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L'UNIVERS
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qai n'exèitaient plus les mêmes applaudissements qu'autrefois, mais qu'on écoutait encore avec plaisir, même dans le salon de madame de Staël, où il était reçu, parce que, après tout, l'esprit plaît toujours et n'est jamais dédaigne que par la grossièreté ou la sottise. Un instant, sans doute à cause du retour que les vicissitudes de sa vie devaient lui faire faire sur luimême, Bouflers eut envie d'être grave.
Il composa dans sa TÎeîUesse un traité du Libre arbitre, que peu de gens ont lu parce qu'il est fort ennuyeux. Cet effort n'eut pas de suite, et , dans ses derniers jours, Bouflers fut ce qu'il avait toujours été, un esprit frivole, piquant et aimable. Il mourut en 1815.
Il y a une foule de vers charmants dans ses poésies , où l'on peut blâmer d'ailleurs trop de jeux de mots, de fleurs, de fadeurs et d'antithèses. Cependant^ après tout, il n'y aurait pas tant à rabattre des éloges que lui donnait Voltaire. Outre ses poésies fugitives, on a de lui des lettres à sa mère sur son voyage en Suisse, le Cœur, poème erotique avec réponse de Foitaire, un éloge de Fabbé.fiarthélemy et des contes.
Bouffons. Voyez Fous.
BouGATNViLLE (Jean-Pierre de), né à Paris, en 1722, fut admis, en 1745, à TAcadémie des inscriptions , dont il devint secrétaire deux ans après , et à l'Académie française , en 1754. Il mourut à Loches , en 1763. On a de lui : une Traduction de l'Anti- Lucrèce du cardinal de Polignac, en 2 vol. \n-8°, et en 1 vol. in«13; ParaUèle de texpédUlm de Thamas KotdMan dans les Indes, avec celle Alexandre, 1752, in -S"; Droits des mé' tropoles grecques sur les colonies^ et les devoirs des colonies envers leurs mêtiropcks, Paris , 1745, în-13. C'est cet ouvrage qui lui avait ouvert les portes de l'Académie des inscriptions , dont il devint plus tard secrétaire perpétuel. Il a, en cette qualité , publié les Mémoires de cette société savante, depuis le tome XVn* Jusqu'au XXIV*. Ces huit volumes cou* tiennent un grand nombre de disser-
tations savantes dont, il est auteur.
BOUGAIN VILLE (Louis-Antoine de), frère du précédent, naquit à Paris , le 11 novembre 1729. Après de brillantes études , il se fit , pour se conformer aux vœux d^ sa famille , recevoir avocat au parlement. Mais sa vocation ]x)ur réât militaire, vocation qui s'était déjà manifestée par ses succès dans l'étude des sciences mathématiques, l'emporta bientôt. Peu de temps après , if fiit reçu dans les mousquetaires noirs , et entra , en 1753, en qualité d'aide-major, dans le bataillon provincial de Picardie. En 1754 1 il aevint aide de camp de Chevert, et fut la même année envoyé à I/>ndres, avec le titre de secrétaire d'ambassade. Deux ans après, il partit pour le Canada , en qualité d'aide de camp du marquis de Montcalm , qui venait d'être chargé de la défense de cette oolonie. Nommé, Tbiver suivant, commandant d'un détachement d'élite, il alla, à la suite d'une marche forcée de près de soixante lieues, brûler au fond du lac du Saint-Sacrement, une flottille anglaise, au pied même du fort qui la prob^eait. Le 6 juin 1758, un corps de cing mille Français se trouvait poursuivi par une armée anglaise de vingt-quatre mille hommes; Bougainville ouvrit et fit adopter l'avis d'attendre l'ennemi de pied ferme. £u moins de vingt «quatre heures un camp retranche fut construit, et l'ennemi renversé fut oblicé de se retirer, après avoir perdu six mille hommes. Bougainville avait été blessé à la téte, à la fin de la dernière action. Le gouverneur , ne croyant pas pouvoir défendre plus longtemps la colonie , l'envoya demander des renforts à Paris. Bougainville retourna en Amérique, en 1759, avec le grade de colonel, mais sans avoir obtenu les* secours qu'il demandait; et , le 10 septembre de la même année , la mort de Montcalm décida du sort de la colonie. Bougainville revint alors en Europe, et fut employé, en 1761, à l'armée d'Allemagne, en qualité d'aide de camp du général Choiseul-Stain« ville. Il s'y distingua teUement» que.
BOV FRi
pour le téeompeiner (Tune manière toate particulière, le roi lut fit présent de deux canons. La signature de la paix le fit rentrer dans la vie civile; mais son infatigable activité eut bientôt besoin d'un nouvel aliment. Ses voyages d*Ainérîqae TaYaient mis eo reia* tion avec des armateurs de Saint- ]IIalo;il les engagea à aller fonder un établissement aux îles Malouines.
Ses conseils furent suivis ; les armateurs firent les frais de^Texpédition; il fit ceux de l'établissement, dont le loi lui donna le commandement, avec le grade de capitaine de vaisseau.
Bougairiville partit de Saint-Malo avec sa petite Hotte, en 17G3, mais à peine ébnt-il de retour, que les Espagnols réclamèrent la propriété des îles Malouines. Le gouvernement français crut devoir cé^er à cette rédamati'on, elBougainville fut chargé de remettre son établissement aux employés esgagnols, qui devaient lai rembourser les frais qu'il avait faits. Il partit, en 1766 , avec la frégate la Boudeuf^e et la flûte V Étoile, C'est en revenant de cette expédition (ju'il fit ce beau mage de aecouTertes qui a immortause son nom. De retour en FrancOt en 1769, il publia la relation de son Voyage autour du monde. Ce livre, qui parut en 1771, 1 vol. in-4*, et fut réimprimé Tannée suivante, en 2 vol.
n><ê*, eut un succès immense ; mais d^à Boogainville s'était fait connaître comme savant et comme écrivain, par son Traité du calcul intégral , pour servir de suite à Vanalyse des infiniment petits , du marquis de THospital, Paris , 1763, S vol. in-4^ Il fut PRHDU, en 1779 , au grade de chef d'escadre, et l'année' suivante, à celui de maréchal de camp des armées de terre. Il fut chargé, en 1790, ducomittiidement de rarroée navale de Bnst, et du soin d'y rétablir la discipline. Mais il jugea bientôt cette, partie de sa mission au-dessus de ses forces, et il donna sa démission. Il wait servi son pays avec un grand éclat, pendant près de quarante ans ; les dernières années de sa vie forent ttniMrées aux seienoes, ^*il arait
»GE. Bev 170
toujours cultivées, même pendant tes
expéditions militaires.La société royale de Londres l'avait admis au nombre de ses membres, en 1755; il fut appelé, en 1796, dans la section de géographie de l'Institut, et nommé quelque temps après membre du Bureau du longitudes. Il fit partie du sénat , lors de la création de ce corps , et mourut en 1 8 1 1 , dans sa quatre-vingt-neuvième année.
