‹ France (volume 3)Chapitre 39 sur 105 · AOU · texte numérisé non relu

AOU

loin dans les fastes de la talemelerie en France ou en Gaule. Dans la suite, il tomba en désuétude ; cependant les boalangm de Paris n'm perdirent pas le souvenir , et, lorsqu'au dix« septième siècle ils proposèrent un règlement à l'autorité publique , ils n'y omirent pas le pot d'installation des temps féodaux. Voici l'article de ce règlement qui contient cette disposition:

« Seront tenus tous les nouveaux maistres, dans les trois premières années aorès leur réception , payer chacune aes dites années vingt-cmq deniers de compte au grand panetier, à l'Épiphame, qui est le premier dimanche d'après \es Roys, et à Pâques , vingt-deux deniers , et à la saint Jean - Baptiste , cin^ deniers obole; et au bout des dites trois années , est tenu ledit nouveau maistre boulanger, d'apporter, ledit jour premier dnnanche d'après les Roy s, un pot neuf de terre verte ou defayence, dans lequel il y aura un romarin ayant sa racine entière, aux branches duquel romarin y aura des pois sucrez, oranges et autres fruits convenables, suivant le temps, et ledit pot remply de pois sucrez , et sera ledit nouveau maistre assisté des jurez et anciens et des autres maistres dudit mestier. Ce fait, dira audit grand panetier : Maistre, j'ay accomply mon temps ; et ledit Krand panetier doit demander aux jurez s^il e^ my ; ce fait, prendra ravis des jurez et des anciens maistres , si îedit pot est en la forme qu'il doit estre, et s'il est recevable; et s'ils disent qu'ouy , ledit grand panetier doit recevoir iceluy, et luy en donner acte, et de là en avant n*est sujet que de payer chacun an le bon dfenier , ainsi que les autres

Mais le temps oû'.âe semblables formalités pouvaient encore être observées était irrévocablement passé ; le parlement, en ratifiant le règlement propose, laissa de coté la disposition que nous venons de rapporter , et , quoiqu'elle eût d^à été observée vo-

lontairement par quelques aspirants à la maîtrise , elle tomba bientôt de nouveau en désuétude. Toutefois , suivant DelamarreO, le principe qui avait dicté cette disposition snliskii, et le pot de romarm fut converti en un louis d*or, que les nouveaux maîtres continuèrent à payer à titre d'bommage au maître du métier.

Nous avonsditfdansrarticlemieiMNit avonsconsacréà laeorporationdes bouchers, que , dès le commencement de la troisième race, les rois avaient inféodé, en faveur des grands ofûciers de leur couronne , la plupart des justices des corporations. Les talnieliers ou boulangers dépendaient du grand panetier.

« Lirois, disent les statuts recueila lis par Étienne Boileau, a donné « à son mestre panetiers la mestrise « des talmelier, tant corne il H plaira , a et la petite justice et les amendes a des talemelier et des joindres et « des vallet, si come des entrepresure « de leur mestiers et des bateure sanz « sanc, et des clameur, hors mise la da- « meurs de propriété. » Cette juridiction subsista fort longtemps , malgré le conflit qui ne tarda pas à s'élever entre elle et la prévôté de Paris, et elle ne fut abolie qu'à l'époque où la chargelde grand panetier mt définitivement supprimée.

Les talemeliers de Paris ne pouvaient cuire tous les jours de l'année; on peut voir dans les statuts de leur communauté la liste des jours où il leur était interdit d^exercer leur industrie. Cette liste comprend tous les jours de fêtes reconnues par l'Église, et les veilles de ces mêmes jours, qui devaient être consacrées au jeûne et à ratetinence) en sorte que, pendant une grande partie de Tannée, les habitants de Paris étaient privés de pain frais.

