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BouBDELiN, nom d'une famille de savants distingués qui a vu trois de
ses membres appelés à l'Académie des sciences, et un autre à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Claude BouHDBUN, le plus ancien , naquit ea 1621, à Villefranche, près de Lyon, fut reçu de l'Académie des sciences en 16G8, et mourut le 15 octobre 1699. Il s'est particulièrement distingué dans la chimie. — Son fils aîné , qui portait également le nom de Claude, embrassa la carrière médicale, et devint, en 1703, premier médecin de la duchesse de Bourgogne. IVé à Senlis, le 20 juin 1GG7, il mourut à Paris le 20 avril 1711. Ainsi que son père, il n'a laissé aucun ouvrage; mais il consacrait toutes SCS études à l'Académie des sciences.— François Boubdelin, frère du précédent, clioisit d'abord la jurisprudence , mais s'adonna surtout a l'étude des langues. Après avoir résidé dix-huit. mois en Danemark en qualité de secrétaire d'ambassade, il revint à Paris, où il remplit secrètement les fonctions de traducteur des dépêches étrangères. Né à Senlis le 15 Juillet 1668 , il cessa de vim le
FRAHCE.
34 mai 1717. L'Académie des inscriptions et belles - lettres Tavait honoré de son choix. On a de lui VExplica- Uon de toutes les médailles modernes frappées depuis deux ou trois siècles.
— AoMiVr/awc/e BouBDELiN, son lils, naquit à Paris en 1695 , et mourut le 13 septembre 1777. Professeur dechinaie au Jan*din des Plantes , il exerça aussi la médecine , et devint médecm de Mesdames. En 1727, l'Académie des sciences l'appela dans son sein. — Il y eut dans la même famille un abbé BouBDBLiN, né à Lyon en 1725, qui se Toua à la carrière de Tinstructiou publique. Il mourut en 1783.
BouRDELOT (Jean), avocat au parlement de Paris, maître des requêtes ér. Marie de Médicis, l'un des plus cé* lèbres érodits du dix-septième siècle, était natif de Sens. Il mourut à Paris en 1638. On a de lui une édition de Lucif-n, Paris, 1615, in-fol., longtemps estimée; une édition d'Héliodore, Puits, Î619, in-8^, et enfin une édition de Pétrone, imprimée après sa mort, Amsterdam, 1663, et Paris, lOTT, in-12. Suivant un de nos incilleiirs critiques, M. Boissonade, les commeataiies dont Bourdelot a enrichi ses éditions d'auteurs anciens ne sont pas^ irdignes d'éloges, quoiqu'ils aient été faits à la hâte.
BouBDic-ViOT ( Marie-Anne-Henriette Payan de l'Étang de), également connue sous le nom de madame d'Antremont, parce qu'elle était veuve de M. de Rivière, marquis d'Antremont, lorsqu'elle épousa le baron de Bourdic, major de la ville de iNimes. Ifée à Dresde en 1^46, nuiis amenée CD France dès le bas âge, elle perdit, dans sa seizième année , son premier roari, qu'elle avait épousé à treize ans. Le goût qu'elle avait toujours eu j)our les fettres n*en devint que, plus yif, et dlerecherdia des consolations dans la poésie. Madame d'Antremont faisait des vers avec beaucoup de facilité, avec trop de facilité peut-être; maiscomme elle composait surtout pour elle et pour ses amis , et que' ce fut presque toujours à son insu que ses productions littéraires furent publiées, on
T. m. 16* Uto. (DiGT. biv:ygl. ,
aurait tort de se montrer trop sévère à son égard. On rencontre souvent dans les Almamaehs dei mvseM de folis vers signés de son nom. Parmi les pièces qui lui font le plus d'honneur, il faut citer YÉloge de Montaigne, in-18, an viii; Y Éloge du Tasse, celui de Ninon deP Endos, VOde au sUaiCB et la Forêt de Brama, opéra en trois actes , musique de M. Eler. Il règne en général dans ses écrits une grande indépendance de raison qu'elle avait puisée dans Montaigne, son auteur favori. Elle aimait la musique près-' que autant que la poésie, et consacrait ce qui lui restait de loisir à l'étude de ralleinand, de l'italien et de l'anglais.
Étant devenue veuve de nouveau, elle épousa en troisièmes noees M.
Viot, administrateur des domaines.
Madame d'Antremont n'était pas jolie de figure; mais elle avait une taille fort élégante, ce qui lui faisait dire avec esprit, en parlant d'elle-même:
« Ii*architscte a manqué la façade. »
Après son dernier mariage, elle se fixa à Paris , se lia intimement avec madame Dubocage , à qui elle lit obtenir une pension sur la lin de sa vie, et reçut chez elle la plus brillante société. Aussi recommandable par son esprit que par les qualités de son cœur, elle a été célébrée par Voltaire, la Harpe, la Tremblay et Blin de Sainmore. Elle mourut à la Ramière, près de Bagnols, le 9 août 1803, à l'âge de cinqiiante-six ans.