BouQBAifT (Guillaume-Hyacinthe), né à Quimper, en 1 690, entrade bonne
heure chez les jésuites , et professa successivement les humanités et la rhétorique dans plusieurs de leurs collèges. On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages ; son ÂmwemeiU philosophique sur le langage des bé' tes, Paris, 1739, m-12 , fit beaucoup de bruit à Tépoque où il parut ; il fut plusieurs fois réimprimé et traduit en anglais et en allemand ; mais il lui, attira de nombreuses vexations de la part de ses supérieurs, qui le punirent par un long exil, de cet agréable badinage. Lors même que le P. Bougeant ne serait auteur que de ce seul ouvrage, on devrait encore le regarder avec raison comme un des plus élégants écrivains du dix-huitième siècle ; mais on lui doit en outre des productions d'un ordre plus élevé , et qui sont pour lui des titres plus durables au souvenir et à Testime de la postérité. Nous vou- Ions parler de Y Histoire du traité de ÏVestphalie, 1744,2 vol. in-4*', et de V Histoire des guerres et des négociations qui ont précédé ce traité., Paris, 1727, in-4*. Ces deux histoires, quoique Ton puisse encore leur adresser quelques reproches, sont regardées comme les meilleures qui aient été composées par un membre de Tordre des jésuites. £Ues ont été plusieurs fois réimprimées. Le P. Bougeant mourut à Paris , en 1743. On dit que les persécutions dont il fut l'objet, à l'occasion de son Amusement phiiosopki»
que,' abrégèrent ses jours.
BouGEHEL (Joseph), oratorien, né à Aix,en 1680» mort à Paris, en tlSê, est auteur des ouvrages suivants :
Mémoktspour servir S fMsMre ifs
m MU L'un
pkttieurs hommes Ubtdres de Prch oence, Paris, 1752, in*1S; idée géo^
graphique et historique de la France f pour l'instruction de la jeunesse^ Paris, 1747, 2 vol. in-12; f^ie de Gassendi, Paris, 1737, in-12; Lettre sur Pierre Pngei ^ sculpteur, peintre et arelMee^y 175S, in-is. Il a laissé en manuscrit une Bibliothèque des écrivains de V Oratoire . 2 vol. in-4'. Tous ces ouvrages , fort recomiiiandables sous le rapport des recherches et de Téiudition , sont , en générafp écrits d*un style lourd et incorrect.
BouGBs(lê p. Thomas), religieux augustin de la province de Toulouse, né en 1667, mourut en 1741. On lui doit, outre plusieurs ouvrages de théologie , une Hiitoire ecclésiastique et ^ÉkiedelaviUe etéadiocèsedeCarcassonne^avec les pièces Justificatives et une notice ancienne et moderne de ce diocèse y Paris, 1741, ia-4'». Cette histoire, qui est t«ciierciiée, s'arrête en
Bougie {Boudjeiah)^ port de l'Algérie, dans la province de Constontine, à 10 myriametres E. d'Alger, à l'ouest d'un golfe assez étendu, possédant une . rade spadeuse et abritée, etoffrant une relâche sûre. Cette oiace, qai nous assure la possession des côtes orientales de l'Algérie, appartient à la France depuis 1833. Le 22 septembre 1833, une flottille sortit du port de Toulon; elle était commandée par le capitaine Parseval-Deschénes, elle portait dix-huit cents hommes de débarquement, commandés par le général Trézel. Arrivée, le 29, devant la plage de Bougie, elle fut reçue à coups de canon : le fea su^ rieur des bâtiments eut bientôt éteint celui de l'ennemi, et le débarquement s'effectua. Favorisés par un terrain coupé de ravins et couvert de bois, les Arabes résistèrent avec acharnement, n ftllut sept jours de combat pour les diasser de la ville , qu'ils disputèrent maison à maison. Enfin , le 6 octobre , Bougie était purgée de tous les ennemis, et mise sur un bon pied de défense. Cependant, les Arabes, campés sur les montagnes qui dominent la TÎUe , te oessaiait de raenseer el d'inquiéter
VERS. 1È0ÊO
les Français par leur présence ê ou solut de les chasser. Le 19% ces poai«
tions inaccessibles, et dans lesquelles l'ennemi se croyait à l'abri de tout danger, furent enlevées à la baïonnette.
Le 1*"^ novembre, à la sollicitation du bey de Constantine, les Axûm •firent une nouvelle attaque contre Bougie , mais ils furent repoussés. Depuis lors, les Arabes de la plaine se soumirent à la France, et sauf quelques attaques des montagnards , la paix ne fut plus troublée.
BouGOUiNE (Simon), valet de diambre de Louis XII, est auteur de plusieurs ouvr.iges qui doivent tout leur prix à la date et à la beauté de leur impression. Le plus rare et le piujs re*cherché est celui qui S pour titre ; VH^me Juste et thommemmdainy avec le Jugement de Pâme dévote, Paris, Ant. Vérard, 1608, în-4^
BouGUEB (Pierre), l'un des géomètres qui se sont le plus dietingues dans les applications des sciences du calcul, naquit en 1698, au Croisic (Loire- Inférieure). Son père, qui était professeur d'iiydrographie , perfectionna ses dispositions naissantes pour les sciences exactes; mais Bouguer eut bientdt dépassé son maître , et rem* porta, en 1727, le prix fondé par l'Académie des sciences pour un Mé' moire sur la mâture des vaisseaux^ cette compagnie se Fassocia en irsi»
Il fut choisi , en 1786, avec Godin et de la Condamine, pour aller au Pérou déterminer la figure de la terre. A son retour, Bouguer publia les résultats de ses opérations dans un savant ou- ▼rajs^e intitulé : Théorie de la figure de la terre ; Paris , 1749, ki-4*. Sa Helathm du voyage au Pérou se trouve dans les Mémoires de P Académie des sciences de l'année 1744. Elle est écrite avec moins d'élégance que celle de ia Condamine; mm eHe est peut-étvs plus exacte. Bouguer travaillait beau^ coup et avec peine : aussi ses ouvrages lui étaient si chers , qu'il tenait plus à leur réputation qu'à sa propre existence- Cette sensibilité extrême de son amour* propre lui causa une foule de chagrins auxquels il sueeiimiba à rtge de soixan-
tt-tn^ ans , en 1758. On a de M pto-
jîeurs oiivmges , outre ceux que nous avons cités. T.es principaux sont : la Construction du navire , 1746, 10-4"; Traité d'optique sur la gradation de h lumière, 17eo, la Manœuvra des vfUsSBaux , 1757, in-4*; Traité de la navigation y 1753 , in-4'*. De la Caille en a publié, après sa mort, une seconde édition in-S*", etc. Un de ses piioeipaox titres de gloire consiste dans n'Dvention de Vhéliùmétre, instrument à Taide duquel on mesure de petits angles avec une extrême précision. C'est avec un héliomètre que M. Bessel est parvenu à déterminer, pour la première fois . la distance ai longtemps inconnué d'une étoile fixe à la terre ; noos pouvons donc revendiquer, pour la mémoire de Rougtier, uœpart dans Thonneur de oe beau riniftt scientifique.