C'était peut-être pour cette raison que, le samedi, le marché au gros pain se tenait aux halles, où les marchands forains pouvaient, ainsi que nous l'avons dit , venir vendre leur pain aussi bien que les talemeliers de Paris; ceux de Gonesse occupaient

{*) Traité de police, fiv.v.tiU x»,di.&

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TOU L'UNIVERS. Hot

même une halle partiôalière. Ils avaient tous , en outre , un autre privilège ; c'était celui d'exposer en Vente, au parvis Notre-Dame, le pain qui leur restait dtt marebé du samedi. Mais eé privilège n'était point gratuit; les boulangers forains l'achetaient au prix d'un tonlieu qu'ils payaient aux religieuses de Longdiamp , depuis le jour de saint André jusqu'à la fête de saint Denis, et ailx religieux de l'abbaye de Saint* l^enis , pendant le reste de l'année.

Le statut des talemeliers de Paris est le plus détaillé de tous ceux qui composent le registre d'Étienne Boileau; cependant on est étonné de n'y trouver aucune prescription sur la qualité et sur le poids du pain. Cette omission pourrait peut-être s'expliquer, par dem considération que les produits de la talenielerie de Paris étaient encore un objet de luxe à l'époque où ces statuts furent établis. C'est en effet ce que semblerait prouver la défense qui fut alors faite a ces artisans de obriquer des pains dont te prix êépa^t deux deniers.

Sans parler des fours banaux dont le peuple, dans certaines parties de la ville, dut encore longtemps faire usage (*) , cTétait aaz «arma dn samedi et du dimanche que les pauvres devaient faire leurs provisions , et là, le pain se vendait au poids et de gré à gré. Ce fut seulement lorsque les boulangers purent exposer dans leurs boiiti|ues du paiq de toutes sorte de poids et de qualités, que l'autorité pensa à leur prescrire des règles à cet égard. Une ordonnance rendue par Philippe le Bel, en 1305, est le premier acte où Ton trouve de semblables prescririons (**)

(*) Le four banal du chapitre de Sainl- Marccl subsistait encore en 1406 ; c'est nioi s seuiement que les habitants du faubourg ftirent ëiapeiuét d'y ailre , en payant tox èhinoiirtt une r«dèvance qui ne fut abolie qu'en 1675. Voyez Ddamaife, Traiié defto/ice, liv. v, tit. xr.

Delamare, Traité de police, liv. v, lit am, duy. 4.

Au moment oii les corporations'flirent abolies , en 1 789 , il fallait , pour être admis dans celle des boulangers , avoir fait cinq ans d'apprentissage, quatre ans de compagnonnage, et présenter en outre un <mef-d'œuvre. Les fils de maîtres étaient seuls exempts de cette formalité. Le prix du brevet était de quarante livres; celui de la maîtrise, de neuf cents Hvres.

Outre leur communauté civile, dont nous avons analysé les statuts, les boulangers formaient encore , de même que toutes les autres corporations d arts et métiers, Une confrérie ou association religieuse. Ils avaient .pour patron saint Pierre aux liens, dont la fête*est désignée, d ns le livre des métiers, par la singulière épithète de saint Pierre angoule aoust.

Les boulangers sont maintenant soumis, dans chaque localité, à un règlement émané de l'autorité municipale. Ceux de Paris sont les seuls qui soient régis par un acte du gouvernement. Cet acte est le décret du 19 vendémiaire an x.

Bot^LAY ( César Égasse du), né à Saint- Ellier, dans le bas îMaine, au commencement du dix-septième siècle, fut successivement professeur d'bumanités au collège de Navarre, gre^ fier, recteur et bistorlographe de I université de Paris; il mourut en 16t8.

On a de lui une Histoire de C université de Paris, en latin, depuis 800 jusqu'en J600 , 6 vol. in-fol., I660 et 1678. Cet ouvragé est moins une histoire ^un recueil de pièces curieuses concernant l'université. Crévier et tons les auteurs qui ont écrit sur le même sujet y ont abondamment puisd De patronis quatuor natiomm tmiversitaHSy 1662, in-8*^; FondaHon l'université de Paris, par Charlemai^ne, Paris, 1675, in-4*>; Privilège de i université de Paris, 1674, in-4*; de Decanatu nationis gallicanas in aceidenda paHsiensi , 1662, in-8*.

