‹ France (volume 3)Chapitre 40 sur 105 · p. 4i8 e( suiv · texte numérisé non relu

p. 4i8 e( suiv

(**) De situ or bis, liv. m, ch. 4.

(**•) Voyez Pline, liv. iv, ch 17; Ptolcm. 5«>gr. , liv. II , cl». 8 ; Geogr, mia, insipèmutbmHh lib.m«dLt.

C***)nor.lil».s,ch. is.

passèrent au fil de l'épée tous les habitants sans distinction d'âge ni de seie , brûlèrent tous les édîËes et renversèrent les murailles. Ce ne fut qu'en 912, après le départ de ces barbares, que l'on put commencer à relever les fortifications. Henri III , ro| d' Angleterre, tenta inutilement des^emparer de Boulogne en 1847. Qenri VIII s*en rendit maître, en 1544, apfèy un siège de six semaines; mais cinq ans après, Édouard VI la rendit à la France , moyennant (;[uatre cent nuliç éctts. Après la destnieliott deTbérouans par Charles-Quint, en 1653, lesi^ épiscopal qui se trouvaitdanscette ville, fut transporte à Boulogne, où il sub* sista jusqu'en 1789.

Le lecteur trouvera, dans l'articlff suivant, Tbistolre des mnds événements dont Boulogne lut le théâtre sous le consulat et dans les premières années de l'empire. Disons seulement ici que ces événements furent pour cette ville une cause de progrès, e| contribuèrent beaucoup à la prospérité dont elle jouit aujoiird hui. C'est, sans doute, ;iu souvenir de ces obligations que les habitîints de Boulogne ont au gouvernement de JNapoléon, qu'il faut attribuer le choix fait de cette vilifi par son neveu, le pirlnce Louis Bona»

parte, pour y essayer, en 1840, un^ seconde tentative contre le gouvernement de juillet.

Boulogne possède' to tribunaux di»

première instance et de coramerce»

une direction des douanes , un syndi*. , cat maritime, des vice-consulats étrangers, une école d'hydrographie de quatrième classe , un collège communal , une bibiiotbèque publiaue de vin^ eî un mille volumes ; enfin , Tétabbssih, ment des bains de mer de Bouiogni jouit d'une grande célébrité.

Boulogne (camp de). Non loin de la ville , à l'endroit peut-être d'où Césaf . effectiM son passage en Angleterre « s'élève une colonne en pierre, cens*., truite sur le modèle de la colonne tra-* jane. Ce monument, commencé eq 1803, mais seulement achevé vingt ans plus tard, rappelle le loiimîrilUiQaoïpi de Boubigne» où Xftpoléa^ r8iieiahl&

cent cinquante mille hommes, qu^un de ses plus beaux plans de campagne

Saraissait devoir infailliblement confonre à Londies.

Dès le début de la révolution. Fa*

rîstocratie anglaise s'appliqua sans relâche à nous susciter partout des ennemis. Son ancienne jalousie, augmentée encore par ta crainte qu'inspiraient nos principes d'égalité, la décida à ne reculer devant aucune intrigue et devant aucun sacriGce pour étouffer le réveil du peuple français, r^éanmoins, conformément aux traditions héréditaires de cette politique qiii ne cessa jamais d'entretenir la division sur le continent européen , elle eut, au commencement, la prudence de ne pas descendre dans la lice.

Ayant besoin de tons ses bras pour le service de sa marine et de son commerce, qui, grâce au bouleversement du monde , allaient prendre une extension inouïe, l'Angleterre nous combaltit d'abord avec le sang des autres peuples, les soudoyant en apparence, mais, en réalité, ne les payant qu'avec unepartiede l'or queles bénéfices deson négoce leuravaient arraché. En un mot, elle employa contre la grande nation la même tactique qu'elle avait, un ^ècle auparavant, essayée contre le grand roi. C'étaient toujours la même ambition mercantile, le même machiavélisme , les mêmes calculs d'argent si familiers à une caste oligarchique, au yeux de laquelle l'or était le meil- Inir, sinon le seul moyen de gouvernement, et pour ainsi dire la clef de la domination universelle.

