‹ France (volume 3)Chapitre 31 sur 105 · R L'UNIVERS. BOR · texte numérisé non relu

R L'UNIVERS. BOR

ftîémednns ceux qui, étant adressés à se reconnaître. Les forces des deux

des dames, semblent avoir été destinés armées en présence étaient égales en

à exprimer des sentiments plus doux, nombre : chacune d'elles comptait en-

'■»^^or\ U% y B^ertr and de Born,c.\x\l\\di viron cent trente mille combattants,

tiasii la poésie; on lui attribue deux Kutusofif, vieux guerrier et vainqueur

ties shroènUM insérés dans le recueil des Turcs, commandait les Russes, et

des Oîtivres de son père. Il fit hommage avait sous ses ordres le général Rarclay-

à Pliilippe-Auguste pour sa terre de de-Toily dirigeant la droite; le général

Hautefort, et suivit ce prince à la ba- Bagratioa la gauche, et le général Be-

Mle de Bouvineii, où Ton croit qui! nigsen le centre. Les corps français

fut tué. présents étaient, outre la vieille et

BoKXF.TL 'Girnud de), troubadour de la jeune garde, ceux des maréchaux

fa fin du douzième siècle, naquit à Davoust et î^ey, des princes Eugène

Excideuil, de parents pauvres. Ses et Poniatowski, les quatre grands

compositions poétiques le mirent au corps de cavalerie sous les généraux

ranidés phiS célèbres troubadours. Hontbrun, Nansouty, Latour-Mau-

\st Dante parle de lui dans la Divine bourg[ et Grouchy, lesquels obéissaient

comédie. IS'ous avons quatre-vingt- au roi de Naples.

defix pièces de Borneil, la plupart fort Le 7, le soleil se leva sans nuages,

obscures : quelques-unes sont satiri- et Napoléon, sortant de sa tente, dit

dues. H déplore dans plusieurs la perte à ses officiers : yoUà tm beau soMs

du véritable amour n lâ décadence dé e^est le soteU d^ÀusterUtt. Cependant

■te jonglerie. toute Tarmée a pris les armes, et cha-

BOBODINO (bataille de). C'est le nom que compagnie formée en cercle autour que les Russes donnent à la bataille ae son capitaine a entendu la proclaque nous appelons, nous, bataille de mation suivante de l'empereur : « Solw iiùscmm. Le viHage de Smtdino « data! voilà la bataille aue vous avec W situé &ur la route de Smolensk à « tant désirée. Désormais la victoire Moscou , à environ seize myriam. de « dépend de vous : elle nous est nécescette dernière ville, sur la rive gauche « saire; elle nous donnera l'abondance, de la Koioga, et sur la rive droite de « debonsquartiersd'hiveretunprompt la 9fù8caivay dont il est cependant « retour dans la patrie. Conduisez-vous léloigné d'environ trois mille mètres. « comme à Austerlitz, à FTîedland, à

Le 5 septembre 1812 , l'armée fran- « Witepsk, à Smolensk, et que la pos-

çaise, comn)andce par ÎS'apoléon, et « térite la plus reculée cite votre con-

is'avançant vers l'ancienne capitale de « duite dans cette journée; que l'on

Tempire moscovite, découvrit toute «dise de vous ; // élaii a la yratule

1*armée rasse en ordre de bataille, la « bataille sous les murs de Moscou. »

liroite du côté de îa Moscowa, la A six heures, le signal de la bataille

pnuche sur les hauteurs de la rive est donné. A notre droite, Davoust et

droite de la Kologa et le centre au nord Poniatowski , avec l'artillerie des gé-

de Borodino. Il était deux heures. En néraux Sorbier et Pernetti, et les divi-

Irrant de leur gauche, lesRuteesavafenl «ions Campns et Desaix, marchent

Ibrtifié un beau mamelon où ils avaient sur les positions de Bagration; à notre

placé dix mille hommes pour le défen- gauche, le prince Eugène attaque le

are. Napoléon résolut d'enlever sur- village de Borodino. Tout réussit d'a-

le-ohnmp cette position. A quatre heu- bord; mais Campans, Desaix, Rapp

res, le roi de JNaples, Joachim Murât, sout blessés; Davoust a un cheval

et le prince^oniatowski commencèrent tué sous lui. Ces aecklents oot cooi-

Vattaque. Une heure après, la redoute promis le premier succès. Alors Nef

était prise avec ses canons, et le corps reçoit l'ordre de recommencer le com-

russe ét.iit chassé de ses positions, où bat. Cependant Borodino est déjà au

il laissait quatre mille tues ou blessés- pouvoir du prince Eugène. 11 est

lA loarnée du lendemain se passa à sept heures. Davoust marche contre

Bagration; lïeyîe seconde; Eugèneattaquela grande redoute du centrede l'ennemi. Le triomphe couronne sur tous ces points la valeur fVançat8e.Toutefoî9, la grande redoute, au secoursdelaquelle KutusofTa envoyé des forces considérables, a été reprise par les Russes, mais ce n'est qu'après avoir fait de grandes pertes, èt après que le général français Bonamy qui la défendait eut été mis hors de combat. Après ce sue^ cès , Kutusoff porte ses masses sur sa gauche, oij Ney, Davoust et Poniatowski font de rapides progrès et se êùnt ènlparfo de prosfeurs redootes de Bagration, ët lance en m^me temps dix régiments et une multitude innombrable de Cosaques sur le prince Eugène. Napoléon envoie alors ses réserves de la ligne et une batterie de duatre-vingtfe canons an secours de sa oirolte, et lui-mâne marche sur Ye centre. Dans ce moment, mille pièces de canon vomissent la mort de part et d'autre. L'attaque et la défense sont également acharnées. Les Russes Ték^ tent impassibles sous la mitraille des Français : ceux-ci avancent tOJijours malgré la mitraille des Russes. Bientôt on se joint, on se charge à la baïonnette : la mêlée devient épouvantable.

La victoire est encore indécise. Mais enfin Ney et Bavoust *6ont parvenus à ouvrir un espace pour la cavalerie; alors Murât s'élance avec sa cavalerie sur l'ennemi , pénètre par les brèches

Sue la mitraille de nos canons a faites ans îes masses serrées des Russes et les escadrons de leurs cuirassiers , culbute tout et entre dans la grande redoute de gauche. Aussitôt il tourne contre les Russes les pièces de canon

Î|ui seth>uventdans la redoute. Bientdt e prince Eugèn e s'empare de nouveau de la grande redoute de droite oij vennit de pénétrer Caulaincourt, qui, un instant après, fut frappé d'un boulet et tomba Inort. Déjà, a la redoute de gauche, Blontbrun , à la téte de ses cuirassiers , avait eu le même sort. Dès ce moment, la bataille est gagnée. Néanmoins, pen* dant que la cavalerie de Grouchy presse la retraite d'une partie de l'armée hisse, une autre partie de cette méffiè

armée s'arrête sur le ravin deï>sarewô , et demeure, on ne sait pourquoi, exposée au feu de nos batteries , lesquelles causentd^efflroyaMes ravages dans leuri rangs, jus(|u'à la fia du jour. Ce ne ftit qu'a la nuit close qu'Hs s'éloignèrent.