BouLAY (Edmond du), héraut d'armes de^ducs de Lorraine , né à Reims à la (in du quinzième siècle, est auteur d'un grand nombre d'ouvrages en prose et en vers, la plupart sur des

INIU FRANCE.

sujets histoiiijiies. Parmi les principaux , nous citerons : la Généalogie des ducs de Lorraine , Metz , 1647 ; la Vie et le trépas des ducs de Lorraine jintolne ei Francùfsy Metz, 1547, in-4'*; iê. yûyage au Àniokkê t^s l'empereur Charles F, en ibAS^pour traiter de la paix avec François Paris, 1549, in-8**. Il est aussi* l'auteur d'une moralité fort recherchée des euriem, et intitulée : Cbtnbai ée ta chair et de tettprit en ryme françoise et par personnaiges, Paris } 1649, de 72 feuillets.

BOUL4Y (N. DU), canoniste, composa une Histoire du droit ptiMfc etctésUtê»

tique Jrofi^ais, Londres (Paris), 1740, 1761, in-4o; ibid., 2 vol. în-12.

BOULAY DB LA MeURTHE ( Aut.-

Jacques-CI.-Jos.) , naquit, en t76t , à Chaumourey, près d'Ëpinal , de.parte- MMt ijfo la Meurthe* Reçu avoeat ft Ifancy, il vint à Paria exeiper cette profession , et il commençait déjà à s'y faire connaître avantageusement lorsque la révolution éclata. Patriotè dévoué, il s'engagea, en 1792, dans un bataillon de volbntaires de la MeuN the, et se trouva à la bataillé de Valmy. Après la campagne , il revint à Nancy, où il fut élu par ses concitoyens juge au tribunal civil. Quoique républicain, BoQlaj n'àvait pSnt eette chaleur da conviction, eette ardeur révoiution«> oalrc qui sauva la France en 1793; aussi fut-il alors destitué par un représentant du peupleen mission ; frappé ensuite d'un mandat d'arrêt, et obligé de chercher un asile dans les bois, il ne put en sortir qu*aprè8 le 9 thermidoi^. Depuis cette époque, il remplit successivement les fonctions de président et d'accusateur public au tribunal de Nancy, et fut élu ensuite, eii Tim y.

dépoté de son département au Gonseil des Ging-Cénts. Boulay fit, dans cettè assemblée, une énergîqne opposition aux projets royalistes soutenus par un £rand nombre de députés. Il fut un des orateurs lès plus influents de cette I^slatmr6, et personne peat^tre ne se montré plus péniblement affecté que lui des vices de l'administration du ]>irectoif e ; aussi , désespérant de l'ave^

nir de la France tant «fue subsisterait

ce gouvernement , se montra-t-il l'un des plus zélés partisans de la révolution du 1 8 brumaire. Il refusa, quelques joui^ après , le nlioistère de la police , et fut appelé au conseil d'État en qualité de président du comité de législation.

Après avoir été chargé, en I an x, de l'administration du contentieux des domaines nationaux, il reprit, en 1810, sa blace de président du comité de légisnition. Boulay fut un des fonctionnaires qui , sous le despotisme inipérinl, surent conserver le plus d'indépendance. Il s'opposa même avec assez d'énergie à la mésOre qui donna au premier consul le titre d*empereur ; défendit constamment Tinstitution dO jury, repoussa les prétentions du clergé , et, lorsque le gouvernement et le corps législatif se divisèrent en 1 8 1 3 , n conseilla à Bonaimrté de fsfire droit aux justes réclamations des dépotés.

