BOT
L'UNIVERS
savants, et ce suffrage finit par être celui de l'académie des sciences, qui Tadmit dans son sein. La révolution lui enleva ses emplois, <fbi faisaient presque tous ses moyens d'existence.
Déjà dans un 3ge avancé, il vécut dans une grande retraite pendant le moment le plus dangereux de nos orages politiques. Il reparut quand le calme se rétablit, fut nommé membre de rinstitut, et successivement examinateur de l'école polytechnique et membre de la Légion d'honneur. Bossut jouit, dans un âge très-avancé, de toute la considération que ses talents lui avaient méritée, et lorsque les infirmités ne lui permirent plus d'exercer les fonctions de sa place , le gouvernement lui en conserva le traitement.
Il mourut, âgé de quatre-vingt-quatre ans , le 14 janYÎer tst4. Sa mémoire est en vénération ches les savants et les gens de bien. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons seulement les plus répandus, ceux qui ont eu le succès lie plus populaire; ce sont un lYaUê élémentaire de mécanique et de dy»
namique. Charleville, 17G3; des liecherches svr Valtéîatinn que l'éther 'peut produire dans le mouvement des planètes. Paris, 1766; un Cours complet de Mathématiques ( 1795 h 1801 , OU 1808, 7 vol. in-8° ), qui a longtemps partagé la vogue avec celui de Bezout ; et une Histoire générale des Mathématiques ( 1810, 2 vol. in- 8* ). Cet ouvrage fut mal aonieilli des savants, oui lui reprochèrent d'être trop superficiel; mais Bossut ne l'avait pas composé pour eux, c'est ce que prouvent évidemment ses Considérations sur le livre de Montucla.
BosxoniBNS. C'est ainsi que l'on ap> pelait en France, vers 1777, les Américains des États-Unis, parce que l'insurrection avait couunencé à Boston.
BoTAGE ou BouTËiLLAGE , cu latin hctagiMmy dérivé du substantif botu, qui signifie bouteille. C'était un droit qui se percevait sur le vin , et non pas, comme quelques auteurs l'ont cru mal à propos, une redevance qui s'acquittait avec des huiete ( sorte de hotte) , ou qu'on dlgsait de ceux qui bouioieKt
la vigne en terre. Ainsi , quand , dans une charte de Lancelin IV, seigneur de Beaugency (1158), ou d'Étienne de Blois , il est question du botatdum de Tavers , ou du botagium de Blois , il faut entendre un impôt prélevé sur le vin uniquement.
BoTON (Pierre ), né à Mâcon dans le seizième siècle, fut un des écrivains français les plus féconds de son épo-
3ue. Nous eiterons seulement ici celui e ses ouvrai^es qui a pour titre : Les trois visiotis de Childéric^ quafriétne roi de France , pronostics des guer* res cioUes de ce royaume , et la projette de BasinCy sa femme ^ sur les victoires et conquestes de Henri de Bourbon , roi de France et de Na^ varre. (Voyez à l'article Ba sine la légende qui a fourni le sujet de cet ouvrage.)
BoTT (Jean de), architecte, né en France en 1G70, forcé de quitter sa patrie à la révocation de l'édit de Nantes , alla chercher un asile en Hollande, puis en Prusse, où il fut charge, par le roi Frédéric V\ de construire l'arsenal de Berlin, qui passe pour l'un des plus beaux édifices de l'Allemagne. De Bott dirigea ensuite, sous le règne de Frédéric-Guillaume, la construction des fortifications de We« sel. Il mourut à Dresde en 1745.
BouBERS (Alexandre- François- Joseph), général de brii^ade, né 'à Lions (Picardie) le 5 jan\ier 174-1, lit ses
Kremières armes dans le corps des vomtaires de Belle- Isic, et les deux campa,£înes sur mer, de 1 7.57 et 1758 , à bord de la frégate le Maréchal-de-Belle- Isle, commandée jjar le brave ïhurot.
En 1759 et 1760, il fut inscrif comme surnuméraire parmi les gardes de la marine au dépôt de Brest. Il entra en qualité d'aspirant d'artillerie à In Fère en 1700; fut nommé élève en 1763; lieutenant en 1764, et cauitainc ea 1774. Il s*embarqua pour la Guadeloupe en 1775 , revint en France en 1777, et fut nommé lieutenant-colonel en 1792. Employé ù l'état-ninjor de Tartillerie^ il assista à la bataille de Jemmapes, au bombaidement de Maestricfat en 1793, et à la bataille de
FEAIHGB.