Ln garde impériale française ne donna point dans cette bataille'. On en a fait un reprodie à Napoléon. Si ette eât donné, rarmée tasse éprounH HM' entière destruction. Mais, sans cela y ses pertes furent assez con<;idéral)tes î elle laissait sur le champ de bataille trente mille morts, parmi lesquels un grand nomlnpe dMIBekn's génémx^ dl entre autres, |e prince Ba^Mion. Etiè avait en outre à regretter quinze mille prisonniers, cinquante pièces de canon et plusieurs drapeaux. Les Français^ de leur côté, avaient à regretter quinze mille des leurs , deux générant m dM« sion et sept atftres oradîm i^éramxîB Plouzolle, Romeaf , Marion , Colvipère, Huart, Lanubère, et les deux dont nous avons déjà parlé, Montbrun et Auguste Cautaineoifrt* ■ JmmSs, retnn*^ Cfue le dix-huitièmè bulletin de ià campagne de Russie , on n*avttît vu iM pareil champ de bataille. » T^a victoît^ de la IMoscowa, autrement dite de Bo* rodino, ouvrit à l'armée française le chemin de Mosooo.

BoRY (Gabriel) , menAre de Tlnstr* tut, né à Paris , le 13 mars 1720 , fut successivement capitaine de vaisseau ^ chef d'escadre, et gouverneur de Saint'- Domingue. De savants tiravaux sur ték différentes parties de Tart nautiqul l'avaient fait nommer, avant la révo*-' lution, associé hbre de l'Académie éék sciences. Il fut admis, en 1796, à l'Institut, en remplacement de Ptngré. Il mourut à Pans, le 8 octobre iwl. H a publié un Mémoire sur les mmfêHè de purifier Vair des vaisseaux , UA autre Sur V administration de lama^ rine et des colonies^ 1789, 2 vol»

in-8*, et un grand nombre de travaux hydrographiques et astrbnomimiés', imprimés dans les recueils de 1 Aea^ "démie des sciences et de l'Institut.

BoRY DE Saint-Vincent ( J. B^.

IM. G.), naturaliste, géographe et mhlitaire distitigué , est né à Agéh , iA

m 'MA VUJXPfEMB.

1780. De boDue heure il montra les plus heureuses dispositions pour Fétude des sciences naturelles. DèsTâge

de quinze ans il avait attiré sur lui Tattention des savants , en adressant à la société d'histoire naturelle de Bordeaux deux mémoires fort remarquables, en effet , sur le Buâsus et les conserves^ et sur le défirichenieni du lÀzndes. Il fit partie, en 1800, en qualité de naturaliste, de Texpédition du capitaine Baudin. On sait que, pour 4es raiioi» relatives à la conduite du capitaiiie, la discorde se mit dans son état-major, et que près de la moitié des officiers et des savants qui étaient à bord rabandonna à Tiie de France.

M. Bory de Saint-Vincent fut du nombre de ceux qui se. retirèrent, sa santé ne lui permettant pas alors d'aller plus loin. Après son rétablissement, il fut employé à l'état-major de la colonie par le gouverneur Magallon de k Morlière, et obtint de ce chef toutes les facilités possibles pour visiter les îles du voisinage. L'île de la Réunion, aujourd'hui Bourbon, fixa surtout son attention; il la parcourut dans tous ks sens et en dressa la plus belle carte topographique qui eût jamais été gravée. En revenant en France, M. Bory de Saint-Vincent toucha à diverses îles d'Afrique, et notamment à Sainte- Hélène, dont il parvint à faire une excellente carte, malgré les difficultés qu'il eut à essuyer de la part des au* torités pourparcourir l'île. Outre ce résultat important, l'auteur rapporta de l'île un papillon magnifique, qui , malgré sa grande taille et la richesse de aes couleurs, avait échappé aux voya* geurs et n'ornait alors aucune collection. M. Bory de Saint-Vincent le fit connaître vingt ans après environ dans les Anncdes générales des sciences phffsiqwBS, et iNapoléon, lorsqu'il était prisonnier des Anglais , a nommé Throméthée ce beau papillon, « du « nom, dit-il, de ce grand mortel qui, « ayant dérobé un rayon du soleil pour « répandre la lumière parmi les bom- « mes , tilt attaché sur nn rocher par « les dieux jaloux. » M. Bory de Saint* .Viaoeat était à peine de retour en

France, depuis dix mois, lorsque parurent ses EttaiU sur !e» Ues Forfu*

nées et l'antique Atlantide , 1 vol.

in-4'', Paris, 1803. La relation de son Foyage dans les iles d'Afrique, 3 vol.

in-S**, avec un fort bel atlas grand in-4*' de plus de cinquante cartes et planches , Paris, 1804, suivit à quelques mois de distance. Cet 'ouvrage mérita à M. Bory de Saint-Vincent le titre de correspondant de l'Institut.

La guerre s'étant rallumée, il fut em- ^oyé en qualité de capitaine à Tétai* majorparticulierdn maréchal Davoust; il servit près de ce général jusqu'à la fin de la campagne d'Austerlitz , et passa avec avancement au 5* régiment de dragons au commencement de la campagne d*Iéna. Il ne quitta ce corps, en 1808, après la paix de TÎI»

sitt, que pour être attaché à l'état-major particulier du maréchal Ney, qui , se rendant en Espagne, désirait avoir près de lui un officier de cavalerie capable en même temps d*étre chdirgé de toutes sortes de reconnaissances.

Ce fut le chef d'état-niajor Jomini qui désigna M. Bory de Saint-Vincent au vainqueur d Élchingen. Bientôt après, il fut promu au grade de major, et resta auprès du maréchal Soiilt) sons les ordres duquel il fit la campagne que termina la bataille de Toulouse. Les événements de la guerre ayant phicé M. Bory de Saint-Vincent à la tête des troupes qui formaient la garnison d'Agen , il se trouva , par cette circonstance , commander sa

Sropre patrie pendant une quinzaine e jours. Rappelé peu de tenips après à Paris, lorsque le maréchal Soult fut nommé ministre de la guerre, M. Boiy de Saint-Vincent fut 1 un des huit colonels d'état-major employés au dépôt de la guerre, dont il fut exclu de fait par Tordonnance du 24 juillet 1815.

