'ils étaient trouvés sans leur bonnet. — Le bonnet vert est aujourd'hui la coiffure des condamnés aux travaux forcés à perpétuité.

Bonnet de Tbevches , député du tiers état de la sénéchaussée du Puy en Velay, aux états généraux, fut envoyé, en 1792, par le département de la Haute-Loire, à la Convention nationale. Il se plaça sur les bancs des girondins, vota la mort de Louis XVI, et fut mis hors la loi au 31 mai. Mais il parvint à s'échapper de Paris, erra pendant dix-huit mois, et rentra à la Convention après le 9 thermidor. Il fut alors envoyé en mission dans le département de la Loire. Après la session, il resta quelque temps sans emploi, et devint ensuite administrateur de la comptabilité de TOpéra de

Péris.

Bonnet (Joseph-Bal thasar), exerçait à Limoux la profession d'avocat, lorsqu'il fut nommé député aux états

cénéraux par la sénéchaussée de cette sous Charles VII se fit Thomme des An- .Ville. Envoyé ensuite à la Convention glais , et défendit pour eux Paris, avec jjfar le département de l'Aube, il siégea, Jean de Luxembourg et riIe-Âdam ; dans cette assemblée, parmi les mon- Antoine de Bonneval, qui fut contagnards, votn la mort de Lovits XVI, seiller et chambellan des rois Louis XI, et fut ensuite envoyé en mission dans Charles VIII et Louis XII , et remplit les départements de l'Kure, du Calva- plusieurs fonctions importantes; Gerdos et des Pyrénées-Orientales. Rap- main de Bonneval qui, accompagna pelé à Paris, te 8 novembre ^794, il Ctiarles VIII en Italié, et fat i^n^es fut un des commissaires chargés sept gentilshommesqui, vêtus et armés (l'examiner la conduite de Carrier, comn.e ce prince, se tinrent constam- Appelé ensuite au Conseil des Cinq- ment auprès de lui à la bataille de Cents, il en sortit en 1797, et fut Fornoue. Il fut tué à la bataille de nommé par le Directoire commissaire Pavie. Son frère Jean fut fait pricentral dans le département de TAube. sonnier à cette bataille, et fut chargé Il entra, en 1798, au Conseil des An- ensuite, conjointement avec le comte ciens, et y combattit énergiqupment la de Tende, de défendre la province de résolution qui n'accordait d'imieinuités Marseille, lorsque Charles-Quint vint, qu'aux députés des assemblées ou il en 1530 , assiéger cette ville. Il conn'y avait ras eu de scission. Depuis ce tribua puissamment à ta retraite des moment, Bonnet n*a plus reparu sur Impâriaux. Comme toutes les vieilla scène politique. les maisons féodales , la maison de BoiNiNKT (Pierre), médecin de la du- Bonneval perdit de son importance chasse de Bourgogne , naquit à Paris, à partir du dix-septième siècle , et en 1038, et mourut à Versailles, le l'on n*a guère à citer, depuis cette 19 décembre 1708. Il vtait neveu de époque, que Henri II de Bonneval, Tabbé Bourdelot, qui s*était beaucoup qui soutint la révolte du prince de occupé de l'histoire des arts en p;éné- Condé , et se distingua dans cette ral, et de la musique en particulier, réaction féodale; puis César Phœbm Pierre Bonnet, héritier de la biblio- de Bonneval , brave officier, et qui se tbèque de son oncle i continua ses re- 'signala à presque toutes les batailles ,cîierches, mais ne put les publier. Ce du règne de Louis XIV, comme mesfut son frère, Jacques Bonnet, qui, tre de camp du régiment royal des héritier à son tour des travaux de ses cuirassiers, et enfin Claude- Âlexanparents, les livra au publie, sous le titre dre de Bonneval , qui , à cause de son é^ffhtoiré de la musique et de ses aventureuse carrière, nous a paru mé- ^fjets , dèpuU son origine jusqu*à riter un article spécial. présent, Paris, 1515, in-12. Cette liis- Bonneval ( Claude - Alexandre, toire de la musique est la première comte de), né dans le Limousin , en qui ait paru en France; aussi eut-elle 1675, obtint, à Page de douze ans, par d'abord beaucoup de succès. Mais de- la protection du maréchal de Tourpuis, elle a été complètement éclipsée ville, dont II était pareàt , une place

r celle de Blainville, et surtout par de garde-marine; l'année suivante, il

savant ouvr ge de Kalkbrenner. fut nommé enseigne de vaisseau , et il

Jacques Bonnet mourut en 1724, âgé justilia cet avancement si rapide , en

de quatre-vingts ans. signalant son courage aux coml^ts

Bonneval (maison de), ancienue de Dieppe, de la Hogue et de Cadix,

maison du Limousin qui remonte *.à 'Mais quelque temps après, une affolre

Giraml [Je Bonneval , lequel vivait en d*bonneur le força de quitter la ma-

1055. Parmi les membres de cette fa- rine. Il acheta, en 1698, un comman-

mille, nous citerons Jean III j qui de- dément dans le régiment des gardes,

, vint vassal du roi d'Angleterre par le et y demeura jusqu'en 1701. A cette

'traité deBretigny, mais qui , en 1S73, .époque, il obtint le régiment de Xat

se80Umit.à.Cnarié8 V; JETeriuiref^ qui bour-infanterie, et, la guerre ayant

*(fc|àté, il fut envoyé en Italie , sous les oi^dves dli inaré^ial d6 Gatinat» Ce général, ainsi que ses successeurs, Villeroi et Vendôme , le comptèrent au nombre de leurs meilleurs officiers.

Mais, en 1704 , une nouvelle affaire tl'bonneur lui attira Taniniadversion du oiinistre Ghamillard; il demanda nn congé au duc de Vcndooie, Pobtfntf employa deux ans à voyager en Italie, et enfin passa, en 1706, au service de rAutriene. Le prince £ugène, gui avait pu apprécier sa Taleur , loKqiril Favait eu pour adversaire dans les rangs français, lui fit obtenir le grade de général major. C'est en cette qua- 'lite combattit ses compatriotes et déploya de nouveau une brillante valeur à Pattaque des lignes de Turin, \ Alexandrie, a Tortone, en Provence et en Dauphiné. Envoyé en Flandre, "en 1710 , il y fit les campagnes de Ï711 et 1712, assista, en 1714, à 'Rastadt, à Tentrevue du prince Eugène et du marédial de villarff, fitt nommé, par Tempereur Charles YI , lieutenant général et membre du conseil aulique, suivit, en 1715, le prince Eugène dans la guerre contre lies Tores, et contribua au gain de la bataille de Peter^^a radin, en 1716.

Mais son caractère bouillant et emporté vint bientôt interrompre de nouveau sa carrière. Des actes de la plus inconcevable insubordination lui firent perdre Tamitié du prince Eu-

§ène, et, pour échapper à la rigueur es lois militaires, il se vit obligé de se réfugier en Turquie, oii il embrassa rislamisme, en 17201 Devenu pacha, sous le nom d'Achmet, il essaya d'in* troduire la tactique et la discipline européennes dans Tarmée du Grand Seigneur, apprit aux Turcs à se servir

f)Ius utilement des bombes et de l'artilerie, et leur enseigna Tusage des instruments destiflâ à donner au tir plus de précision. Mais les musulmans n'étaient point encore préparés à se rapprocher de la civilisation européenne; les innovations du comte de Bonneval occasionnèrent de^ soulèveinents dans l'armée ; le sultan crai«iil me révolte générale et fbt oblige de

Texiler. Cependant il reparut à Constantînople en .1739. et sedUtingim

de nouveau dans la guerre contre

TAutriche. Il mourut , en 1747, au moment où il pensait, dit-on , à quitter la religion de Mahomet et à revenir en France. Sur son tombeau , qui existe encore à^Péra, dans la coiir du téké 'dm derviches tourneurs, on lit line inscription turque , dont voici la traduction ; « Dieu est éternel! que A Dieu grand et glorieux pour les « vrais croyants donne nix au défiint « Achmet-Pacha , chernies bonibor- « diers, l'an de Thégire 1160.» Le fils du comtedc Bonneval, Soliman-Aga, lui succéda dans la charge de tapidjibachi.

Si le comte de Bonneval n*avait

point, en portant les armes contre sa patrie , terni l'éclat des qualités brillantes qui pouvaient faire admirer son caractère ; s'il n'avait point ensuite violé, de la manière la plus scandaleuse, les devoirs de rhospitalité et ceux de la reoonnaissanoe, en combattant dans les rangs des ennemis de TAutriche et du prince Eugène, à qui il devait tant, il occuperait un rang distingué au milieu de ces glorieux missionnaires de la civilisation, qui , à différentes époques, ont été porter en Orient nos arts et nos idées. Quoi qu'il en soit, les Ottomans euxmêmes, plus fidèles que lui à la religion des souvenirs, nront point oublié les services quil leur a rendus : ils conservent encore pour sa mémoire une profonde vénération.

