X. iiu W livraison, (Dici. engygl.i bxc
116 Ms vxm
du pape ? Quel est le sens de cette distinction ? Selon lui , le pape n'e^t
i)as infaillible; mais il ne peut, même orsqu'ii est tombé dans Terreur , se séparer de l'Église, ni cesser d'en être le chef, parce que, rÉi^lit-e se h.Uant de réprimer et de condamner son er-, reur , il n'est pas possible quMl ne la rejette pas aussitôt. Cette distinction n*est pas digne de Bossuet. En définitive, il faisait résider dans l'i^i^lise l'infaillibilité quMI refusait au pape, et attribuait la souveraine puissance à l'aristocratie des évéques. Mais où s'arrêtait le droit des évéques? Où commençait la monarchie papale?
Erdin, quelle raison y avait-il pour accorder à l'ensemble des autojilés ecclésiastiques TinfaillibilUé refusée au chef principal? Que d'objections Bossuet soulève, et par combien de côtés ce puissant athlète est devenu vulnérable !
Dans la même discussion , il sépare expressément le pouvoir spirituel du pouvoir temporel; et, quoique ayant pour lui l'ordre du Christ ae rendre à César ce qui est à César, les décisions antérieures des évéques gallicans, et enfin l'irrécusable témoignage de la raison et du sens commun , toutefois il s'engage , par cette distinction positive, dans des difficultés, insolubles peut-être, mais dont assurément il ne parvient ças à se tiler a^rec succès. Si l'empietemenl de l'un des deux pouvoirs sur l'autre est traité par lui d'usurpation coupable, que fait-il de tant de siècles, où IT.glise, par la nature mênie de sa constitution , empiétait de tant de manières sur la puissance des rois f Inévitablement placé en lace de Thistoire, Bossuet ne peut que condamner faiblement, ou interpréter avec subtilité, ou garder le silence. Quoi qu'il fasse, il révèle une longue erreur, et fournil des armes à Tincrédulité et à Tbérésie.
Que la position de Bossuet est changée! Jusqu'ici, interprète simple et fort de la doctrine religieuse , logicien inattaquable dans la manière dont il développe ses conséquences» il i'cinbsif Mse nmi'if'ffwflF^^ djuis sa pco*
rERS. Bas
pre discussion, et ouvre, malgré luimcmc, dans le magniûque édifice élevé par ses mains , ûà brèches qu'il s'efforce e[i vain de réparer. Il est donc bien difficile de rester jusqu'au bout exempt de contradictions et d'incohérence , et l'unité est une chose bien peu compatible avec la nature humaine, puisqu'elle n'existe pas dans de tels nommes, etquedesgéniessi fennesetsi croyants ne peuvent suivre jusqu'au bout une ligne inflexible. Au milieu des sujets de joie que lui donnèrent l'imposant accord de TÉçlise de France <C l'esprit de modération que gardéarent constamment ses chefs, Bossuet dut tristemerit sentir Tinutilitc de ses efforts pour replacer les borne-.» où devaient s'arrêter les opinions. Il lui échappe de temps en temps des ex-
Î>re8sions qui trahissent le regret tt 'inquiétude. Ces sentiments percent surtout dans sa lettre à Tabbé de Kancé. Même dans le discours d'ouverture sur l'unité de l'Église, oa sent, malgré l'habileté qui le dirige, et l'enthousiasme qui l'anime, un secret malaise que cause à ce génie, amoureux de la simplicité et de la rectitude, la fausseté de sa position.
Aussi, dès qu'il cessa d'être occupé de ces démêlés, il revint, avec plus de chaleur que jamais, à la polémique contre les réformes , comme pour y chercher un dédommagement, et rendre d'un côté à l'unité de l'Église ce qu'elle avait perdu de l'autre.
