DONNAIS
BouBBS. — Ce terme, dérivé de l'ai?
lemand Stmr ( paysan ) , était le oam' par lequel les auteurs français du se»4 zième siècle désignaient les hordes de paysans allemands insurgés , qui , en menacèrent d'envahir la France, et. furent vaincus par le duc Antoine, de Lorraine. Luther venait de proela* mer ses doctrines innovatrioes; le clergé , la noblesse et la bourgeoisie les avaient embrassées avec enthousiasme parce qu'ils y trouvaient leur avantage. Mais les serfs de la glèbe devaient, comme auparavant, rester courbés sous le joug. Eux aussi voulurent s'affranchir, et bientôt une iusurrection terrible éclata dans les campagnes de la Souabe et de la Thuringe.
Grandissant à mesure ou'elle s'avaa* çait, comme une effroyable avalanche , cette insurrection franchit le Rhin et pénétra en Alsace. Les insurgés, en qualité de chrétiens et d'enfants de Dieu , demandaient la liberté et l'égalité, évangéliques, la destruction de toute tyrannie, la communauté dès biens , etc. Marchant comme des hordes nomades avec leurs familles, leurs troupeaux et leur butin , pillapt , sur leur passade , les châteaux et les m»»
uastères, ils s'étaient réunis en Alsace au nombre de plus de quarante mille , et n'attendaient que de nouveaux renforts, qui devaient leur arriver d'Allemacne , pour tomber sur la France , dontle roi était prisonnier de Charles* Quint. Le duc Antoine de Lorraine, craignant pour ses sujets la contagion de Texemple , se hâta d'appeler à son secours son frère Claude de Lorraine , prince de Guise » alors gouverneur de C|iaropaen«« Lu|<ialnie raysen^iia tmi^
BOU
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tB^ les forces qu'il put trdtnrer disponibles : Lorrains, Lansquenets, Espannisquenets {spannische knechten) ^ ^i^darmes espagnols, Écossais, Stn* ijlots d'Ëpire, arquebusiers italiens « piquiers allemands et volontaires français. Avec cette armée, forte de onze mille hommes yii plus, le duc arriva le 16 mai devant Saverne y ville d'Alsace •lors importante, dont Iss révoltés étsient mattres. Un fort détachement de ses troupes massacra et brilla d'abord six mille paysans au village de {jupstein , sur la route de Strasbourg.
Consterné par cette défaite, Ëratmo Girber, chef des Boures de Saverne, consentit une capitulation qu'on ne se fît aucun scrupule de violer. Les féroces mercenaires du duc de Lorraine
Sillèrent la ville et massacrèrent plus 9 vingt mille paysans et la plus grande polie des habitants* Cependant la guerre n'était pas encore finie. Les troupes du duc reprenaient le chemin de la Lorraiue, quand leur avantgarde se faMMirta,le30 mai, à GbIteDoi, près de Scbeletstadt, contre une seconde armée de Boures, évaluéeà vingt-quatre mille hommes, et menant avec elle dix ou doUze fauconneaux. Le duc Antoine se décida à les attaquer avec trois mille hepottes environ qiril avait. Bientôt ces bandes mal équipées, mal disciplinées e^peu au fait du maniement des armes à leu, furent écrasées, culbutées, et mises dans une telle déroute que plus de la moitié tomba sur le champ de betaille; les autres se dispersèrent; et de cet immense soulèvement il ne resta qu'un effet moral, c'est-à-dire, une impulsion plus rapide donnée à la réforme.
BouBETTE (Gbtolotte Renyer, damé) , plus connue sous le nom de* Aftife-
Umonadièrey tenait à Paris, vers le milieu du dix-huftieme siècle, un café fort en vogue chez les notabilités contemporaines, et qu'elle changeait quelmiefeis^n cercle littéraire ou en salle de spectacle. On a d'elle deux vol. de poésies dédiées au roi Stanislas, et publiées en 175.5, sous le titre de /a Muse- Limonadière. Ces poésies eurent dans leur temps beaucoup de succès; il
en fut de même de la comédie en un acte et eu vers intitulée : la Coquette punie y qu'elle fit représenter chez die , et publia en 1779. Néeâ Paris en 1714 » eUe y mourut en 1784. ' ' ^ '
BouBO, chef-lieu du département de l'Ain , ancienne capitale de Tà Bresse, à 44 kilomètres N.-E. de Lyon.
Suivant la Martinière, qui attribue la fondation de .Bourg aux ancîeot seigneurs de Baugé, l'origine de cette ville ne remonterait pas au delà du treizième siècle. Le président de Thou a émis une autre opinion, qui s'appuie, entre autres preuves, sur de nombreux débris d'antiquités décote*»
vertes à Bourg et dans les environs.
Selon lui, cette ville serait située sur l'emplacement de l'ancien Forum Sebusionorum.QvLoi qu'il en soit,du onzième au seizième siècie,llourg fit partie des États des ducs de Savoie, <fn y construisirent une citadelle remarquable.