Kerwinden. Kommét la même année,
colonel d'artillerie , il fit les campagnes
de l'an ii et de Tan m , aux armées du Nord et des Ardennes. Élevé au grade de général de brigade au blocus de Maabeuge, en Tan ii, il fut aus à la retraite le 29 brumaire an T, et nommé officier de la Léc^ion d'honneur dans le mois de prairial on xii.
Bouc, terre et seif^neurie de Provence, à cinq kilom. sud d'Aix, érigée co marquisat en 1690.
Boirc4mxBs. — On appelle ainsi les premiers aventuriers français qui habitèrent Saint - Doiningue. Ils étaient , en 1636, au nombre de trois mille, la plupart Normands. Ce nom de bouca« lùers leor venait de ce quMls se réunis- Baient après leurs chnsses pour boucaner m rôtir les chairs des bœufs qu'ils avaient tués. Ils avaient, pour cela, des boucans^ lesquels consistaient en un espace assez grand de terre défrichée, où se trouvaient les claies sur lesquelles on faisait boucaner la viande, une place pour étendre les cuirs, et des baraques, appelées cyoupas, où les chasseurs se mettaient a rabri de la ploie et du soleil, mais qui étaient ouyertes à tous les vents. T>cs boucaniers n'avaient ni femmes ni enfants, et s'associaient deux à deux pour se prêter mutuellement secours au besoin.
Ces oouples vivaient dans la plus parfaite communauté ; tout ce que laissait le mourant appartenait au survivant ; ils appelaient cela s'emmatelotler, d'où est venu le mot mattlottage, cjui, dans les colonies, désigne particulièrement fétat de deux femmes ou de deux hommes qui ont en commun le même homme ou la même femme. Au reste, les boucaniers en agissaient entre eux avec la plus grande liberté , et celui gui commettait le inoindre larcin était Ignominieusement chassé du corps.
Les boucaniers neconnaissaientd'aiitres lois que les conventions qu'ils avaient faites entre eux, et dont ils avaient forme une coutume qui était leur unique règle de conduite. Ils fondaient leur droit d'en agir ainsi , sur ce qu'en passant le tropique , ils avaient reçu un baptême qui les affranchissait de
tonte obligation antdKemrement contractée. Ils ne dépendaient point du gouvernement de la Tortue, auquel ils rendaient quelquefois hommage; ils n'avaient aucune religion, et même avaient quitté leurs noms de fiimille pour des sobriquets on des noms de guerre, dont la plupart ont passé à leurs descendants. Leur habillement consistait en une chemise tachée du sang des animaux qu'ils tuaient; un caleçon plus sale encore , et fait comme un tablier de brasseur, <feit-àdire, ouvert par le bas; une courroie qui leur servait de ceinture , et d*ou pendait une large gaine, dans laquelle étaient quelques couteaux flamands, avec une espèce de sabre fort court, appelé manchette; un chapeau sans bords, excepté sur le devant. Point de bas , et des souliers faits de peaux de cochon. Leurs fusils avaient un canon de quatre pieds et demi de long. Chacun de ces boucaniers avait .
à sa suite plus ou moins d'engagés (voyez ce mot), suivant ses facultés, et une meute de vingt ou trente chiens. La chasse du bœuf était leur principale occupation ; c'était, on doit le penser, de hardis chasseurs. Quand la béte était à demi écorchée, le maître, c'està-dire, celui qui préjjarait la cuisine
{>our les autres , en tirait un gros os ecassait, et en suçait la moelle; c'é^it son déjeuner ; il abandonnait les autres à ses engagés. Les boucaniers continuaient leurs chusses , jusqu'à ce qu'ils eussent tué autant de bœufs qu'il y avait de personnes, et ne s'en retournaient à la grande terre qu'après avoir réuni le nombre de cuirs qu'ils avaient promis aux marchands qui les attendaient à la Tortue, ou à quelque autre port de l'île. Leurs principaux boucans étaient la presqu'île de Samana, la Petite tie, le port Margot, la Savane bnllée, vers les Gonaïves, rembarradère du Mirebalais, et le fond de l'Ile à Vache.