Bientôt un de ses vœux les plus chers fut exaucé: l'autorité royale vint frapper un grand coup pour opérer en France la destruction du protestantisme. La révocation de l'édit de Iïa&* tes le remplit d'une joie contre la* quelle se soulève riiumanité de notre temps, mais que toute la France catholique éprouvait avec lui. Si , dans l'oraison funèbre du diancelier dont la main mourante avait scellé l'édit de proscription, Bossuet célèbre avec un transport d'allégresse ce triomphe de la foi , et salue dans T.ouis XIV un nouveau CondaïUin y un nouveau Théodùse, un nouveau Charlemagne^ de semblables mouvements d'adinuft^
FRAIfCB.
lîon éclatent dans tous les écrits contemporains; et il n'est pas jusqu'aux lettres d*UDe femme célèbre par les grfloes légères de son esprit et la bonté de son cœur , où l'on ne trouve un éloge sérieux de Tarrêt impitoyable qui nous révolte aujourd'hui. « Vous aurez vu sans doute , dit madame de Sévigné, l'édit par lequel le roi ré?o« qae celui de Nantes. Rien n*est si beau que ce qu'il contient, et jamais aucun roi n'a fait et ne fera rien de plus mémorable. » Cette erreur était celle de toute une nation , trop attaèbée à m foi pour être tolérante.
Bussy-Rabutîn écrivait dans le même temps (*) : < J'a(hnire la conduite du roi pour ruiner les huguenots; les guerres qu'on leur a faites autrefois, et les Saint-Barthélémy, ont mnltipilé el donné vigueur à cette secte ; Sa Majesté l'a sapée petit à petit , et l'édit
au'ii vient de donner , soutenu des ragons et de Bourdaloue , a été le coup de grâce. » Du moins on ne trouva Bokte part dans les écrits de Bosaoet l*approbation des rigueurs qui aîiienèrent l'exil de tant de familres et les luttes sanglantes des Cévennes et du Vivarais. Ou est iieureux é'apprendrs des contemporains , qu'il éloigna toufours de son diocèse les missions armées : il disait qu'il ne pourrait jamais regarder les baiovr Tiettes comme des moyens de conver*
Si celle modération de Boasuet à régafd des protestants n*était attestée par des témoignages certains , on pourrait en douter, en lisant dans le discours prononcé , en 1681 , sur f unité de lïglise, guatre ans avant la révocation de l'éoit , un passage d'une sévérité menaçante, impitoyable, oh il invoque contre les ennemis de la foi tous les moyens de contrainte dont les princes disposent. Il cite iomiiie modèle à Louis XIY ce roi dPAogteterre qui disait à son clergé-:
Ego Constantini^ vos Pétri gladium in manibm habetis :jungamusdea'teras-t yladium glacUo copmemus: «J'ai
OU
« le glaive de Constantin à la main, et a vous y avez celui de Pierre ;donnons- «nous la main , et joignons le glaive •au glaive. » Il s'écrie avee on enthou* ilasme cruel et révoltant : « Ne craî* gnez rien, saints évêques ; si lesbommes sont assez rebelles pour ne pas croire à vos paroles, qui sont celles de Jésua-Christ , des châtiments rigoureux leur en feront, malgré qu'ils eu aient, sentir la force, et la puissance royale ne vous manquera jamais. ') Heureusement l'homme n'était pas, chez Bossuet, aussi impitoyable que le théologien. Sa conduite envers les protestants fut loin de répondra a cet odieux langage. Une nouvelle preuve de cette heureuse inconsé-
2ueace, ce sont les lettres qu'il écrivit riutendant du Languedoc, M. de BasvUle, pour 8*opposer à la contraint^ par laquelle on obtenait la présenoa des nouveaux convertis à la messe.
Cependant , tout en rendant justice à cette modération qui l'honore, on doit dire qu'il aurait pu faire plus encora pour les opprimés , et combattre la persécution par une intervention plus active et plus étendue. Ces lettres à M. de Basviile ne furent écrites qu'en 1698 lorsque déjà, dans tes diocèses du Midi , les plus grands eicès avaient été commis, lorsque des populations entières avaient été réduites au désespoir. 11 faut savoir, en outre, que si Bossuet était moins sévère que M. de Basviile sur la question de la messe . ^ voulait comme lui qu*on arrachât les enfants aux pères, pour les conduire aux écoles catholiques ; qu'il était inflexible sur la question du mariage ; qu'il admettait, dans certains cas, des contraintes et des amendes. L*huma« nité, la bonté, étaient dans le carac« tère et dans le cœur de Bossuet ; par son génie et sa croyance, il était porté à la dureté, et, pour tout dire, à la tyiaonie. De là, ce mélange de n^eash eee et de ménagements; de là, cette protection restreinte par des rigueurs; de là, cette demi -tolérance , où il faut convenir, en delinitive, qu'il s'est tenn à l'égard des protestants.