Prise par les Français en 1536 et en
1600, elle fut définitivement cédée à - la France 4iar le traité de Lyon, en
1601. Marie de Médids en fit démo* lir la citadelle en 1611.
Bourçt fut pendant quelque temps une ville episcopale. Léon X, à la sollicitation de Charles, duc de Savoie, y avait nommé, en 1615, un évéque, qu'il révoqua l'année suivtatto, à la prière de François r*". Cinq ans après il en nomma un autre; mais cette fois encore, les réclamations de François I"^ se firent entendre, et en 1536, Paul III, qui occupait alors la chaire pontifi- .caie, supprima définitivement I évéclié de Bourg, pour le réunir à rarchevéché de Lyon.
Bourg, dont la population est aujourd'hui de 8«906 habitants, posisède des tribunaux de première instance et de commerce, un collège communal et une bibliothèque publique de 19,000 volumes. C'est la patrie du grammairien Vaugelas. et du célèbre astronome Jérôme la Lande.
Le monument le plus remarquable de Bourg est l'église Notre-Dame de Brou, construite en 1511, par ordre de Marguerite d'Autriche, fille de Ha^miiien I*' et tante Ae Gharlee^.
Quint. Cette église, où Ton admire les jnausolées de Marguerite , de Philippe 11 de Savoie, son mari, et de Itargueritede Bourbon, sa belle-mère, est une des productions les plus remarquables de Tardiitecture du seizième siècle.
BouBG-AcHABD , titre et seigneurie de r^ormandie, à 4 kilomètres sudouest de Rouen, érigée en barôonieen
BouBG-DÉOLS OU Bourg - Dieu , Ficus DoknsiSy petite ville du Berry, idix kilomètres sud-est de Bourges; adis capitale du bas Berry, et le cnefi eu de la seigneurie déoloise.
BouBG-suR-MER , Burçus , ville de l'ancienne province de Giivenne, à quatre kilomètres et demi de Blaye, au confluent de la Garonne et de la Doidogne. Sidoine Apollinaire (*) a consacré un poème entier à la description de cette ville, que venait de fonder Pontius Paulinus, préfet du prétoire sous Yalentinien, et père de saint Paulin. Bour|«8ur-lfer, dont la population est aujourd'hui de deux mille trois cent cinquante habitants , fait partie du département de la Gironde.
Bourg (Anne du), conseiller-clerc au parlement de Paris, neveu d'Antoine du Bourg (chancelier de Franee sous François l*')^ naquit, en 1521 , à Riom en Auvergne. Destiné d'abord à l'Eglise , et ayant même pris les ordres, il quitta la carrière ecclésiastique pour celte du barreau. La distinction avec laquelle il enseigna le droit à Orléans fixa l'attention sur lui, et, en 1557, il fut reçu conseiller-clerc au
{Mrlement de Paris; mais ayant adopté es opinioos de Calvin, il ne tarda pas à être victime de son zèle pour la réforme, qui, depuis François r% était alternativement la cause ou le prétexte de grandes agitations dans le sein de la France. A l'exeniple de son père, Henri n se montra nostple aux protestants français, tout en recheicnant TaKliance de ceux du dehors. En 1.550, un jour destiné aux séances mercuriales , ce prince se rendit au parlées) CarmeD xxii, Pomûtm Uontium,
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ment, auquel il ordonna de délibérer sur le genre de peine à inflitier aux novateurs religieux. Il ne trouva pas, chez tous les membres de ce corps politique, la docilité qu'il espérait : plusieurs , au lieu d'élever la voix contre les réformistes , firent une critique chaleureuse des mœurs corrompues de l'Église romaine. Louis Faur osa dire en fiice à Henri II : « Craignez « qni'on ne vous dise comme autrefois « Elle à Achab : C'est vous qui trou- « blez Israël . » A nne du Bourg alla encore plus loin : il lui ditque les hommes commettaient contre les lois plusieurs crimes dignes de mort, tels que les blasphèmes réitérés, les adultères, les débauches, et que ces crimes restaient impunis, tandis qu'on demandait des supplices contre des gens à qui on ne pouvait rejprocber aucun crime. « Car «enfin, ajouta-t-il , peut>on imputer « le crime de lèse-majesté a des liom- « mes qui ne font mention des prin- « ces que dans leurs prières ? Ce qui « fait qu*on les regarcle comme sédi- « tieux , c'est parce qu'ils ont révélé, « à la faveur de TKcriture , la turpi- « lude de la puissance romaine, qui « penche vers sa ruine , et qu'ils « demandent une salutaire réforma- « tiott. » Le roi répondit à ces remontrances en ordonnant au connétable de Montmorenci d'arrêter Faur et du Bourg, qui turent en effet conduits à la Bastille. L'évéque de Paris déclara Anne du Bour£ hérétique, le dégrada du sacerdoce dont il était revêtu , et le livra au bras séculier, c'est-à-dire, au juge royal, pour être puni. Du Bourg appela de cette sentence a Tarchevéque de Sens, métropolitain de Paris.
