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|iliîlcMH>pli^ à la mode. Sa mère, femme remarquable par sa beauté et son esprit, était la reine de cette cour si souvent célébrée par Voltaire. Le ieane de Bouliers fut le protégé de Stanislas, qui lui awura en Lorraine un bénéfice de quarante mille livres, madame de Bouflers ayant destiné, selon Pusage, son fils cadet a l'état ecclésiastique. C'était, de tous les états, celui auquel il était le moins INTOpre. Il le prouva bien en composant, au séminaire Saiut-Sulpice, son .conte d'Aline ou la reine de Colconde^ ouvrage d'un esprit vif et galant, et d'une imagination voluptueuse. Au reste, dans le tempe où il vivait, une pareille fantaisie chez un séminariste n'était pas un scandale, et ne l'aurait pas empêché de rester dans l'église et ay fclire son cheniiu : mais il se défoèta luî-méow de cette profession. Il 0^ tenait phis au'à cause du bénéfice de quarante mille livres. Pour le conserver eu quittant la robe, il se fit chevalier de Malte, et ayant endossé Thabit bleu de Vordre, il alla faire la em dans la Hesse^ en 176f . Dans société de gentilshommes qui 8*y trouvait réunie, il se distingua par sa belle humeur, ses folles plaisanteries, ses débauches et ses petits vers. Il se mit ensuite à voyager et courut par la Suisse etTAlIemagne, se livrant, à la faveur de rincognito, à mille folies, courant après les belles et emportant de tous les lieur où il s'arrêtait, des lettres d'amour et des portraits qu'il avait dessinés lui-même. Car, pour parler le langage du temps, il maniait le crayon non moins que la lyre. Dans ses courses en Suisse, il vit Rousseau et s'arrêta quelque temps ehez le vieux Voltaire, qui tourna pour lui en vers un de ses plus jolis cohipliments, et dont il grava le portrait a Teau forte. En 1771, le chevalier retourna à l'armée: toujours ami du plaisir, toujours étourdi et prodigue, il acheva de dissiper son bien, et plusieurs années après, ses affaires étaient dans le plus mauvais état. Ce fut afin de pouvoir se tirer d'embarras, qu'il accepta la place de gouverneur du Sénégal. Les cou-
trastes ne manquent pas dans cette vi9. Voilà le brillant auteur de tant de madrigaux, le bel esprit fêté des plus élégants salons de l'époque , transporté sur une plage barbare et dirigeant une colonie. Il y avait plus d'une raison pour que fiouflers fut un mauvais gouverneur; mais il montra dans cet emploi beaucoup de zèle et d'intelligence administrative. Il s'honora par son humanité envers les esclaves , dont il délivra un grand nombre, et qu'il défendit contre la cruauté des traitants.
Il forma des projets de voyages scientifiques dans 1 intérieur de l'Afrique, et envoya au ministère des plans bien conçus dont l'exécution eut été féconde en heureux résultats. Cependant cet exil commençait à être insupportable au chevalier. Il fut rappelé en France et revint à iParis pour être reçu à FAcadémie. On éfeiit en 1789.
En voyant cette date , on s'aperçoit que Bouflers aurait dû naître trente ans plus tôt dans le dix-huitième siècle. N'est-ce pas un contraste choquant de le voir siéger dans rassemblée constituante et prendre part aux graves débats soulevés par la génération nouvelle? De quelque manière qu'on juge l'émigration on aime mieux le voir s'en aller rejoindre à l'ctrauger les débris d'une société à laquelle tout le rattachait, et accepter un asile à la cour du roi de Prusse, auquel d'ailleurs il donna de Fap;es conseils sur la politique à suivre a l'égard de la révolution française. Pourquoi Bouflers ne resta-t-il pas dans cette retraite, du du moins pourquoi, à son retour en France, vint-il solliciter avec un empressement qui allait bien mal à ce spirituel et noble seigneur d'autrefois, les faveurs du premier consul? N'estil pas triste de voir sous Tempire l'ingénieux ami de Voltaire demander une préfecture, et la demander en vain?
Au reste, la légèreté de Bouflers, que les aunées n'avaient pas diminuée, Tempéchait de sentir ce quil y avait de malheureux dans ces disparates de sa vie. Il se consola de l'état fort humble où le laissait l'indifférence du pouvoir QouveAu, eu faisant de i>etit$ vers