B(nniiBB,ou Lantsuat, marquisat en Bourgogne» à dix kilomètres cfCiest de Dijon.
BODHiEB ( Jean ) , président à mortier au -parlement de Dijon ^ nembre de TAcadémie française, naquit à Dijon le 16 mars 1678* Son
père, conseiller au parlement de cette ville, le destina à suivre la même carrière, et dirigea de bonne heure ses études vers ce but. Doué d'heureuses dispositions que soutenait son aptitude au travail, Jean Bouhier à d'excellentes études classiques joignit la connaissance de plusieurs langues étrangères, de Pitalieu, de l'espagnol , et même de l'Iiébreu. Après avoir fait son droit à Orléans, il fut, en 1692, à l'âge de dix-neuf ans , reçu oonseiiler au parlement de Bourgogne ; et onze ans après, en 1704, il en devint président à mortier. II consacra aux lettres tous les loisirs que lui laissaient ses fonctions; et il acquit bientôt une telle réputation (Je science et d'érudition, que rAcadémie l'appela, en 1727, a la place laissée vacante par la mort de Malézieu . et qu'elle dérogea en sa faveur a ses repliements, qui exigeaient la résidence à Paris de tous les membres antres que les évéques. Le prési- ^ Bouhier fut reçu par un autre
magistrat , le président Hénaiilt A aa
mort , arrivée en 174G , il eut pour successeur Voltaire, qui, dms son discours deréception,disaitf1e]ui, « qu'il « faisait ressouvenir la France de ct^s « temps oùles plus austères magistrats»
« consommés comme lui dans l'étude « des lois, se délassaient des fatigues « de leur état dans les travaux de la u littérature ; » et l'abbé d'Qlivet, répondant à Voltaire, ajoutait eneore à œt éloge en disant : « Pendant que je « parle de talents universels et de con- « naissances sans bornes , il est diffi- « cfle qu'on ne se rappelle pas l'idée de « votre prédécesseur. Ce fiut un savant « du premier ordre , malâ on savant ft poli , modeste , utile à ses amis , à sa « patrie , à lui-même. » Et ces louantes sont loin d'être exagérées. On a peine à comprendre aujourd'hui les nobles et laborieux loisirs de tous ces savants magistrats dont la France s*bonore à bon droit; et on est surtout frappe d*étonnement à la vue des immenses travaux du président Houbier. Tout eu reuiplissant avec une grande exactitude les importants devoirs de sa charge, il trouvait le temps d'entretenir avec l'illustre Montfaucon une savante correspondance, de composer ses excellents travaux critiques sur Cicéron , de les défendre contre Fromageot dans la Letire de maitre bedeau de tuniversité de à 3/.*"% docteur régent en la même vnlvprsité ( 1738); il publiait des dissertations critiques et historiques , des recherches sur Hérodote, des traités sur plusieurs points d^tiquités, et des antiquités de la Gaule eu particulier; il expliquait des marbres antiques , traduisait en vers français le poëme de Pétrone, un livre de Virale, des énttres d'Ovide , des odes d'Horace et.
<f A-nacréon , des épigrarames de Martial , composait des mémoires SUT la vie et les ouvrages de Montaignè, éditait le Supplément au journal de l'Étoile, qu'il avait retrouvé dans les manuscrits de sa riche et précieuse bibliothèque. Nous ne parlerons pas d'une foule de traités particuliers de jurisprudence, dont un donna encore
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lieu à une vive polémique avec Fromageot; il nous suliira de citer son remarquable commentaire sur les coutumes générales de Bourgogne , en 2 vol. in-fol. On trouve de lui une foule de lettres et de mémoires dans divers recueils , dans les Mémoires de l'Académie des inscripHons, le Journal de Trévoux, le Mercure, XtnAmœnitates lUierariSB de Schelhorn, la Bibliothèque raisonnée, hBibliothéqueitaliquey etc. « Jurisprudence , philologie, criti- « que, langues savantes et étrangères, «histoire ancienne et moderne» his- «toire littéraire, traductibns, élo- « quence et poésie, il remua tout, dit «aAlembert, il embrassa tout; il fît « ses preuves dans tous les genres, et, « dans la plupart , il fit des preuves « distinguées et dignes de lui. »
BOUHOURS (Domini(|ue), né à Pa-' ris en 1638, entra à seize ans dans la compagnie de Jésus, professa avec succès les humanités à Paris et la rhétorique à Tours, fut chargé de Téducation de plusieurs jeunes gens de familles nobles , puis se lança dans la carrière des lettres. Ses Entretiens d\'iriste et d'Eugène, imprimés en 1671, eurent un grand succès. Ce sont six dissertations en forme de dialogues sur autant de sujets détachés. La seconde renferme d'excellentes choses sur le caractère de notre idiome et rtiistoire de sa formation. Quatre ans après, Bouhours fit paraître les Doutes tur la langue française , proposés à MM. de r Académie française par un gentilhomme de province. T.a pensée y est, en général, juste et le style pi-
guant. Ménace dit de l'auteur, « qu'un oromé qui doutait si raisonnablement était bien capable de décider. » On trouve des observations également judicieuses , mais moins de méthode, dans les Nouvelles remarques sur la langue française qui parurent Tannée suivante. Elles portent ^ du reste, sur des difficultés granunaticales, dont la plupart ne font plus question aujourfl'hui. Bouhours publia, en 1688, la Manière de bien penser dans les ouvrages d'esprit. Ou aimerait à trouver dans ce liTre plus de fond, et surtout
des jugements mieux motivés. Il s'ea faut, néanmoins , de beaucoup que les critiques aient eu raison dedir^ comme ils l'ont fidt, <|u'il ne manquait à Tauteur, pour écrire parfaitement, que de savoir lui-même penser. En 1691, il donna au public, sous le titre de Pensées ingénieuses des anciens et des modernes, la partie de ses matériaux qui n*avait pas trouvé place dans son précédent travail. Cette publication n'eut qu'un médiocre succès. Les Pensées inaénieuses des Pères de l'Église^ qu*il fit parattre en 1700 , pour répondre au reproche qu'on lui faisait de négliger, pour l'étude des auteurs profanes , celle des écrivains sacrés , ne firent que confirmer l'opinion établie. Ses adversaires qui, il faut le dire, ne mettaient pas toujours les procédés de leur côté « renouvelèrent leurs attaques quand parut la Traduction du Nouveau Testament selon la fiulgate, qu'il avait faite en société avec ses confrères Letellier et Besnier. Comme il Toulait s*en venger : « Gar- « dez-vous-en bien, lui dit Boileau; ce « serait alors qu'ils auraient raison de « dire que vous n'avez pas entendu le « sens de votre original qui nej)réche «partout que le pardon des ennemis. »
Nous avons encore de Bouhours, outre les ouvrages que nous venons de citer, une Histoire du grand maître d\4ubusson, des Fies de saint Ignace de Loyola et de saint François Xavier, où il compare Tun à César et l'autre à Alexandre, ainsi que divers opuscules. Ce jésuite, bel esprit et galant, affectait (fe se partager entre le triple culte de Dieu, des lettres et des dames. Aussi, tandis que d*un côté les censures hardies du littérateur et le top d^autorité dont elles étaient prononcées lui suscitaient de nombreux ennemis, de l'autre, la conduite parfois légère du prêtre donnait à la médisance roccasion de s*exercer largement à ses dépens. Madame de Sévigné fut l'objet particulier de ses soins. « I/espritlui sort de tous côtés, » disait-elle. Voltaire a donné à cet écrivain une place dans son Temple du Goût , où
il le représente occupé à enregistrer
BOU
les négligences qui échappent au génie. Bonhours mourut à Paris, en 1702.