Les Espagnols , craignant de voir les
boucaniers, qui étaient tous Français , et dont le nombre s'était considérablement accru , s'emparer de l'île entière, entreprirent contre eux une guerre à
tu
BOU
outrance. Mais *en braves , quoique' toujdun moins grand nombre ^ue
leurs ennemis, repoussèrent constaminont leurs attaques , et les défirent souvent; ils en tuèrent quelquefois un si grand nombre, que plusieurs rivières conservent encore aujourd'hui le nom de rivières du Massacre , qu'elles doivent aux défaites que les Espagnols ont éprouvées sur leurs bords. \a\ cour de Madrid (it de grands préparatifs, et envoya de nouvelles troupes sous les ordres d'un vieil officier qui avait servi avec dislinclion dans les guerres des Pays-Ras ; mais son armée fui taillée en pièces , et il perdit lui-même la vie. Découragés par le mauvais succès de cette tentative , les Espagnols recommencèrent alors contre les boucaniers la guerre de détail , qui fut pour eux plus heureuse, et força les boncaniers a changer la position de leurs boucans. A la fin, ces intrépides chasseurs •désespérant, après des combats sanglants , de pouvoir continuer leur vie aventureuse , et voyant leurs rangs s'éclaircir chaque jour, leurs pertes n*étant jamais réparées , furent contraints les uns de se faire habitants et de défricher les quartiers du grand et du petit Goave; les autres, de se ranger parmi les flibustiers (voyez ce mot), qui alors seulement commencérent à fonder leur vaste renommée dans les Antilles. Tels furent les boucaniers, ces hommes qui, les premiers, ouvrirent à la France le chemin d'une terre qui devait devenir une de ses plus riches colonies, et qui, pourtant , ne recurent de leur mere patrie aucun secours ni en argent , ni en provisions, pas ra^me quelques-unes de ces paroles d'encouragement , (jui , d'orn inaire, coûtent si peu et font cependant exécuter de si grandes choses.
Bouchage (le), terre et seigneurie du ' Dauphiné, érigée en baronnie en 1478, et depuis en comté.
BoucHAiN, Buccînium y Bocha- Mnnit ville forte dans le Hainaut, à dix kilomètres sud-est de Douai , jadis capitale de TOstrevain, faisant aujourd'hui partie du département du JMord, et comptant douze cents habi-
tants. Cette ville fut bitfe , dit-on , par
Pépin; cependant, le plus ancien titre
oij il en soit fait mention , est un diplôme signé par Charles le Simple , en 899. Elle fut prise et brûlée par l'empereur Henri lY en 1 103 ; dès le dixième siècle , elle avait eu ses seigneurs oa châtelains, dont le dernier la vendit, en H(;u, à Baudouin IV, comte de Hainaut. Ce prince la fit entourer de murs et y fit construire un château.
Louis XI la -prit en 1477, et la rendit , Tannée suivante, à Tarchiduc Maximilien. Les Français s'en rendirent maîtres de nouveau, et y mirent le feu en 1Ô21 ; elle se rendit, en 1580, au comte de Mansfeld , et fut réduite en cendres quelques jours aprèi. Des incendies la détruisirent de nouveau en 1GI2 et eu 1G.j5. Prise par les Français en l(i7() , et cédée a la France à la paix de Nimegue, reprise par les alliés en 17f 1 , et par les Français en 1713, c'est seulement à la paix d*Utrecht qu'elle (it définitivement partie du territoire Irançais.
BoucuABi) (Alain) , avocat au parlement de Renues, est le premier qui ait donné une histoire complète de la Bretagne, sa patrie. Cette histoire parut en i ; elle a pour titre : Les grandes ch roniques de lireiaignc.par' lant de très pieux nobles et très bel' Uqueux roys, dttcSy princes, barthu et autres gens nobles, tant de la Brefaigney dite à présent Angleterre, fjue de notre Jiretaigne de présent érigée en duché, etc.. Ces cbronicjues ont été plusieurs fois réimprimées.
BoucHABD (Alexis-Daniel), savant théologien, né à Besançon vers 1680, mort en cette ville en HoS, avait rom- [)os(> un grand nombre d'ouvraiies; mais deux seulement ont été publiés; ce sont : 1* Juris Csesaris, $pu civilis, înstituOones brèves, admodum faciles et accttratas ; ad Jus antiquum ac fiorissivimn, ipsnsqite pofissimfnn Justin in nftis instiluliones accnt?} modal iv, 1 7 lo, 2 vol. \\\-\2\fti2'' Sunnnula coneÙiorum generaUum sett Romanœ cath, Eeclesiœ, Paris , 1717.