BouRDiN (Charles), chanoine, archidiacre et grand vicaire de ISoyon, publia ÏH'istoire de Notre-Dame de Fieukdiney Saint-Quentin, 1662, in-11.
BouBBiN ( Gilles ) , procureur général au parlement de Paris, l'un des jurisconsultes français les plus savants du seizième siècle, naquit à Paris en 1517 , et y mourut en 1570. On a de lui un commentaire estimé smr la comédie d'Aristophane, intitulée : Les TkesmopkorieSy commentaire qu'il dédia à François V ; des Mhnoires sur les libertés de L'Eglise aalUcane , infolio qui se trouve à la bibliothèque royale parmi les manuscrits de Dapuy ; £gidH BordùU paraphrasis in ean-
BTC.) 15
L*trmVEllS. ' MUr
stUuiiones regias anm 1539 éditas. Ce dernier cominentaire est son meilleur ouvrage. En 1606 , Fontanon le traduisiten français; Tédition la plus'es^ timée est celle de Paris, 1628, in-8\ Gilles Bourdin vécut sous le règne de quatre rois : François r*", Henri II, François U et Charles IX. Il possédait à fond rtiiébrett , Tanibe, le grec et le latin ; sa science et ion intégrité lui avaient attiré une grande considération dans la magistrature.
BouBDiN ( Jacques ) , seigneur de Vilaines, prit part au maniement des affaires sous Henri II , François II et Charles IX. Secrétaire d'État d'abord, puis secrétaire des finances en 1549, il fut ensuite mis à la téte du département des affaires d'Italie. De sa plume sofftirent en grande partie fes instructions et les mémoires à Taide desquels furent défendus les droits de
I Église gallicane et de la couronne de France, au concile deïrente.On trouve bwuiooiip deeet frièces dant le Recueil àm aotas du concile de Trente, publié par .Tacques Dupuy, Paris, 1654, in•4^ En 1563, Jacques Bourdin figura dans les négociations deTroyes, qui avaient pour objet la conclusion de la paix avec TAn^leterre. Les affaires d'Alle> magne lui donnèrent aussi beaucoup d'occupations. Un volume manuscrit in-folio, de la bibliothèque de Legendre de Darmini , contenait le Recueil emKpkt des mémoires , instructions et dépêches de Bourdin ^ depuis 155S jusqu'en 1566, pour les affaires d'Allemagne. Jacques Bourdin mourut le 6 juillet 1567. On l'a soupçonné d'attachement aux opinions réformistes; ce qui landrafi à le faire croire, c^est qo^l fonlut être enterré sans pompe, et que ses dépouilles mortelles fussent déposées dans la fosse publique.
Bourdin (Maurice), antipape, connu sous le nom de Grégoire Vll^ émit né dans le Umousin , d*où il suivit, en 1095, Bernard, archevêque de Tolède, qui le fit son archiprêtre, et lui donna ensuite l'évêché deCoïmbre.
II succéda, en 1110, à saint Géraud, anibevéque de Braga, vint ensuite à Rome, oli Pascal II loi oan£^jra le gal-
lium, et le chargea, en qualité de légat, de terminer les diûérends qui existaient entre lui et remperedt Henri V. Mais ce dernier sut mettrë lè
légat dans ses intérêts , et se fit coiironner par lui , quoique le clergé de Rome e(H refuse de le reconfiaître comme empereur en TabsenQp du pape.
Cette démardie de Maarioe Irrita Pascal , qui le fit excommunier au concile de Bénévent. Ce pontife étant niort peu de temps après, et le conclave lui ayant donné Gélase II pour successeur, Henri , de son côté , fit élire MaUrité, qui prit , ainsi que nous Pavons dit , le nom de Grégoire VII, parvint à sé rendre maître de Rome, et à en chasser Gélase. Mais son élection , qu'il espérait d'abord faire approuver par toute la chrétienté, fut oeclarée nullj par le plus grand nombre des évé* qu«s, et, qiiPHjne temps après, abandonné par l'empereur, qui lit sa paix avec Gelase, il fut oblige de s'enfuir à Sutri, où des troupes envoyées par soii compétiteur s'emparèrent de sa ][)èrsonne, et le ramenèrent ignominieusement à Rome. Il termina ses jours dans une prison, à Fumone, près d'Alatri, en 1122.
BouBDON (Isidore), savant niédé^ cin, né à Trun, près d'Argentan,' kf 26 août 179G , a publié un nsspz irrond no'nbre d'ouvrnues justement estimés.