C'est à lui qu'on a attribué ce mot original et sans doute apocryphe d'un agonisant qui veat mourir en grammairien : « Je m'en vas ou je m*en « vais ; car l'un et l'autre se disent. »
Les jésuites se montrèrent trèsfiers de l'avoir dans leurs rangs : les jansénistea écrivirent contre lui et ne laissèrent passer aucun de ses défauts.
Uestjugé sévèrement, mnis justement, par Barbier d'Aucour dans les Sentiments de Cléanthe , ouvrage qui servit de réponse aux Entre tiens d'Ariste et tt Eugène f et que font remarquer le godt, le bon sens et le bon stjle.
BouiLLART (dom Jacques), bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, né à Meulan , diocèse de Chartres, en 1669, mort à Paris, en 1726,
nemi. Bouilîé, nommé alors colonel , acheva la campa£;ne ert cette qualité, et battit, près d'Eimbuck , l'ar-rièregarde du général Luckner, qui passa
S lus tard au aenrioe de Franee. If se îstingua à l'affaire de Quedllnbourg; mais, atteint dans une charge d'un coup de sabre à la tête, il fut renversé de cheval et fait prisonnier. Échangé peu de mois après, il fut pourvu on régiment de Vaston, qui prit son nom et le porta iusqu*à la paix. Nommé gouverneur de la Guadeloupe , en 1768 , et brigadier d'infanterie en 1770, il obtint, en 1777, le gouvernement général des Iles-dn-yent.'La guerre de l'indépendance éclata bientôt après ; il y prit part, se signala d'abord en surprenant la Dominique; concourut aussi aux tentatives faites sur Sainte-Lucie , et recueillit les dé*
est auteur d'une savante Histoire de bris des colonnes que Ton y avait si ralfbaye de Saint-Germain des Préêf imprudemment engagées. Ilfiit plus
1724, in-fol. heureux dans l'attaque de Tabago.
B0UILLA.UD (Jean), professeur de Promu au grade de maréchal de camp, clinique à la faculté de médecine de le 27 octobre 1778, il s'avança sur Paris , né dans les environs d'Angou- cette fie à la téte de quatre milte.homléme , en 1796, a publié des Éléments mes, culbuta les Anglais , et leur en-
de philosophie médicale ^ 1 vol. in-jS"; ' * " a --.y^--- j-
on Traité du rhumatisme, 2 vol. in- 8"; la Clinique de la Charité , etc. , 3 vol. iii-8° ; et un grand nombre d'articles dans les Arcnives de médecine, dans Bibliothèque médicale^ et dans la Revue médicale. 11 a été l'éditeur du Traité des maladies du cœur et des gros vaisseaux , de R. J. Bertin.
Bouille ( François-Claude-Amour, marquis de }, né à Glusel en Auvergne, en 1789f entra an service dès 1753. Il fit ses premières armes dans le régiment de Rohan-Rochefort , passa ensuite dans les mousquetaires noirs, et fot nommé, à l'âge de seize ans, ca-
fiitaine de dragons. C'est en cette qua- tractées pendant la gueiîré: Bouillé s'y lté qu'il partit pour la guerre de sept refusa , ne voulant pas faire peser de ans. Il assista à la prise de Rhinfeld, nouvelles charges sur l'État. Mais cet combattit à Bergheim, à Wildengen homme si désintéressé, si généreux, et à Langen-Salsa , où il fut blessé. Il' tenait avec obstination aux privilèges contribua ensuite au gain de la bataille de sa caste; il devint intraitable dès de Grunberg, et fîildfiargét en récom- qù'on les attaqua. Nommé à l'assem» pense des services qu'il avait rendus blée des notables , il fut inflexible sur dans cette rencontre, d'aller présen- ce qu'il appelait les lois fondamentales ter au roi les drapeaux enlevés à l'en- de la monarchie. De ces fonctions, il
T. m. 12* Um'aison, (Dicx. bikgyglop, etc.) la
leva cinquante-neuf pièces de canon.
Il marcha ensuite sur Saint-Eiistache, s'en empara , et restitua aux Hollandais trois millions de francs que leur retenait Famiral Rodney. L'année suivante, il attaqua Saint>CbrÎ8topbe .
emporta Briston-Hill , que l'ennemi regardait comme imprenable; remit ensuite à la voile, descendit à Nevis , à Montserrat, se rendit maître de ces lies , et triompha de tous les obstacles qu'on lui opposa. Ces services lui valurent le grade de lieutenant général et l'ordre du Saint-Esprit, dont il fut décoré le janvier 1784. Le roi désirait acquitter les dettes qu'il avait con*
passa à oelies de gouverneur des provinces d*Alsace, de Franche-Comté, puis fut nommé général en chef de farmée de Meuse, Sarr0 et Moselle.
Ce fut pendant ee oommandenient qu'eut lieu, par ses ordres, lé massacre (les soldats du réij;iinent de Château-Vieux et des habitants de JNancy qui avaient pris parti pour eux. Aprw cette exécution, Louis XVI lui offrit le bâton de maréchal de France, que Bouillé eut (pissez de pudeur pour refuser. Initié ensuite aux projets d'évasion de Louis XVI, il disposa ses eautonnements en conséquence, et attei|jdaît l'arrivée du roi à Dun-sur-Meuse« lorsqu'il reçut la nouvelle de son arrestation. uVassembla aussitôt ce qu'il avait de troupes sous la main, et s'avan^ sur Varennes ; mais il n'arriva pas a temps; Louis était parti depuis une heure, lorsqu'il atteignit cette ville. 11 ne lui resta plus dès lors qu'à chercher son salut dans la fuite; il se retira à Luxembourg ^ d'uù il écrivit à TAssf mbiée une lettre remplie de me* naces ridicules* tl se rendit ensuite à Coblentz, puisa Pilnitz, à Prague, où il eut diverses conférences avec les souverains étrangers. Revenu à Aixla-Chapelle, il eut dans cette ville une entrevue avec le roi de duède, qui lut offrit de commander sous ses ordres ^ l'expédition qu'il voulait tenter en faveur de Louis XVI. Houille accepta, foi<rnit les plans, les instructions pour Opérer qn débarquement sur les cdtes de Normandie; maïs Gustave périt « l'expédition fut abandonnée, et le marquis déçu n'eut plus qu'à rejoindre J armée deCondé, d'oiJ il p.assa à celle du duc d'York , avec laquelle il iit la campagne de 1798. Il se réfugia Tannée suivante à Londres, où il mourut le 14 décembre 1800. Bouillé a laissé des ménmires sur la révolution française, qui furent d'abord imprimés en anglais, Londres, 1797, in-8<*; traduits en allemand, Luxembourg, 1798, in-8% imprimés en franj^is sous ce titre :
'moires sur la révolution française, depuis son origine jusqu'à la retraite du duc de Brunswick , etc. , Paris , 1901, % vôL in-12,et réimpriméi dana
rER6. MV
la collection des Mémoires sur la révolution publiée par MM. Ber ville et Barrière.