Destitué en 1814, il reprit, au retoijr de l'île d'Elbe, ses anciennes fonctions . augmentées de la direction de la correspondance et de la comptabilité au ministère de la justice. Il fait nommé alors ministre d'Etat ; mais il fut exilé à la seconde restauration, comme ayant conspiré pour le retour de Napoléon. Il passa quatre années à .l'étranger, et ne revint en France gu'iett ISaO. Administrateur intègre et désintéressé, Boulay de la Meurthe sut, dans toutes les positions de sa Vie politique , se concilier l'estime gé^ nérale.

BouL&T«PAtT (Pierre) naquit, en 1768, à liantes, où il exerçait la profession d'avocat, lorsqu'il fut appelé, en 1789, à remplir successivement différentes fonctions publiques. En 1798, Il entra au Gonseil des Cinq-Cents, dont il fut nommé secrétaire Tannée suivante. Membre de la conimission de la marine et du commerce, il s'oecupa spécialement de la législation sur ces matières. Son oDinion fut très -influente, et on a de lui des rapports et des discours remarquables. Il prit une part active à la révolution du 18 juin 1799, qui contraignit la Réveillère- Lepeaux et Merlin à quitter le Dlrec*

BOT L'UNIVERS

toirc. Il fit aussi l'opposition la plus vive à la journée du 18 brumaire , et fittt placé sur la liste des membres exclus. Mais sa disgrâce ne fut pas de longue durée, car le gouverneroeDt consulaire le nomma juge du même tribunal où il avait rempli les fonctions de commissaire du Directoire.

C'est en cette qualité que , chargé de répondre au ministre de la justice sur le projet du code de commerce, il loi adressa des observations qui ont beaucoup servi à la rédaction de ce code , et qui ont été imprimées sous ce titre : Observations sur le code de com^ adressées aux trUmnaux, Lors de la réorganisation de Tordre judiciaire en 1811, il devint conseiller à la cour impériale de Rennes. Doyen de cette cour eu 1828 , ce fut lui qui rédigea les observations sur le projet de loi du titre des faiUites. Il mourut en 1830.

BouLAYE (la), ancienne baronnie de Bourgogne (aujourd'hui département de Saône-et- Loire) , à vingt-deux kilomètres sud-ouest d*Antun , érigée . en marquisat en 1790,

BouLBON, ancienne vicomté de Provence (aujourd'hui département des Bouches-du-Rhône) , à six kilomètres nord-est de Tarascon, érigée en comté «n 1608.

Boule (André-Charles) , artiste , né à Paris en 1642, mort en 1732, devenu justement célèbre par le talent admirable qu'il déploya dans la fabrication et dans Tomementation des meubles.

A une sdenee profonde du dessin il joignait un excellent goût. Ses meubles sont ornés de bronzes de formes sévères et élégantes, de mosaïques formées de bois de différentes couleurs, de oui* vre et d'ivoire. Il fut nommé par Louis XIV graveur ordinaire du sceau, et il est qualifié, dans le brevet qui lui fut délivré, d'architecte, peintre, sculpteur en mosaïque et inventeur de chiffres. Le genre de Boule, espèce de style renaissance, fut remplace à la fin du dix-huitième siècle , par un style appelé grec, qui excluait tout ornement, et dont ta roideur et le nu abiola ^ient les caractères principaux.

L'ébénisterie abandonne maintenant ce mauvais goût pour en revenir à celui que Boule avait mis en vo^ue ; mais il est à craindre que la manie des ornements ne dégénère en profusion, et ne rende, dans un autre genre, le style moderne aussi mauvais que celui de l'empire. Nous devons aire cependant que l'exposition de 1839 présentait des meubles dans le genre de Boule d'un goût par&it. (Voy. Ébé-

NISTERIE. )

BouLÉE (Etienne-Louis), architecte, né à Paris le 12 février 1728, étudia à récole de Lejai, mais se forma surtout d'après* l'antique. U commença une réaction contre le genre contourné et mesquin de l'architecture de Louis XV, et doit surtout être signalé parmi ceux qui firent prévaloir les règles de l'architecture antique , et qui ramenèrent le goût delà sévérité et de la no« blesse, trop souvent négligées dans les constructions du dix-huitième siècle.