La paix , en rendant des loisirs à M. Bory de Saint-Vincent, lui permit de se vouer avec un nouveau zele aux sciences et à la littérature; il s'occupa de la rédaction du Nain jaune ; sa narticipation aux articles de cette fedUenériodlque lui fit de nombreux .ennemis. Occupé de ses foâctions an

kju,^ jd by Googli

dépôt de la guerre, il n'alla point audevant de Napoléon triomf>hant; mais il fut appelé par le département de Lot-et-Garonne à In chambre des représentants, qui IVnvoya en députation auprès de Tarmée. Dans ie cours de cette mission, il harangua plusieurs

ticati fs et ses pétitions qu'on peut considérer comme des ouvrages; une partie <Jcs Jnnales générales des sciences physiques , où la préface très-savante est de lui seul; plusieurs Mémoires dans les Nouvelles Annales de Eyriès et Halte-Brun, ou dans

divisions oui occupaient les hauteurs celles de AIM. Audouin et Brongniart; de Belleville et de la Villette, et sut près de la moitié des articles dont se exciter en elles un grand entiiousias- composent les dix premiers volumes me. Aussi fut-il porté sur les listes du Dictionnaire classique dliistoire de proscription du 24 juillet 1815, et /laiurelle, dont il fut ie directeur ou iKioni par la loi d*amnistie. Traqué par rédacteur principal ; tons les articles

d'histoire naturelle de VEncyclcpédle de Jf. Court in ; un Traité de l' homme; une Histoire des animaux microscopiques ^ uu i'issai sur la matière; enfin deux ouvrages sur rp.spagne, intitulés , Pun Guide du voyageur^ 1 vol. in-S"; l'autre Résume de la géographie physique , historique et

toutes les pdicesde TEurope, il avait été obligé , pour rester libre, de se cacher sous une multitude de déi^uisements. C'est alors que , forcé de chercher une retraite dans Jes carrières des environs de Maestriclit ,^ il composa l'histoire des vastes cryptes que renferme la montajïne. Celte his-

toire, qu'il publia en 1823, in-8", avec politique de la Péninsule, 1 vol. in-18

caries et planches , a pour titre :

f oyage souterraUi, Cependant on se lassa de persécuter M. Bory de Saint- Vincent; il fut honorablementaccueilli par les savants de Berlin , demeura pendant quelque temps dans la maison de Carnot à ISIagdebourg et à Aix-ta- Chapelle, et se fixa enfin à Bruxelles, où, s'associant à deux savants du ays, il publia , de concert avec eux , es jnnales généra/es des sciences physiques, 8 vol. in S", avec une mul-

de 500 pages, avec cartes.

Bos-Jban, terre et seigneurie de Bou ri^ogne , à V in^-deux kilomètres est de ChAlons, érigée en comté en IGS'i.

Bosc ( Louis-Augiiste Ciuiiiaume) , naturaliste, iils d'un médecin du roi, né à Paris le 9 janvier 1759, mort ie 11 juillet 1828, eut de bonne heure du gout pour l'histoire naturelle. Atta* rhé, de 1784 à 1788, à l'intendance des postes, dont il était secrétaire, il ne se livra que par intervalles et dans titûde'de plandies. Il s'occupait alors ses moments de loisir à sa science de

le

beaucoup de lithographie, et ne fut

pas étranger aux grands progrès que fil ce bel art dans les Pays-Bas. Rentré en France, en 1820 , M. Bory de Saint-Vincent fut chargé, en 1829, du commandement de Texpédition scientifique de iMorée. Depuis 1830 , il est chef du bureau historique au dépôt de la guerre et a été promu au grade de maréchal de camp. Outre les ouvra

prédilection; cependant ses premiers travaux, consignés dans ie Journal de physique, lui méritèrent d'honorables sutïrages. La protection du ministre Roland Tavalt élevé au rang d*admi« nistrateur général des postes; mais la révolution du 31 mai 1793 lui enleva sa place et son protecteur. Par un généreux dévouement, il accom[)agna jusqu'au pied de Téchafaud madame

es dont nous avons parlé, on a encore Roland , femme de l'ex-ministre , con-

t lui divers Mémoires sur plusieurs su* damnée à mort à cause de ses rekitions

jets d'histoire naturelle, insérés dans le avec les girondins. 11 se réfugia ensuite

Recueil de Capede et f 'dlers ^ dej)uis 1795 jusqu'à 17U8; quelques Mémoires imprimés dans les ' Annales du Muséum et dans Tanctéh Journal du Foyages de Malte- Brun; plusieurs éents politiques; ses Mémoires justi*

T. lu. 9* IÀorai9<m. (Dkt. BHCTca^., sic.)

dans la forêt de Montmorency, et y vécut trois ans, occupé exclusivement dMiistoire naturelle. C'est là qu'il pré* palra la première publication des niémoires que madame Roland lui avait confiés. £q 1796, le directeur Iiare>

' 110 BOS

veillère-Lepaux le fit envoyer en qualité de consul uux KtJits-T 'nis (l'Amérique^ s'il ne fut pas admis à remplir cette fonction diplomatique, il s'occupa du moins, pendant son séjour dans le nouveau monde, du soin de former de nouvelles collections d'histoire naturelle. Nommé à son retorir administrateur des hospices civils de la ville de Paris, il perdit cette place à la révolution du 18 brumaire. Il se livra dès lors entièrement à l'étude. Successivement nommé inspecteur des pépinières de Versailles, membre de la société d'agriculture de Paris, de la iodété d'encouragement et de Tlnstitut, il fit dans ces sociétés un nombre considérable de rapports , et donna une foule d'artirips à des journaux ou recueils scientili(jues. Il a laissé : Aoureau dictionnaire d hisloire naturelle (avec d'autres naturalistes et physiciens), 24 vol. in-8**: réin)primé en 30 vol.

in-S"; Histoire naturelle des coquilles , des vers et des crustac/s taisant suite au Buffon de Deterville), 1802, 10 vol. in-S"* ; Dictionnaire d'agriculture (avec d'autres membres de rinstitut), 1803-9 , 15 vol. in-8"; Annales d'agriculture (les 20 derniers vol.); Dictionnaire dagriculture et d'économie ruralCy de Vl^ncyclopédie méthodique (tes 3 derniers vol.), 1812-13, in-4*.

^ Bosc aVait succédé en 1825 au cé- * lèbre Jean Thouin, comme professeur de culture au Jardin des Plantes.