BounxBT (Jean) , savant médecin»
né à Servian, près de Béziers, en 1690^ mort dans cette ville, en 1777 , a publié un grand nombre d'ouvrages , où l'on reconnaît surtout un exçellent praticien. H fut, ^vee de Mairan, Tua des fondateurs de T Académie de Béziers, dont, en qualité de secrétaire, il publia les Mémoires, sous le titre de: Recueil de lettres , ménioire& et autres pièces, pour servir à V histoire de r Académie de Bé9iers. Béziers^ 1736 , in-4«. Il était membre oorre»pondant de l'Académie des sciences, et l'on trouve de lui, dans le Recueil de cette société, plusieurs travaux fort remarquables.
BouiLUABD (Jacques), gravearcér lèbre, naquit à Versailles en 1744. Il s'adonna d'abord à la peinture ; mais une infirmité qui ne lui permettait pas de se tenir longtemps debout l'engagea à se livrer tout entier i la gravure. Il se iit principalement connaître par la publication de la fameuse collection du Palais-Royal. Plus tard il fut reçu à l'Académie, et acuuit, par ses travaux, une fortune lionorable. C'est un des artistes qui ont le plus contri> bué à la restauration de la gravure en France. Ses ouvrages les plus estimés sont : Borée et Orytliie, d'après Vincent; Apollon et Daphîié, d'après Biicliel vanloo, et quelques portraits.
Cet artiste estimable est mort en 1806.
BoiîiLLîK.— Le goût de la bouillie a été autrefois beaucoup plus répandu qu'il ne Test aujourd'hui. On servait ce mets connue un régal sur les meii* lenres tables et même dans les monastères. Une charte de Charles le Chauve , de l'année 862 , accorde annuellement aux religieux de l'abbaye de Saint-Denis cinq muids de pur froment, pour faire de la bouillie aux fé* tes de Noël et de Pâques. Fastxwie « troisième abbé de Clteau^t écrivant au supérieur de l'unedes maisons de son ordre, j)our lui faire des reproches sur sou ^out pour la bonne chère, lui dit ;
« r«i notre saint fondateur ne maa-
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« ger qu'avec scrupule une bouillie au t uiiei et à Thuile qu'on lui avait servie « pour restaurer son estomac délabré. » ' Le goût que les Normands avaient pour la bouillie leur valut autrefois le sobriquet de houlieux. La Bruyère Champier , médecin attaché à Franqui a publié en loOO un traité jb Hmu^f nous apprend que de m temps le bouillie a?aît pris à la cour une grande faveur auprès des (lames et auprès des hommes mêmes , lesquels, selon l'expression de Tauteur, retievenaient enfaqts par gounnan* ditt. La bouillie était encore servie au dÎHeptième siècle sur les tables royales. Mademoiselle de Montpensier en fournit dans ses Mémoires une preuve qui contient sur l'enfance de Louis llV une anecdote assez singulière:
t Monsieur, dit-elle, vint un jouir dans la diambre de la reine , comme elle allait dîner avec le roi. Il trouva un poêlon de bouillie ; il en prit sur une assiette et Taila montrer au roi, qui lui dit de n'en po:nt manger, Monsiair dit qu'il en mangerait ; it roi répondit : « Gage que non.» La dispute s'émut ; le roi voulut lui arracher l'assiette, la poussa, el jeta quelques gouttes de bouillie sur Msaiieur, qui a la téta fort belle et aime extrêmement sa cheveliire* Cela le dépita; il ne fut pas maître du premier mouvement, et jeta Tas* siette au nez du roi. »
Quoique la bouillie ait été de tout lini|» un mets rech^robé, il parait que ce fut seulement vers le milieu duquii^ lième siècle que l'on commença à remployer comme aliment pour les enfants eu bas âge. Un certain Jacobus de parttM, qui vivait en 1464, écrivant çoDtre les abus que les mères avaient introduits dans l'éducation de leurs enfants , signale comme tel cet usage de la bouillie , qu'il dit être tout nou- Vttiu, et particulièrement inconnu à toute rantiquité. Gui Patin, qui avait aussi de la prévention contre cet alijuefii, le dénonce, en 1644, dans une Ipttre a Spon , comme une nourriture visqueuse et grossière , qui fait de la Wdans l'estomac des enfants . etc.
Malgré cet anathème , et l'impression pon encore effacée qu'il a laissée chea quelques mères , les nourrices de vfilage continuent encore |l donner de la tK>uillie aux petits enfants , sans qu'il en résulte aucun des inconvénients signalés par Gui Patin.
Dans plusieurs provinces de France, notamment en Franche -Comté,- en Bresse et en Bourgogne , on fait avetf de la farine de maïs une bouillie un peu épaisse que l'on appelle des gaud€s,et qui entre pour un tiers et quel-
3ueiois pour iiioitiédans la nourriture es gens de la campagne. En Bretagne c'est avec le sarrasin ou blé noir que Ton prépare la bouillie, l'un desprinci* paux aliments de^ classes pauvres.
Bouillon , BuUio , ancienne ville de France , capitale d*ttn duché dii même nomi Qui auJourdMiui partie du duché de Luxembourg. Son château, situé sur un roc inaccessible, était devenu une prison d'état pendant ler^ne de ÎSapoleon.
Botiii.LOor ( première maison de), Voyez LÂ Mark.
Bouillon (deuxième maison de).
Voyez LA TouB (maison de).
Bouillon (Marie- Anne Mancinî, duchesse de), était la plus jeune des nièces dfa Mazarin. Elle naquit à Kome, en 1649, de Michel-Laurent M^ncini, baron romain , et de lliéronyme I\Iazarini, sœur puînée du carduial. Klle vint à Paris fort jeune; et avant l'ilge de quatorze ans, en 1662, elle é{)ousa Godefroi de la Tour, duc de Bouillon.
Cette noble alliance, ou même Thonneur de s'être distinsjuce par l'originalité et le tour naïf de son esprit»
dans un siècle où l'esprit était cliosi) presque vulgaire et à peiné remarquée»
n'eussent pas sufQ pour lui conquérir une place parmi les femmes illustrjes de notre pays; mais elle se présente à nous avec un titre qui a bien plus de valeur : elle fut la protectrice des gens de lettres; elle devina, elle encouragea le talent de la Fontaine. La société, au dix-septième siècle, était ainsi faite: un auteur, quel que fut d'ailleurs son mérite, avait besoin d'un appui étranaer ; par lui seul il ne pouvait à peu
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L'UNIVERS
près rien. Nous devons donc quelque reconnaissance à ceux qui ont aidé à l'enfantement de tant de chefs-d'œuvre ; qui n'ont pas pennisqiie le génie dans la souffrance et le désespoir; à ceux-là surtout qui savaient, comme la duchesse de Bouillon, mettre dans leurs bienfaits cette délicatesse qui ne laisse à l'obligé qu'un doux sentiment de gratitude respectueuse. La duchesse de Bouillon fut pour la Fontaine bien plus qu'une protectrice; elle fut son amie dévouée.