JNous citons seulement les principaux :
De Vinfiuence de la pesanteur sur quelques phénomènes de la vie, Paris, 1819, in-8% 2« édit. , 1822; Mémoire sur le vomissement, Paris, 1819, in -8° ; Nouvelles recherches sur la circulation du sang et sur le mécanisme de la respiranon chez Vhomr me 9 Paris, I820, in-8«»; Recherches sur les maladies de l'estomac , Paris, 1824, in-S", en commun avec M. le docteur Fouquier; Physiologie médicale, Paris, 1828, 2 vol. in-8°; Physiologie comparée , ou Histoire d^ phénomènes de la vie dans tous lès étrrs qui en sont doués ^ depuis les plantes Jusqu'aux animaux tes plus complexes, 1830, 2 vol. in-8* aveq planches t ouvrage neuf, le premier qu'on ait fidt depuis celai des AM*
maux d*Jristote , lequel d'ailleurs ne pari« ikf des plantes, ni de tous les
animaux.
Bourdon (Sébastien'), l'un des plus fameux peintres de l'école française, oaquit à Montpellier en 1616, et vint Inrfs, en 1628. Son père, maataîs peintre sur verre, et un autre artiste Fort médiocre de Paris, furent ses premiers maîtres. Malgré l'insuffisance de cette éducation, ses dispositions étaient si heureuses , qu'il devint bientôt un artiste distingué. A l'âge de 14 ans, il alla peindre à fresque les plafonds d'un château dans les environs de Bordeaux. De là il se rendit à Toulouse, où le besoin le contraignit de s'enrôler. Mais son capitaine, amatrar dis* tingué, jugeant, par ses dessins, qu'il pouvait devenir un jour un grand peintre, lui donna son congé. Bourdon, qui avait alors 18 ans, profita de sa liberté pour aller en Italie, où il passa trois ans > et pKt surtout pour modèles Claude Lorrain, André Sarchi et le Ca ravage.
C'est peu de temps après son retour en France qu'il composa son tableau du crucifiement de saint Pierre. Ce tableau, que Ton regarde comme le chef-d'œuvre de Bourdon, fut longtemps un des plus remarquables de Notre-Dame de Paris; il se trouve maintenant au musée du Louvre.
Les guerres civiles qui signalèrent la régence d'Anne d'Autriche et le ministère du cardinal de Mazarin forcèrent Bourdon, en le privant d'ouvrage, de s'expatrier. Il se rendit, en 1662, en Suède, où la reine Christine le nomma son premier peintre. Bour»
don était protestant; c'était une des raisons qUi l'avaient engagé à faire le voyage ae Suède. Quand Christine, en renouant au trône, eut embrassé le- catholicisme, cet artiste, AwA le caractère était d'ailleurs d'une grande mobilité, se prit à regretter sa patrie et revint en France.La paix s'y était rétablie, et avec elle les arts commençirent à refleurir. Les commandes abendèrent, et Bourdon put mettre à prgftt son talent et sa prodigieuse
n fut un des douze premiers membres de l'académie de peinture, qui li choisit pour son recteur. II mourut k
Paris, en i671 , à l'âge de 55 ans.
Voici le jugement qu'un juge éclairé et d'un goût sûr a porté sur les ouvrages de cet artiste : « Les dessins de Bourdon sont pleins de feu et d*unft . liberté qui enchante. Ses paysages à la gouache sont très-heurtés , mais ils toiît un grand effet. On reconnaît aisément ce peintre à ses caractères de têtes, à leurs coifiures singulières et aux extrémités lourdes et n^ligées de ses figures. » On a aussi de Bourdon une quarantaine de gravures à l'eauforte, assez estimées. Ses élèves furent Monier, Friquet de Taurose et Guillerot,qui s'est fait un nom comme paysagiste.