AfKèa la lévocatioa ét l*édît dit.fita«h
14» * SOS 'UMiVEllS. BOS
tes , Bossuet , qui déjà avait quitté la cour , se consacra plus que jamais au Boin de son diocèse. Il y déploya' toutes les vertus d'un évéque des anciens jours. On est forcé d'admirer en lui Thomme de bien mitan^t que l'homme de génie, quand on le \x)it prodiguer les aumônes j multiplier les visites pastorales , entretenir de longues correspondances avec d'humbles rdigieuses sur la pra* tique du salut ; enseigner le catéchisme aux petits enfants , au retour .de cette solennité où son éloquence avait payé à la gloire d*un héros un tribut immortel. En finissant Foraison funèbre de Condé , le plus magnifique monument que le génie puisse élever au génie , Bossuet avait dit adieu à ces pompes de la mort, à cette fondre et majestueuse arène de Téloquenoe dont il se croyait éloigné désormais par son âge et par ses devoirs, et jamais il n'avait- été aussi grand que lorsque, après avoir réuni autour des restes de IMllustre et pieux guerrier sa famille, ses amis, ses soldats, et toutes les gloires de la France , il s'était avancé lui-même , avec la majesté de ses cheveux blancs , et l'accent pathétique d une voix qu'on ne devait plus entendre pour rendre à son tour les derniers devoirs à ce tombeau , et y recueillir une leçon et un exemple pour lui-même. Mais dans le premier moment, ce discours, auquel rien n'est comparable, ne produisit pas l'entraînement auquel nous ne pouvons résister en le lisant , et Bossuet essuya d'étranges critiques. Bussy- Rabutin écrivit : « L'oraison funèbre de M. de Meaux n'a lait honneur ni au mort ni à l'orateur. » La cour a|>« plaudit faiblement. Ce qui indisposait Bussy-Rabutin et la cour, c'était un des passages les plus admirés aujourd'hui, c'était le magnilique parallèle de Turenne et de Condé. On trouvait que dans ce parallèle l'orateur ne s'était pas assez souvenu de la supériorité qu'assuraient à Condé les actions de sa vie et le rang qu'il avait occupé à la cour. On lui reprochait surtout d'avoir oublié les usages en Isâssant aussi peu de distance entre un prince du sang et
un Bouillon. Par manie d'étiquette, beaucoup plus que par impartialité historique , on se choqua de ce passage où il nous semble qne Bossuet, juste à l'égard des deux grands hommes, relève encore la gloire de Condé par les éloges qu'il donne à Turenne. 11 faut savoir que la famille des Bouillon , par ses prétentions et ses usurpations récefites,* s'était attiré des inimitiés nombreuses. Cette aversion éclatait alors d'autant plus librement, que les Bouillon venaient d'être disgraciés. On accusa Bossuet d'être sorti de son sujet d'une manière offensante pour son héros ; et le comte de Grammont , pour faire sa cour au roi , lui dit , en revenant de Notre-Dame : « Je « viens d entendre l'oraison funèbre de « M. de Turenne. »
Au reste, cette injusti<^, qui offre un trait de mœurs assez curieux , fut de courte durée , et Ton s'aperçut bientôt de la perfection d'un éloge où Bossuet s'était surpassé lui-même. La Bruyère ne fut que l'interprète du sentiment universel , lorsque, en 1693 , dans son discours de réception à l'Académie, il j)hira Bossuet au premier rang des orateurs. Mais si Bossuet était sensible à la douceur de la louange, il dut être plus flatté , lorsque la Bruyère le proclama un défenseur de la religion, une lumière de l'Kglise, et qu'il s'écria : « Parlons d'avance le langage de lajpostérité : un Père de l'Église. » £n efïet, combattre l'hérésie, ramener les âmes égarées , affermir la foi des fidèles , rendre droite et sûre la voie du tr.oupeau de Dieu , telle fut la véritable , la seule ambition de Bossuet.