' C'est elle qui lui donna la nremière ce charmant surnom de FamUr , mal à propos attribué à madame de la Sablière. La Fontaine avait pour elle une affection toute paternelle : « FJIe « porte la joie partout , écrivait-il à « l'ambassadeur d'Angleterre ; c'est A un plaisir de la voir disputant , « grondant, jouant et parlant de tout « avec tant d esprit , que l'on ne sau- « roit s'en imaginer davantage. » Un
Î^ère ne dirait pas mieux de son enant préféré. Il paraît ^ue la duchesse de Bouillon prit parti pour Pradon dans la lutte des Phèdres;et ne fut pas injustice, mais erreur; une erreur de goût que partagèrent longtemps la plupart de ses contemporains.
Bayle > le grand critique, n*a-t-il pas écrit que les deux Phèdres étaient ' deux belles tragédies. Une curiosité irréfléchie faillit devenir fatale à la duchesse de Bouillon; elle avait eu le malheur d'entretenir quelques rapports avec . la Brinviltiers , et fut décrétée pair la chambre ardente, en 1680. On pense bien qu'elle n'eut pas de peine à démontrer qu'elle n'avait rien de commun avec les empoisonneurs. Louis XI Y ne l'en exila pas moins pour quelque temps à Nérac.
On la voit, en 1687, faire un voyage en Angleterre auprès de sa sœur, Ta fameuse duchesse de Mazarin; puis, en 16U0, un autre voyage à Rome oii son Cls, le prince de Turenne, avait accompagné le cardinal de Bouillon.
Depuis lors elle vécut dans une retraite studieuse, au milieu de sa famille et de ses amis , jusqu'à sa mort, en 1714. Le seul écrit que nous ayons
de la duchesse de Bouillon est un rondeau contre les Métamorphoses de Benserade. On le trouve dans le commentaire de Saint-Mare sur Boî* leau.
Bouillon (G.), peintre et graveur, ancîen pensionnaire de l'académie de France a Rome, né à Thiviers (Dordogne), en 1775, a publié, de 1810 à.
isas, une niagnifi(}ue collection de Graoures du musée des anUques, formant 3 vol. in-fol.
Bouillon (Rose) , l'une de ces héroïnes auxquelles la révolution fit oublier la faiblesse et la timidité ordinaire à leur sexe, entra, comme volontaire^ avec Julien Henri, son mari, dans le sixième bataillon de la Uaute- Saône. Elle supporta toutes les fatigues et tous les dangers de la guerre, jusqu'à la niort de son époux , c^uï perdit la vie à ses côtés à la bataille de Limbach. La vue de Henri, baigné dans son sang, loin de la distraire de ses devoirs de soldat, sembla au contraire avoir double sou courage, et on ne cessa de la voir, tant que dura l'affaire, parmi les plus acharnés à poursuivre l'ennemi. Après cette journée, elle obtint la permission de se retirer auprès de sa vieille mère qu'elle avait chargée du soin de ses deux enfants.
Le gouvernement- recompensa 4a conduite héroïque de cette femme par une pension de trois cents francs réve^' sible sur sa famille.
Rouillon-Lagrangs (Ëdme-Jean- Baptiste) , né* à Paris en 1764 , commença de bonne heure à' étudier la pharmacie et la chimie, et, après avoir dirigé pendant quelques années une des meilleures pharmacies de la capitale, fut attaché comme pharmacien à la maison de Tempereur. U fit en cette qualité les ménionddes campagnes d'Autriche et de Prusse, et se fit recevoir docteur en médecine pendant qu'il remplissait ces importantes fonctions. Il rédigea , en 1808 , un rapport sur les travaux annuels de la société de pharmacie , et rendit compte d'un procédé nouveau pour les préparations de l'éthiops martial (oxyde noir de fer). £a 1813 ,
FRAISCE.
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il publia , sous les auspices du ministre de l'intérieur , un rapport très-détaillé, indiquant les moyens de perfectionnements que ses nombreuses opériences lui avaient fait reoonnattre, en répétant et en variant les procédés employés par Achard , chimiste de Berlin , pour extraire. du sucre de la betterave. M. Bouillon -Lagrange a fait un travail très-curieux sur le blanchiment par la méthode de Berthollet, et il est paronu à rendre feeile à filer, le chanvre, converti en une espèce de eoton très-blanc. Il a publié un grand nombre d'ouvrages justement estimés, sur les différentes parties de la chimie, et sur les applicatioiia de cette science à la pharmaeie el aux arts industriels.
BouiLLY (Jean-Nicolas) , pé à Tours en 1761 , étudia le droit à l'université lOrléans, et ae Ht ensuite recevoir arocat au parlement de Paris ; mais il quitta le barreau pour se livrer entièrement à la littérature, lorsque le siège de cette cour fut transporté à Troyes par le gouvernement. C'est alors qu*il fit la connaissance de Mirabeau, qui encouragea ses premiers essais. Après avoir exercé a Tours, en 1793, des fonctions publiques, où il se Ot remarquer par la modération de sa conduite , il fat nommé membre de la commission chargée de rédifi^er un plan d'éducation pour la jeunesse française; mais il donna sa démission lorsqu'il fut question de soumettre cette commission aux investigations de la police. Cest alors qu*il débuta dans la carrière dramatique. Les ouvrages de Bouilly sont trop nombreux pour (|ue nous entreprenions de les citer ici; nous dirons seulement que la plupart eurent à leur apparîtkm un succès de vogue , dû à l'intérêt et à la sagesse du plan qui en fait le principal mérite. Bouilly ne fut pas moins heureux dans . un autre genre ; on trouve dans tout ce qu*il a écrit pour la Jeunesse une doueeor et une pureté que Ton cherche cnvâin chez le plus grand nombre des moralistes. Les Contes à ma fille, 2 vol. in -12; les Conseils à naJiUe, 2 vol. in -12; les Jeunes
femmes, 2 vol. in-ia, et les Miéres de
famille; les Contes aux enfants de France y 2 vol. in-t2, sont des ouvrages que les mères peuvent sans cramte mettre entre les mains de leurs jeunes eniants. Il est fâcheux, toutefois, que le style de Bouilly soit, en général, recherché et prétentieux, et qu'il tombe trop souvent dans la sensiblerie y défaut qui l'a fait surnommer le poêie laerymaL Ce littérateur estimable est mort à Paris en
Bouju (Jacques) , président au parlement de Bretagne, né à Châteauneuf en Anjou , en 1515 , mort à Angers en 1578, avait composé, outre plusieurs ouvrages , le Royal discours des choses mémorables faites par les rois de France, jusqu'à Henri III. Cet ouvrage est mentionné dans la MUiUoUiéigue Mstorique de la Ftemee; mais il n'a point été imprimé, et Ton ignore s'il existe encore.