Bonneval (Sixte-Louis-Constant- Rnffode), né à Alx en 1742 , était chanoine du chapitre de Paris, lorsquMl fut élu député du clergé de cette ville aux états généraux. Il ne prit qu'une fois la parole pour dénoncer le Journal de Paris, et demander le rappel a l'ordre de Robespierre , qui avait porté une accusation contre les officiers de marine arrêtés à Toulon, dans une émeute qu'ils avaient occasionnée en refusant de porter la cocarde tricolore. Bonneval signa la protestation du 12 teptembre, et passa à l'étranger en 1794, après avoir publié plusieurs bro^

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BON

L'UNIVERS

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diuMl contre les décrets des Assemblées constituante et législative qui usurpaient, suivant lui, une autorité injuste sur les matières religieuses et politiques. Il se retira en j^emagne, et obtint de Tenapereor d'Autriche la conservation de l'abbaye d'Honnecourt, dont il avait été pourvu en 1788, et qui était située sur le territoire du saint empire romain. Après avoir voyagé eu Italie, Bonneval revint se fixer k Vienne, où il fut nommé, en 1808, chanoine de la métropole de Saint- Étienne. U mourut dans cette ville, en 1820.

BoNirBYiLLE (C. de), ingénieur, né à Lvon vers 1710, mort vers 1780,

lut le premier éditeur des Rêveries du maréchal de Saxe, la Haye, 1756, in-fol., fig. , et fit paraître' plusieurs autres ouvrages, dont un seul, celui qui a pour titre : EfprU des lois de tactique et des différentes institutions militaires, ou liâtes du maréchal de Saxe commentées, etc., la Haye et Paris, 1762, 2 vol. in-4% ûg., mérite d*étre cité ici.

BoNNBViLLB (Nîcolas dc), né à Evreux en 1760, vint de. bonne heure se fixer à Paris , et au moment où la révolution éclata, il s'était d(\jà fait connaître par des ouvrages remarquables, n fut nommé alors électeur et président de district. C'est à lui au'on attribue l'idée de la formation d'une garde bourgeoise, qui prit le nom de garde nationale. Quelque temps auparavant, il avait fondé une société qui devint bientôt célèbre sous le nom de Cercle social. Dès la fin de Tannée 1 789 , cette société eut une imprimerie, d'où sortirent une foule d'ouvrages renKirquables, sans compter les brochures et journaux patriotiques rédigés par Bonueville lui-même. Nous aterons seulement la Bouche de fer, ou les Tribuns du peuple, qui parut en 1791 , la Chronique du jour et le Bien informé, auquel Bernardin de Saint- Pierre et Mercier ont fourni des articles remarquables. Mais Bonnevilie appartenait au parti girondin; il fut arrêté en 1793, et ne fut rendu à la liberté qu'après le U thermidor. Sous

Tempire, Tindépendance de ses opinions lui attira aes persécutions; il fut même arrêté, et ne sortit de prison que pour être soumis à la surveillance 06 la police. Bonnevilie mourut à Paris, en 1828. U était partisan des doctrines de Saint-Martin et des illaminés.

BoNNiER d'Abco (Ange-Élisabeth- Louis- Antoine), né en 1750, à Montpellier, était président de la chambre des aides de cette ville. A l'époque de la révolution, il fut nomm^ par le département de l'Hérault député à l'Assemblée législative, puis à la Convention , où il siégea parmi les modérés; il vota cependant la mort de Louis XVI, passa ensuite au Conseil des Anciens, et fut employé, en 1797, par le Directoire comme agent diplomatique dans les conférences qui eurent lieu à Lille avec les envoyés du gouvernement anglais. Dans le mois de novembre de la même année, il fut envoyé, avec Treilbard et Roberiot, en qualité de plénipotentiaire delà république au congrès de Rastadt. Treilbard ayant été nommé directeur, le 19 mai 1798, et remplacé par Jean Debry, Bonnîer se trouva le cbef de la légation française. « En entrant en Souabe, Jourdaîi avait déclaré Hastadt ville neutre et donné une sauve^rde au congrès. Cette situation favorisait les desseins de la France, qui voulait détacher les nrinces de 1 Empire de l'alliance de l'Autriche.

Déjà la tournure des négociations promettait au Directoire un plein succès, quand la bataille de StocKach et la retraite de Tarmée |iu Danube firent tout à coup peneher la balance du côté du vainqueur. Dès lors aussi le cabinet de Vienne prétendit régler le sort du midi de rAilemagne. Désirant connaître jusqu'à quel point les princes de l'Empire s'aient avancés vis-à-vis du Directoire , il chargea le comte de Lehrbach , son ministre plénipotentiaire, d'aviser aux moyens de se procurer leur correspondance avec les négociateurs républicains. Celui-ci n*en trouva pas de plus sûr que de faire enlever le caisson de la légation française au moment de la rupture du congrès , et fut autorisé,

Bojr FRAl^CE. BON 11g

par sa cour, à requérir du prince neur des victimes; il fut décrété que,

Charles les troupes nécessaires à ce pendant deux ans, la place de Bonnier

coup de main. L'archiduc les refusa au Conseil des Anciens resterait va-

d'aoord, objectant que ses soldats ne caote et couverte d'un crêpe, et qu'à

devaient pas se mêler d'affaires diplo- Touverture de chaque séance, le prési-

matiques ; mais le comte de Lehrbach dent rappellerait à Y A ssemblée le crime

ayant exhibé de nouveaux ordres , l'ar- odieux dont l'empereur s'était rendu

cniduc fut obligé de mettre à sa dispo- coupable. — Bonnier. a laissé des lie-

sition un détadiement de hussards de cherches historiques et politiques sur

Szeckler. Le onlonel de ce corps fut Malte, in-8% 1798; plusieurs mor-

mis dans la conGdence. L'ofGcierâiargé ceaux relatifs à la révolution française,

de rex|)édition devait seulement enle- et des poésies assez estimées,

ver le caisson de la chancellerie, en Bonnivet (Guillaume Gouffier, sei-

extraire los papiers, et, par occasion, gneur de), de la célèbre maison des

administrer la bastonnade à Jean De- GoufBer (voyez ce mot), ftit, dit

bry et Bonnier, en punition de la hau- Brantôme, « en bonne réputation aux

leur qu'ils avaient mise dans leurs « années et aux guerres, au delà des

relations diplomatiques. Roberjot, an- « monts, oii il fit son apprentissage;

cien condisciple du ministre autrichien «et pour ce, le roi (François I*"') le

et lié d'amitie avec lui , avait été nomi- « prit en grande amitié , étant d'ailleurs

naUvement excepté de cette dernière « oe fort gentil et subtil esprit et très-

BDflBUK. ' « habile, fort bien disant , fort beau et

«Après le départ du comte de « agréable. » C'est au siège de Gênes,

Lehrbach, qui alla attendre dans les en 1507, et à la journée des éperons,

environs le succès de ses manœuvres, que Bonnivet commença à se signaler,

les hussards vinrent rôder autour de II fut ensuite employé par François V

Rastadt. Le con|;rès ayant adressé des à diverses négociations. Ce lîit lui qui ,

jéclamatîons qui ne furent point écou- en 1519 , se chargea de corrompre Wol-

tées, se hâta de se dissoudre. Les sey, ce facile mmistre de Henri VTIl ,

plénipotentiaires devaient se retirer le et qui parvint à le décider à faire en-

28 avril; mais dans la soirée du 19, trer ^on maître dans l'alliance de la

ils furent sommés de se retirer sur-le- France. Mais la négociation qui lui fîit

champ. Ils se mirent donc en route la confiée l'année suivante n^eut pas le

même nuit pour Strasbourg. A peine même succès; chargé de parcourir l'AI-

étaient-ils sortis de Rastadt, que les lemagne, pour y gagner au roi les voix

hussards, à l'affût de leur proie, enve- des électeurs, il distribua, pour arriver

loppèrent les voitures; mais oubliant a ce but, beaucoup d'argent, sans

leur consigne, ces soldats , ivres pour obtenir aucun résultat. Lorsqu'il revint

la plupart, frappèrent les énvoyés, ên France, son frère, Boisy, grand

sans distinction de personnes, du tran- maître de la maison de France, venait

cliant de leurs sabres , et laissèrent sur de mourir ; il lui succéda dans la faveur

la place Bonnier et Roberjot. Jean dont il jouissait auprès du roi, mais fut

Debiy, blessé au bras et à fa téte, se loin de la mériter comme lui. U ne dut

sauva par miracle, et alla, au point du le crédit qu'il eut constamment à la

jour, cnerdier un asile chez le ministre cour qu'aux flatteriesqu'il prodiguait à