Aspirer, en parlant ou en écrivant, à la gloire littéraire, lui paraissait une vanité. On peut affirmer qu'il n'attachait d'importance à ses plus beaux ouvrages , qu'à cause de l'influence
3 u'ils avaient pu exercer dans l'intérêt e la cause religieuse. A ses yeux , la parole n'était rien par elle-même, et tout esprit sérieux ne devait l'employer que comme un instrument d'action our la pensée. Dans l'oraison funère du P.* Boureoing , il avait tracé avec un Père de ïtffm le portrait de
Torateur chrétien : « Son discours, avait-il dit, se répand à la manière d'un torrent ; et s'il trouve en son chemin les fleurs de l'élocution , il les entratne plutôt après lui par sa propre impétuosité , qu'il ne les cueille avec choix pour se parer d'un tel ornement. »
Cette figure semble avoir été faite pour Bossuft , tant elle le peint an vrai fot-roéme.
Cette réunion du naturel et de l'éclat, de la facilité et de la force, parut au plus haut degré dans un nouvel ouvrage , fruit des courts loisirs
2ue lui laissait le soin de son diocèse* 'est cette Histoire des variations, qui , en présentant , dans un récit plein d'action et de vie, les événements delà réforme, découvre la faiblesse et la honte de son origine , et poursuit ses contradictions et ses* mensonges d'un raisonnement et d'une ironie impitoyables. En même temps qu'il lançait contre les reformés cet acte d accusation accablant , qui produisît de nombreuses conversions , et entre autres , dans le siècle suivant , celle de l'historien Gibbon, auquel manqua, il est vrai , le don de la persévérance, Bossuet adressait aux religieuses d'un couvent de Meaut les MédttaiUms sur FÉvangile , et les Élévations sur les mystères , pensées graves et touchantes, pieux élans, ardentes extases d'une âme que ravit la contemplation des perfections divines.
Les bornes de cet article ne permettent pas de parler de tant d'autres ouvrages de Bossuet qui appartiennent à cette époque, du Traité de la communion sous les deux espèces, de rOfoifon fimè^e dAnne de Gonzague, des Lettres pastorales, de la correspondance avec Leibnitz sur un projet de réunion des luthériens. L'activité de Bossuet était prodiffîeuse , et la vieillesse n*6tait rien à Ta fécondité et à la vigueur de son génie. Il se délassait en jouissant du plaisir de la conversation, au milieu de la société d'amis qu'il réunissait souvent à sa maison de Germigny.
Souvept , dans ses promenades sous les omlwages de son par€« il marchait
BOS 149
environné d'un groupe de savants ecclésiastiques , d*bommes de lettres renommés , de seigneurs illustres , gui étaient fiers de posséder son amitié, et jouissaient délicieusement d*un tel commerce. L'entretien, sérieux sans contrainte , roulait de préférence sur les affaires de l'Église, ou sur des questions de piété. Souvent aussi, Bossuet, oubliant les sévères arr^ qu'il avait plus d'une fois portés contre les lettres , et le plaisir qu'elles procurent , s'entretenait sur le mérite des ouvrages contemporains, sur lea règles de 1 art , invoquait les anciens, récitait d'une voix émue des morceaux de Virgile ou d'Homère, et ravissait ses auditeurs par l'enthousiasme avec lequel il parlait de la douceur de l'un et de la sublimité de l'autre.
Au nombre des premiers amis de Bossuet , se trouvaient , outre l'abbé Fleury et Fénelon, dont nous avons parlé, la Bruyère , Péiisson , Saateuil, valincour, M. de Gordemoi f M. dellalézieux. Fénelon s'était attaché à Bossuet dès sa première jeunesse ; il s'était formé sous sa direction bienveillante, et il avait dû à sa recommandation la place de précepteur au-
i»rès du duc oe Bourgogne. Bossuet e chérissait pour son génie, et sur* tout pour l'aimable candeur de sonca* ractère. Un démêlé théologique causé par le goût de Fénelon pour les idées d'une femme à Timagi nation mystique, vint, à l'époque où nous sommes parvenus, troubler leur union, et la rompre.