De là ces coalitions de 1792, mais - ainrtout de 1798 et de 1798, dont l'Angleterre était l'âme, et dans les rangs desquelles figuraient à peine quelques soldats anglais; car, pour ce qui concerne la guerre maritime, le cabinet de Saint-James la menait à lut seul et pouKSon propre compte, bien plus que dans nmérêt commun des alliés. La France ne fut pas un seul instant dupe de cette politique tortueuse. Aussi, une fois que la Prusse et l'Autriche M fîirent avouées vaincues, l'une en 1796, à l'époque da traité de Bâie,

l'autre en 1797, lors du traité deCanipo-Formio , tous les esprits , remontant à la cause première de ces ligues incessantes , se mirent à la recherche

des moyens de transporter le théâtre de la guerre sur le sol anglais , qui avait été le véritable point de départ de toutes les hostilités contre la France. C'est dans ce but qu'après les eampagnes d'Italie le Directoire avait nommé Napoléon général en chef de l'armée d'Angleterre, et l'avait envoyé en cette qualité sur les côtes de l'Océan.

péjà précédemment, en 1796 , le gé>

néral Hoche , qui venait de pacifier la Vendée, avait eu l'idée généreuse de porter du secours aux Irlandais révoltés. Si ce projet avait réussi, l'Angleterre à son tour aurait eu sa Vendée, et le peuple le plus malheureux de l'Europe aurait nrisé ses fers ; niais une tempête furieuse assaillit l'escadre française, et la contraignit à regagner le port de Brest sans avoir pu toucher le rivage de l'Irlande , d'oik tant de victimes avaient salué nos soldats comme des libérateurs. Peu encouragé par ce précédent , se sentant d'ailleurs entraîné vers rÉgjpte, Bonaparte se contenta alors d^inspecter les principaux ports de TOcéan , et d'indiquer Boulogne comme un point d'attaque supérieur à celui de Calais. Jusque-là on avait donné la préférence à Calais,

S|ui ne se trouve qu'à sept lieues de a côte anglaise, tandis que Boulogne en est distante de plus de neuf lieues; mais on avait négligé de tenir compte du courant général de la marée qui porte sur Douvres, avantage décisif pour le succès d'un débarquement.

Peu de temps après le départ de Bonaparte pour l'Orient, le Directoire adopta le système des petites expéditions , les seules qui lussent- encore possibles depuis l'éloignement d'une partie de la flotte. Le 6 août. 1798 , le général Humbert partit de Rochefort a la tête de mille trente-deux hommes, montés sur deux frégates et un vaisseau, et, à la suite d'une traversée pénible, parvint à mettre pied à terre en Irlande. Les succès qa'il y obtint

avec une pignée de braves montrent réunion; de là, par un vent favorable,

combien était juste la pensée du géné- trois heures pouvaient suffire , dans

ral Hodbe; malheureusement aucun les grandes marées , pour les eonMn

secours ne put rallier la division Hum- à Douvres avec les phalanges Tielo*

bert ; et , malgré des prodiges de va- rifuses qui , des plaines de l'Allemagne

leur qui lui valurent ladmiration et de l'Italie , étaient venues se pres-

méine des Anglais, elle fut réduite à ser dans le camp retranché de Bou-

mettre bas les armes. logne , en vue des cotes de l'Angleterre.