.de Prusse (*). » François P% et à sa soumission aveugle

Cet efîroyable attentat contre le aux désirs et aux caprices de la reine

droit des gens excita une colère una- mère, Louise de Savoie. En 1621, il

nlme dans la nation. Le gouverne- commanda Tarmée de Guyenne, et

ment, pour en perpétuer le souvenir, s'empara de Fontarabie. De retour à

fit célébrer une lete funéraire enrhon- la cour, il servit la haine de Louise de

Savoie contre le connétable de Bour-

O Jouàax, Guerres de la révolution, Llilt bon, dont il était l'ennemi, et qu'il

p. 143. poussa ainsi à la trahison. G*est ^

T. Uffraison. (Dici. engygi.., etc.) •

*tî4 rms L^UmVEKS. *B^M

'JerAtt àe Ta reine mère qu'il dutVle 11 mai, à 1*attaqae du Kfdfite-^oririitja

commandement de l'armée dltalie en et du Monte-Faccio , il enleva deiix

1523. Dans ce poste important, il ne officiers au milieu de leur troupe, prit

commit que des fautes, bloqua Milan, deux chevaux et un mulet chargés de

lieu de remporter d'assaut, se re- cartoaebes. Le surlendeitiafn,Boffiit(t

tira derrière le Tésin à i*approche de s'éipiice dans une redoute; déjà il tL

Tarmée impériale, et fut, par ses mou- désarmé un capitaine, mais il se trouve

vaises dispositions, la cause de la seul, et, sans se décourager, se défend

défaite de Bavard à Rebec; enfin ce fut contre tous ceux qui l'attaquent. Par-

seîls, il ne voulut pas survivre à cette chiens, et fait une chute en luttant armée dont il avait causé la perte, et avec un troisième; il a perdu son chaqu'il se fit tuer en combattant. On peau et son fusil ; il ne lui reste plils eonserve à. la bibliothèque royale pour se défendre ijue le isabredifeTell* (n**' 8552-3) 'deux volumes manascrîts cfer qu*îl a désartné; mais alors fades lettres quMl avîiit écrites pendant dresse vient au secours du courage, il Son ambassade à Londres, en 1519. s'élance sur un peloton dont il viertt

BoNNOT (Honoré) ou Bonnet, prieur d'essuyer le feu, en criant: A moi,

de Salon, dans le quatorzième siècle, mes amis, ils sont ^ris! Ces patolù

a laissé uh ouvrage i ntitiHé VJrbre des épouvantant les Autrichiens , qui prdik*

bafaltteSy composé par ordre de Char- nent la fuite. 'BdnnotTalt chiq pnsoo-

lés V pour l'instruction du dauphin, niers, et retourne à sa compagniè.

La bibliothèque en possède au moios Depuis cette époque, ce brave a tté

quinze manuscrits. perdu de vue.

BoNNOT (René), né dans le dépaN Bonœîl (Ëtienne), architecte de Ja

tement d'Indre-et«Loire, caporal de fin du tretzième Siècle, qui, âprèsavôjr

'eténadiers à la 2' demi-brigade d'in- travaillé à la cathédrale de Paris, wa

'fanterîe de ligne, s'est rendu célèbre en Suède, avec des compag-nons et dés

par plusieurs traits héroïques. NoUs fcacAe/îc/'A', bâtir la cathédrale d'Upsal

nous bornerons à raconter les suivants, sur le modèle de celle de Paris.

Xe 10 avril 1800, l*un dès corps de BoysEBGiiïiT (Jean-Baptiste), Hë'i

l'armée d^Italie, à laquelle il apparte- Montmartre (Seine), se distingua imr

naît, engagea, sur les hauteurs de fa tous les champs de bataille par dës

Verrerie, un combat opiniâtre contre traits de bravoure qui paraîtraient in-

*désforces (quatre fois plus nombreuses, croyables, s'ils n'étaient attestés par

Les Français ataleiit épuisé leurs car- des témoignages authentiques. II s*en-

touches : « Grénad iers , en avant ! • s^ gagea confime simple soldat , et chaed)!

cria alors Bonnot. Il était le premier; des grades qu'il obtint, jusqu'à celdi

sa contenance ferme et son courage de capitaine, fut le prix d'une action

donnèrent le signal de la charge, qui d'éclat. Après avoir fait des prodiges'de

s'exécuta avec tant de précision et valeur dans un combat, en 1793, près

'il*lmiiiétttOèlté , que Tennemi , occupant de l'abbaye de Ha'guenau. BônsérgeOt

'sur un >oéher une position des plus se fit encore remarquer par son intré-

avantagéuses , fut forcé de fuir, en lais- pidité dans Manheim , et y passait JK)0V

sant le champ de bataille couvert de le plus vaillant soldat de fa garnison,

^ses morts et de ses blessés. Cette ac- A Kidau, en Suisse, il chargea seul

'tlon mérita à Bonnot le ^rade de capo- sur une pièce de canon, sabra les artil-

ral. Vingt jours après , il s'aeissait de leurs ét lés charretiers,' S'empara dèi

reprendre sur les Autrichiensles DeUx- chevaux, et ranu Mia la pièce au général

Frères et le fort Kaisiqiie; Bonnot Fressinet. A Winterthur, il se préci-

marche au premier rang, et fait un pita sur des hussards de Barco, pour

' offîcier et deux soldats prisonuiers. Le d^ager le lieutenant Bâcher, qui , md-

gré la plus opiniâtre résffitande, allait être fait prisonnier. Peu de jours après , dans une charge de cavalerie, il mit fMed à terre pour secourir un hussard rmwné wr 4e ehamp d« baftaiile et

fris par l%iMH; il le délivra, Paida remonter sur son cheval, se lit jour à coups de sabre à travers une nuée de combattants, et rejoignit avec lui son régiiBest. A Sefaaf&ausen, il traversa ks émiOL «HUM «ù let Rnasca s'étaient retranchés, diaiisfBa, me le capitaine Chocq, contre une pièce d'artillerie, l'enleva, et tit mettre bas les armes à cent cinquante grenadiers. A la bataille de Feldkirch, blessé d^llle teUè à la Jambe c^iuche, il subit sur la place même Topération la plus douloureuse , remonta aussitôt à cheval, contis-ua à tombattre, et renversa tous ceux qui osèrent lui résistbr. A Kempten, en Soiialt) 9 8*étanoe sur un peloton dt i^inient de Waldecker, avec le lieutenant Bridonla, fut 'atteint de deux coups de sabre, et fit prisonnier celui oui Tavait blessé. Fait prisonnier à valtlièafg, puis délt?ré<, il diargea^ •vee un soue-Meolenant, un gros Ht OQirassiers, et parvint à le disperser.

Appelé quelque temps après auprès du vice-roi d'Italie, il fut nommé souslieutensjflt dans le régiment des dra- ^oas'llapoléon, et At afec oe corps la eampagne de 1809. 16 atHI^ devant Pordenone, il culbuta, avec douze cavaliers, un corps d'infanterie autrichienne, et fit trente prisonniers; TCfvInt «ne «Nonde Ibis a la charge avee cpuitre drapons, et enleva encore cinq chevaux à Pennemi. A la prise de Mulbach, dans le Tyrol, il abattit la porte de la Chiusa, pénétra dans la place avec Quelques chasseurs, chargea ne Insurgés, et s^smpain de leurs chefs. Le 8 février 1814, devant Spd»

cher, il lit, avec dix cavaliers, mettre bas les armes à cent soixante-trois fantassins. Un mois après, il contribua à la prise du villaee et des redoutes de HoverMIn, qni ntrentenlevés par une compagnie de voltif^rs, qu'il soutint contre une compagnie de lanciers autrichiens. Il fit payer cher à l'ennemi uot blessure asses grave ^'ii avait

reçue dans cette affaire. Mis en retraite

après la restauration , le capitaine Bon* sergent s'est retiré à Dijon, où il jouit de 1 estimequelui ont méritée ses vertus privées et ses jhNrieox fiiits cTames.

BoNTEMs (Pierre). — Jusque dan| ces derniers temps , c'était une chose convenue chez nous, qu'avant Goujon et Philibert Delorme, la France n'avait donné le jour à aucun artiste capablp de produire un ouvrage qui réunll toutes les conditions du beau dans les arts. On en concluait que toute oeuvré remarquable, dont la date certaine était antérieure à l'époque où vécurent ces denx crands mams, devait êtii^ attribuée 1 des artistes italiens* Cest ainsi que l'on fit longtemps honneur a Paul Ponce, à Serlio, etc., des ouvrages des frères Juste, de Gentil, d^ Pierre Valence, de Pierre Bontems, et de tant d'autres artistes français « dînift la gloire était «insi perdue pour là France. On commence à revenir de cette longue erreur. Il est maintenant prouvé que le tombeau de Frau^iiil% attribné ni lOMteor^ à des mattret étrangers, est ou, en grande partie^ au ciseau d'un sculpteur français , d'un bourgeois de Paris, dont le nom, oublié de ses ingrats compatriotes, a été retrouvé tardivement par M. Lenoiir, dans les registres de fa chambre ^ies comptes.