C'est tout à la fois par son enseignement et par ses travaux que Boulée exerça une influence considérable.

Parmi ses élèves , nous citerons MM.

Brongniart , Chalgrin , Durand , etc.

Dans le nombre des monuments qui sont dus à ses plans , nous mentionnerons l'hôtel de Brunoy aux Ghamps- Élysées , le château de Tassé à Gba« ville, celui deChanvri à Montmorency, et celui du Péreux. Mais c'est surtout dans ses projets et dans les manuscrits qu'il n'a pas eu le temps de réunir pour en former une oeuvre complète d'architecture, qu'éclate toute la puissance de son génie. Boulée est mort le 6 février 1799.

BouLÈNE , ville et seigneurie du eomtatVenaissin, à 7 kilomètres nord d'Avignon.

BouLENGER ( Julcs-César ) , fils de Pierre Boulenger, naquit àLoudunen 1Ô58, et mourut à Cahors en 1628, après avoir donné en latin une Ilistoiredeson temps, Lyon, 1619, infol.; elle commence à l'an 1559, et finit en 1610. On a de lui en outre un grand nombre de savants ouvrages , entre autres : De Imperatore et imperio rmano, Lyon , 1616, in-fol.; De In^

mm FRANCE.

signtbusgeniilîfîis ducum lotharingorunif Pise, 1617, in-4''; et beaucoup d'opuscules imprimés d'abord séparément , e( léimprimés depuis dans les antiquités greo^es et romaines de Graevius.

BOULENGER (Pierre), célèbre grammairien , né à Troyes en Champagne, professa successivement la langue grecaue et la langue latine à Loudun et la néologie à l'université de Pise. Il mourut dans cette ville en 1598. On a de lui une Histoire de France^ restée manuscrite; de petits Traités de piété et un Discours ini|>riiDé en 1566.

Boulet, projectile sphéiique avec lequel on charge les canons. Sons le règne de Charles VI, vers Tnn 1 385, on se servait de boulets de grès, et ce fut seulement en 1400 qu'on leur substitua la boulets en métal. Sous Louis XI, enl470 , il y en avait en plomb et eu fonte de fer.* Depuis, on n a plus employé que ce dernier métal. Les boulets sont pleins ou creux. Les boulets pbîns servent à détruire les batteries et les remparts d'une yille assiégée, les retranchements de campagne, à porter le ravnge dans les troupes ennemies, etc. Les boulets creux sont prin-

r'mient destinés ù la défense des

Les boulets creux ne sont autre

dioseque des obus sans culot que l'on ensabote pour les tirer, afin d'éviter de casser leur fusée et de les faire éclater en sortant du canon. Les bott« lets creux étaient autrefois des bottes de fer longues d'environ deux calibres et demi , et du diamètre du calibre de la pièce. Ces boîtes renfermaient des arti lices, des balles, de la fertaille, ejtc. Rlles avaient' une fùsée en cuivre entrant à vis dans un écrou, et chargée comme celle des bombes.

«Toutes les fois, ditSurirej^' de Saint- Remv, que l'on a fait l'épreuve de ces boulets creux, ils ont crevé en l'air, ou ils ne. sont allés frapper la Iwtte ou le blanc que par le travers , €t non par leur pomte , ou les fusées n'ont point pris , ou elles se sont éteintes, et leur effet, par conséquent, entièrement iuatile. »

Les boulets incendiaires, faites avec une composition d'artifice renfermée dans un sac de toile cordelé avec du menu cordage, pour leur donner plus de solidité, ont k diamètre des pièces de 24 et de 16. Pour qu'ils ne soient pas brisés par la force de la poudre, on ne met qu'une petite charge dans le canon, et on enfonce sans refouler.

Leur usage le plus essentiel est de servir, dans les places assiégées, à éclairer les travaux de l'ennemi.

Les boulets rouges sont des boulets ordinaires qu'on tait rougir et qu'on introduitdans une pièce de canon après quMIs ont été chauffés au rouge Clair.