BouLAiNViLLEBS ( Ic comtc Henri de) naquit à Saint-Saire , en Normandie (aujourd'hui département de la Seine-Iméricure ) 9 en 1658, fit ses études au collège de Juilly, et entra dans la carrière militaire, qu'il quitta bientôt pour s'occuper uniquement des aiïaires de sa famille. La recherclie qu'il fut obligé de faire des andena titres de sa maison, lui donna du goût pour les études historiques , et après , avoir étudié l'histoire de ses ancêtres, il s'occupa de celle de son pays. Il mourut à Paris , en 1722. Il avait eomposé un grand nombre d'ouvrages, mais n'en avait publié aucun. Ceux qui ont été imprunés, le furent par le soin de ses amis. Ce sont : Mémoires présentés au duc d'Orléans, ré* feni de France, etc. , la Haye, 1727, in-13; Histoire de Vanden gouver' nement de France^ avec quatorze lettres historiques sur les parlements ou états généraux , la Haye, 1727, 3 vol. in-8° : plusieurs fois réimprimés depuis ; État de la Fronce , etc. , extraits des mémoires dressés par ordre de Louis XIV, par les intendants du royaume , pour le duc de Bourgogne, avec des mémoires sur l'ancien gou-
me
vernement de cette monarchie jusqu*à un à un, et allait se dégradant de
Hugues Capet : cet ouvrage a eu un siècle en siècle... Tous les rois de la
grand nombre d'éditions ; la meilleure troisième race ont voulu son abais-
€•1 celle de I^ondres , 175S, 8 toI. in- sèment , et trevaHié, oomme soir on
i!à\ jébrégé chronologique de Vhis- plan formé d'avance, à la ruiiie des
toire de France y la Hnye (Paris), lois primitives et de Tancienne cons-
nZZ ^ Z \o\. '\n'V2 \ Mémoires pour la titution de TÉtat; ce fut pour eux
noblesse de France ^ contre les ducs m\e idée commune d'anéantir les
et pairs ^ in-12, sans date; Histoire grands seigneurs, de subjuguer la
de la pairtê de Franee et du pttrie^ nation, de rendre leur autorité al»-
metit de Paris t Londres, 1753, 2 solne et le gouvernement despoti-
■vol. in-12. On peut voir, dans la Bio- que... Philippe - Auguste commença
graphie universelle, les titres de ceux la destruction de la police des fiefe
de ses ouvrages qui sont restés ma- et des droits originels du baronnage;
Le eomte de Bottlainvillers étant le par la ruse et par la Tiolenee; Louis
représentant d'un système important a.1 Tavança près de son terme
sur l'histoire de France , nous devons Leur postérité est parvenue au but entrer ici dans quelques détails sur les qu'ils s'étaient proposé; mais, pour idées Qu'il a émises dans ses ouvrages, l'atteindr^e pleinement , l'administraet qu'il a cfaenebé à faire prévaloir, tion éà iaralnal de RIehelieti et le Partisan passionné de la noblesse ët règne de Louis XIV ont plus fait, ea des privilèges qu'elle s'attribuait , il un demi-siècle , que toutes les entredéplore partout , dans ses écrits , la prises des rois antérieurs n'avaient ruine du régime féodal. Mais c'est pu faire en douze cents ans. » surtout dans son Histoire de l'ancien Tel est le 8]^stème historique du gouvememmt de la Framce qu'il a comte de Boalainvtllers' : ce s^fstèmè formulé son système : « La conquête est vrai; mais il est incomplet, et de- « des Gaules, dit-il dans ce livre, est vait l'être. En effet, lorsqu'il parut, « le fondement de TÉlat français dans la question de l'origine des Francs « lequel nous vivons; c'est à elle qu'il n'était pas, comme aujourd'hui, une K Âut rapporter l'ordre politiaue suifi question seientffique, c'était une ques- <t depuis pbr la nation; €tsx de là que tion toute politique qui se transfor-i « nous avoni reçu tous notre droit mait en celle-ci : D^où vient la diffé- «primordial.» C'est, en effet, de rence de condition de la noblesse et la conquête des Gaules par les Francs • du tiers état? Boulainvillers répondit qu'il fait découler la domination et hardiment : />e ^ co;i^2<é^6 ; et il prèles privilèges des seigneors féodaux * tendit que la conquête était un droit t et des nobles , descendants des vain^» l'aristocratie acbueillit cette solution quéiirs, la servitude et le misérable avec enthousiasme; le tiers état i'ac* état du peuple composé des des- cepta aussi, mais en niant le droit, cendants des Gaulois. 11 attribue la qui n'était autre que celui du plus fort, ruine du régime féodal à deux cauo et qui, par conspuent, avait dû s ses : la première est raffràncfal»- vanouir avec k moe qui hiTait donnée sèment des serfs; la seconde, le tandis que, de leur côté, )s» rotu*progrès « par lequel ces serfs s'élevè- riers , descendants des anciens Gaurent, contre tout droity dit-il, à la lois, avaient recouvré, avec le pouvoir, condition de leurs anciens maîtres, le droit de réclamer l'héritage de leurs . Bepiifs six eenti ans les roturiers pères, et de chasser fers m forêts « esclaves, d'abord afifiranébis, puis tl*où ils étaient sortis, les descendants anoblis par les rois , ont usurpé les des ravisseurs. Cette opinion sur la emplois et les dignités de l'État, conquête des Francs et sur ses con* tandis que la noblesse, héritière des séquences, acceptée par tous, nobles privilèges de la conquête, les perdait et roturiers, servit oe base à tOMs iea
-nuscrita.
mm miKGE. BOIT iȎ
travaux historiques qui précédèrent la révolution. Sans doute, le système du comte de Boulainvillers est aujourd'hui incomplet, puisqu'il ne tient compte que de Téiément germanique, parmi ceux dont s*est formée la nationalité française; sans doute, M historien ne rend point un compte exact de la marche qu*a suivie la société française; mais il faut prendre son livre pour ce qu*il est, pour nne protestation maladroite de la noblesse sentant sa fin prochaine, et croyant raviver sa puissance en arguant de son origine.
Les Quatorze lettres historiques mt tes parimeatê sont moins systématiques que VHitMrê de taneieH
gouvernement. L'auteur y a, par conséquent , mieux rempli son cadre. Il y donne d'une manière complète l'histoire des états généraux des quatorsîème et quinzi&ie siècles. « Ce travail, dit M. Aug.Thferry, eo^tlèrement neuf pour l'époque, a depuis servi de base à beaucoup d'essais du même genre; il n'a jamais été refait sur les sources avec un pareil développement (*). »
BouLÀMGSB (Jean), graveur, né à Amiens en 1607, peut être regardé, avec Morin , comme l'inventeur de la gravure au pointillé, genre bâtard que les Anglais ont adopté depuis, et qui faillit faire tomber récole française . dans le siècle dernier. Ses estampes sont des reproductions des tableaux de Raphaël , Léonard de Vinci, Champagne, Mignard, etc.