Bosc (L.-G.-P.), savant ecclésiastique, né dans le Rouergue, vers 1740, «st auteur d'un ouvrage estimé, pulilîé en 1793, en trois volumes m-8», sous le titre de Mémoire pour servir à Vhistoire du Houergue. Ou ignore la date de sa mort.

Bosc (Nicolas du), chancelier de France , était ori^inMre de la Normandie. Huit nomme, en 1874, évéque de Bayeux, et assista en cette qualité à la translation du corps de saint Louis, translation qui eut lieu en 1392, en présence de Charles VI. Il fut nommé président de la chambre des comptes de Paris au mois de février 1397, et fait chancelier au mois de novembre suivant. Il exer^ pes l'onctious jus-

BOS

qu'en 1^00, époque où le chancelier de Corbie fut rétabli. Mcolas du Bosc mourut à Paris, le 11) septembre 1406.

Bosc d Antic (Paui), médecin, né en 1726, mort en 1784, étudia la physique avec Tabbé Nollet, l'histoire na- | turelle avec Kéaumur, et fut désigné en 17.55, par l'Académie des sciences, dont il était correspondant, pour rétablir la manufacture déglaces de Saint- Gobin. Il composa sur l'art de la verrerie plusieurs mémoires qui contribuèrent aux perfectionnements que cet art a reçus en France.

BoscHET ( le P. Antoine ) , jésuite, est connu par une vive et spirituelle critique des ouvrages de Baillet, qui avait eu le double tort de parler tresfavorablement de Port-Royal et peu favorablement dn quelques-uns des bons Pères. Ses Jié/lexions sur tes jugements des savants et sesRéJlexiom d'un académicien sur la vie de Des* cartes eurent beaucoup de succès, ce dernier opuscule surtout, qui fut long* temps attribué au P. Letellier, Ton des meilleurs écrivains de la société.

Le P. Boschet mourut à la Flèche, en 1703, à Vù^e de soixante-cinq ans.

BoscHLEARD, terre et seigneurie de iVormandie, à seize kilomètres nord de Rouen ; érigée en barounie en

Bosco (combat de). L'aile droite de l'armée d'Italie continuait de combattre avec courage, maliçré des revers multipliés. Chargé de défendre Gènes, le général Saint-Cyr attaqua les Autrichiens, le 24 octobre 1799, sur Bosco , Bezzaluzzo et Pasturama.

Il connnnndait quatre mille hommes d'infanterie, mais il manquait entièrement de cavalerie et d'artillerie. La position de Teniiemi était excellente; il comptait dnq mille honmnes , dont douze cents cavaliers; il possédait en outre sept pièces decanon. Malgré leurs désavantages les Français s'avancent à la baïonnette; les Autrichiens sont mis en déroute; on leur fait mille prisonniers. Tous les corps de cette ar-> mée montrèrent un courage héroïque.

Pour récompenser leur valeur, en la personne de leur clief , le gouv^ce-

L'UKIVERS.

Mi

-mmit donna au général Saint-Cyr un •et.disltngué de ceux-ci papr UM éDorine

sabre magniflque, en l invitaat 4e le .porter aux jours de bataille.

BosTO (François-Joseph), sculpteur, est né à Monaco en 1769. Il se livra de bonne heure à la sculpture, vint à Paris étudier cet art à récole de Pajou; puis, après avoir suivi pendant

auelque temps la carrière des armes, retourna en Italie, dont il visita les principales villes, étudiant Tart an- d'eniperèor romain, et.de lîas-rdie6 tique et l'art italien, et produisant du dix-septième siècle? Noos ne sande nombreux ouvrages. Il revint à rions trop nous élever contre ce sys- Paris en 1808, et s'y fixa. Le sculpteur tème bâtard, contre cette maladroite Bartolini , qu'il avait connu à Flo- imitation de Taiitiquo; et si nous élerence , le présenta à Denon , qui lui Qt vons la voix à propos de cette &tad'abord peu d'aoeuejl , mais qui devint ,tue, Q*est que M. Bosio, rauleur .des 'son protecteur, lorsque M. Bosio lui bas-rellefo db la oolonnet est plus

perruque , se tenant roide sur un cheval

aui se cabre, le tout posé sur un piéestal , où deux bas-reliefs historiques, dans le style du tciups, représentent deux ûûts'de l'histoire du grand roi, est-ce bien là un monument, ou bien n'est-ce pas une caricature? Peut-op imaginer quelque chose de plus malheureux que cette combinaison de per/uque.

eut montré le modèle des vingt bas reliefs qu'il avait faits pour la colonne de la place Vendôme. A la uiéme époque M. Bosio exposa son Jlmourlath

Sont des traits^ Il fit ensuite le buste e Joséphine, et devint dès lors le sculpteur favori de la cour. On n en effet de lui quarante bustes des principaux jNBrsonnages de la cour de l'empereur.

JEn 1810, parut son groupe de VA* fnour séduisant t Innocence, qui fîit suivi d\irlsfée, etéeVHercm terrâtsant Acheloiis.

Sous la restauration, M. Bosio fut chargé de différents ouvrages; citons, entre autres , le Laids Xiy de la place des Victoires, le quadrige de Tare de triomphe du Carrousel, les statues du duc d'Ençhieu, de Mmtyon, de JUe»" ri ly enJarU, Les œuvres de M. Bosio sontjbien plus

coupable que ne le serait un autre d'avoir commis une pareille erreur.

A quoi donc attribuer cette aberratipn dans cet artiste , comme dans tant d'autres? A Tabsence d*étadif historiques et philosophiques; à Tabsence de convictions politiques et souvent même de sentiments patriotiques. Quand le conventiouoel David, exilé à Bruxelles, refusait de pein« dre Welliiu^on, en lui disant à trois reprises différentes : « Je ne peins que Vhistoire; » quand un autre David refusait, quoique pressé par la misère, d'élever à Londres un monupient qui aurait fiait sa fortune, meis qui fAtmé injurieux pour la France; quand laqt d'autres artistes mettent leur talent au service d'une idée, à laquelle ils so vouent tout entiers,' on ne remarque pas ces variations dans. leur style, et

.jiombreuses encore, mais nous avons 4>A ne les voit pas reptrodulre leur à

cité les plus importantes. Pour nous , le tour Thistoire des guerres de Napoléon^

beau temps de iM. Bosio, c'est l'empire; les hommes de l'empire, Louis XIY»

son chef-d'œuvre, ce sont ses bas- les hommes de la restauration, <es

reliefs de la colonne. Certes, la plus martyrs de la révolution, BliicUer, ia

•jKibte application quMl ait pu jfaifo nièoe'de Wellington, puis Jeshamnies

de son talent, c'était de reproduire, jou les femmes de 1830. Leur vie est

dans toute leur vérité, sur le bronze une; chezeux, le lendemain n'est jamais

ennemi , trophée de nos victoires , les immortelles actions de la campagne d*Au8terlitz. Mais à côté de cëtte manière d'entendre l'art dans ses 'duplications à l'histoire nationale, que

une négation de la veille. L'on n'est vraiment artiste qu'à la condition d'avoir une opinion et de lui vouer sa vie.