Ces registres , où Ton trouve la lîste des artistes payés pour avoir travaillé à ce tombeau, constatent en elîet :

1* que la statue de François r% ceUei

de Claude sa femme, du nanphin Fran*

cois, de Charles d'Orléans et de Charlotte de France , ainsi que les bas-reliefs représentant les victoires de Marigmn et de Cérisoles, sont de Pierre Boqfems; 2» qne tous les ornements ont été faits par Jacques Ghantrel, Bastion Galles , Pierre Bigoigne , Jean de Bourges et Ambroise Perret, sculpteurs d'ornements et tous Français ; 3° que les bas-reliefs et les arabesques de la voûte sont de Germain Pilon; 4"* que les quatre évangélistes de la voûte sont d'Ambroise Perret; 6" enfin que l'ar-chitecture du monument est Je £faÎJî* bert Delorme»

116 BOQ Lmi

' Le savant à qui noitt devons cette

précieuse découverte a encore restitué a Pierre Bontems un bas-relief représentant radoration des maçes(*), et une urne sépulcralequi , destinée à renfermer le cœur de François P^ avait été déposée dans l'abbaye de Haute- Bruyère. « Ce vase, sculpté en marbre blanc, est orné de quatre bas-reliefs imitant le camée, représentant la peinture, la sculpture, rarehitecture et la géométrie. Des mascarons et des car« touches ornent aussi cette urne, qui est surmontée de deux petits génies éteignant le llanibeau de la vie : le tout est supporté par un piédestal aussi en marbre blanc, décoré de médaillons formant bas-reliefs , et re|>résentant la 'poésie i>Tique, rastronomie et la mu* aique(**). w

Voilà tout ce que nous savons sur Pkme Bont«ns; sa biographie, la date de sa naissance, celle de sa mort, le nom du maître aux leçons duquel il dut ce talent si pur que nous admirons aujourd'hui, et qui n'avait pu sauver son nom de Tinjuste oubli de ses contemporains, noas ignorons tout cela; et il est probable que nous attribuons encore à d'autres maîtres un grand nombre de ses ouvrages.

- BoQuiN ou Bouquin, né au commencement du seizième siècle, embrassa de bonne heure la vie monastique , et appartenait à l'ordre des Carmes, lorsque les doctrines de Luther commencèrent à être connues en France. 11 quitta cet ordre en lô41, sortit de France et se rendit à Bâle, puis à WIttemberg, où il fut bien accueilli par Luther et Mélanchton, et reçut de celui-ci le conseil d'aller occuper à Strasbourg la chaire que Calvin venait de quitter. Il suivit ce conseil , profe>Ma en efifet pendant quel-

Sae temps à Strasbourg, puis revint à ourges, où il fit un cours public de langue hébraïque. Peu de temps après, la reine de INavarre lui fit donner un traitement, et le fit nonuner prédica-

lenoîr, 3Jtuee impérial des mmu"

mtnts français, p. aaa.

(**) Mèûe ouvrage, p. 2a5«

^EBS. BOR

teur de la cathédrale. Mais bientdt les principes qu'il développait dans ses fermons lui attirèrent des poursuites de la part de l'évéque et du parlement. Bouquin s'enfiiit alors à Strashouig ,

f)uis à Heildelberg, où l'électeur |matin lui donna la chaire de philosophie. Il y professa vingt ans, pendant lesquels la différence qui existait entre ses opinions et celles de Luther lui attira plus d*une fois des désagréments. H lut enfin obligé de quitter sa place en 1575, et se réfugia à Lausanne, où il mourut en 1582. Il avait publié un grand nombre d'ouvrages de théologie et de controverse.

Borda (Jean-Charles), savant ma* thématicien , naquit à Dax , le 4 mai 1733. Après d'excellentes études faites au collège de la Flèche, il entra fort jeune encore dans le génie militaire.

En 1766, il hit à PAcadémie des sciences un Mémoire tur le fnowe* vient des projectiles; et, la même année , ce corps savant se l'attacha en qualité de membre associé. En 1757, il était aide de camp du maréchal de Maillebois, avec lequel il se trouva à la bataille d'Hastembeck. Après cette campagne , il rentra dans le génie militaire, et fut employé dans les ports.

Dès ce moment, il dirigea toutes ses vues'vm Fart nautique. C'est alors qu'il publia plusieurs Mémoires sur la résistance des fluides; star la meillèvre forme à dminer auœ vannes de$ 3'oues hydrauliques et aux roues elles' mêmes; sur la théorie des projectiles, en ayant égard à la réristanee de tair, et enfin sur le calcul des varlO' lions. Ces ouvrages le firent distinguer

f)ar M. de Prasiiu, alors ministre, qui 'attacha au service de la marine en 1767. Borda fit sa première campagne sur mer en 1768. En 1771, il 8*em* barqua sur la frégate la Flore en qualité de commissaire de l'Académie, pour faire l'examen des montres marines. Eli 1774 et 1775, il visita les Açores, les îles du Cap-Vert et la cdte d'Afrique. Ce voyagerai valut le grade de lieutenant de vaisseau . L'année suivante , il fut chargé de déterminer plus exactement qu'on ne l'avait (ait eacow

M FRAKGB. MNI -m

la position des îles Canaries. Dans cartes hydrographiques, pirWiî.'Bot' cette expédition^ Borda substitua, aux da, Pingré et Verdun de la Crenne, méthodes irapamites usitées avant loi 9 ▼o!.hi-4* , 1778 ; DescriptUm etmage pour déterminer la position des points du cercle (k réflexion^ in-4^ 1778; aune côte, le procédé plus sûr des re- Tables trigonométrîques décimales, lèvements astronomiques obtenus par etc., ou Tables des logarithmes, des des instruments à rénexion. C'est à ce sinus, sécantes et tangentes, suivant voyage que Ton doit la belle carte qu il la division du quart de cercle en cent ji tracée des ttes Canaries et de la oôte degrés y rsevues , augmentées et publiées d'Afrique. H fit les campagnes de 1777 par M. Delambre,* in-4°, 1804. Borda et 1778 avec le comte d Estaing, et est un des plus grands géomètres qu'ait fut nommé major général de Tarmée produits la France. « Il doit être renavale. £n 1781, il commanda le vais- gardé, dit M. Biot, comme un des seair le Guerrier y et en 1782, il fiit nommes qui ont le plus contribué aux ehargé d'escorter, avee le SoHtaire, progrès de Part nautique, tant par les vaisseau de soixante et quatorze ca- mstruments exacts qu'il a donnés aux nons, un corps de troupes que l'on marins, que par l'adresse avec laquelle envoyait à la Martinique. Lorsque les il a su rapprocher d'eux les méthodes troupes furent rendues a leur destina- géométriques , sans rien ôter à celles* lion, il se mit en croisière; mais, atta* ci de leur exactitude. L'épo<^ue à 1»qaé par une escadre ennemie, il soutint oudle Û a publié ses observations doit un combat fort long, et ne se rendit être regarcfée comme celle où les ma- ^*après une défense héroïque. La ré- rins franchis ont abandonné les rouputation qu'il s'était acquise comme tines de l'ignorance pour se guider par savant le fit traiter avec distinction le flambeau d'une science exacte. » par les Anglais, qui le renvoyèrent sur Bobdâs (Pardoox) était président parole dans sa patrie. Il fit exécuter, du district de Saint-Yriex, lorsqu'il fut en 1777, son cercle à réflexion, dont député en 1791 , par le département de un astronome anglais, Tobie Mayer, la Haute-Vienne, à l'Assemblée légisavait eu la première idée, mais que lativ'e. ISominé ensuite membre de la Borda sut s'approprier en le pernc- ' Convention, il vota pour la détention tionnant. Il fit aussi construire sur les de Louis XVI , contre l'appel au peuple mêmes principes, pour les observations et contre le sursis. Il prit parti pour terrestres, \es cercles répétiteurs, dont les vainqueurs au 9 thermiaor, et fut Tusage est aujourd'hui généralement nommé secrétaire de la Convention le répandu. Lorsque l'Assemblée consti- 15 juin 1794. Quelques mois après ,~1i tuante décida la formation d*un nou* fut envoyé, avec son collègue Jean^ veau système de poids et mesures, Bon-Saint-André, en mission à Bor- Borda fut chargé, avec Delambre et deaux. De retour à Paris, il prononça, Méchain, de la détermination de Tare le 16 juin 1795, sur les bases de' la du méridien qui devait servir à fixer constitution , un discours qui contribua Tanité fiNMiaraentsIe. Cest lui ^ui , à le foire nommer membre du comité dans cette entreprise immense , dirigea de sûreté générale , et bientôt après du lesprincipales expériences de physique, Conseil des Cinq-Cents , formé en partie et la plupart des mstruments employés de la réélection des deux tiers des confurent inventé par lui. Borda mouryt ventionnels. Sorti du Conseil en 1797, il à Paris le 20 février 1799. On a de fut élu peu de temps après à celui des ^ lui : fogage/aU parerdre du roi, en Anciens. Immédiatement après la révo- ' 1771 et 1772, pour vérifier VutiUÛ de lution du 18 fructidor, il dit que, pcmr plusieurs méthodes et instruvients , profiter de la victoire, il fallait se servant à déterminer la latitude et la montrer inexorable envers les vain» longitude, tant du vaisseau que des eus y et appuya le rapport de Bailleul , eù6$, Ue$ H éeuetls gt^w recûnnaUy qui demanda» la déportation des dl- «nivi de Meekerchu pour rte^er le$ Mens. Nommé président le 19 fiovrier

to M vm

1798, il prononça en cette qualité, le A HMU» mWant, un discours sur la •ouTerameté du peuple; il s*opposa de tout son pouvoir à la révolution du J8 brumaire, et fut, en conséquence, éliminé du Conseil. Bordas fut depuis employé comnae chef de division au miniitm de la justice, et nommé, en 1807, juge suppléant à la cour de justice crimineUe. En 1816, il se retira ai Suisse.