Nous n'exposerons pas ici les faits de la controverse du quiétisme , racontés tant de fois , et dont le résumé trouvera place ailleurs dans ce recueil. On a porté contre Bossuet l'accusation de jalousie : on a dit que s'il n'avait été poussé par un sentiment de cette nature , il n'aurait point attaqué Tinnoœnte rêverie d'une imagination pieuse, comme une dangereuse hérésie. On ne peut croire que telle ait été l'inspiration de Bossuet, en déclarant la guerre a Fénelon. Lors même qu'il eut pu être envieux , il n'aurait point eu de sujet de l'être, car sa gloire était as* ses haute pour n'avoir rien à cvaiii-
IfiO mm L'UNIVERS.
ire , même des éclatants succès de de sa doctrine. Le spectacle de la lutte
Fénelon. Mais son âme était trop emprunte un grancf intérêt h œ oon-
grande pour être accessible à une pas- traste , et il est fâcheux que Taversion
sion aussi basse , et tout ce que Von qu'on éprouve pour les matières théo-
connaît de sa vie et de son caractère logiques éloigne de cette étude tant
repousse une telle supposition. S'il a de lecteurs,
engagé le combat avee Fénelon , c'est ■ La vieillesse de Bossuet fut une
fue^ dane cette doctrine qui paraît sans suite de combats pour la foi. A
conséquence à des esprits indifférents, peine avait-il terrassé le quiétisme,
il y avait en effet de q^uoi alarmer une qu'il attaqua , devant l'assemblée du
foi aussi vive que la sienne; c'est que clergé de 1700, les jansénistes et les
la pur amour , recommandé comme jésuites : les premiers , pour avoir
.10 plus sûr cbemin du salut, produi- protesté, dans de nouveaux ouvrages,
:l9it, OQimne conséquences, rmdiflfé- contre les arrêts qui condamnaient
fence pour les pratiques religieuses et Jansénius ; les seconds , à cause du
la paresse contemplative de l'âme; danger de quelques-uns de leurs écrits,
c'est que la dignité et le génie de i'au- où Ta casuistique ébranlait les bases
leur des M^tipàwéeêsaintÊ donnaient de la morale. Les décrets que Tassem-
a Terreur des chances de succès. Ce blée rendit contre les deux sociétés
3u'il faut reprocher à Bossuet, c'est furent son ouvrage, llieii n'échappait
e n'avoir pas su se maîtriser dans la au vigilant regard qu'il portait sans
discussion ; c'est d'avoir cniblié, en cesse sur toutes les parties du grand
natîsme et de mauvaise foi , de l'avoir ses coups quiconque troublait , par appelé le M ont an du ne autre Pris- l'erreur ou la révolte, l'harmonie de cille ^ c'est d'avoir effrayé Louis XIV TÉglise. Un docteur, Richard Simon, par drà rapports exagérés , afin de se préparant à publier une version de mettre pour lui dans le débat la puis- l'Ancien Testament , où , avec une insance royale; c'est d'avoir trempé dépendance d'esprit qui s'appuyait sur dans les intrigues que son neveu, des connaissances étendues, il adopl'abbé Bossuet , formait à Rome pour tait des sens nouveaux, jetait des douarracher une condamnation au pape tes sur Tauthenticité de quelques parinoartain. Dans cette affaire, comme ties , et fiiisait ressortir les variations .dans d'autres « toujours à cause du de la doctrine , Bossuet se leva , et le aèle jaloux avec lequel il veillait sur vieil évéque, agissant avec la vivacité l'arche sainte, Bossuet ne fut ni assez d'un jeune houjme , lit suspendre l'immodéré, ni assez scrupuleux. Aussi, pression, condamner l'auteur, etdesquoiqu'il ait pleinement raison dans tituer un professeur-de Sorbonne qui sa polémique-, quoique la défense de lui avait été favorable. On dit qu'il Fénelon soit, au fond, subtile, obs- attacha plus d'importance à cette afcure, désavouée par la véritable theo- faire qu'à celle du quiétisme. Il eut logie, et souvent par le bon sens, c'est raison, car c'était un des premierç à Fénelon que rintérét s'attache , symptômes de cette inquiétude et de c'est Fénelon qui emporte les sympa- cette indépendance qui allaient faire tbies de quiconque se remet sous les de si grands progrès dans le siècle yeoi les écrits et la lutte des deux ad- suivant: Richard Simon avait fait de versaires. On s'éloigne de Bossuet, l'érudition une arme pour la critique parce qu'il a raison avec trop d'amer- et pour le doute. Dans le même temps, tume et de violence; on est gagné à des jésuites, revenus de la Chine, an- Fénelon , et par la persécution qu'il Bonçaient qu'ils avaient trouvé dans subit , et par la grâce , l'émotion , le cette contrée la connaissance de l'upatlnétique qu'il jette sur les aubtiiiiés nité et de la perfection de Dieu éta-
BOS
FRAJNGE.