Bosquet (François de), l'un des flus savants prélats de Téglise de

wre delà statue de Louis Xl\'? Ce roi îrance, naquit à Narbonne en lOCâ. die F rùncei.vétu en empereur romaïu,! Il avait d'abord embrasé la carrière

Uididaire , et avait été successivement juge royal à Narbonne, procureur général du parlement de Rouen , intea-

dant de Guyenne, et ensuite de Languedoc, et il venait d'être nommé conseiller d'État, lorsqu'en 1650, il se démit de toutes ses places pour accepter révécbé de Lodève. L*évecbé de Montpellier étant ensuite venu à vaquer, il y fut nommé, et en prit possession en 1657. Dans ses fonctions épiscopales; Bosquet donna constamment Texemple de toutes les vertus chrétiennes, et mourut vivement regretté, le 24 juin 1676, après avoir administré son diocèse pendant près de vingt ans. Il était âge de soixante et onze ans. On a de ee savant prélat un assez grand nombre d'ouvrages , parmi lesquels nous citerons : MichaêUs Pselli synopsis legum, gr. cum. laf.

versione et notis, Paris, 1632, in-8**; Pontijicum romaiwrum, oui e Gallia orHtndi in ea sederunt, Aistoria ab €Uino 1305, ad annum 13$M, cum notlSy Paris, 1632, in-S». Baluze a donné une édition plus correcte de cet ouvrage. Lcclesix galiicanx hUtoriarumiwerprimns, Paris, 1638, in-8*; Spécimen iconis hUtorlcx cardinaUs Mazariîiiy Paris, 1660, in-4'^

BosQuiLLON ( Édouard- François- Marie), médecin et helléniste, nnquit à Montdidier le 30 mars 1744. 11 apprit de son père les éléments des langues anciennes, et, à Tâge de onze ans , il fut envoyé à Paris , chez les jésuites , pour ^continuer le cours de ses études. Il étudia ensuite la médecine, et fut reçu, à vingt-six ans, docleur-r^ent de la faculté. En 1774, il fut nommé professeur de langue et de philosophie grecques au collège de France, et devint successivement censeur royal, médecin de l'ilotel-Dieu de Paris, «t membre d'un grand nombre de sociétés savantes. Bosquillon a rendu, comme traducteur, de véritables services aux sciences. Il était rand bibliophile, et possédait la bîliotbè^ue la plus riche qu'un médecin ait jamais rassemblée , si l'on ea excepte Falconet(*). Atteint d'une ma« O Yoyes ce mot et l'article Aiiuoixi*

ladie lente, il prévit sa mort plusieurs années avant qu'elle arrivât , et n'en

conserva pas moins tout le calme de

son esprit. Il lit lui-même préparer sa tombe au cimetière du P. Lachaise, et alla l'essayer avec un sang-froid extraordinaire. Il mourut en novembre ISlfi. Les pauvres ent conservé la mémoire de ce niédedn bieiif:iisant , qui les aidait à la feis de ses ordonnances et de sa bourse. Les principaux ouvrages de Bosquillon sont : Trcutuction des AphorUmes et Prognostics ^ d'Hippocrate, Paris, 1784, 2 volumes in- 18, réimprimés en 1814 ; Traduction (les Eléments de Médecine pratique de CuUen, in-S*» , Paris, 1785; Traduetfon du TreM théorique et pratique des ulcères ^ par Benjamin Bell, Paris, 1788 - 1803, in-8° , etc.

Toutes ces traductions sont enrichies de notes nombreuses.

Bosse ( la ) , seigneurie dans le Vexin français, à douze kilomètres sud-ouest de Beauvais, érigée en baronnie Tan 159G.

Bosse (Abraham), graveur h Peauforte , né à Tours eu 1611 , vint étudier son art à Paris, fut reçu en 1651 à l'Académie de peinture, et nommé professeur de perspective. Il a publié un <:rand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons seulement les plus importants. Ce sont : le Moyen universel de pratiquer la perspective sur les tableaux et surjaces trréguliéres, Paris, lOfjiî, 2 volumes in-S" ; Traité de la manière de dessiner les ordres d'architecture ^ Paris, 1G84, in-folio ; et un TYaité des diverses manières de graver en taiUe'douce, Paris, 1045 et 1701, in-8^ Cochin Cls a publié en 1758 une T édition de cet ouvrage, où l'auteur entre dans de grands détails sur la pratique luauuelle

QUE, p. 3i3. LacolkcUoa de livres amassée par Bosquillon a été évatnée à plus de treille mille volumes. Klle renfermait tous

les écrits des médecins les plus célèbres, grecs , latins , arabes, français, italiens, auglais. Le catalogue de ccUe bibliodièaue^

qui a été publié, forflM un ToL ioriv da 4oo pacei.

ISS

de son art, ce qu'on n'avait point fait encore avant lui. On doit citer, parmi les gravures qui sont dues au buriu d*Abranam Bosse, le Recueil (Testam* pes pour servir à V histoire des plantes, exécuté par ordre de Louis XIV (3119 planches en 3 volinnes in-folio), d'après les peintures originales de Robert. Bosse, dont le caracœre ne pouvait se plier aux exigences de Lebrun, fut exclu de l'Académie par suite de sa mésintelligence avec cet artiste, alors tout-puissant. Il se retira à Tours, où il mourut m 1678.

BossB (Simon) donna des preuves de la plus rare intrépidité à la bataille d'Arcole, le 15 novembre 179G. Il était alors lieutenant à laSl^^denii-hrigade; il fut un des premiers otiiciers qui, sous le feu de Tennemi, traversèrent à la nage le canal près de son embouchure d:ins l'Adige. Pendant la campagne de 1813 , il commanda le 85'' régiment en qualité de chef de bataillon.

Lors de la capitulation de Dresde, il parvînt à sauver Paigle du régiment.

In conserva pendant la captivité du corps en Hongrie, et la rapporta en France en 1814. Cet officier est mort nuTior de la légion de Tarn-et-Garonne.

Bossu (N.) , cbef de bataillon à la 38* demi-brigade. Au moisd'août 1799, cet officier, alors sous-lieutenant, rencontra une colonne ennemie qui s'avançait dans le pays des Grisons entre Vasora et le Poat*du-Diable ; sans hésiter, il chargea, la baïonnette en avant, à la téte de ses grenadiers, culbuta tout ce qui lui opposait de la résistance, et fit 1200 prisonniers, dont 26 ofÛciers.