EorcHARD (Amaury) , chancelier du roi de Kavarre , né à Saint^Jean-d'An-
mu FRAlfGE. «OV lis
gely.vers la fin du quinzième siècle, a
SuÙié, pour combattre une opinion u célèbre juriseonralte Tiraqneau^ un ouvrage intitalé : Feminei sexus âpologia Paris, 1512, in-4<». On lui a rc-
f)roché d'avoir trahi son maître , en ivrant, en 1560, ses secrets aux Guises; mais il paraît que c'est un de ses fils gu*0D doit accuser de ce crime ; il étail trop vieax alors pour s'occuper d'intrigues politiques.
BoucHARDON ( Edme ) , l'un des meilleurs sculpteurs du dix -huitième siècle, naquit en 1698, à Chaumont.
Son père, sculpteur et architecte , après avoir été son premier maître, renvoya à Paris , étudier à !*école de Coustoû le jeune. Bouchardon nyant obtenu le grand prix, alla en Italie. L'antique et M8 œuvres de Raphaël ftirent les objets de ses études les plus sérieusps. De retour à Paris en 1732, Bouchardon étudia à fond l'nnntomie, et fit les dessins des planches du traité publié par Huguier, en 1741. Il ilt ensuite , pour le trâité des oierres
{gravées de Màriette, les dessins a'après esquels ont été crnvées les planches de cet ouvrage ; et il disait que l'étude des monuments représentés dans cet ouvrage avait eu pour lui les mémeè résultats que celle des bas-reliefs et de la statuaire antiques. Si nous avons insisté sur ces travaux et ces études de Bouchardon, c'est que cet artiste est Tuu de' ceux qui ont arrêté l'art français, dans sa décadence , et qu'il doit le peu de sévérité que Ton trouve encore dans ses ouvrages à l'étude de la nature et des chefs-d'œuvre de l'art antique. Cependant Bouchardon ne fut pas ce qu*il aurait pu être dans un autre silde; il sacrina trop encore au goût de son temps, et Ton reproche de la manière et trop de fini à ses œuvres. Cependant disons , pour être juste, surtout envers un artiste qui travailla pour la cour de Louis XV^ que son dessin est en général correct, et que ses ouvratîps sont agréables , bien qu'un peu froids. Son chef d'(euvre est la fontaine de la rue de Grenelle , à Paris. Il a Ml aussi , pour Yeiiiilles et Gros-Bois , plusieurs roof^
ceaux remarquables. Bouchardon avait été reçu à l'Académie en 1744. Dès 17»{, fi était dessinateur de TAcadémie des bdica-lettres. Il mourut le 17 juillet 1763. Claude Vassé est le seul élève que l'on connaisse de Bouchar« don.
BoucHAUD (Marie-Antoine) naquit à Paris le 16 avril 1719. Reçu agrégé de la faculté de droit de Parisien 1747^
il débuta bientôt après, dans la carrière des lettres, par les articles Cori' cile, Décret de (/ratien, Décretaie et Fausses décrétales, de rEncyclopédie.
Mais sa coopération à ce çranu monument du dix-huitième siècle, tout en l'assoeiant à la gloire des d'Alembert, des Diderot, etc., nuisit considérablement à son avancement. On le rei^arda comme un des adeptes de cette l^hilosophie , au triomphe de laquelle était consacrée T Encyclopédie; et on lui fit attendre quinze ans une chaire de professeur, à laquelle il avait droit par ses talents et sa science. Bouchaud se consola de cette injustice en cultl*vant les lettnes. Apres avoir publié quelques traductions de l'anglais , il adressa, en 1766, à l'Acadéinie des inscriptions et belles-lettres , un Essai historique sur Fimpùê du 20* sur les successions, et de l'impôt sur les mar^ cha7iff(sps , chez les Romains; et la même année, cette compagnie le reçut au nombre de ses membres. Bientôt après, il obtint cette chaire de droit qu*on hii avait refusée. Lorsqu*on er^ , en 1774, une chaire de droit au collège de France, ce fut lui qui en fut chargé. Knjin, en 1785, il fut nommé conseiller d'État. Compris dans la troisième classe de PInstitut, lors delà réorganisation des Académies, en 1 796,11 mourut à Pa^ ris, en 1804, âgé de quatre-vingt-cinq ans. Outre l'essai que nous avons cité, Bouchaud a encore publié plusieurs ouvrages justement estimés. Les plus importants sont des Recherches htsfth riques sur la poHee des Romains , concernant les grands chemins^ les rues et les marchés y Paris, 1784, in-S*, et UD Commentaire sur la loi des Douze Tables, 1787 et 1803, ia-4*. Ce commentaire étàit le mettieur et le
plus complet qui eût encore été publié.