BOIJBDON DE LA CbOSNIÈBE (Léo-
nard-Jenn-.Tospj)h), plus connu sous le nom de Léonard Bourdon, né, en 17ô8, à Longny-au*Perche (Orne), avocat an conseil du roi , dirigeait à Paris , en 1789, une maison d'éducation. Connu dès le 14 juillet comme l'un des plus ardents défenseurs de la liberté, il contribua puissamment à la journée du 10 août, et fut nommé, en 1792,' député du département du Loiret à la Convention nationale. La commune de Paris, avant l'ouverture de la session , l'avait envoyé à Orléans , où la nouvelle des événements du 10 aoAt excitait des troubles. Il avait ordre de faire adhérer cette ville à toutes les mesures prises par l'Assemblée législative, et de faire transférer à Sauniur les prisonniers de la haute cour na»
tionale. On sait qu'il conduisitces prisonniers à Versailles, où leur présence causa une émeute, et où ils furent massacrés. Bourdon fut accusé, à tort peut-être, d'avoir été la cause de co nineste événement. Il déclara ensuite à la Convention que toutes les lois qu'elle voterait resteraient sans exécution, tant que toutes les adiuinistiûtions ne seraient point composées d'hommes à la hauteur des circoiistançes. Lorsque Louis XVI futdéteiù au Temple , ce fut lui qui proposa oc M interdiie toute communication avec
sa famille; et lors du procès de ce prince, il vota la mort sans appel, et pressa avec vigueu r rexécution. Envoyé en mission à Orléans, en mars 1798« il Alt assailli par un piquet de gardes nationaux , et couvert de blessures sons les yeux de la municipalité, (jui ne prit point sa défense, ce qui motiva de la part de la Convention un décret qui déclara la ville d'Orléans en état de rébellion. Le 8 août de la même année, Botirdon fut élu secrétaire de la Convention, et peu de temps après, président des jacobins. Il sollicita ia lornialion d*une armée révolutionnaire dans chaque département, et (it décréter, conjointement avec. Bourdon de roise, queles biens des détenus qui se suicideraient, ainsi (|ue ceux des condamnés, appartiendraient à la république. Léonard ayant défenduT Vincent et Ronsin, le 28 janvier 1794, et proposé leur mise en liberté. Robespierre fit rejeter cette proposition par le comité de saiut public, et ces deux scélérats furent suillotinés le 4 ventdse suivant. Mais dès ce moment. Bourdon voua ime bainc itnplarnhlc \\ Robespierre.
Quand celui-ci lui eut reprocbé quelque temps après d'avoir participé à la conspiration d'Hébert qui venait d*étre exécuté, efifrayé de cette sortie, il ne garda
f)!us aucune mesure, et prit la part a plus active à In journée du 9 thermidor, qui le délivra du juge dont Fœii perçant uienacait sa conduite d'une sévère investigation. Adjoint à Barras pour commander la garde nationale, il pénétra, à la tête de la force armée, dans la maison commune, où Robespierre s'était renfermé avec les chefs du parti de la Montagne , s empara d*eux, et rendit compte lui-même a la Convention de ce siège de l'hôtel de ville. Quelque Temps après , il fît décréter la translation du corps de Marat au Panthéon , et dirigea luimême cette cérémonie. Traité hautement d'assassin à la Convention par liependre, et aux applaudissements universels des tribunes , il se mit à la tétede la conspiration qui éclata le 1"^ avril 1795, fut arrêté, conduit au château de Ham, et ne dut la liberté
et la vie qu'à l'amnistie du 25 octobre 1795. Il fit partie du Conseil des Cinq- Cents, où Boissy-d'^nglas le traita d*assassin révolutionnaire, et se plai« gnit de ne pouvoir faire un pas dans Paris sans être effrayé de sa présence. Il fut ensuite l'agent du Directoire à Hambourg, d'où il fit partir les émi-
§rés. Il avait fondé, en 1793, Técole es Élèves de la Patrie. Il dirigeait encore à Paris, en 1803, et quelque temps avant sa mort, une école primaire. Il a publie : un Mémoire sur Cinslrudioii et l'éducation nationale^ 1789, in-8*; Reeuetldes actions civiques des républicains français^ 4 nuïnéros, Ï794, in-8°; le Tableau des imposteurs, ou l' Inauguration duteni' pie de la Liberté y sans-cuioltide dramatique en 6 actes.
BouBDON DB l'Oisb (FranoDîs- Louis), fils d'un cultivateur du viUage de Remy, près de Coînpiègne, et ancien procureur au parlement de Paris, fut un des partisans les ()lus exaltés de la révolution, et se signala dans une foule de circoostanees par la violence de son caractère. Le 10 août 1792, à l'attaque du cbûteau des Tuileries, il paya de sa personne, mais fut loin de rester pur de tout excès.
La manière dont il entra , dit-on , à rAsseniblée]oonventionnclle,ne lui fait pas honneur. Léonard Bourdon de la Crosnière, son concurrent, ayant été nommé tout à la fois par le collège électoral de l'Oise et par celui on Loiret, opta pour la députation de ce dernier. François-Louis Bourdon, candidat de rOise* profita de la conformité du nom (sans être de la même famille), se présenta, et fut admis à la Convention comme s'il eût été nommé, et sans qu*aucune réclamation s'élevât contre cette supercherie. Bourdon de rOise ne se contenta pas de voter la mort du roi, il demanda que les hommes mutilés en combattant pour la cause de l'égalité sur ta phice du Carrousel, fussent confrontés avec Louis XVI, lorsque ce prince fut traduit à la barre de l'Assemblée, et provoqua ea duel son collègue Cambon qui, suivant lui, s'était conduit d'uM