Bossu (N.) , cafiitaîHe de la marine française, né à Baigncux-les-Juifs, au commencement du dix-huitième siècle, est un des premiers voyageurs qui aient bien fait connaître la Louisiane et les peuples qui Thabitaient. Il fit, par ordre du gouvernement, trois voyages dans ce pays. L'histoire des découvertes qu'il y a faites se trouve dans deux ouvrages qu'il a publiés, et qui ont pour titre : Nouveaux voyages aux Indes occidentales , etc. , Paris, 1768 , et Nouveattx voyages dans

l'Jmérique septentrionale^ Amsterdam, 1777, iii-8°.

Bossu (Bené le), né en 1681 , chanoine régulier de Sainte-Geneviève, sons-prieur de l'abbaye de Saint-Jean de Chartres , a fait un traité du poème épique , où il n'omet aucune oes règles , ni aucune des ressources du genre. Mais il n'y a. rien de plus inutile que ces ouvrages où l'on enseigne minutieusement au poète tout ce qu'il lui est nécessaire ou possible de faire, et qui font de l'art un lien commun.

D'ailleurs , le P. le Bossu n*a pas un gout très-sûr; il veut que le poëme épique ait toujours un but moral , ce qui est un principe louable assurément, mais non pas incontestable; et il prétend tirer ce principe d'Uomère, qui a voulu , selon lui , montrer dans 1 Iliade les inconvénients de la dis-

corde.

Le plus

souvent , il ne voit

Homère qu'a travers Aristote ou la

f)oétiquc moderne ; et il en résulte que es règles qu'il appuie sur le poète ne sont pas toujours évidentes. Il loue Homère d'avoir compris la durée de l'Iliade en vîn;îl-sept jours, et il invite tout poète épique qui aura à raconter comme lui des batailles , à se renfermer dans des dimensions semblables ; et sa raison , c'est qu'Aristote a dit que ce qui est violent ne peut durer. Ce traité n'a eu de la réputation que parce que la critique n'était

Ëas encore formée du temps de le iossu. On a encore de cet auteur un parallèle de la philosophie de Descartes et d'Aristote.

BossLKT ( Jacques - Et iiiiine ). — L'homme qui devait être, au di\-soptième siècle, la lumière de l'^.^iise, par sa science, ses vertus, son zele, et la gloire des lettres, par la grandeur de son génie et de sou éloquence, naquit à Dijon, dans la nuit du 27 au :28 septembre de Tannée 1637. Dès son en* fance, il fit augurer benucoup de lut par la promptitude singulièrement heureuse de son intelligence, parla gravité de son esprit, et pnr son ardent amour de l'étude et du sa\oli-. A une raison prématurée , il joignait une vive cbaledr d*imai(înation. A treize

nos

L'UKIVERS.

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nns, ayant ouvert une Bible dans Ja

bibliotlièqtie de son père, il se passionna pour cette lecture avec un leu, avec des, transports et des ravisse- MMt qéi étonnaient et charmaient feoys* ceux qui en étaient témoins ; sa Vocation se révélait, au plaisir que lui faisaient éprouver ces pieuses leçons, ces imap^es hardies , ce vigoureux langage de l'Écriture. Les jésuites de Dijon , chez lesquels fl avait été placé , eussent voulu s'attacher un tel disciple. Dès l'age de huit ans , Bossuet avait été voué par sa famille au ministère ecclésiastique ; et , n'étant encore qu'en seconde, il avait été nommé à un canpnieat de la cathédrale de Metz. Mats son père, ambitieux pour Ifii , ne répondit pas au désir de ses maîtres ; et peut-être est-il heureux que Bossuet ne soit point entré dans eefte compagnie , où le talent était le bienvenu , mais où il abdiquait son originalité , et s'effarait en quelque sorte pour travailler à l'intérêt général dans un esprit de corps trop exclusif.

Après avoir achevé sa rhétorique chez les jésuites , Bossuet fut conduit à Parts, et vînt faire sa philosophie dans ce célèbre collège de Navarre, dont une reine du quatorzième siècle avait été la fondatrice. Il en fut bientôt le |)remier élève. Dans les exercices intérieurs de cette maison, il se montrait déjà orateur. Interrogé devant tout le collège réuni sur des questions de théologie et de philosophie, il improvisait sur-le-champ un discours avec une so- Uidtté de jugement et un éclat de parole qui rempiissaientd'étonncment et d'orgueil les supérieurs de cet étahiissement, et surtout l'homme vertueux qui en était le chef, Nicolas Cornet. Envoyé un jour comme représentant du collée de Navarre à une espèce d'épreuve puhlinue, où l'Université faisait montre ae ses meilleurs élèves, il fut si ferme et si brillant, que la nouvelle de son succès parvint Jusqu'à l'hdtel de Rambouillet , cette réunion si curieuse et si avide de tout ce qui était esprit, savoir, éloquence. Il fallut que Nicolas Cornet envoyât le jpune orateur à cette ingénieusû et t ri vole

assemblée. O^^sait quels applaudi|||h

ments accueillirent ce sermon prononcé à onze heures du soir dans un salon, et quelle pointe lit Balzac poi|r célébrer un mérite si précoce. Pus tard, Bossuet eilt regardé comme une vanité répréhensible cet emploi mondain de la parole sainte. Mais alors, quoique d'une humeur déjà grave et sévère , il partageait entre les lettre et la religion son zèle et son enthousiasme ; et il est certain qu*à cette époque il alla plusieurs fois au théâtre où Ton représentait les chefs-d'œuvre de Corneille , pour y étudier les règles de la déclamation oratoire.

Déjà le jeune ecclésiastique s*était attiré, par ses hautes qualités, la faveurqu l'nmitié de personnages éminents dans rUniversite , le clergé et la noblesse.

L'origine de sa liaison avec le grand €ondé mérite d*étre rapportée, il soutenait en Sorbonne sa thèse de bachelier devant la facilité de théologie, lorsque le vainqueur de Rocroy et de Fribourg vint s'asseoir parmi ses auditeurs. Bossuet inUodutsit dans son discours Içs éloges les plus llatteun pour le prince avec tant de naturel et de mesure, puis, revenant à son sujet , et comme excité par la présence d'uQ tel juge, il soutint ses preuves, et combattit celles de ses adversaires avec tant de précision , de lumière et de chaleur, que Coudé, ravi, lui voua dès cet instant une estime et une amitié qui ne lirent que s'accroître dans la suite , et qu*il fui conserva jusqu'à la mort.