Bouche ( Honoré), né à Aix en 1698, s'est acquis une jaste célébrité par son histoire de Provence. Cet ouvrage, qui a pour titre, Chorographie, ou description de la Provence, et histoire chronologique du ménie pays , fornfie 3 Tohimes in-folio, et fut imprimé à Aix, en 1664, aux frais des états de la province. C'est peut-être la meilleure histoire locale que nous ayons. Bouche mourut à Aix en 1671.
Un autre Bouchb ( Charles-Frauooîs avocat au pariement d*Aiz, et député à FAssemblée législative à à la Convention, s'est aussi fait connaître par de savantes reciierches sur son pays natal. Son principal ouvrage est un Eiêai sur C histoire de Provence y tukd des Provençaux célèbres , Marseille, 1785, % volumes in-4\ U mourut en 1794.
Bouche ( la ) et les mains. — C'était l'expression consacrée pour dési-
Sner Thommage que le vassal devait son seigneur. Quand on trouve dans les coutumes que le vassal ne doit à son seigneur que la bouche et les mains , cela signifie au'il ne lui doit qu'un simple acte de roi et hommage, et rien de plus. Cette formalité de la bouche et des mains était rigoureusement exigée. Le vassal devait la bouche à son seigneur pour lui témoigner rétroite union dans laquelle il désirait vivre avec lui. et ce baiser étoit ouel-
3uefois appelé oseuhm pad$ ; il lui evait les mains en signe de soumission et de fidélité.
Voici , suivant Bouteiller (*}, comment se rendait cet hommage :
« Doit rhomme joindre ses deux « mains en nom d'humilité , et mettre « ès deux mains de son seigneur en « signe que tout lui voue et promet « foy : et le seigneur ainsi le rei^oit et «aussi lui promet à garder toy et « loyauté, et doit Tbomme dire ces pa- « rôles : Sire, je viens en vostre hom- « mage et en vostre foy , et deviens « vostre homme de bouc/le et de mains, « et vous jure et promets foy et loyauté
VERS. mè
« envers touts et contre touts, et garder « vostre droit en mon pouvoir. »
On voit dans Beaumanoir et dans le roman de la Rose, <iue le baiser à la
bouche était une prérogative des vassaux nobles; les vilains et roturiers n'étaient point admis à cet honneur^ Cétait une grande question entre nos jurisconsultes féodaux de savoir si la femme vassale devait à son seigneur la bouche et les mains. Loisel, plus rigoriste que galant, prétendait que la femme ne devait que la main; d'autres, en raison de la courtoisie française ( vieux mot et vieille chose!), tenaient pour la formalité de la bouche et du naiser. Dumoulin ( art. 3 de la Coutume de Paris) dit qu'une veuve ayant offert foi et hommace à son seigneur, ses offres furent jugées valables, quoique le seigneur fît une mauvaise contestation sur ce qu'elle n'avait pas offert nommément la bouche et les mains.
La loi du 15 mars 17d0, après avoir aboli la foi-hommage, ajoute « que les
« fiefs qui ne devaient que la bouche « et les mains, ne sont plus soumis à « aucun aveu ni reconnaissance. »
BoucRBB (François), peintre d*his* toîre , né à Paris en 1704, et mort le 7 niai 1770. Le nom de Boucher est devenu comme le syinlwle de l'art dégénéré du dix-huitiènie siècle; c'est seulement à ce titre que nous entretiendrons nos lecteurs de cet artiste.
Il fut élève de Lemoine , prit à cette école cet amour du hardi et du facile qu'il devait pousser si loin. L'Italie au'il visita ensuite ne lui inspira que de rindifférenoe pour ses grands mal* très et du mépris pour Tantique. A son retour en France, ses peintures galantes lui valurent une réputation considérable, et il devint l'artiste à la mode. Bientdt même, à la mort de Carie Vanloo , il fut nommé premier peintre du roi. Ses œuvres, faites avec une vitesse incroyable, étaient mauvaises de couleur et détestables de dessin. Son coloris a une apparence de fraîcheur , mais il n'est que fode ; ses figures ont l'air d'avoir été nourries dé roses. Ia dessin lecherche la grâ-