A son retour^'d'Égypte, Napoléon Impatients de s'élaneer sur les flots,

débuta par la bataille de Marengo , qui mais ne pouvant devancer le signal do

contraignit l'Autriche à subir le traité de Luneville en février 1801. De sou côté, à la suite de plusieurs entreprises inutiles contre Boulogne, TAn^leterre consentit à signer la paix d'Amiens , le 25 mars de l'année 1802. I\lnis cette puissance, qui n'avait considère la paix (lue comme une trêve nécessaire pour le rétablissement de ses flnances.

départ toujours ajourné par de nouveaux incidents, les soldats français s'exerçaient sans relâche à la manœuvre des chaloupes canonnières.

A trois reprises différentes , deux fols en 1803, et une fois en 1804, Napoléon vint les encourager par sa Rféseuce, et applaudir à l'intelligence et à la célérité avec lesquelles ib s'em-

nfosa de donner à ses troupes l'ordre barquaient et descendaient à terre.

(i'év3C!icr IVIalte , quoique Pailicle 10 Cependant il modérait leur ardeur;

du traité d'Amiens lui iniposàt Tobli- et, ne pouvant avouer la cause de

gation formelle de remettre cette île sa temporisation encore plus habile

«u chevaliers de Saint-Jean de Jéru- que prudente, il multipliait pour eux

alem dans les trois mois de la ratifi- les motife de distraction , soit en leur

Catien du traité. Profitant alors de donnant des fêtes, soit en occupant

letatde neutralité auquel il avait sou- leurs bras à des travaux de défnche-

mis jps puissances absolues de l'Europe, JNapoléon déclara la guerre aux Anglais en 1803^ et reprit les hostilités a'^ec Pintention avouée d'opérer enfin jinedescente dans leur île. A cet effet, il ordonna b formation de plusieurs camus dans les environs d'Ostende, de Buokerque, d^Ambleteuse, d'ÉtapIe et de Boulogne , ville où avait été concentrée une flottille dès 1801 , et où furent alors dirii^és environ cent cînquhnte mille hommes. Il fit eu outre construire un nombre considérable de cbaloa[|es canonnières, de prames-, de {lénicbes, de toutes sortes d'embarcations faibles d'ecbantillon , ne présentant presque pas de prise à l'artillerie des gros navires par leur peu d'élévation au-dessus des eaux , mais égalenient capables de servir aux transports <lct troupes, et de se défendre, par leur nombre, contre les attaques des vaisseaux deligne. En (|uelques mois, mille embarcations de ce genre sortirent des diantiers et des rivières de la France, •le la Belgique et de la Hollande. La nde de Boulogne fut le lieu de leur

T*in. 18* lÂvraUon (Dict. bncygl., etc.)

ment ou à la construction de nouvelles routes. Ce quil attendait, personne ne 8*en doutait encore, et ce fot seulement en 1805 qu'il en fit Taveu, après l'abandon de tous ces rands prépara* tifs qui avaient duré trois ans.

Les Anglais tournèrent d'abord en ridicule les projets du camp de Boulogne. Cependant, après avoir épanché leur verve satirique en un torrent de quolibets et de caricatures , après avoir beaucoup ri des menaces du dieu Mars, auquel ils opposaient le trideot de Neptune, peu à peu ils ressentirent les atteintes de rinquiétude, et aux premiers élans de leur gaieté succéda bientôt ime terreur panique. ^ Une flotte anglaise ayant paru dans la rade de Torbay dans un moment où elle n*était point attendue, et n*ayant point répondu d*abord aux signaux de la côte, la consternation fut au comble sur ce point; le bruit de l'apparition des Français se répandit avec une effrayante rapidité, et les maisons furent abandonnées jusqu'à (>lus deiingt lieues dans les terres. YaiDement \m