En 1653, la thèse de licence fut pour Kossuet l'occasion d'un autre triomphe; cependant il ne fut pas reçu le premier : ce fut M. de Kancé. qu^ obtint cet honneur. Quelques mois après, Bossuet re<çut la prêtrise, et partit pour Metz, où on venait de l'élever au rang d'archidiacre. Six années qu'il passa dans cette ville furent activement employées, soit à remplir les fouctiot^ qui lui avaient été confiées, .soit à compléter, par de fortes études, ses connaissances en théologie, soit à convertir ou à réfuter les protestants qui étaient en assez grand nombre dans oette

province. Plusieurs abjurations inontrèrent quel empire il savait prendre Sûr les âmes. Le ministre des réformés de Metz ayant publié un catéchisme où il entreprenait de.démoa* trerqae les fidèles ne pouvaient espérer leur salut dans l'Église romaine , iiossuet lui répliqua d'une manière qui frappa également d*admiratloii réfor* ■mi et catholiques. On trouve déjà dHM la Réfutation du catéchisme de PatU Ferri ces grands traits d'éloquence qui sont si simples, et dont la beauté tient surtout à la force de la pensée et à l'élévation du sentiment, c Votre nouveauté, dit-il à ses adversaires, s'égalera-t-elle à cette antiquité vénérable, à cette constance de tant de siècles, à cette majesté de r£glise?

Qpi étes*vous , et d on yenez-voas ? A ^ aves-TOttS succédé ? Où était TÉ* ^îiie de Dieu , lorsque vous êtes parus tout d'un coup dans le monde? Cherchez les antiquités , lisez les historiens et les saints docteurs , etc. » Ace . langage , on reconnut un homme fait pour renouveler an dix-septième siècle les prodiges que l'éloquence chrétienne avait opérés dans les premiers temps de rÉgtise^ Dans les chaires de Metz où il montait souvent , Bossuet ne portait pas moins d*autorité et d'ar^ deur. Une mission que la reine mère, de concert avec saint Vincent de Paul, fit prêcher dans cette ville pour la conversion des protestants , l'eut pour principal cher, et fut redevable de ses fluœès à l'activité de son zèle et à la puissance de sa parole.

Déjà aussi se montre en Bossuet cet espritd'intolerancequi leUtquelquefois sortir des bornes de son ministère. Le iieotenant général de Metz ayant commencé des poursuites contre un protestant soupçonné d'avoir fait violence à la conscience d'une domestique au lit de mort, tous les coreligionnaires de l'aocasé prirent sa défense, et se nhrent en devoir de porter plainte à la cour et d'évoquer l'affaire au conseil. Bossuet craij^nit de les voir réussir par cette voie , et il s'empressa de la leur fermer, en prévenant saint Vlaentlde Paul, et en le priant d'à*

gir et de faire agir la reine, pour que les plaignants fussent renvoyés à la juridiction qui leur offrait le moins de chances favorables. Il faut avouer que cette manœuvre , qui eut un plein succès, était d'un homme plus dévoué à la cause de la religion que scrupuleux sur les moyens de la servir.

En 1656, Bossuetfitun voyageàPariSv pour y traiter quelques affaires qui intéressaient le chapitre de Metz. Il prêcha dans plusieurs églises pendant son séjour, et avec tant de succès, que la reine mère voulut l'entendre. Toute la cour fax étonnée et séduite par le langage de cet homme qui lui oecouvrait avee' tant (le grandeur le néant des plaisirs et de la puissance, et l'humiliait si éloquemment. Ici commence dans la vie de Bossuet une nouvelle période ■pendant laquelle, prédicateur de la cour à Paris, sans oublier les fonctions qu'il conservait à Metz , il se partage entre ces deux villes , et, dans l'une et l'autre, travaille sans relâche à la conversion des nrotestants , dont il réve la réunion générale à TÉglise romaine.

Il passa dans ces occupations diverses onze années, jusqu'à sa nomination à l'évéché de Condom, arrivée en 1669.

La plupart des sermons que nous avons de lui ont été prononcés dans cet intervalle. Quoiqu'il les préparât rapidement, et les improvisât en quelque sorte la plume a la main, on y trouve des beautés d'autant plus di* gnes d*admtration , qu'aucun prédicateur avant lui n'avait connu le véritable caractère de l'éloquence chrétienne.

Chaque discours , écrit avec une simplicité tière et animée , est semé de traits sublimes qui égalent les passai ges les plus vantés des oraisons Aïoè^ Eres. Quelquefois on y rencontre des pensées et des mouvements, et même des phrases entières , qu'on avait admirées et relues depuis longtemps dans les oraisons tiinèbret, sans savoir que c*étaient des emprunts faits par Bossuet à lui-même. C'est ainsi qu'on lit dans un sermon sur la mort ce magnilique et terrible développement de la pensée de Tertullieo, si souvent remarqué dans f^ifon fo*

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LTINIVERS. B08

nhbre àe}faclame : «^Notre chair change bientôt de nature; notre corps prend un autre nom ; même celui de cadavre, dit Tertullien , ne lui reste pas longtemps, etc. » Ce qui ne frappe pas moins dans ces sermons que la fréquente sublimité du langage, c'est Ja connaissanoe da coeur humain que Bossuet y déploie, c'est la profondeur et la déHcatesse avec laquelle il analyse et peint les passions qu'il voudrait anéantir.

On ne s'explique pas comment la Harpe a pu dire qu& Bossuet était médiacre dans la prédication. Il fallait qu'il eflt bien peu lu ce qu'il osait ju- ÇCr. Il est inutile de réfuter cette étrange opinion, dont on a t'ait justice. Du reste, il est vrai que, connue tous les ouvrages improvisés , ces sermons ont des parties ou la simplicité et la facilité sont portées au pointd'affaiblir l'intérêt. Il faut avouer aussi que parfois la vivacité des mouvements y est trop heurtée. Ce sont des ébauches d'un génie puissant , qui tantôt se borne au langage familier d'une conversation édifiante , et tantôt , s'élancant avec une fougue et un désordre sublimes, prodigue les grandes pensées et les images saisissantes. C'est sans doute à cause de ces inégalités que Voltaire a mis Bossuet au-dessous de Bourdaloue dans l'éloquence du sermon.

I\Iais si dans ses discours qu'il méditait à loisir, Bourdaloueest plus adtevé, plus serré, plus soutenu, a t-il jamais cette action , cette variété, et ce don si rare de créer sans effort des expressions marquées au coin du sublime Au surplus, peu nous importe ici la question de la prééminence, tout ce que nous voulons, c'est qu'on s'accorde <à reconnaître dans les sermons de Bossuet, malgré leur irrégularité, les parties les plus essentielles de l'éloquence. Nous ne croyons pas al 1er trop loin en ajoutant que la manière même dont ils ont été composés, leur donne un feu et une liberté qui peut-être révèlent mieux Toriginalité de Bossuet que la grandeur plus xégulière des oraisons Idnèiires.