BOBDEÀUX ( Burdigala ). — Cette Tille, dont rorigine est antérieure à la flonquétede la Gaule par les Rmiiains, élait le chef-lieu des Btturigtê P%visci.

Plus tard, elle devint la métropole de la seconde Aquitaine. On peut juger de l'importance qu'elle avait à -Pépoque gailo-ramaine , par rinléreasante description qu'Àusone en a donnée (*). Les études y étaient florissantes, et ses écoles étaient fréquentées par de nombreux étudiants ; c'est une conséquence que Ton peut tirer du grand nombre des professeurs qui y enseignaient les km» greeques et latines (**).

Bordeaux fut prise et brûlée par les Vtsigoths, en41ô;Clovisialeur reprit, en 809 , aurès la bataille de Vouillé. Elle fut pillée , en 789, par les Sarrasins, et eut beaucoup a souffrir des ravages des Normands, à réuoque de la décadence de l'empire cariovingien.

. Rebâtie, vers 811 , par les dues de Guyenne , sur le territoire desquels elle se trouvait , elle suivit ensuite le sort de cette province , et passa avec die, sous la domination anglaise , par le mariage d'Éléonoreareo Henri, due ée Normandie, depuis roi d'Angleterre. (Voyez les art. Éléonobe et Guyenne.) Ce fut seulement sous le règne de Charles VII , en 1452, que Bordeaux redevint une partie de la jiaenartehie franeaise.

J.ors de rétablissement de la gabdiê, «0 1548, les habitants de Bordeaux l»rireot les arjnes pour défendre leurç

n ApMB. €hm tn4ei, liv. sut.

- <**) U. CvtÊmmm'uiio profutmmBm^

VratSI. Mt

privilèges, qu'ils croyaient violés par oet impdt. Ils séparèrent de Tbotel de trille, mirent en mite lea magistrats, et massacrèrent le lieutenant du gou^

vcrneur, Tristan de Moneins. Sfaîs bientôt, les autorités de la province revinrent avec des forces supérieures, les séditieux Mirent Tstneus , tes plus coupables furent livrés au suppliceii «t tout était rentré dans l'ordre , lorsque le roi Henri II fut instruit de ces événements. Ce résultat ne parut pas suffisant à ce prince : il crut avoir encore quelque dioae à faire. La justiee était satisfaite, maii sa vengeance ne l'était pas; il envoya contre Bordeaux une armée commandée par le connétable de Montmorency. Cette malheureuse ville, qui ne m aucune rteie- -tance, fut traitée comme une (daee prise d'assaut ; les habitants furent désarmés , et durent payer une contribution de deux cent mille livres; enûn un tribunal , qui accompagnait le connétable, condamna de dix en dix maisons un bourgeois à être pendu, # fit exécuter tous les magistrats sur II place publique.

Au moment de la révolution, Bordeaux était gouvernée par im roafie et quatre jurats ou echevins. Elle était le siéiie d'un archevêché fondé au troisième siècle, d'un parlement, composé de neuf présidents à mortiers et de quatre-vingt-dix conseillers , d'une cour des aides, d*un bureau de taancss, l'un des seise bureaux gén^^nux créés par François P'. Elle possédait une université, et une académie dont les travaux avaient quelque retentisasment

Cette ville , dont la population sPé*

lève aujourd'hui à quatre-vingt-dixhuit mille sept cent cinq habitants, devint, lors de la nouvelle division administrative de ia France, le cheflieu du d^artement de la Gironde et de la tl* division militaire. Elle a conservé son archevêché , et possède une cour royale, une académie universitaire, des facultés de théologie, des sciences et des lettres , un collÂEe royal, uns éook séoondaire <fe giéiw diitt« «M inetjtutton ém ênmà^

membre, son hôtel et ses livres, fut ensuite augmentée par les dons de MiVI. Cardez , Barbot , Beaujon , et par la réuni^on (jle i^lusieurs biblioftèqu^ de çottvenj^ supj^rîm^ en ÏTdO. On y compte auj^urdlaui plus; de cent mille volumes , parmi les-

auels on remarque plusieurs éditions . u quinzième siècle , et quelques m%* ^uscJTÎts préçieuK. Cette ville possède en outre un curieux cabinet d'histoire natuK^Uç çt une |[ieUe gale^ii^ de tableaux.

Les monuments de Tantiquité sont fort rares ^ Bordeaux *, saut Iç pré-^ tendu paleis de Tempéreur Gallien^ oui n'est autre chose qu'un ampbitDéâtre bâti à Tépoque de la décadence, l'ancienne Burdigala n'offre

£lus de traces de son oi^igjne romaine, àrmi les qionuments du moyen âge, ^ plus reopaurquables sont : les égli- MS de Samt-Seurin et de Sainte- Croix , sous le rapport de l'art, et le beffroi de l'église Saint-Michel, sous celui des souvenirs historiaues. Les mofiunieiite i^ernes les plus intéiressants, sont : le (Mteau-Royal, an* cienne résidence des archevêques; le grand théâtre, bâti par l'architecte Louis; le fort du Hà» sqrtoutle pont sur la Garonne* ,

Bordeaux est la patrie d*Ausone, de Qerquin, de François Ducos , de Gen- Sonné,de l'historien du Haillan , de Montesquieu , de Boyer-Fonfrède, de Carie Vçrnet, du générai Isaosouty, Jes odQistres Martignac et Feyroqpet, etc.

Bordeaux (sièges de).— l. Charles Vil, après avoir cnasséles Anglais de la Normandie, voulut aussi leur enlever la Guyenne. Fronsac, Blaye, Pax6l la Roche-Guyon furent les pre-.

mîères villes qui tombèrent en son pouvoir. Le comte de Dunois vint ensuite mettre le siège devant Bordeaux. Cette ville n'était pas en état de soutenir up long sié^e; elletrem- |ila à I9 vue des Francis, se soumit, m «nfvlt m pçrtaa, punoia en prq

mm m w

niîva'n'te; le reste <]c, la Guyenne suivit son exemple, et Talbot , l'un dès meilleurs généraux que T Angleterre eût alors, y fut envoyé avec des troupes;* mais il fut vàm'u devant Castillonj Toute la Gufeniié rentra alors dant robéissanoe* Çharles Yl]^ arrivàf bientôt en personne devant Bordeaux; il l'investît par terre, tandis c^ue des» vaisseaux, stationnés à l'entrée de la( Gironde , interceptaient tous les cbn^ vois, et arrêtaient tous les sêcoUr8« Les bourgeois révoltés ne furent pas intimidés de tous ces préparatifs. Ils étaient commandés par un habile^ otÀ ficier anglais, et avaient une g^arnisoi^

Je quatre mille hommes qui avaient dt avec Taibot Tapprentissace de Id guerre. Pour enlever aux soldats toul espoir de retraite , on coupa tous les cordages, on dégréa iqus les vaisseaut qui se trouvaient dans le port. Maid bientôt le feu de Tartillerie vint appiren-^ dre aux Bordelais , en détruisant leurs remparts, que tout espoir de résister était perdu pour eux. Cent députés furent alors envoyés au roi^ ils offri*. reot de rentreir sous son obéissance, à condition de conserver intacts leurs biens et leurs vîes. Mais Charles leui* signifia « qu'ils pouvaient se retirer, a que son intention était de se rendre « màtttt» de la ville, et d*en avoir touf « les habi^nts à discrétion . afin que « leur punition servît d'exemple aux M siècles à venir. » Cette réponse consterna les députés , et Jean Bureau, grand maître de l'artillerie , augmenta encore leur terreur ep ànnoni^ant que^ sous peu de jours , il espérait réduire la ville en cendres par le moyen de ses engins volants. C étaient de nouvelles bombes imaginées par cet habile of* ficier. Les pordelaisserendiréntalosé Il discrétion. Ils payèrent une amende décent mille marcs d'argent, perdirent leurs privilèges , prêtèrent un nouveau serment, et firent sortir 1^ garnison anglaise. Cependant Char-^ jes VII montra de la démence ; il remH eux Bordelais une pprtion de \t\x\ gmemlei e^ par cette oondnité pleio^

Éiom

L'UNIVERS

MM

de douceur, s'attacha tellement la Guyenne, que, depuis ce moment, elle n'entretint plus aaeune correspondance avec les ennemis de TÉtat. Celte seconde conquête réunit définitivement à la France cette province qui , depuis trois cents ans , appartenait aux Anglais.