On eriipTt)yait d'abord les grilles pour chauffer les boulets ; mais ce moyeu étant dangereux, lent et dispendieux , on imagina les fourneaux à réverbère, chauffés soit avec du bois, soit avec du charbon. Dans un fourneau à ré- • verbère dont le feu est en train, un boulet est rouge en trente minutes.

Pendant que les boulets chauffent, on met la poudre dans le canon, en plaçant dessus d'abord un bouchon sec, puis après une pelote de terre argileuse pour l'enfoncer et la refouler ; on pointe la pièce, on l'amorce, après

Î|uoi deux canonniers prennent le bouet avec une cuiller à deux manches, * le portent à la volée de la pièce, l'y introduisent, mettent du gazon ou un ^ bouchon mouillé par-dessus , et l'enfoncent légèrement; ils se retirent aussitôt pour qu'on poisse mettre le feu promptement, et éviter le refroi* • dissement du boulet. C'est au si^e de Straisund , en 1675, que, pour Ta première fois en Europe, l'électeur de Brandebourg employa le tir ù boulet rouge avec sucoès.

Boulets messagers. On appelait ainsi des boulets creux doubles en plomb , dont on faisait usage pour donner des nouvelles dans une place ' assiégée ou dans un camp.

Les boulets barrés ou ramés sont deux boulets joints (>ar une barre de fer ; ils sont destinés à couper les cordages et les manœuvres des vaisseaux, à déchirer les voiles, à briser les mâts, etc.

On se servait aussi autrefois 4d boulets coupés ovi iéparés, dont les deux moitiés se rejoignaient par ane cbatne de fer de deux pieds.

B0ULIA.NNE (Antoine), soldat à la 85* deini-brigade de ligne, né à Sabàret (Ariege) , fit partie de Texpédition d'Égypte, pendant laquelle il mérita la réputation de Tun des plus intrépides soldats de l'armée. Le 9 février 1799, les Turcs, en grand nombre, s'étaient retranches dans une maison , d*OM ils fusillaient nos troupes sans qu*il fût possible de répondre à leur feu. Boulianne, irrité, 8*aYança jusqu'à l'entrée de la maison , en brisa la porte à coups de crosse de fusil , renversa les barricades, et tomba atteint d*un coup mortel : la maison fut aussitôt prise d'assaut.

BouLLiAu (Ismael), astronome, né à Loudun en 1005, mort à Paris en 1694. Les écrits de ce savant se font remarquer par une érudition prodigieuse; on y trouvedes vues ingénieuses et nouvelles; mais ils£»urmillent aussj d'erreurs que Boulliau avouait lui-même avec une franchise qui lui fait honneur. Boulliau , aurès avoir voyagé en Europe et dans le Levant, entra en correspondance avec les savants les plus distingués de son époque ; et cette circonstance n'a pas peu contribué à répandre son nom. Le nom d'évection, donné à Tune des inégalités du mouvement de la lune , vient de lui ; on lui doitausfi une explication plausible 4 de la cause des changements de lumière qu'on remarque dans certaines étoiles.

BouLLBNOis (liouis), juriscousulte, né à Paris en 1680. Pendant près de

soixante ans il exerça , avec* beaucoup de distinction, la profession d'avocat au parlement. C'était une des plus honorables réputations du harreaUf Son TYctité A la perwimeMii et de la réalité des his, coutumes êt statuts (17()G), lui mérite une place distinguée parmi nos jurisconsultes.

On trouve dans ce livre la discussion la plus nette et la plus utile des msh tières les |}lus embrouillées de notre anden droit. U s'agissait^ en dEte!* do

résoudre toutes les question» qui se rattachaient À Tétat des personnes e| des bieqa, que la diversité de nos lois et de nos coutumes rendait si difficiiat

et si complexes.