Dans cette carrière de prédicateur, li glorieusement remplie , un des

moments les plus brillants fut l'Avent de[ 1661 , pendant lequel Souis XIV vint pour la première fois entendre Bossuet. Il fut si vivement frappé, qu'il voulut lui donner une marq|^uc particulière d'admiration et d'intérêt :

il lit écrire à son père pour le féliciter d'avoir m teljUs,

Dans les intervalles de ses prédica* tions , Bossuet revenait à la composition d'un ouvrage qu'il avait entrepris pour éclaircir la controverse avec les protestants, et préparer une fusion entre les deux Églises. A cette fin , il exposait dans toute leur simplicité les principes fondamentaux du catholicisme , compris dans les canons du concile de Trente. V Exposition de la doctrine catholique parut un chef* d'œuvre de clarté , de précision et de logique. Ce fut un véritable coup porté à la réforme. -Les ministres prolestants, 'embarrassés pour répondre, prétendirent que Bossuet, dauf le désir de ménager une conciliation , s'était écarté de la tradition véritable. Bossuet n'avait accordé que ce que l'Église sacrifiait sans peine, et ne regardait comme indifférentes que les questions étrangères au dogme luimême , comme celle de la communion sous les deux espèces. ÎVIais comme son livre resta longtemps manuscrit, le mensonge des protestants s'accrédita auprès des gens du monde ; et madame de Sévigné parle de ï Exposition à sa lille, qui avait des prétentions 5 être cartésienne et esprit fort, connue d'un ouvrage qui lui convient, par sa simplicité et ses accommodements. VEX' positton n'avait d'abord été destinée qu'à l'instruction d'une saile personne.

Bossuet avait pris la plume pour achever dt' dissiper les doutes d'un homme illustre qui se sentait attiré vers le catholicisme, moins par ambition, comme on l'a dit, que par un de ces mouvements religieux qui agitaient si souvent les âmes au dix-septième siècle, ïurenne était venu trouver Bossuet, et se remettre entre ses mains. Les

Klus grands personnages se faisaient jsdisciples respectueux et dociles d'un simple prêtre : on s'inclinait devant la

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puissance du raisonnement , de Péloquence et de l'enthousiasme. Tureniie y céda , et son abjuration, qui fit tant de bruit ^ couvrit Bossuet de gloire aux yeux de l'Église et du monde.

Vers le même temps , les membres les plus élevés du clerî^é de Paris lui rendirent un éclatant hommage en l'invoquant comme conciliateur dans une querelle qui agitait tous les esprits, et où l'autorité des évéques et du pape même venait échouer contre la résistance opiniâtre de quelques religieuses.

On refusait à Port-Royal de signer le formulaire qui condamnait les fameuses propositions. Bossiiet écrivit aux religfeuses pour les inviter à Fobéissnnce; et sa lettre, admirablement propre à persuader, porte l'empreinte d^me modération qu'il eut rarement dans ses combats avec les sectes infl* dèles ou ennemies. Le jansénisme trouva toujours dans Bossuet un adversaire, mais jamais un persécuteur; sans doute, ce qui adoucissait sa rigueur, c*était le respect et Testime ^o*ii ne pouvait 8*empéclier de ressentir pour les vertus et les talents des principaux personnages de Port-Royal.

Malgré la réunion si puissante de la douceur et de la raison , la lettre de Bossuet ne produisit point TefTetqo^on en avait attendu : Tesprit de secte s'était emparé des religieuses, et elles ne signèrent que lorsqu'un nouveau pape eut introduit, dans le formulaire, un mot nouveau dont le sens équivoque fiiTorisait la restriction mentale.

La querelle du jansénisme ayant paru apaisée, ri^.glise n'eut plus à lutter qu'avec les protestants: Arnauld et ses aisciplesportèrent de ce côte toute leur ardeur. Cest alors qu'on vit cette même société de Port-Royal prier le roi de lui donner Bossuet pour censeur des ouvrages qu'elle se proposait de publier contre la réforme. Bossuet n'était pas évéqiue, et quand le premier volume de la Perpétuité de la foi eut été achevé par les soKtaires, ce fut son approbation qui en autorisa la lecture.

Il était à quarante-deux ans , sans di-

Snité et sans titres , le véritable chef • relise française. Il ne dertit pas

seulement son autorité à l'éclat du gépie, mais au respect qu'inspiraient la pureté de ses mœurs et sa profonde piété.

£n parlant ici de la Tertu et de la conviction de Bossuet , nous ne craignons

pas d'être dupe d'une de ces erreurs que la séduction exercée par le génie , ou Tart complaisant des biographes, impose trop souvent à la postérité. Tel Bossuet se montre à nous dans ses écrits, tel il fut dans toute sa vie et dans toutes ses actions privées ou publiques. Ceux qui répètent qu'il vécut marié ne savent pas que ce bnn't n'a d'autre fondement qu'une calomnie insérée dans un libelle par un moine défroqué, huit ans après la mort de Bossuet. Voltaire même est obligé de reconnaître l'imposture dans la notice

Su'ii consacre à Bossuet à la fin du ièck de Lotiis Xir. Du reste , cette notice est loin d'être en tout digne de confiance ; si Voltaire se refuse à croire que Bossuet vécut marié, il raconte qu'un contrat de mariage secret fut signé entre Bossuet, encore très-jeune, et mademoiselle Desvieux de Mauléon, que cet acte ne fut pai'suivi de la célébration , à cause de l'entrée de Bossuet dans les ordres, et que des reprises matrimoniales furent faites à fa mort de Bossuet. Rien de tout cela ne peut passer pour vrai, comme le démontre de la manière la plus satisfaisante M. de Bausset, dans une de ses pièces justificatives. Cette notice de Voltaire a été faite avec une grande légèreté. Pourquoi après avoir dit que la célébration du mariage n'eut pas lieu , njoute-t-il que mademoiselle de Mauleou n'abusa jamais du dangereux secret qu'elle avait entre les mains. Ce secret iravait rien de dangereux , si le contrat n'avait pas eu de suite. Après avoir rendu jus* tice à la pureté des liaisons qui subsistèrent entre Bossuet et celle qu'il prétend avoir été sa fiancée , pourquoi rapporte*t*il , sans le réfuter, un root scandaleux où l'on ne peut voir autre chose que la satire d'un commerce illégitime et secret avec mademoiselle de Mauléon } Peut-être y a-t-ii au fond beaucoup de perfidie dans cette légà*

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