—8. Deux «iècles d'une profonde!

f^ix, un commeroe étendu, et de grandes richesses, mirent Bordeaux en état de figurer dans les guerres civiles qui décliirèrent la minorité de Louis %IV. En K(58, éma factions se formèrent dans Bordeaux : l'une , composée de riches bourgeois , était sou* mise au prince de Condé; les citoyens les moins opulents et les pauvres composaient l'autre. On leur donnait le nom d'orméistes. Leur rassemblement ordinaire dans une ormée voisine du diâteau du Ha fut la cause de cette dénomination. En vain employa-t-on, pour les soumettre , tous les moyens de douceur; il MUit ordonner aux ducs de Vendôme et de Gandale d'employer la force. Mais comment se déterminer à ruiner une ville opulente, égarée un moment , et peuplée de Français? On forma d'abord le siège de Bourg, occupée par huit cents Espagnols : cinq purs de tranchée ouverte suffirent pour s'en emparer. Libourne suivit cet exemple. Bientôt Bordeaux se trouva serrée de si près, que la famine s> fit sentir. Les orméistes moins rioies l'éprouvèrent les premiers. Dans on accès de désespoir, ils voulurent arracher des secours h leurs adversaires ; on ne leur en donna pas le temps. Les riches firent leur paix avec la cour, ouvrirent leurs portes. Une police sévère et une amnistie générale éteignirent jusqu'au moindre germe de rébellion

Bordelais , Burdigalensis ager ,

Eays avec titre de comté ^compris dans i Guyenne. Son chef-lieu est Bordeaux. Il comprenait le Bordelais, le Médor , avec la Flandre de Médoc, les Landes de Bordeaux, les pays de Ruch, de Boru, de Marensin (au nord de la Garonne ) i le Benauge , le pays entre deux mers, le pays de Libourne, le

Fronsadois , le Cuzaguès , le Bourgè^ , le Blayès , le Yitrezay ( au sud de \ù Garonne ). Le Bordelais forme aujourd'hui l'arrondissement de Bordeaux. Au temps de César, ce pays était habité par les Garumni, les Bituriges f^ivis»

ci, MeduU, Succanes. Boii f^wisd, Belendij Jqtdtani. Il a suivi dans le moyen âge toutes les destinées de la Guyenne. *

Bordelais , nom de monnaie, qui se rencontre souvent chez les écrivains du moyen âge, et par lequel ces écrivains' désignent un denier, frappé à' Bordeaux, par les ducs de Guyenne.

Les Bîhtriges tectosages étaient un peuple assez important pour avoir eu, connue les autres cités gauloises, une monnaie particulière. Cependant cette monnaie n'a point encore été reconnue, et l'on est surpris de ne rencontrer des espèces incontestablement frappées à Bordeaux , qu'à partir de I époque mérovingienne. Les premières espèces de ce genre que l'on connaisse , sont des Mens ou tiers de sols d'or , qui portent d'un côté, comme à l'ordinaire, une tête barbare avec le nom de la ville

BVBDBftALA, BYBOBGALÀ FIT (pOOT

fecit ) , et au revers , une croix tantôt enchrée , c'est-à-dire , ornée d'un chrisme défiguré, tantôt plantée sur le globe du monde , accostée des signes de l'Éternel , l'A et l'û , et accompagnée du nom de l'offider monétaire avrolenvs mt , BEXtO- NE M , etc. Ces triens sont fort nombreux ; nous en connaissons jusqu'à dix-huit variétés, dont la plus remar-

âuable est une pièce sur laquelle on t BYBDBGALf SCI 8TBPHAN. C'est

une des premières monnaies frappées par une autorité ecclésiastique.

Moins riche que l'époque mérovingienne , sous le rapport de la numismatique, l'époque carlovingienne n'a encore produit qu'une seule pièce au nom de Bordeaux. Mais cette pièce est de la plus haute importance , car elle porte le nom de Lothaire , qui n'a ja< mais possédé cette ville. On j voit* d'un âté y un temple y emblème delà

religion chrétienne, avec la légende BVBDEGALA de Tautre , une croix avec ces mots : hlotabiys imp. Une toHtt disette de moDBaie auratt lieu d'étonner, s'il n'était pas évident qu'elle n'est qu'apparente, et que c'est a Bordeaux même que furent frappés les nombreux deniers qui portent pour légende le mot aqyitaiiia ( voy. DiiriBBS d^Aquitaiiib).

Le nom de bybdeoala reparut sur les deniers des ducs d'Aquitaine : les princes du nom de Guillaume, Kléonore et son mari , Louis VU , en ont frappé qu*ili ont signés gtiilblmo , ALiBirox , etc. Ces deniers sont en billon, mais à un titre assez élevé; ils présentent d'un côté une croix , et de l'autre quatre croisettes dans le dtamp. On a découvert aussi des obo* les frappées à la même empreinte, do temps d'Éléonore. Le nom de son époux s'y trouve quelquefois substitué à celui de la ville, de sorte que sur ces

K'èces, on lit d'un côté alibnob, et de «tre LODoncTS. Mais bientôt le nom de la province aquttama remplace de nouveau celui de la ville (voy. GuiENNE monnaie de). Lorsque sur les monnaies de ûuienne la légende AoyiTAifiA eut péri comme celle qn^eUe avait remplacée, les rois d*An-

f{let«nre désignèrent, parlMnitiale B, 'atelier monétaire de Bordeaux. On établit dans cette ville , en 1539, un liotel des monnaies qui prit pour diflérent la lettre K. Cet hôtel, fermé en 1794, fut ouvert de nouveau en 1795, et depuis il n'a cessé de fonctiortner. On ignore le rapport des anciennes monnaies de Bordeaux avec les espèces tournois.

BoiDBLON, né à Bourges en 1683, mort à Paris en 1730, doeleur en théologie, auteur dramatique, a fait un grand nombre d'ouvrages très-médiocres dont il confessait lui-même la faiblesse, et qu'il appelait plaisamment ses péchés mortels. Ce sont des traités de religion et de morale, comme ceuxci : Sentiments chrétiens sur les hon»

neurs, tes richesses et les plaisirs; Sentiments sur les attributs de Dieu; BMffsi?ionÊ ftritiawi ti mgfin/fff mr l&i

msL M isr

plus belles et les plus agréables pensées des auteurs anciens et modernes. Ce sont aussi des compositions plaisantes ou avant la prétention de l'être , comme les Scènes du clam et du coram tt des,

?rands et des petits , et Gongam on homme prodigieux transporté sur la terre et sous les eaux. Le mauvais ^ godt de Roidelon peice dans ces titrée. Ses comédies ne méritent pas plos d'estime que ses livres. Il disait avec naïveté : « Je sais que je suis un mau<- « vais auteur, mais du moins je suis un « honnête homme. »

BoiDBBiBt né en Normandie e»

1 507, fut le contemporain et Télève de Marot, qui lui donne dans quelquesuns de ses vers le titre de mignon.

C'est la seule circonstance que l'on connaisse de la vfe de Borderie, qui est maintenant tout à foit oublié, malgré son poème de VÀmye de Court, qui semble cependant avoir fait quelque bruit à l'époque où il parut. Antome d'Héroët venait de publier La parfaite jimye^ quand Borderie lui répond» par YJmye de Court. Ce poème , auquel s'attacha aussi l'intérêt de la controverse , était écrit dans des principes tout à fait opposés à ceux d'Uéroèt :

on y trouvait une imagination gracieuse et assez riche, une gaieté franche^ et^ comme C'était l'époque où toutes ces querel les sur le mérite du sexe étaient en grande vogue, VAmye de Court fut très-bien accueillie. Peut-être pourraiton y comparer Borderie avee Villon , mais avec Villon purifié. VJmye dg Court tient un peu de Darne Sidoine; elle trouve que l'amour platonique est une chimère, et elle a mis dès sa jeunesse tout en usage pour plaire aux galants ; mais elle a su préserver son cœur de toute atteinte, parce qu'elle a eu la sage précaution de le loger dans la tour de fermeté y dont la garde est confiée à honneur, crainte et inno" eenee^ ete. Une autre production de Borderie est un Foyage à Constantinople, en vers de dix syllabes, où l'on • retrouve quelques descriptions intéressantes , la versification heureuse et facile, les tournures aisées et l'expreaaioa aimable de l'amenr doJ*^

mye de Court, On igamre la date de ia mort de Borderie.