BOS
tit
bile depuis des siècles; une religion simple et pure , des mœurs dignes de servir de modèle aux chrétiens. L'incrédulité s*empara de ces récits , qui de?aient fournir tant d^arguments à Voltaire : la Sorbonne intervint , dé<* Clara mensongères les relations des jésuites ; et Bossuet , dans une instruction pastorale de 1701 , tonna contre l'athéisme des Chinois. Cette colère était prévoyante , et la prudence de Bossuet l'avertissait du aanger de ces opinions , qui , en accoraant un rayon de la lumière divine à des peuples oncipiis , entièrement isolés du peuple juif, déplacent le centre de la tradition , et ouvrent au doute une larîie f)orte. Mais , confiant dans la stabilité promise par Dieu à son Église, il ne prévit pas toute l'étendue des. ravages qu'allait faire dans le tiède suivant l'esprit nouveau , et aucune crainte séneose ne troubla ses derniers jours.
Depuis quelque temps, il ressentait des douleurs qui s'accrurent, et- ne laissèrent plus douter qu'il ne f&t attaqué de la pierre. Son âge avancé ne permit pas de tenter une opération. Bossuet mourut lentement, au milieu de cruelles soul'frarices , contre lesquelles il se fortifia par tous les secours de la foi , et dans les intervalles desquelles il ébauchait encore de nouveaux écrits pour la cause derKglise.il mourut le 12nvril, à Tâge de 77 ans. Peu de vies ont été aussi pleines que la sienne. Le nombre des travaux qui la remplissent est immense , et chacun de ces travaux est un service rendu à la religion , ou un présent immortel fait aux lettres.
Une telle vie est un des plus merveilleux spectacles qu'il soit donné à l'intelligence de contempler. Théologien, prêtre , orateur , écrivain , sous quelque face qu'on renvisaii;e, Bossuet a une grandeur qui étonne riînagination et raccubSe. IVlais , pour résumer ses titres , empruntons les paroles d'un orateur illustre qui Pavait connu , et l'a juçé comme la postérité. Saluons en lui , avec iMassillon , « un gém'e « vaste et heureux j une candeur qui
« caractérise toujours les grandes « âmes et les esprits du premier or- « dre ; l'ornement de Pépiscopat ; un « évéque au milieu de la cour ; l'homme « de tous les talents et de toutes lef « sciences ; le docteur de toutes les « églises; la terreur de toutes les sec- « tes; le Père du dix-septième siècle, «a qui il n'a manqué que d'être né * dans les premiers temps , pour avoir « été la lamièredes conciles, rAme^det «Pères assemblés, dicté des canons, « et présidé à Nicée et à Éphèse (*). »
BossiiT (aflaire de). Au moment où Dumourier pénétra dans la Belgique, une première action eut lien contre huit mille Autrichiens placés à Bossut, près Saint-Guilain, en Hainault. Elle ftit chaude, mais la précision du tir de rartillerie, la célérité de ses manœuvres, la valeur avec laquelle chargèrent les dragons, décidèrent l'action.
Cette affaire, qui précéda de quelques jours la bataille de Jemmapes, valut aux Français cinq cents prisonniers ; on compta deux cents Autrichiens étendus sur le champ de bataille. Ce succès n'avait rien de décisif, mais il était important après les revers qu'on venait d'éprouver, et rendait la oonflance aux troupes.
fiossuT ( Charles ) , géomètre célèbre, naquit à Tartaras, département du Rhône, le 11 août 1730. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, il en prit l'habil chez les jésuites de Lyon, oix il avait fait ses études avec un succès remarquable. Mais entraîné vers l'étude des mathématiques par un pen^ chant irrésistible, il vint à Paris, après avoir terminé sa philosophie, et eut le bonheur d'y faire la connaissance de Fontenelle, qui l'accueillit avec bonté et le présenta à Clairaut et à d*Alembert. Ces deux savants devinèrent son aptitude, et devinrent ses {guides dans ses premiers travaux scientifiques. Bossut, à l'âge de vingt -deux ans, fut nommé professeur de mathématiques à l'école du génie de Mézières. Le mérite des ouvrages qu'il publia lui acquit,'çn peu de temps, le sulfrage del
(*) Oraison funèbre du dauphin.