L'iTEnysRS*

noQBDUt promptement la cause de Vtttmi-ôm -mMres excessives furent adèplées à la hflte par les agents du ffouvernement. On donna Tordre de déployer le drapeau rouge sur toute Téteadue des cotes du royaume-uni, avec injonction de ne faire aucun qaartier.aiK Fitençais, dans la crainte gtw lé nombre des prisonniers venant a Augmenter, ces barbares ^ quoique désarmés, ne parvinssent à compromettre la sûreté de TÉtat. On établit, dans toutes les directions, des si* gnaux, au* moyen desquels cinquante mille hommes armés pouvaient être réunis sur le même point. Tons les rhevaux, toutes les voitures furent mis à la disposition du gouvernement. La levée cannasse' fiit ordonnée, et, comme on manqilait de fosils p$ar armer cette milice, on eut recours au moyen em-

Kloyé en France en 1793 : on distriua des piques et d'autres instruments ofSmsiib. On décréta anssi mie levée extraordinaire décent mille matelots; et la presse, cette odieuse mesure de recrutement, fut exercée avec une rigueur qui n'avait pas encore eu d'exemple. On arma avec une artillerie formidaMe les cdtes les plus mena* eées ; on construisit même, à grands irais, des écluses pour inonder tout le comté d'Essex; enfin le gouverne- Yiient prit des dispositions pour qu'à la première nouvelle du débarquement dès Français, on incendiât les forêts, lés' villages, les moyens de transport, on détruisît les chemins, les canaux, on démantelât les villes, on égorgeât tous les bestiaux qui ne pourraient pas être emmenâidans rinterleur du pays, liés plus riches haBitants de Douvres se râbgièrent à Cantorbéry, et des travaux de fortifications furent commencés autour de Londres *). »

Ce n'était pas sans cause que les Anglais avaient ainsi passé d'un excès de sécarité à un excès de trouble. , Tontes les manoeuvres de leurs marins avaient été impuissantes pour détruire Ja flottille de Boulogne; Pselson, luimême, le vainqueur d'Aboukir, avait

(*) rttt9lf§t êi êoiiquétHf t» XT» ip. 96, ,

échoué dans cette entreprise. Dès le 9 septembre 1801, cet amiral s'était pré* senté une première fois devant Boulogne avec trente bâtiments de guerre de toutes grandeurs. Une division de la flottille légère française était mouillée à cinq cents toises de l'entrée do port. Les bombardes anglaises com* mencèrent le feu au point du jour, à dix-neuf cents toises de la ligne fran-^ çaise ; plusieurs fois la flotte anglaise voulut s'avancer; les soldats embar»

qués à bord de la Hottille demandaient rahordage. Vers midi, Nelson, voyant qu'il n'avait pu forcer cette avantgarde à rentrer dans le port de Boulogne, s'éloigna après avoir jeté inutilement huit à neuf cents bombes, qui n'atteignirent personne.

Cinq jours après, la flotte de Nelson reparut plus nombreuse et accompa-* gnée d'un grand nombre de frégates, de péniches^ de bricks et de chaloupes canonnières. Il mouilla à trois mtUé toises de Tavant-garde française, qui occupait toujours une position à cinq cents toises en avant ou port. A minuit trois quarts, une chaloupe française d'observation annonça l'attaque; le feu commença des deux cétés aved la plus grande vivacité. Les bombes, le canon, la mousqueterie , présentaient au milieu des flots un spectacle tout à fait imposant ; aucune batterie de terre ne pot tirer, de peur d'atteindre les chaloupes françaises au lieu de frapper celles des ennemis. Six péniches anglaises attaquèrent la chaloupe canonnière VEtna; le capitaine Pévrieux, qui la commandait, tua de sa main deux matelots ennemis. Presoue touteë les chaloupes canonnières françaises furent en môme temps abordées ; mais les péniches anglaises trouvèrent partout une résistance vigoureuse; partout elles furent repoussées. Les plus braves des Anglais qui tentèrent l'a^ bordage furent tués, blessés ou faits prisonniers; la chaloupe /a 5Mrpmff fit couler bas quatre péniches anglaises;.

Pendant que le front de cette ligne soutenait le combat avec un tel avantage, une division anglaise s'efforçait de la tourner en passant entre m terre^

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