BoAAiu (Théophile de) naquil à Iie«le, en Béarii, le as ttfrier A

l'âge de vingt ans , il soutint , pour

f ►a r venir au grade de bachelier dans 'université de Montpellier, yne thèse intitulée de Senm genetke emMt^ K&hi diÊUBtiatio, qui renferme le MMede tous les ouvrages qu'il publia depiiis. Le mérite de cette thèse engagea ses professeurs à le dispenser d'une partie des actes ordinairement exigés pour la Hceace. En 1746, il se leBdît a Paris, où il se fit bientôt une grande réputation. Ayant pris ses licences dans cette ville, en 17ôâ, il fut nommé médecin de Tbôpital de la Charité, et mourut subitement la nuit du 33 au %4 no?embre 1776. Une mélancolie profonde, produite , à ce que Ton prétend , par une goutte vague, |)réceda ses derniers jours; on le trouva mort dans son lit. La facilité ayee laipieUe il exerçait sa profession , •on éloignemeat poor les remèdes , et sa confiance dans la nature , lui ont quelquefois attiré le reproche de ne pas croire beaucoup à la médecine.

I^ais ses doutes étaient d*autant moins hlimahles , qo*il s-oocuea sans cesse à lendni les ressources de son art pltii certaines. Il était l'adversaire de Boerhaave trop naturaliste , et l'ami personnel , le correspondant de Stabl , rillostm chef de réoole spirHualiste, qu'on appelle à tort animiste, et dont Hippocrate sera le maître éternel. Ils trouvaient l'esprit, c'est-à-dire le vice, à la source de toutes les maladies. Ses ouvrages sont : Lettres sur les eaux mMrakê du Béam 9 1746 et 1748, Îb*!! ; Recherches anatomiques sur la position desglaîides, 1751, in-12; Dissertation sur les éc rouelles ^ 1751, in-13; Dissertation sur les crises^ 1766, iïi'UJiechereheêaurlepoulspar rapport ewx crises^mu, 4 vol. in43 s cet ouvrag6,où Tauteur fait preuve d'une grande sagacité, a été traduit en anglais ; Recherches sur quelques poiiifs de l' histoire de la ?nédecitie , 1764,

a vol. îa-i9| Heehêrekêi sur leêt»m

sur quelques maladies de tfoitrme , 1766, i{i-12; Traité de* MkuMeé ekronifiÊeSj lome V% in-8*, 177t« BOBBL (Pierre), né à Castres, m

1620, médecin ordinaire du roi, asso-r.

cié de l'Académie des sciences pour la chimie , mourut en 1689 , seloa faillies ea 1678. Il a publié pluaieQnl ouvrages, dont quelques-uns sont en^.

core recherchés des curieux; ce sont :

de vero telescopii Jîiventore, à la Have, 1651, in -4''; Antiquités de Castres <, imprimées dans cette viHq en 1649 , in-S** : ce livre est ratea Tlr^or des reckn'ches et des antiquH tés gauloises, Paris, 1655, in -4".

BoBGHETTO ( passagc du Mincio et combat de). — Le général Beaulieu, vaincu par Bonaparte au pontdeLocK, passa le Mincio , appuya aa droite au lac de Garda, sa gauche sur la ville de Mantoue, et plaça des batteries sur tous les points de cette ligne, afin de défendre le Mincio. Le quartier gè> néral français arriva à Qresda l6 sa mai 1796. Aussitôt le général Bot naparte ordonna au général Kilmaine de se rendre, avec quinze cents hommes et six bataillons de srenadiers, à Dezinzanno. Le général Rusca sd

Sorta vers Salo, avec une demi-brigade 'infanterie légère. ] /intention de Bo^ naparte était de faire croire au général Beaulieu qu'il voulait le tourner par le haut du lac Garda, pour lui couper le chemin du Tyrol , en passant |iat Biva, et de le tromper sur le point d'attague du Mincio. Toutes les divisions françaises sur la droite furent tenues à un jour et demi de marche de l'ennemi. Placées sur la Chiusa»

elles avaient l'air d'être tout à fait sur la défensive, tandis cfue le général Kilmaine allait chaque jour aux portes de Peschiera, et chaque jour avait des escarmouches avec Tennemi , dans rune desquelles le général autrichien Liptay fut tué. Tonte la ligne antri»

chienne se trouvant menacée par ces dispositions, la défense du général Beaulieu était fort affaiblie par la multitude de postes que son armée avait à garder.

divlim jùiffH^ MOffla^ t II

Bon FRANGE. MR Itl

80 mai, celle du général Kilmaine à Beaulieu cil son armée se seraient

Dezinzanno. Cette dernière rétrograda alors trouvés sans retraite. Pour eiii-

à Lonado, et arriva dans la nuit à péciier les Autrichiens de s'apercevoir

Castigiione. Le général Masséna se de ce mouvement, Bonaparte » conte-

troQvait à Monte^Uiiaro, «t lè général aant ivee peine la fureur «les grena*

Senurier à Montse. Toutee les divi- diers français , faisait canonner vive-

sions se mirent en mouvement dès ment le village de Vallegio ; mais les

deux heures du matin , dirigeant leur ennemis turent instruits , par leurs

marche sur Borghetto , où Bonaparte patrouilles de cavalerie , du mouve-

avait résolu de passer le M Incio. L'a- ment d'Augereau, Le général Beau-

▼ant-garde autvrchicnDf,lbne de trois lieu, qui ne dievùbiit pas à Taincie

à quatre mille hommes, et de dix-huit dans cette journée, mais à sauver son

cents chevaux, défendait rapproche de armée, hata aussitôt sa retraite sur

Borghetto. La cavaleriefrançaise, flan- Castel-Novo , et se retira derrière

âuée par les carabiniers et les grena- l'Adige, en envoyant ses munitions et iers , la suivait au petit trot. Elle • son artillerie dans Mantooe. Un eorps chargea avec beaucoup de bravoure, considérable de cavalerie qui arriva mit en déroute la cavalerie ennemie, se plaça à Tarrière-garde. I! fut bleuet lui enleva une pièce de canon. Les tôt attaqué par la cavalerie française Autrichiens s'empressèrent de couper commandée par le général Murât, le poift. L'artillerie légère engagea L action fut vive; Murât et le chef (|e au^tdtune vive canonnade , tanifis brigade Lederc y firent des prodiffs qu*onle raccommodait avec peine sous de valeur, mais la nuit les empêcha le feu de l'ennemi. Tout à coup une de remporter une victoire complète, cinquantaine de grenadiers, impatients Tandis que les fuyards repassaient de combattre, se Jettent dans le Min- TAdi^ie, et que Beaulieu jetait une do, tenant leurs nisils sur leurs têtes, partie de son armée dans Mantoue, et ayant de l'eau jusqu'au menton. Le Augereau s'emparait de Pescbiera* général Gardanne , grenadier pour la Dès le lendemain les Français se portaille comme pour le courage , était à tèrent sur Rivoli; mais l'ennemi avait leur tête. Les Autrichiens croient re- coupé les ponts sur l'Adige. Les Au- Yoir la terrible colonne de Lodi ; les trichiens perdirent dans cette journée plus avancés lâchent pied ; le pont est quinie cents hommes, cinq cents chê* alors facilement raccommodé, et les vaux et cinq canons. Ainsi, en moins grenadiers français s'emparent de de deux mois, les Autrichiens avaient Vallegio , quartieV général de Beau- été repoussés des bords de la Médilieu, au moment où il venait d'en terranée contre ceux de l'Adige ; ils se

Sartir. Cependant les Autricf^iens trouvaient chassés de l'Italie , et

branlés, et prèsque en déroute, se voyaient placés sur les montMBSS 4e

rangèrent en bataille sur le bord d'un TAllema^ les avanl^stes français,

large canal qui communique du Mincio « Je ne vous citerai point, disait Bo-

au Tanaro , entre Vallegio et Villa- « naparte dans son rapport, les hom-

Franca. Bonaparte se garda bien de « mes qui se sont distingués par des

les y suivre ; ils paraissaient s'y rallier « traits de bravoure ( Il ândrait noos-

•t prendre confiance dans leurs posi- « mer tous les grenadiers et carabi*

tiens dont ils garnissaient le front de « niers de l'avant-garde. Ils jouent et

canons, en s'approchant des Français. « rient avec la mort; ils sont aujour-

C'était précisément le lieu le plus pro- « d'hui parfaitement accoutumés avec

pre au succès d'une manœuvre qu'exé- «la cavalerie, dont ils se moquent,

cutalt en ce moment le général Au» < Rien n'égale leur inlrépidiié , si ce

gsreau. Il avait ordre de se porter, en « n'est la gaieté avec laquelle ils font

suivant le Mincio, droit sur Peschiera, «les marches les plus forcées. Ils

d'envelopper cette place et de couper « chantent tour à tour la patrie et !'»•

mut eoncfflis les gorges du ïyroU « meur. Vous oroinea qu'arrifés i

L*TTNI?ERS*

« leur bivouac ils doivent au moins « dormir? Point du tout, chacun fait « son conte ou son plan de l'opération « du lendemain, et souvent Ton en - « rencontre qui voient très-juste. Je « voyais défiler une demi-brigade; un « chasseur s'approcha de mon cheval :