BouLAVGBB ( l^icolas -A ntoine ) , auteur de VAnHquîté dévoilée, ouvrage posthume publié par le baron d'Holbach, en 1766, et qui fit beaucoup de bruit à la fin du dix-huitième siècle, DaquitàPaVis, en 1722, et y mourut en 1759. Boulanger avait aussi composé d*autres ouvrages qui, publiés successivement , furent tous réunis avec le précédent, en 1790, et réimprimés en 8 vol. in-8% ou 10 vol.
(*) YoyeEles Gonsidérationimir l'histoire de France, en tête des Rédts des temps ■érovingMiis.
In^lf. C*est i tort qu^on a attribué à
tel auteur le Christianisme dévoilé.
Boulangers. — Nous avons vu la corporation des boarii ou bouchers survivre dans Paris à la puissance romaine, s'adapter aux mcrars nouvellea créées par Tmvasion des populations barbares, et subsister longtemps encore après l'avènement des temps modernes. Il n'en fut pas de même de la corporation des pistores ou boulan** . gers ; nombreux sous l'administratioii romaine , ils ne disparurent pas complètement a près la conquête des Francs , mais ils cessèrent de former une corporation. En effet, dans l'état de la civilisation, Ils n'étaient plus néeef-^ saires; les produits de leur art étaient devenus des objets de luxe, dont les riches seuls pouvaient se permettre Tusnge. Quant aux pauvres, les fours banaux étaient là , et ils devaient, après avoir payé au seigneur du lieu un droit assez élevé, aller y cuire le pain nécessaire à la nourriture de leurs familles. -
C'est seulement sous Philippe-Auguste que l'on voit apparaître, pour la première fois , la corporation des boulangers, alors connus sous le nom de talemeliers{*). Depuis longtemps, ceux de ces artisans qui étaient établis à Paris payaient au roi, pour l'exercice de leur profession, un droit nommé kautàan, auquel n'étalent pèint assu^ Jettisoeox qui avaient été s'établir hors des murs de Paris, sur les terres des seigneurs ou des abbayes. En revanche, ceux-ci ne pouvaient vendre leur
f)ain dans 1^ ville que sur les étaux de a halle, au marché du samedi. Malt Philippe-Auguste avant considérable»
ment agranai la ville, et compris dans son enceinte une partie des faubourgs, un grand nombre de boulangers forains se trouvèrent ainsi de ûtm et de
(*) tiTalemeiiers, qu'on écrivait aussi tal-
lemellim ou laillemeiliers, paraît tire U plus nncîenne dénomination qu'on ait em-
{)io)ée en France, pour déàigner les bouangers ; dès le quatorsiène siècle ee dernier ternie reniplac^a Tancien, dont il serait difficile de découvrir l'origine. » Deppiag^ Livre de* métiers, page 4, note»
BOO L'UNIVERS
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fait les égaux de leurs anciens collègues de la cité. Ceux-ci crurent voir là une atteinte portée à leurs droits; ils rédamàrvnt, et Philippe-Auguste se ccfUtenta de diminuer le tiautban qu'ils lui devaient.'lNIais cette faveur ne leur suffit pas; ils réclamèrent de nouveau , et demandèrent des statuts qui les distinsuassent d'une manière bien traucfaee des anciens boulangers forains.
Ces statuts leur furent enfin donnés sous le règne de saint Louis , et ils sont au nombre de ceux qui composent le livre des métiers d'Etienne Boileau.
Nous crojons devoir en dter ici aiid« qaes artides, dont les dispositions sont assez curieuses :
« Nuz ne puet estre talemeliers de « dans la banliue de Paris, se il n'a* « chate H mestiers du roi...
«Haubans est uns propres nous « d'une coustume asise , par laquele il « fa establi ancienement que quicon- « qups seroit haubaniers, qui seroit « plus frans, et^paieroit mains de droi- « turesetdecoustunies de la marchan* « dise de son mestiers que cil qui ne « seroit pas liaubaniers. Haubanier « furent ancienement establi à un mui « de vin paier, et puis mist li bons « rois Phelippe cel mui de vin à vj sols
.« parids
« Li talemelier qui sont haubanier «sont quite du tonliu (*) des pors « qu'il achatent, et de cens qu'il reven- « dentpor tant qu'il aient une fois man- « gié de leur bren ; et si sont quite li « talemelier du tonliu du tout li blé c qu'il achatent por leur cuire, et du
. « pain qui vendent, fors que trois de- « mies de pain que chascun taleme-
' « liers noviax et viez doit chascune « semaine au roy de tonliu. »
Vient ensuite Ténumération des droits qui étaient dus par les nouveaux talemeliers pendant les quatre pre*
(') Tonlieu, teloneum^ et dans la basse lalinité tonlegliun, C*étiiit l'impôt payé par les marchands pour stationner dans les marchés. Opcncî.uit le mot tnnUeu a quelquefois une signiiicatiou j)lu.s générale.
(•*) Son; ce mot est eacorc usité dans ce lem en NoraMiidie.
mières années de leur exercice. Cetta énumération est suivie de l'article suivant, le plus curieux de tous ces statuts:
« Quant li noviax talemdiers ara en
« tele manière fet quatre ans accom- « plis, il prendra un nuef pot de terre, « et ara dedans li pot nois et nieu- « les (*), et venra à la meson au mestre «des talemelier, et ara àvec lui Ij « coustumiers et touz li talemelier, « et li mestres vallet que l'on apele ajoindres^ etdoitcil noviax talemeliers « livrer son pot et ses nois au mestre, « et dire : Mestre, je a! tàit et aocom* « pli mes quatre années; et li mestre « doit demander au coustumiers se ce « est voirs ; et se il dit que ce est voirs , « li mestre doit baillier au noviax ta- « lemeliersson pot et ses nois, et com« « mander li qu il les jète au mur, et « lors li noviax talemeliers doit jeter « son pot et ses nois et ses nieuies au « mur de la meson le mestre, au de- « hors, et lors doivent li mestre, li « eousttunlers^ li noviax talemeliers, « touz li autre talemelier et li vallet en- « trer en la meson au mestre , et li mes- ' « tre leur doit livrer feu et vin , et clias- « cun des talemelier, et li noviax, et « li mestre vallet doivent chacun uu «deniers au mestre des talemelier .
« pour li vin et pour H feu qu'il livré.
« Li mestre des talemelier doit « faire à savoir au coustumiers, aus «talemelier, aus joindres , que il « viegnent à ce jour à sa meson , et il « i doivent venir ou envoier leur de- « niers au mestre des talemdier pour « li vin devant dit. »
Cet article est d'autant plus remarquable , que la coutume qu'il nous fait connaître est ezceptionndle , et ' n*a point d'analogue dans les différents statuts que nous a conservés le livre des métiers. En effet, la corporation des talemeliers était la seule qui eât un cérémonial particulier jpour la maîtrise. Il se pourrait, suivant INf. Depping , que cet usage fât d'une haute antiquité, et remontât assez
(*) Oublies QVk feuilles légères de {)aiu non levé; tubula, dans la basM latinité.