BouLLONGNE. — On conuaît plui^ieurs peintres de ce nom; le premier est Loms BoMmane^ peintre dn roi, membre de T Académie, « qui chercha le goût des anciens, » selon d'Argenville , fit plusieurs tableaux pour Notre- Dame do Paris, et mourut en 1674, à l'âge de soixante-cinq ans.

Bon BOTJLLONGiTB, son fils, qui na* quit à Paria en 1649, reçut de son père les premières leçons de son art , et alla ensuite étudier en Italie le Corrége , les Carracbes, et surtout le Guide et le Dominiquin. Son tableau représenunt Hercule combattant les centaures et les lapithes le fit recevoir à l'Académie en 1677. Il fut chargé, en 1702, de peindre à fresque les chapelles de Saint-Jérôme et de Saint- Ambroise dans réglise des Invalides. Il mourut en 1717. n avait peint, outre les ouvrages que nous avons mentionnés, plusieurs tableaux, et un certain nombre de platouds pour Versailles et pour Trianon; Cet artiste dessinait bien, et son coloris était convenable. U réussit également dans l'histoire et le portrait. Ses élèves sont .T. B. Santerre, L. Sylvestre, J- Raoux, Gazes, Tournières, rs. Bertin, Cliristophe, Dulin, Claude Verdot, le Clerc, etc.

lovity GenenièmtXMaddBhtéhomr LONGAE, ses frères et sœurs, furentdes peintres moins distingués que lui. Toutefois Louis Bouhongne, ué en 16ô4, mort en 1733 , est encore Tun des i>ons artistes de Técole française. Ses meilleurs ouvrages sont les peintures de la chapelle de Versailles, surtout CJii" nonciation et l'Àssomption; on cite avec grands éloges sdL.Préseritation de /. C, au temple , exécutée pour Notre- ' Dame de Paris. 11 était premier peintrt du roi.

BouLOGîSE, Gessoriaciim et Bonoma y ville de l'ancienne Picardie, ave« titre de comté , bailliage et évéché sui^ fragantds Reims, aujourd'hui chef-lieii de sous-préfacturc du déf«rtom«nt du

Pas-de-Calais, avec une population de vingt mille huit cent cinquante-six lubitaots.

César ne parle pas de CeêWkÊtmmf

le port où il s'embarijua pour son expé<lition de Bretagne, et qu'il désigne par l'expression de citerior portiis, ttt probablement celui ^AmbUteuse, à trois lieues au nord de Boulogne (*). L'auteur le plus ancien chez qui Ton trouve le nom àeGessoriacvryi est Pompoûius Mêla (**) ; après lui tous les écri^ vains qui parlent des côtes septentrio- Nies de la Gaule, font mentioiide cette 'ïto (***). Quant au nom de Bommia, ce fut d'abord celui d'un fort bâti an conHnencement de l'ère chrétienne, au nord de Gessoriacum, de l'autre rfté de VElna (aujourd'hui la Liane).

Une oommuaication fut établie par Drasus (***•), au moyend'un pont , entre Gfssoriacum et ce fort, où Calipula fit élever un phare célèbre qui s'est conservé jusque sur la ûn du diiMUème siècle, sous le nom de tmttardre. en latin, turris ardens, ctpar corru|nion, furris ordansou ordrans. L'établissement de ce phare, attirant les marins de ce coté de la Liane, Il population de Gessoriacum les y nivit insensiblement; ce lieu fiit bientôt abandonné ; son nom disparut pea à peu , et la ville n'en eut plus qu un seul, celui de Boiiooia, d'où nous avons fait Boulogne.

, Depuis cette époque jusqu'à nos jours, Boulogne fiit plusieurs rois asné^ gée; elle fut prise, en 292, par Constance Chlore, sur les troupes de Carausius, çui s'en était emparé, après avoir <9eint, dans la Grande-Bretagne, la counooe impériale.

LesMormands, contre lesquels Cbar-

leniagne y avait équipé une flotte en 811, la prirent d'assaut en 883,

0 Cwar, De Bell. GalL, Ub. v. Voves wiilckcoa«r, Géographie mienme dee Oem'

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