« Général, me dit-il, il faut/aire cela» mMa^eureux, lui dis-Je , veux * tu • bien U taire! Il dtsparatt à Tins- « tant. Je l'ai fait en vain chercher : » c'était justement ce que j'avais or* a donné. »

Bofiifis (Jean-François-Louis Ledcvc).^Ge nom est un de ceux que rhistoire doit enregistrer pour quMI ne sorte pas de la mémoire des amis de la liberté : cependant ce n'est point celui d'un guerrier célèbre, ni d'un orateur éloquent; c'est le nom d'un simple sergent d'inânterie , qui mourut ■pour avoir conspiré contre le gouvernement des Bourbons. Bories était, en 1821, sergent dans le de liçne; il avait reçu une instruction solide; son patriotisme s'était formé à ta leeturc des annales de la république firan« caise. Il se fit recevoir dans une vente de carbonarl, avec trois de ses camarades, Haoïdx ^ Goubiii et Pommiers, nobles jeunes gens qui prévoyaient Tavenir, et ne se trompaient que sur les dates. Arrêtés tous les quatre en 1822, à la Rochelle , où leur régiment était en garnison, ils furent transférés à Paris, oii se lit leur procès. L'accusation Rit soutenue avec partialité par .le proourenr génM Marchangy. Lés

3uatre sergents, accusés sans preuve 'avoir voulu renverser le gouvernement , furent condamnés à mort : le jury avait été choisi à l'avance. Bories a'emwça -d'attirer sur lui seul toute la sévérité des lois : « MM. les jurés, « s'écria-t-il , M. l'avocat général n'a « cessé de me représenter comme le « chef du complot. . . £h bien , j'ac- « cepte ; heureux si ma téte , en rou- « lant sur Téchafoud , peut sauver « celle de mes camarades. » Tout fut inutile. Les qt)atre sergents furent exécutés le 20 septembre 1822, à cinq heures du soir, sur la place de Grève. JQi. noBtènnt anr réobaftnd, s'em-

brassèrent, et tombèrent en criant^:

Five la liberté !

BoBJON (Charles -Emmanuel), avocat au parlement de Paris , naquit en 1688, à Poot-de-Vaux , en Bresse. Il

avait conçu le projet de réunir en un corps d'ouvrage toutes les décisions de droit sur les matières les plus importantes; plusieurs des traités qui faisaient partiedece grand travail, ont été publiés séparément. Parmi ses autres ouvrages de droit, on cite son Traité des ojjices de judicature, Paris, 1682, et l'abrégé qu'il publia en uu volume in-4^ des 6 volumes in-fol. du ReeueU des actes du clergé de France, par Jean Legentil. Il a joint à cette collection des mémoires historiques trèscurieux sur les édits de pacification et le texte de ces édits. Borjon était bon musicien ; on lui doit même un curieux Traité de la nmette^ avec des planches et des airs composés pour œt instrument, Lyon, 1674, in-fol.

BoAMio (combat de). Sept mille Autrichiens étalent campés dans la Valteline , derrière des retranchements formidables garnis de dix-huit pièces de canon. Vis-à-vis de ce corps se trouvaient quatre mille cinq cents Français , commandés par le général Dessoles , ayant pour toute artillerie deuc pièces de 3. La position dececorpsétaît telle à Sainte-Marie qu'il ne pouvait y essuyer un demi-revers. Il se trouvait presque sans retraite; les communications entre Sainte-Marie et Bormio étaient impraticables , et les défilés si étroits que deux hommes ne pouvaient y passer de front. Une attaque audacieuse était seule capable de soustraire ce corps d'armée au péril qui le menaçait. Les Autrichiens appuyaient la gauche de leurs retrandîenoents sur un torrent dont leur ligne suivait la direction. Une reconnaissance exacte

{)rouvaau général Dessoles que le meiieur moyen de vaincre c'était de resserrer rennemi le plus possible. Il occupa pour cela le village de Munster, puis disposa son attaque de manière a le prendre sur son flanc, le lon§ du torrent, sa droite pénétrant la ligne de reimemi, et sa ganolM v^uiéo <•

BOB FRANCE. JM» .lU

avant du village de Munster. L'attaque commença, le 26 mars 1799, avant le Jour, par-les tirailleurs envoyés sur ta droite des Impériaux. An premier coup de fusil, la première demi -brigade ébranle, culbute les premiers postes autrichiens y, se jette dans le torrent , pénètre , à l*abri de rartillerie impériale , jusqu'à la hauteur de leurs retrUnchements , et débouchant ensuite elle tourne la première redoute, qui est aussitôt enlevée. lia deuxième demibrigade prend la route de Glurentz, ' et se plaee sur les derrières de l'ennemi. Dès que cette redoute est enlevée^ le général Dessoles ordonne à sa gauche de s'avancer vers la droite des Autrichiens. Elle était disposée sur plusieurs lignes en échelons i un bataillon de rés^e la soutenait par une ligne pleine.

Cette aile marcha ainsi dans un ordre admirable vers l'ennemi jusque sous les retranchements. Exposée au feu le plus vif, elle se jeta dans les retranchements; rAumcfaien ftit partout culbuté. Jamais on ne vit exécuter des manoeuvres avec plus de précision; jamais des troupes ne montrèrent plus de courage; le conscrit disputa de valeur avec le vétéran. Un corps de grenadiers marchait sur la redoute qui vomissait la mort de toutes parts v un conscrit se trouvait dans leurs rangs et se précipitait en avant; un grenadier, dont il gênait sans doute le passage, lui dit : Jeune homme, que fais'tu là? Ce n'est pas taplaoe. Le conscrit, piqué de ce propos, s'élance dans la redoute avant les grenadiers, et, se tournant vers eux, se mit à crier : A moi les grenadiers et les comerûët Jjts Autrichiens compté* -rent douze cents morts et quatre mille cinq cents prisonniers; ils perdirent de plus dix-huit pièces de canon. Dès le lendemain les Français arrivèrent à Glurentz, dont Us s'emparèrent. Dans une affaire d'avant- poste, le petit bourg de Glurentz, entièrement construit en bois, fut totalement brillé en un instant. L'explosion d'un petit magasin à poudre augmenta ce désastre, et enleva tous moyens d'y remédier.

1 BoBii(Bertranade)y troubadour du

douzième siècle, vicomte de Hautefort, dans le diocèse de Périgueux , est auteur d'un grand nombre de pièces de vers, dont cinquante-quatre sont

parvenues jusqu'à nous. Il joua un assez grand rôle dans les querelles de Henri II, roi d'Angleterre, et de ses fils, Richard, comte de Poitou, et Henri, due de Guyenne. Il commença par engager ce dernier dans une guerre contre son frère. 11 était parvenu à former contre Richard une ligue redou* table, à la tête de laquelle était le duc de Guyenne; mais au moment d'entrer en campagne , les deux frères se réconcilièrent, et la ligue fut dissoute. Ber-. trand n'en persista pas moins dans son hostilité contre Richard, qui vint mettre le siège devant son château de Hautefort, le força à se rendre h composition et lui pardonna. Les fils de Henri II s'étant révoltés quelque temps après contre leur père , Bertrand offrit ses services à Henri; mais la mort de ce jeune prince le laissa encore seul exposé à la colère du roi. Henri II vint l'assiéger, et le fit prisonnier avec toute sa garnison, malgré leur vigoureuse résistance. H était d'autant plus irrité contre lui,, qu'il Taccusait, non sans raison, d'être riostigateur de la révolte de son fils. Hais Bertrand dé> . sarma son vainqueur, en lui rappelant l'attachement que lui portait le jeune prince. Le roi lui pardonna, lui rendit son château et toutes ses terres, et poussa même la générosité jusqu'à lui payer le dommage que lui avait causé la guerre. Après la mort de ce prince, Bertrand prit parti dans toutes les querelles de Richard et de Philippe- Auguste. Enfin, usé par les fiitigues de la guerre, et peut-^re aussi poussé par les remords d'une vie remplie d'intrigues et d'injustices, il prit l'habit de Cîteaux, et mourut dans un cloître.

liC Dante ne Ten a pas moins placé dans son enfer, où il le peint portant sa tête, séparée de son corps, en guise de lanterne. La plupart des sirverdes composés par Bertrand roulent sur des sujets guerriers; ils sont tous l'expression des passions viotentes de l'auteur, et Ton Yoit percer le désir de nuîrct

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