Sur ces entrdaites, Henri II mourut; mais les Guise,. qui gouvernaient la France sous le nom de François II , et qui étaient gouvernés eux-mêmes par riniluence ultra-montaine, montrèrent encore plus d'acharnement Contre les opinions nouvelles ; le procès d'Anne (lu Hotirp fut continué. Toutefois, l'électeur palatin, dans l'intention d'attirer près de lui un honune aussi savant , et de le mettre à la téte de son université deHeidelbergidemaiida par
Bor
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lettre sa grâce à François II. Malheureusement, un événement funeste ren- .
dit son salut impossible : ce fut l'assassinat de Minard, un de ses juges les plus liostiles. Anne du Bourg l'avait d'abord inutilemeut récusé ; on prétendait niême qu'il lui avait dit avec menace : « Dieu saura t'y for- « cer. » Minard, l'homme de confiance do cardinal de Lorraine « fut assassiné à six heures du soir, en sortant du palais. Telle fut roccasion qui fit rendre Vordonnance miuarde, par laquelle la fin de l'audience de relevée fut fixée à quatre heures du soir, de-
5ui8 la Saint-Martin jusqu'à Pâques, 'rois jours après, Anne du Bourg fut condamné à mort. Il fut pendu en
Ïilacede Grève, et son corps fut brûlé e20 décembre 1559.11 mourut avec un grand courige, à peine âge de trentenuit ans. Loin de se montrer eff rayés de sa mort, les protestants redoublèi'ent d'audace; il fut rangé par eux au nombre de leurs plus illustres mart)rs.
£ouBO (Antoine du), onde du précéd<'nt , était président au parlement
de Paris, lorsque, en 1585, après la mon du car iiaài Duprat, François P*" . réleva à la dignité de chancefier de France. Il est à remarquer que Tédlt de tolérance rendu par (b roi à Couci, fen faveur des protestants , porte la même date que les lettres de nomination d'Antoine du Bourc; , celle du ]() juillet. Il est donc permis de croire qu^ ce magistrat, oncle d'Anne du Bourg, qui, vingt-quatre ans après, fut une des plus illustres victimes des ré.ictions du catholicisme contre la réforme, avait contribué à faire adopter cette mesure conciliatrice; ma»
son administration ne fut pas longue:
le roi étant allé, en 1538, visiter la ville de Laon , l'empressement du
(>euple pour le voir fut si grand , que e chancelier^ qui faisait partie du cortège, fut renversé deehevaletfoulé au!r pieds par la foule. Il mourut quelque temps après de ses blessures.
BoufiGANEUF, Burgus non/s, ville de la Marche, autrefois chef-lieu d uiic élection et résidence d'un grand prieur
de l'ordre de Malte; aujourd'hui cheflieu d'arrondissement du département de la Creuse.
Cette ville doit toute sa célébrité au séjour qu'y fit, au quinzième sièele , le malheureux Zizim. Ce prince, vaincu par son frère, Bojazet II, auquel il disputait reiiipire ottoman, avait été chercher un asile dans Tile de Rhodes, d'où le grand mettre de Pordre de Saint-Jean de Jérusalem , Pierre d'Anbusson , le fit transférer à Bonrganeuf , où il resta jusqu'en 1489, épocjue où il fut livré au pape Innocent V III (voyez AuBLissoN et les Jnnales, t. r% p. 258). On voit encore dans cette ville nne grosse tour dont on lui attribue la construction.
Cette petite ville s'est fait remarquer dans ces dernières années par Ptnsistance qu'elle mit à se faire représenter à la chambre des députés par I^iniile Girardin. Un Anglais demandait à cette occasion s'il y avait aussi des bourgs pourris en France.
BouBOELAT (Claude) fut le fondateur des écoles Tétérinaires en France et le créateur de VMpniatrique , ou médecine des animaux oomestiques. Il établit à Lyon, en 1762, la première école vétérmaire que l'on ait vue en Europe. On lui doit phisieurs ouvrages fort utiles; ce sont : un TraUé de eth Valérie y Lausanne, 1747, in-12; iVouveaux principes srtr la connaissance et sur la médecine des chevaux, ÏTOn, ' 1750- 1552, ^ vol. in-S»; y///a/6»iie eompûrée du cheval y du hœvf et du' mouton; un règlement pour les écoles vétérinaires dé France, et les articles de l'Encyclopédie relatifs à l'art vétérinaire et au manège. 11 mourut en 1779, âgé de soixante-sept ans.
BouBGEOis, BouBOEOisiB. — Les . mots bourgeois et bourgeoisie n'ont pas toujours eu la même signification.
Leur sens, au moyen âge, était restreint et spécial; aujourd'hui, il est plus étendu et plus général. Entre les* hourffeois et les bourgeoisies que Ton rencontrait nux douzième, treizième et quatorzième siècles, non point seulement dans les villes, mais encore dans les campagnes , et les bourgeois